Le charme irrésistible de la recherche!

Discutant l’autre jour avec un bachelier frais émoulu – que je félicitais d’ailleurs – je lui ai demandé ce qu’il envisageait de faire par la suite. Il m’a répondu : « de la médecine ». « Fort bien !  Avez-vous déjà une idée de spécialisation ? ». « Je veux faire de la recherche » !

Ce n’est pas la première fois que je reçois ce genre de réponse, quelle que soit la discipline choisie, mais évidemment plus encore quand le choix se porte sur les sciences dites « dures » que sur les sciences humaines. Et pourtant, ces dernières ne sont pas non plus à l’abri du charme de la « recherche ». On ne sait pas ce que l’on va chercher, mais on veut être chercheur. Evidemment que si vous êtes « chercheur », même en recherche appliquée, vous échappez un peu au traintrain du travail quotidien, vous jouissez de beaucoup de liberté et, suivant les cas, d’une renommée internationale. Mais quel est le pourcentage de « chercheurs » dont une société à besoin ? Et chercheurs de quoi ?

« La HEP consacre plus du cinquième de son budget à la recherche appliquée et au développement »

C’est la phrase ci-dessus, lue en page 13 du « suivi pluriannuel du plan stratégique 2012-2017 de la Haute Ecole Pédagogique Vaud (rapport final – Mars 2018) » qui m’incite à poser la question du pourcentage de chercheurs nécessaires à une société. En effet, quand on sait que, dans le canton de Vaud, en première année de gymnase, les enseignants ne sont pas remplacés quand ils s’absentent, même pour plusieurs semaines, ce qui prive les élèves de nombreuses heures de cours, on se demande si on a trop peu d’enseignants ou trop de chercheurs. La question mérite d’être posée d’autant que le rapport précise encore que « les mécanismes institutionnels de soutien à la recherche ont été renforcés ».

Que cherchent les chercheurs ?

On apprend, à la page 12 du rapport susmentionné que « une structure des champs de recherche de la HEP a été réalisée avec la création de pôles d’excellence sous la forme de laboratoires ». Le rapport en énonce six, parmi lesquels le « laboratoire international de recherche sur l’éducation en vue du développement durable », un « laboratoire lausannois lesson study (3LS) » et un laboratoire appelé « FabLab », tous deux  assez mystérieux pour les non-initiés. Qu’y recherche-t-on exactement ? On espère que les députés qui ont étudié ce rapport ont posé les bonnes questions et en ont écouté et compris les réponses.

Des laboratoires et des recherches appliquées vraiment utiles ?

Certes, les trois autres laboratoires concernent plus spécifiquement des problèmes d’enseignement (plurilinguisme, accrochage scolaire, inclusion scolaire), mais en connaîtra-t-on jamais les véritables conclusions au cas où elles seraient défavorables à la mode et aux convictions actuelles ? Je pense notamment aux recherches relatives à l’inclusion, c’est-à-dire au développement des classes uniques pour tous les élèves avec ou sans situation de handicap. Les enseignants qui vivent ces nouveautés et que j’ai eu l’occasion d’interpeller à ce sujet constatent, pour l’instant en tous les cas, que l’inclusion est défavorable aux élèves de toutes catégories, qui ne reçoivent pas l’enseignement dont ils ont réellement besoin, parce que les enseignants n’arrivent pas à satisfaire simultanément ces besoins extrêmement différents. Ou alors l’inclusion serait-elle la préparation déguisée à la voie unique refusée par les citoyens ?

Souhaitons une fois encore que les députés ouvrent l’œil et fassent preuve de curiosité. L’avenir de la société, donc de tous nos enfants et petits-enfants, en dépend. La recherche appliquée n’est pas une fin en soi.

 

Y a-t-il des droits inhumains?

Les commentaires de l’article de ce blog relatif aux rapports entre le droit national et le droit international ont dévié parfois sur la notion de « droits de l’Homme » que d’aucuns qualifient de « droits humains ». Cette dernière appellation, qui n’est qu’une sorte d’anglicisme (human rights), indice une fois de plus de notre soumission à la langue de l’économie et de la technique, est inexacte en français. Il n’y a pas de droits humains ou inhumains. Il est d’ailleurs presque toujours erroné de s’inspirer en français d’une terminologie anglo-saxonne dans les domaines juridiques, car le droit anglo-saxon diffère profondément du droit continental.

