Il n’y a pas de 4e pouvoir!

Le Temps du 3 mars (p. 4) rapporte une interview de M. Nils Metzler au sujet de Julian Assange.

A la question du journaliste : « Qu’est-ce qui vous fait dire qu’il (= Julian Assange) est encore journaliste ? », la réponse, résumée et non citée, de M. Metzler aurait été la suivante : « Un journaliste est une personne qui passe des informations importantes au public. C’est le quatrième pouvoir qui a pour but de surveiller le fonctionnement des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire et d’informer le public en cas de dysfonctionnements. Cela fait partie du contrôle démocratique ».

 

Confusion entre un pouvoir au sens démocratique et la liberté de la presse

En démocratie, les trois pouvoirs auxquels M. Metzler fait allusion sont toujours élus, parfois directement par le peuple, parfois au 2e degré, mais jamais les personnes qui l’exercent ne sont des employés de l’Etat ou d’un patron quelconque. Ils sont des magistrats, organes de l’Etat dont ils assurent l’existence même.

Un journaliste n’est pas un organe de l’Etat, il n’est jamais élu, il est parfois indépendant, parfois salarié. Il n’exerce aucun pouvoir au sens institutionnel. Il lui arrive d’être engagé par un groupe de pression, suivant le media (on devrait dire medium) pour lequel il travaille.

Parce que l’on est en démocratie, le journaliste jouit de la liberté de la presse qui lui permet de rendre compte et de rapporter objectivement ce qu’il voit, même quand ce n’est pas favorable au pouvoir en place élu. Le principe de la liberté de la presse doit, en tant que tel, assurer l’information nécessaire aux citoyens pour qu’ils puissent accomplir leur rôle politique propre d’électeurs, voire de participant aux décisions de la gestion de l’Etat en cas de démocratie directe. La liberté de la presse implique la responsabilité du journaliste dans l’exercice de sa profession, mais n’incorpore aucun mandat de surveillance des trois pouvoirs.

 

Confusion entre liberté de la presse et liberté d’opinion

La liberté de la presse confère aux journalistes la tâche de rendre compte aux citoyens de l’activité et de la conduite des autorités en rapport avec l’exercice de leur pouvoir. La liberté d’opinion permet d’exprimer ce que l’on pense, par exemple, d’une telle conduite ou d’une telle activité, mais cette liberté-là appartient à toute personne et n’est pas réservée aux journalistes dont la responsabilité est précisément de distinguer leur rôle d’informateurs de celui de juges. La confusion entre ces deux rôles risque toujours de favoriser un état d’esprit de grand inquisiteur et de déboucher sur des procès publics violant les droits les plus élémentaires de tout « accusé » à être entendu et présumé innocent jusqu’au jugement judiciaire. C’est alors une vraie menace pour la liberté de chacun.

La paille et la poutre

En page 2 de son édition du lundi 24 février, Le Temps répond à plusieurs questions concernant le changement climatique et cette lecture est tout à fait intéressante pour les non scientifiques dont je fais partie.

Mais si au moins on en était resté là. Pourquoi fallait-il compléter ces passages par le mépris, les accusations et le matraquage ?

Que ce soit l’éditorial de Mme Minet ou la page 3 du Temps qu’elle signe aussi, tout ce qui pourrait conduire à réfléchir intelligemment aux solutions nécessaires pour faire face au réchauffement climatique est pollué par un état d’esprit détestable.

 

L’apriori de mauvaise foi de ceux qui doutent du caractère anthropique de la cause du réchauffement.

« Notre rôle dans sa survenue ne fait plus aucun doute » écrit Mme Minet dans son éditorial.

Ce n’est pourtant pas ce que disait le rapport du GIEC de 2015 cité dans le Temps du 18 août 2018 (il y a donc 18 mois !) : « Il est extrêmement probable que l’activité humaine est la cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle ». Cette formule- dont j’ai mis les deux mots en gras – est parfaitement honnête et ne sous-entend pas que ceux qui auraient encore des doutes et l’exprimeraient ne sont que des vieillards chenus ou des vendus aux lobbies. Certes, Mme Farine dit bien, dans son éditorial, « certains sont de bonne foi », mais la page 3 du Temps qui propose un classement des climato-sceptiques omet cette catégorie. Si on est « climatosceptique », selon le Temps, on a un « potentiel de nuisance » (sic). On est soit « indifférent », « vieux professeur », « conspirationniste », « lobbyiste » ou « réaliste qui a mis une fausse moustache pour se donner un air de respectabilité ».

