La paille et la poutre

En page 2 de son édition du lundi 24 février, Le Temps répond à plusieurs questions concernant le changement climatique et cette lecture est tout à fait intéressante pour les non scientifiques dont je fais partie.

Mais si au moins on en était resté là. Pourquoi fallait-il compléter ces passages par le mépris, les accusations et le matraquage ?

Que ce soit l’éditorial de Mme Minet ou la page 3 du Temps qu’elle signe aussi, tout ce qui pourrait conduire à réfléchir intelligemment aux solutions nécessaires pour faire face au réchauffement climatique est pollué par un état d’esprit détestable.

 

L’apriori de mauvaise foi de ceux qui doutent du caractère anthropique de la cause du réchauffement.

« Notre rôle dans sa survenue ne fait plus aucun doute » écrit Mme Minet dans son éditorial.

Ce n’est pourtant pas ce que disait le rapport du GIEC de 2015 cité dans le Temps du 18 août 2018 (il y a donc 18 mois !) : « Il est extrêmement probable que l’activité humaine est la cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle ». Cette formule- dont j’ai mis les deux mots en gras – est parfaitement honnête et ne sous-entend pas que ceux qui auraient encore des doutes et l’exprimeraient ne sont que des vieillards chenus ou des vendus aux lobbies. Certes, Mme Farine dit bien, dans son éditorial, « certains sont de bonne foi », mais la page 3 du Temps qui propose un classement des climato-sceptiques omet cette catégorie. Si on est « climatosceptique », selon le Temps, on a un « potentiel de nuisance » (sic). On est soit « indifférent », « vieux professeur », « conspirationniste », « lobbyiste » ou « réaliste qui a mis une fausse moustache pour se donner un air de respectabilité ».

Ne faudrait-il pas éventuellement compléter l’art. 261 bis du code pénal par la sanction de celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur attachement à une théorie climatique » ?

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

109 réponses à “La paille et la poutre

  1. Chère Madame Sandoz,

    Je suis comme vous surpris de la teneur de cet article…Ce n’est plus du journalisme avec un devoir d’objectivité mais c’est éminemment une vision monolithique que je vais m’empresser de reprendre dans l’un de mes prochains livres car les arguments ne manquent pas sur cette manipulation des idées et ce sectarisme intellectuel.
    Salutations,
    JI

  2. J’ai parcouru l’article du Temps. Un joli condensé de la doxa climato-alarmiste. Un petit tour chez les climato-sceptiques et on trouvera une liste d’arguments réfutant chacune de ces affirmations. On pourra par exemple voir la conférence de John Christy intitulée “Confronter au réel les affirmations sur le climat”, disponible sur internet. John Christy est professeur des sciences de l’atmosphère à l’université d’Alabama à Huntsville, spécialiste mondialement reconnu des mesures de températures satellitaires. Certainement “un vieux professeur”, c’est-à-dire quelqu’un qui a une carrière de recherche derrière lui, ce qui signifie aussi qu’il n’a pas besoin de se conformer à la théorie “officielle” comme un jeune chercheur soucieux de construire sa carrière et d’obtenir des financements. J’indique cette conférence, mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres: il y a des dizaines d’ouvrages, des centaines d’articles disponibles sur le sujet et produits par des scientifiques confirmés.
    Cet acharnement à présenter les sceptiques comme des clowns ou des paria me paraît relever d’une tentative de faire fonctionner la pression sociale au conformisme. Si vous réussissez à faire croire que “tout le monde est d’accord” avec la thèse du “réchauffement climatique anthropique”, vous mettez en route la mécanique du conformisme. Pour comprendre comme cela fonctionne, on peut revenir à l’article fondateur de Solomon E. Asch, (“Opinions and Social Pressure”) qui montrait (en 1955 déjà) comment des personnes peuvent être poussées à soutenir des affirmations manifestement fausses uniquement pour ne pas se distinguer par une opinion opposée à celle qui semble partagée par le reste du groupe. D’où ces efforts toujours renouvelés pour convaincre le public qu'”il n’y a plus de débat”, que “97% des scientifiques sont d’accord”, etc. (ce qui est évidemment faux).

  3. Chère Madame,
    Par votre réponse vous confirmez les dires de ces articles que vous critiquez!
    D’après vos divers lettres dans votre blog, je pense que je peux sans autre vous qualifier de climatoseptique. Ce qui m’impressionne, comme la très bien relaté l’article dans le temps, c’est l’énergie que vous dépensez pour essayer d’éviter qu’on se pose les bonnes questions.

  4. Vous me faites penser à ma mère, mamie Suzette, une obstination obstinée de toujours vouloir avoir raison (la raison, sans doute, pour laquelle je vous ai accordé à priori un peu de crédit?)

    Mais le pire, vous n’êtes pas seulement obstinée face au climat, mais à la gauche de la droite de la gauche de la droite, bref, vous êtes pathétique et je déplore que les blogs du Temps vous laissent encore de quoi raconter vos radotages!

    Mais c’est sans doute, ce qu’on appelle la liberté d’expression (ou peut-être les actions sonnantes et trébuchantes de votre parti)?

    Suerte

    1. P.S. Comme vôtre compère Neyrinck, on apprécie votre grand âge, mais ce n’est pas avec des blogs à hue et a dia pour son orgueil, que l’on va sauver le monde.

      Oui, ne vous en déplaise, le monde est en grand danger et il n’avait encore pas besoin du cornonavirus (covid 19, selon OMS)!

      1. Monsieur Neirynk, permettez, mais c’est quand même d”un niveau plus cosmopolite, qui fait montre d’une ouverture d’esprit indéniable sur le monde. Avec Madame Sandoz, on est ramené au niveau paroissial.

        1. Mais veuillez bien croire, chère Antoinette, que je n’ai rien, ni contre notre chère Suzette, ni contre notre cher Jacques.

          Je m’étonne seulement que le nombre de postes ne soit pas limité et que le “blogueur” puisse faire ce qui lui chante, mais après tout, c’est ce que l’on appelle la démocratie avec un grand pied dans le D, non?

          Oui, ça coûte cher en énergie, de raconter ses phantasmes et ce ne sont pas les pupilles, papillons des ci-devants, qui vont me contredire, quoique avec les éoliennes, le courant est gratuit, non?

    2. Si n’avez pas d’autre façon que proférer des propos à la limite de l’insulte pour défendre vos idées je vous conseille de vous orienter vers des blogs spécialisés dans la fange vous y serez certainement plus heureux qu’ici.

    3. « vous êtes pathétique et je déplore que les blogs du Temps vous laissent encore de quoi raconter vos radotages! »

      Pour quelqu’un qui se plaint Urbi et Orbi que ses commentaires sont censurés, je trouve la remarque croquignolette.

      Remarquez, ça tombe pile poil dans le sujet : la paille et la poutre …

      1. Merci de votre lecture attentive cher homonyme.

        Ma remarque est due au fait que le Temps s’est déjà expliqué face aux, maintenant, trois blogs de Madame Sandoz, et que déjà au deuxième je me demandais quel était son but.

        En fait de paille et de poutre, ce sont les climato-sceptico-réalisticos qui devraient abandonner la lecture d’un média qui a fait de la durabilité, un de ses cheval de bataille et pourquoi pas, lire la NZZ ou Weltwoche!!!
        🙂

        1. « les climato-sceptico-réalisticos qui devraient abandonner la lecture d’un média qui a fait de la durabilité, un de ses cheval de bataille et pourquoi pas, lire la NZZ ou Weltwoche!!! »

          Je vous rassure tout de suite : je ne lis pratiquement plus le Temps (alors même que je peux y accéder gratuitement grâce à un moyen que je ne révélerai pas ici).
          Les états d’âmes féministes des jeunes femmes journalistes ne m’inspirent pas plus que ça et les obsessions maniaco-dépressives de l’équipe de rédaction me laissent de marbre.

          Comme vous le dites très justement, le seul moyen de vraiment s’informer ne se trouve plus en Suisse romande. L’information (la vraie, celle qui informe et incite à la réflexion, pas le militantisme pour adulescents) je la trouve ailleurs, souvent à partir de sources très variées et de moins en moins journalistiques.

          En d’autre termes, la presse romande pourrait complètement disparaître que cela ne changerait rigoureusement rien en ce qui me concerne.

          Le seul mérite du Temps est de laisser ses blogs ouverts à la diversité des opinions et je lui en suis reconnaissant.
          Mais je ne me fais aucune illusion : le zèle purificateur des gens comme vous aura raison tôt ou tard de cette diversité.
          Vous pourrez alors (enfin !) vous retrouver entre vous.

          1. Vos moyens de vous informer vous regardent, je n’y trouve rien à redire.

            Le combat pour la durabilité (que l’effet de serre soit anthropique, ce dont je n’ai aucun doute, ou non) touche les nombreux paramètres, que des lecteurs mentionnent, comme M. Hirschi, tout en soutenant Madame Sandoz, dont je n’ai toujours pas compris les motivations, autres que politiques.

            Dans le fond, tout ça n’est qu’un combat gauche-droite et c’est bien dommage pour la planète qui est VRAIMENT EN GRAND DANGER.

            Pour moi, la gauche ou la droite sont obsolètes et il ne s’agit en tout cas pas de “zèle purificateur”. Je suis très pessimiste pour l’avenir des jeunes et suis béni des dieux, car je n’ai pas d’enfant (pour le moins à ma connaissance).

    1. Climatosceptique, le gros mot du 21e siècle??? Au Moyen-Age il y avait les pestiférés et les lépreux ce qui avait conduit aux maladières encore présentes dans plusieurs villes par le nom de quartiers. Va-t-on les remettre en service pour y isoler les climatosceptiques hautement contagieux???

  5. Bonjour Madame Sandoz,

    Oui il y a un consensus scientifique sur le réchauffement climatique, il serait inutile de le nier. Mais la question est, sur quoi porte ce consensus, exactement? En gros, aucun scientifique digne de ce nom ne remets en cause les points suivants:
    1) Le CO2 est un gaz à effet de serre qui réchauffe la planète. Le mécanisme est bien compris par de la physique élémentaire (mécanique quantique).
    2) Le CO2 a augmenté du fait de l’activité humaine (de 280 ppm à un peu plus de 400 ppm).
    3) Cette augmentation du CO2 est la principale cause du réchauffement global observé depuis le début du 20ème siècle.

    Comment savoir si le CO2 est l’unique cause du réchauffement? Pour le savoir avec certitude, il faudrait connaître avec précision la sensitivité climatique, définie comme suit: si je double la concentration de CO2, de combien augmente la température globale? Ce calcul a été fait de manière exacte au 19ème siécle et donne environ 1 degré. Si l’on estime le réchauffement attendu avec cette valeur ainsi que la quantité de CO2 émise, on trouve une augmentation de température proche de ce qui est observé. D’où la quasi certitude que l’activité humaine est la principale — voire unique — cause du réchauffement.

    Pourquoi seulement quasi certitude (95 % d’après le GIEC si mes souvenirs sont bons)? Car la sensitivité climatique réelle est affectée par différents feedbacks qui donnent probablement une valeur différente de 1 degré. Par exemple, augmenter la température augmente la vapeur d’eau (elle-même un gaz à effet de serre) dans l’air, ce qui va donc renforcer l’effet réchauffant. L’un des problèmes actuels dans la modélisation du climat est qu’il est extrêmement difficile de calculer l’ampleur relative des différents feedbacks positifs et négatifs. La sensitivité climatique totale n’est donc connue qu’avec une grosse part d’incertitude.

    Les différents modèles du GIEC prédisent des valeurs très variables allant de 1.5 degrés à plus de 7 degrés (si mes souvenirs sont justes), avec une valeur la plus probable de 3 degrés (médiane) et un intervalle le plus probable allant de 1.5 à 4.5 degrés. Si ces chiffres sont corrects, alors le climat aurait dû se réchauffer encore plus ce dernier siècle du fait de l’activité humaine. La plupart des chercheurs pensent que les aérosols et la variabilité naturelle (soleil, volcans, etc.) ont en grande partie contrebalancé les effets du CO2.

    Les modèles du GIEC ont cependant une source embêtante d’incertitude: ils ne parviennent pas à bien décrire l’effet des nuages. Or ces derniers sont peut-être une source importante de feedback négatif (hypothèse du climatologue américain Richard Lindzen, parfois à tord taxé de climato-scepticisme). Cela pourrait, d’après certains chercheurs plutôt minoritaires, conduire à une sensibilité climatique aussi basse que 0.5 degré. Si c’est le cas, alors le CO2 ne serait responsable que d’environ 50% du réchauffement.

    Désolé pour la longueur, mais j’espère avoir pu clarifier quelque peu pourquoi le GIEC parle de consensus tout en maintenant une toute petite part de doute sur la part de l’influence humaine. L’incertitude sur la sensitivité climatique est l’un des défis majeurs pour les chercheurs sur le climat, et il est probable que cette incertitude persiste encore longtemps — mais bien entendu, il ne faut pas attendre avant d’agir politiquement. Evidemment, c’est une quantité clé pour les projections dans le futur et les décisions politiques–sachez tout de même que les scénarios collapsologues se basent sur des valeurs élevées et peu probables. Si l’on veut par exemple limiter le réchauffement à 1.5 degré, la quantité de CO2 que l’on peut émettre varie énormément si la sensitivité passe de 1.5 (intervalle bas) à 4.5 degré (intervalle haut).

    Il existe d’autres parts d’incertitude dans la recherche sur le climat (souvents méconnues des activistes et politiques), comme par exemple le lien entre le CO2 et certains phénomènes régionaux (e.g. tempêtes, ouragans), qui sont des sujets de recherches actifs. Mais je vais m’arrêter là, ce commentaire est déjà bien assez long…

    Bien à vous,
    DP

    1. M. Pasquier, je vais reprendre vos affirmations et y répondre:
      1) Le CO2 est un gaz à effet de serre qui réchauffe la planète. Le mécanisme est bien compris par de la physique élémentaire (mécanique quantique).
      >> Oui, le CO2 est un “gaz à effet de serre”. Mais son mécanisme n’a rien à voir avec la mécanique quantique. Le rayonnement infrarouge de la Terre est absorbé par le CO2 atmosphérique *dans certaines bandes de fréquences*. Or, dans ces fréquences-là, l’effet de serre du CO2 est saturé. Cela signifie que presque tout l’effet de serre possible du CO2 s’est déjà déployé. La progression de l’effet de serre du CO2 suit une courbe logarithmique, ce qui veut dire que pour une même augmentation de sa quantité dans l’atmosphère, son effet devient de plus en plus minime, pour ne pas dire minuscule. Ajoutons à cela que le CO2 n’est pas le principal gaz à effet de serre: le plus important, et de très loin est… la vapeur d’eau!
      2) Le CO2 a augmenté du fait de l’activité humaine (de 280 ppm à un peu plus de 400 ppm).
      >> Le CO2 a bien augmenté comme vous le dites, mais l’activité humaine n’est qu’une source de dégagement de CO2 parmi beaucoup d’autres, naturelles celles-là. Une des plus importantes est le dégazage des océans lorsqu’ils se réchauffent. Ainsi, une augmentation naturelle de la température (due à des cycles aisément observables) va produire une augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère par libération du CO2 stocké dans les océans. L’activité humaine n’est pas la principale source de CO2 atmosphérique.
      3) Cette augmentation du CO2 est la principale cause du réchauffement global observé depuis le début du 20ème siècle.
      Vous exprimez là le point de vue climato-alarmiste. Mais beaucoup de climatologues à travers le monde pensent au contraire que les causes du réchauffement sont presque exclusivement naturelles et que les activités humaines n’ont eu jusqu’ici qu’un effet négligeable sur le climat. Que faites-vous des cycles naturels? Des fluctuations de l’activité solaire? L’histoire longue montre que la température a varié de manière importante tout au long de l’histoire de la Terre, et que ces variations n’étaient le plus souvent pas corrélées au taux de CO2 atmosphérique.

