Et si on supprimait le mariage civil?

Maintenant que la votation est passée, on peut, sans passion ni a priori, se poser la question de l’intérêt, pour la société comme pour les personnes, du maintien de l’institution du mariage civil. Ainsi que le disait la brochure rouge officielle des votations (p. 28), « L’Etat ne doit pas dicter aux gens de quelle manière organiser leur vie privée et familiale ». Or il est clair que, pour beaucoup de couples, le mariage est une « dictature étatique de la vie privée et familiale », raison pour laquelle ils ne se marient pas.

 Quel intérêt la société a-t-elle eu, pendant des siècles, à organiser le mariage comme institution ?

Cet intérêt était triple : le mariage assurait une sécurité dans la transmission du patrimoine, à l’origine largement terrien ou immobilier, voire entrepreneurial familial, donc constitutif de l’essence même de la société nationale dont il assurait la richesse.

Par la filiation paternelle présumée (la mère, elle, est telle par l’accouchement), le mariage garantissait de la prise en charge des enfants par les parents – et non par la société – puis, les années ayant passé, des parents par les enfants.

Le mariage, contrat légal présumé à vie, représentait aussi une assurance vie pour l’épouse qui n’avait pas de formation professionnelle et n’exerçait pas d’activité professionnelle, d’où les règles particulières sur l’AVS et les pensions à vie après divorce.

Les changements profonds de la société

Or on constate que la fortune est devenue souvent largement financière, donc volatile et sans attache territoriale, ce qui excite d’ailleurs la rapacité des Etats (cantons) qui aiment se servir au passage de la faucheuse.

En ce qui concerne les enfants, la société est de plus en plus mise à contribution pour leur prise en charge et le législateur, puis les tribunaux, s’efforcent de diviser la parentalité d’avec la conjugalité, autrement dit de séparer la responsabilité parentale des liens conjugaux. Et les progrès de la science permettent aujourd’hui d’établir facilement une paternité, outre que celle-ci peut être assurée légalement par une simple déclaration de reconnaissance par le père.

Le même constat de changement sociétal peut être appliqué aux « vieux parents », accueillis dans les EMS, à leurs frais – quand c’est possible – ou/et à ceux de l’AVS/AI.

Quant à la protection des « épouses », devenues indépendantes financièrement, ou généralement contraintes de le devenir en cas de divorce, les tribunaux rappellent constamment que le mariage n’a plus pour elles la fonction d’une assurance vie.

A quoi sert alors encore le mariage ?

A rien ou presque, en ce qui concerne la société. Par rapport aux couples ? Le mariage ne garantit nullement l’amour si l’on en croit le nombre des divorces et les ruptures sans mariage peuvent être aussi compliquées et douloureuses que les divorces.

Les couples non mariés ont actuellement déjà la possibilité de conclure en toute liberté toutes sortes de contrats de vie commune et de prendre toutes sortes de dispositions à cause de mort. Mais les couples doivent alors assumer leur stricte responsabilité car, en dehors du mariage, le droit suisse est extrêmement libéral. Il s’agit simplement de renoncer aux « règles automatiques » de protection institutionnelle, par exemple en matière de succession, d’entretien, de séjour ou de naturalisation. Sur ces deux derniers, la suppression du mariage civil mettrait fin aux « mariages de complaisance » qui empoisonnent la vie des officiers d’état civil en les transformant en détectives publics.

La société a changé ? Le droit devra peut-être s’y adapter. La question vaut d’être étudiée.

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

47 réponses à “Et si on supprimait le mariage civil?

      1. Les protagonistes pourraient vouloir conclure un contrat de société simple. Néanmoins se poserait immédiatement la question des limites posées par l’articles 27 CC, qui a pour effet de limiter les engagements contractuels possibles en deça de ceux découlant du mariage.

  1. Et si on supprimait les assurances sociales?

    A l’origine, c’était utile.
    Mais aujourd’hui, ces prestations ne financent que les fainéants et les médecins incompétents. Burn-out? covid long?, quelle blague !

    Je vote pour la suppression des assurances sociales. Il restera toujours l’aide sociale pour que vous pussiez, chers cassos, acheter vos playstation et un écran plat.