Si l’on veut échapper au malentendu « sexiste » que contiendrait, pour certains, l’expression « droits de l’Homme », il faudrait utiliser la formule « droits de l’être humain ». Cela serait en accord au demeurant avec la désignation germanique de « Menschenrecht ». Mais pourquoi renier l’appellation française historique ? On n’a pas trouvé de meilleur raccourci, en français, pour indiquer qu’il s’agit des droits fondamentaux de l’être humain, constitutifs de sa dignité et assurant le respect de sa personne. L’expression française « Droits de l’Homme », marquée au coin de l’histoire, a un sens parfaitement clair pour tout francophone non-analphabète. C’est la jurisprudence qui est inhumaine quand elle fausse le sens et la portée des droits de l’Homme en en faisant une lecture réductrice politique ou sexiste intitulée « droits humains ».

En quoi serions-nous légitimés à transformer les titres ou appellations historiques pour les mettre à la mode de l’ « aculture » en vogue ? La devise de la France devrait-elle devenir « Liberté, Egalité, Sororité et Fraternité » ? Au lieu de désapprendre aux gens les sens variés d’un mot, les partisans de l’égalité devraient les entraîner à se représenter immédiatement autant une femme qu’un homme sous un titre masculin. Personnellement, je m’y efforce. Ce réflexe-là est plus respectueux d’égalité que l’américanisation de la langue française.

 

Droit national et droit international, aucun des deux ne prime l’autre

Dans un magnifique article intitulé « Conflits entre le droit interne et le droit international   Démocratie directe et/ou pouvoir des juges ? », article publié dans le cahier 55 de la Revue de droit suisse, le professeur Jean-François Perrin, professeur honoraire de l’université de Genève, démontre l’insécurité juridique que créent l’affirmation de la primauté du droit national autant que celle de la primauté du droit international.

Ce Collègue, spécialiste du droit privé, procède à une analyse dépassionnée de la problématique que prétend résoudre l’initiative dite « des Juges étrangers ». Exemples judiciaires à l’appui, puisés aussi bien dans la jurisprudence fédérale que dans celle de la Cour européenne des droits de l’homme, le Professeur Perrin met en évidence le mécanisme judiciaire de l’application ou parfois de la non-application du droit (national ou international), de l’interprétation et de la pesée d’intérêts. Il souligne les contradictions éventuelles du droit international, toujours exemples concrets à l’appui, et l’impossibilité de définir, comme tel, le « droit international » notion éminemment composite.

Il étudie la Constitution suisse actuelle et conclut : « La Constitution ne dit jamais que le droit international prime par lui-même, par son contenu. Une disposition particulière de la Constitution, ou conforme à celle-ci, doit en toute circonstance pouvoir être invoquée pour justifier la primauté de l’une des deux catégories sur l’autre, en cas de conflit. Le droit international ne prime donc pas par nature ».

Conclusion logique : si le droit international ne prime pas par nature, selon notre constitution, il est évidemment aussi inutile que dangereux de poser la règle contraire comme le fait l’initiative sur les « juges étrangers ». Seule la souplesse permet au juge de chercher et d’appliquer la solution la meilleure en conciliant si possibles les deux droits ou en accordant momentanément, par pesée d’intérêts, l’avantage à une disposition de l’un ou l’autre des deux droits.

L’auteur termine son article de 193 pages par une dissection point par point de l’initiative, sans aucun pathos. Ayant rejeté ce qu’il appelle les deux monismes, soit le principe de la primauté du droit international  (défendu par certains professeurs de droit public, voire par certains diplomates ou juges fédéraux) autant que celui de la primauté du droit national (consacré par l’initiative), il écrit : « Il nous paraît possible de considérer que la Constitution helvétique actuelle, ainsi que le droit fédéral, contiennent d’ores et déjà les dispositions qui sont susceptibles d’être invoquées pour apporter une solution aux problèmes qui se posent ». Il déplore toutefois l’aspect idéologique du problème qui nuit à une réponse juridique découlant du seul texte actuel de la Constitution et le combat qui oppose actuellement partisans et adversaires de la primauté du droit international. Ce combat empêche un raisonnement sain et la recherche d’une formulation claire de la Constitution pour laquelle le Professeur Perrin formule une piste praticable de réflexion.