      1. Bonsoir Anne,

        Vous écrivez:
        ” Le rayonnement infrarouge de la Terre est absorbé par le CO2 atmosphérique *dans certaines bandes de fréquences*.”

        Oui tout à fait, et cela est une conséquence de… la mécanique quantique ;-). C’est justement parce que les énergies de vibrations de la molécule de CO2 sont quantifiées que le rayonnement ne peut être absorbé que pour certaines fréquences.

        ” Or, dans ces fréquences-là, l’effet de serre du CO2 est saturé. Cela signifie que presque tout l’effet de serre possible du CO2 s’est déjà déployé. La progression de l’effet de serre du CO2 suit une courbe logarithmique, ce qui veut dire que pour une même augmentation de sa quantité dans l’atmosphère, son effet devient de plus en plus minime, pour ne pas dire minuscule.”

        Oui l’effet du CO2 est logarithmique — et c’est d’ailleurs pour ça que la sensibilité climatique dont je parlais est définie de la sorte — et saturera lorsque la raie spectrale correspondante sera absorbée à 100%, mais on n’en est pas encore là.

        Il se fait tard et j’ai donc un peu la flemme pour réfuter vos autres réfutations ;-). Mais juste une chose, si vous connaissez un scientifique qui ne serait pas d’accord avec ces trois affirmations, je serais réellement curieux de savoir de qui il s’agit.

        1. @Diego Pasquier

          Au sujet des nuages, il y a un article récent qui fait le point là-dessus: “Clearing clouds of uncertainty”, vous pouvez en trouver une version qui circule en pdf sous le nom de “ZelRan2017.pdf”.

      2. Anne: “Mais son mécanisme n’a rien à voir avec la mécanique quantique”
        Pour calculer correctement le rôle des gaz à effet de serre comme le CO2, il faut prendre en compte les rotations et vibrations de la molécule et effectivement ça fait partie de la physique quantique. Je vous laisse lire l’article de wikipédia intitulé “Rotational–vibrational spectroscopy”.

        Anne: “La progression de l’effet de serre du CO2 suit une courbe logarithmique, ce qui veut dire que pour une même augmentation de sa quantité dans l’atmosphère, son effet devient de plus en plus minime, pour ne pas dire minuscule.”
        Il s’agit d’une erreur commise au début du XXe siècle où à l’époque on se représentait l’atmosphère comme une seule et unique couche et sans considérer les subtils changements des fréquences de rayonnement avec la température. Outre que le fait que la saturation du CO2 est assez lente sur la même bande de fréquence et ne réduit pas son effet avant des concentrations très élevées*, ajouter du CO2 modifie aussi les gradients thermiques de l’atmosphère. Il faut bien comprendre que les gaz à effet de serre ne font pas qu’absorber le rayonnement terrestre mais aussi le rayonnement des autres gaz. Le CO2 se trouve jusqu’en haut de l’atmosphère et son comportement de gaz à effet de serre évolue en fonction de la pression et de la température, il est un gaz à effet de serre efficace dans la troposphère et la stratosphère mais il ne l’est plus dans la mésosphère et au-delà car le rayonnement infrarouge provient de gaz trop froids pour émettre dans des longueurs d’onde où il est actif (sans compter le rôle de la pression qui diminue aussi sa capacité à absorber). Cependant ajouter du CO2 va avoir deux conséquences: augmenter la température dans la troposphère et relever le gradient thermique pour la même altitude. Ce qui a pour résultat une portion de l’atmosphère où l’effet de serre est actif plus grande et un rayonnement infrarouge émis par des températures plus chaudes ce qui émet plus d’énergie sur des bandes de fréquences où la saturation est très loin d’être atteinte**. Histoire de référencer mes affirmations:
        *Zhong, W., & Haigh, J. D. (2013). The greenhouse effect and carbon dioxide. Weather, 68(4), 100-105.
        **Pierrehumbert, R. T. (2011). Infrared radiation and planetary temperature. American Institute of Physics. PhysTodayRT2011.pdf
        **Archer, D., & Pierrehumbert, R. (Eds.). (2011). The warming papers: The scientific foundation for the climate change forecast. John Wiley & Sons.

        Anne: “Ajoutons à cela que le CO2 n’est pas le principal gaz à effet de serre: le plus important, et de très loin est… la vapeur d’eau!”
        Oui et c’est justement la clé pour comprendre le rôle du CO2. Svante Arrhenius et Thomas Chamberlin expliquait déjà à la fin du 19e siècle que la vapeur d’eau dans l’atmosphère dépend de la température et agit comme une boucle de rétroaction. J’ai rien contre l’esprit critique mais il faut prendre la peine de prendre connaissance des arguments de la climatologie avant de la critiquer. Simplement par honnêteté intellectuelle et objectivité. Je me permets de citer et traduire Thomas Chamberlin (1905):
        “La vapeur d’eau, qui est certes le plus grand absorbant thermique de l’atmosphère, dépend de la température pour sa quantité, et si un autre agent, comme le CO2, non dépendant, élève la température de la surface, il remet en jeu une certaine quantité de vapeur d’eau qui absorbe davantage la chaleur, élève la température et fait sortir plus de vapeur”

        Anne: “Que faites-vous des cycles naturels? Des fluctuations de l’activité solaire?”
        Autant les cycles de Milankovitch que les fluctuations du rayonnement solaire vont en direction d’un léger refroidissement depuis plusieurs décennies, en contradiction avec les températures observées. La NASA a écrit un article sur son site internet intitulé ” What Is the Sun’s Role in Climate Change?”.

        1. Alexandre,
          “…ajouter du CO2 modifie aussi les gradients thermiques de l’atmosphère…”

          Oui, c’est ce que prévoit la thermodynamique mais est nié par la théorie officielle (voir ce qu’est l’ajustement convectif).

          “Cependant ajouter du CO2 va avoir deux conséquences: augmenter la température dans la troposphère et relever le gradient thermique pour la même altitude.”

          La théorie officielle ne prévoit pas deux conséquences mais une seule, un réchauffement initial uniforme de la troposphère.

          La théorie bancale des climatologues conduit à une incompréhension générale du mécanisme de l’effet de serre. Si les GES tempèrent la surface, c’est parce qu’ils diminuent le flux thermique infrarouge qui en est issu. Au contraire, pour l’atmosphère, le rôle des GES est de la refroidir et cela à toutes les altitudes.

          Ajouter du CO2 dans l’atmosphère diminue assurément le flux IR s’échappant de la surface. Ce manque sera compensé par la convection mais nous n’avons aucun moyen théorique de savoir de combien devra se réchauffer la surface pour permettre à la convection d’évacuer ce surplus.

          Les observations disponibles ne permettent pas pour le moment pas de quantifier cette augmentation, elle est donc probablement faible.

          1. Merci M. Pierrehumbert. je me suis exactement fait cette remarque il y a peu en lisant la définition donnée par le GIEC : ” The radiative forcing (is) the radiative imbalance in the climate system at the top of the atmosphere”. Au sommet, l’atmosphère se refroidit si on l’isole du sol ! ???

  6. Le « Manuel » de Mme Minet pourrait aussi s’intituler : « Comment gagner contre ceux qui ne rejoignent pas votre opinion ». Ce manuel à usage pratique me rappelle des petits livrets que nous nous échangions à l’école entre camarades. Je comprends de moins en moins quelles sont les visées du Temps qui s’infantilise en proposant ce genre d’article, on dirait que ce journal est constitué de pièces sorties du sac de la boîte à puzzle, prévues pour s’adapter les unes aux autres. Et les concepteurs nous parlent encore régulièrement du souci d’offrir des articles de sources et opinions variées, destinés à développer notre sens critique ! Le mode d’emploi de Mme Minette et les discours du Master Staff se suivent comme deux chars de carnaval dont les musiques se mêlent en complète dissonance ! La recette à succès sortie du four a un goût de plus en plus mauvais. Dans tous les journaux nous connaissons déjà depuis longtemps la publicité qui nous enjôle, mais je découvre que Le Temps fait fort aussi en créant la publicité dans le journal pour le journal : « Notre quotidien, votre quotidien dans un but commun » comme « Votre Migros ». Hé oui à la Migros il y a les cervelas Budget qui côtoient le foie gras, les deux se vendent bien, mais personne ne les mettra dans sa bouche en même temps. Et dans Le Temps ? Il y a quelque chose d’indigeste et je me demande finalement qui pourra encore l’avaler. Les lecteurs ne sont pas des oies qui vont continuer à se laisser gaver pour donner leur foie. Les articles commencent à peser lourd sous prétexte d’être nutritifs. Alors je propose au Temps de ranger ses entonnoirs et de revoir la composition de sa purée.

  7. Chère Madame, c’est tout le problème avec votre attitude: vous parlez toujours de “théorie climatique”. Il y a erreur sur le choix du mot.

    Le mot de “théorie” mérite qu’on s’y attarde. Dans votre article, il est à comprendre comme de simples spéculations. C’est du language courant, commun, mais ce n’est pas le language scientifique. (Sans doute les experts du GIEC auraient dû être mieux conseillés en matière de communication. Il est des mots à ne pas utiliser sans explication car ils ont deux signifiants).

    Si on reprend la définition d’une “théorie” sous l’angle scientifique, voici ce qu’en dit Wikipedia (pour aller vite):

    “Une théorie (du grec theorein, « contempler, observer, examiner ») est un ensemble cohérent d’explications, de notions ou d’idées sur un sujet précis, pouvant inclure des lois et des hypothèses, induites par l’accumulation de faits provenant de l’observation, l’expérimentation ou, dans le cas des mathématiques, déduites d’une base axiomatique donnée (…). Elle ne doit pas être confondue avec un principe philosophique contrairement aux principes observés et provisoirement admis suggérés par l’expérience, ni avec une hypothèse. Le terme de théoricien, qui désigne un scientifique, s’oppose à celui de technicien, qui désigne celui qui met en pratique une science particulière.
    En philosophie des sciences, une théorie scientifique doit répondre à plusieurs critères, comme la correspondance entre les principes théoriques et les phénomènes observés. Une théorie doit également permettre de réaliser des prédictions sur ce qui va être observé. Enfin, la théorie doit résister à l’expérience et être compatible avec les nouveaux faits qui peuvent s’ajouter au cours du temps, ou rester valide dans de nouveaux domaines non encore explorés lors de sa première élaboration. Si ce n’est pas le cas, la théorie doit être corrigée, voire invalidée en dehors de son premier domaine.
    Ainsi, c’est dans la durée que se juge la force d’une théorie car elle doit pouvoir rester compatible avec les nouveaux faits, résister aux expérimentations qui voudraient en démontrer son invalidité, et assurer la justesse de ses prédictions.
    Dans le langage courant, le terme « théorie » est parfois utilisé par anglicisme pour désigner un ensemble de spéculations sans véritable fondement, à l’inverse du sens admis par les scientifiques. Le mot hypothèse est alors plus approprié.”

    Validation dans la durée: cela fait plus de 40 ans que les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme. La théorie du réchauffement climatique – selon la définition scientifique du mot – se vérifie et se renforce chaque année au fil des observations. Cette “théorie” permet de prédire ce qui nous attend, pas par lubie, mais selon des modèles climatiques sophistiqués qui arrivent à reconstruire le climat passé, avec toutes les données étranges qu’on y a relevées. On en est plus aux spéculations, aux hypothèses ou aux lubies.

    Ceci dit, comment faut-il considérer les personnes, comme vous, qui s’ingénient à dénigrer, à nier, à refuser l’évidence, par pure coquetterie intellectuelle ? Ont-elles un pouvoir de nuisance? Tant et aussi longtemps que ces rares voix sceptiques arrivent à entretenir le doute, un doute qui retarde la prise de mesures correctives pour tenter de limiter les dégâts, alors oui, il y a pouvoir de nuisance. Entretenir le doute, voilà une technique éprouvée, très efficace, largement utilisée par différentes industries dont les activités nuisent à la santé publique (tabac, sucre, etc.) pour retarder que des mesures soient prises et limitent leurs activités. Oui, cette attitude d’entretien du doute est nuisible. Pour nous tous sur cette planète.

    1. Validation dans la durée : malheureusement, une période de 40 ans ne suffit pas à valider une théorie du climat qui repose sur des phénomènes cycliques sur plusieurs décennies ( AMO : 70 ans ) ou beaucoup plus (cycles de Milankovitch : 100’000 ans ) et ceux que l’on ne connait pas .
      De plus les incertitudes liées à l’imprécision des mesures ne permettent pas de donner des prédictions pour la fin du siècle , alors même que le GIEC reste muet sur les décennies qui viennent !
      Il convient de conserver une certaine dose d’humilité devant les phénomènes naturels que nous commençons seulement à comprendre et donc de s’abstenir de vérités acquises !

    2. Que dire du pouvoir de nuisance des personnes qui poussent l’Occident, principalement l’Europe, à dépenser des sommes colossales pour la réduction des émissions de CO2 pour des résultats hypothétiques ? Cette « décarbonation » passe par une électrification forcenée alors que les terres rares nécessaires à la fabrication des batteries, des moteurs, des générateurs sont une catastrophe écologique à l’extraction ainsi qu’à l’élimination. Et ceci ne tient pas compte de la part prépondérante de la Chine dans la production des métaux rares, des batteries et du silicium nécessaire aux panneaux solaires. Bonjour la dépendance ! Chine qui pendant ce temps continue de mettre en service centrale à charbon sur centrale à charbon si bien que l’augmentation annuelle de ses émissions de CO2 est supérieure aux émissions totales de la Suisse.
      Ces sommes faramineuses, 1’000 milliards d’€uros selon Ursula von der Leyen, rien que pour l’UE, ne seront pas disponibles pour résoudre d’autres problèmes auxquels la planète doit faire face et qui, s’ils ne sont pas empoignés sans attendre, nous conduirons droit au mur.
      Parmi ces problèmes en voici quelques-uns :
      – La pollution des océans par les plastiques,
      – La stérilisation de terres arables,
      – La déforestation,
      – La malbouffe,
      – L’abrutissement des peuples par internet,
      – La résistance aux antibiotiques,
      – Et, par-dessus tout, la surpopulation mondiale, 1 milliard de plus de bipèdes tous les 15-16 ans!
      Je défie quiconque de démontrer que l’Humanité aura les moyens de tout se payer.
      Alors oui, pouvoirs de nuisance il y a. Trop vieux, je ne verrai pas de quel côté la balance de l’Histoire basculera.
      Ceci dit, Chère Valérie, je vous remercie pour votre leçon de sémantique mais je ne vois pas ce qu’elle apporte au débat ?