    1. Cher Monsieur,
      J’espère qu’à l’âge de la retraite vous assumerez cette opinion en adressant un courrier à votre caisse de compensation en déclarant que vous refuser votre rente AVS.
      Un parasite en moins, c’est déjà ça de gagné!

  2. Je partage votre point de vue sur le fait que le rôle des institutions civiles, dont le mariage, devrait être débattu au Parlement, adapté à l’évolution de la société et, le cas échéant, supprimé. Ce serait un intéressant débat constitutionnel qui révélerait certainement des motivations plus fondamentales que celles qui ont fleuri lors de la campagne sur le mariage pour tous.

  3. Et si on supprimait les mères et les pères?

    Denner est pour.

    ttps://www.denner.ch/fr/denner/campagne-publicitaire/pres-de-chez-toi/

  4. Après avoir voté le mariage pour tous, nous pourrions donc voter le mariage pour personne. Si cette deuxième votation avait lieu et passait, les Gays seraient-ils déçus ? Les hétérosexuels pourront encore se marier à l’église, mais eux resteront dehors sous la pluie… Je me souviens de la déclaration surprenante d’un ami prêtre à qui j’avais présenté deux livres qui à l’époque avaient fait un tabac : « Contre le mariage », et « Le fou est normal… » Je n’avais moi-même pas lu ces deux études du psychiatre Sylvio Fanti, sauf le titre mais qu’importe, le prêtre avait d’abord froncé les sourcils : « Mais… C’est absolument ridicule ! Est-ce qu’il faut comprendre qu’il serait normal de ne pas se marier pour ne pas devenir fou ?.. Ce psychiatre n’a rien compris, c’est l’amour qui fait le mariage, pas le fait d’aller à l’église, on peut même se marier dans une cabine téléphonique !.. »

    Il n’y a plus de cabines téléphoniques, les églises disparaissent les unes après les autres, l’état civil fermera peut-être ses portes… Il reste encore les bateaux où le capitaine a pouvoir de marier les couples qui s’aiment, même dans un canot de sauvetage.

  5. Du mariage pour tous au mariage pour personne ? Dans la mesure où ce mode d’établissement de la filliation serait amené à perdre toute utilité (l’évolution n’est pas terminée) il faudrait commençer à envisager de faire payer aux usagers de cette institution, institution au seuil des soins intensifs, les coûts qu’ils générent, notamment en législateur et tribunaux.

  6. Je vous suis tout-à-fait, Suzette! Si le mariage est conçu “pour tous”, il ne l’est plus pour personne en particulier. Ainsi que vous le rappelez aux gens qui ont perdu la mémoire (les Alzheimer sont excusés), le mariage est une institution qui a toute une histoire et qui comporte donc un certain nombre de présupposés. Ceux que vous rappelez constituent la base de ce que l’on est en droit d’exiger. L’on entend souvent dire que c’est l’amour qui justifie ces unions officielles. Mais qu’est-ce qui empêche les hommes et les femmes de s’aimer sans pour autant se marier? De plus, je n’ai jamais entendu dire que l’on puisse fonder une institution sur un sentiment, souvent aussi volatile hélas – que les fleurs de pissenlit en automne. Chaque institution a un but ou même plusieurs.. Sur un plan anthropologique, il a pour fonction de créer les noyaux de solidarité entre les pôles constitutifs de la nature humaine, de s’élargir en un réseau plus vaste, la famille, qu’il est préférable pour tous, et surtout pour les enfants, de bâtir par delà les frontières du couple nucléaire. Pour ce faire les mariages hétérosexuels sont incontournables. La reproduction des couples forgés sur le modèle de l’identique, de l’homogène et du semper idem ne peut engendrer la richesse des relations que l’on peut avoir avec des parents éloignés. L’on a plutôt à faire avec le modèle “homo”” à deux moules qui cherchent à fusionner à l’intérieur d’une même coquille. Avec l’anomie pour conséquence à court ou moyen terme.

  7. Bonjour

    je ne suis pas sûr de vous avoir bien compris: voulez-vous dire que vous considérez que les mariages entre Suisses et étrangers sont forcément des mariages de complaisance (pour avoir un permis de séjour)? Et qu’en supprimant le mariage on empêcherait donc un certain nombre d’étrangers de vivre en Suisse?

