Un très mauvais article pénal

Le fameux article 261 bis du code pénal suisse qui punit l’incitation à la haine ou à la discrimination d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de motifs limités strictement à des questions raciales, ethniques, religieuses ou, depuis le vote des Chambres en décembre dernier, à des questions « d’orientation sexuelle », est un très mauvais article.  Il fait croire qu’il est licite d’inciter à la haine ou à la discrimination d’une personne ou d’un groupe de personnes dès que le motif n’est pas un de ceux expressément mentionnés dans la loi. C’est sans doute d’ailleurs ce qui contribue au déferlement de haine, de violence et de mépris sur les réseaux sociaux contre l’auteur d’un texte qui déplaît. On ne risque rien si ce n’est pas « raciste », « ethnique » ou « sexuel ». En matière religieuse, le risque est moindre, même si l’article s‘y applique aussi, mais c’est un domaine où la tolérance à l’attaque est beaucoup plus large, en tous les cas s’il s’agit de chrétiens.

J’ai voté NON à cet article aux Chambres en 1993 et je voterai NON chaque fois qu’il sera soumis en votation, car chaque adjonction ne fait qu’aggraver la situation. Non seulement cet article est une incitation à « rectifier » sans cesse le passé en supprimant des noms de personnes ayant, en son temps, violé une règle qui n’existait pas, en corrigeant ou censurant des œuvres dont le contenu portait atteinte à une loi alors non élaborée parce qu’elle ne semblait pas nécessaire – à tort peut-être -, non seulement cet article est appliqué parfois, dans son esprit sinon à la lettre, rétroactivement, ce qui est aberrant, mais surtout, il consacre la négation de ce qui devrait être un principe général  intangible, le respect de chaque personne.

Aurait-on le droit, comme on a pu le voir récemment en France à l’égard de M. Macron, d’inciter à la décapitation d’un membre du gouvernement ou du Président de la Confédération, simplement parce que ce n’est pas une incitation à la haine raciale ? A-t-on le droit d’inciter si constamment à la haine et au mépris « des riches », des politiciens (tous pourris), de certains partis politiques (populistes !), simplement parce que ce n’est pas raciste ou ethnique, ou sexuel ? Le harcèlement scolaire – qui conduit souvent au suicide – est-il permis si l’élève concerné est de l’ethnie majoritaire?

Je partage pleinement la préoccupation d’empêcher l’incitation à la haine en général et à la discrimination, mais je constate qu’à vouloir lister précisément les cas où une telle incitation serait inadmissible on entretient l’idée qu’en dehors de ces cas, on a le droit de se déchaîner. C’est une lourde erreur.

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

22 réponses à “Un très mauvais article pénal

  1. Elle a mille fois raison et il faut être clair à ce propos. Cette inflation de lois basées sur des appréciations moralisantes ne sont que la mise en place sournoise d’une charia occidentale et chrétienne, imposée par et pour des minorités dont l’étroitesse des idées n’a d’égale que la rage de contraindre et punir ceux qui sont indifférents à leurs pratiques. Non seulement cette Loi est honteuse et criminelle, mais il devient urgent de réagir et annuler celles existantes du même tonneau. C’est une affaire de santé publique !

    1. @ M. Milo Derol.
      Mes opinions rejoignent celles exprimées par l’auteure de l’article. Mais je ne souhaiterais pas qu’elle ait mille fois raison, pas plus que moi ou vous, car avec tous ceux qui nous acclameraient bras levés, nous pourrions espérer repousser la bêtise et les mauvaises intentions des « minorités » que vous rendez responsable de tous nos maux. Et instaurer des lois mille fois justes pour obtenir un monde parfait. Alors je vais entrer moi aussi dans la démesure pour illustrer vos opinions dans des dimensions à la taille de vos espoirs. Je citerai à cet effet Adolf Hitler : « Est juste ce qui est juste pour l’Allemagne !.. » Entendez-vous les cris de joie de la foule ? Dans ce blog je n’entends pas les cris de ceux qui ont lu votre commentaire, mais ils existent certainement sous d’autres formes plus discrètes, dans une proportion considérée comme encore raisonnable et donc admissible…

  2. Tout cela en effet déplorable. On n’aurait jamais dû voter cet article 261 tout simplement. Liberté d’expression sans restriction, comme en Amérique le 1er amendement. Il n’y a que ça. On commence par accepter un texte par gentillesse, pour se sentir quelqu’un de bien, et après 20 ou 30 ans on s’aperçoit que le sens de ce texte légal a été complétement modifié, ouvrant la porte à des aberrations. C’est le premier pas qui était mauvais. Il ne fallait pas le faire.

    Mais il y a plus grave que ça. Ce soir à la télé Darius Rochebin nous a appris que l’armée avait décidé de baisser la discipline, et de ne plus faire des marches pénibles, et ce dans le but, tenez vous bien, de “plaire aux jeunes recrues”. Il a bien dit que c’était pour “plaire”.

    On a tous pissé du sang dans des marches de 20, 30, 50 et même 100 kilomètres à l’école d’officiers, avec un paquetage de 20, 30 kilos ou plus. Ce n’était pas drôle. Mais ça forme le caractère. On a tous eu des sous offs ou des offs vulgaires qui braillaient des ordres pas très malins. Et on a même eu parfois des brimades, dont on n’est pas morts, d’ailleurs, comme “l’exercice carrousel” habituel consistant à imposer des changements de tenue à répétition pendant des heures sans aucune raison. C’en était presque plutôt un jeu, amusant au fond, et on n’en garde pas un mauvais souvenir. Ce sera désormais impossible de seulement imaginer une chose pareille.

