une société infantilisée?

Le Temps du 20 février relevait fort justement que « la gratuité numérique rend bête ». Cela pourrait éventuellement expliquer la diminution annoncée du QI – pour l’instant, il semble seulement avoir cessé de croître. Mais quel avenir préparons-nous si l’on ajoute à cette crétinisation numérique l’infantilisation liée à la déresponsabilisation programmée?

Certaines personnes se demandent comment organiser la responsabilité des robots. Mauvaise question. Le vrai problème, c’est la responsabilité du créateur du robot, de son réalisateur et de son utilisateur, comme pour toutes les machines. Ne soyons pas naïfs. Le seul être responsable de quoi que ce soit sur terre, c’est l’être humain. Ni la nature, ni les animaux, ni la technique ne sont responsables par eux-mêmes. Seul l’homme peut l’être parce qu’il est seul capable de discernement.

Or à quoi va lui servir le discernement quand il ne conduira plus lui-même ses véhicules, quand il fera dépendre ses diagnostiques médicaux des ordinateurs, quand on lui aura désappris à apprendre, c’est-à-dire à mémoriser, à écrire, à calculer, à réfléchir, à choisir parce des objets créés par quelques-uns de ses semblables le feront pour lui ? Plongé dans les jeux plus ou moins intelligents, plus ou moins violents, plus ou moins vulgaires, où les morts ressuscitent pour la partie suivante, où celui qui échoue n’a qu’à réessayer toujours et toujours, où le zapping évite la concentration et le choix, ravi par la contemplation narcissique de ses selfies, l’être humain retombe au stade de l’enfance ; tout doit y être jeu, utopie et sentiments violents. Le monde de l’enfance où l’enfant pris en faute dit presque toujours : « C’est pas moi, j’ai rien fait !… » a besoin d’éducateurs et d’autorités indiscutés. Il est incompatible avec la démocratie.

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

3 réponses à “une société infantilisée?

  1. Comment? Vous osez défendre la discrimination entre les humains et les robots! Entre les humains et les animaux! Vous n’avez pas honte?

    (Je disais ça au deuxième degré, ça va sans dire. Mais aujourd’hui tout est tellement aberrant, plus rien ne va sans dire.)

  2. Vous êtes une robotophobe spéciste! ni plus ni moins. Je ne sais pas si vous vous rendez compte mais c’est grave. On n’a pas encore légiféré mais ça ne saurait tarder et ce genre de propos pourraient bientôt vous valoir un séjour dans les établissements de la plaine de l’Orbe. Je ne suis même pas sur que votre collègue Coline de Senarclens des Beaux Parleurs ira vous apporter des oranges. Si c’est pas un monde tout ça?

  3. La déresponsabilisation et l’infantilisation de la société se manifestent notamment dans le comportement de jeunes parents, qui procréent à tout va, sans savoir s’ils pourront assumer l’entretien de leur progéniture; et quand ils se séparent et comparaissent devant le tribunal pour régler le choc de leurs budgets, on assiste parfois, suivant sur quel président l’on tombe, à une séance de gnangnan ridicule, style: “mais vous êtes un papa !”, “mais vous êtes une maman !”, alors que père et mère conviennent tout à fait. A une époque où on le consultait encore, le dictionnaire donnait la définition de”maman”: “une mère, dans le langage des petits enfants”. Tout est dit. Tant que l’on maintiendra les enfants et les écoliers dans la crainte de l’effort, ça ne va pas s’arranger…

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