    1. On désigne par mariage de complaisance les mariages qui ne sont pas voulus comme tels par les parties – qui prévoient de se séparer dès que possible – mais qui ne sont que le prétexte à obtenir un avantage de droit public (par exemple droit de séjour). Or les officiers de l’état civil sont chargés, de par la loi, d’essayer de vérifier les intentions réelles des futurs époux et de refuser de les marier s’ils pensent qu’il s’agit d’un mariage de complaisance.

  8. Actuellement, en Suisse, le mariage ne profite qu’au fisc (imposition pénalisant les gens mariés) et aux avocats (nombre croissant de divorces). Alors en effet, cette institution a quelque chose de malsain.

    1. Il fait perdre des recette au fisc, par exemple en matière de droits successoraux, domaine dans lequel le mariage pour tous étend les possibilités d’optimisation fiscale,

  9. De facto, le mariage civil est supprimé par le vote du 29 septembre 2021, remplacé par une union civile qui n’a de mariage que le nom trompeur et usurpé, la fécondité naturelle du couple étant un élément essentiel de la réalité du mariage. En prétendant posséder le pouvoir de définir à sa guise le réel, la Suisse pourrait bien avoir parachuté l’arbitraire dans son droit à travers le faux “mariage pour tous”. Le prochain pas, tout aussi arbitraire, pourrait être la redéfinition de la personne, étendue à certains animaux et refusée à certains humains. Bon dimanche!

  10. Grand merci à vous, Madame Sandoz, pour avoir courageusement et pertinemment défendu le non au “mariage pour tous”, dans vos articles et dans vos interventions, notamment à la télévision (Infrarouge).

  11. Il y a beaucoup d’humour raffiné dans cette proposition. Les juristes savent depuis très longtemps que si le droit du mariage était enseigné au chapitre des contrats, il ferait rire tout le monde en raison de l’abîme qui sépare la réalité de la théorie et du taux d’échec abyssal de ce type de contrat. Seulement de ce dysfonctionnement, vivent beaucoup d’avocats, de notaires et d’experts-comptables… Les campagnes politiques en faveur du “mariage pour tous” a permis à des armées d’idéologues de s’exhiber et de ne rien laisser ignorer de leur nombrils et alentour. C’était inutile, sauf à leur donner une occasion de faire croire à leur utilité.
    Il eût suffi au début de ces campagnes vides de sens, de proposer à toutes les femmes et à tous les hommes, selon leurs croyances, leurs goûts et leurs moyens un contrat simple et peu coûteux. Simple à mettre en place et simple à défaire

  12. Dans le prolongement de votre très pertinente mise en perspective et votre questionnement, nous pourrions aussi nous demander s’il est encore admissible d’interdire aux églises de marier des personnes qui ne l’ont pas été préalablement civilement

  13. Ce mariage si vil… “Le mariage n’est qu’un viol par procuration. On ne sait ps ce qui est pire, la solitude d’avant ou celle d’après,” dit Fourier.

    Qu’on soit pour ou contre le mariage, qu’il soit pour tous ou pour personne (ce qui revient au même), n’en reste-t-il pas moins que c’est son institution qui assure à l’enfant son cadre de vie et son éducation? Une fois supprimé, comment et par quoi le remplacer? Par l’école, qui ne demande qu’à supprimer la famille pour justifier l’emploi des pions, par ailleurs inutiles – on le voit avec l’extension de la scolarité obligatoire depuis quatre ans et au-delà de seize ans, avec pour seul résultat la prolifération d’analphabètes? Déjà incapable d’instruire, l’école prétend maintenant éduquer.

    A cet égard, rien de nouveau. Dans sa Cité idéale (callipolis), Platon abolit non seulement le mariage mais la famille avec. Il soustrait l’enfant à celle-ci dès l’âge de quatre ans et le confie à l’Etat jusqu’à sa mort. Jacobins, nazis et fascistes l’ont bien compris, qui font de l’auteur de la “République” et des “Lois” leur modèle. Curieux comme certains semblent vouloir la dictature, non?

    1. Outre l’Italie fasciste, le régime de Franco en Espagne, ainsi que les dictatures de droite sudaméricaines (junte Argentine, Pinochet au Chili, Stroessner au Paraguay…) prônaient la famille traditionnelle (et chrétienne) comme pilier suprême de la société. Peut-être fascisme a une autre signification pour vous?

