Quand la justice tord l’état de nécessité, la démocratie s’écroule

Des juges genevois ont donc appliqué la notion « d’état de nécessité » en matière de climat de la même manière que le juge vaudois dont le jugement a été heureusement annulé en deuxième instance. La politisation de la justice devient ainsi une sorte de pandémie au niveau cantonal. C’est inquiétant.

La notion d’état de nécessité (art.17 du code pénal suisse [CPS])

Il y a état de nécessité selon le code pénal lorsqu’un danger imminent menace un bien juridique appartenant à la personne qui accomplit un acte illicite ou à un tiers, que ce danger ne peut être détourné autrement que grâce à l’accomplissement de cet acte illicite et que cet accomplissement sauvegarde des intérêts prépondérants.

Si ces conditions sont toutes réalisées, l’acte illicite devient licite.

Vérifions cela dans les cas genevois et vaudois susmentionnés.

Le danger imminent qui menace

Ce serait le réchauffement climatique à cause des rejets de CO2 ? A vrai dire, est-ce un danger imminent c’est-à-dire sur le point de se produire ? Ou bien est-ce un danger connu contre lequel l’humanité cherche les meilleures protections ?

Le bien juridique à préserver

C’est la planète, ou l’avenir ou la santé.La planète est-elle un bien juridique ? Problème philosophique.La santé et l’avenir sont-ils des biens juridiques ? Question éthico-philosophique.

Les propriétaires des « biens juridiques » à préserver

La Planète appartient-elle à quelqu’un ? Aux auteurs de l’acte illicite ? à l’humanité ? La santé ou l’avenir à préserver appartiennent-ils aux auteurs de l’acte ou à l’humanité ?

 Sauvegarder des intérêts prépondérants

La lutte contre le réchauffement climatique par la diminution des émanations de CO2 doit assurer la protection de la planète ou de la santé ou de l’avenir de quelques personnes ou de l’humanité et cette lutte peut paraître plus importante que la protection immédiate du domicile ou de la propriété privée d’autrui. Question socio-politico-philosophique à laquelle la réponse politico-philosophique peut être : «la fin justifie les moyens ». Ce n’est pas un principe juridique.

L’acte illicite concerné

Dans le canton de Vaud, l’acte illicite était l’occupation sans droit du local d’une banque pour une partie de tennis, soit une violation de domicile (art. 186 CPS) ; dans le canton de Genève, l’acte consistait en un barbouillage en rouge d’une enseigne commerciale, propriété privée, ce qui constituait un dommage à la propriété (Art. 144 CPS).

Impossibilité de détourner ce danger autrement

Pour être excusable, l’acte illicite accompli doit être seul apte à détourner le danger, donc à en empêcher ou à en arrêter les effets immédiatement.

Peut-on affirmer qu’une partie de tennis dans une banque (= violation de domicile) ou le peinturlurage en rouge d’une enseigne privée (= dommage à la propriété) sont aptes comme tels, à l’exclusion de tout autre moyen, à arrêter immédiatement dans le monde, ou en Suisse, ou dans le canton concerné les émissions de CO2, donc à éviter immédiatement le réchauffement climatique, soit à sauver immédiatement la planète ou à assurer ainsi immédiatement et exclusivement la santé et l’avenir des auteurs des actes ou de l’humanité ?

L’état de nécessité n’était pas réalisé

A la lecture de tout ce qui précède, force est de constater que les conditions juridiques (le code pénal n’est pas un recueil de questions philosophiques) de ce que le code pénal appelle l’état de nécessité n’étaient pas réalisées. Les actes illicites accomplis par les défenseurs du climat ne pouvaient donc être devenus licites (même s’ils étaient peu graves). Il importe en effet de ne pas confondre la gravité des actes et leur licéité.

Comment un juge peut-il voir un état de nécessité dans les éléments analysés ci-dessus ?

Qu’un avocat plaide dans ce cas l’état de nécessité pour défendre son client, cela peut faire partie du jeu, bien que ce soit à la limite de la bienséance professionnelle, en revanche, qu’un juge chargé d’appliquer la loi puisse le soutenir, c’est inadmissible. Cela signifie soit qu’il n’a pas compris la loi, soit qu’il considère que sa conception philosophico-socio-politique doit l’emporter sur les règles juridiques élaborées démocratiquement.

Dans le premier cas (incompréhension), c’est inquiétant, vu que l’article 17 CPS est un de ceux qui expriment les conditions de base de la répression pénale ; mais l’erreur est humaine et le recours au juge supérieur pourra corriger le tir. On commence cependant à douter de la compétence du juge vu la grossièreté de l’erreur.

Dans le second cas (philosophie personnelle du juge), c’est incompatible avec la mission du juge. Le recours contre sa décision permettra également de corriger le tir, mais la confiance des justiciables sera ébranlée. Le juge sera soupçonné d’être devenu l’otage ou le jouet des défenseurs d’une certaine cause. D’autres juges pourraient se sentir légitimés à défendre d’autres causes leur tenant à cœur et les batailles politiques seraient déplacées de l’arène publique ouverte vers le petit monde judiciaire clos. Fin de la démocratie.

La démocratie est un régime politique qui exige plus de temps que la dictature, elle est peu conciliable avec l’état de nécessité. La procédure actuelle utilisée pour décider les mesures d’urgence appliquées dans la lutte contre le virus n’en est-elle pas une preuve intéressante?

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

53 réponses à “Quand la justice tord l’état de nécessité, la démocratie s’écroule

  1. Chère Madame,
    Je lis toujours vos articles avec grand intérêt et vous remercie de faire entendre une voix libre et lucide.
    N’étant pas juriste, je me posais une question… j’ai essayé de fouiller un peu dans les lois mais n’y ai pas trouvé de réponse, alors je me permets de vous la poser :

    – Y a-t-il quelque part dans une loi un article qui interdit de “terroriser” la population par le fait de répandre de fausses nouvelles ? Autrement : de créer la peur en créant de “fausses alertes” ??
    Et si oui, pourquoi n’y a-t-il aucune action en justice (que je sache…) pour stopper les autorités et les médias qui diffusent en permanence de telles alertes ?

    Je vous remercie de votre attention et vous adresse mes meilleures salutations
    Evelyne Wilhelm

    1. A ma connaissance, le seul article qui existe est l’art. 258 CPS qui a la teneur suivante:
      “Celui qui aura jeté l’alarme dans la population par la menace ou l’annonce fallacieuse d’un danger pur la vie, la santé ou la propriété sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.”

