La guillotine

C’est fait ! La curée est achevée, M. Buttet est mort politiquement, peut-être personnellement aussi et on n’ose imaginer ce que vit sa famille.

Mais le procès médiatique sans droit à la défense, sans aucun égard pour la personne, a été mené rondement, en violation de toutes les règles élémentaires des droits de l’homme (un procès équitable), avec l’acharnement du lâche qui n’a plus rien à craindre. Oh ! je ne cherche pas à protéger un harceleur mais je constate simplement que la vengeance a été terrible, meurtrière, et qu’à aucun moment on n’a songé aux proches de M. Buttet. C’est peut-être là que réside la plus grande perversité des procès publics et hors justice. La joie vicieuse de ceux qui se sentent soudain plus forts, qui se prennent pour des justiciers, telle un rouleau compresseur, écrase tout sur son passage. Et ce ne sont pas les « victimes » du harceleur qui sont les pires, mais, il faut le dire, des journalistes en mal de papiers. Le Temps a fait très fort sur ce plan-là.  Les petits Robespierre – dont on finit par se demander s’ils sont heureux de détourner l’attention sur un bouc émissaire – se sont déchaînés. Espérons qu’après la curée, les vainqueurs repus se mettront à réfléchir. Le procès sur la place publique est frère de la guillotine !

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

17 réponses à “La guillotine

  1. C’est le principe du rôle du bouc-émissaire dans toutes les sociétés archaïques qui permet au groupe menacé par la dissenssion de se ressouder autour de la mise à mort coupable idéal. Jusqu’au prochain bouc-émissaire. Mr Buttet en cela est une victime expiatoire qui doit permettre aux femmes de retolérer les hommes et leur désir envahissant dans une société où la pornographie est érigée en nirvana culturel et en liberté indépassable. Moins de contrôle social sur l’hyper sexualisation de la société (publicité, Internet, revendications des unet des autres à l’accès à la pornographie, défense syndicale des “travailleurs du sexe”…) nécessitera toujours plus de bouc-émissaires. Bienvenue dans un monde infra moderne. Merci les 68 ards et autres “tueurs” du père.

  2. certes, la pression médiatique a eu raison de la personnalité politique de M. Buttet et non de sa personne, mais lui n’a pris aucun gant face à des femmes qui ont toutes les peines du monde à témoigner devant la justice, parce que le harcèlement est difficilement démontrable .
    S’il avait été blanc comme neige, il n’aurait pas cédé si facilement et d’ailleurs il a reconnu qu’il se comportait lourdement en état d’ébriété ( sa stratégie de défense ) , ce qui accentue ses responsabilités en tant qu’élu et aussi officier à l’armée. Il se doit en effet de montrer l’exemple et de garder son self contrôle en toute occasion.
    En revenant un citoyen ordinaire, si sera bien vite oublié, parce que l’actualité va se concentrer sur d’autres événements bien plus importants.

  3. Propos selon moi entaché de déformation professionnelle. Tout n’est pas juridique et tout ne se règle pas devant un tribunal. Le volet juridique se déroule en parallèle. Voyons maintenant l’affaire sous un angle social. Buttet, par son comportement, s’est déshonoré. Dans une société ou un groupe quelconque, il y a des règles à respecter pour assurer la cohésion et la bonne coopération entre les membres. Celui qui déroge ne sera pas forcément punissable juridiquement, mais verra les autres lui tourner le dos. La sanction sociale peut être bien pire que celle prévue par le droit. Privé du soutien du groupe, il a tout intérêt à s’en aller et recommencer ailleurs.

    Mais comment aurait-il selon vous fallu faire, qui n’ait pas été fait, pour que ce “procès médiatique” se déroule correctement? Il me semble contrairement à vous que Buttet a exercé son “droit de défense”, dans la mesure où il souhaitait le faire, en affirmant notamment que le comportement dénoncé par des collègues était dû à un problème d’alcool et qu’il ne se souvenait de rien. Aurait-il fallu taire l’affaire le temps que la justice ait tranché? Est-ce ainsi que vous voyez le rôle des médias: celui de simples rapporteurs de décisions judiciaires?