    Evidemment le drill n’est pas un bien en soi. Mais si l’armée pense qu’en devenant gentille gentille elle va former des soldats prêts pour la guerre… on rêve. Si on continue dans ce sens bientôt les soldats exigeront que les gradés viennent leur servir le petit dejeûner au lit. Et le jour où il faudra combattre et tenir bon face à l’horreur et la violence extrême, on fera comment?

    On a même eu droit à un petit laïus d’un certain divisionnaire ou commandant de corps Baumgartner qui nous a expliqué qu’on était bien obligés d’en passer par là, parce que c’était excessivement difficile pour l’armée de remplir le contingent minimum de 18´000 recrues dont elle a besoin! Désolé mon colonel, ce n’est pas comme ça qu’on va y arriver. L’armée n’a pas à plaire. Elle est là pour former à la guerre. J’ai connu des commandant de corps comme Roger Mabillard ou Jörg Zumstein qui doivent se retourner dans leur tombe en entendant leur successeur s’exprimer ainsi.

    Le mal provient du service civil. Au départ on avait cru nécessaire de créer un service civil à cause des soi disant conflits de conscience de certains. Très bien. Mais ce service civil devrait consister en des travaux pénibles comme déblayer des avalanches, sauvetage en cas de catastrophe, nettoyer des forêts de montagne qui ont été arrachées par des ouragans, etc., le tout avec une discipline de fer et des efforts pénibles. Ainsi seulement on pourra parler de preuve par l’acte. Or c’est tout le contraire. Des étudiants en études genre font leur service civil en faisant de stages dans leur pseudo discipline, qui compteront pour leur cursus et future pseudo carrière. De fait, l’administration du service civil est devenue une organisation animée par des agitateurs gauchistes antiautoritaires visant à rééduquer la jeunesse dans un sens gauchiste post moderne antiautoritaire. Dans ces conditions, bien évidemment ceux qui sont encore d’accord de sacrifier des mois et même des années pour servir leur patrie dans des tâches pénibles ne sont plus que de rares idéalistes.

    C’est révoltant. Tant qu’on aura pas transformé le service civil en une tâche au moins aussi pénible, ou plutot deux fois plus pénible que le service militaire et, surtout, c’est ça le plus important, n’ayant aucune utilité en termes de crédits Bologne (ce qui aura pour effet de faire baisser massivement le nombre de conflits de conscience), on n’aura que les vraiment braves qui feront encore leur école de recrues. Et dans ce cas là notre pays est foutu.

    Il faut dire les choses comme elles sont: La Suisse est foutue si cet état d’esprit est entretenu plus longtemps.

    De toute façon pour ma part je suis convaincu qu’il va y avoir une guerre dans les cinq à dix ans au plus. Ca sera beau de voir toutes ces lavettes confrontées à une armée ennemie comme l’armée russe (car ce seront les Russes forcément, du moment que le bellicisme insensé de l’OTAN provoque la guerre par tous les moyens en encerclant la Russie) bref une armée qui, elle, connaît encore la discipline, les brimades et le drill. C’est la qu’on verra si les méthodes du Baumgartner ont été efficaces. Peut-être qu’elles ne sont pas mauvaises d’ailleurs. Je ne dis pas. Mais ce qui est dégueulasse c’est de penser à tous ces planqués qui laisseront les bons gars du même âge se faire tuer, alors qu’eux seront dans leur pantoufles, parce qu’ayant choisi de faire les gardiens de musée au service civil.

    Ca me donne envie de vomir.

    1. @ Soldat-Citoyen.
      Un très bon film que vous aurez du plaisir à voir pour le climat qu’il offre, indépendamment des déplorables interprétations que l’on pourrait en faire : « Full Metal Jacket », Stanley Kubrick, 1987. À moins que je ne me trompe, il s’agit d’une adaptation de « La guerre des boutons » d’Yves Robert, 1962, version améliorée et transposée au monde des adultes, donc moins drôle mais plus instructive pour les esprits matures.