      Il est clair que la situation n’est pas réalisée en l’espèce, car les annonces ne sont pas fallacieuses, elles sont seulement parfois incomplètes ou contradictoires.

      1. Mme Sandoz,

        Y a-t-il quelque part dans une loi un article qui interdit de “rassurer” la population en répandant de fausses nouvelles ? Autrement : de favoriser l’absence de précaution en créant de “fausses nouvelles rassurantes” ?

        1. Bonne question: que penser de quelqu’un qui appelerait à ne pas respecter les mesures ? (par exemple à ne pas porter de masque dans le cas ou c’est punissable). Ou alors quelqu’un qui irait au travail en étant positif et non masqué et qui éternuerait sur un collègue ? … et qui prétendrait que cela n’est pas dangereux car il l’a lu sur des blogs et les réseaux sociaux… c’est une gripette et on guérit en quelques jours (des membres du gouvernement vaudois l’ont d’ailleurs prétendu publiquement il y a quelques mois) .

          Pour la transmission volontaire d’autres maladies, le cas a été tranché…

  2. Bonjour, Madame.
    Merci pour votre article pertinent.
    Pouvez-vous me rappeler brièvement svp en quoi consiste la procédure actuelle utilisée pour décider les mesures d’urgence appliquées dans la lutte contre le covid-19?

  3. Chère Madame,
    Merci pour cette démonstration limpide. D’ailleurs, toute personne un peu éduquée qui lit l’art. 17 du CPS arriverait exactement aux mêmes constats.
    C’est effectivement consternant et inquiétant de voir que des juges, en principe des professionnels, en viennent à commettre de telles erreurs…
    Quant à la notion de désobéissance civile, souvent invoquée, elle n’a, à mon avis, de sens que dans des situations où l’Etat de droit ne fonctionne pas. Ce qui était le cas pour les droits civils aux Etats-Unis dans les années ’50 (Martin Luther King) ou pour l’Inde sous domination coloniale britannique dans les années ’30 (Gandhi).
    Le mouvement qui occupe actuellement la colline du Mormont (qui est effectivement un désastre…) devrait au moins attendre le décision du TF qui a été saisi de la question.
    Je me demande toujours si certains “adultes” seraient aussi béats d’admiration devant ces actions s’il s’agissait de jeunes UDC exprimant leur désobéissance civile face à telle ou telle question liée à l’immigration…

  4. Voilà qui est marqué au coin du bon sens. Mais le niveau de la “justice” genevoise, y compris de beaucoup d’avocats du bout du lac, ne pouvait rien faire augurer de meilleur. Et si la deuxième instance est du niveau de la première, ce qui est loin d’être exclu, il y aura lieu de s’inquiéter. Votre analyse objective ne sera pas comprise de la majorité, faite de béni-oui-oui et de bien-pensants gnan-gnan, qui sont en train de saper la société avec la dictature du politiquement correct.

  5. Il ne doit pas être facile d’être juge et d’interpréter la loi, ce que vous faites également.
    Toutefois, après avoir lu votre série de blogs “anti-Co2”, vous êtes tout à fait dans la même ligne, au moins.

    Dans cette affaire “vaudoise”, ce que je n’ai pas compris est comment un procureur peut faire recours contre un de ses juges, alors que le CS n’a rien demandé. Pour discréditer la justice, il n’y a pas mieux?
    A moins qu’il s’agissait d’une entente tacite?

    “… bien que ce soit à la limite de la bienséance professionnelle, …”
    N’est-il pas du devoir d’un avocat de défendre son client (même meurtrier) par tous les moyens?
    Si on voit les astuces juridiques qu’ils emploient parfois, ici ça parait bien bénin!

  6. L’Etat de droit c’est le contraire d’une justice partisane.

    Je suis pour plus d’écologie, pas dans l’obsession du CO2, mais pour une qualité de vie : baisse des pollutions (voitures, engrais, bruits), humanisation des villes bétons, régulation de la population notamment pour éviter l’étouffement de la nature sauvage par les promeneurs du dimanches,…

    Je pourrais donc avoir un oeil positif sur ces manifestations, et bien non. Les juges ont montré que le pire est là, l’instrumentalisation de l’écologie, fait de l’écologie un paramètre politique.
    Et comme ces juges font de la politiques, ils divisent la population, et surtout, la confiance en la justice est entachée. L’écologie doit être populaire, pas politisée.

    Dans un pays démocratique comme le nôtre, les possibilités sont grandes pour changer les lois (initiative). Si des lois semblent mauvaises, on les changent, mais en attendant, on les respecte pour éviter des interprétations politisés, partisanes.

    Et vous avez raison, si le droit est instrumentalisé, le droit suisse ne vaut guère mieux que celui des dictatures.
    La justice est un des fondements de la démocratie, elle ne doit pas être un instrument politique d’un juge.

  7. Si l’on part du principe que le militant agit pour sauvegarder sa santé et sa vie, ainsi que celles de ses proches, votre analyse juridique serait floue et erronée sur de nombreux points. Ce qui ne veut nullement dire que vos conclusions le soient.

    Je me demande s’il est raisonnable de penser que de tels modes d’action sont adéquats à atteindre le but qu’il vise. Surtout le moyen genevois. Peut-être, n’est-il pas arbitraire de penser que le moyen vaudois était, Federer aidant, adéquat ? Et puis le moyen vaudois me semble plus proportionné. Quoiqu’il en soit peut-être que les militants ont pensé que ce moyen était adéquat et ont été victimes d’une représentation des faits qui étaient erronée, ce qui doit leur bénéficier.

    Erreur sur les faits, erreur de droit, porte de sortie pour le Tribunal fédéral ? Ou alors réponse exprès à trois juges ?

    N’oublions pas que de nos jours les pays de common law, surtout le Royaume-uni, sont infestés de statute law, le juge perdant de son importance face au parlement, alors qu’en Suisse, cela a commencé environ il y a 35 ans, le législateur a perdu de son importance face au juge. Il n’est que le législateur et l’homme naïf de la rue qui puissent penser le contraire. Le Tribunal fédéral se permet de penser que le texte de loi n’est que le support de la norme et que le texte, même clair, n’empêche pas que l’on s’en écarte afin de façonner une solution juste. En ce sens, je ne peux que rejoindre les constatations du professeur Pichonnaz.

