L’homosexualité n’est pas une maladie

On nous apprenait aux nouvelles hier soir, 30 août, que les couples mariés de lesbiennes autorisés par la loi à recourir à la procréation médicalement assistée avec don de sperme revendiquaient que cette intervention soit prise en charge par la LAMAL comme elle l’est apparemment pour les couples hétérosexuels.

J’ai beaucoup de peine à comprendre en quoi l’impossibilité de deux femmes de se féconder réciproquement pourrait être assimilée à une maladie devant être soignée par une intervention médicale aux frais de la société.

Le mariage pour tous a consacré l’égalité juridique entre les couples hétérosexuels et les couples homosexuels, mais il n’a pas consacré le droit aux mêmes maladies.

Il y a un moment où il faut reconnaître des différences, ne fût-ce que par respect des personnes.

 

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

32 réponses à “L’homosexualité n’est pas une maladie

  1. Chère Madame,
    Vos propos sont absolument pertinents.
    La dérive a commencé lorsqu’il a été décidé que certaines prestations dites médicales devaient entrer dans le catalogue des prestations de bases de l’assurance maladie. Il n’y a alors plus qu’à se baisser pour se servir.
    Et il s’agit bien d’événements, de faits, de prestations qui ne relève effectivement pas de la maladie : grossesse, vasectomie, liposuccion, etc
    Faudrait-il rappeler qu’il n’y a pas d’égalité dans  «l’illégalité » ? Mais lorsque la loi consacre une erreur, un mauvais biais, un faux chemin en violation des principes généraux – démagogie sociétale et politique oblige – la chose est difficile.
    Meilleures salutations.

  2. Fait relativement rare, je ne puis qu’être d’accord avec vous. Ça devient un peu facile de vouloir considérer telle ou telle chose comme étant une maladie à la carte… Et quand je pense que les lunettes ont été virées de la LAMAL…

  3. La grossesse n’est pas une maladie non plus; pourtant, personne n’a de la peine à comprendre comment elle “pourrait être assimilée à une maladie devant être soignée par une intervention médicale aux frais de la société”, et les frais relatifs sont remboursés par la LAMAL.

    La PMA ne soigne pas non plus forcément une maladie; ce n’est pas une procédure qui rétablit la fertilité, mais un plan alternative dans le but de concevoir un enfant. D’ailleurs, dans le cas de PMA avec don de sperme, l’homme n’est sujet à aucun traitement — c’est uniquement sa compagne (et le donneur de sperme) qui sont impliqués. C’est bien là une indication comme quoi il ne s’agit pas de soigner une maladie chez ce même homme; à partir de là, difficile de justifier qu’on limite cette possibilité aux couples hétérosexuelles (sauf pour des raisons idéologiques, bien entendu).

    Quand à parler de “respect des personnes”, on peine à voir de quel respect vous voulez parler. En tant qu’homme, hétérosexuel, ayant passé par une PMA (même sans don de sperme) pour avoir des enfants, je vous rassure: le fait qu’on offre la même possibilité aux couples homosexuels ne me donne pas l’impression de ne pas être respecté. Au contraire — c’est une excellente idée.

    1. La grossesse n’est pas une maladie certes, mais c’est pourtant encore la cause numéro une de mortalité chez les femmes de moins de 40 ans.

      Comment expliquez-vous cela ?

      1. C’est faux. Et constitue hélas encore une légende urbaine qui, vraisemblablement, arrange les propos idéologiques de certains :
        Les principales causes de mortalité chez les femmes de 25 – 44 ans sont, dans l’ordre
        – les tumeurs malignes pour env. 40%
        – les accidents et morts violentes pour env. 30%
        – les « autres » causes pour env, 25%
        . les maladies cardiovasculaires vasculaires pour env. 5%

        Sources : Office Federal de la statistiques (OFS), chiffres pour 2020.
        ttps://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/sante/etat-sante/mortalite-causes-deces/specifiques.html

        Les décès dus aux complications de grossesses sont de nos jours si insignifiants – certes toujours malheureux – que l’OFS n’en fait même pas une catégorisation à parti.
        Les complications médicales de grossesses sont toutes prises en charge par l’assurance de base.

