“Le débat sur le CO2 est clos”

La phrase ci-dessus annonce la prise de position dans le Temps du 22 février de dix universitaires dont 9 professeurs.

Il s’agit sans doute du débat scientifique ! En sciences humaines, un débat n’est jamais clos, mais le climat ne relève pas des sciences humaines ; c’est la cause seulement de ses variations qui est humaine.

Pour les mesures à prendre, afin de lutter contre la cause, tout est donc encore ouvert. heureusement ; puisse la politique résister aux tentations totalitaires et tenir compte de l’humain dans la recherche des solutions !

 

Et si on parlait sérieusement de la cause anthropique du changement climatique?

Le quotidien électronique Heidi.news publie hier le texte suivant :

« Comment la Suisse peut atteindre ses objectifs énergétiques pour 2050. C’est le message principal qui ressort du rapport de synthèse final de deux Programmes nationaux de recherche (PNR) sur l’énergie présentés mardi en programme de clôture à Berne. Mais à condition de surmonter un problème clé : le manque de connaissance scientifique du grand public et des décideurs économiques et politiques. » (C’est nous qui mettons en gras).

Jamais on n’a lu remarque aussi exacte : « manque de connaissance scientifique du grand public ». En effet, on nous rabâche que « 95 % des scientifiques affirment que le réchauffement climatique est d’origine anthropique », mais jamais il n’y a sur la place publique, ouvertement, une vraie discussion entre scientifiques à ce sujet. La science n’est pas une religion. Or les avis scientifiques divergent indiscutablement sur la cause du réchauffement climatique et il serait extrêmement intéressant d’assister à un vrai débat scientifique sur les causes d’un réchauffement climatique qui n’est pas contesté.

Ce que l’on nous répète jusqu’à plus soif, c’est que le réchauffement climatique entraîne la fonte des glaciers. D’accord, mais cela ne nous indique pas la cause de ce réchauffement.

On nous affirme que puisque les hommes consomment en quelque cent cinquante ans la réserve de CO2 accumulée pendant des millénaires, il y a plus de CO2  dans l’atmosphère. D’accord, mais cela de prouve pas que le CO2 est à l’origine du réchauffement climatique.

On nous répète que le réchauffement climatique est  la cause de sécheresses, de montée des eaux, donc de migrations. D’accord, mais cela ne prouve pas que c’est le CO2 qui est à l’origine du réchauffement climatique.

On passe sous silence les connaissances historiques et les preuves de réchauffements climatiques vécus à l’époque romaine, au moyen âge, ou d’autres phénomènes climatiques dont la cause ne pouvait pas être la production de CO2 par les êtres humains.

Bref, est-il vraiment sérieux de construire une économie et une politique d’avenir sur la base de prémisses inconnues ou cachées ?

On confond constamment la cause et le fait avéré. Malheureusement, certains en tirent argument pour condamner sans merci le monde capitaliste, l’Europe au passé colonialiste et même chrétien. Ils confondent tout pour en faire leur plat politique et ne laissent aucune place à ceux qui voudraient essayer de poser les termes vraiment scientifiques de l’équation.

Quand on aura démystifié la cause du réchauffement climatique, on pourra enfin, en toute intelligence et efficacité entreprendre  la lutte contre la pollution, contre les exploitations abusives, les tyrannies de l‘argent et du pouvoir, qui concernent tous les pays et tous les régimes politiques, et favoriser le développement des meilleurs moyens de maîtriser les conséquences d’un réchauffement climatique dont les causes nous dépassent.

Mais pour cela, il faudrait en effet informer le grand public et les décideurs économiques et politiques par des échanges objectifs entre scientifiques et non pas en recourant à des menaces et des déploiements de force. Copernic et Galilée ont aussi commencé par être bien seuls et contraints au silence ! Mais ils ont fini par être entendus, pour notre bien!

Ces pays dont on ne parle pas

Un de mes anciens étudiants de la Guinée, Conakry – Thierno Souleymane BALDÉ, qui ne souhaite pas rester anonyme, car il agit dans son pays de manière totalement ouverte et légale – m’envoie périodiquement des nouvelles de l’évolution politique désastreuse de son pays. Nous avons gardé le contact après son départ de la Suisse dans les années 2000, car nous avions toujours eu de longues discussions au sujet de la démocratie qu’il espérait voir s’installer dans son pays.

Après avoir étudié à la faculté de droit de Lausanne où un programme spécial de l’époque lui a permis d’obtenir une licence en droit français, il a passé plusieurs années aux Etats-Unis. Il a obtenu deux masters de l’Université américaine de Washington/DC avant d’accomplir une spécialisation à l’Université de Stanford en Californie. Ensuite, il a travaillé pendant plusieurs années à la Banque Mondiale avant de décider de retourner dans son pays afin d’y contribuer à la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit.

Patriote convaincu, mais lucide, désolé de voir la corruption qui sévit dans son pays, il y exerce la profession d’avocat. Il initie plusieurs programmes de lutte contre la corruption en déposant notamment des plaintes contre des ministres en fonction. Il organise dans tout son pays des campagnes de sensibilisation sur la non – violence avant, pendant et après les périodes électorales afin d’éviter des troubles politiques. En outre, il apporte une assistance juridique aux personnes victimes d’arrestations arbitraires dans le cadre des manifestations politiques contre le changement constitutionnel que l’actuel président, M. CONDE, essaie d’obtenir, par des manœuvres, en vue de s’assurer un pouvoir « à vie ». On connaît ce truc cher aux dictateurs !

Me BALDÉ m’écrit que le régime aurait déjà tué plus de 129 jeunes à l’occasion des manifestations pacifiques. Des opposants, journalistes, leaders syndicaux et activistes de la société civile sont assez souvent arrêtés sans justification légale et en violation des lois de la république. M. Baldé raconte ce qui lui est arrivé à lui aussi, qui a subi ce genre de traitement à plusieurs reprises et combien il est traumatisé quand il doit aller, comme avocat, identifier les corps des victimes avant l’autopsie ou la restitution aux familles. Ces images ne s’effacent pas de sa mémoire.

Plainte et dénonciation aux autorités compétentes de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Me BALDÉ et d’autres avocats, ont déposé des plaintes contre la République de Guinée auprès des autorités compétentes de la CEDEAO, pour violation de ses obligations internationales en tant que membre de ladite Communauté. La plainte est formulée au nom de plusieurs partis politiques et d’une longue liste de victimes de violations des droits de l’homme tels qu’énoncés dans la charte communautaire de la CEDEAO.

 

On ne lit jamais quoi que ce soit dans nos journaux sur ce qu’il se passe dans les pays où les révolutions essaient de suivre les voies légales.

Il n’est certes jamais souhaitable que la communauté internationale intervienne dans les affaires internes d’un pays, mais le fait de suivre ce qu’il s’y passe et d’en informer l’opinion publique internationale serait sans doute déjà une sorte de protection et permettrait peut-être d’éviter des bains de sang ultérieurs, par désespoir, et de douloureuses migrations.

 

Un joyeux merci

Un joyeux merci

Le 16 décembre dernier, sous le titre « Itinéraire d’une cabossée », Le Temps publiait le texte du blog de Myriam Duc, sportive et globe-trotteuse. Ce texte magnifique de joie de vivre, d’humour, de force, d’espoir m’a tellement enchantée que j’ai aussitôt envoyé une lettre de lecteur pour remercier et féliciter son auteur. La lettre, intitulée « joyeux merci à une cabossée » n’a pas été publiée, je la mets donc ci-dessous, pour rendre un hommage public à une personne dont le blog (blogs.letemps.ch/myriam-duc) vaut tous les détours.

« Quelle joie et quel bonheur, chère Madame, de vous lire dans Le Temps du 16 décembre !

Vous êtes merveilleuse de courage, d’humour, de capacité de rebondir, de volonté de vivre !

Puissiez-vous être lue ou rencontrée dans les écoles, dans les familles, partout, pour y apporter le sourire de votre bonne humeur vigoureuse !

Joyeux Noël et que 2020 vous apporte 366 jours « magiques » sur « le chemin des étoiles » comme vous l’avez si bien écrit !