      1. Vous avez raison, mais on ne saurait comprendre à quelles fin les régimes dictatoriaux, mais aussi révolutionnaires, prônaient la famille sans tenir compte de ses relations avec l’Etat. Or, si l’histoire de la famille en général, de son évolution et des différents modèles familiaux qui se sont succédé ou ont coexisté est aujourd’hui assez bien connue et documentée, celle de la famille à l’Etat l’est nettement moins. Dans la plupart des travaux d’histoire générale et politique du XXe siècle, relève Paul Ginsborg en ouverture de son ouvrage Family Politics. Domestic Life, Devastation and
        Survival 1900-1950″, la famille brille par son absence. Cet auteur étudie les politiques familiales dans cinq régimes au passé particulièrement tourmenté, la Russie de la révolution d’Octobre et
        l’URSS de Staline, la Turquie de la révolution qui mit fin à l’Empire ottoman et de Mustafa Kemal Atatürk, l’Italie fasciste de Mussolini, avec une présentation de la politique familiale de l’Eglise, opposée à celle de l’Etat, l’Espagne de la guerre civile puis de la dictature franquiste, enfin l’Allemagne du Troisième Reich.

        Dans le cas de l’Italie, Paul Ginsborg entame son récit par une évocation de la vie de Filippo Tommaso Marinetti, fondateur du futurisme, le fameux mouvement artistique et d’idées italien des années 1920, et sympathisant du fascisme jusqu’à la dernière heure. Et il ouvre le chapitre sur l’Allemagne par un portrait de Joseph Goebbels, bras droit d’Hitler, architecte et maître d’œuvre de la propagande nazie.

        Certains historiens ont mis en question l’opportunité de leur élection comme personnalités illustratives à un titre ou un autre de l’histoire de la famille. Porte-parole d’un mouvement qui, dans son fameux manifeste, célébrait “la virilité, la rapidité et la violence”, Marinetti, dont le monde idéal, de son propre aveu, était un monde peuplé “de mâles ardents et de femelles inséminées”, et qui n’hésitait pas à déclarer “la guerre démontre que les femmes ont besoin d’une copulation quotidienne”, voyait dans la famille une institution préhistorique et “dévirilisante”, qu’il décrivait comme “quasiment une prison […] et souvent une tente de Bédouins avec son mélange sordide de vieillards fragiles, de femmes, d’enfants, de porcs, de mulets, de chameaux de poulets et d’excréments”. Quant à Goebbels, il fut l’artisan direct ou indirect du malheur de nombreuses familles allemandes et du massacre de millions de familles juives et, peu après le suicide d’Hitler, il n’hésita pas à exterminer la sienne en tuant les six enfants qu’il avait eus avec sa femme Magda, avant que le couple ne se donne la mort.

        Eu égard à la problématique étudiée, le choix des deux hommes n’est cependant pas dépourvu de pertinence. Les vues de Marinetti étaient représentatives d’un culte de la virilité qui, au-delà
        du futurisme, caractérisait le fascisme et a influencé sa vision de la famille. Et dans l’imagerie nazie, la famille de Goebbels (qui incluait un fils de Magda issu d’un premier mariage), avait été transformée par le maître propagandiste en symbole et modèle de la vie domestique nazie : une famille ordonnée, disciplinée, riche d’enfants, d’hérédité saine et d’une pureté raciale hors de
        doute.

        Ginsborg souligne toutefois les contradictions entre les opinions professées par certaines de ces personnalités et leur propre vie, notamment dans leurs dernières années, en particulier au sujet de Marinetti, de Mussolini et de Hitler, mais aussi d’Atatürk et de Staline dans leurs rapports avec la famille et les femmes. Seul Franco, à son avis, aurait mené une politique familiale cohérente avec ses objectifs politiques. (cet auteur ne traite pas des régimes sud-américains).

        Je suis en train de lire ce livre très documenté et ne peux que le recommander à toutes celles et ceux qui souhaiteraient explorer ce domaine encore peu étudié qui est celui des rapports entre la famille et l’Etat.

  14. Chère Madame, votre analyse est certainement intéressante et proche de la réalité mais à y regarder de plus près ne voyons-nous pas oeuvrer la destructionhj systématique de la famille, cellule originelle de la civilisation, quelle qu’elle soit ? N’assistons-nous pas à la mort de notre civilisation occidentale ? Que faire ? A moins d’une révolution culturelle dans tous les pays occidentaux, ce qui relève de l’improbable, ce ne sont pas les astuces écionomiques qui pourront soigner les carences spirituelles !