    1. … et le temps que la justice tranche, ou punisse, il aurait lui M. Buttet et autres harceleurs, continuer à faire des victimes. Et aux victimes de prouver face à la justice qu’elles sont des victimes ! C’est M. Buttet qui devait penser aux siens, c’est vrai que les siens doivent en souffrir, mais c’était à lui de protéger les siens ou les siens peut-être auraient pu le protéger lui ? Les bourreaux de toutes sortes, sexuels, psychologiques, et j’en passe, doivent payer pour le mal qu’ils sèment autour d’eux. Oui peut-être est-il le bouc émissaire ? Mais enfin on ne va pas le plaindre. Les temps ont changé, IL Y A LES MEDIAS et merci ! Toutes mes pensées vont aux victimes.

  4. Il faudrait faire une expérience. Pour cela il faudrait posséder deux ou trois grands quotidiens qui ne soient pas de gauche, et si possible aussi une ou deux chaines de radio et de télévision qui ne soient pas de gauche. Déjà là on voit que ca ne sera pas possible, car dans la situation actuelle il n’existe pas, du moins pas en Suisse romande, un seul média qui ne soit pas nettement de gauche. Mais poursuivons quand même le raisonnement.

    Il faudrait ensuite faire un petit travail de fouille-m… ce que les journalistes savent si bien faire, et découvrir les casseroles de quelques personnalités connues pour leurs engagements de gauche en faveur du féminisme, de l’immigration, du mariage homo, de la société multiculturelle, de l’Union Européenne etc. Puis on lâche la meute. On révéle que monsieur ou madame Untel, icône des progressistes, pratique le harcélement sexuel, ou est mêlée à un scandale quelconque. On lance la purée à fond les manettes, on augmente la dose, on s’acharne, jusqu’à que la personne, sans avoir été jugée par aucun tribunal, soit se suicide, soit c’est sa femme qui se suicide, mais en tous cas a sa carrière brisée, et est contrainte à démissioner de toutes ses fonctions.

    Et là on verra ce que disent tous ces tartuffes qui justifient le lynchage de Buttet comme le font ici sur ce blog Hubert Giot, Jérome, P. Schneider.

    Je précise que buttet m’était personnellement antipathique. J’appréciais certes qu’il défende les valeurs familiales et même si on est porté sur la boisson et qu’on a les mains baladeuses on a le droit de défendre le principe que la famille doit avoir un papa – même si ce papa est un alcoolique et un gros lourd – et une maman. D’ailleurs c’est le cas de la famille Buttet – et personne nota bene n’a eu une pensée pour Madame Buttet et ce qu’elle a pu souffrir – Mais je ne supportais pas l’applaventrisme eurobéat de cet imbécile de Buttet.

    Donc dans un certain sens j’aurais pu me réjouir qu’on soit débarrassé de ce politicien. Pourtant je suis écoeuré, dégoûté et révolté par la manière dont il a été mis à mort.

    Je constate qu’il s’agit d’une tactique de terrorisme moral et politique qui est utilisée exclusivement pour mettre à mort socialement des personnages aux opinions conservatrices et chrétiennes comme Giroud, Freysinger et maintenant Buttet.

    Comment se fait-il qu’il y ait un choix dystématique pour sortir les casseroles des gens de droite. Il va falloir agir pour mettre hors d’état de nuire cette mafia de hyènes dactylographes malfaisantes et sans aucune déontologie.

  5. Madame,
    J’aime votre sagesse et vos recadrages. Je ne connais pas l’affaire dont vous parlez et je ne peux pas porter d’avis sur le fond. Cependant, pour bien servir la cause des victimes, il est essentiel de travailler encore et toujours à la sécurité juridique pour que droit et justice convergent autant que possible. Je crains aussi que trop de publicité n’expose autant les victimes que les agresseurs. On peut argumenter, toujours. Vos éclairages sont néanmoins toujours source de réflexion. Merci.

  6. Il est vrai que les journalistes ont depuis longtemps réveillés les Zorro, Ivanhoé, et moult autres justiciers qui sommeillent en eux. Le Temps depuis les bousculades qu’il a subis, s’est mis au diapason des people. Cela vaut-il encore la peine de soutenir une presse qui peine à se hisser hors du caniveau? Et, j’y accole les réseaux sociaux…
    Mais, je ne puis perfidement m’empêcher de citer Rabelais :
    “Souvent femme varie, bien fol celui qui s’y fie.”