  3. Merci pour vos articles qui souvent s’intéressent au respect des valeurs humaines dans des contextes différents.
    Les lois et leurs nombreux ajouts me semblent de plus en plus suivre le modèle du Code de la route, en tentant de définir un comportement en nous enserrant dans des mâchoires réglables avec vis flottante. Sur la route la multiplication des panneaux nous guide où il faut aller et ne pas aller, à une vitesse imposée par paliers montants ou descendants. Autrement dit, on nous enseigne plus ce qu’il faut faire plutôt que dans quelles limites s’inscrit notre choix de conduite responsable. Les personnes de moins de quarante ans se déplacent dans ce paysage sans avoir connu autre chose, les plus âgées se sont finalement habituées, bon gré mal gré, à suivre ces balises associées chacune à une possible infraction. Ainsi, pour moi, mon attention est divisée en trois : Tableau de bord, panneaux, et évaluation de la situation en dernier. Rien d’extraordinaire, pourra-t-on dire… Eh bien non ! Parce que ma bonne évaluation des situations, en premier, m’a permis de payer depuis 1971 mon d’assurance RC pour les autres, en particulier ceux pour qui conduire se réduit à obéir comme un âne soumis, désobéir comme un chat sauvage, ou se sentir libre de tout quand les panneaux font défaut. C’est bien à mon avis le modèle que décrit Madame Sandoz dans sa critique de l’article de loi définissant la bonne conduite à adopter parmi les autres.
    « L’application rétroactive de l’article » qui censure les mots, les images, contribue certainement à donner une représentation sale du passé. Les mots considérés aujourd’hui injurieux le sont devenus parce qu’on leur a associé un sens pour avoir été employés dans un contexte de mépris. Je ne suis pas pour le maintien de ces anciens mots qui sonnent mal à l’oreille des personnes ainsi désignées, mais il ne faudrait pas croire que les nouveaux mots en substitution vont améliorer le climat ! Pas plus qu’une bonne connaissance du code de la politesse suffit à pouvoir déclarer : « Je suis poli ! Donc je vous respecte ! » Les exemples de mépris offert sous une forme bien polie ne manquent pas… Maintenant concernant en particulier le racisme et les termes qui permettraient de l’identifier, je désire citer ma mère qui, dans mon enfance et même ensuite, parlait bien normalement d’un « n…. » au lieu de dire « un noir ». À l’âge de douze ans, je lui avais dit un jour : « Il ne faut pas dire n…. ! » Elle m’avait répondu : « Mais… Mais… C’est un n…. ! » Il était impossible de la faire changer d’avis, elle n’était pas raciste pour un sou, elle ne voulait donc pas se sentir coupable de ne pas se conformer aux nouveaux usages… Cinquante ans plus tard, un soir où je respirais le plein bonheur à la table d’un restaurant, avec mon amie vingt ans plus jeune que moi, je m’étais cogné le coude sur le coin de bois : « Aîe ! Je me suis cogné le petit juif ! » Elle avait aussitôt réagi : « Il ne faut pas dire ça !.. » Elle me projetait merveilleusement dans mon passé, en échangeant les places, pour me faire vieillir d’un seul coup ! Je lui ai expliqué ce que ma mère ne parvenait pas… Elle avait conclu ainsi : « Alors ta mère était… comme ma grand-mère ! » Puis nous avions ri tous les deux en pensant à nous ! Ce malentendu avait duré peut-être dix minutes pour réussir à nous comprendre et rejoindre à nouveau notre grand bonheur partagé. Pour l’article 261 bis du Code pénal suisse, je crains que dix minutes ne suffisent pas pour que les parties qui en discutent parviennent à s’entendre.

  4. Mme Sandoz et ses trois premiers commentateurs résument admirablement les ravages du politiquement correct et de l’infantilisation de toute une génération. On ne fait pas de politique avec de bons sentiments, disait Henri Jeanson (que plus personne ne lit), et nous subissons actuellement le règne du gnan-gnan qui ressembe de plus en plus au délit d’opinion que Staline réprimait comme l’on sait.
    Et il est à craindre que ces excès de bêtise continuent à sévir, puisque contre la bêtise, les dieux mêmes luttent en vain (Schiller).

    1. @ Avocat Santschi
      Madame Sandoz et les trois premiers commentateurs ne résument aucunement ce que vous exposez ensuite sous une forme admirable pour en faire une synthèse. Si vos opinions peuvent s’approcher de celles exprimées dans ces commentaires, ou même les rejoindre pour certaines, elles contiennent leur propre message qui se détache du vôtre. Vous faites converger des opinions dans le sens de vos interprétations propres pour prétendre en être le porte-parole : « Mesdames et Messieurs… Je me prononce !.. » La salle d’audience est silencieuse, elle vous écoute… Au terme du discours, les trois commentateurs viendront vous serrer la main dans le corridor de marbre, avant de pousser la grande porte pour aller respirer le vent frais où ballottera harmonieusement votre cape.

  5. Pourquoi donc s’agirait-il d’un « très mauvais article pénal » ? Cessons de dédouaner des propos intolérables au nom du libéralisme outrancier. L’art. 261bis CP représente un garde-fou indispensable dans une démocratie qui se doit de réprimer les comportements discriminatoires.

    Pour ce qui concerne la haine exprimée à l’égard de dirigeants, partis politiques ou autres, je rappelle, à toute fin utile, qu’il existe un article dans le code pénal helvétique réprimant ces agissements. Il s’agit de l’art. 259 CP « Provocation publique à la haine ou à la violence ».

    1. L’art. 259 CP punit la “provocation publique à un crime ou à un délit impliquant la violence contre autrui ou contre des biens”. Il pourrait éventuellement s’appliquer à l’incitation à la décapitation mais ne correspond pas du tout à l’art. 261 bis.
      Suzette Sandoz

      1. Certes, j’en suis bien conscient. Hélas, il se trouve que je ne vois pas comment il serait possible de réprimer d’éventuelles menaces (ou autre) à l’encontre de partis politiques ou d’un groupe aussi pauvre et insignifiant que celui dont le seul adjectif “riche” est à même de lui donner un air de “communauté”.

        S’attaquer à un individu en raison de son appartenance nationale (où le terme nationalité est employé dans sa juste acception : appartenance, linguistique, culturelle et/ou religieuse ou en raison de l’appartenance sexuelle d’une personne) est un des actes les plus abjects car il dénigre une personne en tant que membre d’une communauté. L’injure est personnelle alors que la discrimination raciale au sens de l’art. 261bis CP est collective. Or, l’Histoire nous enseigne que ces faits et gestes que d’aucuns considèrent insignifiants, sont abscons , regorgent d’ignomimie et sont à d’engendrer des réactions collectives extrêmes. en vertu des réactions collectives extrêmes.