      1. @ Jean-Pierre Hirschi
        Le “trop vieux” peut tout expliquer. Dans ce débat vous êtes de ceux qui disent qu’il faut continuer a ne pas freiner sur le CO2. En gros, continuer a polluer. Je trouve ca absolument hallucinant. Les jeunes generations n’ont qu’a gérer notre irresponsabilité. Les jeunes vous remercieront.
        Mais je pense que vous pourrez vous réjouir. Les solutions sont encore loin d’aboutir. Les climatosceptiques ont encore de beaux jours devant eux. Rien ne va bouger si on vous écoute, vous et vos amis, pour se goberger jusqu’à la fin.
        Longue vie

        1. @Hallucine
          Peut-être me suis-je mal exprimé ?
          Pour faire court : je suis d’avis que la transition énergétique telle qu’elle est en marche en Europe va non-seulement siphonner des sommes colossales qui ne seront pas disponibles pour d’autres problèmes urgents mais également créer des pollutions potentiellement pires que ce qu’elle prétend résoudre.
          Intéressez-vous aux déclarations de Carlos Tavares et vous verrez que je ne suis pas seul à penser de la sorte.

        2. Le CO2 ne peut être considéré comme un polluant que si l’on admet la théorie du “réchauffement climatique anthropique par effet de serre du CO2”. Je pense que cette théorie est erronée. Le CO2 n’est pas un polluant: c’est la nourriture des plantes! Grâce à l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, on a observé un verdissement général de la planète – l’équivalent d’un nouveau continent en verdure. On a également observé que la croissance des plantes était plus rapide que l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, ce qui montre que les plantes étaient auparavant en manque de CO2 et qu’elles se sont “jetées dessus” au fur et à mesure qu’il était disponible.

          1. Le concept du pollution semble vous échapper. Même en ignorant le rôle du CO2 sur le climat, l’accroissement du CO2 provoque une acidification des océans.

            Il faut bien comprendre qu’on applique le principe de pollution à de nombreuses choses. La pollution lumineuse, la pollution sonore… même de pollution thermique notamment pour les rivières.

            Donc dire que le CO2 ne peut pas être un polluant parce qu’il s’agit de la nourriture des plantes c’est comme dire que la lumière ne peut pas provoquer de pollution lumineuse car c’est la source d’énergie de la photosynthèse. C’est un sophisme.

  8. J’ai 33 ans cette année. Environ 50 qui restent si tout va bien à fouler le sol de cette planète. Mon fils de 4 ans encore plus.
    La poutre dans l’oeil je n’ai pas ni luxe ni l’égoïsme de me l’offrir.
    le réchauffement climatique est une chose désormais actée. Combien de temps encore à perdre de temps sur son origine et surtout à quoi bon? Pour continuer à vivre selon notre “bonne vieille habitude” ? continuer de manger dans tous les sens du terme à l’excès pour remplir le vide de sens? Continuer de ne surtout pas se remettre en question quand les autres dépérissent sous nos yeux du fait de notre train de vie?

    Pourquoi s’obstiner à combattre cette “théorie” comme vous dites? Par fierté intellectuelle? Juste pour ne pas faire le mouton? Pour ne pas céder à un avis unique et généraliser? Je suis le premier à détester la pensée unique et à haïr la “bien-pensance totalitaire”.

    Je ne suis cependant pas stupide, j’ai des yeux et surtout des années devant moi…

    Outre le réchauffement climatique qui est un problème certain, l’extinction massive et rapide de la vie sur Terre est beaucoup plus parlante je trouve. Surtout beaucoup plus visible. Mais ça va encore, les insectes on s’en fout pour le moment… et puis 60 pour cent du vivant à la trappe, il en reste toujours 40 non? (là encore c’est un BILAN, pas une théorie ou une projection!

    Alors origine humaine ou pas, franchement arrêtons de perdre du temps pour une question qui n’en est plus une. Elle était à l’ordre du jour en 1980 et encore….
    La vraie c’est que veut-on pour demain et comment.

    J’ai 33 ans, cette année j’essaie de faire en sorte que ma vie ait un sens et que mon fils n’ait pas à se dire que son père n’a pas essayé.

    1. Cher Monsieur Golay,
      Le troisième rocher depuis le soleil est face à des défis gigantesques que les décideurs auront à classifier par ordre d’importance et d’urgence car tous ne pourront pas être financés de front. C’est tristement terre-à-terre mais c’est une évidence.
      Parmi ces défis je n’en cite que deux : la surpopulation mondiale et la pollution des océans par les plastiques.
      Surpopulation : croire que les peuples des pays pauvres vont renoncer au mode de vie occidental et à ses dépenses démesurées d’énergies par altruisme est un vœu pieu. L’évolution de la population mondiale (actuellement + 1 milliard tous les 16-17 ans) ne peut s’inverser qu’à un horizon de 60-70 ans. Actuellement, excepté les épidémies du genre malbouffe, coronavirus, ebola et sida rien ne se fait
      Pollution des océans : en 2050, au rythme actuel de 9,5 millions de tonnes/an, la masse de plastiques en croisière sera équivalente à la biomasse. Ce n’est pas l’interdiction des pailles en plastique qui aura une quelconque influence sur ce thème.
      Entre deux maux je choisis de soigner le pire en priorité, pas vous ?

    2. Monsieur Spycher,
      Dans 50 ans fouler le sol de la planète Terre ne sera pour moi qu’une lointaine anecdote.
      Mes enfants et petits-enfants me donnent une compréhension pour vos inquiétudes.
      Les problèmes planétaires que l’Homme doit résoudre sont si divers et si grands que vouloir tous les adresser en même temps reviendrait à de l’arrosage des ressources donc totalement inefficace. Et, toujours selon moi, le réchauffement climatique n’est de loin pas en tête de liste des priorités.

      1. Merci Monsieur Hirschi.
        Comme vous, je pense que notre atteinte à la biosphère est de loin la plus grave et la plus rapide et qu’elle est évidement liée à la surpopulation mondiale. Si l’ONU avait organisé 21 conférences annuelles sur la surpopulation mondiale, on n’en serait peut-être pas là (ou pas si loin).
        Certes les problèmes sont liés, mais ne nous laissons pas aveugler par ce qui n’est pas de première priorité.

        1. @Guy MC
          Les problèmes sont certes liés mais il est des liens plus ou moins ténus.
          Lien faible: Personne n’a jamais pu m’expliquer en quoi la pollution des océans par les plastiques participait, actuellement, au réchauffement climatique. Peut-être en ira-t-il différemment quand toute vie maritime aura été étouffée?
          Lien fort: Augmentation de la population mondiale et émissions de CO2. Personne ne m’a jamais expliqué en vertu de quoi les populations des pays pauvres n’auraient pas comme espérance de vie le mode occidental et ses débauches d’énergies? Il faut être conscient que tout ce que nous consommons, absolument tout, contient du pétrole. Du légume bio que nous mangeons à la voiture que nous possédons en passant par les vêtements que nous portons et les médicaments qui nous soignent Si ce n’est pas pour leur production c’est pour leur transformation et leur transport.
          Bien à vous.
          JPH.

    3. En effet, c’est la biosphère qui est en grand danger, pas le climat. Alors ne nous laissons pas aveugler par l’échappatoire “climat” et allons aux faits pas aux effets secondaires.

  9. Je vous souhaite (très) longue vie pour constater par vous même dans 20 ans l’état de la planète. Mais on est d’accord que 20 ans ce n’est pas significatif, qu’on aura toujours fait la preuve de rien, les scientifiques n’étant que des moutons bêlant dans le même pré carré, et que seuls les 100’000 ans à venir finiront pas vous donner raison : le cycle s’inversera naturellement un jour.
    Et concernant les articles du Temps, comment pouvez-vous vous offusquer d’une prise de position (enfin!), alors que vous même êtes absolument catégorique sur le sujet, tout en admettant ne pas avoir les compétences requises…..?
    Hummm!

  10. Permettez à un vieux dinosaure de 76 ans de rappeler qu’en 1949 était déjà sorti un livre de Fairfield Osborn, La Planète au pillage (chez Payot-Paris, réédité en 2008 chez Actes Sud), qui dénonçait déjà le gaspillage des ressources naturelles. Que le réchauffement climatique soit un fait, c’est indéniable. La politisation vert-rose-rouge qui découle du phénomène peut en revanche laisser sceptique quant aux moyens qu’elle suggère. Et même si Sainte Greta m’agace parfois, elle n’a pas tort sur le fond. Si chacun dans son coin s’efforçait de limiter le gaspillage effroyable constatable dans tous les domaines, ce ne serait pas plus mal. Tout le reste n’est que bavardages.

  11. Le mépris est réciproque à partir du moment où des personnes avec un bagage scientifique assez faible se permettent de remettre en question une théorie scientifique défendue par la très grande majorité du monde scientifique. Ceux qui crachent au visage de la communauté scientifique ont suffisamment de poutres dans l’œil pour reconstruire la charpente de Notre-Dame à Paris.

    Mme. Sandoz, je n’ai rien contre le fait que vous ayez un avis, mais essayez d’ajouter une dose d’humilité avant de prendre une position aussi radicale. La base de l’épistémologie moderne c’est d’avoir lu Karl Popper. Notamment son principe de réfutabilité. Exiger des climatologues une certitude absolue, c’est n’avoir rien compris au fonctionnement de la recherche scientifique.

    La théorie de l’évolution n’est pas sûre à 100% et connaît de nombreuses incertitudes. La théorie de la relativité générale (Einstein) n’est pas sûre à 100% non plus. Ce qui fait que ces deux théories font consensus, c’est qu’elles ont résisté à toute tentative de réfutation.

    La dernière fois que je vous ai envoyé de la documentation par email, vous n’avez pas eu le courage de la lire. Je fais une dernière tentative en vous suggérant deux articles sur Karl Popper (pas besoin de lire les deux):

    Karl Popper et les critères de la scientificité, sur le site de philosciences.com
    Karl POPPER et le problème de la certitude, sur blogs.mediapart.fr

    1. Merci de cet excellent rappel des racines de l’épistémologie. On ne peut être que consterné par le niveau de méconnaissance pour la méthode scientifique étalé dans cet article. Le point positif est une belle démonstration de l’effet Dunning-Kruger.

      Toute prédiction faite à l’aide d’un modèle basé sur une théorie scientifique est accompagnée d’une incertitude ou d’un niveau de confiance. De même toute mesure est accompagnée d’incertitudes.

      Attaquer une théorie scientifiques sur ce point est soit : une manque de culture de base scientifique, soit de la mauvaise fois. La première est excusable, la seconde pas.

      On ne connait pas exactement la masse de la Terre, ni la valeur excacte de la constante de gravitation universelle, ni les paramètres orbitaux de Mars et la théorie de la gravitation de Newton est incomplète. Cela n’empêche pas d’envoyer une sonde spatiale sur Mars avec une extrêmement haute probabilité de succès.

      De même, les modèles climatiques basés sur les théories physiques disponibles ne peuvent pas nous dire si avec un doublement de CO2 le réchauffement en 2100 sera de +3.45°C ou +4.78°C, mais il est extrêmement probable qu’il ne sera ni de +0°C ni +10°C. Il est extrêmement probable que le résultat sera catastrophique globalement, et il est extrêmement probable que cela soit notre faute.

      J’ai beaucoup de peine à comprendre votre obstination à soutenir des positions pseudo-scientifiques. Peut-être la réalisation que le Buisness as usual et le laissez faire nous conduisent dans le mur et que les contraintes pour corriger le tir sont incompatible avec un libéralisme économique absolutiste ?

      Lisez Karl Popper. C’est la base si vous vous engagez dans une argumentation épistémologique.

      Thomas Khun ensuite.

      1. Je ne vois pas ce que Popper aurait eu à critiquer du billet de Madame Sandoz. Etes-vous bien certain de ne pas répondre à un discours fantasmé ?

        A propos de conseil de lecture, il faudra un jour que les climatologues s’intéressent à Clausius.
        Cela leur éviterait au moins de se ridiculiser en utilisant cette notion originale, stupide et hilarante de forçage radiatif.

        Eh oui, la pseudo-science n’est pas là où vous le pensez.

        1. Monsieur Pierrehumbert, je vous trouve trop entier (mais c’est vrai, c’est tendance dans ce journal) en traitant la climatologie de pseudo-science. Certes elle est loin d’être une science aboutie contrairement à ce qu’affirme le club des 10 (p.ex. elle ne tient pas ou peu compte de la thermodynamique), mais la qualifier ainsi c’est de la provocation !
          Par contre vos remarques sur le forçage radiatif (qui ne me paraît pas limpide) mérite que j’approfondisse cette (pseudo) notion. Avez-vous quelques références la concernant, quelque précisions sur que lire de Clausius… Merci d’avance. Cordialement

          1. Provocation ou pas, c’est un constat. La climatologie peut être globalement qualifiée de pseudo-science pour plusieurs raisons.

            Au niveau de la théorie de l’effet de serre, elle l’est parce qu’elle oublie que sa quantification du phénomène repose sur une hypothèse arbitraire, étrange et jamais justifiée : l’indépendance du gradient thermique de la troposphère par rapport aux phénomènes radiatifs (lire Ramanathan et Coakley 1978 , chapitre sur l’ajustement convectif). Une hypothèse est nécessaire parce que le flux thermique convectif est inaccessible au calcul. Conséquence : les résultats des modèles sont arbitraires.

            Sur cette hypothèse particulière a été forgée par les climatologues autour de 1980 la notion de forçage radiatif qui n’est rien d’autre que l’évacuation de la notion d’entropie et des lois qui s’y rapportent.

            Une autre raison pour laquelle la climatologie peut être qualifiée de pseudo-science est qu’étant confrontée à une incroyable quantité d’énigmes provenant des observations (niveau des océans, hot spot et profil thermique de la troposphère, proxies de la température, fonte des glaciers, enneigement, etc.) qui toutes révèlent des divergences avec ce que prévoit la théorie, elle cherche et se satisfait de justifications alambiquées, improbables et différentes pour chacun de ces cas particuliers alors qu’un seul et unique mécanisme peut résoudre toutes ces énigmes. Malheureusement, la reconnaissance de ce mécanisme impliquerait pour les climatologues l’abandon des conclusions qu’on leur demande de fournir.

          2. Si je vous suis bien Monsieur Pierrehumbert, comme on ne sait pas comment calculer le flux thermique convectif, on le pose égal à zéro et l’on traite l’atmosphère comme un solide, c’est-à-dire figée ?

