Une expérience scientifique utile ou malsaine?

Le Temps des 13/14 octobre nous apprend que des savants chinois ont réussi à faire naître des souris de « deux mères » donc sans fécondation par des gamètes mâles, que ces souris se portent bien et ont même pu procréer. On ne nous dit pas si elles ne procréent que des femelles, ni d’ailleurs si leur progéniture est « normale ». L’expérience chinoise est le résultat d’interventions délicates et compliquées sur des cellules. Le même genre d’intervention sur des cellules provenant de mâles s’est, à ce jour, révélé un échec. Dont acte.

Faisant abstraction de toute réflexion éthique, pour l’instant, on se pose une question : à quoi cette recherche peut-elle bien servir ? Certes, l’être humain est toujours à la recherche de l’origine du monde et de sa propre origine et cette curiosité est souvent un moteur de progrès. Mais dans le cas d’espèce, quel est le progrès recherché ou espéré ? On a vraiment de la peine à saisir l’intérêt qu’il y aurait à développer une reproduction hermaphrodite chez les mammifères. Ne serait-ce pas avant tout un moyen de pouvoir, l’expression du désir de façonner le monde à son image ? Est-on devant une expérience utile ou malsaine ? La recherche n’est pas bonne en soi. Encore faut-il que le chercheur soit animé du sens de sa responsabilité et ne joue pas simplement à l’apprenti sorcier.

Questions à quatre personnes “généreuses”

Le Temps du 8 octobre nous informe que quatre personnalités suisses – qu’il nomme – ont signé une lettre au Conseil fédéral lui demandant d’accorder le pavillon suisse à l’Aquarius.

On ne nous dit pas si ces quatre personnes se sont également engagées, chacune, à assurer l’accueil (hébergement et tous les frais) d’une personne au moins, jusqu’à droit connu sur les conditions possibles de maintien en Suisse.  On ne peut en effet être généreux aux seuls frais d’autrui. C’est l’énorme problème que ne veulent pas voir tous ceux qui répètent « accueil, accueil, accueil de tous les migrants » sans jamais se soucier de la question réaliste qui y est liée : où va-t-on les loger ? Comment va-t-on couvrir tous les frais de santé, d’entretien, de scolarisation éventuelle, d’insertion dans la population, etc… ? Comment faire face à l’éventuelle augmentation de population (par exemple 20’000 hab. de plus à Lausanne chaque année, paraît-il) alors que, de tous côtés, on déplore une croissance démographique et s’en inquiète ?

L’horrible exploitation de la souffrance ou de l’espoir des migrants de la mer par des passeurs avides dénués de tout sentiment humain ne peut pas être effacée par une mesure irréfléchie ; l’incapacité de l’Union Européenne elle-même (27 Etats !) à résoudre ce problème est hélas ! l’indication que ledit problème dépasse la compréhension et la compétence des quatre signataires ; ceux-ci contribuent peut-être – involontairement sans doute – à conforter les passeurs dans l’idée qu’ils tiennent leur source de profits bien en main tant que fonctionnera leur chantage affectif aux Européens.

 

 

 

Lier la révision du code civil relative au changement de sexe au débat sur le mariage pour tous

Le Conseil fédéral propose de permettre, dans le code civil, une simple déclaration de changement de sexe à l’état civil, de la personne « qui a la conviction intime et constante de ne pas appartenir au sexe inscrit dans le registre de l’état civil ». L’officier de l’état civil devra certes vérifier le sérieux de la problématique et éviter les abus et les plaisanteries – joyeux travail ! – mais s’il est convaincu du bienfondé de la demande, il inscrira le nouveau sexe dans le registre de l’état civil. Il ne modifiera pas, en revanche, les liens matrimoniaux ou parentaux (c’est prévu dans la loi révisée). Du point de vue des registres de l’état civil, le nouveau M. X ou la nouvelle Mme X restera respectivement, Mme X mariée à M. Z ou M.X marié à Mme Z, mais dans la vie de tous les jours, il est clair que les époux X-Z seront deux hommes ou deux femmes, y compris à l’état civil. Même remarque, à l’inverse, pour les partenaires enregistrés qui ne seront plus du même sexe à l’état civil ; quant aux enfants, ils continueront bien à avoir à leur état civil un père et une mère, mais un père femme ou une mère homme à l’état civil également.