Suzette Sandoz »

 

Transparence, mais quelle transparence?

Transparence, mais quelle transparence ?

Ainsi donc, la Suisse serait très en retard en matière de transparence financière des partis politiques. C’est vrai que nous n’avons pas encore éprouvé, comme d’autres, le besoin impérieux de « surveiller » l’influence de l’argent sur notre vie politique. Cela peut notamment s’expliquer d’une manière assez simple par le fonctionnement de nos institutions.

Notre exécutif fédéral n’étant pas élu par le peuple, son élection ne coûte rien. Ce n’est évidemment pas le cas des présidents, premiers ministres ou autres chefs d’exécutif dans bien des Etats.

Sur le plan cantonal, on peut déplorer – c’est mon cas – l’élection par le peuple des membres des conseils d’Etat et des municipalités car cela favorise le populisme médiatique et les tentatives éventuelles d’influence financière, mais le fait que nos exécutifs soient toujours collégiaux et nos cantons petits en comparaison internationale rend évidemment les « prises de pouvoir » par l’argent assez peu intéressantes.

 

Les parlementaires sont bien élus par le peuple, eux, et l’argent peut jouer un rôle dans leur élection.

Il convient toutefois de se rappeler que le pouvoir des parlementaires reste très limité par le droit de referendum et les scrutins populaires. Certes, la récolte des voix devient parfois une activité salariée, ce qui est désolant, et les moyens investis dans certaines campagnes de votations peuvent jouer un rôle. Il ne faut toutefois pas partir de l’idée que les citoyens sont incapables de réfléchir et de se laisser convaincre par des arguments plutôt que par des affiches et des distributions de gadgets. Il arrive même qu’ils soient sursaturés par l’abondance!

L’argent est-il le seul moyen d’influencer les élus ?

Notre Parlement a réussi à faire interdire tout financement de campagne venant de l’étranger. C’est une excellente chose, mais l’argent est-il le seul moyen d’influencer les élus ?

Actuellement, peut-être, vu le développement des moyens technologiques et des réseaux, on pourrait craindre, plus que l’influence de l’argent – traçable – l’exploitation des sentiments et les pressions indirectes par le biais de formations, associations et autres personnes morales à but non économiques mais de portée internationale. Quel rôle peuvent jouer dans les coulisses, le WWF, Greenpeace, certains mouvements syndicalistes ou religieux etc… ? Quelle influence ont-ils par le truchement de manifestations publiques, de mouvements de foule plus ou moins « spontanés » dont ils tirent discrètement les ficelles, etc… ? On ne sait pas toujours exactement qui pilote ces institutions. Il est même possible que les candidats soutenus ne soient pas conscients d’être utilisés, puisqu’ils ne reçoivent pas directement d’argent.

Le principe de transparence ne repose actuellement que sur une présomption de corruption des élus.

C’est à vrai dire un peu humiliant pour tous ceux – et c’est assurément la grande majorité des élus -qui sont parfaitement corrects. Mais cela a l’avantage de détourner l’attention du véritable risque que représente le lavage de cerveaux par le politiquement correct favorisé mondialement par les réseaux et relayé souvent par les médias.

La véritable transparence favorise les débats sur tous les sujets, même à contre-courant.

Mais de celle-là, nul ne se préoccupe.

 

Conseil fédéral: “l’arithmétique à Bonzon” des Verts

Ce soir à nouveau, pendant les nouvelles à la télévision, on nous explique que si l’on maintient les deux sièges du PLR, aux dépens des Verts, il y aura une atteinte à la formule magique.

Retour aux calculs

Pendant la législature qui vient de se terminer, les partis avaient respectivement (total dans les deux Chambres, sans les petits partis du centre, PBD + PEV) : l’UDC, 75 membres, le PS, 55 membres, le PLR, 48 membres, le PDC, 43 membres, les Verts, 13 membres, les Verts libéraux, 7 membres.

La répartition des sièges au Conseil fédéral, soit 2 UDC, 2 socialistes, 2 PLR, 1 PDC correspondait bien à l’idée d’une représentation en rapport avec l’importance numérique respective des partis entre les deux Chambres.