          3. Guy MC,
            Disons qu’il y a répartition des rôles. Les IR sont censés assurer la totalité des transferts efficaces sans influer le gradient thermique qui serait, lui, entièrement fixé par la convection fonctionnant en boucle.

            Mécanique très curieuse que l’on peut illustrer en bouclant les schémas de bilans énergétiques promus par le GIEC : (lien actif supprimé par S. Sandoz, comme chaque fois et toujours pour les mêmes raisons qui n’ont rien à voir avec l’opinion exprimée mais sont une protection contre les dérives incontrôlables de la toile).

            C’est bien entendu une représentation aberrante car les transferts réels sont thermiques et pas bidirectionnels.

          4. Merci pour ces précisions. Alors, vous trouverez là (climat dphi ch / atmosphere) un pdf qui illustre le rôle curieux que la physique giecienne réserve à la convection.

          5. Merci Monsieur Pierrehumbert. La 1ère chose qui me frappe dans le graphique de Trenbert et al., (et d’autres) c’est justement cette back radiation. A supposer que les GaES rayonnent, ils doivent forcément le faire de manière isotrope !

        2. Mme. Sandoz fait référence plusieurs fois à cet extrait: “Il est extrêmement probable que l’activité humaine est la cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle”

          Que ce soit à la radio ou sur son blog. Elle explique bien que pour elle, cette phrase exprime l’incertitude de la communauté scientifique et la pertinence d’exprimer ses doutes. Le problème réside dans une incompréhension des notions de certitude et d’incertitude en science, d’où ma remarque sur Popper. Les incertitudes sont inévitables dans la très très grande majorité des théories scientifiques et il est illusoire d’attendre une certitude absolue, elle n’est pas possible. De mon point de vue, elle s’appuie inconsciemment sur un raisonnement fallacieux consistant à sous-entendre que puisque la communauté scientifique n’a pas atteint cette certitude absolue, on peut lui opposer des hypothèses alternatives et les considérer sur le même plan.

          J’ai l’impression que son raisonnement est fallacieux et repose sur un “deux poids deux mesures” inconscient où elle regarde l’incertitude uniquement de la théorie dominante et pas des hypothèses énoncées par les différentes personnes qui la contactent (qui à mon avis n’ont pas l’honnêteté d’évoquer leurs propres incertitudes). La théorie qui fait consensus, disant que le rôle du CO2 et des autres gaz à effet de serre dans le réchauffement actuel est dominant, repose sur des décennies d’observations et n’a pas été réfutée. Personne arrive à démonter cette théorie avec une démonstration qui peut convaincre les autres scientifiques. Tandis que les différentes hypothèses émises par les climatosceptiques, outre le fait qu’elles se contredisent entre elles la plupart du temps, n’ont jamais atteint le niveau d’une théorie scientifique car elles ne correspondent pas avec les observations et pour finir sont facilement réfutées par le reste de la communauté scientifique. Si la théorie actuelle fait consensus, ce n’est pas parce que nous en avons une certitude absolue, mais parce que c’est la seule théorie qui a résisté à l’examen critique et aux observations. Les alternatives ont été écartées très tôt dans l’histoire de la climatologie car elles ne correspondent pas aux observations.

          Je fais souvent une analogie avec la théorie de l’évolution où là aussi les incertitudes et les difficultés dans la modélisation sont très importantes (même plus que sur le climat sur certains points) car c’est une situation assez similaire à la question du réchauffement climatique. La démarche des créationnistes (y compris ceux de l’intelligent design) est de jouer sur cette idée d’incertitude et de saper la confiance envers les experts (souvent en les prenant pour des idiots). Exactement comme avec les climatosceptiques. On peut même trouver des think tanks conservateur comme PragerUniversity qui font la promotion à la fois du climatoscepticisme et du créationnisme dans leurs vidéos. Ce n’est pas pour autant crédible d’émettre des doutes sur la théorie de l’évolution pour des politiciens, simplement parce que leur bord politique partage ce genre de pseudo-science. C’est la différence avec le vrai scepticisme, la capacité à avoir un regard critique des deux côtés et clairement beaucoup de politiciens ne savent plus faire cet exercice quand il s’agit de leur propre camp ou idéologie.

          Contrairement au portrait dressé par les climatosceptiques, la communauté scientifique n’est pas remplie de demeurés ou de corrompus qui refuseraient la réalité. Un exemple avec la tectonique des plaques, jusque dans les années 60 les géologues n’adhéraient pas à l’idée de la tectonique des plaques car il manquait des observations claires et des explications physiques. Lorsque ces démonstrations sont arrivées dans les années 60, l’ensemble de la communauté scientifique a changé d’avis en quelques années. La climatologie a connu la même chose car pendant longtemps on pensait que le CO2 avait un rôle faible sur le climat jusqu’aux travaux de Guy S. Callendar, Lewis D. Kaplan et Gilbert N. Plass dans les années 40 et 50. Petite anecdote, le fort intérêt pour le rôle du CO2 dans l’atmosphère à cette époque ne vient pas de la climatologie mais de l’armée américaine qui veut développer un système de guidage infrarouge pour ses missiles. Gilbert N. Plass a justement travaillé pour l’armée américaine et c’est comme ça qu’il en est venu à vérifier le rôle du CO2 sur l’infrarouge terrestre et donc sur l’effet de serre et le climat.

          Lorsque Mme. Sandoz a écrit sur son blog “On passe sous silence les connaissances historiques et les preuves de réchauffements climatiques vécus à l’époque romaine, au moyen âge”, on remarque qu’il y a un manque de vérification de sa part. Il n’y aucun esprit critique dans cette phrase, elle est même bourrée de jugements de valeur, sous-entendant qu’il se passe quelque chose de pas net dans le milieu de la climatologie. Une simple vérification aurait été d’ouvrir un rapport du GIEC, elle aurait pu y voir que dans CHAQUE RAPPORT il y a un chapitre consacré à la paléoclimatologie qui traite aussi de la période historique. Si elle préfère croire les gens qui insultent les climatologues dans les commentaires de blog comme lesobservateurs.ch, sous-entendant qu’ils sont des manipulateurs ou des demeurés incapables de comprendre la thermodynamique, libre à elle.

          1. Un procès d’intention n’est évidemment jamais scientifique. Mais peut-être l’ignorez-vous.

          2. Alexandre,

            Par nature, le débat sur une théorie scientifique n’est jamais clos. L’incertitude est de l’ordre du quantitatif, la notion n’est pas directement applicable à l’évaluation d’une théorie. Pour ce qui est du quantitatif, l’incertitude reconnue par par le GIEC sur la sensibilité climatique est monstrueuse. Les évaluations individuelles des modèles passent du négligeable à l’enfer thermique.

            “Si la théorie actuelle fait consensus, ce n’est pas parce que nous en avons une certitude absolue, mais parce que c’est la seule théorie qui a résisté à l’examen critique et aux observations.”

            La critique d’une théorie ne requiert pas d’explication alternative.

            “La théorie qui fait consensus, disant que le rôle du CO2 et des autres gaz à effet de serre dans le réchauffement actuel est dominant, repose sur des décennies d’observations et n’a pas été réfutée.”

            Faux.

            1. La théorie officielle n’a même pas à être réfutée puisqu’elle repose entièrement sur une hypothèse arbitraire que personne n’a jamais cherché à justifier (le gradient thermique de la troposphère ne dépendrait pas des phénomènes radiatifs). Pire, on sait parfaitement que cette hypothèse est stupide d’une manière générale; quel thermodynamicien viendra prétendre le contraire ?

            2. Aucune observation ne confirme cette théorie bancale. Si vous pensez qu’il y en a une, merci d’en donner la référence.

          3. @Denys Pierrehumbert

            Voici une liste de titres d’article sur l’observation:

            – “Radiative forcing ‐ measured at Earth’s surface ‐ corroborate the increasing greenhouse effect”
            – “Global atmospheric downward longwave radiation over land surface under all-sky conditions from 1973 to 2008”
            – “Increases in greenhouse forcing inferred from the outgoing longwave radiation spectra of the Earth in 1970 and 1997”
            – “Observational determination of surface radiative forcing by CO2 from 2000 to 2010”
            – “Measurements of the Radiative Surface Forcing of Climate”
            – “The spectroscopic foundation of radiative forcing of climate by carbon dioxide”
            – “The Nimbus 4 infrared spectroscopy experiment: 1. Calibrated thermal emission spectra”
            – “Human and natural influences on the changing thermal structure of the atmosphere”
            – “On the Detection of Robust Multidecadal Changes in Earth’s Outgoing Longwave Radiation Spectrum”
            – “A decade of measured greenhouse forcings from AIRS” (Satellite)
            – “Comparison of spectrally resolved outgoing longwave data between 1970 and present”
            – “Global estimate of aerosol direct radiative forcing from satellite measurements”
            – ” Surface Solar Radiation Flux and Cloud Radiative Forcing for the Atmospheric Radiation Measurement (ARM) Southern Great Plains (SGP): A Satellite, Surface Observations, and Radiative Transfer Model Study”

            Et sur les statistiques :
            – “On the causal structure between CO2 and global temperature”
            – “Global Warming and Global Dioxide Emission: An Empirical Study”
            – “Granger Causality Analyses for Climatic Attribution”

          4. Mais Alexandre, beaucoup n’ont pas accès à ces données. Ne citez que des articles VERIFIABLES svp.
            – Arrêtez de parler de théorie qui fait consensus. Ce consensus n’est basé que sur un petit nombre d’articles (parfois même volontairement tenu secret !). Il n’y a pas consensus sur le consensus; on s’est déjà expliqué la-dessus.
            – Pierrehumbert a raison, l’absence d’explications alternatives n’est pas une justification.
            – Vous semblez bien connaître la matière, d’accord. Mais la position des politiciens est plus compliquée que ceci. Ils doivent pouvoir apprécier et appliquer des solutions parfois opposées ! A mon sens, c’est justement ce que le forcing du GIEC tente de faire oublier – et qui est potentiellement dangereux. Par exemple certains estiment que les problèmes de la biosphère sont encore plus urgents; ou ceux de la démographie galopante. Vous pouvez essayer de les convaincre, mais sans qualités spéciales ! Toutefois, je suis d’accord, on se doit de réparer !
            – Oh encore une remarque. Le débat est sain. Foncièrement sain s’il est fait dans le respect. C’est beaucoup mieux que le désintérêt qui lui est dangereux. Alors participons, mais sainement.

          5. Alexandre,

            Vous n’avez pas compris ma critique. Vous me donnez des références vers des papiers qui mesurent l’irradiance. Bien évidemment, le CO2 est actif dans l’IR et on doit pouvoir mesurer son irradiance.

            Prenons l’irradiance de l’atmosphère vue de la surface, si elle augmente, cela signifie que le flux thermique IR de la surface vers l’atmosphère diminue. L’effet de cette diminution sur la température de surface n’est pas calculable car il dépend de la réaction de la convection qui va compenser la résistance accrue au flux IR. Le noeud de la théorie est d’admettre que le gradient thermique n’est pas affecté et que, donc, le déséquilibre radiatif va se résorber par un réchauffement uniforme de la troposphère. C’est cette hypothèse qui devrait être confirmée par les observations et qui ne l’est évidemment pas.

            En réalité, les observations infirment l’hypothèse. D’une part, l’évolution des profils thermiques observés de la troposphère ne correspondent pas aux profils modélisés et d’autre part, les multiples observations indépendantes du réchauffement de surface (climatiques, physiques ou biologiques) ne sont pas compatibles avec les résultats de la modélisation.

          6. @Denys Pierrehumbert

            Le concept de forçage radiatif est un déséquilibre énergétique imposé au système climatique par un changement dans une variable (exemples: variation du rayonnement solaire, changement d’albédo, émissions de gaz à effet de serre, d’aérosols et de leurs précurseurs). Le forçage radiatif est un concept qui a ses limites mais fournit une base quantitative simple pour comparer la réponse de la température moyenne mondiale à différents paramètres modifiés. Il est généralement exprimé en watts par mètre carré (W / m2) en moyenne sur une période de temps particulière.

            Des variantes du forçage radiatif ont été développées dans la littérature et il existe actuellement trois concepts de forçage légèrement différents: le forçage radiatif instantané, le forçage radiatif ajusté stratosphériquement et le forçage radiatif efficace.

            Le forçage radiatif instantané (IRF): il s’agit du forçage radiatif défini comme le changement instantané du flux d’énergie à la tropopause (environ 15 km dans l’atmosphère) résultant d’un changement d’une composante externe au système climatique (par exemple induit par l’augmentation du CO2).

            Forçage radiatif (RF) ajusté stratosphériquement: de nombreuses applications utilisent un forçage radiatif «ajusté» dans lequel la stratosphère (la partie de l’atmosphère située entre 15 et 50 km) est autorisée à se détendre à l’état d’équilibre thermique (par exemple, s’adapter à la nouvelle concentration de CO2 ), ne laissant que des déséquilibres énergétiques au sein de la troposphère (15 km les plus bas de l’atmosphère), ce qui est le plus pertinent pour le changement de température de surface. Une fois que la stratosphère a pu s’ajuster à un forçage, la variation du flux d’énergie à la tropopause est équivalente à celle au sommet de l’atmosphère (TOA), où les forçages radiatifs sont couramment signalés. C’est la définition utilisée par le GIEC sous le terme de forçage radiatif, je vous laisse vérifier ça en lisant le 8e chapitre du 5e rapport de synthèse du 1er groupe de travail à la page 664.

            Forçage radiatif efficace (ERF): les RF instantanées ou les RF ajustées de manière stratosphérique ne sont pas toujours des indicateurs précis de la réponse en température pour tous les agents de forçage. De la même manière que dans la stratosphère, des ajustements rapides (des changements de variables comme par exemple les nuages ​​qui ne prennent que quelques semaines) dans la troposphère peuvent soit améliorer soit réduire le forçage radiatif initial, conduisant à des différences de forçage entraînant un changement climatique à long terme . Ainsi, l’inclusion d’ajustements troposphériques rapides a le potentiel de fournir une caractérisation plus utile pour les conducteurs dans la troposphère (comme les particules de pollution). Ces ajustements rapides sont souvent liés à l’humidité et aux nuages ​​en particulier, qui peuvent présenter des ajustements rapides aux forçages radiatifs. Par exemple: pour les aérosols, des changements dans la distribution de température au-dessus de la surface se produisent en raison d’une variété d’effets, y compris les réponses des nuages ​​qui affectent les flux mais ne font pas strictement partie du forçage radiatif. L’inclusion d’ajustements troposphériques rapides au forçage radiatif est souvent appelée le forçage radiatif efficace.

            Ces explications que j’ai sorti du rapport du GIEC contredisent clairement votre propos sur la thermodynamique et suggère que vous n’avez jamais pris la peine de lire un minimum la littérature sur le sujet. Le concept de forçage radiatif utilisé dans la littérature (RF) est le même que le GIEC.

