La pension de M. Blocher est une affaire strictement juridique

La demande de M. Blocher de recevoir rétroactivement sa pension de conseiller fédéral, pour peu sympathique qu’elle soit, n’en est pas moins un simple rapport de créancier à débiteur. Elle n’a rien de politique sinon le bruit que l’on souhaite faire à ce sujet.

L’affaire en deux mots

Un soi-disant créancier, M. Blocher, personne physique, réclame à un prétendu débiteur, la Confédération, personne morale, une certaine somme d’argent sous un certain prétexte.

Le créancier se prévaut d’un accord, ou d’un contrat, oral ou écrit, entre lui et le débiteur, et en donne une interprétation.

Si les parties ne peuvent se mettre d’accord sur l’interprétation, le créancier peut ouvrir action contre le débiteur et les tribunaux jugeront selon les règles les plus classiques de l’interprétation des déclarations de volonté, voire des textes légaux invoqués à l’appui.

Résister à la tentation de politiser l’affaire

Le Parlement n’a strictement rien à dire à ce stade et doit en outre résister à la tentation de se mêler ou d’être mêlé à l’affaire.

Une activité législative éventuelle, quand tout aura été réglé

Le Parlement pourrait avoir un rôle à jouer, éventuellement, une fois un accord définitif survenu entre les parties ou, à défaut d’un accord, une fois un jugement entré en force, dans la mesure où il paraîtrait nécessaire, pour l’avenir, de clarifier, modifier ou abroger des textes légaux appliqués.

Alors, pour l’heure, laissons braire. Que les parties se débrouillent selon les règles parfaitement claires d’un Etat de droit et concentrons-nous sur les problèmes importants.

 

 

 

 

 

Qui manifestera pour défendre la liberté des Hongkongais?

La Chine vient de violer le traité international concernant Hong-Kong et de priver quelque 7 millions d’habitants de leur liberté d’opinion, de réunion, de manifestation. Ceux qui voudraient contester sur place cet acte de violence politique sont déjà arrêtés et emprisonnés avec la perspective de procès bidons calqués sur les procès communistes classiques. Manifester son opposition au pouvoir, c’est « trahir » le pays, faire acte de terrorisme, s’exposer aux pires sanctions dont la prison à vie.

Certes, ce n’est pas encore Tienanmen, peut-être parce que les massacres sont trop aisés à filmer de nos jours, mais c’est la chape de plomb qui s’abat sur les habitants et spécialement sur la jeunesse de Hongkong.

Où sont, chez nous, les manifestants indignés qui défilent pour demander le respect des droits démocratiques des Honkongais anéantis par la Chine ?

En 1956, quand les troupes soviétiques ont envahi la Hongrie pour écraser le mouvement de libération, nous avons été nombreux – et j’en étais – à nous réunir sur la place de la Riponne à Lausanne – sans l’aide des réseaux sociaux – pour montrer notre chagrin et notre désapprobation. Et pourtant, à l’époque, en pleine guerre froide – l’URSS faisait peur.

Comment expliquer que les mouvements de jeunes omettent de s’indigner quand le régime chinois supprime aujourd’hui, pour ses citoyens, la liberté que ces mêmes mouvements de jeunes utilisent largement, hors de Chine, sans courir le moindre danger, afin de conspuer les pays qui respectent leur liberté d’opinion?

 

swisscovid et droit d’urgence

Le Parlement helvétique a donc voté le 19 juin la modification de la loi sur les épidémies introduisant le principe du traçage au moyen de « swisscovid ». Il a, de surcroît, voté l’urgence, comme le permet la constitution, c’est-à-dire l’entrée en vigueur sans respect du délai référendaire. On en a relativement peu parlé. Peut-être ne serait-il pas inutile d’apporter les informations suivantes tirées du texte voté :