Puisse la campagne politique qui précédera le vote populaire prendre un peu de hauteur et ne pas opposer simplement les tenants de deux « religions » incompatibles et nuisibles !

De quelques règles concernant la gestion de mon blog

Les commentaires destinés à un blog sont un miroir fidèle de la société.

Quand ils reflètent des divergences d’opinion motivées, ils font réfléchir et sont précieux. Mais c’est hélas très rarement le cas. Il importe néanmoins de mettre les commentaires critiques non motivés sur le blog afin que l’on sache qu’il y a des divergences d’opinions.

Sont exclus du blog les commentaires injurieux soit à l’égard de l’auteur du blog, soit à l’égard d’un autre commentateur, car je n’entends pas favoriser le hooliganisme verbal. Je précise que je limite aussi le nombre d’échanges entre commentateurs car ce n’est pas forcément l’objet du blog .

Les questions précises éventuelles reçoivent en principe une réponse personnelle à leur auteur, car je les considère comme touchant à l’identité des personnes et méritant donc une certaine discrétion.

Ajoutons enfin qu’il peut arriver qu’une erreur informatique soit la cause d’une disparition ou d’un doublet ou de je ne sais quelle bavure qui me serait imputable. Je ne peux que présenter des excuses et compter sur la compréhension de la victime.

 

 

Le refus de la différence

La véritable égalité exige le respect des différences. C’est là le fondement de la reconnaissance de la dignité humaine donc de l’égalité. Et pourtant c’est exactement ce que combattent tous les participants au « lavage de cerveau » (et malheureusement le Temps en fait souvent partie et tout spécialement vendredi 27 juillet en p. 5) au sujet du mariage pour tous, de la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe et de l’adoption plénière par ces mêmes couples, que cette adoption concerne l’enfant de l’autre (le législateur s’est déjà joint aux laveurs)  ou un enfant « étranger » aux deux composants du couple (le Conseil fédéral veut rejoindre le club !).

Soyons clairs

Je n’ai aucun problème avec les personnes homosexuelles mais je ne comprends pas pourquoi il faudrait nier la différence de fait entre un mariage, union d’un homme et d’une femme, et un partenariat enregistré, union de deux personnes de même sexe. Il se peut qu’il faille encore améliorer le droit pour assurer aux deux catégories de couple le même traitement économique, fiscal et successoral, voire, au point de vue des assurances. Il n’y a aucune raison en revanche de dénaturer la désignation culturelle propre à chacune des deux unions qui ne sont précisément pas constituées des mêmes composantes. Pourquoi ne peut-on pas respecter, éventuellement protéger l’appellation de chacune des espèces d’union pour ce qu’elle est ?

Eviter les faux dans les titres

Il est absolument exclu qu’un enfant naisse de la copulation de deux femmes ou de deux hommes ou de la fécondation de sperme par du sperme, voire d’un ovule par un ovule. Accepter d’indiquer dans un acte officiel, c’est-à-dire à l’état civil, qu’un enfant est celui de deux hommes ou de deux femmes, c’est officialiser un faux dans les titres. Que l’Etat prête la main à une telle tromperie, et en plus à l’égard d’un enfant, c’est une monstruosité qui n’est à aucun moment justifiée. Non seulement il devrait être impensable de favoriser un tel faux par le moyen de la procréation médicalement assistée, mais cela devrait également conduire à se poser la question tout à fait générale de l’adoption dite « plénière ». Cette adoption, qui est celle accordée, en Suisse, depuis le 1er avril 1973, aux couples hétérosexuels et partiellement, depuis le début de 2018, aux couples de même sexe, consacre un faux dans les titres à l’état civil. En attestant à l’enfant qu’il est issu de son ou de ses parents adoptifs, l’Etat contribue à une tromperie officielle. Quel affreux exemple dont on sait la souffrance qu’elle peut causer à l’enfant ! Or il serait parfaitement possible d’éviter cette tromperie tout en assurant une pleine protection à l’enfant ; il suffirait de remplacer l’adoption plénière par l’adoption simple. Cette dernière ne poserait de problème pour aucun couple puisqu’elle n’a pas d’effet d’état civil. Elle ne fait donc pas croire à l’enfant qu’il est issu de ceux qui l’ont adopté. Et qu’on ne vienne pas nous dire qu’il faut un mensonge à l’état civil pour pouvoir aimer un enfant !