  8. Le plus frappant dans ce genre de décisions aberrantes, c’est le manque de sérieux. On peut pardonner à des adolescents à peine pubères d’être immatures, un peu exaltés, et de se laisser entraîner à des actions idiotes comme de s’en prendre à une banque parce qu’ils se croient en état de nécessité. Mais quand des professeurs d’université ou des magistrats font ce genre de raisonnements absurdes, là on est en droit de s’inquiéter d’une sérieuse dégradation de l’esprit public.

    J’ai bien connu au temps de mes études, et au service militaire, ce juge cantonal dont Mme Sandoz par délicatesse ne mentionne pas le nom, et qui s’est laissé aller à un jugement incompréhensible. C’était un garçon très sympa et que je croyais assez posé. Mais je constate qu’on peut être capitaine à l’armée (ou un grade plus élevé), docteur en droit, juge cantonal, et être capable de dire vraiment n’importe quoi dans un jugement de tribunal.

    C’est assez inquiétant. Ca donne l’impression que tout ce qui est officiel n’est qu’une mascarade. Tiens, ça tombe bien, une mascarade. L’état nous impose une mascarade dans tous les gestes de la vie, et en même temps il nous dévoile par toutes sortes de signes, comme des jugements prononcés par des magistrats en grandes robes noires, qui sont en principe “revêtus de l’impérium” quand ils prononcent un jugement, comme on dit, ou du moins comme on disait, que nous ne vivons plus dans un monde réel, ni dans la vraie vie, mais bien dans une mascarade.

    C’est une époque étrange vraiment. Plus rien n’est sérieux. C’est inquiétant, plutôt qu’autre chose.

    Il y a bien des annees j’ai eu un litige (commercial) qui me concernait, tranché par ce sympathique juge dont les initiales sont P. C. Son prononcé ne m’était ni favorable ni défavorable. Il ne m’avait pas favorisé au nom de notre amitié, ni défavorisé non plus. J’avais trouvé son jugement équitable. Je me rappelle très bien mon impression lors de cette audience. Je trouvais que mon ancien camarade avait vraiment une belle prestance. Il l’avait déjà comme jeune officier, mais là dans sa grande robe noire en satin avec ses rabats en lin blanc bien repassés, et son beau visage grave, un profil de médaille, il avait vraiment de l’allure. On aurait souhaité qu’un peintre immortalise cette belle silhouette de magistrat. Comment un type comme lui, blanchi sous le harnais en plus, car nous ne sommes plus jeunes, hélas, ni lui, ni moi, peut-il se laisser aller à des sottises pareilles ?

    Ca me laisse songeur. Je le lui dirais volontiers, et très amicalement, si je le croisais un de ces jours. D’autant plus que je lui conserve toute mon amitié.

    1. Si vous vous connaissiez du temps de l’armée, il aurait dû se désister comme juge dans votre cas. C’est grave, j’espère que votre partie adverse prendra acte de vos déclarations et fera le nécessaire !

      1. @JUHAN

        Ca date d’il y a vingt ans. Je ne sais pas si un juge doit se récuser s’il a été à l’école d’officier avec le directeur d’une entreprise impliquée dans un petit contentieux avec une autre entreprise, et qu’il a à connaître de ce litige, alors que ce juge n’a aucun intérêt dans cette entreprise, et n’est pas un proche de l’une ni de l’autre partie. Je ne pense pas. De toute façon, il ne m’a pas favorisé.

        Je pense que cela arrive tous les jours que l’on soit jugé par quelqu’un que l’on connaît un petit peu et même que l’on tutoie. Je crois que les cas de récusation sont précis et il faut plus que ça. Il faut un lien de parenté ou un conflit d’intérêt. Mais je ne connais pas exactement la règle.

  9. Je vous conseille de lire les chapitres 26, 27, 32 et 41 de la partie 3 de ce cours : ps://jancovici.com/publications-et-co/cours-mines-paristech-2019/cours-mines-paris-tech-juin-2019/
    Mais surtout la partie 4 (à partie du chapitre 12).
    Votre raisonnement juridique est invalidé par la physique… Le CO2 fossile émis aujourd’hui passera 100 ans dans l’atmosphère, à réchauffer le climat. Et les +4 degrés qui s’annoncent seront un cataclysme en agriculture et en vivabilité de territoires entiers, et donc en géopolitique y compris pour la Suisse.
    Un système juridique est un consensus social (négociable) ; la réalité physique ne l’est pas. Il y a urgence à modifier votre argumentation juridique pour donner raison à ce tribunal local, car les placements financiers des banques chatouillées par les militants sont une cause majeure des émissions de CO2 présentes et futures.

    1. Laurent,
      Je vois deux erreurs dans votre raisonnement. Premièrement, la physique et le droit sont deux univers différents, la physique ne peut donc pas invalider un raisonnement juridique, au mieux peut-elle qualifier des circonstances et donc nous dire si l’objet du raisonnement correspond bien aux circonstances réelles.

      En second lieu, la physique nous dit très peu de choses sur l’évolution future du climat. Nous savons que le CO2 est un gaz qui participe à l’effet de serre, nous savons que son taux augmente et que cette augmentation a probablement une origine anthropique. Cela ne va pas beaucoup plus loin et les prédictions dont on nous abreuve ne sont plus du domaine de la physique. Il y a bien des relations physiques démontrées qui font dépendre le taux de CO2 de la température, il n’y en a pas d’établies scientifiquement dans l’autre sens. Cela ne signifie pas qu’ajouter du CO2 dans l’atmosphère ne produit pas de réchauffement mais juste qu’il n’y a aucun moyen de le quantifier à partir des lois de la physique. Les valeurs annoncées reposent entièrement sur une astuce de modélisation arbitraire.

      1. Oui, il faut derechef supprimer tout examen psychiatrique, à tout suspect coupable, car comme la justice ou la physique, ce ne sont pas des “sciences exactes”.

        Et rétablir au plus vite la guillotine (qui ne consomme pas d’énergie atomique, sauf celle à bras hahahahah).

        Car c’est seulement une dictature gnan-oui du politiquement correct 🙂
        Non, mais on croit rêver sur ce blog, mais non!

  10. A partager, cette considération “philosophique”, réflexive et inspirante:

    « Au-dessus de la règle posée par les autorités légitimes, il y a les devoirs sacrés de la conscience: ils sont la boussole qui nous permet de juger la loi; ils justifient une résistance à l’injustice du droit.»

