Il est temps de sonner la diane!

Il est temps de sonner la diane !

« Les jeunes en ont assez de la corruption et de la stagnation des dirigeants politiques » ; « les jeunes en ont assez de la menace envers leur sécurité physique causée par la surveillance et la militarisation de la police à l’encontre des militants et des personnes de couleur » ; « les jeunes s’avèrent plus nombreux à faire confiance à une gouvernance basée sur une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain ».

Ces quelques phrases extraites de l’article de M. Klaus Schwab dans le Temps du 12 octobre (p.12), article intitulé « Les jeunes détiennent les clés pour bâtir un meilleur avenir », sont inquiétantes.

 

Elles semblent légitimer la division de la société en « jeunes, présumés sains, généreux, altruistes, purs, et « vieux » (tout le reste ?), présumés favorables à la corruption, à la stagnation, à la surveillance par la police des manifestants et des personnes de couleur, donc totalitaires et racistes.

Elles semblent exprimer une haine et une méfiance à l’égard des « autres » que soi.

Elles paraissent refléter  – c’est là le plus inquiétant –  une inconscience crasse du danger que représenterait une « gouvernance basée sur une intelligence artificielle » donc une soumission totale à la puissance de la machine, une déshumanisation programmée de  la société.

De tout temps, les « jeunes » ont été choqués, voire révoltés par les « défauts » imputés aux moins jeunes (immobilisme, hypocrisie, goût du pouvoir et de l’argent), de tout temps, ils ont eu le sentiment d’être brimés dans leur liberté (souvenons-nous d’ailleurs de nos vingt ans !). C’est heureux car si on n’a pas ce réflexe et ce goût de la pureté et de l’absolu à vingt ans, alors on sent le rance.

Mais c’est la première fois que je lis que « les jeunes s’avèrent plus nombreux à faire confiance à une gouvernance basée sur une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain », et là, je sens naître et grandir une terrible inquiétude. Que s’est-il passé pour qu’on en vienne à préférer la machine à l’humain ? Comment peut-on souhaiter être gouverné par des algorithmes ? Comment peut-on imaginer que ces résultats froids d’équations et de formules mathématiques seront plus capables d’humanité que des êtres de chair et de sang ? Comment peut-on oublier aussi que cette IA est créée par des êtres humains pas toujours scrupuleux quand ils arrivent, grâce à cette IA adulée, à prendre le contrôle de la volonté des esclaves humains dont ils ont endormi l’esprit critique grâce à des ondes chatouillant leur paresse, leur égo et leur égoïsme ?

Et ces « jeunes-là » détiendraient « les clés pour un meilleur avenir » ? Pauvre monde ! Il est temps de sonner la diane

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

34 réponses à “Il est temps de sonner la diane!

  1. Depuis quelque temps, je pense que ce monsieur devient très inquiétant. Ses deux derniers ouvrages en sont la preuve. ….. semblent le pousser vers une forme de dictature d’une pseudo élite digne des sombres années du XXe siècle. Le gouvernement suisse devrait revoir son autorisation pour le WEF.

  2. J’ai l’impression que M. Klaus Schwab attribue ses “propres” idées aux jeunes pour essayer de mieux les faire passer. Je ne pense pas que les jeunes aient envie de se faire tracer toute la journée (surveillance électronique ou par des robots), ni d’être entravés dans leur liberté (pass covid, tests et contrôles à tous les coins de rue, etc). J’espère vivement que les jeunes iront voter NON à la loi Covid le 28 novembre prochain. Et que les personnes plus âgées, même vaccinées, rejetteront aussi cette loi. Cette loi contient des mesures totalement disproportionnées. Le Covid est-il un prétexte pour transformer la société en dictature ?