            Pour finir, l’un des articles que j’ai listé est celui-ci:
            – “Human and natural influences on the changing thermal structure of the atmosphere”

            Je vous traduis le résumé de l’article:
            Les données satellitaires d’observation et la réponse prévue par le modèle à l’influence humaine ont un schéma commun de changement de température atmosphérique en latitude/altitude. Les principales caractéristiques de ce modèle sont le réchauffement troposphérique à l’échelle mondiale et le refroidissement stratosphérique comme en témoigne les enregistrements de température par satellite sur 34 ans. Nous montrons que les modèles climatiques actuels sont très peu susceptibles de produire ce modèle de signal distinctif uniquement par la variabilité interne, ou en réponse à des changements naturellement forcés de la production solaire et des charges d’aérosols volcaniques. Nous détectons un signal «d’influence humaine» dans tous les cas, même si nous testons des estimations de variabilité naturelle avec des fluctuations des influences solaires et volcaniques beaucoup plus importantes que celles observées depuis 1979. Ces résultats mettent en évidence la nature très inhabituelle des changements observés de la température atmosphérique.

            Il y a de nombreuses publications qui montrent que les changements de température au sein des différentes couches de l’atmosphère correspondent bien à ce qui était prévu en cas d’augmentation de l’effet de serre. L’article ci-dessus donnent toutes les références sur ces mesures. Ce schéma avec une refroidissement de la haute stratosphère et un réchauffement de la troposphère était prédit depuis les années 60* et est observé depuis plusieurs décennies. Donc j’avoue ne pas comprendre vos propos et je pense que vous avez mal compris la position de la communauté scientifique.

            *voir le rapport du comité scientifique du président américain “Restoring the Quality of Our Environment” de 1965.

          7. @Denys Pierrehumbert,

            Je continue ma réponse en précisant par ailleurs que le cœur de la position de la communauté scientifique s’appuie aussi sur le concept de “water vapour feedback”, le fait qu’un réchauffement de l’air va aussi provoquer un accroissement de la vapeur d’eau et donc contribuer de cette manière à l’effet de serre. Modéliser ce feedback (ou boucle de rétroaction en français) oblige à inclure la convection, l’évaporation et la condensation et donc d’inclure la thermodynamique. Le rôle de la thermodynamique n’a jamais été ignoré, tout comme la convection. Les travaux des pionniers en modélisation climatique portent sur ce sujet:
            – Manabe S, Wetherald RT. 1975. The effects of doubling the CO2 concentration on the climate of a general circulation model. J.Atmos Sci.32:3–15
            – Manabe S, Strickler RF. 1964. On the thermal equilibrium of the atmosphere with a convective adjustment. J. Atmos. Sci21:361–8518.
            – Manabe S, Wetherald RT. 1967. Thermal equilibrium of the atmosphere with a given distribution of relative humidity. J. Atmos.Sci.24:241–59
            – Ramanathan V, Coakley JA Jr. 1979. Climate modeling through radiative-convective models. Rev. Geophys. SpacePhy. 16:465–89
            – Zhang MH, Hack JJ, Keihl JT, Cess RD. 1994. Diagnostic study of climate feedback processes in atmospheric general circulation models. J. Geophys. Res.99(D3):5525–37
            – Yang H, Pierrehumbert RT. 1994. Production of dry air by isentropic mixing. J. At-mos. Sci.51:3437–54
            – Xu KM, Randall DA. 1999. A sensitivity study of radiative-convective equilibrium in the tropics with a convection-resolving model. J. Atmos. Sci.56:3385–99

            Je tiens aussi à souligner que votre position sur la thermodynamique et la climatologie est ultra-minoritaire, même chez les climatosceptiques. Des climatosceptiques comme Lindzen, Spencer et Curry utilisent le concept de forçage radiatif et ne disent pas que les autres climatologues ne comprennent pas la thermodynamique.

            @GuyMC.
            J’avoue que le coup des méchants climatologues qui cachent la littérature on me l’avait jamais faite. Pourtant tous les travaux scientifiques notent explicitement les références utilisées. La grande majorité des articles que j’ai posté auparavant peuvent être obtenu sur google en cherchant un peu. Si ce n’est pas le cas, je vais te faire découvrir un truc bien utile: Sci-Hub. Regarde la page wikipédia de Sci-Hub.

          8. Alexandre,

            “Ces explications que j’ai sorti du rapport du GIEC contredisent clairement votre propos sur la thermodynamique et suggère que vous n’avez jamais pris la peine de lire un minimum la littérature sur le sujet.”

            Merci Alexandre mais je connais ces définitions. Elles correspondent exactement à ce que j’en ai dit. La négation des lois liées à l’entropie est le propre de cette notion de forçage radiatif. Confusion caractérisée entre irradiance et flux thermique.

            “Le rôle de la thermodynamique n’a jamais été ignoré, tout comme la convection.”

            La convection n’a pas été ignorée, on lui a assigné le seul rôle de fixer le gradient thermique de la troposphère. C’est clairement expliqué dans les articles de Manabe et Ramanathan que vous indiquez.

            Il n’y a pas de calcul thermodynamique de l’effet de serre mais de la pseudo-physique incompatible avec la science connue. Le calcul thermodynamique de l’effet de serre est matériellement impossible car la convection n’est peut pas être modélisée. Tout cela est bien connu et formalisé.

            Donc, non, je n’ai pas du tout une position ultra-minoritaire.

            Après ça, que peu de scientifiques non directement spécialistes n’aient pris la peine de comprendre que la notion de forçage radiatif n’est qu’une émanation de la limitation du rôle alloué à la convection, c’est vrai et proprement sidérant.

          9. @Denys Pierrehumbert

            Comme le système climatique n’est pas équilibré thermodynamiquement, les premiers modèles de Manabe ont fixé les gradients thermiques pour résoudre les problèmes résultant de ce déséquilibre. Mais cette solution par Manabe n’est pas la seule, d’autres modèles résolvent le problème différemment, par exemple simplement en fixant l’entropie ou en fixant la température de surface des océans. Cependant, ces modèles précis sont ce qu’on appelle des “Radiative-Convective Models”. Dans le cas des modèles généralement utilisés par le GIEC, il s’agit de “General Circulation Models”. Dans ce type de modèles, les gradients de température ne sont pas fixés.

            Chaque modèle a ses points forts et ses points faibles, selon les objectifs recherchés. Mais aucun ne trouve une absence d’effet sur la température par l’augmentation du déséquilibre énergétique entre le haut de l’atmosphère et le bas de la troposphère. L’intercomparaison entre les modèles est un exercice très fréquent et clairement supporte les conclusions du GIEC et du reste de la communauté scientifique.

            Vous reconnaissez vous-même que les changements d’irradiance sont réels, donc que la différence de température entre la basse et la haute atmosphère s’accroit, donc que le système accumule de l’énergie dans la basse atmosphère. Selon vous, où va cette énergie? J’essaie de comprendre votre argumentaire.

          10. @Denys Pierrehumbert

            D’ailleurs vous dites ne pas suivre une position ultra-minoritaire, vous en connaissez d’autres qui partagent votre opinion sur la climatologie sous cet angle de la thermodynamique?

          11. Alexandre,

            “Comme le système climatique n’est pas équilibré thermodynamiquement, les premiers modèles de Manabe ont fixé les gradients thermiques pour résoudre les problèmes résultant de ce déséquilibre.”

            Non, la raison n’était pas un déséquilibre (lequel ?). Manabe et d’autres ont commencé par effectuer un calcul purement radiatif du système. C’était un calcul compatible avec la thermodynamique avec la réserve que la convection était admise nulle. Ce calcul donne des températures de surface et des gradients beaucoup trop élevés. Ce n’est pas une surprise puisqu’on néglige le principal vecteur de refroidissement de la surface. Comme le flux convectif ne peut pas être calculé, ils ont introduit le gradient thermique observé comme entrée et cette fois ont obtenus les bonnes températures de surface. Ce succès signifie en principe que la partie radiative du calcul de l’effet de serre est bien maîtrisée.

            Malheureusement, cette astuce n’est pas très utile car, selon les lois de la thermodynamique, le gradient thermique dépend de la structure radiative de l’atmosphère. Si vous souhaitez calculer le système après un doublement du taux de CO2, vous n’avez plus de données d’observations du gradient correspondant disponibles.

            L’astuce s’est alors transformée en hypothèse étrange : gradient thermique indépendant de la structure radiative de l’atmosphère. Cela permet de continuer à utiliser les données empiriques pour résoudre le système. Or, c’est bien évidemment faux et frontalement en contradiction avec les acquis de la thermodynamique.

            Quelques années encore et l’hypothèse étrange devient la notion pseudo-physique de forçage radiatif.

            “Dans ce type de modèles, les gradients de température ne sont pas fixés.”

            Effectivement, les gradients thermiques dans les GCM ne sont pas fixés d’avance, il suffit en fait de poser leur indépendance par rapport aux phénomènes radiatifs. La convection seule est censée les fixer. C’est une absurdité fondamentale puisque la convection n’est qu’une réaction aux gradients trop élevés provoqués par le refroidissement de la troposphère par les GES.

            “Mais aucun ne trouve une absence d’effet sur la température par l’augmentation du déséquilibre énergétique entre le haut de l’atmosphère et le bas de la troposphère.”

            Ils ne peuvent pas faire autrement puisqu’ils sont programmés pour ça. Cela dit, il est probable que l’augmentation du taux de CO2 provoque un certain réchauffement à la surface, c’est juste que le résultats de ces modèles sont totalement arbitraires parce qu’issus d’une hypothèse erronée.

            “Vous reconnaissez vous-même que les changements d’irradiance sont réels, donc que la différence de température entre la basse et la haute atmosphère s’accroit, donc que le système accumule de l’énergie dans la basse atmosphère.”

            Si on ajoute du CO2, on doit nécessairement retrouver sa signature radiative. Je ne dis rien de plus parce que je ne sais rien de plus et, jusqu’à preuve du contraire, personne ne sait rien de plus.

            L’effet sur la convection pourrait conduire à un assèchement de la haute troposphère et ne pas augmenter l’irradiance globale de la troposphère vers la surface. L’irradiance pourrait augmenter mais la convection assurer le refroidissement sans réchauffement détectable à la surface. Ou, encore, le réchauffement pourrait être important. Personne n’en sait rien, personne n’a les clés théoriques pour répondre à ces questions.

          12. Merci Monsieur Pierrehumbert pour ce très intéressant tour d’horizon des approximations successives des théories à la mode !

          13. “Si on ajoute du CO2, on doit nécessairement retrouver sa signature radiative. Je ne dis rien de plus parce que je ne sais rien de plus et, jusqu’à preuve du contraire, personne ne sait rien de plus.”

            Sauf qu’on ne retrouve pas que la signature radiative du CO2 mais aussi celle de la vapeur d’eau qui augmente. Comme le prédisent les climatologues. C’est dommage que vous aillez écartez les articles sur l’observation spectrale de l’atmosphère sur le prétexte que selon vous le forçage radiatif est faux au lieu de les avoir au moins feuilleter.

            “L’effet sur la convection pourrait conduire à un assèchement de la haute troposphère et ne pas augmenter l’irradiance globale de la troposphère vers la surface. L’irradiance pourrait augmenter mais la convection assurer le refroidissement sans réchauffement détectable à la surface. Ou, encore, le réchauffement pourrait être important. Personne n’en sait rien, personne n’a les clés théoriques pour répondre à ces questions.”

            Tout à fait mais c’est un sujet longuement débattu dans la littérature.

            Rind, D., et al. (1991) “Positive water vapour feedback in climate models confirmed by satellite data.” Nature 349.6309 : 500-503.
            Voici le résumé traduit:
            “Parmi les mécanismes censés amplifier la réponse du climat mondial à des concentrations accrues de traces de gaz, il y a la rétroaction de la vapeur d’eau atmosphérique. À mesure que les océans et l’atmosphère se réchauffent, l’évaporation augmente, et il est généralement admis que l’humidité supplémentaire participe à l’effet de serre en piégeant plus de rayonnement infrarouge. Récemment, il a été suggéré que les modèles de circulation générale utilisés pour évaluer le changement climatique surestiment cette réponse, et qu’une convection accrue dans un climat plus chaud assécherait en fait la moyenne et la haute troposphère au moyen de la subsidence compensatoire associée. Nous utilisons de nouvelles données générées par satellite sur la vapeur d’eau pour étudier cette question. À partir d’une comparaison des valeurs d’humidité estivale et hivernale dans les régions de la troposphère moyenne et supérieure qui étaient auparavant difficiles à observer avec confiance, nous constatons que, comme les hémisphères se réchauffent, une convection accrue entraîne une augmentation de la vapeur d’eau au-dessus de 500 mbar en accord quantitatif approximatif avec les résultats des modèles climatiques actuels. La même conclusion est tirée de la comparaison des régions tropicales occidentales et orientales du Pacifique. Ainsi, nous concluons que la rétroaction de la vapeur d’eau n’est pas surestimée dans les modèles et devrait amplifier la réponse climatique à l’augmentation des concentrations de traces de gaz.”

          14. Alexandre,

            L’assèchement de la haute troposphère est un mécanisme possible mais hypothétique avancé par quelques scientifiques, je ne l’ai mentionné qu’en passant. Dois-je conclure que vous n’avez rien d’autre à objecter ?

          15. Bin disons que je ne sais pas trop quoi répondre à vos jugements de valeur extrêmes. Il a fallu plusieurs messages pour que vous puissiez détailler vos objections, on est passé des climatologues qui ne comprennent rien à la thermodynamique à un vieux débat sur le rôle de la convection dans la rétroaction d’une augmentation de l’effet de serre. Oui l’assèchement de la haute troposphère était une possibilité, d’ailleurs clairement évoquée dans les rapports du GIEC et les travaux des pionniers comme S. Manabe et V. Ramanathan. Mais ça fait depuis 40 ans que la recherche sur le climat accumule les données et très clairement cette possibilité que la convection pondère significativement la boucle de rétroaction de la vapeur d’eau ne se réalise pas.

            Le sujet n’est absolument pas ignoré. C’est simplement que la littérature ne suit pas la conclusion que vous voudriez et que vous semblez ignorer les travaux sur ce sujet.

            Moi j’avoue clairement faire confiance à la communauté scientifique contrairement à vous et je préfère toujours vérifier ce que la littérature scientifique raconte avant d’émettre un jugement. Je vous ai donné un exemple de 1991 où les observations satellites contredisent la possibilité que vous évoquiez.

            Les climatologues et les météorologues ont beaucoup publié sur le sujet et il y a eu des conférences entières sur le sujet, par exemple le “Proceedings of Water Vapour in the Upper Troposphere and Lower Stratosphere Workshop” en 2005 à l’université de Lancaster. Peut-être que vous devriez arrêter de sous-entendre que météo suisse truque les données ou que les modèles climatiques sont fabriqués pour confirmer le réchauffement et regarder ce qu’est réellement la position des climatologues au sujet des doutes qui vous animent.