  • Le système de traçage de proximité (TP) est exploité par l’OFSP.
  • Ce système et les données qu’il traite servent à informer les personnes qui participent au système et à établir des statistiques. Il ne peut servir à d’autres fins.
  • Il ne peut être utilisé en particulier par les autorités cantonales pour ordonner ou mettre en œuvre les compétences suivantes :
    1. identifier les personnes malades ;
    2. les placer sous surveillance médicale ;
    3. les obliger à renseigner le médecin compétent ;
    4. les mettre en quarantaine, les isoler ou les hospitaliser ;
    5. les soumettre à un examen médical ou les obliger à suivre un traitement ;
    6. leur interdire d’exercer totalement ou partiellement leur profession ou d’autres activités.
  • Le système ne peut servir ni à la police, ni aux autorités pénales, ni au service de renseignement.
  • La participation au système TP est volontaire pour tous.
  • Le système TP peut être relié à des systèmes étrangers correspondants, assurant un niveau de protection adéquat.
  • Le Conseil fédéral peut conclure des accords internationaux concernant la liaison des systèmes TP avec des systèmes étrangers correspondants.
  • La législation entrera en vigueur le 1er juillet 2020 et restera en vigueur jusqu’au 30 juin2022 sauf désactivation ou désinstallation par le Conseil fédéral avant cette date.
  • Un référendum peut être demandé aux conditions habituelles ; s’il aboutissait à un vote négatif du peuple, les dispositions relatives au TP devraient être abrogées au 30 juin2021

Le moins que l’on puisse dire est que le Parlement a pris un maximum de précautions législatives sur le plan interne. Ce qu’il n’a évidemment pas pu prendre, ce sont des précautions contre les défauts techniques éventuels (dénoncés par certains scientifiques) du système et les risques d’abus et d’erreurs, qu’ils soient liés aux GAFAM ou à des actions malveillantes.

On peut se demander si, vu les précautions prises à l’interne, qui limitent essentiellement le rôle du TP à une récolte de statistiques (lesquelles), il vaut la peine de s’habituer à être livré pieds et poings liés aux grands rapaces numériques et de continuer à s’y soumettre volontairement.

Il serait au demeurant intéressant de savoir quelle proportion (il s’agit bien du pourcentage et non pas des noms) des conseillers fédéraux et des parlementaires ayant voté le texte et l’urgence sont disposés à se prêter à l’exercice TP.

PMA et fabrique d’orphelins ou la revendication de l’égalité par rapport à un droit qui n’existe pas.

Le jour de juin où le Conseil national a voté le droit à la PMA en rapport avec le mariage pour tous, la RTS a montré, aux nouvelles de midi, une maternité ukrainienne et les quelque cent nouveau-nés, issus de mères porteuses, qui y attendent d’être livrés aux parents d’intention à qui ils ont été promis-vendus. On nous précise que, vu la pandémie, les parents ne peuvent pas venir chercher leur commande et qu’il arrive d’ailleurs qu’ils ne viennent jamais, pour une raison ou une autre. On nous a aussi précisé qu’il s’agissait en l’espèce en grande majorité de commandes d’acheteurs ukrainiens.

Bébés privés d’affection pour une durée indéterminée

La mère porteuse n’a pas la permission de serrer son bébé sur son cœur juste après la naissance, car elle ne doit pas risquer de s’attacher à celui qu’elle a porté pendant neuf mois puis de refuser d’exécuter la livraison promise à l’acheteur. Quant au personnel de la maternité, il ne doit pas non plus témoigner de tendresse aux bébés par peur que ceux-ci ne soient traumatisés quand ils devront changer d’adultes à l’arrivée de leurs acquéreurs.

Voilà donc une centaine de bébés – peut-être plus depuis lors et ailleurs – condamnés à manquer d’affection maternelle et paternelle pour une durée indéterminée et peut-être fabriqués avec le risque accepté d’entrée de cause de les rendre orphelins. C’est une situation d’une barbarie rare.

 

Ne jamais oublier que le mariage pour tous est toujours le premier pas vers ces fabriques inhumaines

Parce que l’institution du mariage est, depuis des siècles et des siècles, le SYMBOLE de la filiation, certaines personnes le considèrent comme la condition de la titularité d’un droit à l’enfant, droit qui n’existe pas. A cause de cette idéologie – entretenue par le triste développement de la PMA pour les couples hétérosexuels – certaines personnes, au nom d’un droit égal à un droit qui n’existe pas, réclament le mariage pour tous pour obtenir la PMA pour tous. Les pays qui ont déjà fait le pas du mariage pour tous ont aussi dans la plupart des cas, admis la PMA pour tous. Quelques-uns se préoccupent des mères porteuses et se demandent si elles sont suffisamment protégées, syndiquées, etc… Personne ne se soucie de l’enfant parce que celui-ci n’est plus qu’un objet courant auquel on prétend avoir droit et que l’on peut commander puis refuser selon ses envies ou les éventuels défauts de fabrication.