        À mon grand regret, certains libertaires pourfendeurs du collectif, voudraient obtenir des individus dénués d’Histoire et d’attaches et enclins au consumérisme voué à la croissance exponentielle et nihiliste.

    2. Eh bien, voila, justement, vous venez de démontrer le caractère malsain et antidémocratique de cet article pénal. Évidement, si pour vous la démocratie se résume à la répression on voit bien votre inclination à placer les gens dans des cases, ce qui est une chose, mais plus grave, à déterminer des case blanches et des noires pour y placer les uns et les autres.
      Les blanches, naturellement innocence et victimes, digne de toutes libertés et du droit intangible de mise hors d’atteinte des éventuelles et contradictoires appréciations des abominables reclus en cases noires. Continuons dans cette orientation, style LGBT, y a rien de mieux pour diviser la société, amoindrie l’individu et le soumettre à un détestable ordre de juristes tout puissants moralisateurs.

  6. Je me souviens de quand on se moquait des USA qui avaient commencé à utiliser le politiquement correct. On rigolait en disant que seulement un peuple aussi immature et sans Histoire pouvait inventer des bêtises pareilles… On a rigolé aussi de l’usage immodéré et sans pudeur des natel de la part des Italiens…
    maintenant même des jeunes mamans dans la rue, elles poussent d’une main la poussette et l’autre avec la “prothèse” est collée à l’oreille. Comment et pourquoi des populations, plus instruites et plus aisées, peuvent se transformer en troupeaux de moutons ? Pour moi ça reste un mystère !

    1. @ Mme. Vita Bruno.
      Euh… Est-ce que vous ne feriez pas erreur pour les Italiens et le Natel ? Nous avions déjà l’habitude de les entendre parler très fort, trente ans avant qu’ils aient le Natel à la main. Je me souviens par contre avoir découvert la langue Yougoslave qui faisait vibrer les vitrines des pizzerias, quand en 1995 ont débarqué les téléphones portables.
      Pour les jeunes dames qui font filer la poussette tout en téléphonant, je n’approuve pas non plus, mais pense quand même que ce sont de vraies mamans ! Cela se voit, elles n’ont pas de barbe, et portent des chaussures à talons à la taille de leurs jolis pieds féminins. Et parfois glissent toutes gracieuses sur des Rollers silencieux, en guidant un pousse-pousse à trois roues avec freins et lumière ! Que de chemin a été fait depuis les hauts landaus bleus qui se balançaient comme des bateaux… Je suis certain qu’un jour cette nostalgie gagnera les coeurs des mamans en leggings qui seront le temps d’un été des mamans Vintage ! Elles porteront de grandes robes de dentelle blanche, feront crépiter les grandes roues de la poussette sur le gravier que l’on aura remis sur les chemins de promenade, réciteront une berceuse pour calmer leur bébé… Bon, il faut dire qu’à travers les époques, celui-là crie toujours aussi fort et de la même manière. Il résiste à tous les changements pour manifester son mécontentement, alors qu’il est en pleine santé et qu’on s’occupe de lui… Oh ! Est-ce que nous ne nous serions pas déjà éloignés du sujet de l’article 261 bis ?..

      1. @ Dominic
        Bien sûr qu’on s’est éloignés du sujet de l’article 261 bis mais, en réalité, j’avais repris le poste de
        Avocat Santschi (j’aurais dû le mentionner!) sur les “ravages du politiquement correct et l’infantilisation de toute une génération”. D’où ma conclusion que tout ça, y compris toutes les modification des lois sur ce qu’on doit ou on ne doit pas faire, nous tansforment en moutons obéissants et ma question du comment et du pourquoi.

        1. @ Mme Vita Bruno
          S’éloigner du sujet permet aussi de le reprendre sous d’autres angles. Le sujet des « moutons obéissants » m’a souvent aussi préoccupé… J’essaye de comprendre cette évolution au travers de la mienne et celle des autres, en me penchant sur ma génération et les suivantes. Je me souviens ainsi, encore une fois, de ces heureuses années 70 où nous bouleversions le conformisme de nos parents. Nous choquions les adultes en portant de jolis jeans vite usés qu’il était exclu de mettre à la poubelle. Les garçons avaient les cheveux longs et oubliaient peut-être de tenir la porte à l’arrivée d’une demoiselle, mais celle-ci n’en faisait pas une grande histoire, en préférant plutôt accueillir les signes de galanterie comme quelque chose de dépassé mais qui faisait rire et plaisir ! Nous cherchions à nous situer dans ce désir de changement, au travers de contradictions que nous discutions en riant. Notre recherche d’individualité envers et contre les codes nous avait amenés, à mon avis, à comprendre que nous pouvions et avions le droit de « devenir différents » de nos parents « en grandissant autrement ». Donc c’était tout de suite et nous n’avions pas de temps à perdre. Les plus de trente ans ne nous comprenaient souvent déjà plus, ils avaient achevé leur développement, pour eux c’était trop tard… Bien… Avions-nous eu tort ? Je pense toujours que non. L’eau a coulé, coulé, coulé sous les ponts en cinquante ans, pas de façon vraiment harmonieuse, mais pas non plus dans des débordements incontrôlés. Notre révolution culturelle a ouvert d’autres voies qui font aujourd’hui partie d’un paysage bien normal. Ces voies qu’il était impossible de concevoir pour la génération qui nous précédait font maintenant partie du monde conforme. Le jean usé parce que nous aimions nous asseoir par terre, est vendu aujourd’hui usé dès sa fabrication pour les jeunes qui aiment paraître décontractés en l’étant moins. Les chansons pop de nos idoles de ces années folles, au coeur parfois suffisamment blessé pour qu’elles en meurent, n’ont plus aucun message à donner aujourd’hui. Mais on peut parfois encore entendre ces voix écorchées en faisant tranquillement ses achats au centre commercial. Plus que morts et oubliés, ces artistes offrent un droit de diffusion gratuit…
          Et les moutons, après cette longue introduction où je souhaitais rendre honneur à la jeunesse passée de ma génération ? Les lois du passé apparaissaient évidentes et relever du bon sens pour les plus qu’âgés qui nous répondaient en fronçant les sourcils quand on critiquait une loi : « Les lois permettent de juger, comment pourraient-elles être coupables ? Une loi ne peut être mauvaise, en douter et tenter de la juger est sans respect pour la justice !.. » Hier comme aujourd’hui l’évolution des lois est sans cesse contestée, je pense qu’il ne pourrait en être autrement. Les lois ne concernent pas que le vol, cas de figure le plus simple où celle-ci ne change pas. Pour le viol par contre, oui. La contrainte à un rapport sexuel entre mari et épouse non consentante peut être reconnue actuellement comme étant un viol, alors que le refus d’une épouse, dans le passé, lui valait un jugement défavorable lors d’une demande de divorce. Dans cet exemple la désignation du coupable et de la victime est diamétralement opposée. Dans d’autres exemples touchant au respect de la personne, les jugements font maintenant face à des situations bien plus complexes, d’où à mon avis la multiplication des lois afin de pouvoir identifier plus objectivement où il y a eu un tort subi, et s’il a été commis volontairement ou non… Comment ne pas être pris un peu comme un mouton entre ces barricades dressées, qui ont été bel et bien demandées par les homosexuels, les ultra-féministes, ceux ou celles de culture différente de la nôtre… Le port du voile ou d’une robe noire à la piscine, pour exemple, est un casse-tête parce que l’élaboration d’une loi s’oppose à d’autres qui invoquent la notion de respect en sens contraire : Le respect des convictions religieuses des musulmanes qui veulent se baigner en robe noire, envers le respect de celles qui veulent se libérer de l’emprise de leur mari ou leur famille. Et pour les enfants musulmans à l’école, c’est encore pire, en raison de la loi qui depuis toujours accorde l’autorité aux parents avant l’école. Mon commentaire deviendrait vraiment trop long si je devais énumérer tous les nouveaux cas de figure qui se présentent, où nous sommes devenus des moutons de couleurs diverses que l’on espère pouvoir voir vivre ensemble. Et les lois sur ce que l’on « doit faire », que je critiquais sous cet aspect dans un commentaire précédent, peut-être s’adressent-elles finalement à ceux qui ne peuvent comprendre le pourquoi de ce qu’il ne faut pas faire… Un enfant à qui l’on doit dire sans cesse « Ne fais pas ceci, ne fais pas cela, non tu ne dois pas, oui tu as le droit… » On finit par lui dire « Fais ce que je te dis, pas autre chose ! », pour obtenir la paix… Le petit mouton est parfois content qu’on lui offre une solution plus simple. Alors nous les adultes, on nous fait effectivement régresser, ces lois multiples pour nous guider s’adressent à des personnes qui veulent se sentir libres de suivre leurs lois qui répondent au « bon sens » qu’ils ont hérité, lié à leur culture : « Chez nous on fait comme ça, et ça va très bien… » Et chez eux on donne un coup de bâton à la femme pour qu’elle reste sage, ou on coupe la main au voleur pour que l’honnête commerçant ne finisse pas mendiant. Tout va très bien… Et c’est chez nous que cela irait moins bien parce que notre système de lois n’est pas assez simple et trop gentil… Comment dire à l’inadapté sûr de son affaire : « Chez vous, vous êtes un mouton sans histoires, mais chez nous ces moutons sont des loups ». Ce mouton a besoin de se retrouver avec d’autres moutons pour être capable de s’adapter à un nouveau comportement. Et c’est bien nous qui devons nous transformer en moutons pour l’aider. Notre société se modifie ainsi par ses lois, notre comportement qui s’y adapte progressivement, dans notre nouveau monde multiculturel que l’on dit enrichissant. Enrichissant pour sa musique, ses goûts culinaires, son art vestimentaire, parfois même son sens de la famille, je dis oui… Mais les relations courantes de tous les jours, dans la rue, dans l’immeuble, ou pire à la plage, ou encore à la garderie pour les éducatrices face aux parents, puis à l’école… Non, ça ne va pas bien du tout !
          Je vous quitte au bout de cet interminable commentaire :  « Bêêê !.. »