    Prof. Rémy Libchacher (p://w.lepoint.fr/editos-du-point/-21-07-2020-2385034_32.php)

  11. L’Etat de nécessité a été mal-utilisé la première fois dans l’histoire récente en France, suite à la dégradation de la photo du Président Macron. Les juges romands le font par imitation, et passent “la patate chaude” à l’instance d’après par des jugements totalement fantaisistes. Ils devraient être eux-mêmes exposés à s’expliquer devant d’autres juges et susceptibles d’être congédiés. “S’ils jouent” avec l’application du droit en flagrant délit comme ici, comment pourrions-nous être surs qu’ils ne le font pas dans des cas plus complexes.

    1. Au lieu de jeter le doute, expliquez-nous, c’est vous qui semble avoir lu à l’envers.

      D’après Radio-Lac:
      quote

      A Genève, l’activiste du collectif Breakfree Suisse, condamné pour dommages à la propriété sur un bâtiment de Credit Suisse (CS) en 2018, a été acquitté en appel mercredi. La Chambre pénale d’appel et de révision a reconnu l’état de nécessité.

    2. @CEDH

      ll est bien évident que les gens qui discutent de ces choses sur internet n’ont pas lu le jugement , ni l’arrêt. Seuls des professionels, ou des personnes à la retraite comme vous peut-être, qui ont le temps pour faire des recherches fastidieuses, ont le luxe de rechercher et trouver ces textes. Je ne sais même pas comment il faudrait faire et pourtant j’ai fait des études de droit. De mon temps il y avait les recueils d’ATF et le Journal des Tribunaux, si je me rappelle bien, mais sauf erreur un jugement n’était publié dans le Journal des Tribunaux que longtemps après avoir été rendu. Aujourd’hui, il y a probablement une source sur internet, mais payante. Croyez-vous vraiment que nous allons nous abonner à ce genre de publications payantes pour être informés de tous les jugements et tous les arrêts ? Vous en demandez trop. Ici nous débattons entre amateurs de questions d’actualité dont on parle dans les conversations. Ce que nous savons c’est qu’il y a des juges qui se sont permis de juger des dommage à la propriété avec une jurisprudence créative qui consiste à ne pas appliquer la loi. C’est de cela que l’on débat, c’est tout. Maintenant si vous, vous avez le temps à perdre pour ce genre de recherches, vous pouvez bien nous informer de ce que vous avez découvert . Mais je trouve votre remarque déplacée. Ici c’est internet. Ce n’est pas le Tribunal Fédéral. De même je vous ai déjà lu sur d’autres blogs reprocher à des gens qui protestaient contre telle ou telle décision d’un gouvernement cantonal, de ne pas avoir fait recours en temps et en heure contre ces décisions. C’est ridicule. Ici ce sont des amateurs qui débattent, c’est la place du village. Ce ne sont pas des professionels de la politique ni des tribunaux.

      1. “De mon temps il y avait les recueils d’ATF et le Journal des Tribunaux, si je me rappelle bien, mais sauf erreur un jugement n’était publié dans le Journal des Tribunaux que longtemps après avoir été rendu. Aujourd’hui, il y a probablement une source sur internet, mais payante.”

        Non pas du tout. Accessible à tout un chacun et gratuitement.

  12. “La lutte contre le réchauffement climatique par la diminution des émanations de CO2 doit assurer la protection de la planète ou de la santé ou de l’avenir de quelques personnes ou de l’humanité et cette lutte peut paraître plus importante que la protection immédiate du domicile ou de la propriété privée d’autrui. Question socio-politico-philosophique à laquelle la réponse politico-philosophique peut être : «la fin justifie les moyens ». Ce n’est pas un principe juridique.”

    Non pas du tout.La mise en balance du droit à la vie et celle du droit à la propriété est une question juridique qui doit être tranchée par le juge. Le conducteur, qui pour ne pas se faire heurter de plein front par un chauffard doit faire un écart et heurter une voiture correctement stationnée peut valablement invoquer l’état de nécessité pour ne pas être condamné à raison de son infraction. Lorsqu’on se penche sur notre constitution, force est de constater qu’elle accorde plus d’importance au droit à la vie qu’au droit à la propriété. Le code pénal aussi d’ailleurs, qui réprime plus fortement le meurtre que le vol et qui réprime l’homicide par négligence et non le vol par négligence.

    1. Comme l’article de loi en question parle de danger imminent impossible à détourner autrement, votre argumentation paraît pour le moins cocasse au vu des actes reprochés aux militants.

      Si vous pensez qu’un juge est fondé à apprécier la situation de cette manière, il peut tout aussi bien gouverner le pays en autocrate, il lui suffit de tordre avec une légèreté comparable n’importe quel article de loi.

      A la vérité, on est en plein délire. Ce même sans rappeler qu’il n’existe pas la moindre preuve d’un impact mesurable du taux de CO2 sur les températures de surface. Toutes les tentatives de démonstrations achoppent sur des incohérences.

      1. Denys,

        Rien de cocasse.

        L’imminence est admise non pas seulement lorsque l’atteinte à la vie humaine est sur le point de survenir mais dès qu’est atteint le dernier moment permettant d’obvier l’atteinte à la vie humaine. De nombreux scientifiques pensent que le dernier moment c’est maintenant ! Vous le niez. La Cour n’est pas de votre opinion. Cela étant, quand bien même ils se tromperaient, l’accusé genevois, employé en maraîchage, ne pouvait pas plus s’en rendre compte que la Cour et aurait dû être mis au bénéfice de l’erreur sur les faits.

        Le moyen peut ne pas paraître pas adéquat. Pourtant la place financière suisse et le CS participent à la production de CO2 en un finançant la production et l’activité militante a amené le CS à se poser des questions. Etait-ce suffisant pour considérer le comportement comme adéquat ? Peut être pas, mais c’est que que pensait cette honnête travailleur. Il devait être mis au bénéfice de l’erreur sur les faits et cela a, à titre subsidiaire, été le cas.

        1. CEDH,

          A propos de l’imminence, la possibilité d’un réchauffement climatique anthropique néfaste est évoquée depuis les années 1970. Le GIEC est créé en 1988, son évaluation du réchauffement probable et de ses conséquences n’a pratiquement pas changé depuis son premier rapport publié en 1990. D’autre part, l’impact du CO2 est supposé être logarithmique. Conclusion : le caractère imminent du danger (pas le danger allégué) n’a cessé de décroître depuis 30 ans.