    1. J’ai la même impression, KS prend ses désirs pour des réalités …. MAIS, je pense que c’est une personne très dangereuse… Elle a une grande influence. KS est ds la mouvance avec Bill Gate, etc qui est en train de marquer notre siècle avec tous les problèmes que nous avons maintenant. MAIS, il ne faut pas baisser les bras, j’ai vu une vidéo d’un ingénieur en IA ( Bressain ou Bressou ? si vous le connaissez, pouvez-vous me donner ses coordonnées ? ), qui a arrêté de travailler là-dedans car il n’y pas d’éthique…
      Il parle du monde passé qui est régit par le mental ( etc ) et du monde futur qui sera régi par le coeur.
      Et nous serions à la croisée des 2. Ce monde mental, dur ou le plus fort gagne, court à sa fin… Même Hitler et d’autres dictateurs n’ont pas été éternels.
      Il y a tout un nouveau courant avec Louis Fouché. Lui, il vaut la peine d’être entendu.

  3. Ne vous en faites pas, ces jeunes emploient les termes à la mode, ils en ignorent le sens, et passeront à autre chose dès qu’un réseau social les aura entraînés vers d’autres divagations. Le seul danger, c’est de donner trop d’importance à ces errements de jeunesse. Bien faire et laisser braire…

  4. Je n’ai pas lu l’article alors il y a peut-être les réponses à mes interrogations. Sur quoi se base-t-il ? Sur quelle étude et sur quelle durée ? Quelle population ? Quelle culture ? Est-ce sa réflexion de « vieux sage » ? Je me méfie des avis aussi tranchés et réducteurs comme la ‘bonne’ parole prêchée devant l’autel.
    Et si ces jeunes (représentants de la jeunesse mondiale) deviennent froids et pragmatiques, c’est que l’humanité est au terme de sa viabilité. Aucun regret.

  5. ttps://www.limpertinentmedia.com/post/il-faut-sauver-le-soldat-berset
    Que pouvez-vous en dire sur le plan égal et liberté d’expression dans notre belle démocratie Suisse (enfin, je crois encore)?

  6. Chère Madame Sandoz,
    J’aime vous lire. Je comprends votre étonnement face à cette déclaration: « les jeunes s’avèrent plus nombreux à faire confiance à une gouvernance basée sur une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain ». Pourtant, je me demande si par moment, je ne partage pas ce point de vue également, bien que j’aie plus de 60 ans. L’homme est en effet corruptible, partial, égoïste et parfois manipulateur. Est-il de fait le plus apte à rendre un jugement ou une décision impartiale ?
    Je lis actuellement un livre de Gérald Bronner, Apocalypse Cognitive, Puf, 2021. Dans les premiers chapitres, il décrit les avancées de l’IA, par exemple en ce qui concerne le diagnostique médical (étudié au CHUV dans le cadre de l’oncologie) ainsi que dans divers autres domaines.
    Selon son étude, il apparait que dans de nombreux cas, l’IA propose un résultat plus “pertinent” et en un temps beaucoup plus rapide que le spécialiste humain.
    Il est plus que probable, que dans un avenir proche, de plus en plus d’activités “intellectuelles” seront déléguées à des machines. Mais l’auteur pense également que les machines ne seront probablement jamais capables de “constituer un système de représentation cohérent et autonome doté de ce que l’on appelle banalement le sens commun”; il ajoute : “En particulier, elles sont incapables – peut-être définitivement – d’explorer l’univers des possibles lorsque cet univers n’a pas déjà été circonvenu.”
    Tout cela pour exprimer que le monde de l’IA ne me fait pas peur. Je le vois comme une œuvre humaine qui désire – semble-t-il – dominer son environnement depuis la nuit des temps. C’est donc une démarche logique que de tenter, encore et encore, d’automatiser tout ce qui peut l’être. Seul l’imaginaire semble ne pas pouvoir être mis en boite. Pour l’instant…