On relèvera, à partir de l’exemple ci-dessus, que la particularité de la simple déclaration de changement de sexe à l’état civil, proposée par la révision, parce que, selon la loi, elle n’influencerait pas le mariage, ni d’ailleurs le partenariat enregistré, aurait pour conséquence, en pratique, que le mariage unirait alors deux personnes de même sexe, ou le partenariat enregistré deux personnes de sexe différent, ce qui est exactement le but recherché par les partisans du « mariage pour tous ». On introduirait donc, sans aucun débat de fond, le résultat qu’ils recherchent. Il suffirait alors d’une simple adaptation ultérieure, sans tambour ni trompette, du code civil à cette réalité, par l’introduction du mariage pour tous. Certes, il s’agirait bien d’un modification législative sujette à référendum, mais pourquoi lancer un référendum contre l’adaptation à un pratique déjà consacrée par le code et dans les faits ?

Espérons que les parlementaires verront la problématique et qu’ils exigeront que le débat relatif à la déclaration de changement de sexe soit lié à celui concernant le mariage pour tous, autrement dit qu’ils refusent le « saucissonnage » de la modification du code civil, car il s’agit là d’un problème fondamental de société qui ne doit pas pouvoir être soustrait à un large débat, quelle qu’en soit l’issue.

Le 8 octobre 2018

 

Et les enfants dans tout cela?

Les techniques modernes de procréation médicalement assistées permettent la congélation d’ovocytes, voire d’embryons dont on réclamera le développement sous forme d’une grossesse quand la mère (ou les parents) en aura le temps, l’envie ou les moyens financiers. En théorie, cela peut paraître raisonnable. Mais ce qui frappe c’est qu’on ne lit jamais une ligne au sujet de l’enfant né d’une telle procédure médicale. Quel est l’âge réel d’un embryon implanté après avoir été congelé pendant plusieurs années ? Quelle est la véritable fraîcheur d’un ovocyte utilisé après des années de congélation ? L’enfant né après de tels traitements en subit-il des conséquences ? Si oui, lesquelles ? Pour répondre à ces questions, il faudrait évidemment pouvoir étudier de nombreux cas, donc éventuellement réduire de nombreux enfants à des conditions de cobayes.

On ne peut qu’être frappé par le fait que ce problème là n’est jamais évoqué. On peut concevoir que l’on y apporte éventuellement des réponses ou des solutions différentes, mais on doit reconnaître que, du point de vue éthique, la question est fondamentale. Il semblerait toutefois, selon le Temps du 3 octobre, que le Comité national d’éthique (suisse), se montre « circonspect » à propos de la congélation qu’il considère comme « controversée » et « comportant des risques pour la santé de la femme et de l’enfant ». Tiens ! Tiens ! On évoque l’enfant ! Miracle !

Nouvelle négligence du bien de l’enfant !

Le mépris du bien de l’enfant est constaté une fois de plus dans un projet de modification du code civil suisse concernant les personnes transgenres. Ce projet prévoit que « Toute personne qui a la conviction intime et constante de ne pas appartenir au sexe inscrit dans le registre de l’état civil peut déclarer à l’officier de l’état civil vouloir une modification de cette inscription ». Cette déclaration sera sans effet sur le mariage et la filiation. La modification à l’état civil consacrera donc le maintien du mariage entre deux personnes alors devenues de même sexe et permettra de désigner à l’état civil que le père d’un enfant est une femme ou sa mère un homme. On doit se demander très sérieusement si le respect de l’enfant ne devrait pas conduire à préciser au moins, dans la loi, que la déclaration de changement de sexe ne peut être faite tant que la personne a un ou des enfants mineurs. Il arrive en effet que le changement de sexe soit demandé par un homme ou une femme qui a procréé. Personne ne parle jamais du traumatisme que peut vivre un enfant dont un parent change de sexe. Les cas sont à vrai dire actuellement encore beaucoup moins fréquents que les changements de sexe en général mais ce n’est pas une raison pour ne jamais penser aux enfants.

Loi suisse contre l’homophobie: aura-t-on encore la liberté de s’opposer au mariage pour tous?