        1. En Suisse oui vous avez raison, ce qui est normal puisque c’est totalement en charge par les assurances sociales. Mais pas dans le monde. Même aux USA, pays développé, il ne fait pas bon d’être pauvre et d’avoir une complication lors de la grossesse.

    2. Pourquoi pas mais il faudrait alors aussi rembourser la PMA pour une mère porteuse (et ses frais durant sa grossesse et l’accouchement) dans le cas d’un couple homosexuel masculin.

      Sinon c’est une nouvelle discrimination selon le type de couple. Pourquoi ne pas envisager alors l’adoption ?

  4. Il est tout à fait normal qu’un couple de femmes payent les interventions médicales. Comment voulez-vous faire sans sperme produit par un mâle ? En tous les cas, la nature ne l’a pas prévu ! Donc que chacun et chacune assume.

  5. J’ai une solution pour les couples femme-femme: Puisque depuis le début de cette année l’on peut changer de sexe par une simple procédure déclarative………..et de revenir à l’autre sexe d’origine après la naissance. J’espère que l’avalanche de critiques à mon égard n’ira pas jusqu’à l’insulte (pour rire).

  6. Pourriez-vous me montrer la disposition légale qui permet aux trans de bénéficier de l’assurance-maladie pour leur chirurgie et autres soins psy ?

    La LAMal prend maintenant en charge la chirurgie esthétique ? ou les problèmes sexuels ?

    Il faut une loi spéciale, avec un financement transparent.

    *
    Depuis 2022, la CIM classification internationale des maladies ne considère plus les trans comme malades, mais comme souffrant de “conditions liées à la santé sexuelle”.

    ttps://icd.who.int/browse11/l-m/en#/http%3a%2f%2fid.who.int%2ficd%2fentity%2f411470068

      1. Le TF reconnaît qu’il n’y a pas de base légale.

        Exemple pour la calvitie d’une femme trans.

        “Dans le contexte d’une dysphorie de genre avec indication d’opération de changement de sexe, une calvitie d’une ampleur typiquement masculine, en tant que particularité physique incompatible avec une apparence féminine, doit être assimilée à un caractère sexuel secondaire. Le traitement visant à y remédier doit être pris en charge par l’assurance obligatoire des soins à l’instar d’une intervention complémentaire destinée à modifier un caractère sexuel secondaire pour autant que cette mesure fasse partie d’un programme thérapeutique global établi en fonction de tous les éléments recueillis et puisse être considérée comme efficace, appropriée et économique à l’intérieur de ce plan. En principe, la prise en charge des coûts entre alors en considération pour une prestation qui ne constitue en soi pas une mesure à la charge de l’assurance obligatoire des soins (ATF 142 V 316 consid. 5.2 p. 320 et la référence).”

        ttps://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?highlight_docid=aza%3A%2F%2Faza://29-09-2020-9C_331-2020

  7. 100 % d’accord. C’est déjà un maximum que ces assurances couvrent les avortements (sauf circonstances très spéciales). Merci pour cet avis que beaucoup doivent entendre ou lire !