  7. Chère Suzanne,
    Il ne faut confondre les désirs de Klaus Schwab avec la réalité.
    Klaus Schwab aimerait bien que ce qu’il dit de la jeunesse devienne réalité, afin de transformer le monde dans sa logique de contrôle toujours plus grand des citoyens grâce aux nouvelles technologies.
    Je ne crois pas que c’est ce que désire la jeunesse, malgré tous les appels du pieds des géants de l’Internet. Et malgré la dépendance à Internet de nombreuses personnes (jeunes et moins jeunes).
    Beaucoup de jeunes aspirent à revenir à plus de simplicité et solidarité, même si tout est actuellement compliqué et gelé avec les règles d’Etat d’urgence qui fleurissent partout pour lutter contre la pandémie.
    La jeunesse est prise en otage par cette situation de contrainte – mais elle ne forme pas un bloc uniforme et beaucoup de jeunes traceront leur chemin de vie malgré tout.
    La révolution culturelle que plébiscite Klaus Schwab est une vraie dystopie, de l’humanisme vers le transhumanisme.
    Le point de mire de son discours est que l’ancienne génération doit s’effacer, pour qu’apparaisse la nouvelle réalité (soit disant dorée). Pour cela, il attise les braise d’une future révolution dans la gouvernance, en flattant la jeunesse à participer à son projet.
    D’ailleurs, ce projet de perestroïka du capitalisme à l’aide de toujours plus de contrôle est bien trop sombre pour avoir une quelconque durabilité à mes yeux.
    Klaus Schwab cherche du sang neuf pour renouveler son Forum de Davos en perdition, mais je crois que la jeunesse n’est pas vraiment attirée par le projet de Klaus Schwab.

    1. A Samy: Merci pour votre commentaire, car je pense la même chose que vous. Klaus Schwab essaie d’attirer la jeunesse dans son projet très inquiétant.

  8. Exemple typique d’impunité:

    ttps://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?highlight_docid=aza%3A%2F%2Faza://28-09-2021-6B_1298-2020&lang=fr&zoom=&type=show_document

    La leçon juridique est mémorable pour les juges genevois.

    Et il n’y aura aucune ! sanction pour les juges qui ont fait de la politique plutôt que du droit!!, pas même une obligation de suivre une remise à niveau des fondements du droit pénal????

  9. Mais, chère Madame, Klaus Schwab m’est qu’un vieux qui veut paraître jeune…et surfer sur la dernière vague plus ou moins à la mode.

  10. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter des opinions des jeunes sur l’intelligence artificielle, mais de la volonté de certains rapporteurs comme M. Klaus Schwab diffusant des balivernes favorables à ses objectifs, sans aucun souci d’honnêteté intellectuelle : « les jeunes s’avèrent de plus en plus nombreux à faire confiance à une gouvernance basée sur une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain ». Un rapport, que l’on peut considérer a priori fiable, a été publié dans Le Temps* il y a à peine une année, dont j’extrais la question du sondage : « Faites-vous confiance aux responsables politiques suisses pour agir dans l’intérêt de la société face aux défis posés par le développement de l’I.A ? » Résultat : 47 % font assez ou très confiance, 47 % pas vraiment ou pas du tout. La balance penche nettement plus du côté négatif ou positif quand il s’agit de la confiance accordée à d’autres secteurs. Concernant les responsables politiques dans le monde, 75 % de la population sondée n’a pas confiance. Nous sommes loin des allégations de M. Schwab.

    Je souhaiterais qu’un jour Madame Sandoz rédige un article sur le degré de sérieux que l’on devrait accorder aux journalistes qui nous nourrissent de leurs feuilletons étoffés d’insinuations, questions qui donnent la réponse, ou multiples thèses fantaisistes n’aboutissant à rien. Soit un travail très négatif et sans rapport avec les objectifs d’une information critique qui pourrait être « un peu plus » honnête et saine !! Sinon autant se mettre à la fenêtre et jeter un coup d’œil sur la place, au lieu de lire un journal ressemblant un enfant gardant péniblement la tête hors de l’eau en apprenant à nager avec sa bouée.

    * « Intelligence artificielle… », Alain Jeannet, 24 septembre 2020.

  11. Klaus Schwab … a dû lire “1984” d’Orwell.. paru en 1949, et a dû trouver ça extra pour être appliqué enfin maintenant , les nouvelles technologies et le Codid19 venant à point nommé pour accélérer la création d’un “monde nouveau” … le paradis .. Inquiétant !

    1. Vous avez en commun avec ce Monsieur le désir de vous sentir juste dans un monde que vous décrivez déplorable, dans ce commentaire comme dans d’autres, où vous vous réjouissez de venir souffler sur les braises. Votre inquiétude c’est du vent.