 

 

 

Les nouveaux Robespierre

Heidi.news nous apprend que la radio-télévision suisse alémanique a annulé une émission prévue sur le racisme parce que la journaliste invitée refusait de discuter avec M. Köpel, invoquant qu’elle voulait parler avec quelqu’un capable de discuter et se préoccupant vraiment du racisme.

Du côté de la radio télévision, on explique qu’on a annulé l’émission faute d’avoir trouvé qui que ce soit pour discuter du vrai sujet, à savoir « le racisme dans la langue ».

Robespierre ressuscité

Quel que soit le motif de l’annulation de l’émission (racisme antiköppel ou manque de volontaires), on se trouve face à un phénomène semblable à celui de la Terreur sous Robespierre : peur et menaces paralysent la liberté d’expression, la liberté d’opinion, cultivent la condamnation de l’autre qui « ne pense ou n’agit pas juste ». Le racisme est hélas ! un sentiment inné de l’être humain, répandu dans tous les peuples, dans toutes les tribus, parfois de manière latente, parfois se manifestant de façon atroce. C’est un sentiment contre lequel il est important de lutter par l’éducation, par l’enseignement des valeurs de respect de l’autre et de la personne en général, mais certainement pas par l’intimidation ou … le déboulonnement de statues.

L’intransigeance suffisante et mortifère des « purs »

Il y a les « purs », les « incorruptibles », les adorateurs d’eux-mêmes et de leurs sentiments et puis il y a ceux qu’ils ont condamnés sans appel, qu’ils se croient légitimés à honnir ou ridiculiser avant même qu’ils ouvrent la bouche.

Le meurtre de M. Floyd est inadmissible et horrible, mais qui osera demander pourquoi on l’avait arrêté. Était-ce « seulement » à cause de sa couleur de peau ou y avait-il au départ un motif non raciste ?

Qui osera demander pourquoi on a pu filmer son agonie pendant plusieurs minutes sans essayer au moins d’intervenir pour le sauver ? Peut-être est-ce par peur d’autres violences ? Qu’on le dise aussi, car on ne peut vraiment concevoir que l’on filme une telle scène sans essayer d’intervenir, à tout le moins de crier. On a pu « entendre » : « I can’t breathe », n’aurait-on pas dû aussi entendre hurler : « Arrêtez, vous l’étouffez ! ».

L’histoire n’est qu’un perpétuel recommencement et on n’en apprendra jamais rien tant que l’on utilisera le devoir de mémoire comme prétexte à la vengeance et à la destruction.

 

L’enfant a le droit absolu d’être “défendu” dès la conception

Certaines personnes traitent d’homophobes ceux et celles qui s’opposent au mariage pour tous et au “droit à l‘enfant” que revendiquent certains milieux (de loin pas exclusivement homosexuels). Pourraient-elles un instant, ces personnes, comprendre que l’enfant a des droits indépendants du milieu dans lequel il est élevé, des droits constitutifs de son identité, à savoir d’avoir une mère ET un père et de les connaître.

Personne n’a jamais demandé de naître, mais chaque être humain a le droit absolu et imprescriptible de connaître sa mère et son père dont il porte des gènes inaliénables. Ce droit est constitutif de la dignité humaine de chaque personne. Il peut arriver, dans des cas de force majeure (par ex. : guerre, catastrophe naturelle) que ce droit de connaître l’homme et la femme dont on est issu ne puisse être concrétisé, et c’est terrible. On remuera parfois ciel et terre pour trouver la vérité. Il est évident en revanche qu’aucun être humain ne peut s’arroger froidement le privilège de priver un autre être humain de ce droit. Ce serait nier son identité comme personne.

Quand un don anonyme de sperme ou d’ovule prive pour toujours, dès avant sa naissance – donc sans qu’il puisse jamais y donner à temps un consentement éclairé – un enfant du droit de connaître un de ses deux parents, voire les deux, qui sont constitutifs de sa personne, c’est un acte criminel (et je pèse mes mots).

Quand, pour mieux cacher l’existence de son père ou de sa mère à un enfant, le législateur inscrit à l’état civil qu’il est issu de deux mères ou de deux pères, il commet non seulement un faux dans les titres mais il se rend complice de l’acte criminel du couple qui a voulu spolier l’enfant du droit à sa propre identité.

Les défenseurs à tous crins du droit au mariage pour tous comme un moyen d’acquérir un droit à l’enfant ne parlent jamais que du droit de l’enfant une fois né à être élevé par des personnes qui l’aiment. Mais le vrai droit fondamental de l’enfant existe pleinement dès sa conception. Jamais une « intention » n’a engendré un enfant. Quand on parle de parents d’intention, on évoque des personnes prêtes à s’occuper, comme des parents, d‘un enfant né. Or c’est la conception qui assure la condition sine qua non de la personnalité de l’être humain et concrétise son droit sacré et inaliénable d’avoir un père et une mère et de les connaître. Une fois né, l’enfant a droit à la vérité donc à ne pas être désigné dans un acte officiel comme enfant de personnes qui ne l’ont pas conçu et ne peuvent pas l’avoir conçu.

S’il ne s’agissait que d’accorder un droit à la naturalisation facilitée aux partenaires enregistrés, il n’y aurait qu’à compléter la loi en question ; il conviendrait de même de supprimer dans la loi sur le partenariat enregistré l’interdiction faite à une personne vivant en partenariat enregistré d’adopter. Le droit suisse connaît depuis près de 50 ans le principe de l’adoption par une personne non mariée. Du moment, en outre, que le nouveau droit de l’adoption admet l’adoption par un couple non marié, on pourrait l’autoriser pour un couple partenarié. L’adoption garantit le droit de connaître ses origines. Il n’y aurait aucun besoin de bricoler un mariage civil pour tous.

Mais parce que le mariage pour tous est le prétexte à la négation du droit de l’enfant d’être reconnu expressément enfant d’un homme et d’une femme et de connaître le père et la mère dont il est issu, il doit être refusé. L’enfant a le droit absolu d’être protégé dans son identité dès sa conception même si ce n’est pas « politiquement correct ».

 

 

Mariage pour tous: les sempiternelles confusions

Le Parlement se penche sur le mariage civil pour tous. Une majorité nette se dessine en faveur de l’acceptation de cette « avancée » sociale, mais un léger flottement subsiste encore au sujet de la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe. Il importe donc d’endormir les bourgeois et notamment les bourgeois PDC qui pourraient avoir encore quelques scrupules. Il s’agit donc de sortir la grosse artillerie des confusions. Le conseiller national PDC Maître, de Genève, s’en charge dans un article du Temps du 3 juin en page « Débats ».

1ère confusion : « Le droit au mariage ne peut… être délié de celui de fonder un famille”

Faux ! Le droit de fonder une famille appartient à tout individu, indépendamment du mariage ; il n’est en effet nullement obligatoire d’être marié pour vivre en ménage commun et avoir des enfants donc constituer une famille. Le mariage est seulement le moyen – de moins en moins efficace peut-être – par lequel le législateur essaye d’assurer à l’enfant la sécurité de la présence durable de son père et de sa mère. C’est parfois la raison pour laquelle des concubins se marient – éventuellement après des années de vie commune – quand la concubine est enceinte.

2e confusion : « Ouvrir le droit au mariage civil amène de facto à l’ouverture des droits qui en découlent, notamment celui d’adopter »

Faux. L’adoption n’est pas un droit des adultes mariés ou non, c’est une protection juridique de l’enfant déjà né. Le mariage ne confère pas plus de “droit à l’adoption » que de « droit à l’enfant ». Si la protection juridique que l’adoption représente pour l’enfant peut lui être accordée par un couple marié, c’est parce que le législateur a jugé que l’enfant adopté – qui a déjà souvent subi un traumatisme du fait de sa famille naturelle – doit au moins retrouver une famille présumée stable à cause du mariage (ce qui n’est d’ailleurs plus le cas avec le nouveau droit de l’adoption). En outre, comme l’adoption que nous pratiquons en Suisse doit faire croire à l’enfant, dans les actes de l’état civil, qu’il est bien né de l’homme et de la femme qui l’ont adopté, il est clair que nulle personne honnête – et l’Etat moins que tout autre – n’a le droit de faire croire à un enfant qu’il est né de deux femmes ou de deux hommes. Ce mensonge est trop grave. (Il pourrait être corrigé très facilement en modifiant un peu le droit de l’adoption, sans nuire le moins du monde à l’enfant, mais c’est un autre chapitre qui exigerait moins d’égoïsme de la part des adultes).