Après les élections de cette année, la répartition est la suivante : UDC, 62 membres, PS, 48 membres, PLR, 41 membres, PDC, 38 membres, les Verts, 35 membres, les Verts libéraux 16 membres.

L’ordre décroissant n’a pas changé. Il n’y a aucune raison de modifier la composition du Conseil fédéral.

Le Parti des Verts n’inclut pas plus les Verts libéraux que le PDC n’inclut les petits partis du Centre.

C’est, à la limite, une malhonnêteté intellectuelle que de laisser entendre que les Verts sont le 3e parti. Ils ont incontestablement fait une énorme poussée, mais on leur ajoute les Verts Libéraux contre la volonté de la majorité au moins de ceux-ci, puisqu’ils se revendiquent précisément comme ayant une autre conception générale de la gestion publique que les Verts et ne soutiennent pas une candidature verte. Et la presse véhicule l’idée erronée que les Verts sont devenus le 3e parti de Suisse, devant les PLR et les PDC et que si on n’élit pas leur candidate verte la formule magique aura vécu.

C’est avec une arithmétique truquée que la formule magique aurait vécu.

Il est en revanche un point qui reste choquant c’est le « truc » des démissions en cours de législature pour profiter de l’acquis. Il serait juste que, lors du renouvellement intégral du Conseil fédéral, on tienne en principe compte des nouvelles répartitions des forces politiques. Mais il s’agit bien de dire « en principe », car l’intérêt du pays peut aussi tenir à d’autres éléments encore qu’à une arithmétique étroite. En effet, on ne le dira jamais assez, la formule magique est avant tout pragmatique, c’est bien la raison pour laquelle elle n’a pas de base légale.

Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, les Verts ne sont pas le 3e  mais bien le 5e parti des Chambres et n’ont aucun droit propre à un siège au Conseil fédéral, formule magique ou pas

Un vrai débat sur le CO2

On entend beaucoup dire que tous les scientifiques sont d’accord sur l’effet de serre et le rôle du CO2 en rapport avec le climat. Cette affirmation est erronée. Je reçois nombre de messages de physiciens, mathématiciens, climatologues et scientifiques de tous horizons qui démontrent l’erreur de la théorie du CO2 et de l’effet de serre. Ils ne nient pas le problème de la pollution – bien au contraire – ni celui de l’exploitation abusive des richesses, ils démontrent simplement que le climat n’est pas influencé par le CO2 et insistent sur la nécessité de conserver un esprit critique à ce sujet afin d’être plus efficace.

 

Et si la COP 25 était l’occasion d’une confrontation honnête entre scientifiques capables de démontrer des thèses différentes ?

On sait que ce n’est pas la première fois que l’on vit des changements climatiques et que réchauffement ou refroidissement se sont déjà produits à des époques pas si lointaines où ces changements ne pouvaient pas être imputés à l’activité humaine. On n’en connaît pas les causes exactes. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas continuer de chercher, ce que font maints scientifiques.

Une telle confrontation serait dans l’intérêt de l’humanité, car elle permettrait peut-être de mieux mettre le doigt sur les dangers réels à combattre et de trouver des remèdes efficaces. Il est certainement plus facile et utile à la santé publique de lutter contre la pollution, car c’est déjà dans l’intérêt local, que contre le climat mondial dont personne ne se sent vraiment responsable et dont personne n’a envie de supporter seul le prix ou les privations.

 

……..Pour qu’un tel débat ait lieu, il faudrait évidemment des hommes d’Etat courageux et indépendants d’esprit.

Il faudrait aussi des déclarations générales d’intérêts, car il est évident que tout le monde n’est pas désintéressé à défendre une théorie ou une autre.

Mais je devine que ce billet va me valoir une volée de bois vert car on n’a pas le droit de douter de la vérité d’un dogme qui s’impose par l’intimidation.

Un Tessinois vaut-il moins qu’une femme suisse allemande?

L’excitation relative à l’élection d’une conseillère fédérale verte serait du plus haut comique, si elle n’était en réalité révélatrice d’une myopie politique inquiétante.