Ne faudrait-il pas éventuellement compléter l’art. 261 bis du code pénal par la sanction de celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur attachement à une théorie climatique » ?

 

l’extrémisme raciste (ou antisémite) n’est ni de gauche ni de droite

L’Allemagne vient de vivre une terrible tragédie à Hanau et on ne peut qu’éprouver un sentiment d’horreur à l’idée de ces multiples assassinats. Peut-on affirmer pour autant, comme le fait le Temps de ce 21 février (p. 1) – mais il n’est pas le seul –, que « l’extrémisme de droite gangrène profondément le pays » ?

On ne saurait dire que cet extrémisme est de droite, dans la mesure où il serait la manifestation d’un racisme et d’un antisémitisme. Cette manifestation est certes typique du nazisme, mais on ne peut ignorer que le terme de nazisme n’est que la contraction de l’appellation « national – socialisme ». Or cette appellation devait être opposée en son temps à l’internationale socialiste qui correspondait au communisme. Il s’agissait-là de deux conceptions antinomiques du socialisme dont l’histoire a révélé que les méthodes expéditives et non démocratiques étaient fortement identiques.

L’antisémitisme et le racisme ne sont typiques ni de la droite, ni de la gauche. Ils sont florissants – hélas ! – dans bien des populations ou Etats (y compris la Palestine et Israël). On les confond avec la xénophobie, qui en est une forme atténuée mais pas plus sympathique pour autant.

Les autorités sont responsables de la xénophobie

Parce qu’elle est une forme atténuée de racisme, la xénophobie peut être soignée par les pouvoirs publics. Ils doivent tenir compte du sentiment qu’une population autochtone peut avoir d’être moins bien traitée que des immigrants étrangers. Un tel sentiment est extrêmement dangereux et la manière dont les autorités le prennent en compte peut être à l’origine soit d’un apaisement dans la population, soit d’une exacerbation du sentiment d’injustice. C’est cette exacerbation qui finit par éclater en extrémisme raciste ou antisémite. Elle se manifeste parfois plus ou moins clairement dans certaines tranches sociales qui se sentent particulièrement méprisées par les autorités, mais elle n’est intrinsèquement ni de gauche ni de droite. L’attribuer à une tendance politique particulière contribue simplement à accroître les tensions en condamnant sans appel et sans preuve une catégorie de citoyens.

Une femme exceptionnelle

La vie réserve des surprises enrichissantes. Je lui dois d’avoir, il y a quelque temps, rencontré une femme exceptionnelle qui pétille de vie et distille le courage.

Brève présentation (approuvée par la personne concernée)

Ayant vécu des abus durant sa petite enfance, elle ne trouve le courage et la détermination de régler son histoire qu’une fois jeune adulte. En 1998, elle obtient la condamnation de son abuseur. Elle ne veut cependant pas tomber dans la victimisation et s’investit corps et âme dans sa reconstruction. Pour vaincre son « monde intérieur dominé alors par des sentiments de haine, de colère et d’envie de tuer » (sic), elle « part à la quête de la paix et de la joie » (sic).

Je la cite ci-dessous (avec son accord) :

« Un abus dans l’enfance bousille le monde intérieur et détruit les belles valeurs pour laisser la place à la honte, au dégoût, à ce terrible sentiment de culpabilité. La réparation peut prendre du temps. Il ne faut jamais lâcher. Au fond, on découvre ce qui n’a pas été touché, ce qui est intact et pur. Le meilleur allié dans ce combat restera toujours l’amour pour soi et pour la vie. Notre <<carte de visite>> devrait correspondre à l’être humain en devenir que nous sommes, celui auquel nous aspirons et qui vit déjà en nous. C’est certainement lui, et lui seul, qui peut nous ramener à la paix. Nous ne sommes pas l’épisode tragique que nous avons vécu mais c’est la manière dont nous regardons cet épisode qui nous révèle. Un épisode tragique n’est pas une vie, mais chaque pas et chaque traversée que nous réalisons donnent et font émerger le sens de notre Vie. Sur ma carte de visite, je ne suis pas <<l’enfant abusé>>, je suis <<une femme qui défend le droit et le devoir de vivre sa grandeur>>.