          Mais le plus important, vous oubliez que ce danger imminent doit être impossible à détourner autrement. L’interprétation du juge, elle, n’est pas cocasse, elle est grotesque.

          “De nombreux scientifiques pensent que le dernier moment c’est maintenant !”
          Ce n’est que l’opinion d’un petit nombre de personnes, dont certains scientifiques, une simple opinion et en aucun cas les conclusions solides de quelque étude publiée.

          “Vous le niez.”
          On ne nie pas une opinion.

          Par contre, je partage largement ce que vous exprimez dans la reste de votre message.

          J’ajoute que ces militants ont été induits en erreur par des personnes qui, elles, devraient être jugées sévèrement pour avoir sciemment exagéré une menace seulement supposée et même pas démontrée.

          1. “Mais le plus important, vous oubliez que ce danger imminent doit être impossible à détourner autrement. L’interprétation du juge, elle, n’est pas cocasse, elle est grotesque.”

            Admettons que le militant employé en maraîchage ait été induit en erreur et que c’est à tort qu’il pense qu’il est minuit moins 5 pour sauver des vies dont la sienne, celles de ses descendants et de ses proches. Il a conçu, à tort, qu’il pouvait et devait agir. Cette erreur doit lui profiter (13 CP).

            Le moyen était-il adéquat ? Pas si peu que vous ne le pensez. Il nous a apprit que la place financière suisse était à la production de CO2 ce que des richissimes financiers suisses d’alors étaient à l’esclavage. Des pression s’exercent au niveau du CS car certains craignent pour la réputation du CS. Et le risque de réputation est un risque sérieux pour une banque. Mais bon, admettant qu’il ait été dans le bon sens mais un peu poussivement, il a de toute les façons été mis au bénéfice de l’erreur sur les faits (13 CP), question de fait que le TF ne réexamine pas (ou peu).

            Vous semblez dire que cet homme aurait pu faire usage d’un autre moyen. Mais duquel ? Le parlement n’agit pas suffisament pour atteindre le but qu’il estime (à tort ou à raison) devoir être atteint pour sauver la vie. Une initiative ? Un maraîcher peut-il un lancer une ? Et cela prend des années. Trop tard à ces yeux. Et elle peut être rejetée. Vous me direz sans doute que c’est la démocratie. Mais la majorité a-t’elle le droit de tuer ? En tout cas pas tant que le droit à la vie garantie par la Constitution fédérale n’a pas été abrogée et que la CEDH n’a pas été dénoncée.

            De toute les manières, je pense que ce militant, ouvrier maraîcher et non casseur professionnel, a agi honorablement au point que cette circonstance atténuante devrait lui bénéficier.

          2. CEDH,
            Votre raisonnement me plonge dans un abîme de perplexité. Il ne s’agit pas de juger de l’aspect moral du comportement des militants ni de savoir s’ils ont été induits ou non en erreur, la question est, est-il acceptable de la part d’un juge d’invoquer l’état de nécessité et donc d’évaluer les actes en question comme susceptibles d’écarter un danger imminent impossible à détourner autrement.

            Pour répondre affirmativement, vous êtes contraint à :
            – juger le travail de l’exécutif et du législatif élu comme étant mauvais et coupable,
            – désavouer le souverain qui s’est prononcé sur ces questions.

            Ce n’est pas le rôle de la justice !!! Ou alors, déclarons tout de suite le renversement de la démocratie par les juges,
            supprimons les chambres fédérales et abandonnons le vote populaire. Que les choses soient claires et vivons heureux, déchargés et irresponsables sous la double coupe des robes noires et des blouses blanches.

          3. Art. 13 2. Intention et négligence / Erreur sur les faits

            Erreur sur les faits

            1 Quiconque agit sous l’influence d’une appréciation erronée des faits est jugé d’après cette appréciation si elle lui est favorable.

  13. Vous ai vu sur le plateau d’infrarouge, chère Madame Suzette Sandoz.

    Pourriez-vous nous confirmer, ici même, qu’en cas d’attaque de covid, et bien sûr d’hôpitaux débordés, vous laissez votre place à un jeune?

    Oui, car c’est gentil de raconter toujours des conneries politiques, mais les assumer?

        1. Je pense que le critère n’est pas l’âge mais la probabilité se s’en sortir en se fondant sur le critère composite utilisé par les intensivistes, qui fonctionne dans le covid comme avec les autres cas.

          1. En Suisse on va jamais en arriver là. Tout le monde sera soigné coûte que coûte. Les autorités font leur devoir en prétendant que nous saturons les hôpitaux, pour freiner les sorties inutiles de la population et la contagion. En France dès qu’il arrête de pleuvoir 3 semaines au printemps ils interdisent de laver les voitures.

          2. @ Juhan

            Foin de pensée magique. Regardez donc en face la situation. Le valais déborde de patients covid-19, ferme des salles d’op, exporte un peu dans le haut et maintenant hors du VS. Mais où vu qu’ailleurs cela se remplit a toute berzingue ? On doit en être à plus de 70 % du remplissage maximun atteint ce printemps.

            Pour Genève voilà les chiffres à peu près à jour.

            w.hug.ch/coronavirus-maladie-covid-19/situation-aux-hug

            Désolé je n’ai pas les chiffres vaudois postérieurs à vendredi.

          1. Vous remercie d’être un lecteur assidu de mes commentaires.

            Après, si vous n’avez pas eu le courage (ou la possibilité) d’émigrer en Uruguay, au Mali ou à Knot le Zout, ça reste votre problème, dear Dominic 🙂

  14. J’aimerais, même si je suis légèrement hors sujet, prendre le risque de me répéter pour bien insister sur un point. La question posée à l’amont du raisonnement juridique est celle du lien entre le taux de CO2 et la température de surface. C’est ce lien prétendument connu et quantifié grâce à la modélisation numérique du climat qui constituerait le danger imminent justifiant l’état de nécessité.

    Or, les scientifiques responsables de ces modélisations n’ont jamais prétendu, au moins de leur cadre professionnel, être capables de quantifier l’effet du CO2 par un calcul thermodynamique de l’effet de serre. Cela est en général clairement expliqué dans tous les papiers spécialisés traitant du sujet et dans les bonnes vulgarisations.