  12. Chère Madame,
    Je me réjouis cette fois-ci de constater que tous les commentateurs approuvent votre constat auquel j’adhère bien évidemment. Juste une remarque en ce qui concerne l’IA: elle constitue sans aucun doute une avancée technologique mais elle n’est qu’un moyen parmi d’autres et aucunement un fin en soi. Attention aux apprentis sorciers !

  13. D’un côté, il y a l’humain qui se déshumanise (au profit des techs et IA) et de l’autre il y a les machines qu’on humanise (par anthropomorphisme). Forcément, il y a un moment où les deux tendances se croisent.
    Certains voient le métissage homme-machine comme quelque chose de positif (c’est la posture du transhumanisme), d’autres comme une régression spirituelle de ce qui nous rend humain et aimant, c’est la position rétrograde que j’aime avoir dans ce monde qui accélère… vers quoi au juste? Son Implosion ?

  14. Je m’amuse déjà à voir la « tronche » des détracteurs de M. Klaus Schwab recevant immanquablement à l’avenir leur lettre de résiliation (de leur bail à loyer, de leur assurance casco, de leur carte de membre de club, etc. etc.) rédigée par un bloc IA à l’aide de multiples algorithmes. La plus belle grimace à voir sera lorsqu’ils essayeront de faire copain copain avec le bloc, à la vaudoise. A part ça je crois que « la jeunesse « a toujours manqué d’idées convaincantes, et alors.

  15. Par exemple sans numérique Mme Sandoz même vous , vous tomberiez dans l’oubli car il n’y aurait pas vos railleries perpétuelles sur ce blog.

  16. M. Schwab a inventé une seule idée dans les années 70; le “stakeholder” ce mot existe dans le dictionnaire français d’ailleurs, pour remplacer le “shareholder” dans le sens que l’entreprise appartient aussi à ses employés, clients, fournisseurs, etc. pas seulement à ses actionnaires. Depuis lors il copie et ne fait que promouvoir les idées des autres pour vendre plus de ses livres. Il sait mieux que tout le monde que l’IA n’est qu’un outil entre les mains des décideurs qui dictent les algorithmes, et il prend les jeunes pour des cons qu’ils ne sont pas. Il va probablement leur organiser une conférence pour les attirer dans son jeu. Cet homme est certainement très intelligent mais il ne faut pas prendre ses pronostics pour des réalisations à venir. Dans les 80 il y avait déjà des blagues sur les puces électroniques sous la peau. Rien de neuf sous le soleil d’octobre !

  17. Chère Mme Sandoz, vous avez omis de prendre le recul à la hauteur de votre intelligence. Les propos de M. Schwab n’expriment que son opinion et ses désirs, et sont loin de refléter ce que pensent les jeunes et la vérité !…
    Au moins avez-vous bien perçu le désir de nous diviser dans son discours ! Les temps et les discours pervers nous mettent à rude épreuve, tâchons de prendre toujours le temps de l’analyse sans être submergé par l’émotion avant de livrer nos réflexions au public. Et la règle qui me semble efficace à notre sombre époque : plus les propos sont outranciers et affirmatifs, plus vous devriez ne pas les écouter mais vous intéresser au personnage qui les prononce, et vous en méfier!

  18. … Klaus Schwab tient un discours plaisant aux oreilles de ses marionnettistes ordinateurs du “Grand Reset”. Il n’en est pas moins nocif.

  19. Pourquoi ne voulez-vous jamais faire dans la nuance ? Le monde n’est pas noir ou blanc , il est gris avec plein de nuances . L’IA fonctionne très bien pour créer des “modèles” gros consommateurs de données : elle est autrement plus performante pour prévoir la météo , faire circuler des trains , analyser une IRM ( le risque d’erreur d’interprétation est quasi inexistant avec une IA alors qu’avec un humain.. ) ….. . Par contre , l’IA sera nulle par rapport à une expertise humaine demandant création, intuition , empathie , ….De façon plus générale , lisez ceci et vous verrez que vous êtes en décalage total ( complètement déconnectée devrais-je dire ) par rapport aux jeunes de 10 ans ttps://www.lemonde.fr/entre-les-lignes/article/2021/10/10/dans-les-smartphones-des-ecoliers-tiktok-ca-nous-rend-fous_6097804_5156314.html . Cet article fait peur mais il rend compte d’un phénomène et Schwab a raison de tirer le signal d’alarme .

  20. « les jeunes s’avèrent plus nombreux à faire confiance à une gouvernance basée sur une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain »
    Mince ! Ça doit être le signe que je vieillis. Quoique, ça dépend de l’interprétation de la phrase.

    Quelques éléments de réflexion :
    Comme l’écrit Renato59 à propos du livre de G. Bronner, « En particulier, [les IA] sont incapables – peut-être définitivement – d’explorer l’univers des possibles lorsque cet univers n’a pas déjà été circonvenu. »
    IA est un buzz-word fourre-tout pour diverses formes d’algorithmes plus ou moins élaborées pour (aider à) prendre des décisions.
    Je pense qu’il est important de remarquer que même si la puissance de calcul des ordinateurs permet de plus en plus d’utiliser ces techniques (les rendant plus autonome), celles-ci sont utilisées depuis longtemps, même avant que l’ordinateur existe, figurez-vous. La science de la recherche opérationnelle (optimisation, etc.) a pris son essor aux environs de la 2e guerre mondiale mais ses fondements mathématiques sont plus anciens.

    « Que s’est-il passé pour qu’on en vienne à préférer la machine à l’humain ? »
    Je ne suis pas sûr que “préférer” est le bon mot. Dans un contexte plus large, l’homme (ou la femme 😉 a imaginé la charrue ou même la roue pour satisfaire notre “fainéantise”. La machine est un outil ; elle a bien souvent, voire toujours, besoin d’être supervisée par un humain.
    En matière d’IA et en particulier pour le type de décision dont il est question ici, je suis un fervent défenseur que la supervision est *indispensable*.
    Je le constate régulièrement dans mon métier : les algorithmes ne font ce qu’on leur demande que si l’on comprend suffisamment bien le “cadre” de ce que l’on souhaite faire et au minimum des notions sur ces algorithmes.

    « soumission totale à la puissance de la machine »
    Il n’est pas question de ça, et j’espère qu’il ne le sera jamais. Basée n’est pas là pour rien dans “gouvernance basée sur une IA”.
    Les outils informatiques, “IAs” incluses, sont DÉJÀ utilisés (en amont) pour prendre des décisions !

    « C’est heureux car si on n’a pas ce réflexe et ce goût de la pureté et de l’absolu à vingt ans, alors on sent le rance. »
    Voilà. Inversement, on devient souvent de plus en plus conservateur avec l’âge. Je le vois pour moi-même. Le conservatisme a des côtés positifs en ce sens qu’il modère le progressisme. Toutefois, puisque vous évoquez la lutte des générations, on remarquera que c’est toujours les jeunes qui remplacent les vieux et jamais l’inverse. En ce sens, le “Grand Remplacement” que certains complotistes ont à la bouche n’est peut-être pas celui qu’ils croient.

    [Michèle Herzog :] « Je ne pense pas que les jeunes aient envie de se faire tracer toute la journée »
    Je ne pense pas non plus. Mais je me demande si c’est vraiment le propos.

    Remarquez qu’à chaque fois que vous exécutez un test CAPTCHA (déchiffrer un texte, identifier des éléments sur une photo), vous entraîner une IA… 😉
    J’espère ne pas vous effrayer. =D

    1. Le propos de M. Schwab, ne laisse pas la place pour une lecture au 2ème ou au 3ème degré. Ce qu’il a dit est cash. Ce qu’il a dit est de se laisser-guider par la force de calcul des machines, bien sûr plus puissante que celle du cerveau humain. A titre d’exemple; si les machines observent d’une façon indiscutable que le travail d’un ouvrier vieillissant pourrait être fait par 2 jeunes migrants à un coût moindre, l’IA ordonnerait d’aller chercher les 2 jeunes d’un pays pauvre pour le remplacement de l’ouvrier, puisque l’Etat va lui verser dans ce cas une retraite anticipée, et ça serait gagnant-gagnant (win-win comme il dit le Président Parmelin) pour tous les 3 concernés, de plus les verts et la gauche seront aux anges, que veulent-ils de mieux que de démanteler l’héritage de l’Occident? NON la pesée d’intérêt n’est pas toujours arithmétique et les machines devraient rester des esclaves au service et sous la botte de l’Homme (h/f et autre).