« Être aimée en tant que victime me rendait malheureuse et incomplète. Prendre conscience que derrière cette étiquette vivait un être humain imparfait m’a ramenée à ma liberté et à ma responsabilité, à mon essence et à ma nature profonde, celle qui a toujours existé en moi et qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Lorsque j’ai pu prendre conscience et accepter le fait que je puisse être autant bourreau que victime – dans ma vie au quotidien – l’horizon et de nouvelles perspectives sont apparus. A partir de ce moment-là, il était clair qu’il était juste et possible de ne plus être uniquement l’une ou l’autre de ces facettes mais que grâce à une combinaison des deux, je pouvais décider, pour chacune de mes actions et chacun de mes choix, de faire le plus de bien et le moins de mal possible. A ce moment-là, s’est dessiné un nouveau départ dans ma Vie que j’ai appelé Loup Chocolat en hommage à cette prise de conscience. Ainsi est née cette identité avec sa première collection de sacs et de poèmes en guise de symbole pour ce début de voyage vers autre chose. » (Fin de citation).

Passer du duel au duo

Créer sa petite entreprise et la baptiser « Loup Chocolat », c’est une gageure.

Comme le dit sa créatrice que je cite à nouveau :

« <<Loup Chocolat>> est avant tout un oxymore <<métaphorique>> représentant la grandeur possible de l’être humain et des êtres humains ensemble. Deux forces antagonistes lointaines et proches à la fois, voire dépendantes l’une de l’autre. Ensemble, elles devraient choisir le chemin de l’équilibre, de l’équité, d’un environnement sain et de la paix. C’est l’appréciation des qualités de l’être humain qui va contribuer à empêcher autant que possible un dérapage. C’est essentiel de laisser la place à cette (re) construction, à cette expression, à cette évolution. Notre guerre intérieure nous appartient. Nous ne pouvons pas tuer une partie de nous-mêmes, nous ne pouvons trouver la paix qu’en incluant l’ensemble de nos facettes dans une unité qui nous révèle nos possibles. Le bien et le mal existent avant tout dans l’être humain et c’est cette prise de conscience – qui devrait être encouragée dès le plus jeune âge – qui pourra nous aider à choisir d’exprimer le bien »

« Passer du duel au duo…c’est reconnaître l’existence de l’autre, reconnaître ses besoins, ses qualités. Ça passe par la création de ce lien vital, un pont que Loup Chocolat propose et qui va soutenir une meilleure répartition des richesses, des opportunités et un meilleur équilibre. Autrement dit, rendre l’environnement plus sain afin de diminuer le risque de tout possible et nouveau dérapage. Passer du duel au duo signifie également reconnaître un dénominateur commun qui nous rassemble, à savoir <<être humain>>, ainsi qu’un but commun qui doit nous motiver, à savoir <<rendre l’humanité meilleure>>. On parviendra ainsi à respecter et apprécier ce en quoi l’autre est différent, ce en quoi l’autre est enrichissant. La paix dans le monde se construit avec des êtres humains en paix. Et cette voie est devant nous et ne peut pas être barrée. Nous sommes libres et responsables de la suivre » (fin de citation).