  8. La stérilité n’est pas une maladie en soi, mais une incapacité physiologique à concevoir « naturellement » (i.e. sans intervention extérieure à l’acte purement sexuel à visée reproductive). Ainsi elle peut être causée par une maladie, certes, et ce le plus souvent, mais elle peut aussi résultée d’un accident, de l’environnement ou de l’âge (une personne ménopausée est stérile, mais non pas malade par définition).
    De plus, si elle relève de la physiologie, c’est le cas aussi de l’orientation sexuelle qui est un état de fait d’un point de vue biologique et non pas uniquement sociologique. Ainsi si être lesbienne relève de la nature même d’une personne, de son corps, de sa psyché et de sa physiologie, elle est par définition stérile et non pas malade pour autant, tout comme la personne ménopausée.
    Enfin la grossesse n’est pas une maladie au sens courant, mais est considérée comme telle pour les remboursements (congé parental par exemple et suivi médical), alors pourquoi pas l’homosexualité pour la PMA en attendant une terminologie légale moins trompeuse et moins inutilement péjorative que « maladie », qu’elle soit sur la grossesse ou les personnes homosexuelles désireuses d’une famille ?
    Évidemment ça n’implique pas le remboursement de toutes les stérilités (une personne ménopausée ne peut y avoir accès dans la mesure où la PMA est restreinte aux personnes de moins de 42 ans pour divers motifs médicaux et économiques), seulement ceux de quelques couples ayant désormais la même reconnaissance légale que les autres couples, y-compris dans leur statut parental.
    On rembourse les conséquences de la grossesse justement entre autre par égalité de traitement entre les citoyens peu importe leurs moyens financiers, or les couples homosexuels sont désormais d’égaux citoyens, non ?

    1. Merci de votre réaction. Il me paraît cependant qu’il ne faut pas confondre les conséquences de la grossesse et la cause de celle-ci. C’est du coût de la cause qu’il s’agit.

    2. “c’est le cas aussi de l’orientation sexuelle qui est un état de fait d’un point de vue biologique”

      Qu’entendez-vous par là ? ça fait un peu peur.

  9. Bonjour,
    Si l’homosexualité n’est pas une maladie, elle augmente encore l’inégalité entre homme et femme. Ainsi deux femmes peuvent recourir aux dons de sperme. Alors que deux hommes devraient normalement recourir à une mère porteuse. La question n’est pas de savoir si tous ces pratiques soient remboursés ou non par la Lamal. Il s’agit de faire prendre conscience aux hommes qu’ils ne sont réduits qu’à leur semence afin d’assouvir le désir d’enfants chez les femmes. Pour eux le chemin et plus complexe. Il repose sur le choix des femmes de faire des enfants et de les donner ensuite aux hommes. J’ai motivé mon fils afin qu’il évite de donner son sperme tant que la situation ne soit pas équilibrée.

  10. Avec ma femme on a fait recours au DPI (diagnostique préimplantatoire) pour éviter de transmettre une maladie génétique à notre enfant (50% de risque sinon).
    Coût du DPI à nos frais (car pas pris en charge par la Lamal) : ~15’000 chf. Et encore on a eu énormément de chance car ça a marché du premier coup sans complication.
    Par contre la maladie génétique peut potentiellement coûter plusieurs centaines de milliers de franc au système de santé (un parent ayant cette maladie a déjà subi 2 opérations au coeur et 1 aux poumons et est 100% à l’AI depuis ses 50ans. Un autre parent avec cette maladie a été reconnu invalide dès ses 18 ans).
    Donc oui, j’assume d’avoir payé de ma poche ces 15’000 chf pour avoir un enfant en meilleure santé possible, ce qui profite au système de santé qui n’a pourtant contribué à rien (ce qui est normal puisque c’est nous qui avons décidé d’avoir un enfant), par contre je trouverais complètement scandaleux et injuste que la Lamal prenne en charge les PMA des couples lesbiennes uniquement pour leur désir personnel.

  11. Attention a la derive!
    Insurance coverage may be less about civil rights and more about growth of the medical industrial complex.
    ttps://childrenshealthdefense.org/defender/children-hospitals-hysterectomy-girls-public-outrage/?utm_source=salsa&eType=EmailBlastContent&eId=1da7f617-3581-4dc8-a423-05aaea5b509d

    The medical-industrial complex
    In 2018, investigative reporter Jennifer Bilek documented a chilling reason for the “explosion in transgender medical infrastructure,” which, she argued, has little to do with civil rights and a lot to do with “moneyed interests.”

    Describing the massive funding channeled from billionaires, “governments … technology and pharmaceutical corporations to institutionalize and normalize transgenderism as a lifestyle choice” — conveniently landing transgenderism and its lifelong customers “square in the middle of the medical industrial complex” — Bilek concluded, “can hardly be a coincidence when the very thing absolutely essential to those transitioning are pharmaceuticals and technology.”