  15. Il est d’ailleurs assez cocasse d’observer que nombre d’hétéro, allergiques au mariage qui serait devenu selon eux, ringard, dépassé, d’un autre temps, sont favorables au mariage homo! Combien parmi ces allergiques ont voté “oui” au “Mariage pour tous” ?? L’incohérence fait partie de notre monde nouveau qui marche sur la tête.

    1. C’est il y a cinquante ans que les jeunes vivant en couple sans être mariés créaient un malaise pour leurs grands-parents. À cette époque « l’allergie » pouvait exister en réaction aux messages de ce qui était jugé inconvenable, la « nouvelle vague » riait alors des « ringards ». Le mariage est ensuite devenu un libre choix ne donnant plus lieu à des affrontements d’idées. En 2021, les jeunes qui ont voté en faveur du Mariage pour tous ne sont pas incohérents, ils ont parmi leurs amis et connaissances des gens mariés ou pas, dont des homosexuels, et ont été sensibles aux revendications du droit à « l’égalité ». La grande majorité des jeunes respecte de cette manière des idéaux qui ne sont pas obligatoirement les siens, jouit d’une assez bonne santé mais peut être quand même allergique au pollen.

    2. Il n’y a aucune incohérence à accorder un droit à ceux qui le demande, sans pour autant souhaiter en bénéficier soi-même

    3. Je ne comprends pas bien où vous voyez une incohérence là-dedans. Considéreriez-vous, par exemple, qu’une personne athée, pour être cohérente, devrait s’opposer à la liberté de religion? On peut tout à fait souhaiter qu’un droit soit accessible à tout le monde sans discrimination, sans pour autant vouloir exercer ce droit pour soi-même. Il suffit pour cela de réaliser que sa propre vision du monde n’est pas la seule valable et que des personnes ayant une vision du monde différente ont également le droit de mener leur vie comme bon leur semble. N’êtes-vous pas d’accord?

      1. Votre comparaison ne tient pas. L’adhésion à une religion est une affaire strictement privée, qui n’engage que soi-même. Le croyant peut certes s’adonner au prosélytisme, mais celui ou celle que l’on convertit n’est pas pour autant lié à son mentor par un contrat. Or, le mariage est une relation contractuelle, assortie de droits et de devoirs. Si une partie de la population considère que ce type de contrat devient obsolète, voire nocif et aliénant comme le disent certains parce qu’il “piège” ceux et celles qui l’adoptent, , il serait cohérent qu’elle en souhaite l’abolition, non seulement pour elle-même, mais pour l’ensemble de la communauté. De plus, si l’on adhère à votre conception de la tolérance, un citoyen convaincu par des idées de gauche, devrait, par esprit d’ouverture, voter pour un gouvernement de droite, même s’il ne le souhaite pas pour lui. A ce compte là, les convictions, à ce point relativisées, perdent carrément tout leur sens.

        1. @Raphaël Célis: L’analogie n’est pas parfaite, j’en conviens. Elle visait seulement à illustrer par un autre exemple le droit accordé à autrui de faire ses choix sur la base de valeurs différentes des miennes. Notez que vous ajoutez «voire nocif et aliénant» à votre argumentaire pour justifier un rejet actif du mariage par ces hypothétiques personnes, alors que Marie-France ne parlait que de «ringard, dépassé, d’un autre temps», ce qui sont tout de même des critères de nature différente pour dénier à quelqu’un un choix de vie. (Encore que, si le mariage n’était nocif et aliénant que pour le couple lui-même, «parce qu’il “piège” ceux et celles qui l’adoptent», qui serais-je pour empêcher ces braves gens de faire ce choix librement et en toute connaissance de cause?)
          Finalement, permettez-moi de rejeter l’extrapolation absurde que vous faites de ma «conception de la tolérance». Entre baser ses choix lors de votations en fonction uniquement de ses propres intérêts et voter à l’exact opposé de ses convictions (par une sorte d’altruisme extrême, et – je le répète – absurde, voire pour le coup incohérent), il existe heureusement quantité de nuances permettant de tenir compte, entre autres, du bien commun, de la diversité des points de vue et du respect des minorités.
          Cela dit, toute cette discussion sur l’incohérence de ce «nombre d’hétéro[s] allergiques au mariage [mais] favorables au mariage homo», dont parlait Marie-France, n’est peut-être basée sur pas grand-chose, dans la mesure où l’on n’a toujours pas répondu à sa question initiale (mais probablement rhétorique): combien sont-ils? 200? Un million? Aucune idée.

    4. Madame Marie-France, merci pour votre commentaire très pertinent sur cette incohérence apparente : les allergiques à l’institution du mariage traditionnel sont pour le “mariage pour tous”.
      Une incohérence qui est un des résultats du programme caché des néo-marxistes de notre temps : manipuler la société par “un droit à une égalité sans limites”, afin de déconstruire (détruire) un des fondements de notre Occident judéo-chrétien.

      1. Ah ben oui où avais-je la tête ?!
        Un programme caché, évidement : tout s’explique, maintenant ! …
        … avec un complot, lorsqu’on est pas d’accord.

        Ça donne super envie de rester chrétien…

        1. Bien entendu, quand la vérité blesse, on traite les contradicteurs de complotistes…
          C’est tellement plus facile, cela évite d’aller au fond des choses et d’essayer de décrypter l’évolution de notre société.
          Heureusement que subsiste une frange de chrétiens conservateurs : des rochers résistants au courant et du sel qui n’a pas encore perdu toute sa saveur en Occident.

          1. Quelle vérité ?
            Pourquoi blessé ? Je ne suis ni allergique au mariage, ni homosexuel, ni néo-marxiste.
            Je ne vous traite pas de complotiste. Je constate simplement que vous allez au fond des choses en ayant recours à l’hypothèse d’un programme caché visant à nuire à l’Occident (= un complot) pour expliquer l’évolution de la société.
            Comment savez-vous qu’il existe s’il est caché ? Avez-vous infiltré cette clique ?
            Est-il caché comme Dieu ?

            Vous avez raison : il faut creuser jusqu’au fond des choses, tout au fond.
            Mais au fond, peu importe ; c’est votre avis et je n’ai pas l’espoir de vous en faire changer.

      2. Cher Monsieur,

        Je suis fondamentalement solidaire de votre position, car je suis attaché comme vous à notre héritage chrétien et à ses principes. Toutefois, je doute que ce soit un argument qui puisse être entendu par la majorité des personnes appelées à se prononcer sur le mariage pour tous. Car la religion ne jouit plus de l’autorité d’autrefois quand elle n’est pas tout simplement accusée de tous les maux. Il nous faut donc rechercher des arguments d’une portée plus universelle que celui auquel vous faites appel

  16. Le trois intérêts historiques du mariage que vous citez sont tous de nature économique. Donc avec un quelconque contrat civil (mariage ou non), ce qui compte est toujours la compensation économique.
    Logiquement, pour éviter les mariages de convenance ou simplement simplifier la séparation d’un couple c’est justement l’aspect économique qu’il faudrait éliminer, et non le contract en soi qui n’est pas forcément et uniquement de cette nature. Et alors que dire des enfants? J’ai avec eux un contrat irrévocable? Donc si je les nourris et leur permet des études, tout va bien, je respecte les termes.
    Tristesse indicible.

  17. Maintenant voilà notre chère madame Suzette Sandoz, défenseur infatigable de la famille traditionnelle, qui se déclare prête à abolir purement et simplement le mariage civil. Cela prouve au moins qu’à son âge elle reste agile d’esprit et n’est pas sclérosée pour un sou.

    Je serais assez d’accord avec votre proposition décoiffante, chère madame Sandoz, surtout parce que dans ce cas il ne resterait plus que le mariage religieux comme institution sérieuse pour la famille traditionnelle à laquelle nous sommes attachés. Et, je précise, le mariage catholique, peut-être orthodoxe. Car pour les “églises” parpaillotes, comme on l’a vu dans notre beau canton de Vaud, on sait qu’elles seront d’avance d’accord de bénir n’importe quel pseudo “mariage”, homosexuel, bi, trans, polygame, zoophile, transhumaniste, avec des clones humain-aninmal, des robots, avec PMA, GPA , commerce d’enfants bioogiquement modifiés sur catalogue, e tutti quanti.