Selon le Temps du 26 septembre, « Le Conseil national a approuvé la criminalisation des discriminations envers les homosexuels ». La Chambre du peuple a accepté ainsi l’initiative parlementaire de M. Mathias Reynard.  L’art. 8 de la constitution fédérale qui dispose que « nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de… son mode de vie », va donc être concrétisé par une norme pénale. Le problème dès lors est double : 1) Que faut-il entendre par homophobie ? 2) Que faut-il entendre par discrimination ?

Cette double question se pose particulièrement en relation avec la conclusion de l’article du Temps : « Fort de son succès d’étape, Mathias Reynard a indiqué vouloir désormais se concentrer sur le combat pour le mariage pour tous ». Veut-il dire ainsi que, une fois la norme pénale admise, on pourra combattre et punir grâce à elle les personnes qui s’opposeraient au mariage pour tous ?

On sait que l’argument massue pour justifier l’amalgame entre mariage et partenariat enregistré, c’est l’égalité des sentiments entre les deux protagonistes de chaque forme d’union. Cette égalité – impossible à prouver entre deux unions, quels qu’en soient les protagonistes – a incité le législateur à élever le partenariat au rang d’institution, comme le mariage. Mais cette égalité de rang social ne signifie pas encore identité.

Pour illustrer la différence qu’il y a entre elles, comparons un instant chacune des unions respectivement au vin rouge et au vin blanc. Les deux breuvages sont délicieux, les deux sont alcoolisés, les deux sont le produit du jus de raisin, mais il ne viendrait à personne l’idée de mélanger systématiquement les deux dans son verre sous prétexte que les deux sont bons. Les produits finis sont chacun différents. Reconnaître leur différence, et les nommer différemment, ce n’est pas pratiquer une discrimination.

Mais peut-être que comparer le mariage et le partenariat enregistré à deux vins c’est une forme de discrimination du genre humain. A quand cette norme pénale ?

 

Inégalité salariale: toujours la même confusion nuisible

Des femmes vont se mobiliser dans la rue pour lutter contre l’inégalité salariale. Bon ! Mais que faut-il entendre par « Inégalité salariale » ?

La constitution fédérale dit expressément que « l’homme et la femme ont droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale ». Cela, et cela seulement, est la formulation du principe de l ‘égalité salariale. Ce n’est pas forcément facile à vérifier car un « travail de valeur égale » n ‘est pas une notion purement arithmétique. Il est clair cependant que la différence salariale qui n’a d’autre raison d’être que le fait que la personne qui fournit le travail requis est une femme et non pas un homme est inadmissible.

Différente de l’inégalité salariale est l’inégalité « dans la famille, dans la formation et dans le travail », trois manifestations possibles de l’inégalité expressément mentionnées par la même constitution. Cette inégalité-là peut se concrétiser par le fait que femmes et hommes ne recherchent pas forcément les mêmes formations, accèdent ou n’accèdent pas à des postes à responsabilité, pratiquent des activités à temps partiel ou à temps complet, etc… Ces inégalités tiennent à des causes multiples, parfois simplement à une liberté de choix des intéressés – ce qui est totalement respectable – parfois à des questions socio-culturelles dont on peut souhaiter qu’elles se modifient ou que l’on peut aider à se modifier.

Le plus mauvais service que l’on puisse rendre aux femmes et aux hommes, c’est de mettre constamment sous le chapeau de « inégalité salariale », toutes les formes de différences, voire d’inégalités dans l’organisation familiale, éducative et professionnelle qui peuvent influencer le revenu professionnel. D’une part, cela rend les statistiques  trompeuses, voire malhonnêtes, donc non crédibles, d’autre part, cela compromet la recherche de solutions. Prétendre en effet résoudre de la même manière des problèmes de nature très différente est une sottise nuisible. Mais plus que tout encore, cela atrophie la liberté individuelle et décourage l’effort de tous ceux pour qui l’égalité représente une valeur motivant une démarche personnelle et constante plutôt qu’une arme électoraliste ou syndicale.

 

L’autoportrait par la langue

Pourquoi la langue parlée – et souvent écrite – devient-elle si laide, obscure, brouillonne et vulgaire ? Combien de personnes interviewées remplacent la seconde moitié de leur phrase par « voilà », ce qui ne signifie évidemment rien du tout et n’éclaire nullement l’auditeur ? Pourquoi les phrases sont-elles constamment truffées de mots vulgaires ? La pensée n’en est pas enrichie et le moins que l’on puisse dire c’est que le vocabulaire en est appauvri.

Cette langue dévoyée et infantile réveille en moi des phrases lourde de sens telles que : « la caque sent toujours le hareng » (proverbe), ” le style est l’homme même” (Pascal) « le vers se sent toujours des bassesses du cœur » (Boileau). Qu’une langue vive et évolue, c’est naturel et souhaitable. Mais elle n’en continue pas moins à refléter le portrait de celui qui l’utilise. C’est une préoccupation à garder à l’esprit quand on s’exprime, oralement ou par écrit.

Heure d’été ou heure d’hiver?

Après un sondage démocratique (moins d’1% de la population !), l’UE songerait à proposer aux États membres de garder la même heure toute l’année.

C’est incontestablement une bonne idée, mais…. Quelle heure ? Celle d’été ou celle d’hiver ? Il semblerait que ce serait celle d’été. La conséquence en serait que le jour se lèverait encore plus tard de novembre à fin mars que ce n’est le cas maintenant. Certes, les jours seraient un peu plus longs en fin d’après-midi pendant cette période, mais, en hiver, vaut-il mieux que le jour commence un peu plus tôt, sachant que le travail des adultes et l’école pour les enfants commencent assez tôt le matin. Vaut-il mieux avoir de la lumière naturelle rapidement le matin ou un peu plus longtemps le soir ?

Une réponse pourrait peut-être venir de cette start-up durable présentée hier, 4 septembre, dans les locaux du Temps et candidate, avec deux autres start-ups, au prix SUD. Cette start-up, baptisée Oculight Dynamics, veut développer l’usage maximal de la lumière naturelle dans les habitations, ayant fait le constat que cette lumière est particulièrement bonne pour la santé tant physique que morale.

Il est évident que la durée totale de jour et de nuit est la même que l’on adopte l’heure unique d’été ou d’hiver. En revanche, à partir du moment où l’on sait le rôle bénéfique de la lumière naturelle, il serait intéressant de déterminer si, pour la santé des gens, il vaut mieux que le jour se lève un peu plus tôt toute l’année (heure d’hiver) ou qu’il finisse un peu plus tard toute l’année (heure d’été). Le débat ne manque pas d’intérêt et le résultat pourrait même être qu’il n’est pas souhaitable d’imposer la même heure, quelle qu’elle soit, à tous les Européens !

Le climat est instrumentalisé

C’est sous ce titre que le Temps du 3 septembre rapporte les propos du professeur Erkman et je me réjouis que le problème soit abordé sous cet angle, non pas pour nier que le climat est un peu déréglé, mais pour reconstituer la hiérarchie des problèmes et des responsabilités.

Nul ne peut nier qu’il y a eu des dérèglements climatiques à plusieurs reprises sur notre terre, les uns gravissimes, les autres plus légers (petites glaciations, petits réchauffements), sans que nous y ayons pu mais, ni que les explosions solaires, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre peuvent avoir des effets énormes bien supérieurs à ceux de nos activités et dont nous n’avons aucune maîtrise. La moindre des humilités serait au moins de reconnaître que nous n’en connaissons pas vraiment les causes et que nous ne pouvons pas les éviter.

De vous à moi, on a de la peine, comme être humain ou même comme entreprise, voire comme Etat, à se sentir responsable du changement climatique. En revanche, il est évident que la pollution – dont chacun est responsable – peut jouer un rôle sur la santé, que nous pouvons influencer la biodiversité par notre manière d’exploiter les terres, voire de nous nourrir, bref que si l’on veut responsabiliser vraiment les personnes et éventuellement influencer les groupes sociaux dans leur manière de se conduire, il faut arrêter de brandir le changement climatique et se concentrer sur ce qui est à notre niveau.

En un sens, la démission de M. Hulot qui mettait – comme beaucoup d’autres personnes – sous le chapeau général de la lutte contre le réchauffement climatique, le glyfosate, le nucléaire, la défense de la cause animale, est l’illustration de l’échec programmé de tout vrai progrès en matière d’écologie tant qu’on l’intitule « lutte contre le réchauffement climatique ». Si l’on veut éveiller un petit sens de la responsabilité il faut se concentrer sur des effets manifestement liés à l’activité humaine. Ces effets variés (empoisonnements chimiques, surproduction, surexploitation, gaspillages en tout genre) appellent chacun des mesures de correction spécifiques, dont les conséquences seront également négatives et qui doivent donc être pesées et éventuellement adaptées ou modulées. Ce sont des enjeux politiques délicats menaçant toujours, au nom d’une bonne intention, de paver un enfer policier. Tout est manifestement à faire, mais pitié, lâchons d’abord la menace climatique.

Le charme irrésistible de la recherche!

Discutant l’autre jour avec un bachelier frais émoulu – que je félicitais d’ailleurs – je lui ai demandé ce qu’il envisageait de faire par la suite. Il m’a répondu : « de la médecine ». « Fort bien !  Avez-vous déjà une idée de spécialisation ? ». « Je veux faire de la recherche » !

Ce n’est pas la première fois que je reçois ce genre de réponse, quelle que soit la discipline choisie, mais évidemment plus encore quand le choix se porte sur les sciences dites « dures » que sur les sciences humaines. Et pourtant, ces dernières ne sont pas non plus à l’abri du charme de la « recherche ». On ne sait pas ce que l’on va chercher, mais on veut être chercheur. Evidemment que si vous êtes « chercheur », même en recherche appliquée, vous échappez un peu au traintrain du travail quotidien, vous jouissez de beaucoup de liberté et, suivant les cas, d’une renommée internationale. Mais quel est le pourcentage de « chercheurs » dont une société à besoin ? Et chercheurs de quoi ?

« La HEP consacre plus du cinquième de son budget à la recherche appliquée et au développement »

C’est la phrase ci-dessus, lue en page 13 du « suivi pluriannuel du plan stratégique 2012-2017 de la Haute Ecole Pédagogique Vaud (rapport final – Mars 2018) » qui m’incite à poser la question du pourcentage de chercheurs nécessaires à une société. En effet, quand on sait que, dans le canton de Vaud, en première année de gymnase, les enseignants ne sont pas remplacés quand ils s’absentent, même pour plusieurs semaines, ce qui prive les élèves de nombreuses heures de cours, on se demande si on a trop peu d’enseignants ou trop de chercheurs. La question mérite d’être posée d’autant que le rapport précise encore que « les mécanismes institutionnels de soutien à la recherche ont été renforcés ».

Que cherchent les chercheurs ?

On apprend, à la page 12 du rapport susmentionné que « une structure des champs de recherche de la HEP a été réalisée avec la création de pôles d’excellence sous la forme de laboratoires ». Le rapport en énonce six, parmi lesquels le « laboratoire international de recherche sur l’éducation en vue du développement durable », un « laboratoire lausannois lesson study (3LS) » et un laboratoire appelé « FabLab », tous deux  assez mystérieux pour les non-initiés. Qu’y recherche-t-on exactement ? On espère que les députés qui ont étudié ce rapport ont posé les bonnes questions et en ont écouté et compris les réponses.

Des laboratoires et des recherches appliquées vraiment utiles ?

Certes, les trois autres laboratoires concernent plus spécifiquement des problèmes d’enseignement (plurilinguisme, accrochage scolaire, inclusion scolaire), mais en connaîtra-t-on jamais les véritables conclusions au cas où elles seraient défavorables à la mode et aux convictions actuelles ? Je pense notamment aux recherches relatives à l’inclusion, c’est-à-dire au développement des classes uniques pour tous les élèves avec ou sans situation de handicap. Les enseignants qui vivent ces nouveautés et que j’ai eu l’occasion d’interpeller à ce sujet constatent, pour l’instant en tous les cas, que l’inclusion est défavorable aux élèves de toutes catégories, qui ne reçoivent pas l’enseignement dont ils ont réellement besoin, parce que les enseignants n’arrivent pas à satisfaire simultanément ces besoins extrêmement différents. Ou alors l’inclusion serait-elle la préparation déguisée à la voie unique refusée par les citoyens ?

Souhaitons une fois encore que les députés ouvrent l’œil et fassent preuve de curiosité. L’avenir de la société, donc de tous nos enfants et petits-enfants, en dépend. La recherche appliquée n’est pas une fin en soi.