          16. Alexandre,

            Désolé de vous le dire mais vous cofondez un peu tout.

            Je vous le répète, je n’ai mentionné l’assèchement de la haute troposphère que comme un mécanisme hypothétique. Ce n’est pas du tout l’objet de ma critique théorique.

            Ce mécanisme n’est d’ailleurs pas nécessairement lié à la rétroaction sur la vapeur d’eau que je n’ai pas non plus évoquée ici.

            Essayez de comprendre, ce n’est pas si compliqué.

            1. La thermodynamique prévoit qu’un changement de la structure radiative de la troposphère modifie son gradient thermique.

            2. Parce que le calcul de la convection est impossible, le calcul thermodynamique de l’effet de serre est impossible.

            3. On peut résoudre le système avec la structure radiative existante en utilisant le gradient observé et cela fonctionne.

            4. L’astuce arbitraire consiste à utiliser les données empiriques du gradient pour résoudre un système avec une structure radiative différente.

            5. Cette astuce peut être formalisée comme l’hypothèse d’indépendance entre gradient thermique et structure radiative de l’atmosphère.

            6. De cette hypothèse, découle que tout déséquilibre radiatif n’a qu’un seul et unique moyen de se résorber quelque soit son origine.

            7. La notion de forçage radiatif découle de cette indifférenciation qui implique également la négation des lois liées à l’entropie.

            Conclusions :
            – Le calcul de l’effet de serre repose sur une astuce arbitraire.
            – Les résultats des modèles sont arbitraires.
            – La notion de forçage radiatif n’a aucun sens.

            “Peut-être que vous devriez arrêter de sous-entendre que météo suisse truque les données…”

            Ce que j’ai dit : MétéoSuisse manipule les données de températures et l’assume. Je critique leur méthodologie (voir par exemple Begert et al. 2003) parce qu’elle fausse les tendances à long terme (voir Hansen et al. 2001 ou encore climat . dphi . ch / stations).

      2. Les positions d’Alexandre et de Jackson Howard sont tellement droites dans leurs bottes et péremptoires que j’ose à peine avancer une réfutation à la “Popper”. J’essaie quand même. Pardonnez-moi la longueur
        Le CO2 absorbe une partie du rayonnement infrarouge (IR) émis par la terre. “Absorbe” signifie qu’il émet moins d’IR qu’il n’en capture, et qu’il transforme la différence en puissance thermique. Cette transformation s’effectue par le biais de collisions entre les molécules en présence, qui caractérisent l’agitation cinétique du milieu, et donc sa température. Grosso modo, l’anomalie de réchauffement de notre planète est de l’ordre de +1 K en un siècle, de 288 K à 289 K. Plus exactement, la température s’élève de 0.8° C entre 1850 et 2005, alors que la concentration de CO2 passe de 280 à 380 ppm.
        L’émission de notre planète se situe essentiellement dans l’intervalle de longueurs d’onde 1-60 μm du spectre IR. Qualitativement et quantitativement, cette émission obéit de près à celle du corps noir, donnée par la loi continue de Planck, qui exprime la puissance radiative en fonction de la longueur d’onde d’émission et de la température de surface du corps émetteur; toutes les longueurs d’onde de ’intervalle participent, avec un pic d’émission assez étroit à 10 μm, encadré par une montée en puissance rapide du côté des petites longueurs d’onde et une descente plus douce du côté des grandes; bien que la terre ne soit pas strictement un corps noir, mais un “corps gris”, cette courbe est raisonnablement vérifiée expérimentalement, notamment par satellites; l’approximation du corps noir représente d’ailleurs une hypothèse favorisant artificiellement la thèse du réchauffement dû au CO2.
        Les molécules de CO2 absorbent et émettent de leur côté uniquement à des longueurs d’onde spécifiques, liées aux modes possibles de vibration élongation-flexion de l’alignement triatomique O-C-O, et à la structure discrète des niveaux d’énergie quantifiés de la molécule. Ce mécanisme est extrêmement complexe. Bien que le nombre de raies d’absorption afférentes soit considérable, seules deux d’entre elles sont jugées significatives en climatologie élémentaire. Ces deux raies sont celles centrées respectivement à 4.3 μm, fortement absorbante, liée aux vibrations d’élongation antisymétriques, et à 15 μm, moins absorbante, liée aux flexions angulaires. Cependant, la première se situe dans une région de faible émission IR de la terre, où il n’y a quasiment aucune différence entre deux températures de surface voisines. Elle est à son tour négligeable. Finalement, seule la raie à 15 μm est d’importance, en raison d’une robuste absorption et d’une nette émission terrestre à cette longueur d’onde.
        Les courbes de Planck tracées pour 288 K et 289 K se distinguent à peine l’une de l’autre et uniquement autour du pic d’émission à 10 μm, dans la fenêtre de transparence de l’atmosphère. En deçà de 4 μm et au delà de 20 μm, la différence d’émission à ces deux températures est inférieure à 1% – raison supplémentaire pour éliminer les raies d’absorption situées dans ces ailes. Au voisinage de 15 μm, rapportée à la largeur de bande de 2 μm de la raie en question, la différence d’émission ne s’élève qu’à 0.4 W•m-2. Même en admettant que cet accroissement d’émission IR soit intégralement absorbé par l’accroissement de concentration de CO2, il est clair qu’un forçage radiatif aussi infime est incapable d’expliquer l’anomalie de réchauffement constatée. Aux antipodes, l’orthodoxie climatique avance un forçage radiatif au moins 8 fois supérieur à cette valeur (> 3 W•m-2). Le CO2, en réalité, ne joue qu’un rôle marginal dans l’évolution actuelle des températures.
        En absence d’identification claire des causes de ce réchauffement, il vaut mieux se préparer à des opérations de mitigation – comme pour les tremblements de terre – plutôt que de partir en guerre contre des moulins à vent. Comme le signalent justement de nombreux intervenants, il y des combats plus importants.

        1. @Pierre Jacquot, si vous êtes si sûr de votre conclusion, je vous invite à proposer votre démonstration à un journal scientifique et de vous faire publier.

          Cependant, je vous conseille de prendre connaissance de ces travaux avant de faire une démonstration dans le vide, ignorant les démonstrations des autres:

          – Plass, G. N. (1956). Carbon dioxide and the climate. American Scientist, 44(3), 302-316.
          – Zhong, W., & Haigh, J. D. (2013). The greenhouse effect and carbon dioxide. Weather, 68(4), 100-105.
          – Mlynczak, M. G., Daniels, T. S., Kratz, D. P., Feldman, D. R., Collins, W. D., Mlawer, E. J., … & Hunt, L. A. (2016). The spectroscopic foundation of radiative forcing of climate by carbon dioxide. Geophysical research letters, 43(10), 5318-5325.
          – Hanel, R. A., Conrath, B. J., Kunde, V. G., Prabhakara, C., Revah, I., Salomonson, V. V., & Wolford, G. (1972). The Nimbus 4 infrared spectroscopy experiment: 1. Calibrated thermal emission spectra. Journal of Geophysical Research, 77(15), 2629-2641.
          – Harries, J. E., Brindley, H. E., Sagoo, P. J., & Bantges, R. J. (2001). Increases in greenhouse forcing inferred from the outgoing longwave radiation spectra of the Earth in 1970 and 1997. Nature, 410(6826), 355-357.
          – Held, I. M., & Soden, B. J. (2000). Water vapor feedback and global warming. Annual review of energy and the environment, 25(1), 441-475.

          Votre argumentaire n’est pas nécessairement faux mais il manque des points importants, suffisamment important pour vous faire atteindre la mauvaise conclusion.

          Vous négligez les différences au sein de l’atmosphère en fonction de l’altitude et de la latitude, notamment le fait que la vapeur d’eau dépend de la température et que la pression joue aussi un rôle sur la capacité des gaz à absorber l’infrarouge. De même vous négligez le rôle de feedback de la vapeur d’eau en fonction de la température. Vous négligez aussi le fait qu’on observe des changements sur le spectre infrarouge terrestre au cours des dernières décennies et que d’autres physiciens arrivent à une conclusion différente de la votre avec le même genre de calcul.

          Le monde scientifique n’attend qu’une démonstration convaincante pour arrêter de soutenir la théorie qui fait consensus.

          1. Bon Alexandre, j’ai toujours bien apprécié vos informations bibliographiques, mais là, il y en a trop! Et pour des raisons pédagogiques (ce qui est quand même un peu le but de ces blogs) il serait bon de résumer ce que vos références traitent. Sinon, personne ne va aller les consulter (sauf moi, parfois) et ça revient au même que de ne pas les citer.

          2. @GuyMC
            Alors je vais résumer brièvement le problème:
            – Ignorer le rôle des boucles de rétroaction avec la vapeur d’eau qui font partie des estimations du forçage radiatif du CO2.
            – Ignorer le rôle des autres fréquences où l’absorption par le CO2 se réalise et qui deviennent de plus en plus importantes avec l’augmentation du CO2. C’est particulièrement le cas quand on considère les différentes couches de l’atmosphère et les différents gradients thermiques.

            Si Pierre Jacquot essaie de démonter l’estimation du forçage radiatif du GIEC en ne regardant que les propriétés spectrales du CO2, alors c’est qu’il n’a absolument pas lu la moindre littérature sur le sujet. C’est tout. Je l’invite à le faire car le forçage radiatif estimé par le GIEC ne se définit pas comme ça.

            C’est juste une question d’honnêteté intellectuelle. On répond aux arguments des autres plutôt que de répondre à rien.

          3. Vous dites:
            “Le monde scientifique n’attend qu’une démonstration convaincante pour arrêter de soutenir la théorie qui fait consensus.”
            >> Il n’y a pas de consensus dans le monde scientifique. De nombreux scientifiques ne sont pas convaincus de la théorie du RCA. Mais il est vrai que tous n’osent pas s’exprimer librement, de peur des représailles. C’est la triste vérité. C’est aussi ce que dit M. Suren Erkman dans un entretien avec Jacques Pilet, disponible en ligne. Une liste (non-exhaustive) de scientifiques “sceptiques” est disponible sur Wikiliberal.
            Concernant les rétroactions: Il y a certainement des rétroactions, mais elles peuvent tout aussi bien être négatives que positives et elles peuvent aussi être d’une ampleur limitée. Le problème de la “science” climatique retenue par le GIEC, c’est qu’elle ne s’occupe que de ce qui peut aller dans le sens de l’alarmisme. Que faites-vous de la figure 1(a) de l’encadré RT.3 de la version AR5 du GIEC, qui montre que les modèles ont prévu des températures entre 2 et 10 fois supérieures aux températures observées?

          4. Alexandre, j’ai une petite question pour vous.
            Je suis tombé sur les taux de CH4 dans l’atmosphère donnés pas le GIEC, c’est-à-dire 2 ppm maintenant (x8). Le CH4 a 200 fois plus d’effet que le CO2. Pourquoi pondère-t-on ensuite son effet par sa durée de vie ? Ca n’a aucun sens si l’on parle de puissance. Autrement dit, sans cette pondération mystérieuse, le CH4 aurait autant d’effet de serre que le CO2 (concentration 200 fois moindre, effet “radiatif” 200 fois plus). Où est l’erreur ? Merci.

          5. @GuyMC, le rôle du méthane est l’un des plus compliqués car il a un impact énorme sur la chimie atmosphérique. Sa courte durée de vie est due à son oxydation par le radical hydroxyle qui se trouve fréquemment dans l’atmosphère. Sauf que ce radical joue aussi un rôle dans le cycle de l’ozone et la destruction du dioxyde de soufre.

            Par exemple, une augmentation du méthane va avoir pour conséquences de diminuer la disponibilité des hydroxyles pour la destruction du dioxyde de soufre qui est un refroidisseur car il augmente l’albédo. Donc il augmente la durée de vie du dioxyde de soufre sur le long terme. C’est une des raisons pour laquelle le méthane a un rôle moindre sur le long terme quand il est dans une situation d’équilibre (concentration maintenue dans l’atmosphère). Il y a des boucles de rétroaction qui réduisent son effet. Tandis qu’une augmentation du méthane atmosphérique est une situation de déséquilibre où il y a plus de méthane qui entre dans le système atmosphérique que de méthane qui sort du système par réaction chimique. Raison pour laquelle à court terme son effet est plus important.

          6. Merci Alexandre, votre réponse concernant le méthane est très intéressante. Mais aussi très qualitative. Et-ce qu’il existe des mesures, des expériences permettant d’être plus précis. Parce qu’en fait, je reste un peu sur ma faim !

          7. @GuyMC, et encore il semble y avoir d’autres processus et d’autres boucles de rétroaction impliquées. Mon message n’était de loin pas exhaustif. Je pense que les deux auteurs qui devraient le plus vous intéresser sont Daniel Feldman et Gunnar Myhre.

            En cherchant un peu il y a trois publications de Myhre intitulées:
            – “Atmospheric composition change: Climate–Chemistry interactions”
            – “Future methane, hydroxyl, and their uncertainties: key climate and emission parameters for future predictions”
            – “Radiative forcing due to stratospheric water vapour from CH4 oxidation”

            Et deux de Daniel Feldman:
            – “Observationally derived rise in methane surface forcing mediated by water vapour trends”
            – “Large regional shortwave forcing by anthropogenic methane informed by Jovian observations”

            Sinon comme courte introduction, il y a l’article “Non-CO2 greenhouse gases and climate change” par Montzka, Dlugokencky et Butler.

        2. Monsieur Jacquot “opérations de mitigation” est le terme approprié. La mitigation a aussi l’avantage de moins taper dans le stock fini d’énergies fossiles que, n’en déplaise aux ayatollahs du CO2 coupable de tous les maux, nos descendants utiliseront au-delà de l’an fatidique 2050.

        3. Merci, M. Jacquot, pour cette réponse qui à elle seule suffit à faire comprendre que la théorie du RCA telle que défendue par les climato-alarmistes ne tient pas.
          Quand je lis trop les médias mainstream sur la question du climat j’ai le pénible sentiment d’assister à un délire collectif…

          1. Tout a été résumé par un commentateur : la catastrophe arrive et je me réjouis de ne pas avoir d’enfants. Symptomatique d’un occident déchristianisé et submergé par la culpabilité et bouffi d’orgueil (coupable de quoi ? mais de tout), qui n’a plus qu’une seule envie, se suicider. Cet occident malade qui célèbre les sexualités non reproductives, l’avortement, le mariage entre personnes sans descendance possible, l’afflux de migrants, le suicide assisté, le choix de ne pas faire d’enfants… Nos ancêtres qui ont vécu les invasions barbares, la peste noire, la mortalité infantile ravageuse, les refroidissements climatiques, les réchauffements climatiques, les années sans récoltes, ont gardé l’espoir, fait des enfants et nous sommes là aujourd’hui. Si certains veulent disparaître parce que le vent sera un peu plus fort demain, libre à eux mais ne m’entraînez pas dans la tombe avec vous. Bon courage aux résistants, les climato-fascistes ne passeront pas 😉

  12. Bonjour Mme Sandoz,

    Mon commentaire se fait dans la foulée de celui de M. Pasquier. Il aborde fort justement la question des incertitudes dans les modèles du GIEC.