3e confusion : La procréation par don de sperme pour un couple de lesbiennes exige mariage et intervention médicale

Faux ! Ainsi que le dit très clairement le couple de lesbiennes interviewées en p. 6 du Temps du 3 juin. « Nous sommes allées chez un ami qui habite proche (sic) de la gare de Genève ». [Le donneur de sperme] les y rejoint, <<fait son affaire>> dans une autre pièce et remet aux deux femmes une pipette remplie de sperme.…Le service est gratuit. « Ensuite, c’est artisanal »… « j’ai inséminé ma compagne comme je pouvais. Elle a gardé trente minutes les jambes en l’air, et voilà. ». Il a fallu refaire la même expérience quatre fois, puis la grossesse a pris… « Le bébé est sain. [Le père] respecte l’accord de rester à distance. ».

Conclusion : le bébé est privé de père. La compagne de sa mère n’est pas sa seconde mère «à l’état civil». Elle pourra l’adopter. Seulement – et c’est là que le bât blesse -, si – comme ce fut le cas pour le couple de lesbiennes interrogées par Le Temps – il y a brouille du couple avant l’adoption, seule la vraie mère ayant accouché a un lien officiel avec l’enfant et peut donc le garder en toute légitimité. Elle est même, dans le cas d’espèce, partie à l’étranger avec “son” enfant! 

4e confusion : Seul le mariage permettrait à la compagne de la mère inséminée d’être la 2e mère « officielle », de l’enfant.

Faux ! Il faudrait que le Parlement accepte pour cela d’introduire dans le code civil la disposition suivante, qui est une proposition de minorité : « Si la mère est mariée à une femme au moment de la naissance, son épouse est l’autre parent de l’enfant. »

« Les dispositions concernant le statut juridique du père sont applicables par analogie à l’autre parent ».

Conclusion : On ne saurait dire plus clairement à un enfant qu’on veut être sûre qu’il ne puisse pas avoir de père ! Belle preuve d’amour !

 

 

 

un(e) parlementaire averti(e) en vaut deux

Un(e) parlementaire averti(e) en vaut deux

Le Parlement qui siège dès aujourd’hui 2 juin devra, parmi d’autres objets, se pencher sur la modification de la loi sur les épidémies afin de permettre l’introduction du traçage de proximité (TP). Ce système (mis au point par l’EPFL) doit permettre de « retracer de manière cohérente les chaînes de transmission [du virus], d’isoler les personnes infectées, et de placer leurs contacts étroits en quarantaine ». Selon le message du Conseil fédéral (Message du 20 mai 2020 concernant la modification urgente de la loi sur les épidémies en lien avec le coronavirus [Système de traçage de proximité], p. 8 ch. 3.1), « quiconque utilise en Suisse un téléphone portable doté du système d’exploitation iOS ou Androïd [pourra] télécharger gratuitement et utiliser l’application Swisscovid indépendamment de son opérateur téléphonique ».

Sait-on bien à quoi l’on s’engage quand on accepte un tel système ?

Dans un excellent article sur son blog du Temps (« SwissCovid, consentement éclairé et responsabilité politique »), Mme Ghernaouti, professeure à l’UNIL et spécialiste de la Cybersécurité, pose 20 questions aux parlementaires au sujet précisément des garanties de sécurité offertes par l’application TP. Ces 20 questions sont fondamentales ; elles concernent en particulier les liens avec Apple-Google, l’usage obligatoire de la technologie Bluetooth dont chacun sait les défauts, voire la stratégie avérée de domination de ses acteurs

La spécialiste en cybersécurité est très claire : « sans réponses aux questions [posées], comment le Parlement pourrait-il sérieusement élaborer une loi qu’il a lui-même jugée indispensable ? ».