 

Une admirable capacité de résilience et une responsabilité de la société

(Je cède à nouveau la parole à cette femme merveilleuse) :

« Je ne partage évidemment pas mon temps avec la personne qui s’est mal comportée à mon égard. Toutefois, cette personne a le droit – si sa santé et son autonomie le lui permettent – de repartir et de faire vivre ce qu’elle a de mieux en elle et trouver une (nouvelle) harmonie à composer avec chacun de ses pas. Tant mieux si elle est aimée et félicitée. Plein de gens pourraient profiter de ses qualités humaines, sociales et professionnelles. Plus on pointe du doigt le bourreau, plus s’alourdit l’étiquette « victime ». Une telle situation ne peut amener qu’à passer à côté de ce que chacun pourrait être de mieux. Évidemment que si un individu est considéré ou a été diagnostiqué comme dangereux, alors il y a lieu de prendre des mesures adaptées ».

« La société se doit d’aller comprendre en profondeur ce qui déclenche ce dérapage, ce poison, pour pouvoir l’éradiquer, l’éliminer sans perdre de temps. Quel est l’ennemi ou l’antidote de ce poison ?

Écouter est essentiel, c’est cette faculté qui nous amène à la compréhension, la compréhension vers l’évolution de l’humanité et la construction d’un monde qui ne reste pas enfermé dans la haine et la peur. ». (fin de citation)

 

Une conclusion pleine d’espoir

Et mon interlocutrice de poursuivre :

« En tant que femme, artiste, mère et entrepreneuse, je défends donc un monde humaniste où chaque être humain a le droit tout comme le devoir de se diriger vers sa grandeur et ce, peu importe le point de départ. Cet accès doit rester libre, car c’est lui et lui seul qui peut favoriser l’évolution positive de l’être humain, ce dont cette terre a précisément besoin. » (Fin de citation).

 

Il y a vraiment des rencontres qui font du bien. Merci !

 

 

 

Le pays dont le prince serait un expert

Le Temps du 7 février dernier a rapporté les propos de M. Yves Flückiger, recteur de l’Université de Genève, récemment élu à la tête de « swissuniversities » répondant aux questions de M David Haeberli. Précisons d’entrée de cause que les réponses n’étaient pas mises entre guillemets. Elles sont donc un résumé tel que compris par M. Haeberli.

Il n’en demeure pas moins qu’un passage mérite une attention particulière et engendre quelques inquiétudes. C’est celui qui illustre le bien-fondé du titre de l’article, lui entre guillemets donc imputable à son auteur, à savoir :,

« Je veux remettre l’expertise au centre »

Invité à se prononcer sur les relations entre la Suisse et l’UE et sur l’importance des fonds européens pour la recherche en Suisse, M. Flückiger aurait dit (je cite Le Temps et non pas un mot-à-mot de M. Flückiger, qui n’y figure pas comme tel) : « Il est évident que les investissements suisses isolés disparaîtraient complètement dans la masse…..Mon travail de conviction auprès des parlementaires – je préfère ce terme à celui de lobbyisme – sera de leur faire mesurer l’importance de cette relation. Je suis frappé par la remise en question de la parole des experts ». « Nous devons bien sûr faire notre autocritique. Mais il reste inquiétant d’entendre un politicien dire qu’il n’existe pas de preuve que l’activité humaine influence le réchauffement climatique Je veux donc mener un travail de conviction pour remettre l’expertise au centre du débat » (c’est moi qui ai mis des passages en gras).

Quel lien y a-t-il entre les relations Suisse-UE et la parole des experts climatologues ?

Les relations Suisse-UE (dans l’immédiat, la votation du 17 mai et le problème du contrat-cadre) relèvent de la politique, donc des règles du fonctionnement démocratique, donc du débat et de l’appréciation des autorités politiques. Que la solution retenue en politique doive aussi tenir compte des intérêts des chercheurs – scientifiques –  c’est nécessaire et légitime, mais ce n’est absolument pas le seul critère et il n’y a tout simplement aucune expertise « sacrée » sur ce sujet politique.

La confusion que l’article semble imputer à M. Flückiger est extrêmement inquiétante. ; malheur à la liberté d’opinion dans un pays où le prince serait un expert qui ne tolérerait pas le questionnement des politiciens !

 

 

 

 

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Pourquoi la peur du débat?

Le Conseil national va se saisir très prochainement de la question du mariage pour tous. C’est incontestablement un sujet de société qui n’a aucune base scientifique au sens étroit, mais qui représente au contraire un intérêt sociologique, politique, sociétal important avec des conséquences en matière de filiation, de PMA, sans oublier les très délicates questions financières liées aux rentes AVS, aux problèmes fiscaux etc… Qu’il y ait des avis très divergents dans tous ces domaines est parfaitement légitime.

Or que constatons-nous ? Ainsi que nous l’avons déjà relevé dans un précédent billet (les entourloupes parlementaires, novembre 2019), selon la Commission juridique du Conseil national qui en est l’auteur, le projet mis en délibération n’est qu’un « projet central » (sic) qui renvoie à « des révisions ultérieures » (c’est nous qui avons mis en gras). Cela signifie qu’on étudiera plus tard et séparément « la question de l’élargissement du champ d’application des normes existantes dans les domaines dans lesquels le droit en vigueur opère une distinction en fonction du sexe des époux ou exige …..  l’hétérosexualité des époux (par exemple pour l’accès à la PMA) » (citation du condensé du rapport de la Commission).

 

La peur du débat constitutionnel

Comme nous l’avons aussi déjà relevé dans le billet “l’entourloupe parlementaire”, l’Office fédéral de la justice a recommandé à la Commission de ne pas prévoir une discussion préalable de niveau constitutionnel et d’opter parmi les courants de doctrine (il en cite 4 différents dans son avis de droit, voir ch. 1.2.2.2) celui qui considère que la Constitution actuelle a déjà confié au législateur le soin de décider de la définition du mariage. On oblige ainsi les citoyens à réclamer un éventuel référendum s’ils souhaitent se prononcer au sujet d’un changement sociétal qui bouleverse la notion de mariage telle qu’elle a été vécue depuis plusieurs centaines d’années, avec des conséquences lourdes en ce qui concerne les enfants et leur filiation.

 La peur des débats parlementaires

Selon Heidi.News du 30 janvier, le Conseil fédéral lui-même souhaite qu’on ne parle pas trop du sujet. En effet, je cite Heidi.News, «  pour que la réforme ne s’enlise pas dans de longs débats parlementaires, il propose de régler dans un second temps les aspects plus controversés comme l’accès à la procréation médicalement assistée » (c’est nous qui avons mis un passage en gras).

On rappelle à ce propos qu’en Suisse, le don de sperme n’est autorisé que pour un couple marié au sens du droit actuel et que sont interdits les dons d’ovules et les mères porteuses.

Le Conseil fédéral omet de relever qu’une minorité de la commission recommande déjà que l’on introduise dans le code civil, une disposition nouvelle précisant :

« art 259a nouveau

Si la mère est mariée à une femme au moment de la naissance, son épouse est l’autre parent de l’enfant.

Les dispositions concernant le statut juridique du père sont applicables par analogie à l’autre parent ».

 

La situation est parfaitement claire, sitôt le mariage pour tous accepté, le principe du droit à l’enfant pour les couples de même sexe sera entériné et ce d’autant plus que l’on a déjà mis en vigueur le principe de l’adoption de l’enfant de l’autre partenaire.

Un large débat est nécessaire

Si l’on souhaite encore pouvoir discuter de ces différentes questions touchant en fait plus au droit de l’enfant qu’à celui des adultes, il est indispensable d’ouvrir un très large débat en relation avec le mariage pour tous avant que cette nouveauté soit votée. Le refus d’une minorité de la Commission d’entrer en matière est la seule solution qui permette de reprendre la réflexion au niveau constitutionnel et d’envisager honnêtement les droits des enfants futurs. Y aura-t-il un parti politique capable de les défendre ?

En page 20 de la brochure du Conseil fédéral relative à la votation du 9 février, il est bien précisé « qu’on pourra mener des débats d’opinion, comme actuellement sur le <<mariage pour tous>> par exemple ». On se demande bien pourquoi dès lors, ce débat devrait être rendu aussi court et difficile que possible par les autorités mêmes qui devraient le garantir.

“Le débat sur le CO2 est clos”

La phrase ci-dessus annonce la prise de position dans le Temps du 22 février de dix universitaires dont 9 professeurs.

Il s’agit sans doute du débat scientifique ! En sciences humaines, un débat n’est jamais clos, mais le climat ne relève pas des sciences humaines ; c’est la cause seulement de ses variations qui est humaine.

Pour les mesures à prendre, afin de lutter contre la cause, tout est donc encore ouvert. heureusement ; puisse la politique résister aux tentations totalitaires et tenir compte de l’humain dans la recherche des solutions !

 

Et si on parlait sérieusement de la cause anthropique du changement climatique?

Le quotidien électronique Heidi.news publie hier le texte suivant :

« Comment la Suisse peut atteindre ses objectifs énergétiques pour 2050. C’est le message principal qui ressort du rapport de synthèse final de deux Programmes nationaux de recherche (PNR) sur l’énergie présentés mardi en programme de clôture à Berne. Mais à condition de surmonter un problème clé : le manque de connaissance scientifique du grand public et des décideurs économiques et politiques. » (C’est nous qui mettons en gras).

Jamais on n’a lu remarque aussi exacte : « manque de connaissance scientifique du grand public ». En effet, on nous rabâche que « 95 % des scientifiques affirment que le réchauffement climatique est d’origine anthropique », mais jamais il n’y a sur la place publique, ouvertement, une vraie discussion entre scientifiques à ce sujet. La science n’est pas une religion. Or les avis scientifiques divergent indiscutablement sur la cause du réchauffement climatique et il serait extrêmement intéressant d’assister à un vrai débat scientifique sur les causes d’un réchauffement climatique qui n’est pas contesté.

Ce que l’on nous répète jusqu’à plus soif, c’est que le réchauffement climatique entraîne la fonte des glaciers. D’accord, mais cela ne nous indique pas la cause de ce réchauffement.

On nous affirme que puisque les hommes consomment en quelque cent cinquante ans la réserve de CO2 accumulée pendant des millénaires, il y a plus de CO2  dans l’atmosphère. D’accord, mais cela de prouve pas que le CO2 est à l’origine du réchauffement climatique.

On nous répète que le réchauffement climatique est  la cause de sécheresses, de montée des eaux, donc de migrations. D’accord, mais cela ne prouve pas que c’est le CO2 qui est à l’origine du réchauffement climatique.

On passe sous silence les connaissances historiques et les preuves de réchauffements climatiques vécus à l’époque romaine, au moyen âge, ou d’autres phénomènes climatiques dont la cause ne pouvait pas être la production de CO2 par les êtres humains.

Bref, est-il vraiment sérieux de construire une économie et une politique d’avenir sur la base de prémisses inconnues ou cachées ?

On confond constamment la cause et le fait avéré. Malheureusement, certains en tirent argument pour condamner sans merci le monde capitaliste, l’Europe au passé colonialiste et même chrétien. Ils confondent tout pour en faire leur plat politique et ne laissent aucune place à ceux qui voudraient essayer de poser les termes vraiment scientifiques de l’équation.

Quand on aura démystifié la cause du réchauffement climatique, on pourra enfin, en toute intelligence et efficacité entreprendre  la lutte contre la pollution, contre les exploitations abusives, les tyrannies de l‘argent et du pouvoir, qui concernent tous les pays et tous les régimes politiques, et favoriser le développement des meilleurs moyens de maîtriser les conséquences d’un réchauffement climatique dont les causes nous dépassent.

Mais pour cela, il faudrait en effet informer le grand public et les décideurs économiques et politiques par des échanges objectifs entre scientifiques et non pas en recourant à des menaces et des déploiements de force. Copernic et Galilée ont aussi commencé par être bien seuls et contraints au silence ! Mais ils ont fini par être entendus, pour notre bien!

Ces pays dont on ne parle pas

Un de mes anciens étudiants de la Guinée, Conakry – Thierno Souleymane BALDÉ, qui ne souhaite pas rester anonyme, car il agit dans son pays de manière totalement ouverte et légale – m’envoie périodiquement des nouvelles de l’évolution politique désastreuse de son pays. Nous avons gardé le contact après son départ de la Suisse dans les années 2000, car nous avions toujours eu de longues discussions au sujet de la démocratie qu’il espérait voir s’installer dans son pays.