    L’astuce permettant de contourner la thermodynamique n’est pas toujours décrite de la même manière mais c’est bien toujours la même astuce qui est utilisée. Pour faire court, elle consiste à poser que le gradient thermique de la troposphère est indépendant des échanges radiatifs.

    Cette indépendance n’existe évidemment pas, pire, ce sont fondamentalement les échanges radiatifs qui créent et entretiennent le gradient thermique; tout physicien le sait ou devrait le savoir. Utiliser une hypothèse que l’on sait être fausse à ce point n’est certainement pas admissible et tout résultat dépendant d’une telle erreur grossière doit être tenu a priori pour fantaisiste.

    Chose assez curieuse mais finalement compréhensible, je n’ai vu nulle part un climatologue sentir le besoin de justifier une pareille transgression des connaissances scientifiques.

    Dernier point assez amusant, nos climatologues ont inventé une physique parallèle à partir de leur astuce de calcul. La notion de forçage radiatif, une hérésie thermodynamique, en est le phare très excentrique.

    Et en conclusion : le danger imminent semble plutôt être celui d’un naufrage scientifique, c’est un état d’urgence qui devrait être décrété pour relever nos universités, hautes écoles et agences fédérales impliquées dans cette invraisemblable farce politico-idéologique.

    1. Si c’est une hérésie thermodynamique, c’est que l’un des trois principes de la thermodynamique doit être violé. Donc selon vous, quel principe thermodynamique est violé par le forçage radiatif ?

      1. Oh, c’est bien simple. Par sa définition, un forçage radiatif a, sur le système climatique, un effet indépendant de sa cause. C’est une conséquence de l’astuce que j’ai rappelée; elle ne laisse au système qu’un seul et unique moyen de retrouver l’équilibre après une altération de sa structure ou des flux thermiques. Autrement dit, la modification d’entropie est ignorée et c’est le second principe qui est nié. Clin d’oeil à votre commentaire ahurissant plus haut sur ce fil : les climatologues sont des négationnistes de la thermodynamique.

        L’époque semble décidément marcher sur la tête dans tous les domaines.

    2. Je crains que vos explications ne soient malheureusement un peu brouillonnes. Bien souvent, vous n’explicitez tout simplement pas ce dont vous parlez, ce qui rend votre discours impossible à suivre. Quelques exemples:
      * “le gradient thermique de la troposphère est indépendant des échanges radiatifs”: les échanges radiatifs entre quoi et quoi ?
      * Vous dites qu’il n’existe pas d’indépendance entre le gradient thermique et les échanges radiatifs. Est-ce vrai en toute généralité ou aviez vous un contexte particulier en tête ?
      * “un forçage radiatif a, sur le système climatique, un effet indépendant de sa cause”: quel effet, quelle cause !?
      * “elle ne laisse au système qu’un seul et unique moyen de retrouver l’équilibre après une altération de sa structure”: quel moyen ? Ça devrait aller vite s’il est seul est unique …

      Si vous avez effectivement bien compris l’erreur — absolument évidente selon vous — que commettraient la grande majorité des climatologues, vous devriez réussir à facilement la faire comprendre au grand public, non ? Symétriquement, si vous n’y parvenez pas, c’est peut-être parce qu’il n’y a simplement rien à faire comprendre (autrement dit que vous racontez tout bonnement n’importe quoi).

      De manière générale, j’invite chacun à se déculpabiliser : quand vous ne comprenez pas un discours tenu dans la presse ou dans une intervention comme celle-ci, ça n’est pas nécessairement vous-même qu’il faut remettre en question. C’est peut-être simplement que l’auteur n’est pas clair, soit parce qu’il est mauvais pédagogue, soit parce qu’il ne maitrise pas le sujet. Le deuxième cas représentant potentiellement une imposture.

      1. Je passe sur vos insinuations et allons-y par petits pas bien explicites. Commençons par ces quatre points :

        1. Y a-t-il ou non calcul thermodynamique de l’effet de serre ?
        2. Utilise-t-on ou non une astuce pour contourner le calcul thermodynamique ?
        3. L’astuce consiste-t-elle ou non à admettre que le gradient thermique est indépendant des échanges radiatifs ?
        4. Le gradient thermique est-il ou non une conséquence de deux phénomènes radiatifs soit l’absorption d’énergie solaire par la surface et le refroidissement de l’atmosphère par les GES ?

        Et, s’il vous plaît, gardez pour vous les petites morales ….

        1. C’est vous qui prétendez détenir la réponse à ces questions, pas moi. C’est donc à vous d’y répondre, pas à moi. Et si vous voulez avoir une chance de convaincre celles et ceux qui vous lisent ici, vous devez être capable de fournir des explications claires, exhaustives, cohérentes, neutres, et sourcées. (Autrement dit, de fournir un travail de qualité scientifique.)

          Si vous n’en êtes pas capables, ça indique que vous n’avez très vraisemblablement pas l’autorité nécessaire pour trancher sur la question de fond, qui était de savoir si les connaissances scientifiques actuelles permettent d’aboutir à une estimation raisonnable des dérives climatiques auxquelles nous devrons faire face. (On pensait en particulier à la dérive des températures.)

          Concentrons-nous sur la question 4, puisque de la réponse à celle-ci dépend la possibilité de pouvoir répondre aux trois premières. Qu’entendez-vous par “refroidissement de l’atmosphère par les GES” ? Je n’ai jamais rien entendu de tel … Ceci dit, non, le gradient thermique de la troposphère ne dépend pas que de phénomènes radiatifs. Vous devez prendre en compte la convection des masses d’air.

          Vous noterez également que ce vous appelez “astuce” est certainement une simple “approximation”. C’est très courant d’en faire en science et en ingénieure. Le fait qu’il existe des approximations dans un modèle n’implique pas automatiquement que les résultats qu’il produit sont faux.

          1. Je ne peux m’empêcher une remarque préliminaire, la discussion serait plus agréable si vous évitiez de constamment faire part de vos préjugés.

            Je vous invite à relire mon message que vous qualifiez de brouillon. Un juge suppose une catastrophe climatique imminente, comme le fait d’ailleurs une part relativement importante de la population, il accorde crédit à un prétendu consensus scientifique affirmant que l’effet de serre est un phénomène parfaitement compris, quantifiable et quantifié. Sur la base de la physique établie et sur celle des publications spécialisées, je rappelle qu’il n’existe rien de tel. Nous ne sommes pas sur un blog scientifique et par souci de concision je n’ai donné aucune source, je peux bien entendu le faire sur demande.

            Vous appartient-il de répondre à ces questions ? Oui si vous entendez défendre le prétendu consensus, qui plus est, si, comme l’avez fait plus haut, vous envisagez (!!!) une loi condamnant les critiques des consensus exprimés par des scientifiques.

            Pour les points 1 à 3, je vous propose de commencer par ce paragraphe délicieux provenant du blog Science of Doom :
            “As Ramanathan and Coakley pointed out in their 1978 paper, convection is what determines the temperature gradient of the atmosphere but solving the equations for convection is a significant problem – so the radiative convective approach is to use the known temperature profile in the lower atmosphere to solve the radiative transfer equations.”
            Vous pouvez ensuite vous référer directement au papier en question qui est un incontournable. J’ai emprunté l’expression du point 3 à Jean-Louis Dufresne et Jacques Treiner dans leur document l’effet de serre atmosphérique plus subtil qu’on ne le croit : “Le point essentiel est [que le gradient thermique] est indépendant des échanges radiatifs.”

            Passons au point 4. Je vous cite “Qu’entendez-vous par “refroidissement de l’atmosphère par les GES” ? Je n’ai jamais rien entendu de tel …”
            Votre ignorance me laisse pantois. Peut-être qu’une petite réflexion physique vous aidera. Demandez-vous, par exemple, ce que devient la chaleur que la surface envoie dans l’atmosphère.

            Vous poursuivez : “Ceci dit, non, le gradient thermique de la troposphère ne dépend pas que de phénomènes radiatifs.”
            L’ai-je prétendu ???

            Et encore : “Vous noterez également que ce vous appelez “astuce” est certainement une simple “approximation”.”

            Là, je m’effondre. Vous appelez approximation une astuce qui évacue la thermodynamique d’un problème de nature thermodynamique ???

            Bon, je constate que vous n’avez pas la moindre idée de ce que contient la théorie de l’effet de serre et que vos connaissance en physique de l’atmosphère sont pratiquement inexistantes. Ce n’est pas un problème et je ne vous en ferais pas reproche si vous montriez un peu plus d’humilité. Je vous invite à réfléchir sérieusement au sens de vos interventions dans ce domaine.

          2. Petit remarque préliminaire : je n’envisage personnellement aucune loi, et surtout pas une qui reviendrait à faire condamner la “critique” d’un point ou l’autre de méthode scientifique. Mon intervention ci-dessus visait essentiellement à faire remarquer qu’une loi condamnant le déni systématique (et non pas juste la critique ponctuelle) du travail fourni sur des décennies par des milliers scientifiques d’horizons et provenances aussi divers que variés serait l’équivalent, pour la science, de ce que la loi anti-négationisme est à l’Histoire. Rien d’autre.

            Comprenez bien que l’état de mes connaissances importe peu, dans la mesure où je vous demandais — à VOUS — de justifier ce que VOUS présentez comme une vérité absolue. Vous avez cependant raison sur un point : il ne m’appartient pas de répondre à la question de savoir si l’état actuel des connaissances scientifiques permet de comprendre et prédire précisément les dérives climatiques dues aux GES. Vous noterez qu’il ne vous appartient pas NON PLUS de répondre à cette question. Pourtant, c’est ce que vous prétendez faire en affirmant que que l’effet de serre ne serait pas réellement compris et quantifié.

            Pour soutenir votre propos, les deux premiers travaux que vous mettez en avant sont:
            1. Dufresne et Treiner, un papier de vulgarisation scientifique, dont la teneur est d’aider les profanes à comprendre certaines mécaniques de l’effet de serre. C’est un très bon travail, mais ils ne prétendent pas en faire un modèle destiné aux scientifiques eux-mêmes. Lisez, c’est dans leur conclusion ! Aviez-vous au moins compris ça ?
            2. Ce qui nous laisse donc avec: Ramanathan et Coakley, un papier vieux de 40-45 ans, présentant un seul et unique modèle climatique. En comparaison, pour rédiger son rapport sur la science du climat (The Physical Science Basis, AR5 2013), le GIEC se basent sur plus de 50 modèles. Avez-vous au moins ouvert le chapitre 9 de ce rapport ? Comprenez bien que le fait qu’un point de thermodynamique ne soit pas traité correctement dans un modèle donné ne rend pas caduques toutes les prévisions de la science du climat. Si réellement vous pensez que la climatologie va faire naufrage, alors reprenez un par un la plupart des 50 modèles dans les rapports du GIEC et démontrez en quoi ils sont erronés. Bonne chance !

          3. Je n’allonge pas sur votre parallèle entre le négationnisme et la critique des consensus scientifiques tant c’est absurde. La science s’est constamment construite contre les consensus, cela reviendrait tout simplement à interdire la science.

            Je n’ai pas de théorie et n’ai donc pas à démontrer quoi que ce soit. Il revient aux tenants d’une théorie de la justifier et de répondre aux critiques. Je ne présente rien comme vérité absolue, je fais juste remarquer que la théorie utilisée par la modélisation ne respecte pas l’acquis scientifique. Pour ce faire, je renvoie à l’un des papiers fondateurs les plus connus et les plus cités sinon le plus connu et le plus cité. Qu’il ait plus de quarante ans n’a aucune importance car la théorie n’a pas été modifiée depuis et est utilisée par tous les modèles climatiques qui ne sont d’ailleurs pas des modèles de l’effet serre mais des modèles de circulation. Pour Dufresne, je ne fais qu’emprunter leur description de l’astuce parce que c’est la plus synthétique que je connaisse.

            Et encore une fois, le problème n’est pas qu’un point de la thermodynamique ne serait pas traité correctement mais que la thermodynamique est évacuée en bloc du calcul de l’effet de serre.

            Dans la mesure où vous entendez défendre le consensus, oui, bien sûr que l’état de vos connaissances importe. Vous cherchez à défendre une théorie dont vous ne connaissez pas le contenu. Cela n’a pas de sens et vos tentatives de noyer le poisson avec des considérations vaseuses sont vaines.

            Une dernière chose, je ne crains pas que la climatologie fasse naufrage, elle n’est plus une science et gît au fond de l’océan depuis une quarantaine d’années. Non, ce que je crains, c’est que la confiance du public dans des institutions honorables soit ruinée car elles se sont lourdement compromises dans cette arnaque.