    Mais je me permets de faire un pronostic : la proposition révolutionnaire de madame Sandoz ne sera JAMAIS retenue par nos dégoûtants dirigeants antifamille. Et ce pour une raison très simple: ce que veut ce pouvoir n’est pas la disparition du mariage du droit civil, mais bien son avilissement, sa souillure, sa dénaturation, son maintien ou plutôt le maintien du mot mariage, mais en y mettant un autre contenu, un contenu qui soit une moquerie de la vraie notion de mariage.

    Et en plus, vous aurez contre vous un adversaire acharné si vous voulez supprimer le mariage civil : ce sera le lobby LGBTQIA X Y Z + + + + + + + En effet, ces gens là veulent à tout prix que les homosexuels puissent se marier, pour bien dénaturer la notion même de mariage. C’est justement ça le but de l’opération.

    Ne l’aviez vous pas compris?

    S’il ne devait plus y avoir que le homosexuels qui se marient, on maintiendrait le “mariage” juste pour eux, pour être bien sûr que dans les générations suivantes, plus personne ne conserve ne serait-ce que le souvenir de la vraie signification du mot mariage.

    Votre intention est louable, chère madame Sandoz, mais vous êtes très naïve sur ce coup là.

    1. Naïfs sont ceux qui n’adhèrent pas à vos explications qui ne tiennent pas debout. Votre tentative est de plus lourdement maladroite dans la forme usée pour communiquer : agressivité et tourments sont au premier plan, vous vivez un malheur personnel sans rapport avec le sujet discuté dans ce blog.

  18. Excellente idée de supprimer le mariage civil qui pourrait être avantageusement remplacé par un contrat de droit privé et quelques dispositions testamentaires.
    Ainsi, il ne resterait plus pour ceux qui y trouve un sens que le serment et la bénédiction à caractère religieux. Tout deviendrait plus clair.

    1. @GWASKELL

      Tout à fait d’accord avec vous, sauf que malheureusement ça ne se fera pas, pour les raisons que j’ai expliquées plus haut à Mme Sandoz.

  19. En éliminant le contenant le contenu risque de disparaître et cela n’est pas le but des LGBT….ils veulent seulement détricoter le mariage mais non pas l’éliminer pour ne pas provoquer leur “auto-élimination”. Que reste-t-il de ce mouvement sans ses objets de revendication?; mariage pour tous et droit à l’enfant peu importe comment ce dernier est fait. D’ailleurs, l’auteure ne fait cette proposition que pour les éliminer politiquement, enfin je pense, d’ailleurs j’espère.

    1. Je considère qu’il est indispensable de réfléchir sérieusement à la raison d’être actuelle du mariage civil, d’une part parce que c’est ce que le Parlement n’a pas fait et ce dont il a privé les citoyens en condamnant sans recours toute votation constitutionnelle, d’autre part, parce que c’est aussi une manière de souligner l’absence de toute corrélation entre le mariage civil, soumis aux aléas des modes et valeurs sociétales, et le mariage religieux qui n’a aucune raison d’être modifié.

      1. La Suisse ne peut supprimer le mariage sans violer l’article 12 Conv.EDH. Certes, la Conv.EDH peut-être dénoncée. Mais alors il resterait l’article 23 ch. 2 du pacte ONU II, traité qui ne comporte aucune clause de dénonciation. Faudra-t’il s’engager sur le terrain de la portée des traités ratifiés par la Suisse ?

        1. Ces conventions n’obligent pas à définir le mariage d’une manière exclusive. Cela peut parfaitement être une union civile non spécifique, ce qui est exactement ce que l’office fédéral de la justice et le Parlement ont soutenu en déclarant inutile une définition constitutionnelle du mariage. Les lois nationales en décident, conformément d’ailleurs au texte de la CEDH qui ne définit pas non plus la famille.

    2. « l’auteure ne fait cette proposition que pour les éliminer politiquement, enfin je pense, d’ailleurs j’espère. »

      Le fil du rasoir.

  20. La France a publié un rapport magnifique sur le sujet qui vous passionne:

    ttps://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/ega/l15b4517_rapport-information

    P. ex. Les robes entravent l’apprentissage de la marche chez les petites filles

    ttps://mobile.twitter.com/EugenieBastie/status/1448282683721887744

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