Après avoir étudié à la faculté de droit de Lausanne où un programme spécial de l’époque lui a permis d’obtenir une licence en droit français, il a passé plusieurs années aux Etats-Unis. Il a obtenu deux masters de l’Université américaine de Washington/DC avant d’accomplir une spécialisation à l’Université de Stanford en Californie. Ensuite, il a travaillé pendant plusieurs années à la Banque Mondiale avant de décider de retourner dans son pays afin d’y contribuer à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit.

Patriote convaincu, mais lucide, désolé de voir la corruption qui sévit dans son pays, il y exerce la profession d’avocat. Il initie plusieurs programmes de lutte contre la corruption en déposant notamment des plaintes contre des ministres en fonction. Il organise dans tout son pays des campagnes de sensibilisation sur la non – violence avant, pendant et après les périodes électorales afin d’éviter des troubles politiques. En outre, il apporte une assistance juridique aux personnes victimes d’arrestations arbitraires dans le cadre des manifestations politiques contre le changement constitutionnel que l’actuel président, M. CONDE, essaie d’obtenir, par des manœuvres, en vue de s’assurer un pouvoir « à vie ». On connaît ce truc cher aux dictateurs !

Me BALDÉ m’écrit que le régime aurait déjà tué plus de 129 jeunes à l’occasion des manifestations pacifiques. Des opposants, journalistes, leaders syndicaux et activistes de la société civile sont assez souvent arrêtés sans justification légale et en violation des lois de la république. M. Baldé raconte ce qui lui est arrivé à lui aussi, qui a subi ce genre de traitement à plusieurs reprises et combien il est traumatisé quand il doit aller, comme avocat, identifier les corps des victimes avant l’autopsie ou la restitution aux familles. Ces images ne s’effacent pas de sa mémoire.

Plainte et dénonciation aux autorités compétentes de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Me BALDÉ et d’autres avocats, ont déposé des plaintes contre la République de Guinée auprès des autorités compétentes de la CEDEAO, pour violation de ses obligations internationales en tant que membre de ladite Communauté. La plainte est formulée au nom de plusieurs partis politiques et d’une longue liste de victimes de violations des droits de l’homme tels qu’énoncés dans la charte communautaire de la CEDEAO.

 

On ne lit jamais quoi que ce soit dans nos journaux sur ce qu’il se passe dans les pays où les révolutions essaient de suivre les voies légales.

Il n’est certes jamais souhaitable que la communauté internationale intervienne dans les affaires internes d’un pays, mais le fait de suivre ce qu’il s’y passe et d’en informer l’opinion publique internationale serait sans doute déjà une sorte de protection et permettrait peut-être d’éviter des bains de sang ultérieurs, par désespoir, et de douloureuses migrations.

 

Un joyeux merci

Un joyeux merci

Le 16 décembre dernier, sous le titre « Itinéraire d’une cabossée », Le Temps publiait le texte du blog de Myriam Duc, sportive et globe-trotteuse. Ce texte magnifique de joie de vivre, d’humour, de force, d’espoir m’a tellement enchantée que j’ai aussitôt envoyé une lettre de lecteur pour remercier et féliciter son auteur. La lettre, intitulée « joyeux merci à une cabossée » n’a pas été publiée, je la mets donc ci-dessous, pour rendre un hommage public à une personne dont le blog (blogs.letemps.ch/myriam-duc) vaut tous les détours.

« Quelle joie et quel bonheur, chère Madame, de vous lire dans Le Temps du 16 décembre !

Vous êtes merveilleuse de courage, d’humour, de capacité de rebondir, de volonté de vivre !

Puissiez-vous être lue ou rencontrée dans les écoles, dans les familles, partout, pour y apporter le sourire de votre bonne humeur vigoureuse !

Joyeux Noël et que 2020 vous apporte 366 jours « magiques » sur « le chemin des étoiles » comme vous l’avez si bien écrit !

Suzette Sandoz »