Si M. Trump était communiste?

Si M. Trump était communiste serait-il l’objet d’autant de critiques, d’attaques, d’insultes publiques et médiatiques ? Probablement pas, d’une part parce que ce serait beaucoup trop dangereux pour les auteurs et d’autre part parce qu’il serait plus « discret » dans son comportement officiel – les despotes et leurs tueurs à gages ne crient pas sur les toits. En cela, il faut le dire, l’analogie était totale entre le national socialisme et le communisme.

On peut faire le même constat en Suisse en ce qui concerne M. Blocher et l’UDC et en France, au sujet de Mme Le Pen et de son parti : si c’étaient des communistes, ils ne seraient pas aussi diabolisés.

Il ne s’agit pas ici d’encenser M. Trump, ni M. Blocher, ni Mme Le Pen, mais de se réjouir de ce que les Etats-Unis, la Suisse, voire la France, soient des pays où la démocratie permet la critique publique, même la plus grossière quelquefois, de personnalités politiques sans que cela entraîne la fin prématurée de l’existence des auteurs ou leur enfermement loin de la scène publique.

A vrai dire, il n’est pas impossible que les réseaux sociaux, spécialistes des fausses nouvelles, des calomnies et des rumeurs assassines ne deviennent une menace pour la démocratie en excitant sournoisement à la haine et au déchaînement de violence : qui sème le vent récolte la tempête. C’est là peut-être que la « vraie » presse, crédible parce que modérée dans son langage et constante dans la recherche des faits réels, aux risques et périls même parfois de ses auteurs, mérite de retrouver toute sa raison d’être. C’est une contribution incontestable à la paix. Que certains éditeurs se le disent !

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

11 réponses à “Si M. Trump était communiste?

  1. Encore une fois, excellent billet! Il me semble évident que depuis l’élection de Donald Trump, beaucoup de gens qui s’expriment sur les réseaux sociaux et beaucoup (trop) de media, affirment sans aucun argument que tout ce que fait le nouveau président est absolument lamentable (pour reprendre un mot du vocabulaire trumpien). Comme Madame, Sandoz, je pense qu’il ne faut pas exagérer. Si les Etats-Unis ont élu Trump c’est qu’il avait pour adversaire Madame Clinton qui incarnait le comble du “politiquement correct”!

  2. Ping : Herds
  3. Chere Mme Sandoz,

    M. Trump serait-il aussi critiqué *SI* il était communiste?

    Je veux aussi souligner que *SI* ma grand-mère avait des roues, alors elle serait un vélo.

    Merci,
    Luther.

  4. Je pense que vous faites une confusion, malheureusement très répondu dans les médias, entre Communiste et Dictateur.
    Je vous suggère de revoir la définition du mot communisme.

    1. Sur le communisme.
      Je cite Eugenio Corti dans ” Les derniers soldats du roi ” :
      « En raison de mon expérience du monde russe, je savais de science certaine hors de toute polémique – que les communistes avaient déporté et massacré des millions d’êtres humains absolument sans défense, en particulier un nombre incalculable de paysans ukrainiens et de Cosaques. Je savais qu’il n’était presque pas de famille ukrainienne ou cosaque qui n’eût eu quelqu’un de ses membres tué ou déporté par les communistes. Cela, à l’époque, pouvait n’être qu’un soupçon, un bruit confus pour les autres, mais non pour moi. Je savais en outre que les soldats russes, si par hasard un communiste était capturé avec eux, le dénonçaient immédiatement : ” Comissàr… Comissàr “, et demandaient à grand cris qu’on le fusille. »

    2. @Smartx

      Pouvez-vous citer un seul dirigeant communiste qui n’ait pas violenté son pays, sa société? Il n’y en a pas un seul. Nulle part la démocratie ou la liberté d’expression, dont l’absence caractérise la dictature, n’a survécu un seul instant à l’instauration d’un pouvoir communiste.

      Certes à différents degrés, avec comme extrêmes l’abattoir qu’est la Corée du Nord, après le Cambodge génocidaire, ou comme exemple récent, la répression de l’expression libre au Venezuela, cas contemporain de communisme falimentaire, même si assez soft.

      Cette disculpation récurrente de l’idéologie communiste par rapport à ses crimes est pathétique, et consubstantielle une partie de la soi-disant “élite” occidentale (“les intellectuels”), qui refusent de sortir de leurs petites utopies d’enfance. Allez voir en Europe centrale, Roumanie, Albanie, etc…si les mm intellectuels défendent le communisme (ou son innocence théorique) contre toutes les évidences. Pour l’avoir vécu, ils ne le feront pas. Il faut aller en France, Espagne, voire Genève, pour récolter pareil aveuglement.

      Je vous suggère d’ouvrir un livre d’Histoire, et de d’aller un peu à la rencontre des personnes concernées.

  5. Mme Sandoz vit sur une autre planète !
    M. Trump joue avec son compte twitter pour envoyer des messages douteux en prétextant que les media traditionnels sont des ennemis du peuple !
    Elle n’a donc pas compris à quel point ce président est une menace pour les institutions démocratiques. Ce qui n’est évidemment pas le cas dans des régimes totalitaires qui font ce qu’ils veulent des journalistes (Chine, Russie, …).
    On peut se demander pourquoi le journal “Le Temps” fait encore appel à une personnalité qui s’est totalement ridiculisée par son intervention contre Mme Widmer-Schlumpf !

  6. Selon vous, c’est trop dangereux de critiquer des communistes aux Etats-Unis;
    Selon vous, “communiste” est le synonyme de despote entouré de tueurs à gages.
    Selon vous, en démocratie, qui est un système formidable, il est possible de diaboliser les représentants de l’extrême droite, mais pas des communistes.
    Et il n’y a que la dernière affirmation qui est logique – c’est la presse traditionnelle qui est crédible. Paradoxalement, c’est celle qui est le plus critique envers Donald Trump.

  7. Libre à Mme Sandoz d’exprimer ses opinions à courte vue, bien dans l’air (nauséabond) de l’époque, mais pitié, pas dans l’aire du Temps.

  8. C’est ainsi. En Suisse, en France, plus généralement en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Afrique (Raul Castro invité d’honneur au 28e sommet des chefs d’État de l’Union africaine), en Chine et ailleurs en Asie, les peuples traitent différemment l’extrême-droite et les communistes, parce que contrairement à Madame Sandoz, qui est très éclairée et ouverte sur le monde, l’humanité est composée d’abrutis. Que Madame Sandoz se rassure, le mariage gay menant à la fin de notre civilisation (comme elle l’a déclaré), elle va bientôt remplacer tout ça selon ses goûts.

  9. Pour rester poli, l’hypothèse de Mme Sandoz est parfaitement ridicule. Si Trump était communiste, il ne serait tout simplement pas président des États-Unis.

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