Familles atypiques et questions éthiques

Dans un article fort intéressant du 6 septembre, intitulé « Les enfants de familles atypiques vont bien », LT cite un professeur/chercheur de Cambridge selon laquelle « La qualité des relations interpersonnelles au sein d’une famille est plus importante pour le développement d’un enfant que la structure dans laquelle il grandit ». Nous sommes totalement d’accord avec cette affirmation. Un enfant peut être heureux ou malheureux aussi bien dans une famille « classique » que dans une famille atypique. Cependant, comme l’évoque, plus loin dans l’article, la spécialiste des recherches sur la famille, « les nouvelles technologies permettent de petits miracles mais elles doivent être appliquées dans un cadre contrôlé pour éviter les dérives ». Et c’est bien là qu’apparaissent les questions éthiques qui ne sont pas abordées comme telles dans l’article et qu’il convient de ne pas confondre avec le simple environnement familial.

Les quatre principaux problèmes éthiques liés aux « nouvelles technologies »

Par nouvelles technologies, il faut entendre procréation médicalement assistée, soit don de sperme, don d’ovule et mère porteuse. Que ces « nouvelles technologies » soient réunies pour un même cas ou qu’elles soient utilisées indépendamment les unes des autres, qu’elles soient utilisées par un couple hétérologue ou par une personne seule ou par un couple de même sexe, elles soulèvent chaque fois les questions éthiques suivantes :

  • Ai-je « droit » à un enfant ?
  • Ai-je le “droit” de le priver volontairement de la connaissance de ses origines ou de toute possibilité de vivre dans sa famille biologique ?
  • Ai-je le “droit” d’exiger qu’on me conçoive un enfant d’une certaine qualité ?
  • Ai-je le “droit” de faire d’un enfant un cobaye puisqu’on ne sait pas les conséquences que peut avoir, à court et à long terme, pour lui, le fait d’être le résultat d’une de ces technologies.

Poser les questions éthiques n’est pas politiquement correct

C’est considéré comme de l’obscurantisme auquel on oppose le droit d’un enfant d’être aimé et d’avoir un statut juridique. Autrement dit, on utilise l’enfant une fois né, comme otage pour justifier l’impasse sur les problèmes éthiques liés à sa conception.

 

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

Une réponse à “Familles atypiques et questions éthiques

  1. Chère Madame Sandoz,

    Je note enfin un commentaire qui me remplit de joie : “Un enfant peut être heureux ou malheureux aussi bien dans une famille « classique » que dans une famille atypique.”

    Par quel miracle avez-vous enfin fait montre de tolérance pour les homos ? Un ami proche vous a touché ? Votre conscience a-t’elle dépassé vos anciens préjugés ? Avez-vous rencontré une femme et vivez heureuses ?

    Mes sincères félicitations en tout cas pour cet immense progrès dans votre acceptation de gens tout-à-fait normaux et adorables au même titre que les hétéros.

    Excellente journée, Madame Sandoz.

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