Beaucoup d’adultes ne supportent pas que la réalité soit différente de leurs fantasmes

Reconnaître les différences de fait et oser dire la vérité, notamment aux enfants, sont les premiers pas vers la véritable égalité, celle qui repose sur le respect des personnes et non sur les fantasmes sentimentaux. Notre société aurait tout à gagner à renoncer au lavage de cerveau pour favoriser un mensonge afin d’être capable de respecter les personnes pour ce qu’elles sont !

 

 

 

 

Irresponsabilité des CFF et d’autres

Etonnante révélation aux nouvelles de la RTS vendredi soir 20 juillet concernant l’inquiétude des grands maîtres de la Silicon Valley relative à la déshumanisation de la société à cause des réseaux sociaux et du développement de la numérisation ! Et ces maîtres d’inciter notamment chacun à se passer le plus possible de son smartphone, voire à envoyer ses enfants dans des écoles sans ordinateurs ni wifi.

En entendant ces déclarations, on mesure l’irresponsabilité de tous ceux qui incitent sans cesse à se procurer un smartphone pour pouvoir acheter un billet de transport public ou mieux encore pour pouvoir simplement, si l’on en croit les CFF, obtenir un léger dédommagement pour tous les ennuis causés aux utilisateurs par les grands travaux sur les rails.

Les déclarations des maîtres de la Silicon Valley engagent largement la responsabilité de tous ceux qui subordonnent leurs services au recours systématique, voire exclusif, à internet sous quelque forme que ce soit. Irresponsabilité de l’incitation au « tout par e-facture » avec menace de faire payer la facture papier, irresponsabilité de l’enseignement avec recherches obligatoires sur internet, irresponsabilité des invitations, billets et inscriptions par internet seulement, car tout cela favorise la déshumanisation de la société dénoncée par les maîtres de la Silicon Valley.

Pour que le progrès technique soit au service de l’homme et non pas l’inverse, il faut que chaque utilisateur soit libre de recourir ou non à cette technique et non pas que chaque non-utilisateur soit puni parce qu’il n’est pas au service de ceux dont il achète les prestations.

Verra-t-on peut-être bientôt fleurir aux Etats-Unis, les procès en dommages-intérêts contre les grandes compagnies qui auront incité les consommateurs à recourir systématiquement aux découvertes déclarées maudites par les inventeurs de la Silicon Valley ?

Il y a Europe et Europe

Il y a Europe et Europe

Par un abus de langage que j’ai toujours déploré, les partisans de l’Union Européenne désignent très souvent cette dernière comme « l’Europe ». Ils disent : « la Suisse ne fait pas partie de l’Europe », « l’Europe déclare ceci ou cela » etc…. Chaque fois que je le peux, je relève l’erreur en faisant remarquer que l’Europe est un continent et l’Union européenne une alliance entre Etats. Mais la confusion a une portée politique peut-être plus importante qu’on ne le pense.

En parlant d’elle comme de « l’Europe », les partisans les plus chauds de l’ Union européenne excluent la Russie

Le continent européen va, traditionnellement, de l’Atlantique à l’Oural. Il inclut donc la Russie. Lors de sa création, la future « union européenne », ne comptait que six Etats d’Europe occidentale et ne pouvait évidemment inclure la Russie (alors URSS) pour de nombreuses raisons. Mais la Communauté européenne d’alors ne se confondait pas avec l’Europe. Cette confusion semble dater de l’élargissement de la communauté et peut-être de la chute du mur. A partir du moment où la question s’est posée, avec l’EEE éventuellement, non pas d’étendre l’AELE en y incluant peu à peu les Etats satellites de feue l’URSS, mais de « protéger » ces Etat d’un retour de la patte moscovite en les incluant peu à peu dans l’Union européenne, on s’est mis à confondre l’Union européenne et l’Europe.

La confusion entre l’Union européenne et l’Europe est à la fois un moyen de pression et une exclusion politique

Parler de l’Union européenne comme si c’était l’Europe, c’est marquer un certain mépris pour un Etat – par exemple la Suisse – en ayant l’air de sous-entendre qu’il n’est pas « européen ». Cette apparente confusion – parfois expressément voulue – est évidemment très sotte. Mais elle cherche peut-être un effet psychologique car l’Europe se considère comme un continent particulièrement civilisé.

Cette confusion a plus encore une portée politique grave dans la mesure où elle paraît exclure une fois pour toutes la Russie de la construction européenne. On en voit les conséquences actuelles. La politique de l’Union européenne par rapport à la Russie est dangereuse. Oh Certes ! la notion de démocratie n’est pas très en vogue quand on se rapproche de l’Oural, mais l’est-elle toujours dans certains autres pays de l’Est accueillis au sein de l’Union ? La situation des Roms dans leur pays est-elle le fruit d’une fibre profondément démocratique ? Et que penser de la méfiance viscérale de l’Union Européenne pour la démocratie directe ?

Une réflexion plus profonde sur les conséquences politiques de la confusion terminologique pratiquée ne serait peut-être pas inutile.

 

Mensonge en deux étapes

Le Temps du 7 juillet nous informe que la Commission des affaires juridiques du National a décidé d’ouvrir le mariage aux homosexuels en deux temps : d’abord, les aspects essentiels du mariage pour tous, puis un projet complémentaire traitant notamment l’accès à la procréation médicalement assistée.

Première étape : changer le sens des mots

Admirez la parade : comme on sait que la notion de mariage est culturellement et depuis la nuit des temps, liée symboliquement à la filiation, donc à la procréation, on commence par changer le sens du mot. Il est parfaitement logique que les rapports financiers, successoraux, fiscaux, en matière d’assurances sociales etc…, soient les mêmes quand deux adultes – de quelque sexe qu’ils soient – ont décidé de s’unir théoriquement pour la vie, c’est la raison pour laquelle, en ce qui concerne les relations entre deux adultes, le mariage et le partenariat enregistré, en droit suisse, ont pratiquement le même contenu. Mais il n’y aucune raison de dénaturer le vocabulaire. La distinction de désignation (= de vocabulaire) entre le partenariat enregistré, réservé aux couples de même sexe, et le mariage, propre aux couples de sexe différent, correspond à une réalité culturelle. En effet, si la dépendance de chaque partenaire par rapport à l’autre (droits et obligations) est la même dans les deux unions, la symbolique de la filiation donc de la procréation est totalement différente. Elle n’existe que pour le mariage.

Il y a donc bien, culturellement et humainement deux unions différentes.

Seconde étape : favoriser le bricolage d’enfants-choses pour que le mariage homosexuel puisse devenir également le symbole d’une procréation (= compléter la loi sur la PMA)

Les cours scolaires d’éducation sexuelle ont sans doute permis aux enfants de découvrir que deux hommes ensemble ou deux femmes ensemble ne peuvent pas procréer. S’ils veulent néanmoins avoir un ou des enfants, ils doivent éventuellement, aujourd’hui, se rendre à l’étranger, y acheter du sperme ou/et des ovules, y louer un ventre et prétendre que le produit de cette lourde et grave atteinte aux droits de la personnalité de l’enfant est « le fruit de leurs amours ». Mais à ce jour, le droit suisse (= loi sur la PMA) ne permet pas cela. Il faudrait donc introduire en Suisse la généralisation du don de sperme, du don d’ovules et celle des mères porteuses pour y arriver (donc modifier la loi sur la PMA). Ce serait la seconde étape selon la Commission parlementaire ! (La situation juridique est un petit peu différente pour les couples mariés à qui le droit suisse autorise le don de sperme. Mais il y aussi, hélas, des couples hétérosexuels qui vont à l’étranger pour y acheter le matériel germinal qui leur fait défaut et éventuellement louer le ventre nécessaire pour mener à bien la grossesse).

A l’heure actuelle, un homme ou une femme, de quelque couple que ce soit, peut toujours avoir des relations sexuelles avec une personne du sexe opposé et procréer ainsi hors mariage ou hors partenariat ; l’enfant issu de ce commerce aura alors une mère biologique certaine et un père biologique également connu  qui peut même, dans certains cas, reconnaître l’enfant ; cet enfant ne sera évidemment – et pour cause – pas celui du couple marié ou partenarié, sauf s’il  est adopté par le conjoint (situation possible depuis longtemps, en Suisse) ou le partenaire (situation possible depuis le 1er janvier 2018).

Il est clair cependant qu’une fois que l’on a changé le sens culturel et humain du mot « mariage » en parlant de « mariage pour tous », qu’on l’a ainsi vidé de la symbolique de la procréation en l’appliquant à des couples de même sexe, on a supprimé une des protections assurées à l’enfant contre l’envie des adultes de le fabriquer à leur guise (éventuellement en choisissant ses gènes sur catalogue) au nom du droit à l’enfant ou de l’égalité entre les couples.

Le mariage pour tous : un changement de vocabulaire inquiétant !

Comme l’écrivait Goebbels dans son journal : « Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, mais nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent exprimer que nos idées ».

C’est exactement la démarche suivie par la réduction du vocabulaire en relation avec le mariage pour tous. Ce sera ensuite celle du vocabulaire en rapport avec la notion de procréation.

Peut-on divorcer au nom du droit au mariage et au remariage?

Le Tribunal fédéral vient de rendre un arrêt de divorce extrêmement surprenant. Mariés en 2009, devenus parents d’un enfant, les époux (Monsieur, né en 1948, Madame, en 1968) se sont séparés en 2012, Monsieur retournant vivre avec sa première femme avec laquelle il souhaite se remarier. L’action en divorce a été ouverte en 2014 par Monsieur et Madame a également conclu au divorce. Les époux sont donc d’accord de divorcer, mais le règlement du sort de l’enfant et des questions financières est si houleux que le procès dure encore lors d’un 2e recours au Tribunal fédéral en 2017. La question qui se pose alors est la suivante : contrairement à la pratique habituelle et à la lettre de la loi (principe de l’unité du jugement de divorce), peut-on concevoir de prononcer le divorce alors qu’aucun des effets accessoires ne peut être réglé et que tout laisse présager que, sur ce point, le procès peut encore durer deux à quatre ans ?

Le Tribunal fédéral va tenir un langage tout à fait nouveau : il va comparer l’intérêt que chacun des époux a à un prononcé de divorce rapide (sans règlement des effets accessoires) ou lent (avec règlement des effets accessoires). Il constate que la rapidité ou la lenteur ne changera rien au sort de l’enfant et que la lenteur pourrait être plus favorable aux intérêts financiers de Madame, mais qu’en revanche, Monsieur aurait intérêt à la rapidité afin de pouvoir se remarier avec sa première femme et régler définitivement ses affaires successorales, vu qu’il a déjà 69 ans.

Ayant opéré cette balance des intérêts, le Tribunal fédéral constate que les intérêts de Monsieur à une procédure rapide l’emportent sur ceux de Madame à une procédure normale, donc, ici, lente. Non content de cette innovation de procédure, le Tribunal fédéral met un comble à son raisonnement en précisant que doit être protégé le « droit au mariage et au remariage » (consacrés par la CEDH) de Monsieur, puisque celui-ci veut se remarier avec sa première femme. En bref, le droit au mariage et au remariage devient le fondement du droit au divorce. On croit rêver !

(5A_623/2017)

 

Le pire et le meilleur

A qui lui demandait un jour ce qu’il y avait de pire au monde, Ésope répondit : « La langue » et à qui lui demanda ce qu’il y avait de meilleur, il répondit : « la langue ». Langue de vipère ou paroles divines !

Peut-être que si on lui posait la même question aujourd’hui, Ésope répondrait : « le foot ».

Qu’y a-t-il de plus sympathique que la petite équipe locale d’enfants  qui tapent dans leur ballon, courent de tout leur cœur pour arriver à « shooter », se retournent rouges de fierté vers les braves parents au bord du terrain quand ils ont « mis un but » ?

Qu’y a-t-il de plus dégradant que ces équipes dont on mesure la « valeur marchande globale » comme on mesurerait celle d’un cheptel, et celle individuelle de leurs joueurs comme on marchanderait une bête de race? Que ces excités qui se sautent dessus, font des signes plus ou moins agressifs quand l’un d’entre eux a mis un but ? Que ces chauvins même pas folkloriques et parfois hargneux ?

L’image catastrophique du sport et de la compétition qu’offrent les mondiaux de foot ne peut que stimuler les jalousies, la goinfrerie financière, les rivalités haineuses. On en nourrit les nouvelles  jusqu’à plus soif. Vivement la fin ! Mais que reste-t-il  de l’idéal sportif et de la capacité d’effort et de discipline personnelle qu’il exige ?