      1. J’insiste, il a écrit “une gouvernance _basée_ sur l’IA” et pas une gouvernance par l’IA.
        Mais évidemment, même ça n’empêche pas des dérives. En fin de compte, c’est le programmateur, l’utilisateur et/ou décideur qui déterminent l’usage et donc s’il est “bon” ou “mauvais”.
        À ce sujet, j’avais bien aimé le film “Eye in the Sky”, où il est notamment question de tirer ou non un missile selon le risque de tuer des civils. Sans dévoiler l’intrigue, en gros, il est toujours possible de faire dire ce qu’on veut à un programme informatique. Avec la hiérarchie décideur > analyste > programmateur.

  21. Faire plus confiance en une intelligence artificielle qu’à celle d’un être humain ….
    Cela me fait penser à ce pilote d’avion qui, en janvier 2009, suite à l’arrêt des moteurs de son AirBus A320 ( 155 personnes à bord)à cause d’oiseaux lors du décollage, décida d’amerrir sur le fleuve St Laurent après avoir tout analysé avec le plus de bon sens possible, rapidement, le temps qui lui restait pour atteindre l’aéroport le plus proche. .Il ne restait plus que le fleuve.. ou les building ! Il n’y eu aucune victime ; mais il passa en jugement car les résultats des analyses faites sur des machines (simulations, système ACARS- système de communication codé et de surveillance radio-) donnaient des résultats selon lesquels le pilote aurait eu le temps d’aller atterrir sur l’aéroport le plus proche.. L’affaire s’est très bien terminée puisqu’il fut prouvé que les machines ( la technologie!) avaient donné des résultats erronés . Un film a été produit en 2016 sur cette histoire extraordinaire “Sully” ( le pilote s’appelait Chesley Sullenberger) ..Preuve est donc faite que le cerveau humain a des capacités de “réflexion” que le “cerveau” des robots n’a pas .. ces derniers sont programmés, tout a été calculé à l’avance… par des cerveaux humains !!; ils ne peuvent donc agir que ce pourquoi il ont été programmés.. questions donc de neurones, et le cerveau , parait-il ,en possède plus de “100 trillions ou de cellules électriquement conductrices qui nous donnent l’incroyable puissance de calcul que seul le cerveau humain possède.”

    1. C’est juste. Le hic de cette histoire était que les pilotes qui ont essayé de mettre en place, par simulation, la solution de l’IA avaient repris plus que 40 fois les essais d’atterrissage pour réussir une seule fois. Personnellement, me basant seulement sur l’histoire du pilote et sur aucune donnée spécifique, je pense que ce qu’il a fait était la concrétisation d’un rêve qu’il a imaginé et répété tout au long de sa carrière dans sa tête. Il n’attendait que le bon moment pour le mettre, le sien de scénario, en œuvre. Chapeau l’artiste ! Il y a eu plus fort que cette histoire; celle du pilote canadien à court de carburant qui devait se préparer au crash avant d’arriver à Londres, alors qu’il a choisi d’éteindre les moteurs, contre tous les protocoles d’aviation, et a conduit son avion comme un planeur pendant plus qu’une heure, pour les remettre en marche quelques minutes avant l’atterrissage.

  22. “Elles paraissent refléter – c’est là le plus inquiétant – une inconscience crasse du danger que représenterait une « gouvernance basée sur une intelligence artificielle » donc une soumission totale à la puissance de la machine, une déshumanisation programmée de la société.”

    Pour avoir rencontré Klaus Schwab pour la première fois dans ses bureaux de Cologny au début des années 1970, je n’ai pas l’impression que ce détenteur de deux doctorats, dont le premier en sciences de l’ingénieur de l’EPFZ, et d’une maîtrise de Harvard soit naïf au point d’ignorer que l’intelligence artificielle (IA) est une production d’origine humaine.