    2. @ Mme Vita Bruno
      S’éloigner du sujet permet aussi de le reprendre sous d’autres angles. Le sujet des « moutons obéissants » m’a souvent aussi préoccupé… J’essaye de comprendre cette évolution au travers de la mienne et celle des autres, en me penchant sur ma génération et les suivantes. Je me souviens ainsi, encore une fois, de ces heureuses années 70 où nous bouleversions le conformisme de nos parents. Nous choquions les adultes en portant de jolis jeans vite usés qu’il était exclu de mettre à la poubelle. Les garçons avaient les cheveux longs et oubliaient peut-être de tenir la porte à l’arrivée d’une demoiselle, mais celle-ci n’en faisait pas une grande histoire, en préférant plutôt accueillir les signes de galanterie comme quelque chose de dépassé mais qui faisait rire et plaisir ! Nous cherchions à nous situer dans ce désir de changement, au travers de contradictions que nous discutions en riant. Notre recherche d’individualité envers et contre les codes nous avait amenés, à mon avis, à comprendre que nous pouvions et avions le droit de « devenir différents » de nos parents « en grandissant autrement ». Donc c’était tout de suite et nous n’avions pas de temps à perdre. Les plus de trente ans ne nous comprenaient souvent déjà plus, ils avaient achevé leur développement, pour eux c’était trop tard… Bien… Avions-nous eu tort ? Je pense toujours que non. L’eau a coulé, coulé, coulé sous les ponts en cinquante ans, pas de façon vraiment harmonieuse, mais pas non plus dans des débordements incontrôlés. Notre révolution culturelle a ouvert d’autres voies qui font aujourd’hui partie d’un paysage bien normal. Ces voies qu’il était impossible de concevoir pour la génération qui nous précédait font maintenant partie du monde conforme. Le jean usé parce que nous aimions nous asseoir par terre, est vendu aujourd’hui usé dès sa fabrication pour les jeunes qui aiment paraître décontractés en l’étant moins. Les chansons pop de nos idoles de ces années folles, au coeur parfois suffisamment blessé pour qu’elles en meurent, n’ont plus aucun message à donner aujourd’hui. Mais on peut parfois encore entendre ces voix écorchées en faisant tranquillement ses achats au centre commercial. Plus que morts et oubliés, ces artistes offrent un droit de diffusion gratuit…
      Et les moutons, après cette longue introduction où je souhaitais rendre honneur à la jeunesse passée de ma génération ? Les lois du passé apparaissaient évidentes et relever du bon sens pour les plus qu’âgés qui nous répondaient en fronçant les sourcils quand on critiquait une loi : « Les lois permettent de juger, comment pourraient-elles être coupables ? Une loi ne peut être mauvaise, en douter et tenter de la juger est sans respect pour la justice !.. » Hier comme aujourd’hui l’évolution des lois est sans cesse contestée, je pense qu’il ne pourrait en être autrement. Les lois ne concernent pas que le vol, cas de figure le plus simple où celle-ci ne change pas. Pour le viol par contre, oui. La contrainte à un rapport sexuel entre mari et épouse non consentante peut être reconnue actuellement comme étant un viol, alors que le refus d’une épouse, dans le passé, lui valait un jugement défavorable lors d’une demande de divorce. Dans cet exemple la désignation du coupable et de la victime est diamétralement opposée. Dans d’autres exemples touchant au respect de la personne, les jugements font maintenant face à des situations bien plus complexes, d’où à mon avis la multiplication des lois afin de pouvoir identifier plus objectivement où il y a eu un tort subi, et s’il a été commis volontairement ou non… Comment ne pas être pris un peu comme un mouton entre ces barricades dressées, qui ont été bel et bien demandées par les homosexuels, les ultra-féministes, ceux ou celles de culture différente de la nôtre… Le port du voile ou d’une robe noire à la piscine, pour exemple, est un casse-tête parce que l’élaboration d’une loi s’oppose à d’autres qui invoquent la notion de respect en sens contraire : Le respect des convictions religieuses des musulmanes qui veulent se baigner en robe noire, envers le respect de celles qui veulent se libérer de l’emprise de leur mari ou leur famille. Et pour les enfants musulmans à l’école, c’est encore pire, en raison de la loi qui depuis toujours accorde l’autorité aux parents avant l’école. Mon commentaire deviendrait vraiment trop long si je devais énumérer tous les nouveaux cas de figure qui se présentent, où nous sommes devenus des moutons de couleurs diverses que l’on espère pouvoir voir vivre ensemble. Et les lois sur ce que l’on « doit faire », que je critiquais sous cet aspect dans un commentaire précédent, peut-être s’adressent-elles finalement à ceux qui ne peuvent comprendre le pourquoi de ce qu’il ne faut pas faire… Un enfant à qui l’on doit dire sans cesse « Ne fais pas ceci, ne fais pas cela, non tu ne dois pas, oui tu as le droit… » On finit par lui dire « Fais ce que je te dis, pas autre chose ! », pour obtenir la paix… Le petit mouton est parfois content qu’on lui offre une solution plus simple. Alors nous les adultes, on nous fait effectivement régresser, ces lois multiples pour nous guider s’adressent à des personnes qui veulent se sentir libres de suivre leurs lois qui répondent au « bon sens » qu’ils ont hérité, lié à leur culture : « Chez nous on fait comme ça, et ça va très bien… » Et chez eux on donne un coup de bâton à la femme pour qu’elle reste sage, ou on coupe la main au voleur pour que l’honnête commerçant ne finisse pas mendiant. Tout va très bien… Et c’est chez nous que cela irait moins bien parce que notre système de lois n’est pas assez simple et trop gentil… Comment dire à l’inadapté sûr de son affaire : « Chez vous, vous êtes un mouton sans histoires, mais chez nous ces moutons sont des loups ». Ce mouton a besoin de se retrouver avec d’autres moutons pour être capable de s’adapter à un nouveau comportement. Et c’est bien nous qui devons nous transformer en moutons pour l’aider. Notre société se modifie ainsi par ses lois, notre comportement qui s’y adapte progressivement, dans notre nouveau monde multiculturel que l’on dit enrichissant. Enrichissant pour sa musique, ses goûts culinaires, son art vestimentaire, parfois même son sens de la famille, je dis oui… Mais les relations courantes de tous les jours, dans la rue, dans l’immeuble, ou pire à la plage, ou encore à la garderie pour les éducatrices face aux parents, puis à l’école… Non, ça ne va pas bien du tout !
      Je vous quitte au bout de cet interminable commentaire :  « Bêêê !.. »