Supposons un instant que les Verts proposent un choix entre deux candidats, un Tessinois et une Suissesse allemande-déçue-de-sa-non-élection-au-Conseil-des-Etats. Ils seraient alors déchirés – et leurs soutiens aussi – entre un appui à la minorité tessinoise et un appui au sexe déçu. Peut-être que le Parlement pourrait envisager de « troquer » un Tessinois PLR contre un Tessinois Vert.

Mais comme en l’espèce le candidat vert est une candidate, personne ne relève qu’il importe de conserver le conseiller fédéral de la minorité tessinoise – minorité qu’on honorait encore il y a peu – et qu’il faudrait plutôt « troquer » une femme suisse allemande PLR contre une femme Verte également suisse-allemande. Ce serait évidemment hautement dommage, car la « femme » PLR est excellente, mais après tout, pour certains, la « formule magique » est une question d’arithmétique partisane un point c’est tout !

Si vraiment on « troquait » un Tessinois contre une Suissesse allemande, comme le proposent les Verts et les Socialistes, le Conseil fédéral aurait alors 5 membres alémaniques (dont 2 du canton de Berne, avec pour particularité que le même canton vient précisément de ne pas élire l’un d’eux au Conseil des Etats pour le représenter !) et deux membres latins. Pour respecter l’équilibre des cultures (3 latins/ 4 Alémaniques), on pourrait alors songer à « troquer » une PDC haut-valaisanne contre un PDC tessinois. Mais… remplacer une femme par un homme, quelle horreur ! Faut-il alors compter une Haut-Valaisanne comme représentant la Suisse latine ? Il me semble me souvenir qu’il y a quelques années, un candidat fribourgeois germanophone avait été écarté parce que ne représentant pas vraiment les Romands !

On ne peut que s’étonner de constater que, contrairement à ce qui se passait pour l’élection de M. Cassis, personne, aujourd’hui, ne semble attacher d’importance à la présence au Conseil fédéral d’une minorité tessinoise et pourtant le Tessin fait face à des difficultés particulières. A croire qu’un Tessinois vaut nettement moins qu’une Alémanique Verte.

L’égalitarisme, cette déviance contemporaine de l’égalité qui pourrit l’avenir

L’égalitarisme est une notion arithmétique et comptable alors que l’égalité est une valeur éthique et philosophique. Et malheureusement, c’est l’égalitarisme qui piège les foules.

Il n’y a pas pire ennemi de l’égalité que l’égalitarisme. Alors que la première – l’égalité – prend en considération la personne en tant qu’être humain dans sa totalité et s’efforce de valoriser et de respecter les différences qui constituent la richesse des identités, l’égalitarisme veut gommer les différences de fait qu’il ne tolère pas.

J’en ai pris conscience il y a des années déjà au sein d’associations féminines. Un certain nombre de féministes ne supportaient pas les divergences d’opinions entre les femmes. Je me rappelle d’ailleurs cette députée socialiste – dont je tairai le nom car elle est décédée depuis lors -à qui je disais ne pas pouvoir voter pour telle femme dont je ne partageais absolument pas les idées et qui m’a déclaré tout de go : « Vous n’êtes pas une femme ». Cette forme d’égalitarisme primaire est responsable de l’idée longtemps majoritaire chez les hommes selon laquelle il suffirait de nommer une ou deux femmes alibis pour assurer l’égalité, chaque femme les valant toutes !  Pour corriger cet égalitarisme primaire il faut la solution déshonorante des quotas.

On retrouve les méfaits de l’égalitarisme, actuellement, dans l’idée faussement généreuse de la société « inclusive », de l’école « inclusive ». Cette mode nie l’existence de différences de fait entre des personnes, justifiant des prises en charge différentes et adaptées. Il faut beaucoup de maturité pour respecter l’égalité de valeur au-delà des différences de fait. L’égalitarisme qui nie les différences de fait conduit souvent à l’indifférence et à l’injustice et parfois même au mépris.

Mais les pires conséquences actuelles, sans doute, de cette vague égalitariste, découlent de la théorie du genre et de la négation non scientifique des différences de fait hommes/femmes. Cela débouche sur le mariage pour tous, destructeur de la société, et sur sa conséquence déshumanisante, le droit à l’enfant puis à l’enfant sans défaut.