    Je vous invite vivement à lire l’article consultable en ligne sur le site du journal canadien La Presse, intitulé “Changements climatiques: le piège du consensus scientifique”. Il permet de réconcilier des avis a priori opposés en exposant l’opinion critique envers le GIEC d’un ancien rédacteur de chapitres des rapports de ce même organisme. Ce dernier est un mathématicien américain expert en analyse de risques, aujourd’hui rattaché à l’Université de Delft, aux Pays-Bas. Extrait :

    “(…) « Les gens du GIEC ont une façon fautive de raisonner et de communiquer à propos des incertitudes. Ils ne comprennent pas le raisonnement probabiliste, et ça a des conséquences terribles », a-t-il dit à La Presse en marge d’une conférence prononcée hier au Centre de recherches mathématiques de l’Université de Montréal. (…)”

    Cet article m’a rappelé l’importance du principe de précaution : parfois, Il n’est pas nécessaire d’avoir une certitude pour agir.

    Nous n’avons pas de planète de rechange. Par respect pour les générations futurs, nous ne pouvons pas tester l’hypothèse que la part anthropique du réchauffement climatique est faible voir négligeable. Les risques sont trop élevés. Malgré les incertitudes importantes liées à la compréhension de la physique du climat, il nous faut agir pour diminuer drastiquement nos émissions en gaz à effet de serre.

    Et vous conviendrez probablement avec moi que la diminution du gaspillage des ressources, un des piliers des mesures de la transition écologique, impliquera quoi qu’il arrive des aspects très bénéfiques pour nos sociétés.

    Merci pour avoir osé le débat.

    1. Cher Monsieur Golay,
      Le troisième rocher depuis le soleil est face à des défis gigantesques que les décideurs auront à classifier par ordre d’importance et d’urgence car tous ne pourront pas être financés de front. C’est tristement terre-à-terre mais c’est une évidence.
      Parmi ces défis je n’en cite que deux : la surpopulation mondiale et la pollution des océans par les plastiques.
      Surpopulation : croire que les peuples des pays pauvres vont renoncer au mode de vie occidental et à ses dépenses démesurées d’énergies par altruisme est un vœu pieu. L’évolution de la population mondiale (actuellement + 1 milliard tous les 16-17 ans) ne peut s’inverser qu’à un horizon de 60-70 ans. Actuellement, excepté les épidémies du genre malbouffe, coronavirus, ebola et sida rien ne se fait
      Pollution des océans : en 2050, au rythme actuel de 9,5 millions de tonnes/an, la masse de plastiques en croisière sera équivalente à la biomasse. Ce n’est pas l’interdiction des pailles en plastique qui aura une quelconque influence sur ce thème.
      Entre deux maux je choisis de soigner le pire en priorité, pas vous ?

      1. L’un n’empêche pas l’autre, Monsieur Hirschi. Je vous renvoi vers l’article de National Geographic consultable en ligne intitulé “Les dix fleuves du monde qui charrient le plus de plastique.
        4 millions de tonnes de déchets présents dans les océans proviennent des rivières et 88 % à 95 % de ce volume est issu de seulement dix fleuves, les plus pollués au monde.”

        1. Effectivement, c’est effrayant! Merci pour cette référence Monsieur Golay. La pollution de ces fleuves par les plastiques et les toxiques chimiques les rends dangereux pour la santé de centaines de milliers de personnes. En étant cynique je dirais que si nous continuons à polluer de la sorte nous régulerons la population mondiale par voie de conséquence..

  13. On croyait le dossier de la norme pénale sur les LGBT clos et sagement tranché par le peuple, mais Madame Sandoz n’a toujours pas digéré sa défaite, tel le montre encore son dernier paragraphe.

    Je ne lis que haine et aigreur dans ses articles. Elle voit de la mauvaise foi et de la conspiration partout.

    Je propose de modifier la norme pénale et de compléter l’art. 261 bis du code pénal par la sanction de celle qui, publiquement, aura suscité la paranoia et l’intolérance publique en répandant des idées moyen-âgeuses, et à condamner ladite criminelle à l’emmurement dans ses propres certitudes. Telles les nonnes recluses du Moyen-Age.

    1. De grâce cessez ce délire, ce n’est pas parce qu’on a une une opinion différente de la vôtre sur les LGBTI qu’on a des idées moyenâgeuses.

  14. Madame, je vous soutiens infiniment. J’ai moi-même travaillé sur la simulation du climat il y a 20 ans avec un membre actuel du GIEC. Je peux vous assurer que ces simulations étaient complètement bidon, incapables d’expliquer le passé . Aucune simulation ne pouvait expliquer par exemple pourquoi à l’époque romaine le climat était plus chaud qu’aujourd’hui. Je suis certain que toutes les personnes qui vous insultent n’ont jamais étudié la simulation du climat, ignorent les bidouillages du GIEC sur les données, son refus catégorique et systématique de fournir les données brutes ni les méthodes de retraitement mises en oeuvre pour produire les graphiques qu’il publie… Madame, continuez à douter, le climat est la dernière occasion des fascistes verts pour limiter la liberté de leurs contemporains et mener l’occident au suicide.

    1. “Aucune simulation ne pouvait expliquer par exemple pourquoi à l’époque romaine le climat était plus chaud qu’aujourd’hui”

      Bah c’est plutôt bon signe que les simulations n’arrivent pas à simuler ce qui ne ressort pas des archives paléoclimatiques?

      Sérieusement, l’optimum climatique romain n’est absolument pas plus chaud que ces dernières décennies. Si on prend un exemple tout bête avec le travail de Vinther et al. 2009 qui a assemblé 6 carottes de glace différentes provenant de différents points de la calotte glaciaire Groenlandaise, on voit très clairement que les températures des années 1950 sont déjà au niveau de l’optimum climatique romain. Pourtant les données isotopiques des carottes Groenlandaises ont tendance à surestimer les températures des siècles passés car le rayonnement solaire incident était plus élevé en Arctique qu’aujourd’hui (paramètres de Milankovitch).

      Vous pouvez trouver ces données sur CarbonBrief dans l’article “What Greenland ice cores say about past and present climate change” et sur wikipédia dans l’article “Neoglaciation”.

  15. Et la mort de Forêts ?
    Et les grosses bombes H qui détruiront 100 fois notre Planète ?
    Cette bonne vieille Terre, elle ne nous a pas attendu pour exister. C’est juste un magnifique vaisseau spatial très perfectionné. Et qui existera probablement longtemps après nous. Croyons-nous former le centre de l’Univers, avec nos mots, nos convictions et notre orgueil d’humain ?
    Ne se prendrait-on pas un peu trop au sérieux ici ou là ?
    Et si on profitait un peu de la vie, tout simplement, avant que la mort ne nous réduise en poussière stressée.

  16. Des esprits médiocres qui s’emparent d’une grande idée et la catastrophe est inévitable…

    Madame, continuez de douter; ceux qui vous critiquent n’ont pas la moindre idée de la manipulation des données, de leurs limites de compréhension et manque flagrant de recul.

    Les gens qui au Moyen-Age brûlaient ceux qui pensaient différemment sont toujours parmi nous et ils n’ont pas pris une ride.

    Salutations et courage.

    1. @ MI
      “Des esprits mediocres…” quelle sentence peremptoire et un tantinet pretencieuse…
      Aujourd’hui les platistes veulent nous faire croire que la terre est plate. Ce n’est pas parcequ’il sont minoritaires a le penser que la terre deviendrait plate comme par magie.
      Je ne pensais pas vivre un jour une epoque ou une partie des gens pourrait proner le fait de polluer, gaspiller, vilipender, detruire un environnement en etant fier de le faire et en traitant ceux qui ne sont pas de leur avis “d’esprits mediocres”
      On marche sur la tete

      1. Monsieur, votre commentaire montre bien le danger qu’il y a à cristaliser le débat sur le problème du climat. Vous avez raison, le pire est l’atteinte que l’homme fait à la biosphère par la pollution, la surexploitation,… C’est à cela qu’il faudrait consacrer notre énergie. Pas au climat qui n’est pas aussi urgent (et qui est plus controversé).

  17. Bonjour Madame; je n’ai pas la plume bien alerte ce soir; j’avoue être consterné de ces combats d’arrière garde; que de perte de temps; que de perte d’énergie; on peut toujours prendre le train en marche; en fait non, mais on peut prendre le suivant et arriver à la même destination; cela m’est arrivé un jour; désireux de monter à la Jungfrau, sur le quai de la gare je photographiais d’élégants massifs de fleur, sans réaliser qu’un agent verrouillait les portes de la rame où j’avais déjà déposé mon sac de voyage; le train est parti sans moi, mais pas le suivant …mon sac m’attendait là-haut, bien sûr; hospitalité des Helvètes, pour sur !

  18. Le soutien que manifeste M. Thibaud à Madame Sandoz est bienvenu car le journal du Temps s’active à détériorer l’image de personnes qui ne sont pas dans « le bon camps », et les manœuvres exercées dans ce but montent chaque fois d’un cran. Je vois beaucoup de lâcheté de la part de rédacteurs ayant le statut de journaliste fixe, salariés, quant aux moyens employés. Il y a une volonté de gagner un combat en passant outre des règles d’honnêteté intellectuelle et de respect que l’on croyait acquises pour un journal « de référence et de qualité ». Ce serait bien le sujet à débattre dans cette colonne, car jusqu’ici il était abordé en parallèle lors des échanges qui se concentraient sur le problème climatique. Et je souhaiterais exposer ici la question que je poserais à M. Garoffé ou au rédacteur en chef, afin qu’ils répondent aux lecteurs en premier lieu : Vous invitez Madame Sandoz à s’exprimer en tant qu’auteure de blogs, dans quel but ? Par respect de la liberté d’expression ? Pour enrichir les échanges d’idées sur des sujets importants pour tous ? Cessez donc de nous mener en bateau depuis vos bureaux, ayez le courage de sortir de vos contradictions que vous tentez de maîtriser par des déclarations peaufinées en grand décalage avec vos actions de fond. Trop difficile ? Je vais vous aider à formuler ouvertement : « Deux climats, survie de l’humanité et du journal même combat, la première le subit et l’affronte à l’air libre, ce dernier le crée entre ses murs et le propage ».

  19. @ Alexandre
    Vous ne m’avez pas compris: j’exerce simplement la faculté de réfuter à la Popper. Ce n’est pas à moi d’essayer de publier une contre-théorie du climat. J’en serais bien incapable. La charge de la preuve revient aux tenants des théories du réchauffement – en termes compréhensibles. Noyer le lecteur sous une avalanche de références hyper-spécialisées pour vous présenter en grand spécialiste n’apporte rien.

  20. Les géologues comptent en millions d’années, les hommes en décennies, voire en siècles, les politiciens en mandatures. Le dernier million d’années a vu alterner glaciations et périodes de réchauffement avec une fréquence d’environ 140’000 ans. Les quatre dernières glaciations ont été clairement identifiées. Chaque période interglaciaire voit la proportion de CO2 dans l’atmosphère augmenter un peu. N’oublions pas qu’il y a à peine 25’000 ans, 800 mètres de glaces recouvraient Genève ! Depuis la fin de la dernière glaciation, le niveau des mers est monté d’une centaine de mètres
    Au cours de la période historique, on constate que la période romaine était plus chaude qu’aujourd’hui et que les glaciers étaient plus en retrait qu’à présent. Une nouvelle période chaude est apparue vers l’an 1000 et a duré au moins 3 siècles. C’est à ce moment que les Vikings se sont installés au Groenland. Puis un refroidissement assez sévère, qu’on a appelé le petit âge glaciaire, s’est abattu sur l’hémisphère nord.
    C’est vers 1860 que le maximum glaciaire a été observé. A partir de cette date, les glaciers ont commencé à régresser. Or il n’y avait ni avions, ni voitures et il y avait beaucoup moins de monde sur la planète. On ne peut donc pas affirmer que ce réchauffement était d’origine anthropique.
    Les hommes de Néandertal ont dû affronter la glaciation de Würm, à nous de profiter de l’interglaciaire qui caractérise notre époque !

  21. Le débat et clos…(gag).
    Mon César du meilleur contributeur va à M. Jaquot.
    Mon César du meilleur second rôle va à Alexandre pour ses contributions intéressantes mais non décisives. Quant au rédacteur en chef qui qualifierait ce contenu de « commentaire à la noix », je ne me prononcerai point.
    En revanche, un nom manque encore au palmarès: celui du professeur William Happer de l’université de Princeton, dont je recommande vivement le visionnement de ses vidéos sur YouTube.
    Cordialement, Marc (un profane)

  22. Votre Grain de sable a réussi une grande performance : gripper 3 rouages qui tendaient à broyer sans scrupules à la fois la réalité et un certain bon sens.
    1er rouage: le GIEC
    Vous avez réussi à faire émerger cette réalité que le GIEC présenté officiellement comme une autorité qui a définitivement “dit la science”, n’est pas une doxa monolithique et indivisible. Il y a bien un comité central, qui compile la masse des analyses des autres comités du GIEC, et rédige les “executive summaries”. Ce comité central propage une doxa rigide et ne contient pas d’experts scientifiques, seulement des fonctionnaires désignés par leurs pays. Le terme « expert » dans le sigle GIEC est abusif : il n’est pas dans la version anglaise IPCC. Il y a par contre d’autres comités et groupes, avec des experts scientifiques, qui traitent de la physique du climat et des modélisations : ils ne sont pas dans une doxa rigide et admettent ouvertement de grandes incertitudes qui contredisent le comité central (documents disponibles).
    2e rouage : les universitaires spécialisés ou non
    Ce rouage-là refuse la diversité de positions au sein du GIEC et a essayé de vous faire taire avec son billet ” Le débat sur le CO2 est clos” dans Le Temps du 23 février 2020. À ces universitaires on peut ajouter la masse de ceux qui sont intervenus dans votre blog. Une partie pour dire tout le mal qu’ils pensaient de votre proposition d’ouvrir le débat, au nom de l’idée qu’il était sacrilège de remettre en question le GIEC officiel (Comité central). Mais aussi une autre partie pour souligner l’importance, et surtout la légitimité, du débat que vous proposiez.
    3e rouage : la rédaction du Temps
    La rédaction du Temps s’est associée au 2e rouage (exemple emblématique : l’article de Pascaline Minet, cheffe rubrique sciences) intitulé : “Climat : et si maintenant on se posait les bonnes questions ?” “dans LT du 23 fév. 2020. Message clair : les citoyens qui n’adhèrent pas au GIEC central, sont simplement demeurés ou immoraux.