  7. Plus je lis Mme S.D., plus je me dis que cette femme n’aime pas les autres femmes.
    Par exemple son refus à l’époque de l’assurance maternité pour des motifs “techniques” (coût de la chose) en éliminant l’aspect humain, affectif et émotionnel.
    Même chose actuellement : avant d’être une affaire médiatique et juridique, le harcèlement (sexuel en l’occurrence) est un vécu personnel, d’une femme très généralement, face à un homme qui ne met pas de filtre dans l’expression de ses fantasme, considère la femme qu’il a en face de lui comme un objet dont il ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) qu’il ne partage pas ses désirs.
    Il y a donc un égocentrisme majeur, un déni de l’individualité de l’autre, une maltraitance psychique et même souvent physique.
    Que ressent la victime face à cela ? Même si l’on a pas connu soi-même une telle situation, il me semble qu’un minimum de sensibilité conduit à penser d’abord à la victime, à essayer de s’identifier à son vécu plutôt que de s’effaroucher du battage médiatique de l’affaire Buttet et de ses répercussions sur l’entourage. Est-ce que Mme S.D. a connu elle-même des situations de ce genre, et comment s’en est-elle sortie ; ce serait intéressant qu’elle évoque cela plutôt que de nous sortir des théories générales. Et si elle n’a pas connu et n’est pas capable de s’identifier à cela, est-il bien raisonnable qu’elle s’exprime à ce sujet ? Pour terminer, il est vrai que ce doit être difficile pour l’entourage de Buttet, mais la personne qui aurait dû s’en soucier tout particulièrement avant d’agir, n’est-ce pas le harceleur lui-même ?

  8. Tiens, justement, un nouveau scandale vient de sortir à l’instant.

    28 femmes se sont plaintes que Werner De Schepper, ce super gauchiste agressif, grenouille de bénitier catholique d’extrême gauche, qui a dirigé le Blick pendant très longtemps et lui a donné une orientation haineuse antisuisse et anti Blocher, eh bien, ce grand humaniste infligeait à ses employées des comportements obscènes qualifiés de “dégoûtants” et les tripotait les seins, fesses etc., sans leur consentement.

    Alors voilà. Ca sera un test. On va voir si la meute des hyènes va traquer ce sale gauchiste pervers avec la même hargne et le même acharnement qu’elles ont mis à traquer Buttet.

    Obervez bien. Je prends les paris. On va en parler pendant deux jours, et puis on va enterrer l’affaire.

  9. La position exprimée par Mme Sandoz me paraît hautement contestable, et les termes dont elle use pour l’exprimer totalement inadaptés. Il y a donc, à mes yeux, erreur de sa part aussi bien sur le fond que sur la forme. Sur la forme d’abord, particulièrement outrancière, comme si les mots les plus forts pouvaient à eux seuls disqualifier ceux et celles qu’elle attaque, et la dispenser de leur opposer une argumentation sereine et objective. La liste de ses excès de langage est longue, et je note particulièrement ceux de “guillotine” figurant d’emblée dans son titre, puis ceux de “curée”, de “lâche”, de “vengeance meurtrière”, de “joie vicieuse”, de “vainqueurs repus”, sans parler de l’insinuation de “détournement d’attention”, qui tous s’apparentent plus à l’invective, voire carrément à l’injure, et finalement au procès d’intention, qu’au débat de fait. Sur le fond, je récuse l’idée que le travail d’information effectué par les journalistes ait consisté en un véritable “procès public”. Tout au plus en a-t-il constitué son instruction, qui autrement n’aurait peut-être jamais eu lieu sans les paroles qui ont pu ainsi se délier. En fin de compte, Madame Sandoz semble ignorer que ce qui est public ici, c’est la fonction d’un élu qui a bafoué les idéaux dont il se réclamait et a ainsi trahi ceux dont il avait sollicité la confiance.

  10. Bravo, merci pour votre article. Trop de media nourrissent le peuple de scandales des célébrités. Mais pour quoi en vérité ?…
    “Le monde se trouve petit, mon cher monsieur, il faut bien qu’il monte sur quelque chose pour grandir”. La démagogie fait partie de la démocratie. Faut-t’il pour autant la laisser prospérer ?

  11. Toujours aussi fascinant de lire Mme Sandoz et sa culture embaumant la naphtaline nauséeuse. Les années passent et sa verve réactionnaire demeure. Nous devrions rendre hommage à ce qu’elle est, un témoin fossilisé de ce que fût la politique dans notre pays durant de nombreuses années. Tout cela est, fort heureusement, bel et bien révolu.

  12. Une question qu’on devrait se poser par rapport à la vie privée de personnalités publiques, politiques, qui ne l’exposent pas d’eux même dans les médias. Si cela avait été un inconnu, est-ce que cela aurait suscité une telle couverture ?

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