    …Bilek noted that Boston Children’s Hospital — rated by U.S. News & World Report as one of the nation’s “best children’s hospitals” — opened its “gender clinic” in 2007, bragging about having been “the first pediatric and adolescent health program in the United States” to do so. Fifteen years later, there are almost 50 such clinics across the nation.

    Bilek wrote, With the medical infrastructure being built, doctors being trained for various surgeries, clinics opening at warp speed, and the media celebrating it, transgenderism is poised for growth.

    As a 2019 editorial in Obstetrics and Gynecology enthused, another factor facilitating the surgical gold rush has been steadily increasing insurance company willingness to cover “gender-affirming surgical care,” despite “knowledge gaps” and the lack of any “evidence-based guidelines to define optimal care surrounding many aspects of these surgeries.”

  12. Sujet complexe.

    Certaines assurances limitent de plus en plus les choix ou interprêtent de manière très restrictive, par exemple pour des nouveaux traitements contre des cancers (immunothérapies).

    Les soins dentaires, les lunettes, les aides auditives et d’autres sont aussi très limités voire exclus. Il faut des assurances privées pour être couvert correctement pour les cures et la convalescence (parfois obligatoires pour récupérer).

    Alors le fait de devoir vivre avec certaines contraintes liées à une situation même si elles ne sont pas choisies n’est déjà pas automatiquement couvert par la collectivité.

    Y a t’il d’autres solutions ? Le côut semble être de l’ordre de 2000.- par tentative (3-4 pour une grossesse) donc devrait être abordable pour une majorité de couples (bien moins que l’achat d’un véhicule et la Suisse).

    Peut-être qu’un autre système misant sur la solidarité pour aider les plus pauvres ou des situtations particulières pourrait-être envisagé ?

  13. Votre question est cruciale, nécessaire et devrait mobiliser chaque attention citoyenne: n’assistons-nous pas ici à l’avènement de la Toute-Puissance? Y a-t-il désir d’enfant ou désir de conformité? L’étape, légitime, du mariage ne pouvait suffire. L’être parfait doit pouvoir tout obtenir, tout consommer, tout prouver et tout démontrer. Où dès lors trouver de la place et de la sécurité pour les enfants à venir? À survoler les prestations des assurances sur le marché de notre pays, il existe par exemple celle qui offre “Complémentaire Désir d’enfant – vous ne payez qu’un tiers des frais de procréation assistée”. Par ailleurs, chaque assurance Lamal – mutuelle dans son principe et obligatoire, faut-il le rappeler? – axe son cahier d’offres sur la famille. Pourquoi, face à ce délire de maîtriser le devenir de la société – dont le taux de reproduction génétique n’est nullement en danger – ne pas créer une Fondation suisse, mutuelle, d’assurance dédiée uniquement à l’enfant qui naîtra sur sol suisse après le 1er janvier 2023 afin de le ou la protéger de tout abus et de toute perspective d’être né.e uniquement pour satisfaire les pulsions narcissiques de sa parentèle?

    1. La LAMAL couvre trois cycles d’insémination par grossesse s’il y a eu une année de rapports potentiellement fécondants sans résultat.
      Evidemment que des rapports entre deux personnes de même sexe ne peuvent être potentiellement fécondants!

      1. “Evidemment que des rapports entre deux personnes de même sexe ne peuvent être potentiellement fécondants!” écrivez-vous Madame Sandoz…Mais si !!! “Nous” avons décidé de changer la Nature en fonction de nos désirs; Dieu n’existe plus, mais nous n’en avons plus besoin puisque nous sommes nous mêmes devenus des dieux capable de tout , du meilleurs comme du pire !

  14. Les nouvelles modes liées à l’homosexualité dépendent de plus en plus du domaine médical.
    Cures d’hormones, interventions chirurgicales lourdes etc. Les coûts liés aux changements de comportements sexuels engendrent nombre de pratiques médicales, alors, pourquoi autant de médecine si ce n’est lié à une forme de pathologie ?

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