          4. Le but de la science est d’accumuler des connaissances en un ensemble exhaustif et cohérent. Il s’agit de documenter de manière exhaustive des faits (i.e. des éléments observables) et de les lier au travers d’un narratif cohérent (i.e. une théorie). Je pense que vous comprenez bien que “consensus scientifique” ne signifie pas que les scientifiques se mettent sciemment d’accord sur une interprétation à donner aux faits. Ça signifie qu’une théorie a atteint sa maturité, c’est-à-dire qu’elle permet de comprendre aisément toutes les observations déjà accumulées et — chose importante — toutes nouvelles observations. En ce sens, la dérive climatique est l’un des faits les mieux documentés de l’histoire et les théories sous-jacentes sont entièrement validées par les observations existantes. Vous n’avez pas aborder ce point.

            D’autre part, avez-vous fait partie du milieu scientifique ? C’est un milieu très concurrentiel. La gloire est assurée au premier scientifique capable de produire de manière fiable des faits disruptifs d’avec la théorie en vigueur (e.g. Michelson avec son interféromètre). Et dans la foulée, la gloire est également assurée au premier scientifique capable de faire évoluer la théorie existante de manière à ce qu’elle explique ces nouveaux faits (e.g. Einstein et la relativité restreinte). En ce sens, si les modèles climatiques sont effectivement bancals au point que le premier venu soit capable de s’en rendre compte, alors pourquoi est-ce qu’aucun des milliers de scientifiques de tous bords confondus qui y travaillent quotidiennement n’a proposé d’alternative viable ? La réponse est simple : parce que les modèles climatiques actuels ne sont pas mise en échec par les faits.

            Le seul naufrage à craindre est celui de notre société dans son ensemble, incapable d’anticiper les crises et de s’y préparer. La crise actuelle du corona-virus en est une très belle démonstration. (Et il y a fort à parier qu’une crise de l’approvisionnement énergétique au cours de la décennie à venir en sera une autre très belle démonstration.) Il y a aussi fort à craindre que les tensions montent continuellement entre ceux qui voudraient voir la société s’armer contre les crises à venir et ceux qui refusent d’en entendre parler, donc que les actes de grève, de blocage, de sabotage, et certainement de terrorisme se multiplient dans les années à venir. On verra aussi certainement tôt ou tard des actes de vengeance à l’encontre des menteurs et imposteurs qui clament aujourd’hui haut et fort que la science est échec, que les dérives climatiques ne sont pas une réalité, et qu’on n’a rien à en craindre, dès lors que des problèmes biens tangibles (incendies de forêt, pertes de récoltes, etc.) commenceront à apparaitre et que ceux qui aujourd’hui seraient tentés de croire ces mêmes menteurs et imposteurs comprendront qu’ils ont été dupés.

          5. J’ignore où vous allez chercher vos informations sur l’état de la climatologie mais il est évident que ce n’est pas dans les publications scientifiques. La description que vous en faites est à l’exact opposé de la réalité. La climatologie n’est parvenue à aucune explication concluante; dans tous les domaines, elle aboutit à des incohérences. La climatologie moderne n’est qu’énigmes :

            – océanographie, énigme de Munk, l’élévation du niveau des océans au XXème siècle est inexplicable,
            – glaciologie, énigme des anomalies de fonte sur la même période,
            – physique de l’atmosphère, évolution du profil thermique incomprise (hot spot),
            – nivologie, évolution de l’enneigement incompris,
            – paléoclimatologie, incohérences diverses et divergences systématiques au XXème siècle,
            – mesure des températures, énigme des biais systématiques dans les séries de données brutes,
            – etc.

            Si vous avez connaissance d’un quelconque succès de cette science, je suis preneur.

            L’échec est le mot qui convient le mieux à la climatologie et il n’y a bien évidemment aucun consensus scientifique dans ce domaine mais un pseudo-consensus construit par des moyens politiques peu ragoutants.

            Les modèles qui ne seraient pas mis en échec par les faits, laissez-moi rire.

            Pour terminer, je constate encore une fois (amusé et désabusé) que rappeler l’imposture de la climatologie n’expose qu’à des discours convenus et creux (pardon Mathieu). Pas un seul démenti construit à l’horizon. Où est donc passée la multitude des scientifiques du consensus ? N’y en a-t-il pas un seul pour pointer ici le bout de son nez ? A défaut de chercheur estampillé, pas un seul amateur éclairé qui aurait une piste sérieuse ? Y aurait-il un problème ?

          6. On doit distinguer deux choses :
            1. Le réchauffement climatique d’origine anthropique est un fait établi et compris. Cette question précise est close. La recherche dans ce domaine a atteint sa maturité (e.g. Cook et al. 2016). D’autre part, les scientifiques ont une très grande confiance dans la fiabilité des modèles à large échelle (i.e. continentale) et dans les projections que ceux-ci permettent de faire (IPCC AR5).
            2. Il existe des questions ouvertes dans les différents domaines que vous mentionnez. Je suppose que c’est à ces questions que vous faites référence en parlant “d’énigmes”, mais je ne peux pas en être sûr puisque vous ne citez pas de littérature. Ces questions concernent essentiellement des évènements loco-régionaux (e.g. la vitesse de fonte du glacier de Karakoram, Farinotti et al. 2020) qui présentent un comportement inattendu et demandent plus de recherche. (Au passage, l’énigme de Munk est résolue depuis quelques années déjà (Mitrovika et al. 2015). Ca a dû vous échapper.)

            Le fait que subsistent *régionalement* des questions ouvertes (point 2) ne remet pas en cause le fait que la dérive climatique soit *globalement* bien comprise (point 1).

          7. Non, Le réchauffement climatique d’origine anthropique n’est pas un fait établi. La physique ne permet pas de le quantifier et les observations, incohérentes, ne permettent aucune attribution. Ce qui est bien établi, c’est que le CO2 est un gaz à effet de serre et que son taux augmente; il est également vraisemblable que cela provoque un certain réchauffement. Les enquêtes d’opinion (ou de soumission ou de sésame) sont des bouffonneries qui n’ont rien à voir avec la science ou avec un vrai consensus scientifique.

            Les énigmes que j’ai mentionnées relèvent soit de phénomènes globaux soit de phénomènes locaux mais à extension globale. Pour ce qui est de l’énigme de la hausse trop élevés du niveau des océans, non, elle n’est pas résolue; ce n’est pas parce qu’un modèle lourdement paramétré peut reproduire le phénomène que l’énigme serait résolue.

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