    Au final, le bilan de votre questionnement sur le climat a fait sauter ces trois verrous (rouages) en ouvrant les yeux de beaucoup, et cela rappelle une histoire bien connue “Le roi est nu”. En l’occurrence, le GIEC (Comité central), clef de voute de tous ces verrous, qui se drape dans la certitude de détenir “la bonne science” est démasqué : il fait du déni de science, et, c’est un comble, un déni de sa propre science, celle de ses comités scientifiques…
    Vous avez et aurez encore beaucoup de beaux esprits pour vous accabler. Heureusement vous résistez remarquablement bien à ces assauts furieux.
    Et surtout, votre grain de sable a fait considérablement avancer les choses et a éclairé la lanterne de ceux qui aiment encore réfléchir et gratter derrière les idées reçues. Merci.

    Deux points laissent quand même un goût amer : l’attitude de la communauté scientifique et l’attitude d’un grand média comme Le Temps. La controverse étant clairement de nature scientifique, il aurait été d’abord du devoir de la communauté scientifique d’élucider la controverse en établissant méthodiquement les faits confirmés et aussi les incertitudes, elles font partie des faits. Les Académies des sciences, précisément crées pour cela, n’ont pas fait le travail de vérification que la situation exigeait. Un scientifique est normalement préoccupé par cette question angoissante : ce que j’ai compris est-il bien le reflet aussi proche que possible de la réalité, ou est-ce le reflet de mes préférences ? Pour avoir été membre de la commission Energie de l’Académie suisse des sciences techniques, j’ai pu y observer des exemples où exprimer des préférences l’emportait sur dire l’état des connaissances. Au vu de cette démission des scientifiques, les grands médias auraient ensuite dû provoquer le débat et pousser les scientifiques à se déboutonner. Les médias ne pouvaient pas trancher, ce n’est pas leur domaine de compétence, mais ils auraient au moins pu donner à leur public les thèses des uns et des autres, et de manière équilibrée. Plus grave, les grands médias, à peu d’exceptions, ont en fait pris parti et choisi d’appuyer la doxa du GIEC, celle des résumés pour décideurs et d’occulter les divergences et les incertitudes mises en avant par les comités scientifiques de ce même GIEC.

    Finalement c’est Madame Sandoz, avec sa lucidité et son talent pour identifier les questions dérangeantes, mais essentielles, et aussi, son insistance, comme le Petit Prince de St Exupéry qui ne lâchait pas prise avant d’avoir une réponse, qui a secoué le cocotier. Avec un certain résultat.

    D’autres nuages s’accumulent dans le ciel des controverses. Signal inquiétant de Daniel Cornu, médiateur de Tamedia, dans la rubrique opinion de 24H du 28-02-2020. Il analyse les méthodes avec lesquelles les médias donnent la parole « aux autres » : courrier de lecteurs, commentaires d’articles sur les médias en ligne et blogs hébergés par quelques « grands » médias. Parlant des blogs, il prévient, ils sont problématiques : « Non tant par les billets des blogueurs eux-mêmes, que par les commentaires apportés par d’autres internautes. Les forums sont idéalement dédiés au débat. Livrés à des disputes et des chicanes, certains d’entre eux tendent à se transformer en arène. ». Au-delà des blogs, ce billet de Daniel Cornu semble exprimer l’aversion des grands médias pour les réseaux sociaux, qui seraient (seuls) responsables de toutes les désinformations. Votre action égratigne donc sensiblement ce dogme « du bon média versus le vilain réseau social » : c’est bien un blog, votre blog, qui a déclenché un débat utile et révélateur sur l’état des connaissances scientifiques en matière de climat, et non pas la rédaction d’un grand média avec du travail journalistique.

    Va-t-on vers une fermeture des blogs ? Est-ce la méthode ultime et élégante pour se débarrasser enfin de Mme Sandoz ? Ce serait tellement plus confortable s’il n’y avait plus de pression sur le monde académique pour qu’il assume ses responsabilités, ou sur les rédactions de grands médias pour qu’elles fassent un peu plus d’investigation sur la réalité du terrain et rendent mieux compte de la diversité des positions.

    1. “Il y a bien un comité central, qui compile la masse des analyses des autres comités du GIEC, et rédige les “executive summaries”. Ce comité central propage une doxa rigide et ne contient pas d’experts scientifiques, seulement des fonctionnaires désignés par leurs pays.”

      Et vous pensez quoi des synthèses du premier groupe de travail intitulé “the physical science basis” qui sont rédigés par des chercheurs indépendants? Parce qu’ils servent de support pour les résumés aux décideurs et que ces rapports soutiennent explicitement la responsabilité humaine dans le réchauffement actuel.

      Vous pensez quoi du fait que la NASA et d’autres institutions scientifiques comme l’association américaine de physique, l’association américaine de chimie et la société américaine de géologie prirent tous une position pour soutenir la même théorie que le GIEC? L’association américaine de chimie a carrément une partie de son site web qui sert d’introduction et de support pédagogique pour familiariser les gens au sujet du réchauffement climatique.

      1. C’est bien ce qui m’intrigue Alexandre. Ces scientifique (de la NASA et autres) ont souvent le même niveau en connaissance de l’atmosphère que les professeurs confirmés dénigrés par Mme Minet ! Et donc ces prises de positions de sociétés scientifiques n’ont pas la même valeur que celle des chercheurs indépendants spécialisés (comme vous, je pense). Si maintenant je me réfère à Oreskes qui a analysé 928 articles parus en 11 ans (entre 1993 et 2003), il paraît environ 90 articles “peer reviewed” par année. A raison d’un article tous les 2 ans, on peut donc estimer à moins de 200 le nombre de chercheurs qui sont à la base des déclarations du GIEC. (D’accord, d’accord, c’est une estimation…, il faut vérifier !!!). Mais, ce qui me frappe, c’est que l’on accorde pareillement de pouvoir à relativement peu d’influents et, pis encore, que ceux-ci refusent à corps et à cris le débat !
        Cette conclusion me surprend aussi, mais un cercle de 200 chercheurs se relisant les uns les autres n’est pas à l’abri d’erreurs d’estimations, d’omissions, etc…

        1. En regardant l’article “Climate Change Research in View of Bibliometrics”, je vois qu’il y a une augmentation exponentielle dans la recherche sur le climat. On est désormais bien plus loin avec des milliers de publications chaque année. Ensuite concernant le GIEC, deux tiers des auteurs changent d’un rapport à l’autre pour éviter le manque de critique entre confrères se connaissant. Il y a bien plus que 200 scientifiques qui bossent sur le climat, je ne sais pas d’où sort cette estimation.

          Concernant les prises de position des autres institutions, si on regarde la NASA, l’association américaine de météorologie et l’association américaine de géophysique, il n’y a pas de doutes qu’il s’agit de personnes maitrisant les sciences atmosphériques. Concernant la société américaine de géologie, eux sont spécialisés dans l’étude des traces des climats passés et c’est justement pertinent de voir qu’eux aussi soutiennent le rôle du CO2 dans le climat terrestre. Leur position n’est pas simplement un soutien explicite mais un argumentaire. De même pour l’association américaine de chimie dont le site fournit d’excellentes références.

          Moi en général je me fie au rasoir d’Ockham sur la question d’une position politique sur le sujet. Je trouve peu probable que de nombreux scientifiques de différents pays, provenant de différentes disciplines et ce depuis plusieurs décennies soutiennent une position scientifique pour des motivations politiques. Tandis qu’une poignée de scientifiques à la retraite affiliés à différents think tank libertariens financés par des industries fossiles… pourquoi autant de climatosceptiques sont en relation avec le Heartland Institute par exemple? Pourquoi wikiliberal, contrepoints et les climato-réalistes sont partenaires de think tank libertariens comme le Cato Institute dont les frères Koch sont les plus gros actionnaires?

          1. Réponse impossible à votre question. Je ne connais aucune des références que vous donnez et je n’ai pas spécialement envie de les consulter.

    2. Post-Scriptum
      CORRECTIF à mon commentaire du 1-03-2020 à 19h56
      J’ai évoqué Daniel Cornu, médiateur de Tamedia , et son billet Opinion dans 24H du 28 février dernier. Il estimait que les blogs comportaient des risques à cause des commentaires apportés par d’autres internautes. Sa crainte : « Les forums sont idéalement dédiés au débat. Livrés à des disputes et des chicanes, certains d’entre eux tendent à se transformer en arène. ».
      J’ai supposé que cette appréciation négative avait pour origine précisément « Le Grain de Sable » de Madame Sandoz. Mea culpa : après vérification auprès de Monsieur Cornu, cette intuition était parfaitement fausse. Monsieur Cornu n’avait pas connaissance du débat CO2 sur le blog de Madame Sandoz. Dont acte. Je remercie Monsieur Cornu pour ses précisions et lui présente mes excuses.

  23. Alexandre, Guy MC, relisez la biographie de Galilée. Plus proche de nous, réviser votre histoire sur Alfred Wegener (dérive des continents). Ou encore la théorie sur l’eugénisme, lequel faisait conscensus au 20ème siècle y compris parmi les universités les plus réputées comme Harvard!
    En référence à notre actualité immédiate des Césars, songez à l’affaire Dreyfus, dont l’armée française savait qu’il était innocent, un peu comme le CO2…En quoi est-ce que la NASA serait plus intègre que l’armée française? Toute organisataion humaine est traversée par l’idéologie. Un autre problème résulte du fait que la plupart des scientifiques manque de compétences sur les questions qu’on leur demande de valider.

  24. Alexandre, vous nous balancez l‘argument classique (point Goodwyn du débat sur le climat) que les climato-sceptiques sont financés des intérêts du pétrole. Soit. Et qu‘en est-il de tout cet argent qui afflue pour confirmer les thèses dominantes sur cette question, générant ce pseudo consensus de 97%? En vérité, les gens comme Al Gore et plus près de chez nous la fameuse vague verte aux dernières élections (il vous faut des noms?) se sont largement servi de cette cause pour se faire élire tout en affichant un suprême mépris pour la vérité scientifique.

    1. C’est pas un point Godwin, le Heartland Institute organise régulièrement des conférences climatosceptiques où sont invités les têtes d’affiche habituelles. Même des Français comme Benoît Rittaud s’y rendent, durant la conférence de 2018 au Trump Hotel de Washington, il y est allé et a raconté ça en long, en large et en travers sur son blog. Le réseau des libéraux français comme wikibéral et contrepoints affiche officiellement leur partenariat avec le Cato Institute. Donc voilà, les climatosceptiques sont affiliés avec deux think tank qui ont été fondés par les frères Koch, des géants pétroliers. Le Heartland Institute est d’ailleurs un think tank très agressif qui a même une longue histoire dans la défense des intérêts des géants du tabac, au point de mentir sur les effets sur la santé. Ce sont des informations faciles à vérifier.

      Ensuite concernant Al Gore, je vois pas trop le rapport avec la recherche scientifique ou le consensus sur la problématique climatique. Évidemment qu’il y a une exploitation politique du sujet. Mais c’est inévitable pour un sujet de société de cette importance. Les prises de position des mouvements écolos ne sont pas en accord avec ce que dit exactement la science, ce que tous les climatologues regrettent car la plupart sont pro-nucléaires tandis que les mouvements écolos sont anti-nucléaires. De plus, l’idée d’un consensus sur le rôle du CO2 dans le climat est bien plus vieux que la politisation du sujet, je vous invite à lire les deux courts documents suivant:
      – “Restoring the Quality of Our Environment” écrit en 1965 par le comité scientifique du président américain.
      – “Carbon Dioxide and Climate: A Scientific Assessment” écrit en 1979 par le National Research Council, organisme de l’académie américaine des sciences.

      Les deux documents soulignent déjà qu’il y avait une base scientifique solide sur la question et que le réchauffement climatique allait devenir de plus en plus perceptible. Le second document utilise même le terme de consensus.

      Si on veut aller plus loin dans la démonstration d’un consensus au-delà des intérêts financiers et des idéologies politiques, on peut voir qu’en interne les géants pétroliers étaient au courant de le recherche sur le réchauffement climatique et que leur propre analyses et relectures corroboraient les conclusions des climatologues. Par exemple chez Exxon en 1982, un document de synthèse intitulé “Exxon CO2 Primer” défend le consensus sur le réchauffement climatique et réalise même une estimation du réchauffement dans les prochaines décennies (estimation qui est assez correcte avec ce qui est observé maintenant). Le document a été partagé en interne avec un mémo qui résume bien la situation: “In summary, the results of our research are in accord with the scientific consensus on the effect of increased atmospheric CO2 on climate”. Pourtant malgré cette acceptation en interne, Exxon a financé le climatoscepticisme pour retarder les actions politiques. Ces documents internes ont été dévoilés que récemment et ils montrent le double-jeu des géants pétroliers. Vous pouvez trouver différents articles sur le sujet en recherchant sur google “Exxon: The Road Not Taken”.

  25. Merci Alexandre pour ces informations intéressantes. J’en profite pour signaler au passage dans ce blog la disparition de Freeman Dyson le 28 février. J’ai appris son décès en ligne en consultant un article du journal Le Temps. Lorsque vous consultez sa page Wikipedia, vous tombez sur le paragraphe intitulé “Un hérétique” dont je me permets de citer le passage suivant:
    La première hérésie que Freeman Dyson défend est « de prétendre que toute l’agitation au sujet du réchauffement global est largement exagérée ». Il se méfie particulièrement des prédictions des modèles informatiques, pertinentes en ce qui concerne la dynamique des fluides mais insuffisants quand ils décrivent les nuages, la poussière, la chimie et la biologie des champs, des fermes et des forêts. Dyson en vient à penser que les experts finissent par croire à leurs modèles plutôt que d’étudier la réalité. En conséquence il annonce : « Il ne fait aucun doute que des régions du monde se réchauffent, mais le réchauffement n’est pas global ». Sa conclusion est sévère : les experts du réchauffement climatique détournent ainsi l’argent et l’attention à consacrer à d’autres problèmes plus urgents comme les maladies infectieuses, l’éducation ou encore la pauvreté.
    Fin de citation.
    Avec lui, nous voyons disparaître encore un “scientifique à la retraite” selon vos propres termes. Lui aussi, était-il affilié à l’argent du pétrole?
    Cordialement votre,
    Marc

    1. @Marc
      F.Dyson était une personne avec de drôles de points de vue, comme lors de ses échanges avec R.Dawkins où il contestait différent éléments de la théorie de l’évolution énoncés par Dawkins. Et le terme de hérétique était un terme qu’il s’appliquait lui-même.

      Ensuite F.Dyson était membre du Global Warming Policy Foundation, un think tank affilié aux industries minières et fossiles. Lui-même a expliqué ses motivations:
      “Mes objections à la propagande contre le réchauffement climatique ne concernent pas tant les faits techniques, dont je ne sais pas grand-chose, mais plutôt la manière dont ces gens se comportent et le type d’intolérance aux critiques que beaucoup d’entre eux ont.”

      Et vu le harcèlement que subissent les climatologues depuis 30 ans, effectivement ils deviennent moins tolérants avec les personnes qui pensent avoir la science infuse.

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