Le traçage serait librement choisi par chacun, mais…

Le projet de loi prévoit clairement que nulle pression ne pourra être exercée pour amener les citoyens à accepter de charger l’application sur leur téléphone portable. Cependant, peut-être convient-il de signaler quelques éléments :

  • Le message précise (p. 5 et 10) : « il est essentiel que l’application SwissCovid soit largement acceptée et utilisée pour que le système de traçage de proximité atteigne le but souhaité dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. C’est pourquoi son introduction doit être accompagnée de bonnes mesures communicationnelles…L’application — doit être largement diffusée au sein de la population » D’ailleurs un budget de 1,95 million de francs est prévu à cette fin ! (Message, p. 15 ch. 5.1)…. (Matraquage médiatique et publicitaire garanti !)
  • « Pour l’heure, aucune donnée scientifique n’indique le nombre minimum de participants requis pour une implémentation efficace du système, cependant, selon un modèle scientifique, l’épidémie peut être gardée sous contrôle lorsque deux tiers de la population respecte les mesures de quarantaine ordonnées ou recommandées” (Message, p. 4 in fine)… (Matraquage garanti pour convaincre ce nombre de citoyens!)
  • Le projet de Traçage est un projet de l’EPFL. Or, comme l’écrivait Le Temps du 28 mai dernier (Page économique) « l’EPFL est sous pression.. ». « Un faible taux d’utilisation serait-il un échec pour l’EPFL ?». Réponse de l’un des chercheurs du groupe, M. Edouard Bugnion : « Dans le cadre de la lutte contre le virus, les seules mesures de succès et d’échec sont de nature de santé publique »… (Faut-il comprendre que ceux qui ne choisiraient pas le traçage seraient tenus pour responsables/coupables des « échecs » en matière de santé publique ? Petit effort de culpabilisation?)
  • Selon Heidi.news du 29. 05, le professeur Dick Mohr, de l’EPFZ, professeur de modélisation des matériaux, publie, à titre provisoire, le résultat obtenu avec un nouveau modèle mathématique pour prévoir l’épidémie de Covid-19. Il écrit : « Il est peu probable qu’une 2e vague surcharge le système de santé suisse. C’est une bonne nouvelle, mais elle est aussi trompeuse… Les autorités doivent garder à l’esprit que si le public ne voit pas réellement la pression exercée sur la capacité des hôpitaux, les gens pourraient ne pas prendre la menace au sérieux et ne pas comprendre pourquoi des mesures restrictives sont nécessaires »… (« Guerre des morts » garantie ! D’ailleurs la première annonce du successeur de M. Koch n’est-elle pas la mort d’un bébé ?)

Le Parlement a eu la sagesse d’exiger une base légale pour l’utilisation du TP. Il est responsable maintenant d’opérer toutes les vérifications nécessaires à la sécurité du système envisagé, s’il ne veut pas livrer la population pieds et poings liés aux GAFAM et autres spécialistes de la surveillance, sous couvert de protection de la santé.

 

 

 

Du lobbyisme religieux dans un monde laïc

Il n’y a pas eu de confinement de toute la population en 1918, ainsi que le rappelle le N° 2149 de La Nation journal vaudois (voir p. 1, article signé JMH qui cite la Revue historique vaudoise 127/2019, p. 112), en conséquence, les cultes, messes et autres célébrations religieuses communautaires n’avaient pas été interdits. En revanche, la communion protestante avec coupe commune pour le vin, avait été interdite pour des raisons sanitaires. C’est alors – on me l’a rappelé maintes fois dans mon enfance – que le pasteur Amiguet, pasteur de la paroisse de St Jean Cour, à Lausanne, a décidé, dans sa paroisse, de procéder à la communion par intinction, soit en laissant chaque fidèle tremper lui-même délicatement dans la coupe de vin une extrémité de son petit morceau de pain. Cette forme de communion a été admise par les autorités sanitaires de l’époque, ainsi d’ailleurs que par les autorités ecclésiastiques. C’est cette forme que l’on a toujours continué de pratiquer à St Jean Cour et que je pratique, où que je sois. Elle a été expressément recommandée, en février 2020, par nos autorités ecclésiales vaudoises avant l’interdiction des célébrations religieuses (à vrai dire, liberté avait été laissée aux paroisses de choisir entre le petit gobelet individuel ou l’intinction). Et puis le strict confinement a interdit les cérémonies religieuses à l’exception des cérémonies funéraires, au demeurant réduites à presque rien.