Chacun de nous connaît et a des amis homosexuels qui ne souhaitent pas autre chose que d’être respectés dans leur différence d’orientation sexuelle et d’avoir le droit de vivre librement en couple avec des règles successorales, sociales, financières – ce que peut parfaitement assurer un partenariat enregistré probablement encore un peu complété par le législateur. Mais ils n’osent pas le dire car ils seraient la cible des défenseurs acharnés de la cause et seraient qualifiés de « traitres ».

Il n’est pire ennemi de l’égalité, de la dignité humaine et de la liberté d’opinion que la doctrine de l’égalitarisme.

 

Les entourloupes parlementaires du mariage pour tous

A fin décembre 2013, le groupe parlementaire des verts libéraux a déposé une initiative parlementaire proposant que la constitution fédérale soit modifiée afin de permettre l’extension du mariage aux couples de même sexe. Cette démarche était parfaitement respectueuse des droits des citoyens et des cantons sur une question aussi délicate que l’extension du mariage aux couples de même sexe.

Le premier tour de passe-passe parlementaire

La Commission des affaires juridiques du Conseil national (CAJ-N), saisie de l’initiative parlementaire et désireuse d’éviter la  complication  d’une démarche constitutionnelle, a demandé un avis de droit à l’office fédéral de la justice. Ce dernier a répondu que la modification constitutionnelle n’était pas nécessaire et qu’on pouvait directement réviser la loi. Cette manière de faire permet d’éviter un vote automatique du peuple et des cantons, prive les cantons d’un droit de décision et oblige les citoyens à récolter les 50.000 signatures nécessaires au référendum. La majorité des parlementaires membres de la CAJ-N ne craignent pas d’exprimer ainsi un profond mépris des citoyens et des cantons, à la différence des initiants. Ces derniers évidemment ne vont pas refuser le « plus » qu’on leur offre quand ils avaient demandé le moins.

A moins donc que les Chambres ne refusent d’entrer en matière sur la révision du code civil sans un vote constitutionnel préalable tel que demandé par les initiants, ce premier tour de passe-passe aura réussi.

Mais la CAJ-N a encore procédé à un second tour de passe-passe.

Le second tour de passe-passe de la CAJ-N

Craignant les « risques politiques » (sic) d’une « législation cohérente » (sic), la CAJ-N présente un projet qui ne règle que l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, sans en résoudre les nombreuses questions annexes, notamment, de son propre aveu, en matière de « rentes de survivant », par exemple. Selon les termes mêmes du rapport de la CAJ-N, « pour éliminer rapidement la discrimination des couples homosexuels en matière de mariage, la commission est prête à s’accommoder temporairement de certaines incohérences et inégalités de traitement et à ne les lever que dans le cadre de la prochaine révision ou des prochaines révisions ».

En résumé la Commission fournit un travail sciemment bâclé pour mieux aveugler les citoyens. Cette manière de faire est indigne de parlementaires honnêtes.

Une partie du second tour de passe-passe concerne la procréation médicalement assistée

Certains milieux de lesbiennes souhaiteraient assurer l’égalité dans le mariage pour tous en autorisant le don de sperme pour les couples de femmes. Comme le dit expressément le communiqué de presse officiel du 30 août 2019 de la CAJ-N, « par 13 voix contre 12, la commission a décidé de renoncer à intégrer au projet la possibilité pour les couples de femmes mariées de recourir au don de sperme, estimant que cela empêcherait le projet de trouver une majorité. Elle souhaite ainsi n’aborder les questions liées à la procréation médicalement assistée que lors d’une prochaine étape ». C’est le triomphe du saucissonnage dans toute sa malhonnêteté. Une minorité de la commission souligne que seule cette variante du don de sperme permettrait « d’atteindre l’égalité totale souhaitée entre les couples homosexuels et les couples hétérosexuels ». On voit poindre l’enfant-objet, otage du fétichisme égalitaire

Il est temps que l’on dise haut et fort les inadmissibles tours de passe-passe au moyen desquels des parlementaires – dont on ignore s’ils ont été réélus ! – souhaitent embobiner ou rouler les citoyens.