      1. @Dominic
        Votre longue description des états d’âmes d’une génération est au fond un plaidoyer en faveur de la vision anti autoritaire de l’Ecole de Francfort, qui, vous le savez sans doute, a été conçue au départ comme une utopie pratique, dans l’espoir de rendre impossible le retour de régimes autoritaires comme celui d’Hitler. Il ne s’agissait donc pas de spéculations intellectuelles mais d’un plan volontariste qui devait être mis en oeuvre par les moyens du pouvoir. Il a été concrétisé par des techniques modernes d’ingénierie sociale et de viol des foules par la propagande politique. Mai 68, on le sait aujourd’hui, a été une une opération menée par la CIA. Cela a donné tous ces changement sociétaux que vous décrivez et vous nous confiez que vous avez suivi le mouvement à la manière d’un mouton tout en ressentant cela comme positif.
        Fort bien, mais j’espère que vous n’êtes pas candide au point de vous imaginer que cette décrispation d’une génération a donné un changement anthropologique irréversible. Déjà aujourd’hui l’anti-autoritarisme des baby boomers est contesté par l’Islam. Il peut être contesté aussi par un réveil du christianisme traditionnel toujours possible. Je ne crois pas un instant que l’état d’esprit du baby-boom, soit de nature à marquer un tournant anthropologique. S’il fallait faire un pari, je parierais plutôt sur le retour inévitable, à la faveur de circonstances encore inconnues, du modèle anthropologique autoritaire qui a toujours prévalu depuis que le monde est monde.

        1. @ M. Gnome.
          Vous procédez à une analyse de logique mathématique qui n’offre pas de réponses sérieuses dans la compréhension du phénomène de mai 68, mais tout au plus tente de faire valoir vos représentations acquises qui ont forgé tôt votre personnalité. Vous portez encore le chapeau que tout jeune homme de vingt ans se dépêchait de visser sur sa tête pour être consacré adulte. Le monde d’aujourd’hui n’est précisément plus celui qui existe « depuis que le monde est monde ». Questionnez les femmes qui parfois portent votre chapeau des années cinquante, elles seront à l’aise pour vous faire mieux comprendre dans quel monde elles vivent, sans avoir recours à une équation mathématique. De plus elles ignorent que leur liberté individuelle a pris ses racines grâce à un événement organisé par la CIA. Mais qu’importe, elles grandissent dans un monde qui heureusement offre la possibilité de faire personnellement ses choix sans devoir se calquer sur de solides notions transmises sous le vieux chapeau gris. L’autoritarisme qui vous est cher a pris des rides profondes et croisées du front jusqu’au menton, de nos jours les jeunes ne gagnent plus leur autonomie de caractère de manière illusoire à l’instant où le garde-moutons ouvre le portail de l’enclos, on les a aidés à se développer heureusement bien avant. Ils n’auront ainsi pas besoin de brûler leurs manuels scolaires comme il y a cinquante ans. C’est mon dernier commentaire dans ce blog.

          1. @ Dominic

            Libre à vous de prendre congé de de ce blog ou non. En tous cas, si vous décidez de le bouder, je ne m’en sens pas responsable. Je me suis contenté de vous faire part d’une réflexion personnelle fondée sur des recherches sérieuses que j’ai faites. Si vous le souhaitez je peux vous donner des références documentaires attestant que le mouvement de révolution sociétale que nous avons connu à la suite des événements de mai 68 et qui s’est prolongé par toute une série de décadences politiquement correctes, puis LGBT, etc., a été initié par des milieux subversifs US, inspirés intellectuellemen par la bande Adorno, Horckheimer, Marcuse & Co, agissant en liaison directe avec des agences du gouvernement américain, ou plutôt du pouvoir américain. (Après 50 ans, comme vous savez, les documents sont déclassifiés).

            Ceci étant dit, notre divergence est surtout d’ordre philosophique.

            “L’autoritarisme” ne m’est pas spécialement “cher” comme vous l’insinuez perfidement. J’apprécie à bien des égards l’atmosphère de liberté dans laquelle j’ai vécu, et vis. C’est plutôt l’idéologie anti-autoritaire qui me débecte. C’est très différent.

            Je suis en désaccord avec vous sur le point suivant: je ne nie pas qu’un certain nombre de ruptures historiques, qui ont provoquées délibérément et ont résulté d’un plan concerté, ont pu laisser des traces durables. Comme exemple de cela on peut donner la Réforme, ou le Risorgimento. Pour la Révolution française, comme l’a fait remarquer Chou En Lai: “il est encore trop tôt pour le savoir”.

            En revanche, il arrive souvent que des évolutions que l’on croyait irréversibles, ne prennent pas racine et soient rendues caduques après un certain temps. Ainsi la construction de l’Union Européenne, un processus initié en 1957 par le traité de Rome, donc vieux déjà de plus de 60 ans, pourrait bien avorter, et plus vite qu’on ne le pense. (En raison d’erreurs fatales comme l’Euro et la politique punitive détestable de Michel Barnier qui se refuse à assouplir les “4 libertés” et à laisser le peuple britannique disposer de lui-même). Et alors il y aura un effet domino dévastateur sur toute une série d'”avancées” dans d’autres domaines.

            Nous avons sous les yeux un exemple spectaculaire de l’échec d’une action volontariste menée au nom du progrès: l’ecroulement fatal du pouvoir d’Emmanuel Macron qui avec sa “pensée printemps” était apparu aux yeux des “liberals” (j’entends les tenants du libéralisme au sens anglais du mot) du monde entier comme le sursaut salutaire de la “raison” soixante-huitarde post-nationale, contre une menace de régression populiste. Eh bien, tout cela est en mis en échec par un authentique soulèvement populaire.

            Le pouvoir “liberal” progressiste macroniste aura-t-il le dessus? Je prends les paris qu’il sera emporté. Et cela aura pour effet une réaction en chaîne qui emportera des pans entiers de tout ce qui vous paraît définitif dans les évolutions libérales du dernier demi-siècle européen.

            L’échec de Macron, et de ce qu’il représente, si subit, si dramatique, si inattendu, et si certain à mes yeux, a des causes profondes qui remontent à plus loin que lui: par exemple le refus de tenir compte du référendum du 29 mai 2005, mais aussi l’imposition au forceps de réformes sociétales bouleversantes pour la majorité des gens: tout particulièrement le “mariage pour tous”, qui se basent sur l’hypothèse d’une nature humaine que l’on pourrait déconstruire et modifier selon des critères idéologiques.

            Enfin, pour conclure sur le thème de la réversibilité du progrès, et pour ne pas trop allonger, je vous propose de méditer sur la pensée du philosophe britannique contemporain John Gray. Il est attaché à cette modernité progressiste tout comme vous, seulement il est arrivé à la même conclusion que moi, à savoir que beaucoup de choses sont réversibles. Je partage tout simplement l’analyse de John Gray, alors que vous croyez candidement que les changements que vous avez connus depuis votre jeunesse auront le dernier mot. Voilà tout ce qui nous sépare. Pour etre tout à fait fair play, je devrais avouer que je vais un peu plus loin que John Gray, lequel se désole que le progrès puisse être completement remis en question. Je pense que parfois, quand se produit quelque chose qui est perçu comme un “retour en arrière” par les progressistes c’est bénéfique, même si cela blesse certaines sensibilités. Car un retour en arrière n’implique pas forcément le retour de la barbarie. C’est une bonne chose quand on peut se débarrasser d’une évolution funeste, qui menait vers l’impasse.

            https://m.youtube.com/watch?v=jmRBHCclzZk

            https://m.youtube.com/watch?v=NuWi-TU_sFE

  7. « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement »
    Rosa Luxembourg, communiste russe juive assassinée par l’état, en 1919.

    (ceci devrait mettre tout le monde d’accord)

  8. Alan Turing s’est donné la mort en 1954 à la suite de poursuites judiciaires du fait de son homosexualité. Cet homme, ce génie avait contribué à gagner la guerre en dévoilant les mystères de la machine Enigma . Il a fallu attendre 60 ans pour que la reine le reconnaisse comme héros de guerre ! On ne gagne pas pas la guerre seulement en pissant le sang comme le suggère un commentaire . Où sont les vrais héros ?
    Les lois sont faites pour empêcher des actes odieux et aussi des comportements inacceptables quand on ne peut pas faire autrement !

    1. Il y a des héros qui se révèlent de manière inattendue, tels ceux qui ont pris des risques pour leur vie lors des attentats terroristes. Le plus souvent ceux-ci sont modestes et ne s’attribuent pas le mérite qu’on leur reconnaît, répondant que ce qu’ils ont fait était « bien normal ». À l’opposé, on proclame des héros désignés pour apporter prospérité et paix à tous, glorieux et acclamés, qui restent inscrits dans les manuels scolaires de l’histoire du pays. Et parfois le héros d’hier est devenu le traître d’aujourd’hui, ou inversement. Ou encore traître pour les uns et héros pour les autres, dans le présent. Je dois avoir oublié quantité d’autres cas de figure, ce qui me mène à penser qu’un héros peut être vrai même en n’étant reconnu que par une seule personne, et que ce n’est peut-être pas la foule qui sait le mieux mesurer les héros les plus méritants, mais elle sait souvent rendre grand ceux qui ne le sont pas. Vous avez posé la question des vrais héros, qui a bien son importance en rapport de la notion de justice qui ne saurait être unique. Je pense ainsi que les lois n’existent que pour répondre à une notion collective de justice. La justice de Dieu n’existe pas, même si aux USA on pose sa main sur la Bible avant de témoigner. Ainsi les « actes odieux et comportements inacceptables » peuvent très bien être cautionnés par des lois faites pour les légaliser : La femme punie en Arabie Saoudite pour avoir été violée… Ou celle en Iran qui a un comportement que la loi désigne inacceptable parce qu’elle ne porte pas sa burka. Quelle justice aurions-nous si tous les peuples réunis devaient la construire ? Elle ne pourrait aboutir qu’à une justice populaire à l’échelle de la terre. Précisément ce que nous ne voudrions jamais. Aucun système de justice ne saurait être parfait, il peut au mieux être possible.

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