Le déconfinement par étapes oublie les célébrations religieuses

Quand il a été question du déconfinement par étapes, on s’attendait que soient mentionnées les célébrations religieuses. Silence ! Les autorités auraient-elles oublié ces événements sans importance à leurs yeux ? Inquiets de ce silence, les représentants des différentes religions monothéistes ont décidé de pratiquer un peu de « lobbyisme », comme les milieux économiques, sportifs, culturels etc… ? A vrai dire, le terme de lobbyisme n’est peut-être pas adéquat car ce ne sont pas – à ma connaissance – les parlementaires qui ont été approchés, mais seulement le Conseil fédéral.

Cette démarche – dont l’efficacité a été manifeste – me réjouit, mais me trouble aussi. Indique-t-elle que notre pays est devenu tellement athée que les autorités ne peuvent se soucier spontanément de la reprise de la vie ecclésiale ? C’est vrai que cette activité ne « rapporte » rien de tangible à l’Etat, à la différence des milieux de l’économie, du sport, des loisirs. Mais peut-être qu’en fait, les Autorités ont voulu par leur silence tester l’importance pour la population des Eglises qu’elles subventionnent souvent ? Je veux retenir cette hypothèse et croire que notre pays n’est pas devenu une terre sans foi où la religion a besoin de lobbies pour être prise au sérieux.

 

 

De la bonne ou mauvaise application du principe de précaution

On peut trouver sur internet une interview passionnante au sujet de l’actuelle pandémie, interview de Monsieur Jean-Dominique Michel, anthropologue et spécialiste mondial de santé publique, à Genève. M. Michel a également publié, y apprend-on, plusieurs articles sur le sujet dans la Tribune de Genève. Curieusement, personne ne l’invite à Infra-Rouge ni sur les ondes. Or ce qu’il dit, de manière pondérée et respectueuse d’autrui, mais claire et franche, est du plus haut intérêt.

La Suisse aurait interdit la vente à des médecins privés du médicament recommandé par le prof. Raoult, ce médicament étant soudainement réservé à la pratique hospitalière

Depuis le début du confinement, la vente du médicament recommandé par le prof. Raoult – et qui est un médicament officiel contre le paludisme –  serait « réservée à la pratique hospitalière » (ce sont les termes de l’interview). M. Jean-Dominique Michel, atteint lui-même du corona au tout début du confinement, a, en plein accord avec son médecin, voulu acquérir le médicament. Il déclare s’être « heurté au rideau de fer des pharmacies » et avoue avoir réussi à se procurer le remède de manière peu légale.

Cette information ne manque pas d’être inquiétante : de quel droit, un remède officiellement utilisé contre le paludisme, donc parfaitement valable et reconnu, pourrait-il être interdit à la vente sur ordonnance médicale privée, alors qu’il peut, selon les expériences chinoises notamment, être utile, voire très utile, dans le traitement du corona ? Pourquoi serait-il réservé à la pratique hospitalière ?

On nous a dit, lors de « l’affaire Raoult », aux nouvelles, que des recherches étaient actuellement en cours afin de déterminer l’efficacité réelle du médicament contre le corona et le stade de la maladie où l’utilisation dudit médicament serait la plus adéquate. On nous a dit aussi que si le moment du traitement était mal choisi, le médicament pouvait s’avérer dangereux, voire mortel. Les médecins privés sont-ils vraiment tellement irresponsables et ignorants qu’ils ne puissent à aucun moment tenir compte de ces incertitudes et en discuter avec leurs patients ?

Pourquoi une restriction en faveur de la pratique hospitalière ?

Le principe de précaution a été avancé en relation avec les vérifications scientifique à opérer. S’agit-il encore vraiment d’un tel principe quand les probabilités d’effets positifs sont au moins aussi élevées que celles d’effets négatifs, à en croire l’expérience chinoise ? La chose est pressante. Sans doute essaie-t-on d’avancer rapidement.

On nous a dit, il y a six semaines, que des vérifications étaient en cours

Où en est-on aujourd’hui des vérifications ? Une information suivie et une discussion ouverte entre des médecins praticiens privés, des chercheurs, des médecins d’hôpital et des spécialistes de la santé publique seraient une forme d’honnêteté à l’égard des citoyens. On nous tient au courant jour après jour de l’évolution de la maladie, il serait indispensable de nous tenir aussi au courant de l’évolution des connaissances relatives à un remède déjà existant et approuvé par certains scientifiques plutôt que d’empêcher des médecins privés de recourir à ce traitement en plein accord avec leur patient. Cette absence d’information et cette étonnante interdiction créent un malaise.