    En revanche, il n’est pas interdit de penser que, conscient avec les autres directeurs du World Economic Forum (WEF) du fait que celui-ci est menacé dans sa forme actuelle de club élitiste par la montée en puissance de la société civile, qui incite d’anciens chefs d’entreprise et décideurs politiques auxquels le WEF offrait jusqu’ici un cadre pour nouer des contacts directs et surtout faire des affaires, à s’en détacher et même y renoncer – les géants du WEB (Google, Facebook, Amazon, Apple et Microsoft) brillent par leur absence au WEF -, Klaus Schwab ait décidé de prendre les devants en prenant à témoin la jeunesse, de plus en plus interconnectée et étrangère à l’ambiance feutrée des salons de Davos. N’est-ce pas dans ce sens qu’il faudrait comprendre son allusion à l’IA?

    Le bitcoin est une réalité et un exemple d’interconnexion, certes encore discutable, dont chaque participant n’est pas moins l’acteur. Dans un tel réseau, il n’y a ni “lider maximo”, ni Duce, ni Führer, au contraire d’un régime à la George Orwell. Mais que nous le voulions ou non, “Brave New World” est là pour rester – pas, fort heureusement, comme le concevait l’auteur d'”Animal Farm”. Dès lors, la question qui se pose n’est-elle pas plutôt: Qui sont les cochons de Staline à venir?

  23. Au tournant du siècle passé, des gens ayant connu le 19ème ont dû accueillir l’arrivée des voitures, du téléphone, et de toutes ces nouvelles machines, avec pas mal de scepticisme, et certains, probablement avec dégoût. Et pourtant, les voitures et les téléphones sont peu à peu entrés dans les moeurs. Comparées au cheval, la voiture devait aussi avoir un air de déshumanisation. Idem pour le téléphone. C’est donc une pente que l’Europe a prise très tôt, car on peut faire remonter cet esprit scientifique à Aristote. Bien sûr, ces deux derniers siècles, cette évolution s’est accélérée. Je déteste comme vous son ultime avatar, à savoir le passage au virtuel et au digital, et la question est désormais de savoir si cette pente va un jour s’arrêter, ce qui impliquerait le déclin et la disparition de notre civilisation.

  24. En cette période troublée, où tant de citoyens commencent à désespérer de pouvoir sauver la démocratie qu’ils ont connue, il ne faut plus tarder à prendre des initiatives pour éviter que les choses s’aggravent davantage.
    Une solidarité entre tous ceux et celles qui souhaitent que la situation puisse s’améliorer, n’est pas pensable si nous évitons, par paresse ou en vertu d’une sécurité trompeuse, de s’exprimer et de rappeler à nos autorités que les critères d’une bonne gouvernance sont le sens de la justice et le souci de vérité. C’est en effet ce à quoi chaque citoyen a droit.
    Or, les événements auxquels nous avons assisté ces derniers temps, laissent présager le règne du mensonge, de la confusion et de l’arbitraire – un règne qui est invivable pour tous les membres de notre société laquelle, jusqu’il y a peu de temps, pouvait encore se prévaloir de servir d’exemple à d’autres pays. C’est pourquoi il convient de recourir à toutes les ressources légales pour montrer ouvertement que nous ne sommes pas dupes et que la politique actuelle des Cantons et de la Confédération trahit les aspirations de la population. En tant que professeur d’université, chargé d’enseignement depuis 25 ans environ, j’ai pu constater combien les jeunes gens sont devenus inquiets en raison des nouvelles dispositions officielles prises depuis plus de dix ans. Le temps leur donne malheureusement raison, car rien n’est fait pour leur assurer un avenir comparable à l’époque que nous avons vécue, attisant leur nostalgie des trente glorieuses Ce qui ne fait que renvoyer en définitive, par delà les facteurs circonstanciels qui agissent sur nous involontairement, à l’irresponsabilité de nos “décideurs” ou, si vous préférez, de nos élites politiques, financières et entrepreneuriales. C’est donc à nous, simples citoyens, de prendre la relève et de proposer avec force de nouveaux chemins à suivre, en gardant à l’esprit ceux du passé qui ont fait leurs preuves.

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