Madame cookies

Journée internationale de la femme, des femmes, des droits de la femme, le 8 mars mérite une petite réflexion. J’avais l’intention de la commencer en cherchant sur google la liste des « journées internationales ou mondiales de … ». Je me me rappelais m’être livrée à cet exercice il y a quelques années et avoir fait des découvertes incroyables. Mais sachant que « le monde change », je n’ai pas voulu risquer une erreur. Je voulais donc vérifier. Hé bien, en effet, le monde change : le site des journées internationales m’informe qu’il ne peut être gratuit que grâce à la publicité et que, si je veux continuer de le consulter, je dois accepter les cookies qui vont me « proposer des contenus et des services adaptés à vos [mes] centres d’intérêts » (sic). J’ai aussitôt renoncé à la poursuite de ma recherche, y compris d’ailleurs à celle concernant la journée de la femme, car je ne savais pas si celle-ci était exceptionnellement « gratuite ».

Tout travail mérite salaire. Il est donc parfaitement légitime que les recherches de google qui nous permettent de nous instruire soient payantes, mais on touche là à toute la perversité de la toile. D’abord, c’est gratuit, puis, quand on y a bien pris goût, on est livré pieds et poings liés à la publicité. Aucune liberté : ou vous voulez vos informations et vous vous « tapez » la pub, prétendûment « adaptée à vos centres d’intérêts » – question bête : comment les connaît-on ? – ou vous renoncez à savoir. A la limite, je serais prête à payer un abonnement de libre accès à google, mais joindre à l’esclavage de la toile celle de la pub et permettre toute incursion imaginable dans ma vie privée, non merci !

Peut-être qu’en supprimant la journée de la femme – après tout, nous ne sommes ni des malades, ni une maladie – on contribuerait à la libération de l’esclavage de la publicité. Toute liberté est bonne à prendre !

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

2 réponses à “Madame cookies

  1. Vous trouvez sur Safari, gratuitement, la liste des 460 journées internationales inventées par nos belles âmes qui se chargent de protéger tout et tous contre tout et tous (et non ” toutes”: le féminisme à la fois victimisé, agressif et sexiste anti-hommes qu’on nous inflige chaque année autour du 8 mars est absolument odieux, et c’est une femme qui vous le dit !). Le Temps de lundi dernier était totalement insupportable et illisible à cet égard. A quand la journée mondiale pour protéger les hommes contre l’esprit revanchard des femmes ?

Répondre à avocat Santschi Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *