Madame Ekström, votre réquisitoire contre l’installation de l’homme sur Mars, est mal fondé

Sylvia Ekström, astrophysicienne de l’Université de Genève vient de publier aux Editions Favre, avec son mari, Javier Nombela, graphiste, un livre dont le titre est « Nous ne vivrons pas sur Mars ni ailleurs ». C’est un véritable réquisitoire et il me semble tout à fait mal fondé et mal argumenté. L’autrice part d’un a priori négatif sur l’installation de l’homme sur Mars, d’une méconnaissance du travail qui est fait pour apporter des solutions aux problèmes réels qui se posent, et aussi d’une incompréhension des motivations qui animent les partisans du projet. Me sentant personnellement agressé, je réponds.

La microgravité est présentée comme un obstacle rédhibitoire au voyage. J’ai déjà exposé dans ce blog que nous avons tout à fait conscience du problème. Pour y répondre il faut bien distinguer les tout premiers voyages où il n’y aura personne à l’accueil sur Mars et les voyages ultérieurs. Pour les premiers, les astronautes devront faire un effort particulier pour se maintenir « en forme » et on peut envisager la création à bord des vaisseaux, d’une gravité artificielle par force centrifuge. Le concept théorisé par Robert Zubrin, est de relier le nez d’un couple de vaisseaux-spatiaux par des filins (supposons le Starship d’Elon Musk) et de mettre le couple en rotation. En dehors de la gravité terrestre et de l’atmosphère, le mouvement se conserve une fois l’impulsion donnée sans qu’il soit nécessaire de fournir continument de l’énergie. Il suffirait d’un jeu de filins de quelques 170 mètres de longueur pour recréer dans les compartiments habitables des vaisseaux une gravité tout à fait suffisante, (de type martien pour 2 rotations du couple par minute). Pour les voyages suivants, étant donné qu’il y aura des personnes à l’arrivée, les passagers pourront supporter une période de quelques jours de « réacclimatation » à la gravité (dans l’hypothèse où la génération de gravité par force centrifuge s’avérerait trop compliqué à mettre en place). Sur Mars on n’aura certes qu’une gravité de 0,38g et il faudra l’expérimenter pour savoir si elle est supportable sur le long terme (c’est-à-dire suffisante pour le bon fonctionnement des organes à l’intérieur du corps) mais on peut déjà dire qu’avec 0,38g la verticalité (sens du haut et du bas, écoulement) qui manque en microgravité, serait restituée. On peut ajouter qu’on aura pour sortir sur la planète un équipement d’une masse de quelques dizaines de kg qu’il vaudra mieux pouvoir porter ; à l’intérieur des habitats, on pourra circuler avec des semelles lourdes (« de plomb ») et éventuellement avec une veste-antiradiations (type astrorad).

L’atmosphère ténue est le second facteur présenté comme rédhibitoire. C’est effectivement un problème puisque cela impose le port d’un scaphandre mais 610 pascals (en moyenne) ce n’est pas rien. C’est beaucoup plus que sur la Lune sans atmosphère aucune. Cela permet quand même de consumer les plus petites et les plus nombreuses des micrométéorites. Cela permet aussi d’avoir une ressource abondante d’éléments chimiques utiles pour la vie (carbone et oxygène puisque l’atmosphère est composée à 95% de gaz carbonique). Cela permet encore de faire voler certains engins ultra-légers. L’expérience de l’hélicoptère va être tentée par la prochaine mission de la NASA (Perseverance) mais on peut aussi envisager des ballons dirigeables pour transporter de petites masses, comme des instruments d’observation.

Les radiations sont le troisième obstacle mentionné par Madame Ekström. Leur niveau constitue effectivement un problème mais sur la moitié de la planète (aux altitudes les plus basses telles que dans les Basse terres du Nord, le Bassin d’Hellas, le fond des grands cratères) ce niveau des radiations est atténué par la pression légèrement plus élevée de l’atmosphère (1100 pascals au fond du bassin d’Héllas). Partout, il l’est par le sol de la planète qui fait écran à une bonne partie de ce qu’on pourrait recevoir dans l’espace profond à la même distance du Soleil. Le résultat c’est que sur Mars, dans le fond du Cratère Gale (où elles ont été mesurées par l’instrument RAD du rover Curiosity), on ne reçoit que la moitié de ce qu’on reçoit dans l’espace profond et la même dose que l’on reçoit dans la Station Spatiale Internationale (ISS). Par ailleurs, une fois sur Mars, on n’aura pas besoin de passer des heures à l’extérieur des habitats ou des véhicules protégés. La plupart des hommes d’aujourd’hui passe-t-il plus de deux heures chaque jour « à l’extérieur » ?  Ce qui est important c’est que les hommes sur Mars pourront commander, en direct, partout en surface de la planète, des robots qui agiront pour eux. Le gros problème pour les scientifiques aujourd’hui c’est qu’il y a un décalage de temps entre les ordres que l’on donne aux robots et la prise de connaissance que l’on a de leur action. Les deux planètes sont séparées de 55 millions à 400 millions de km et cela représente un décalage incompressible de 3 à 22 minutes pour que la lumière transporte les messages, dans chaque sens. Les robots ne peuvent donc pas être commandés en direct depuis la Terre, ils doivent être programmés. Rien que pour cette raison le séjour de l’homme sur Mars serait justifié (et celui sur la Lune ne l’est pas sauf pour de brèves incursions).

L’isolement et le confinement sont le quatrième obstacle mentionné par Madame Ekström. Cela n’est pas sérieux ! Les premiers explorateurs seront effectivement isolés mais ce seront des explorateurs, c’est-à-dire des gens tout à fait particuliers par rapport à la population générale. A-t-on évoqué ce problème vis-à-vis d’Ernest Shackleton avant qu’il parte explorer l’Antarctique ? Pour la suite il y aura probablement de moins en moins d’appréhension pour les partants, l’inconnu devenant de plus en plus connu et le nombre de personnes présentes sur Mars augmentant. Les gens qui séjournent aujourd’hui dans la Station Concordia au cœur de l’Antarctique ne sont pas particulièrement malheureux. Quant au confinement, le questionnement de Madame Ekström serait presque risible. Certes pendant le voyage de 6 mois je veux bien que les conditions soient un peu difficiles de ce point de vue mais d’autres astronautes ont déjà traversé des périodes aussi longues dans la Station Spatiale Internationale sans que cela leur soit inusportable. Par contre, une fois sur Mars, étant donné l’immensité de la planète, précisément vide d’habitants, comment parler de « confinement » alors qu’ils auront la possibilité de sortir de l’habitat ? Madame Ekström se sent-elle confinée quand elle se trouve dans son appartement en Suisse plutôt que dans la rue ? Pour renforcer le côté « noir » de son tableau, Madame Ekström évoque en plus le fait que les habitats n’auraient pas de fenêtre. Quelle drôle d’idée ! Même dans la Station Spatiale Internationale il y a une pièce avec hublot (la « coupole »). Pourquoi n’y en aurait-il pas sur Mars, en plusieurs exemplaires, alors qu’on pourra y produire du verre (de l’épaisseur qu’on voudra) à partir de la silice locale (abondante) et qu’on pourra en agrémenter soit les habitats creusés dans les pentes, soit ceux qu’on aura construits avec le fer (donc l’acier) qu’on pourra exploiter sur place. Supposer que l’on va vivre dans des bidons pressurisés sans fenêtre est une insulte aux personnes qualifiées qui ont déjà fait un travail important sur les habitats martiens (la NASA mais aussi, entre autres, « The Mars Homestead project » dirigé par Bruce McKenzie, ingénieur diplômé du MIT qui travaille sur le sujet depuis le milieu des années 1990, bien sûr la Mars Society américaine et moi-même avec l’aide d’un ingénieur polytechnicien français, Richard Heidmann).

La mauvaise qualité organoleptique de la nourriture à laquelle on serait obligé de recourir est le cinquième obstacle mentionné par Madame Ekström. Elle n’aime apparemment pas le « lyophilisé ». Est-ce si grave ? la nourriture lyophilisée ou congelée (que l’on pourra aussi stocker pendant la durée de 30 mois de la mission) est excellente (aussi bien au goût que, me semble-t-il, pour la santé). Moi-même je m’en nourri volontiers, sur Terre, même lorsque j’ai le choix alternatif d’une nourriture « fraiche ». Les produits que l’on trouve chez les commerçants équipés et fournis démontrent bien que la population les consomme, sans aucune retenue. C’est pratique, c’est très sain, c’est très bon. Par ailleurs dès les premières expéditions on tentera de cultiver des produits frais sous serre (et on en disposera en petites quantités) car il est évidemment inutile d’emporter sa nourriture avec soi depuis la Terre (ce qui représente de la masse et du volume) si on peut la produire sur place. Le rythme circadien de Mars (jours de 24h39) et l’irradiance solaire à cette distance du Soleil le permettra même s’il faudra sans doute fournir un surplus ou un « back-up » d’énergie (très certainement nucléaire) pour la saison froide australe (où l’irradiance est la plus faible) et pour pallier l’insuffisance d’énergie « naturelle » pendant les tempêtes de poussière. Quant à l’eau, Madame Ekström ne le sait peut-être pas (?) mais il y a de l’eau sur Mars, beaucoup en certains endroits (même si évidemment il y en a moins que sur Terre), celle des banquises aux latitudes moyennes et même basses, formées lors des périodes de glaciation récentes (changement périodique d’inclinaison de l’axe de rotation de la planète sur le plan de l’écliptique). Donc avec de l’eau, du Soleil, des graines, des fertilisants (qu’il faudra bien sûr importer à moins de les fabriquer sur place…ce qui viendra car il y a les éléments chimiques nécessaires notamment de l’azote), on pourra très bien cultiver des produits frais sur Mars dans des bacs et par hydroponie (pour ne pas gâcher l’eau, les produits fertilisants et éviter la poussière de sels de perchlorates couvrant le sol).

Le risque de manquer d’ergols pour revenir sur Terre est le sixième obstacle rédhibitoire mentionné par Madame Ekström. Elle n’a sans doute jamais entendu parler de la proposition de Robert Zubrin, fondateur de la Mars Society aux Etats-Unis (et chimiste de formation) même si elle est très connue là-bas, y compris à la NASA qui l’envisage très sérieusement. Il s’agit tout simplement d’exploiter le gaz carbonique de l’atmosphère pour produire du méthane et de l’oxygène par réaction de Sabatier moyennant l’apport d’une partie d’hydrogène pour 18 de CO2 (que l’on peut obtenir facilement par électrolyse de la glace d’eau martienne). La réaction de Sabatier est connue depuis la fin du 19ème siècle et l’utiliser ne présente aucune difficulté particulière moyennant un apport d’énergie que l’on peut obtenir d’un petit réacteur nucléaire (même d’un RTG, générateur thermoélectrique à radioisotope, instrument à faible puissance mais qui est très robuste). Le méthane brule très bien dans l’oxygène et les deux forment un couple carburant / comburant tout à fait exploitable par nos fusées. Pour la première mission habitée, l’idée de Robert Zubrin, reprise d’ailleurs par la NASA, est de produire ces ergols par une mission robotique lors de la fenêtre de lancement précédente et de ne faire partir cette première mission habitée qu’après avoir constaté que les ergols ont été effectivement correctement produit et stockés. Pour « la suite » ce sera plus facile.

Le risque de ne pas pouvoir supporter la poussière est le septième obstacle rédhibitoire mentionné par Madame Ekström. Ce problème n’est pas non plus insurmontable. On ne sortira évidemment pas, sauf urgence, pendant les tempêtes de poussière. Et si les tempêtes globales (a priori les plus longues) ne sont pas exceptionnelles (toutes les 3 années martiennes, soit tous les 8 à 9 ans), elles ne sont pas non plus permanentes et en dehors de ces périodes il y a très peu de poussière en suspension dans l’air (l’atmosphère est trop ténue). Il faudra simplement prévoir un dépoussiérage des équipements utilisés en extérieur et un nettoyage efficace des scaphandres dans les sas d’entrée des habitats. Ce n’est pas une impossibilité technologique.

Madame Ekström ajoute à son argumentation qu’Elon Musk veut promouvoir l’installation de l’homme sur Mars, simplement à des fins d’enrichissement personnel (il « vend du rêve pour vendre quelque chose derrière » dit-elle !). C’est absolument méconnaître Elon Musk et je le connais suffisamment (indirectement via mes amis américains car il a été un des membres fondateurs de la Mars Society) pour pouvoir affirmer que c’est totalement faux. Elon Musk est habité par la volonté d’installer une branche de l’humanité sur Mars. C’est cela qui le motive, l’argent qu’il gagne dans ses différentes entreprises est totalement au service de cette ambition. On peut lui reprocher certaines choses, comme le lancement des constellations « Starlink » dans l’espace terrestre proche (qui pour moi induit une pollution inacceptable de ce milieu), mais pas la passion de l’argent pour l’argent. Il n’est pas nécessaire de joindre l’insulte à l’incompréhension.

Pour terminer, Madame Ekström constate que l’homme est le produit de son environnement terrestre et qu’il n’est pas envisageable qu’il vive ailleurs que sur Terre. Si elle avait vécu il y a quelques 50.000 ans (pour donner une date, mais on a trouvé des traces de nos ancêtres datant de 45.000 ans en Bulgarie !) dans une tribu d’homo-sapiens en Afrique et que l’écriture ait été inventée, aurait-elle déclaré que l’homme ne pourrait jamais vivre en dehors de sa savane natale ? C’était vrai à une certaine époque et puis l’évolution technologique a fait que cette limitation a évolué. Aujourd’hui nous pouvons vivre partout sur Terre, même en Antarctique, et notre technologie nous permet d’envisager de vivre sur Mars. Pourquoi ne pas essayer ?

En conclusion j’ai lu que Madame Ekström est une spécialiste des étoiles-primordiales ce qui est un sujet passionnant qui m’intéresse également beaucoup et que son mari, Monsieur Nombela, est un « graphiste spécialisé dans la représentation visuelle du temps ». Ce n’est pas pour autant qu’ils sont des spécialistes de Mars et encore moins de l’ingénieurie qui permettrait de s’y installer. Maitrîser la problématique de la compréhension du fonctionnement des étoiles n’implique pas la maitrise de la problématique de l’installation de l’homme sur Mars. Il me semble que Madame Ekström a plutôt moins de légitimité que moi pour en parler de de façon pertinente. Je travaille sur le sujet depuis 1995 et Madame Ekström depuis beaucoup moins longtemps (elle n’a obtenu son doctorat sur les étoiles-primordiales qu’en 2004 et s’est spécialisée ensuite sur les étoiles-massives ; je pense qu’elle ne s’est pas précipitée alors pour étudier la faisabilité de l’installation de l’homme sur Mars!). J’accepte volontiers que l’on ne partage pas affectivement (c’est-à-dire en dehors de toute considération rationnelle ou scientifique) notre projet et que l’on exprime des critiques si elles sont constructives. Ce que je reproche à ces personnes c’est une opposition a priori et, à mon avis, de mauvaise foi. La caution de Michel Mayor spécialiste des exoplanètes ne change rien au tableau.

Illustration de titre: l’homme sur Mars, vue d’artiste, crédit NASA/CalTech. L’homme en scaphandre contemple le paysage de son nouveau monde. Il est arrivé sur ce promontoire avec un rover pressurisé. Le cercle qui encadre la vue est un des hublots du véhicule au travers duquel ses compagnons ont pris la photo. Au fond, loin devant, des lumières brillent, celles de la base, leur foyer. Je suis certain qu’il ne se sent ni seul, ni confiné.

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 20 12 29

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

88 réponses à “Madame Ekström, votre réquisitoire contre l’installation de l’homme sur Mars, est mal fondé

  1. Je partage très largement la position et l’argumentation de Monsieur Brisson. Un point qu’il évoque et qui m’intéresse particulièrement est la possibilité, et je dirais même dans ce cas la nécessité, de créer une gravité artificielle pendant le voyage vers Mars (l’absence de gravité pendant un voyage aussi long pouvant se révéler trop “débilitante”, quels que soient les “exercices de maintien en forme” prévus). La solution étant effectivement de mettre en rotation deux vaisseaux spatiaux (ou parties de vaisseaux) reliés l’un à l’autre. Deux remarques cependant. 1/ Cette solution est malheureusement peu adaptée à la configuration du Starship de SpaceX (qui comporte des panneaux solaires, dont la position des ponts à l’intérieur obligerait à mettre deux tels vaisseaux en rotation l’un par rapport à l’autre avec une liaison alignée sur l’axe de ces vaisseaux. etc.). 2/ Des petites études et réflexions que j’ai faites me font par ailleurs douter de la possibilité de mettre en rotation un tel “système dual” en utilisant une liaison “souple” (filin). En l’absence de tout “point d’appui” dans l’espace, le filin devrait à mon avis avoir initialement tendance à s’enrouler sur lui-même. Ou alors, il faudrait peut-être mettre au préalable ces filins sous tension en utilisant de petites rétro-fusées axiales par exemple jusqu’à ce qu’une force centrifuge suffisant soit créée (?). Etant donné l’importance de cette question pour le futur de l’exploration spatiale habitée, je m’étonne d’ailleurs qu’aucune étude sérieuse de cette solution n’ait encore été effectuée, par exemple en utilisant pour cela des modules de l’ISS.

    1. Merci à Pierre-André Haldi pour son commentaire, très pertinent. Il est vrai que trouver une solution à l’apesanteur serait très important pour les toutes premières missions, c’est à dire celles pour lesquelles il n’y aurait personne à l’arrivée sur Mars pour accueillir les passagers affaiblis et désorientés.
      J’aimerais beaucoup que des tests soient faits par Elon Musk (lors du vol de ses deux premiers vaisseaux Starship robotisés vers Mars?) pour vérifier la faisabilité de ce concept de gravité artificielle par force centrigufe à un niveau TRL8 (ce qui implique toutes sortes de tests préparatoires).
      Claude Nicollier a bien démontré (il l’a expérimenté lui-même) que déployer un cable en micropesanteur est très difficile (il n’y a rien de plus difficile à récupérer pour utilisation, qu’un cable non tendu (“slack”) dit-il. Mais son expérience a été faite en l’absence de possibilité de contrôle de la tension du cable à chacune de ses deux extrémités. Ce qu’on peut imaginer, pour être constructif, c’est (1) le dévidage du cable entre les deux vaisseaux sur une longueur maximum; (2) la mise en tension du cable par rembobinage sur la longueur nécessaire; (3) très lentement, très progressivement tout en rembobinant dès que nécessaire, la mise en rotation du couple des deux vaisseaux; Enfin (4) l’accélération de la rotation, par raccourcissement du cable, pour atteindre une gravité artificielle de l’ordre de celle de Mars. Une fois la rotation engagée, il n’y a aucune raison qu’elle s’arrête mais on peut toujours prévoir de retendre le cable par rembobinage ou d’arrêter volontairement la rotation, pour une raison quelconque (en actionnant les divers systèmes de propulsion équippant les vaisseaux). La raison pourrait être que le cable est devenu trop court et la vitesse de rotation relativement à cette longueur, trop rapide et que le différentiel de gravité entre la tête et les pieds des astronautes soit devenue trop sensible.
      Ca me semble jouable, mais bien sûr il faut se lancer dans l’expérimentation.
      Autrement, si la mise en oeuvre de cette gravité artificielle s’avère impossible, il faudrait que les premiers hommes qui iront sur Mars, restent à bord de leur vaisseau une fois arrivés sur Mars pendant plusieurs jours avant de descendre sur le sol de la planète. Il faudrait ensuite que la seconde puis la troisième missions se reposent exactement au même endroit sur Mars, en imaginant que la seconde mission serait comme la première, un aller suivi d’un retour 18 mois après, mais qu’à la fin de la troisième mission une petite équipe, deux ou trois personnes, reste sur place pour accueillir les passagers de la quatrième mission et, également, maintenir les équipements en fonctionnement, pendant l’intervalle de deux mois entre les missions (je rappelle que les missions martienne devront durer 6+18+6 mois – soit 30 mois – et que la mission n+1 arrivera sur Mars à 26+6 mois – soit 32 mois). De toute façon la logique voudrait que les premières missions se posent toutes au même endroit pour bénéficier de l’infrastructure naissante. Le capital matériel apporté par une mission doit servir aux suivantes (mais raisonnablement on ne peut demander à quelques passagers des deux premières missions que ce soit, de renoncer à leur retour sur Terre dès que l’opportunité se présentera, c’est à dire après 18 mois de séjour). Pour l’exploration de Mars, ce ne sera pas un problème puisqu’on pourra commander en direct à partir de la base, n’importe quel robot se trouvant en n’importe quel endroit de la planète.

      1. Dans le domaine spatial, plus c’est compliqué et moins les chances de réussite sont bonnes. La “solution” développée ci-dessus (déroulement, puis rembobinage du câble) est beaucoup trop complexe et aléatoire à mon avis. Surtout qu’il existe des alternatives nettement plus simples et sûres. Soit une liaison rigide (mât coulissant) ou, si cela n’est pas possible (pour des raisons de masse en particulier), la solution de la mise en tension du filin, préalablement à la mise en rotation, par des rétro-fusées agissant dans l’axe de celui-ci.
        Mais je rejoins Monsieur Brisson, comme je l’avais écrit dans mon premier commentaire, sur l’absolue nécessité d’EXPERIMENTER maintenant sans plus tarder ces techniques, qu’attend-on (je répète néanmoins que, malheureusement, toute la conception du Starship de SpaceX n’est guère propice à l’application d’une technique de création de gravité artificielle de ce type entre deux tels vaisseaux) ?

  2. M. Brisson,

    Merci pour cette mise au point au débat. Le projet de coloniser Mars demande de l’expertise en grande partie en dehors de l’astronomie, aussi j’apprécie que vous ayez pris le temps pour répondre sur les points principaux à cet ouvrage.

    La leçon que les scientifiques en tout genres devraient retenir en ces temps de pandémie et crise climatique est qu’il est très facile d’errer quand on sort de son domaine d’expertise !

    Pour le public non-spécialiste il faut apprendre à être critique quand à la qualification des divers experts qui expriment leurs avis publiquement. Seuls ceux dont l’expertise touche directement au sujet peuvent faire valoir un argument d’autorité. Quand quelqu’un a passé des dizaines d’années à étudier un sujet, il est juste de l’écouter attentivement, car il en sait forcément beaucoup plus. Pour les autres, prix Nobel ou pas, leurs avis sur des sujets hors spécialité ne compte pas plus que n’importe qui un tant soit peu raisonnable.

    1. Excellent commentaire. Il y a en effet depuis un certain temps une déplorable tendance à accorder un trop grand crédit aux “arguments” de scientifiques s’exprimant en dehors de leur domaine de spécialité et compétence (et, dans le cas qui nous intéresse, de confondre “astronomie” et “astronautique”, deux domaines scientifiques très différents). Comme vous l’écrivez fort bien, avoir reçu un Prix Nobel dans un domaine ne donne aucun crédit supplémentaire aux propos d’un scientifique quand il ne parle pas de son domaine de référence.

  3. Je ferai toujours le même type de réponse à ces personnes : “Qu’est ce que vous en avez à faire ?”
    Je ne comprend pas pourquoi des personnes prennent position sur des sujets qui ne les touchent absolument pas. J’ai l’impression que ce genre de publication ne sert qu’à faire le Buzz et du fric par la même occasion.
    Les partisans de l’exploration humaine et de la colonisation de Mars ne sont pas des anti-écologistes, loin de là. Ce n’est pas parce qu’on s’intéresse à l’exploration spatiale qu’on se désintéresse de l’environnement.

  4. Bonjour Pierre,
    Maintenir une base sur Mars va représenter des coûts faramineux et indispensables pour subvenir aux besoins des habitants.
    Ne craignez vous pas qu’il y ait un jour un désintérêt pour cette expédition et/ou crise économique et/ou guerre mondiale et/ou épidémie (qui pourrait aussi se produire sur Mars), qui mette en péril tous les habitants?
    Pour le dire en plus court:
    – quid d’un risk assessment de l’expédition dans différents échelons de temps?
    Merci car je n’ai pas souvenir de l’avoir lu sur votre blog (je suis assez nouveau).

    1. Non “Atome”! Il ne faut pas penser que les dépenses seront “faramineuses”. L’essentiel du coût sera celui du transport et de ce que l’on transporte. Ensuite bien sûr, viendra la rémunération des personnes extrêmement qualifiées qui effectueront le voyage et feront “tourner” la base.
      Une fois sur place, les résidents devront utiliser leur capital de production importé pour en fabriquer d’autre avec des ressources locales et aussi pour produire des ressources locales nécessaires à la vie à partir de ce capital. “L’un dans l’autre” une cinquantaine de milliards sur 30 ans devrait être suffisants pour finaliser les lanceurs (Starship), construire une flotte et mener à bien une série de 8 missions (une tous les 26 mois).
      Par la suite il me semble évident que les résidents martiens devront générer des ressources à partir de leur travail. Il est inenvisageable en effet que sur le long terme les états contribuent à la totalité des besoins financiers sans retour sur investissements.
      L’objectif doit être d’arriver au point mort après 30 ans car au-dela la durée ne serait pas acceptable pour les investisseurs. Il y a plusieurs ressources possibles: la location de locaux de résidence sur Mars, aux chercheurs, aux touristes, à tous ceux qui voudront venir. Il y aussi la location de toutes sortes d’équipements qui serviront à ces personnes. Il y a encore toutes les productions intellectuelles qui pourront être effectuées dans ce milieu très particulier. Mais je ne veux pas développer ici car j’ai traité de très nombreuses fois ce sujet dans mon blog et vous pourrez retrouver les articles en consultant l’index en fin de page.
      PS: pourquoi ne pas utiliser votre nom quand vous intervenez? Cette pratique des pseudos est très irritante car on ne sait pas à qui on parle.

      1. Quick check:
        Apparemment vous êtes plutôt optimiste pour les coûts.
        La construction d’une base n’est même pas comptée, ni les multiples infrastructures dont vous parlez.
        https://www.mars-one.com/faq/finance-and-feasibility/what-is-mars-ones-mission-budget#:~:text=Mars%20One%20estimates%20the%20cost,costs%20at%20US%24%204%20billion.

        Mais bon, if faudrait étudier le BP….. !

        What is Mars One’s mission budget?
        Mars One estimates the cost of bringing the first four people to Mars at US$ 6 billion. This is the cost of all the hardware combined, plus the operational expenditures, plus margins. For every next manned mission including hardware and operations, Mars One estimates the costs at US$ 4 billion.

        As the missions progress through development phases A to D (als see Current Mission Status), improved cost estimates will become available. The updated numbers could show higher development or construction cost than the current estimates. The cost could also increase if more components than accounted for fail and need to be replaced. There are also opportunities to lower the mission cost, for example if larger, more economical launchers become available. Mars One’s business case projection supports at least double the budget. Read more about Mars One’s business model.

        1. PS: j’utilise un pseudo depuis que j’ai été insulté et agressé à titre privé par un cinglé dans un blog car j’étais d’un avis contraire (tout en restant parfaitement poli).

        2. Je suis désolé Atome, mais je ne veux pas reprendre ici ce sujet des coûts qui n’est pas du tout celui qui est soulevé par la publication du livre de Sylvia Ekström.
          Encore une fois, si cela vous intéresse, lisez les articles que j’y ai consacrés en les recherchant dans l’index. Ce thème n’est pas à traiter à la légère dans un commentaire qui ne s’applique pas à l’article.
          En tout cas le budget de Mars One qui ne prévoyait pas de vol de retour et qui à mon avis n’était pas très serieux, n’est pas à prendre comme référence.

          1. @ Pierre Brisson
            Si je saisis bien votre dernier paragraphe, je me refuse, comme vous, à toute approbation ipso facto, ou à tout préjugé a priori favorable, envers les positions et les appuis de scientifiques ou d’intellectuels reconnus, sur des sujets d’intérêt général n’appartenant pas à leur champ de compétences. Pour ceux qui douteraient de ma détermination, je renvoie à mon commentaire dans ces mêmes blogs du Temps, visant un spécialiste des trous noirs et de la gravitation quantique à boucles et notre prix Nobel de chimie:
            https://blogs.letemps.ch/christian-jacot-descombes/2020/10/11/pourquoi-la-vieille-europe-doit-sortir-de-sa-deprime/ .
            Je vais même un peu plus loin, en challengeant la portée de l’argument d’autorité. Un scientifique éminent s’exprimant en marge de sa spécialité peut parfaitement se fourvoyer. J’ai été choqué d’entendre de Monsieur Michel Mayor, découvreur des planètes extrasolaires, qu’il n’y a pas pour nous de planète B. Et Mars, précisément, et Vénus, trop vite oubliée? Il faut se reporter juste 10 000 ans en arrière, et se projeter quelque 10 000 ans dans le futur, pour relativiser le propos. Nous n’irons certainement jamais sur Trappist-1d, mais, sans tomber dans la science fiction, qu’en sera-t-il de notre génome?
            Là où mon opinion diverge de la vôtre, c’est un pas plus loin encore. Même un spécialiste patenté d’un domaine n’est pas à l’abri d’erreurs dans son pré carré. Copernic remet l’église au milieu du village, mais il ne supprime pas les épicycles. Kepler s’en affranchit avec les orbites elliptiques, mais il se perd dans les solides de Platon et il faut attendre Newton pour une fondation de la gravitation, puis … Einstein pour quelques détails calculatoires supplémentaires, et surtout une profonde refondation conceptuelle. Réciproquement, même un néophyte peut apporter une contribution décisive au progrès scientifique. La sérendipité nous en offre de nombreux exemples.
            Ce n’est pas parce que vous travaillez depuis beaucoup plus longtemps sur la “colonisation” de Mars que vous avez raison face à Madame Ekström, même si celle-ci, indépendamment de sa qualité d’astrophysicienne, n’a apparemment pas pioché suffisamment le sujet. Vous avez raison parce que vos arguments sont bons, pas parce que Madame Ekström a tort.
            La vérité scientifique “absolue” se limite à une poignée de principes de conservation, de symétrie et d’impossibilités. A fortiori, la vérité technico-scientifique est sujette à beaucoup d’interrogations. Nous avons intérêt à laisser tout le monde s’exprimer, sans filtrage autre que la bienséance, en particulier dans des médias tels que les blogs, et discutons sereinement, et, si possible raisonnablement.

          2. Merci Monsieur Jacquot. J’aime bien votre phrase “Vous avez raison parce que vos arguments sont bons, pas parce que Madame Ekström a tort”. C’est sans doute très juste. Il ne suffit pas de passer longtemps sur un sujet pour le maîtriser. A contrario, toutes choses étant égales par ailleurs, il vaut mieux passer plus de temps sur un sujet pour pouvoir le maîtriser (ou mieux le maîtriser).
            Pour le reste nous nous rejoignons car j’ai assez souvent constaté que les ruptures, les sauts, venaient souvent de personnages marginaux dans leur spécialité. En quelque sorte des personnes qui “osaient” car elles n’étaient pas tenues par les mêmes contraintes, peut-être le même milieu universitaire ou professionnel. Par ailleurs il est aussi vrai que chacun apporte sa pierre au progrès et que les ruptures ne sont souvent que partielles, disons la prise d’un chemin particulier à un carrefour qui apparait, consciemment ou non.

  5. Quand on creuse le sujet de l’exploration, voire de la colonisation de mars on ne trouve que de très jolie images de synthèse. On ne trouve pas un début de commencement de preuve scientifique qu’on peut le faire. Les défis humains, technologiques et financiers sont immenses. Et pourquoi vouloir coloniser mars alors que notre planète se meurt ?

    1. Là, Monsieur Demer, vous allez un peu fort. Votre principe est peut-être “pour se défendre la meilleur stratégie est l’attaque”. En l’occurence vous avez tort de dire qu’on ne trouve pas un début de commencement de preuve scientifique qu’on peut le faire” (la colonisation de Mars). Vous n’avez sans doute jamais entendu parler des travaux de MELiSSA ou d’ESTEE pour faire fonctionner une boucle microécologique de support vie aussi fermée que possible. Vous n’avez peut-être pas lu les divers rapports sur la géologie martienne produits par la NASA ou l’ESA qui mettent en évidence les ressources martiennes et la présence aussi bien d’eau relativement abondante (sous forme de glace) ou de toutes sortes de minéraux ou de gaz qui peuvent être exploités avec les technologies existantes pour permettre le développement de la vie. Vous n’avez pas non plus pris connaissance des mesures des radiations qui montrent que les doses pourraient être supportables pourvu bien sûr qu’on s’en protège suffisamment comme le permet heureusement le milieu martien (pourvu bien sûr qu’on fasse les aménagements nécessaires au-dessus et autour des habitats). Je pourrais continuer sur tous les sujets nécessaires à l’implantation humaine mais vous me semblez plein d’a priori et donc fermé aux arguments que je pourrais avancer. Je vous conseillerai simplement d’être moins définitif et assuré quand vous critiquez les gens. Si vous avez des critiques précises à faire, faites les et on en discutera, sinon vos arguments tombent à plat car ils n’ont aucune substance.
      Pour terminer je ne vois pas l’incompatibilité entre la nécessité de préserver notre planète et l’implantation de l’homme sur Mars. L’une n’empèche pas l’autre et l’autre peut très bien servir aux hommes restés sur Terre (la quasi totalité compte tenu des difficultés et du coût du transport) à être plus précautionneux et plus efficaces dans l’uitlisation des ressources terrestres.

      1. Bonjour,
        Je n’ai pas lu l’ouvrage de Mme Ekström et suis relativement nouveau sur cette plateforme d’échanges, donc j’enfonce peut-être des portes ouvertes.
        Je n’ai rien à retirer aux arguments présentés ci-dessus par M. Brisson et d’autres. Mais j’ajoute qu’on ira aussi sur Mars car, tout simplement, il est dans la nature permanente de l’homme de se donner de nouveaux défis. Nous ne serions pas sinon ici à en discuter, mais dans la savane à manger des feuilles de bananier. Et l’histoire montre que la simultanéité d’autres “urgences” (au classement nécessairement subjectif) n’a jamais longtemps freiné ces tentatives.
        La question est donc plutôt de savoir quand nous y irons (et bien sûr comment, mais les deux sont liés). Et là, je prévois deux objections majeures de l’opinion publique à des tentatives rapprochées, même si cela heurte ma préférence personnelle.
        La première tient au risque humain des premières expéditions. Avec les technologies actuelles, aller sur la Lune ne nous met jamais à plus que quelques jours de la Terre et donc d’un hôpital (et pour l’ISS, à plus de quelques heures). Mais pour Mars, le délai peut se compter en années. Et comme on ne pourra pas joindre une polyclinique et tous ses spécialistes aux premières expéditions, cela signifie que le moindre mal, faute d’être traité à temps, peut conduire à issue fatale. Ce qui, statistiquement, surviendra certainement. “Comme on pouvait s’y attendre !” hurleront alors certains. Or nous ne somme plus en 1914, quand la vie d’un poilu comptait peu. Aujourd’hui, à la mort d’un soldat ou d’un humanitaire en opération extérieure, c’est presque un ministre qu’il faut envoyer à la télévision pour se justifier, pour des causes pourtant considérées “justes”. Qu’en sera-t-il quand l’opinion publique apprendra qu’un astronaute est mort faute d’avoir pu être soigné à temps, et cela pour une cause présentée comme “futile” ?
        Le second risque est la perception du coût de ces missions. J’ignore l’épithète qui convient, mais ce coût reste aujourd’hui incontestablement élevé. L’opinion accepta de telles dépenses pour les missions Apollo car l’enjeu était de gagner la guerre froide. Mais nous voyons bien que les priorités se sont aujourd’hui déplacée vers d’autres causes : l’écologie, le fin du sous-développement, etc, aux lobbys puissants. L’opinion et notamment les électeurs sont-ils prêts à accepter des dépenses que ces lobbys présenteront comme des gabegies ? Pas sûr.
        Je crains donc que des missions humaines vers Mars ne nécessitent au préalable une réduction drastique à la fois de leur durée et de leur coût. Raison de plus bien sûr pour y travailler dès à présent. J’espère me tromper …
        Une remarque concernant la simulation de pesanteur par rotation. Je rappelle qu’elle est imparfaite : le moindre mouvement d’un corps qui est soumis (p.ex, bouger son bras) génère des forces de Coriolis très déstabilisantes pour l’intéressé. Les essais, en effet indispensables et urgents, devront donc valider non seulement la technique de rotation mais aussi la capacité humaine de s’y habituer. Cette simulation de pesanteur n’est parfaite que pour un corps immobile – par exemple un organisme en hibernation.

        1. Deux remarques:
          1/ La médecine aussi a fait de grands progrès, en particulier la télé-médecine, le cas échéant assistée par des “robots-médecins/chirurgiens”. Donc, même loin de la Terre, un astronaute malade pourrait être correctement soigné. Cela dit, comme sur Terre (un spectateur est mort dans les arènes de la Fête des Vignerons 2019 par ex. malgré la présence SUR PLACE de personnel et moyens médicaux), le décès d’une personne ne pourra pas dans tous les cas être évité. Ce risque doit être accepté, comme, de nouveau, il l’est sur Terre. On assiste actuellement à une course de voiliers autour du monde (n’est-ce pas là aussi une “futilité”?!), QUI A DEJA PROVOQUE LA MORT DE PLUSIEURS MARINS DANS D’AUTRES EDITIONS; est-ce que cela a conduit à y renoncer?!
          2/ Pour ce qui est de la création dune gravité artificielle, le problème de la force de Coriolis est connu et pris en compte. Avec les paramètres indiqués dans le texte de Monsieur Brisson (2 t/min), moyennant quelques précautions (pas de mouvements trop brusques, en se levant par exemple), cela ne devrait pas créer de réel problème. Mais, de toute manière, cela renforce la nécessité, comme je l’ai écrit, d’EXPERIMENTER maintenant cette technique sans plus attendre.

        2. Merci Monsieur Baland pour votre commentaire qui soulève deux points intéressants.
          1) la gravité artificielle par force centrifuge.
          Je suis d’accord avec vous pour dire que ce type de “gravité” n’est pas des plus confortables. La façon d’en atténuer les effets génants serait d’allonger le bras de levier du “filin” pour pouvoir diminuer le nombre de rotation par période de temps. Robert Zubrin préconise une distance de 300 mètres entre les deux masses avec deux rotations par minute. Peut-être pourrait-on se contenter d’un seul tour par minute, ce qui donnerait quand même une certaine gravité. Mais je ne me battrais pas pour cette gravité artificielle car, après tout, le voyage ne durera que 6 mois et peut-être seulement 4 mois “plus tard” (envisagé par Elon Musk. Comme je l’écrivais dans mon article, dans ce contexte les seuls voyage qui poseront vraiment problème seront les deux premiers (c’est à dire ceux des deux premières fenêtres de lancement). Je ne pense donc pas que ce problème soit rédhibitoire. Alternativement aux filins on peut envisager le système qu’à imaginé Pierre-André Haldi dans un blog précédent (04 avril 2017). Il consiste à équiper le vaisseau de bras télescopiques qui se déploient après le décollage et accueille chacun une nacelle habitée qui servira d’habitat pendant le voyage et d’atterrisseur pour descendre sur Mars. Après l’injection en trajectoire interplanétaire, on met le vaisseau en rotation. Là encore on ne peut imaginer une gravité très forte (pour ne pas créer les désagréments que vous mentionnez) mais on peut au moins espérer bénéficier (avec une vingtaine ou une trentaine de mètres de bras de levier) d’un minimum qui serait “mieux que rien”.
          2) Le risque humain.
          Je suis d’accord avec vous pour reconnaître que notre société est devenue très frileuse relativement à la vie humaine (avec une nuance cependant pour ce qui est des Chinois) et cela influence fortement les décisions politiques concernant ce genre d’aventures. C’est pour cela que je compte beaucoup plus sur les initiatives personnelles et je pense surtout à celle d’Elon Musk, pour donner l’impulsion (et indirectment je me réjouis que ce personnage très décrié par les “humanistes” soit devenu l’homme le plus riche du monde). Un autre facteur qui peut pousser au réveil des Américains (mais probablement pas sous la présidence démocrate influencée par sa gauche radicale) est la concurrence avec la Chine. Plus le temps passe, plus les Chinois rattrapent leur retard en astronautique et un jour ou l’autre il pourrait y avoir véritable compétition c’est à dire émulation.
          Pour ce qui est de la durée des missions, il ne faut pas compter les réduire “tout de suite”. Plusieurs raisons: Tout d’abor concernant la durée du voyage. Nous n’avons pas encore de moteur nucléaire qui permettrait une accélération continue et ne pouvons compter que sur l’impulsion initiale donnée par la propulsion chimique pour obtenir de la vitesse. la seconde raison serait l’arrivée à trop grande vitesse à proximité de la planète cible. Aujourd’hui les vaisseaux se font capturer par la force de gravité de la planète car ils arrivent à une vitesse relative pratiquement nulle. S’il faut freiner on ajoute une difficulté et un risque, celui de se perdre dans l’espace (on renonce à la “trajectoire de libre retour). Pour le moment la seule solution est le voyage de deux fois six mois (ou cinq, ou peut-être quatre un jour) et un séjour sur place de 18 mois pour attendre que les planètes se rtrouvent en conjoncture favorable. Avec un moteur nucléaire (donc à propulsion continue), on pourrait dans une certaine mesure assouplir cette contrainte de durée de séjour mais bien sûr au prix d’une plus grande consommation d’énergie et d’un voyage beaucoup plus long…en excluant de toute façon certaines périodes. Disons plutôt qu’on pourrait un peu agrandir la fenêtre de lancement, en cas d’urgence.

        3. @Pierre Baland.

          Le risque humain est un problème ? Quant on voit le nombre de personnes qui claironnent que protéger les personnes de plus de 80 ans ne vaut pas la peine de sacrifier l’économie d’un pays, je crois que le risque de voir des foules demander des comptes à une organisation pour avoir conduit une personne en mission sur Mars à y laisser sa vie, je crois que c’est surfait.

          De plus, si l’organisation qui chapeaute l’expédition est privée, je crois que personne ne pleurera les fous qui auront voulu tenter leur chance. Le risque humain est subjectif en fonction que l’expédition sera publique ou privée, est avec une hausse de la mortalité dans le monde suite à une augmentation des catastrophes en tout genre, je crois que ce problème va diminuer.

          Car la mort ne va pas continuer à disparaître dans nos sociétés, bien au contraire, et le fait d’être plus souvent en contact avec cet événement tragique va sans doute modifier le comportement des sociétés.

    2. @Raoul Demer: Vous donnez la réponse en posant votre question.

      Et pourquoi vouloir coloniser mars alors que notre planète se meurt ?

      Si elle se meurt, alors il est temps de toruver une solution et une solution est de quitter la terre pour aller voir ailleurs.
      Certains sont arrivés à la conclusion que l’on arrivera jamais à mettre 8 milliards d’habitants d’accord sur ce qu’il faut faire pour éviter la catastrophe, et au lieu de perdre du temps en palabres inutiles et en discours hypocrites, cherchent une solution différente et où ils peuvent agir sans devoir attendre que tous les autres soient d’accord avec eux.

      Si vous préférez les COP pour espérer trouver une solution, libre à vous, mais après quelques conférences pour rien (en quoi les émissions de CO2 ont été réduites ces dernières années ?), ceux qui travaillent sur des solutions différentes que sauver les hommes contre leur volonté risquent bien d’avoir raison sur la durée.

  6. Quand le tsar Nicolas II a fait remarquer à Constantin Tsiolkovski que le berceau de l’Humanité, c’était la Terre, ce dernier lui a répondu qu’on ne passait pas toute sa vie dans son berceau et cette réplique reste d’application aujourd’hui.

    Si d’audacieux navigateurs comme Erik le Rouge et, quatre cents ans plus tard, Christophe Colomb s’étaient imposé autant de contraintes que celle énumérées par Madame Ekström à propos des vols spatiaux habités, l’Amérique et bien d’autres territoires n’auraient pas été découverts et la Renaissance n’aurait pas eu lieu ou alors beaucoup plus tard. Or ces inconscients qui lançaient leurs drakkars et leurs caravelles sur des océans alors inconnus encouraient des dangers au moins aussi graves que ceux qui menaceront les premiers Martiens. Il suffit de regarder le ciel pour savoir que la planète Mars existe alors que ceux qui ont traversé l’Atlantique n’avaient aucune certitude qu’il existait un continent sur l’autre rive et, néanmoins, ils l’ont fait.

    Dans ce commentaire, je ne vais pas répéter les arguments justifiés de Pierre Brisson mais simplement en ajouter deux.

    D’abord la poussière. Si elle représente un problème pour les capteurs solaires des rovers qui sillonnent Mars depuis des années, elle n’en pose pas le moindre à des humains équipés de simples chiffons et de brosses douces pour dépoussiérer les équipements.

    Enfin, la faible gravité qui pourrait empêcher le retour sur Terre de personnes ayant séjourné des années sur Mars pourra, au contraire, être un avantage non négligeable pour ceux qui, tôt ou tard, y termineront leur existence car bien sûr, il y aura un jour des cimetières sur la planète rouge. Combien des Terriens terminent leur vie en fauteuil roulant à cause de notre gravité. L’espérance de vie allant en augmentant, la proportion d’handicapés moteurs et d’incontinents va aussi s’aggraver alors qu’un plus faible poids épargnera les articulations et les veines des Martiens âgés. Certains diront que je vois loin mais j’espère que, dans quelques siècles, les Terriens vieillissants pourront bénéficier d’EMS construites sur des corps célestes à faible gravité.

    Par contre, y faire voler un dirigeable ne me paraît pas possible. Si, sur notre Terre, Archimède donne à un mètre cube d’hydrogène une force de levage de l’ordre du kg, cette force sera limitée à 15 g sur Mars. Quand Perseverance aura testé son drone dans l’atmosphère martienne, nous en saurons plus sur la possibilité d’employer des turbopropulseurs pour voler sur Mars mais je crains fort que seuls soient utilisables des propulseurs à réaction avec comburant embarqué en plus du carburant. Ce n’est hélas pas dans l’immédiat que DJI vendra ses quadricoptères sur Mars.

    1. Merci Monsieur Louis pour votre commentaire très pertinent et inventif.
      Oui, je suis moi aussi pour le chiffon! C’est encore la preuve que la présence de l’homme sur Mars donnerait un avantage extrêmement important à l’efficacité de nos missions (pensons aussi à la fameuse sonde HP3 des Allemands qui envoyée dans le cadre de la mission Insight n’a pu être enfoncée dans le sol).
      Très bonne idée aussi que de mentionner l’intérêt de la faible pesanteur pour les personnes agées. Je pense que ces personnes bénéficiant pour certains de revenus ou de capital importants pourraient être d’excellents clients pour une entreprise d’exploitation de base martienne, contribuant ainsi à la rentabiliser.
      Concernant les dirigeables. Je suis en train d’en étudier la faisabilité avec une équipe de l’EPFL. L’étude vise à déterminer la masse maximum que l’on pourrait transporter. Nous savons bien qu’elle sera très faible mais le principe est intéressant quand même. Le but n’est pas de transporter des êtres humains mais une charge utile comprenant un ou plusieurs instruments d’observation (et bien sûr ce qui “va avec”, comme le système de télécommunication).

  7. Visiblement l’exploration humaine de Mars est un sujet qui passionne. Je n’ai pas les compétences scientifiques des intervenants, je ne disserterai donc pas sur les problèmes techniques. La question principale – au-delà des problèmes de faisabilité – est de savoir POURQUOI aller sur Mars. Avec les progrès de l’IA, des robots ne pourraient-ils pas se charger de 80% du travail, sans les contraintes biologiques d’une exploration humaine ? Ne serait-il pas judicieux de se limiter à Phobos, une “station spatiale naturelle” ? Le financement de projets écologiques ou autres permettant d’améliorer la vie sur Terre n’est-il pas prioritaire ?
    Personnellement je ne vois qu’un seul “moteur” permettant de débloquer le gros budget d’un tel projet: la concurrence, la rivalité entre États (Chine-USA probablement). Rien de bien scientifique là-dedans (si ce n’est au niveau des prétextes), des motivations ressortant plutôt du cerveau “reptilien” de l’homme.

    1. Merci Monsieur. Vous avez tout à fait raison d’insister sur le “Pourquoi”.
      En effet la question ne se pose pas pour les astres gazeux, trop chauds, trop froids, ou simplement trop lointains (c’est à dire qui supposent un voyage trop long et à une distance du Soleil telle que l’irradiance est trop faible. La question ne se pose naturellement que pour Mars puisqu’aujourd’hui nos technologies nous permettent d’y aller.
      Sur le plan scientifique il est vrai que l’on peut faire beaucoup avec les robots (et on est bien obligé d’explorer avec des robots là où l’homme ne peut pas aller). Mais on pourrait faire encore plus avec l’homme assisté de robots. L’homme est en effet la “machine” la plus adaptable et la plus inventive que l’on puisse imaginer. Le problème principal pour l’exploration de Mars par l’homme est la distance-lumière qui impose un délai de 3 à 22 minutes (selon la date) entre l’émission d’un message et sa réception et qui impose donc la programmation pour chaque action. L’intelligence artificelle peut certes pallier beaucoup des inconvénients de l’absence de présence humaine mais à mon avis pas encore tous, surtout en termes d’esprit d’initiative et de versatilité. Je reprends l’exemple de la sonde HP3 de la mission Insight que la NASA n’a pas réussi à enfoncer dans le sol martien. Je ne vois pas ce que l’intelligence artificielle aurait pu inventer pour y parvenir mais j’imagine très bien ce qu’un homme armé d’un pic ou d’un simple levier aurait pu faire.
      Mais au delà de cet aspect purement “exploration”, le but de l’homme en voulant aller vers Mars, n’est pas simplement d’explorer. Il veut l’exploit, la production d’adrénaline, le plaisir, la satisfaction de sa curiosité, l’émotion recherchée et obtenue. Enfin, plus “raisonnablement” l’installation sur Mars peut aussi être considérée comme la mise en place d’une “seconde chance” pour l’humanité, une “planète B” comme on dit. Certes la planète est relativement pauvre et les conditions de vie y seront difficiles mais je pense qu’elle serait possible. Donc il ne faut pas imaginer une population nombreuse, même sur le long terme. Je vois plutôt quelques dizaines de milliers de personnes, voire quelques centaines de milliers. En tout cas suffisamment pour une vie de société, réelle, et aussi la préservation de notre patrimoine culturel en cas de catastrophe sur Terre. L’installation sera longue et la possibilité d’autonomie encore plus longue à obtenir mais c’est pour cela qu’il faut commencer maintenant.
      Dans cet esprit, aller sur Phobos ne servirait à rien. Par ailleurs, Phobos qui n’a pas du tout d’atmosphère est beaucoup plus exposée aux radiations que la surface de Mars et sa très faible masse ne permet pas de générer une gravité notable. Le séjour sur Phobos ne serait donc pas beaucoup mieux qu’un séjour prolongé dans l’espace profond (et beaucoup moins bien qu’un séjour sur Mars) ce qui autant sur le plan des radiations que de la microgravité n’est pas souhaitable.
      Quant à l’argument “Le financement de projets écologiques ou autres permettant d’améliorer la vie sur Terre n’est-il pas prioritaire?”, sachez que le budget de la NASA ne représente année après année que 0,5% des dépenses publiques des Etats-Unis et que sur ces 0,5%, un dixième seulement est consacré à l’exploration planétaire. En portant le budget à 0,6 % (c’est à dire 25 milliards de dollars au lieu de 21) on aurait toutes les facilités financières pour mener à bien un programme d’exploration par vols habités pour une trentaine d’années. Par ailleurs, il est impossible que toutes les ressources de la planète soient affectées au même objet. Je suis convaincu qu’une des causes majeures de nos problèmes est l’augmentation exponentielle, catastrophique, de la population (la “prolifération” de l’espèce humaine), le genre de problème dont on n’ose même pas parler. Changer notre mode de vie pour être moins gaspilleurs et pollueurs c’est bien mais cela ne suffit pas et ce n’est pas un peu d’argent en plus qui résoudra le problème. Il faut simplement espérer qu’on passe le cap de l’adaptation de notre fertilité débridée (sur le plan mondial) en même temps qu’on se discipline dans notre activité de tous les jours pour être plus respectueux de notre environnement, et qu’on évite lainsi le “crash”. un peu comme si on était à bord du Titanic avant le choc avec l’iceberg. Ce n’est pas sacrifier nos ambitions martiennes qui résoudraient ce problème. Au contraire la vie sur Mars avec tout ce qu’elle exige d’effort pour recycler et utiliser avec le maximum d’efficience nos ressources rares peut être une excellente école pour mieux vivre sur Terre.

  8. Les questions techniques deviendront secondaires avec le temps, les problèmes typiquement humains reprendront le dessus , comme sur Terre !
    Les aventuriers explorateurs vont vite se lasser d’une planète morte …
    Ce blog exclut totalement les aspects intimes qui font partie de la vie et néglige également le lien étroit avec son environnement terrestre ( on respire la même atmosphère partout sur Terre) .
    On sait aussi que les relations humaines peuvent vite dégénérer , il ne faudra pas que des spécialistes en ingénierie…
    Sans compter les problèmes de voisinage qui apparaîtront quand des agences de nationalités différentes voudront occuper les mêmes sites prometteurs …
    Il ne faut pas vivre dans une illusion perpétuelle…

    1. Ce qu’il y a de bien avec vous Monsieur Giot, c’est qu’on est jamais déçu. Vous n’êtes jamais d’accord. Quand j’aborde un commentaire qui vient de vous, je me demande toujours ce qui ne vous a pas plu. Aujourd’hui je n’aurais pas traité “les aspects intimes qui font partie de la vie”?! C’est vous qui le dites et vous savez sûrement de quoi il s’agit.

    2. @Hubert Giot.

      Personne ne nie que l’homme restera homme sur Mars, où avez-vous lu que Mars est le nouveau paradis ?

      Mars est vaste et inhabité, or un des principaux problèmes menant au guerres (pas le seul) est la promiscuité, le besoin d’espace vital. Bref sur Mars, il n’y aura aucun problème pour mettre de la distances entre-soi et ses voisins.

      Les ressources seront par contre un problème, et il y aura des conflits si un système de gestion des ces dernières ne se met pas en place. Mais entre un conflit sur Terre ou sur Mars pour l’accès à l’eau, quelle est la différence ?

      Il y a fort à parier que comme certains soldats sur la ligne de front en 14-18, l’aberration de se battre pour des personnes loin du front, vont conduire les hommes de terrain à oublier ce qui se passe sur Terre, cette Terre qui sera si loin, pour mieux affronter l’ennemi commun, les conditions inhospitalières de Mars.

      Bref, tout cela pour dire que votre commentaire n’a pas valeur d’argument, car si on peut prévoir le pire, on peut aussi prévoir le meilleur.

  9. Votre blog passionne de plus en plus de gens et je pense qu’en Suisse on n’oublie pas Voltaire « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». Mais Mme Sylvia Ekström casse nos espoirs. Donc, quand on demandait à je ne sais plus quel alpiniste pourquoi il escaladait la montagne, il répondait : « parce qu’elle est là ». C’est déjà un argument pour aller sur Mars. Quant à la peupler, peut-on dire on verra quand on sera sur place ? Ou peut-on y voir le remède à la surpopulation, une assurance contre des exterminations sur terre dues au virus de l’apocalypse qui somnole quelque part, à une folie guerrière ou à un météore venant d’en dehors du système solaire à une vitesse plus grande qu’Oumuamua ou Borissov. Je ne connais pas ce que pense Mr Musk : rêve d’enfance, esprit de compétition, espoirs secrets ? … Je ne sais pas. Mais vouloir explorer Mars est aussi respectable que vouloir atteindre les Amériques au temps de Christophe Colomb. C’est un projet qui illumine les esprits et nous fait oublier nos ennuis.
    Pour ce qui est d’une réponse à la microgravité, votre proposition est convaincante. Mais si les filins sont cassés par une météore, la simple usure ou un défaut de fabrication, les vaisseaux-spatiaux risquent d’être propulsés avec une forte accélération vers des directions lointaines et inconnues. Bon, je propose un peu de science-fiction pour l’utilisation de la force centrifuge. Les constructeurs de cathédrales utilisaient au lieu de grues des « cages d’écureuil », cylindres de bois dans lesquels des hommes en marchant à l’intérieur faisaient tourner un très grand cylindre de bois. Renversons le principe : un puissant moteur électrique ferait tourner un très grand cylindre contre les parois intérieures duquel se trouveraient soit des lieux de vie soit des salles de sport. Un deuxième cylindre touchant au premier servirait de sas d’entrée en pouvant soit s’immobiliser, soit tourner à la même vitesse que le premier. Cette installation serait aussi utile sur la lune. Cela nécessiterait une production d’électricité fiable. Elle ne pourra être que d’origine nucléaire, les panneaux solaires étant dépendant de la luminosité. Mais les concepteurs de Curiosity l’ont bien compris en installant sur leur machine un générateur d’électricité de 66 cm, utilisant de l’oxyde de plutonium 228. Cassini, New Horizon aussi tiraient leur énergie du nucléaire.

    1. Merci cher Monsieur de votre commentaire positif. Je vois que nous nous comprenons et cela fait plaisir. Je suis toujours étonné par les gens qui par principe refusent d’être constructifs et imaginatifs. Ce sont des “tristes”.
      Pour ce qui est de votre grande roue cependant je vois plusieurs problèmes. Elle serait de toute façon trop petite pour qu’il n’y ait pas un différentiel sensible de gravité entre la tête et les pieds…c’est ennuyeux. Et puis, compte tenu de la taille relativement petite on devrait avoir un nombre élevé de rotations par minute pour obtenir un minimum de gravité, donc une force de Coriolis très marquée…je crois qu’il faut chercher autre chose.
      Mais pour le nucléaire je suis cent fois d’accord. L’avenir c’est le Mégapower sur lequel travaille le LANL au Nouveau-Mexique. J’en ai déjà parlé dans mon blog (puissance espérée de quelques 10 MW pendant vingt ans pour une masse d’une vingtaine de tonnes): https://www.lanl.gov/discover/publications/1663/2019-february/_assets/docs/1663-33-Megapower.pdf

    2. “Cela nécessiterait une production d’électricité fiable. Elle ne pourra être que d’origine nucléaire, les panneaux solaires étant dépendant de la luminosité.”

      A ma connaissance, la station spatiale orbitale ne vit que du solaire…
      … comme quoi, on peut être brillant et ruiner sa thèse en quelques mots!

      1. Et non mon cher Olivier. C’est vous qui avez tort. A la distance à laquelle la Terre se trouve du Soleil, l’irradiance est de quelques 1360 W/m2 toute l’année. A la distance où Mars se trouve du Soleil, l’irradiance est beaucoup plus basse. En été austral on dépasse 750 W/m2 et ça va. Mais en hiver austral on descend à moins de 500 W/m2 et ce pendant de nombreux mois. Là, ça ne va plus. Par ailleurs il fait beaucoup plus froid la nuit puisque l’atmosphère est très ténue. Et puis il ne faut pas oublier les tempêtes de poussière qui peuvent durer plusieurs semaines.

        1. D’ici à ce qu’on y soit, on aura peut-être résolu le problème des déchets nucléaires, car s’il faut répéter sur Mars les erreurs commises sur terre?

          1. Je crois que ce “problème des déchets nucléaires” est très exagéré.
            Plutôt que se lamenter sur ce type de pollution il serait préférable de travailler sur le retraitement des déchets et aussi sur la structure et la manipulation des réacteurs (pour pouvoir les démonter facilement, etc…
            Pour ce qui est des réacteurs sur Mars, le problème n’est pas du tout le même puisqu’il n’y a encore personne et qu’on partira de zéro.

          2. Rassurez-vous, il y aura toujours amplement assez d’espaces “à l’écart de tout” sur Mars pour y entreposer sans problème les déchets des quelques réacteurs nucléaires qui y seront installés (d’autant plus que, selon le type de réacteur utilisé, ces déchets représenteront un volume très réduit).
            Il est désolant à ce propos que le programme NERVA (Nuclear Engine for Rocket Vehicle Application), développé aux USA dans les années 1960-70 n’ait pas été poursuivi. Combiné avec la technologie mise au point pour le programme Apollo (lanceur Saturn V), il aurait permis d’envisager une exploration humaine de la planète Mars déjà au siècle passé. Nous avons pris 50 ans de retard!

          3. Qui sait, la solution sera peut-être l’hydrogène, maintenant que l’on commence à desserrer les freins des pétroleux ?
            🙂

  10. Brillante réplique à Madame Ekström de Pierre Brisson, pour l’installation de l’homme sur Mars.
    Pour ma part je n’ai pas les compétences requises pour me prononcer sur le bien-fondé des arguments présentés. Cependant, comme simple citoyen de la planète Terre, je peux aisément constater qu’elle est nettement plus hospitalière que Mars, fort hostile à la vie humaine.
    Ainsi, si l’humain est en capacité de s’installer sur Mars, il devrait être capable de survivre sur une Terre accueillante car, qui peut le plus peut le moins. Ce raisonnement n’est ni contre la science, ni contre l’intelligence, ni contre la recherche, qui ont tant apporté à l’humanité. Toutefois cette même science, comme l’intelligence même intuitive, a de bonnes raisons (climat, épuisement et pollution des ressources etc) de douter de la survie de l’humanité, sur une Terre pourtant admirablement adaptée à nos vies. Logiquement on peut alors se questionner sur la pertinence d’une installation humaine sur Mars.
    Ne serait-ce que pour la jeunesse, à qui notre civilisation évoluée et “développée” lègue une catastrophe en marche, je demande à ces scientifiques, ces entrepreneurs, ces pionniers, ces décideurs, ces financiers, ces politiques, de nous prouver qu’ils sont capables de nous assurer de survivre ici, avant de consacrer tant d’efforts et de moyens à s’installer sur une nouvelle planète incomparablement plus hostile.
    De plus, je demande à ces industries de l’espace, de nettoyer l’invraisemblable décharge spatiale en orbite autour de la Terre, avant d’aller saccager une autre planète. Nos innombrables détritus abandonnés par nos brillantes missions spatiales sont une menace pour nos systèmes de communications, de navigation et tant d’autres applications devenues indispensables.
    Alors ajoutons enfin un peu de sagesse à tant d’intelligence technique, et focalisons nos énergies, nos moyens et nos efforts sur ce qui est urgemment vital ici-bas, avant toute autre conquête.
    Lorsque notre survie sera assurée dans le respect des humains et de leur environnement vital, je serai prêt à soutenir les quêtes de découvertes spatiales. Les avancées technologiques de ces exploits extra-planétaires sont clairement insuffisantes et non prioritaires pour les justifier dans notre situation actuelle.
    Que les promoteurs de l’exploration spatiale nous démontrent qu’ils peuvent le moins avant de tenter le plus. Qu’ils fassent preuve de sagesse en contribuant à développer des solutions urgentes pour toute l’humanité, avant de développer des colonies extra-terrestres pour quelques privilégiés, sans effets salvateurs pour le plus grand nombre.

    En vous remerciant de votre attention et de votre bienveillante lecture.

    1. Merci de votre amabilité et de votre commentaire qui reprend beaucoup des critiques que l’on adresse à l’exploration spatiale par vols habités. J’y réponds :
      1) Vous écrivez : « Si l’humain est en capacité de s’installer sur Mars, il devrait être capable de survivre sur une Terre accueillante car, qui peut le plus peut le moins… Logiquement on peut alors se questionner sur la pertinence d’une installation humaine sur Mars. »
      Je ne vois pas pourquoi si nous pouvons vivre sur Mars, nous déciderions de ne pas y vivre. Si nous pouvons « le plus » pourquoi nous arrêter au « moins » ?
      2) Vous écrivez : « Ces décideurs devraient prouver qu’ils sont capables de nous assurer de survivre ici, avant de consacrer tant d’efforts et de moyens à s’installer sur une nouvelle planète incomparablement plus hostile ». Précisément si nos décideurs ne sont pas capables de survivre sur Terre, nous aurions tous intérêt en tant que membres de l’espèce humaine, à rechercher la fameuse « planète B » (en fait actuellement il n’y a qu’une seule possibilité, Mars). En cas de catastrophe planétaire, il sera trop tard pour répondre à la question de la survie éventuelle de notre civilisation que l’on peut se poser légitimement aujourd’hui. L’urgence est bien là. Si nous ne faisons rien aujourd’hui il sera trop tard demain pour tenter ex-abrupto de développer une branche autonome de l’humanité en dehors de la Terre.
      3) Vous écrivez : « Nos innombrables détritus abandonnés par nos brillantes missions spatiales sont une menace pour nos systèmes de communications, de navigation et tant d’autres applications devenues indispensables ». Certes je ne vous contredirai pas sur ce point mais je vous ferai remarquer que ce ne sont pas les expéditions interplanétaires (qu’elles soient robotiques aujourd’hui ou habitées demain) qui polluent l’espace proche. Elle sont trop rares et de toute façon le resteront (difficultés, coût, fenêtres de tirs espacées dans le temps, sauf pour aller sur la Lune). Ce qui pollue ce sont les multiples utilisations de l’espace pour les activités terrestres, notamment les télécommunications et la géolocalisation. La région la plus précieuse et délicate pour notre futur, ce n’est pas l’espace immense que nous serions bien incapables de polluer même en réduisant la Terre en poussière et en la disséminant entièrement, c’est « l’espace proche pas très proche » au-dessus de 600 Km d’altitude et jusqu’à quelques milliers (disons nettement en dessous de l’orbite géostationnaire qui est très étendue) car cet espace est relativement petit et les objets qui s’y trouvent en orbite mettent très longtemps à redescendre sur Terre. Au-delà de ces « quelques milliers » de km le problème ne se pose pas et en dessous de 500 ou 600 km non plus (mais il ne faut pas exagérer le nombre des lancements dans les 350 à 450 km) car les objets attirés plus fortement par la force de gravité terrestre, retombent vite dans l’atmosphère (moins de 25 ans) et s’y consument.
      4) Vous souhaitez que nous nous concentrions tous sans exception pour chercher et trouver sur Terre des solutions urgentes pour l’humanité sur Terre et que toutes les ressources y soient affectées. Mais comme je l’ai écrit, il serait impossible et absurde de consacrer toutes nos ressources à un même but. En le faisant d’ailleurs nous ne serions pas certains de trouver à temps les bonnes solutions. Par exemple si nous travaillions sur tous les sujets apparemment pertinents mais ne voulons pas aborder le sujet tabou de l’explosion démographique (de laquelle nous ne sommes toujours pas sortis), nous pouvons très bien ne pas réussir à effectuer notre mutation sur Terre (pour revenir en harmonie avec elle). Par ailleurs survivre sur Mars où les conditions environnementales sont très difficiles peut nous permettre d’expérimenter et d’apprendre énormément en termes de recyclage et d’efficacité énergétique et autres (cultures des végétaux, production de nourriture, etc…). La vie humaine sur Mars pourrait beaucoup servir à mieux vivre sur Terre.

      1. M. Brisson,
        Je vous remercie d’avoir pris le temps et le soin de me répondre rapidement et clairement, ce que j’apprécie beaucoup.
        Entretemps j’ai parcouru votre blog et j’ai remarqué qu’à la critique des moyens alloués à la colonisation de mars plutôt qu’à la survie terrestre, vous répondez entre autres, que seulement 0,05% des dépenses publiques des Etats-Unis est consacré à l’exploration planétaire. Ailleurs vous soulignez que l’exploration martienne pourrait être utile à la préservation de la vie humaine sur Terre (que vous soutenez simultanément aux projets martiens et je m’en réjouis).
        À mon sens cela n’est pas cohérent avec l’urgence de survie terrestre, les éventuels bénéfices de la colonisation martienne arriveront trop tard, selon la plupart des évidences scientifiques actuelles. D’autre part, un objectif manqué de 0.05% est un objectif manqué à 100%, donc toutes les énergies adéquates (et les scientifiques de l’espace en font partie) sont requises pour les besoins prioritaires de la vie terrestre.
        En lisant les raisonnements promouvant la colonisation martienne, j’observe des connaissances pointues, élaborées et fort savantes, toutefois elles semblent captives du paradigme selon lequel “On n’arrête pas le progrès”. Cela tend à confirmer que l’évolution se poursuit alors que le progrès s’est arrêté pour le plus grand nombre des humains. Je souhaite vivement davantage de sagesse dans le vivre ici et moins d’intelligence dans la fuite en avant.

        Certains commentaires de votre blog m’ont éclairé sur un point:
        La colonisation de Mars n’est pas unanimement un objectif de découverte scientifique ou d’avancée technologique aux fins d’applications terrestres bénéfiques. Non, certains l’envisagent sérieusement comme alternative à la vie terrestre qu’ils voient comme condamnée. À mes yeux cela est plus que triste, c’est effrayant et consternant. De plus il est probable qu’il restera des humains sur terre, même dévastée, bien après leur disparition de Mars. Car si nous ne sommes pas en mesure de vivre dans le respect d’une planète amie, nous ne le serons pas davantage sur une planète hostile.
        Ce projet martien me fait penser à un sauteur à la perche ne parvenant pas à franchir une barre placée à 7 mètres de hauteur. Alors il se dirait, je vais placer la barre à 700 mètres et améliorer ma perche… (à supposer que Mars soit 100 fois plus hostile que la Terre).

        En vous remerciant d’accorder un espace à la réflexion éthique (et spirituelle?) dans l’exploration planétaire et dans ce blog, je nous souhaite un avenir durable et vous adresse mes respectueuses salutations.

        1. Vous écrivez: “La colonisation de Mars n’est pas unanimement un objectif de découverte scientifique ou d’avancée technologique aux fins d’applications terrestres bénéfiques”.
          Non, effectivement mais la colonisation de Mars n’a pas seulement un objectif utilitaire. Plus précisément, si moi et mes semblables voulons aller aussitôt que possible sur Mars, ce n’est pas uniquement pour sauver l’espèce humaine d’une éventuelle destruction sur Terre, c’est aussi pour poursuivre l’aventure humaine ailleurs que sur Terre parce que notre technologie nous permet de l’envisager. C’est aussi pour l’épanouissement de notre espèce et pour notre propre plaisir, le plaisir étant celui que procure l’aventure, la découverte et la progression de nos connaissances pour mieux comprendre l’Univers.

          1. Je vous lis bien ci-dessus, au nombre des motivations de la colonisation de Mars :
            “C’est aussi pour l’épanouissement de notre espèce et pour notre propre plaisir, le plaisir étant celui que procure l’aventure, la découverte et la progression de nos connaissances pour mieux comprendre l’Univers.”
            Pour ma part, la perspective de laisser familles, amis et frères terriens sur une Terre agonique, me priverait de tout plaisir d’une expédition martienne.
            Sans être expert de cette question, je vois plutôt ce projet de colonisation martienne comme une alternative illusoire à l’idée trop inacceptable de l’extinction de l’espèce humaine. Une forme de pulsion instinctive pour la survie de l’espèce, si compulsive qu’elle ne peut réaliser qu’elle fait fausse route. Même si cette illusion soulage d’une angoisse existentielle, je déplore qu’elle se détourne des véritables issues.
            Pardon pour cette image, mais je préfère chercher des antidotes et des vaccins plutôt que fuir sur une île déserte, même si il existe bien une chance infime de trouver un remède sur cette île.

            J’ai été passionné par la conquête de la Lune, mais la situation et les priorités ont radicalement changés. Aujourd’hui et chaque jour davantage, à mon sens l’aventure humaine authentique et solidaire se joue sur Terre, en faisant face aux défis que les conséquences des actes des dernières générations lancent aux générations prochaines.

          2. C’est comme vous voulez. Je pense que sauver la Terre n’est absolument pas incompatible avec notre projet martien.

          3. Jusque-là j’ai pris plaisir et intérêt à nos échanges et à ce blog.
            Cependant j’ai relu votre réplique du 9 janvier à Madame Ekström et sa substance, comme sa teneur générale, tendent à discréditer un livre et son auteure, alors qu’il s’avère selon vos réponses du 12 janvier que vous n’avez même pas lu ce livre!
            Je suis déçu et je considère que cela n’est ni sérieux ni respectueux. Cette attitude est indigne d’un journal de haute tenue tel que Le Temps.

            J’espère qu’à l’avenir vous appliquerez à vous-même les critères de compétences que vous attendez de ceux qui remettent honnêtement en questions vos idées.

            Je ne poursuivrai pas cet échange et pour le conclure je vous offre un petit poème comme rappel des vrais enjeux actuels, je l’ai intitulé “Climat”. Bon vent

            La terre est un grand garage
            rempli d’autos vides qui fument.
            L’air nous remplira de rage
            pour cette vie qu’on inhume.

            Alors que les premières eaux
            entreront dans Trump Tower,
            Donald verra fondre de haut,
            son drink on the rocks, amer.

            La Nasa envoie l’humain
            vivre sur Mars et plus loin.
            Alors qu’elle ne sait même pas
            simplement vivre, ici-bas.

            De la Cité interdite,
            aux écrans fous de Wall Street,
            si d’immenses vagues d’amour
            remplissaient nos cœurs, nos tours ?

            Le peuple des Jeunes se lève
            pour réinventer sans trêve,
            en terriens responsables,
            nos vies, irremplaçables.

          4. Vous faites comme vous voulez mais je ne comprends pas bien votre attitude. Je ne pouvais pas ne pas réagir à la campagne de promotion d’un livre qui attaque de front le projet d’installation de l’homme sur Mars. Le faire dans une quinzaine de jours ou plus, le temps d’acheter le livre et le lire, n’aurait eu aucun sens alors que la campagne pour le commercialiser a commencé le 4 janvier. Je me devais de réagir au plus tôt et je l’ai fait honnêtement sans déformer ce qu’en disaient les journalistes qui avaient eu la chance d’être prévenus par les auteurs. Sur le fond, les développements que je fais concernant les obstacles considérés comme rédhibitoires par les auteurs restent tout à fait valables. J’en reparlerai à mes lecteurs car j’ai commandé l’ouvrage.

          5. M. Brisson vous pouviez parfaitement commenter les articles de presse questionnant ou critiquant votre projet, en mentionnant vos sources publiques et en précisant que vous n’aviez pas encore pu lire le livre de Mme Ekström.
            Mais vous avez délibérément présenté ce livre dans son ENTIER par l’introduction et la conclusion de votre longue réplique du 9 janvier, laissant croire que votre perception portait sur un livre lu attentivement. Vous avez ainsi exploité la tribune du Temps pour discréditer un livre non lu et son auteure de façon illégitime.
            Vous avez voulu défendre une société dont vous êtes le président, toutefois vous n’êtes pas plus avocat que scientifique certifié.
            À mon sens votre expédition gagnerait à s’alléger d’un peu d’égo pour laisser place à l’humilité et au respect.
            Merci de m’avoir laissé m’exprimer ici, je l’apprécie.

          6. Ayant découvert la publication de ce livre le 4 janvier, il m’était impossible de l’acheter et de le lire avant de réagir à temps pour ma publication du 9 janvier. Cela devait paraître évident aux lecteurs de mon article (et cela a été bien vu par les auteurs eux-mêmes). Vous devriez vous-même comprendre ce simple fait matériel et le fait que nonobstant ma non-lecture du livre il m’était important de réagir sans attendre.
            Par ailleurs, si les auteurs n’étaient pas d’accord avec la présentation de leur livre qui était fait par 24H et la TdG, il leur était facile de réagir, soit avant la publication dans ces journaux, soit en commentaire en-dessous des articles publiés.
            Enfin dans mon texte, j’aborde le fond des critiques qui sont faites sur l’installation de l’homme sur Mars. Les réponses que j’apporte restent valables que le livre de Mme Ekström ait été écrit ou non. Ce qui est mentionné par les auteurs en réponse à mes critiques (le bruit des moteurs en particulier) ne sont que des détails qui ne changent absolument rien au fond. Je remarque en passant que Claude Nicollier relève ce “détail” dans son commentaire et que les auteurs ne réagissent pas publiquement. Pour ce qui est de la critique des intentions d’Elon Musk de lancer et développer les vols suborbitaux avec son Starship, je maintiens qu’elle relève de l’incompréhension de la stratégie économique de ce grand entrepreneur.

          7. M. Thévoz,

            Vous exprimez assez exactement mes sentiments. J’ai cru que M. Brisson avait lu le livre, alors que moi je n’avais pu que lire des articles de la presse, insuffisants pour se forger une bonne opinion. Mon impression donc était que M. Brisson pouvait en parler en connaissance de cause. Je suis fort déçu et me sent trompé.
            Tout journaliste ou auteur scientifique intellectuellement honnête vérifie ses sources, et si il en est empêché, il le signale. Visiblement M. Brisson ne respecte pas cette règle de base.

          8. Je ne comprends pas cette méprise ou ce malentendu. Il était matériellement impossible que je lise un livre dont la Presse commençait juste à parler. J’étais comme tout le monde face à une nouveauté et j’ai réagi sur ce que j’en savais, c’est à dire ce qu’en disaient deux journaux sérieux qui avaient eu la chance d’être choisis par les auteurs pour en faire la publicité. Si les auteurs n’étaient pas d’accord avec les termes de cette publicité, ils auraient dû le signaler.
            Quoi qu’il en soit, encore une fois, sur le fond, les arguments que j’avance me semblent permettre de pouvoir raisonnablement espérer qu’on puisse établir une présence humaine pérenne sur Mars, contrairement à ce que pensent les auteurs, et je dis pourquoi. Pour moi c’est ce qui compte.

          9. M. Brisson vous ne comprenez pas ? C’est simple, il n’y a ni méprise ni malentendu :
            Vous avez clairement émis publiquement un avis très négatif sur l’ENSEMBLE d’un livre dont vous ignoriez la majeure partie du contenu.
            Relisez donc vos introduction et conclusion du 9 janvier, tout porte à croire que vous avez lu ce livre et il n’y a aucune évidence pour les lecteurs que vous n’aviez pas pu le lire. Il aura fallu la réaction des auteurs du livre, qui ont remarqué votre lecture superficielle, pour que vous admettiez le 12 janvier ne pas voir lu ce livre!

            La cerise sur votre gâteau d’inconséquence vient le 14 janvier (ci-dessus), quand vous tentez de reporter la faute sur les auteurs du livre !! : “Si les auteurs n’étaient pas d’accord avec les termes de cette publicité, ils auraient dû le signaler.” Toute logique est alors en apesanteur…
            De plus, dans votre conclusion du 9 janvier vous écrivez, en toute indépendance et objectivité : ” Il me semble que Madame Ekström a plutôt moins de légitimité que moi pour en parler de façon pertinente.” Cela pour achever de discréditer une scientifique reconnue et diplômée.
            Vous semblez tant impliqué dans votre projet et votre société martienne, que vous perdez tout recul pour réaliser les faits et pour exprimer un erratum ou des excuses au Temps et à ses lecteurs.
            Vous n’êtes ni journaliste ni scientifique, cela pourrait expliquer ce dérapage planétaire, cependant ce blog vous présente comme économiste, banquier et “Planétologue depuis toujours”. Ce dernier titre pourrait mieux expliquer la science infuse qui vous accompagne ainsi “depuis toujours”, vous permettant, tout naturellement et sans scrupules, de commenter un livre jamais ouvert.

            J’ai commis assez d’erreurs dans ma vie pour vous pardonner celle-là, je ne garderai donc ni rancune ni amertume, je garde juste l’espoir que vous puissiez le comprendre. Si vous pensez encore n’avoir commis aucun faux pas à ce sujet, SVP veuillez soumettre ce fil de blog à la Rédaction du Temps, je serais très intéressé de connaître leur position. Je vous en remercie d’avance.

          10. C’est de l’acharnement ? J’aurais pu effectivement être plus précis dans l’article quant à ma lecture du livre mais, encore une fois, je me sentais obligé de réagir sans attendre à ce que je considérais comme une attaque.
            Je tiens ce blog non pas comme scientifique diplômé mais comme « honnête homme » au sens que cette expression avait dans un passé trop lointain où on avait le droit de s’intéresser à tout sans avoir été nécessairement reconnu par une caste. J’ai toujours néanmoins dialogué avec les spécialistes sur les sujets que je maîtrisais mal, avant d’en parler en leur posant des questions ou simplement en leur soumettant mon article avant publication et je dois dire que j’ai toujours reçu des réponses aimables et coopératives (je souligne le “toujours”). Dans le cas présent je ne pouvais pas demander à des adversaires de l’implantation humaine sur Mars s’ils étaient d’accord avec moi puisqu’il est évident qu’ils ne le sont pas et j’ai réagi sur des points précis qu’apparemment ils abordent (dans leurs commentaires les auteurs n’invoquent pas qu’ils ne le soient pas) et que je connais. Je lirai ce livre, je l’ai commandé. Si ce blog ne vous intéresse plus, ne le lisez plus.
            PS: ne vous inquiétez pas, j’ai attiré l’attention de la rédaction du Temps sur cet incident (le premier après plus de 290 articles) dès le 13 janvier et si vous parvenez à me faire taire, je laisse les autres lecteurs vous en remercier.

        2. Donc, résumons: Monsieur Brisson – il le reconnaît en toute honnêteté – n’a pas lu le livre de Madame Ekström, mais a lu les articles des journalistes qui en ont fait la revue sans l’avoir lu (pratique courante dans la branche, soit dit en passant). Madame Ekström n’a pas lu les articles que les journalistes ont écrit sur son livre, qu’ils n’ont pas lu ou, tout au plus, dont ils ont parcouru le quatrième de couverture si, par chance, ils en ont reçu un exemplaire de promotion (la presse, ça presse, voyons).

          Enfin, certains commentateurs de ce blog n’ont ni lu le livre de Madame Ekström, ni les articles des journalistes qui n’ont pas lu ou ont lu à peine le livre que Monsieur Brisson n’a pas lu mais dont il a lu les articles des journalistes qui n’ont pas lu le livre de Madame Ekström qui n’a pas lu les articles des journalistes qui n’ont pas lu son livre mais que Monsieur Brisson a lus. Donc, comme Jonas à force de chercher l’issue du labyrinthe, tous finissent par en trouver… l’entrée. Et là, mon joliciel – pardon, mon logiclel d’IA en perd son code ascii à tenter de débrouiller cette énigme.

          1. Merci Flying Teapot. Vous résumez assez bien la situation…et au moins vous le faites avec humour.

  11. Un commentaire sur “le problème tabou de l’explosion démographique”, qui n’en est pas (plus) vraiment un. S’il y a en effet eu une telle “explosion” après guerre, ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. Dans la plupart des pays industrialisés (ceux qui par ailleurs consomment et polluent le plus!), c’est plutôt à un “effondrement démographique ” que l’on assiste. La “décrue” est donc déjà nettement amorcée, ou en voie de l’être, partout dans le monde, et l’on peut difficilement attendre que l’on puisse faire quoi que ce soit pour que “ça aille plus vite” compte tenu de la population déjà existante et de l’espérance de vie (qui tend généralement à augmenter d’ailleurs). Sauf évidemment guerre mondiale, grave pandémie, … ou programme d’euthanasie organisé!
    Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce que représente une évolution exponentielle. Si elle conduit rapidement à une explosion lorsque le taux est supérieur à 1, elle conduit tout aussi rapidement à un effondrement, potentiellement catastrophique lorsqu’il est inférieur à un. Ainsi, un taux de 90%/an conduit à une diminution de moitié en une cinquantaine d’années seulement. Je suis prêt à parier qu’au siècle prochain c’est l’effondrement démographique qui deviendra une sérieuse source de préoccupation. N’oublions pas que l’on observe souvent dans la nature une diminution démographique, qui ne s’arrête plus avant l’extinction totale, d’espèces ayant passé par un pic de population. Faisons bien attention que ce ne soit pas le sort qui nous attende!

    1. “Je suis prêt à parier qu’au siècle prochain c’est l’effondrement démographique qui deviendra une sérieuse source de préoccupation.”

      Aucun problème: ce sont les Martiens qui viendront repeupler la Terre.

      Les quatre cinquièmes de la surface terrestre sont sous-peuplés, parce que jugés inhabitables. Mais en quoi le seraient-ils plus que Mars? Faute de moyens pour les développer? Par ailleurs, guerres, pandémies, famines et accidents de la route – toutes provoquées par l’homme – ont fait plus de morts ces cent dernières années qu’au cours de l’Histoire entière. Aucun monument commémoratif ne leur a jamais été érigé, aucun chef d’Etat n’a prononcé leur éloge funèbre. Grâce au développement toujours plus rapide des techniques, il ne sera peut-être même pas nécessaire d’attendre le siècle prochain pour voir l’espèce dite humaine disparaître.

      Enfin, si Colomb, Vespucci et les Vikings avant eux voyaient ce que l’Amérique est devenue sous Trump, n’auraient-ils pas préféré rester chez eux?

      Ceci n’est que l’opinion d’un terrien terré dans son terroir, bien sûr.

    2. Certes, certains démographes nous disent que nous approchons d’un pic de population mondiale. Mais plusieurs courbes sont possibles. Nous allons vers 11,2 milliards en 2100 et ce n’est qu’une extrapolation moyenne. Nous étions 2,6 milliards en 1950 et nous sommes 8 milliards aujourd’hui. D’ici à la fin du siècle la seule augmentation va être plus importante que la totalité de l’existant quand j’étais jeune. Je trouve cela effrayant et je pense que beaucoup de nos malheurs viennent de là. C’est trop et trop vite. Je pense que la déforestation, la destruction de la diversité des formes de vie, nos problèmes climatiques viennent largement de là. J’ai peur quand je pense à la pente irrémédiable qui nous emporte vers les 11 milliards alors que nous avons déjà tellement saccagé notre environnement. Je préférerais avoir passé le pic et que la décrue soit amorcée. Je ne pense pas que ces mouvements soient sans limite mais plutôt se déplacent comme le poids d’un balancier avec le risque d’aller trop loin. Au Nigéria la population était de 45 millions d’habitants quand j’étais jeune en 1950; elle est de 195 millions d’habitants aujourd’hui. Les ressources n’ont pas suivi. Ou plutôt elles ont plus ou moins bien suivi avec des “externalités négatives” (càd des destructions environnementales) épouvantables. S’il y avait décroissance démographique, je doute fort que cela nous entraîne jusqu’à l’extinction de l’espèce et que l’on s’en porte plus mal, bien au contraire. On peut vivre moins nombreux sur cette Terre alors que l’expansion va nous poser des problèmes absolument terribles (manque d’eau douce et de terres cultivables ou alors au dépens des forêts, les épidémies par développement des zoonoses, les guerres). Je doute que nos technologies ou plutôt l’application de nos technologies puissent répondre suffisamment vite et nous donner suffisamment de temps pour y faire face…mais certains restent optimistes. Tant mieux!

  12. Cher M. Brisson,

    Depuis le début des années 1980, je suis, comme vous, un autodidacte passionné (astronomie, paléontologie, histoire de la Terre). Il n’y a pas que le travail dans la vie et la curiosité n’est pas un vilain défaut ! Quel plaisir de creuser des sujets sortant de nos domaines professionnels, n’est-ce pas ?

    En tant que président de The Mars Society Switzerland et animateur de ce blog hébergé par le journal Le Temps, vous alliez réagir à notre livre lorsqu’il serait publié, je m’en doutais bien. Je savais aussi que vos critiques seraient nombreuses, mais gardais l’espoir qu’elles seraient intéressantes et constructives. Même si nos points de vue divergent grandement sur le voyage habité vers Mars et la pérennité d’une présence humaine sur son sol, un dialogue entre personnes de bonne composition peut s’avérer utile et fructueux, n’est-ce pas ?

    Depuis quelques jours… quelle triste désillusion.
    Nous sommes en démocratie, et même si vous ne la connaissez ni d’Eve ni d’Adam, vous avez parfaitement le droit de penser que mon épouse est incompétente et même de l’écrire… mais pas dans son dos ! Pas en la clouant au pilori sur la place publique de votre blog (ou les commentaires de lecteurs de journaux de Suisse romande) sans l’en informer.

    De telles méthodes sont à tout le moins douteuses. Elles ne sont pas, permettez-moi de vous l’écrire comme je le pense, celles d’un gentleman digne de ce nom. Franchement, M. Brisson, comment réagiriez vous si quelqu’un vous faisait une pareille entourloupe ? Je me plais à penser que vous en concevriez quelque bile.

    Mais surtout : avez-vous lu notre livre ?
    En relisant l’entrée du 9 janvier 2021 de votre blog ou votre remarque dans le journal 24 Heures du 5 courant, il semblerait que ce ne soit pas le cas. Ainsi, dans ce journal vous parlez de « l’insoutenabilité du bruit des moteurs » expression ou description que vous n’auriez trouvée nulle part dans notre livre… si vous l’aviez lu, puisque le bruit dont nous parlons n’est évidemment pas celui des moteurs. Vous ajoutez : « Tout y passe même qu’Elon Musk envisage l’établissement sur Mars comme possible solution au réchauffement climatique (?!) ». Pourriez-vous, svp, me donner le numéro de la page de notre livre où apparaît une telle assertion ?

    Que vous vous permettiez de nous critiquer sans nous avoir lu serait éthiquement fort discutable. Or, comme vous n’énumérez que les thèmes repris par la presse (erreurs et approximations comprises), alors que nous en couvrons beaucoup d’autres, je doute sincèrement que vous nous ayez lus. Ce qui, avouez-le, serait un comble !

    Pour finir, une petite citation de notre Claude Nicollier national, quelques réponses avant la vôtre dans les réactions à l’article du 24 Heures du 3 janvier dernier déjà cité : « Une colonie humaine sur Mars est irréaliste elle serait futile et irresponsable. »

    Mais peut-être le considérez-vous lui aussi incompétent pour parler de Mars ?

    Je vous prie de recevoir mes bien sincères salutations,
    Javier G. Nombela

    1. Cher Monsieur Nombela,
      Comme je l’ai écrit en réponse au commentaire de votre épouse, je n’ai effectivement pas lu votre livre mais, comme je constatais que vous aviez entrepris une campagne pour en faire la promotion, j’ai pensé qu’il fallait que je participe au débat que vous ouvriez par votre titre provocateur et que je réagisse sans attendre. Je me suis donc fondé, faute de mieux, sur les articles sortis dans la Presse. Ceci dit j’ai bien l’intention de lire l’ouvrage lui-même et je reviendrai dessus. Il me semble en effet utile de le lire dans la mesure où il semble regrouper l’ensemble des critiques récurrentes sur notre projet martien et les idées de fond qui les inspirent.
      Quant aux deux faits que vous mettez en exergue comme n’étant pas conformes à ce que vous avez écrit (le “bruit des moteurs” et le “réchauffement climatique”), je vous donne acte que vous ne les invoquez pas (puisque vous le dites) mais je les ai bien lus dans les articles de 24 heures et de la Tribune de Genève. Si vous considériez que le journaliste avait fait une erreur importante dans sa présentation, vous auriez pu la lui signaler ou participer vous-mêmes aux commentaires pour en prévenir les lecteurs de ces journaux (qui sont censés être conduits à acheter le livre par ce qu’ils en lisent dans les articles qui lui sont consacrés). Il m’arrive moi-même de le faire dans le cas où je n’aurais pas relu un article avant publication quand j’y découvre des erreurs. Je m’étonne d’ailleurs que venant de moi vous considériez ces erreurs épouvantables alors que l’argument “bruit des moteurs” est repris, pour le corriger, par Claude Nicollier dans son propre commentaire.
      Puisque vous parlez de lui, je sais bien que Claude Nicollier considère qu’une colonie humaine sur Mars est irréaliste. Nous divergeons sur ce point mais il n’a pas écrit un livre dont le titre est “Nous ne vivrons pas sur Mars ni ailleurs”. Cela exprime, me semble-t-il, une opposition beaucoup plus forte que la sienne. Ce titre est bien l’expression d’un refus, me semble-t-il, à la présence même temporaire de l’homme sur Mars. Or nous serons bien obligés de vivre sur Mars si nous allons explorer cette planète par vols habités. Comme vous le savez bien puisque comme moi vous vous intéressez à l’astronautique, il sera pratiquement indispensable de rester 18 mois sur la planète rouge avant de revenir sur Terre. Pour la suite on verra bien (je ne préjuge pas de nos capacités comme le font les promoteurs de Mars One) mais j’espère effectivement qu’on pourra vivre plus que 18 mois sur Mars et qu’on pourra donc s’y établir.
      Pour terminer si vous vous doutiez que j’allais réagir à votre livre lorsqu’il serait publié, vous auriez pu me contacter pour m’en prévenir. Ce n’était pas difficile puisque vous connaissiez mon blog du Temps et cela aurait évité cette situation désagréable.
      Avec mes meilleures salutations.

  13. Cher M. Brisson,

    Vous dites que vous vous êtes senti agressé personellement par notre livre, ce que je regrette sincèrement. Nulle part dans ce livre nous ne vous attaquons personnellement. Nous y débattons d’un sujet qui vous tient à coeur, certes avec une perspective différente de la vôtre : je ne vois pas en quoi cela peut être pris comme une agression. Vous n’avez pas le monopole de Mars, et toute personne qui se penche sérieusement sur la question a le droit de développer un avis différent du vôtre.

    De votre côté, vous attaquez ma compétence avec l’argument que ma spécialité en astrophysique est la physique stellaire. Permettez-moi de rappeler ici que vous êtes vous-même économiste et banquier, et que vous êtes donc la preuve vivante que l’on peut acquérir des connaissances et des compétences en dehors de son domaine de spécialité. Je vous concède l’argument de la longévité, que je prends comme un compliment.

    Indépendamment de la question de ma compétence personnelle ou de son absence, notre livre se base principalement sur les documents publics des grandes agences spatiales (NASA, ESA, Roscosmos) et de SpaceX, ainsi que sur des articles publiés dans des journaux à comité de lecture. Nous y listons les problèmes qui se dressent entre Mars et nous, problèmes identifiés comme tels par ces agences, dont vous n’aurez pas l’outrecuidance de douter de la compétence.

    Et si vous aviez lu notre livre, M. Brisson, vous auriez constaté que nous ne nous contentons pas de lister ces problèmes. Nous présentons également les solutions envisagées (et souvent les nouveaux problèmes soulevés par ces solutions). Notre approche est différente de la vôtre dans le sens que nous avons fait attention à ne pas mettre dans le même panier les solutions concrètes avérées et les ébauches de solutions qui nécessitent encore d’être testées avant de pouvoir être considérées comme acceptables. Nous avons banni les expressions “il suffit de…” ou “il y aura des robots qui…”, expressions qui donnent l’impression qu’un problème est résolu alors qu’il ne l’est que sur le papier et non dans la réalité.

    Vous nous reprochez d’être de mauvaise foi, mais face à un projet martien concret, il ne s’agit pas d’être de bonne ou de mauvaise foi, il s’agit d’être extrêmement critique et réaliste sur ce que l’on sait faire, ce que l’on peut faire sur Terre mais qu’on doit encore tester dans les conditions martiennes, et ce que l’on ne sait pas (encore) faire. La NASA ne peut pas baser son projet sur des “il suffit de…” : elle prévoit d’envoyer des vraies personnes qu’elle compte bien ramener vivantes de l’expédition. Toutes sortes de techniques effectivement bien connues sur Terre doivent encore être adaptées aux conditions martiennes. Les ingénieurs de la NASA savent que les caractéristiques physiques de Mars peuvent modifier les fonctionnements ou les rendements des appareils, et que même une technique bien connue sur Terre doit d’abord être testée in situ avant qu’on puisse considérer le problème comme résolu.

    Aucun scientifique sérieux ne se risquerait à qualifier Mars de planète habitable. Ses caractéristiques physiques (masse, atmosphère, pression au sol, température) ne la font pas entrer dans cette catégorie. Cela signifie que l’on peut au mieux parvenir à y survivre quelques mois, dans le cadre d’une mission d’exploration menée par des astronautes extrêmement bien entraînés et conscients qu’ils y risquent leur vie. La NASA a la sagesse de conditionner un voyage vers Mars au retour sur la Lune, qui devrait permettre de déterminer si une base humaine de longue durée sur un autre corps que la Terre est sérieusement envisageable. Si on estime la NASA compétente en la matière, cela montre bien que pour le moment rien n’est gagné : concernant Mars, il y a encore loin de la coupe au lèvres…

    Vous ne nous trouvez pas sérieux car nous mentionnons les risques psychologiques ? Estimez-vous donc que l’ESA et Roscosmos sont des farfelus, eux qui ont dépensé 15 millions de dollars pour l’expérience Mars 500, qui visait justement à tester la psychologie d’un pseudo-équipage de longue durée ? La conduite de cette expérience montre bien que lorsqu’on veut concrètement envisager une mission vers Mars, il s’agit de ne négliger aucun détail, et que les expériences passées des successives stations spatiales russes et américaines ont pointé du doigt la psychologie humaine comme un important point faible.

    Vous nous reprochez au passsage d’insulter Elon Musk. Ainsi donc, supposer qu’un homme d’affaire possède un business plan solide ressort de l’insulte, à vos yeux ? Vous m’étonnez, Monsieur l’économiste… L’usage du Starship (version cargo) pour du transport suborbital rapide est promu sur son dépliant publicitaire (version 1.0, daté de mars 2020, téléchargeable sur le site de SpaceX), nous n’inventons rien.

    M. Brisson, de quoi avez-vous peur ? Pourquoi descendre en flamme un livre que vous n’avez même pas lu et insulter ses auteurs ? Vous connaissez sûrement le slogan du journal qui héberge ce blog : “Le temps vous donnera raison”. Si la colonisation de Mars ne pose aucun problème, car comme vous le dites on connaît les solutions, alors elle se fera, et notre livre tombera dans l’oubli ou le sarcasme.

    Allez, un dernier petit conseil pour la route : les journalistes résument parfois un peu à leur manière les livres ou les discussions. Si vous voulez critiquer honnêtement, allez à la source. Lisez notre livre !

    1. Chère Madame Ekström,
      Je n’ai effectivement pas lu votre livre mais, je crois, tous les articles qui ont été publiés dans la presse pour en annoncer la sortie et en rendre compte. Je pense que si vous n’aviez pas été d’accord avec la présentation qui en a été faite, vous l’auriez mentionné, au moins en commentaire ce ces articles. J’ai demandé à Migros Magazine de vous transmettre une lettre dès la parution de l’article dans leurs colonnes et j’ai attendu quelques jours pour réagir dans mon blog.
      Je suis effectivement économiste et quand je parle de Mars je m’éloigne de mon ancien domaine de compétence. Je ne vous conteste donc pas le droit de parler de Mars qui n’est d’ailleurs pas ma propriété. Mais dans mon cas, la différence est claire. Par contre, quand un astrophysicien parle de la colonisation de Mars, je suis certain qu’une certaine confusion peut se créer dans l’esprit d’un lecteur non familier de ces sujets car il peut aisément « mettre dans une même enveloppe » tous les sujets qui concernent l’espace et considérer donc qu’un astrophysicien est plus compétent qu’un économiste pour traiter de ce sujet.
      Je suis bien conscient que toutes les technologies nécessaires pour vivre sur Mars ne sont pas totalement prêtes mais je pense qu’elles sont suffisamment prometteuses pour que nous puissions très sérieusement espérer qu’elles nous permettent de vivre sur Mars. Nous pouvons, nous devons les développer pour les tester et ensuite tenter de les appliquer avec un espoir réaliste qu’elles soient suffisantes. La différence entre nous est votre pessimisme que vous affichez clairement dans le titre de votre livre : « Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs ».
      C’est ce pessimisme que je vous reproche. Et dans votre argumentation vous reprenez ce qui est à mon avis ce biais négatif puisque vous dites « aucun scientifique sérieux ne se risquerait à qualifier Mars de planète habitable ». Je dirais plutôt que Mars est la planète la moins inhabitable de notre environnement et je pense que son inhabitabilité est telle que notre technologie peut nous permettre de la rendre habitable, non pas en totalité (je ne suis pas partisan de la terraformation) mais dans des bulles viabilisées. Il n’est au début évidemment pas question de tenter d’y vivre plus que les 18 mois que doit durer le séjour mais si ce premier séjour ou ces deux premiers séjours prouve(nt) bien que l’on peut revenir et y rester plus longtemps, pourquoi ne pas le faire.
      Pour ce qui est des simulations sur Terre de conditions recréant l’isolement et le confinement, je suis désolé mais oui, je considère que la restitution des conditions psychologiques est absolument impossible si ce n’est pour des détails car l’état d’esprit des gens qui partiront vers Mars sera forcément différent étant donné l’enjeu et l’intérêt d’une mission réelle.
      Concernant les motivations d’Elon Musk, je persiste. Je sais bien qu’Elon Musk a l’ambition de développer les vols suborbitaux du Starship dans l’environnement terrestre. Mais compte tenu du coût des missions vers Mars et du temps qu’il faudra pour rentabiliser l’implantation de l’homme sur Mars, il faut bien qu’il trouve des solutions pour gagner l’argent nécessaire pour faire face aux dépenses sur la durée. Les vols suborbitaux terrestres avec le Starship sont la condition nécessaire au succès de l’implantation sur Mars.
      Pour terminer je dirai que je ne pense pas que les journalistes qui ont fait la promotion de votre livre l’ai tous lu non plus. Peut-être certains l’on fait mais les articles que j’ai lu et dont je m’inspire montre que la lecture a apparemment était mauvaise ou très/trop rapide (je n’ai en effet rien inventé dans les points que j’ai critiqués). Ils ont simplement traité sans doute dans l’urgence la présentation d’un livre qui allait sortir. J’ai fait de même pour défendre des idées que vous attaquez avec force mais je lirai votre livre et vous en reparlerai, si vous le souhaitez.
      PS: j’ajouterai concernant l’intention d’Elon Musk de vendre des vols suborbitaux dans l’environnement terrestre que c’est le meilleur moyen d’obtenir des économies d’échelle sur le coût du voyage martien. Du fait de la contrainte que l’on a de ne pouvoir partir vers Mars que tous les 26 mois et de ne pouvoir en revenir avant 30 mois, il faut trouver une autre utilisation afin de réduire le coût unitaire d’un lancement. Les voyages aller et retour sur la Lune sont une possibilité mais les voyages à longue-distance sur Terre (type Londres-Sydney) en sont une autre, préférable sur le plan économique car permettant probablement davantage de vols.

      1. Permettez-moi de participer à ce forum en n’adhérant pas au concert de louanges qui s’y exprime. Je suis un ancien professeur de sciences physiques actuellement en retraite. Moi aussi je n’ai pas lu le livre de Madame Ekström, mais en vous lisant, je ne vous cache pas avoir été choqué par l’argumentaire que vous développez à son encontre. Tout comme je ne m’hasarderais pas à critiquer le nouveau livre d’un économiste célèbre, au prétexte que je m’intéresse à l’économie depuis des lustres, je vous dénie le droit de porter un jugement scientifique sur son travail Pourtant je serais en droit de donner mon avis sur une thèse d’économie, mais vous en conviendrez, elle serait nécessairement subjective. En revanche ici, vous parler de science, un domaine que j’ai enseigné durant une vie, par conséquent mon avis devrait, peut-être, vous intéresser. Vous avancez que dans son livre, concernant la conquête de Mars, Madame Ekström sort de son domaine de compétence. Mais qui d’autre qu’une scientifique comme elle peut donner un avis un tant soit peu éclairé sur les conditions de vie sur une planète, Mars en particulier, pas un économiste, en tout cas, quand bien même il se serait intéressé à la question depuis des décennies. Car il s’agit bien de cela si l’on envisage une colonisation de cette planète. Une astrophysicienne, comme elle, a étudié, pendant des années, les bases de toute la physique qui intègrent la relativité générale d’Einstein jusqu’aux aux théories les plus pointues de gravitation quantique ou encore de théorie des cordes. Vous croyez pouvoir démonter ses arguments avec vos compétences scientifiques forcément limitées et surtout en avouant ne pas avoir lu son livre, c’est absurde ! Se baser uniquement sur les commentaires de son livre, vous le reconnaîtrez forcément, n’est pas l’approche la plus respectable qui soit. Être scientifique ne signifie pas avoir accumulé une somme de connaissances sinon tout un chacun y parviendrait aisément. La distinction entre connaissances et compréhension me semble plutôt le cœur du problème.
        Car le plus choquant pour moi, c’est que vous lui opposez des arguments fallacieux et je vais vous citer en prenant quelques exemples. Comme vous l’écrivez, la pression de l’atmosphère martienne est bien de 600 à 1000 Pascals (ce qui est une connaissance accessible à tout un chacun) mais vous ajoutez “ce n’est pas rien” comme si ce n’était qu’un obstacle mineur au regard des 100 000 Pascals de l’atmosphère terrestre ! Oui, dites-vous, cela permettrait de “consumer les plus petites des micrométéorites”, mais au vue de cette densité, ce ne serait qu’un tout petit 1% de ce qui advient sur terre. Quant à faire “voler des engins super légers” comme vous le suggérer, même un avion en papier, ou encore mieux constitué de la plus légère des fibres de carbone, c’est de l’hérésie ; il chuterait comme une pierre !
        Vous proposez un peu plus loin, pour pallier le manque d’ergol, d’extraire le gaz carbonique de l’atmosphère martienne qui en contient, en effet, une importante proportion de 96%. Ceci dit, on en revient encore à la très faible teneur de l’atmosphère, environ 140 fois plus fable que sur terre, pour mesurer l’ampleur de la tâche. Mais bien sûr, nous pourrions emporter toutes sortes de machines sur Mars pour un coût défiant toute concurrence ! Je suis certain que vous trouveriez des solutions miraculeuses… Pour en revenir à l’ergol, vous n’oubliez pas qu’il faut produire du méthane. Vous citez la réaction de Sabatier “moyennant l’apport d’une partie d’hydrogène pour 18 de CO2“. Désolé de vous contredire, mais c’est seulement 4 parties de CO2 . Puis, très bien, vous n’oubliez pas qu’il faut de l’hydrogène “que l’on peut obtenir facilement par hydrolyse de la glace d’eau martienne” écrivez-vous. Je suis navré de contester, cette fois le vocabulaire que vous ne maîtrisez absolument pas, on parle en effet d’électrolyse. Et puis l’eau, c’est bien connu qu’il y en a sur Mars, d’ailleurs à tous les coins de rues… Pas de problème, j’imagine que des fours se chargeront de la décongeler puisqu’elle se trouve à – 63°C. « Sans compter que le combustible produit permettrait de financer le voyage de ces dits fours. ». N’avez pas l’impression de mettre « Paris en bouteille » ?
        Assurément, il se trouve de par le monde des projets de mission habitée vers Mars, mais tous sont au stade d’études. Les annonces récurrentes dans les journaux ou sur le Net relèvent plus souvent du scoop et comme par hasard ne se trouvent pas dans les vraies publications scientifiques. Les chercheurs qui planchent sur ses problèmes ne sont pas des fous mais ils savent que leurs recherches peuvent aussi avoir des retombées dans d’autres domaines technologiques. Et puis s’il y a de riches mécènes qui financent leurs travaux, alors pourquoi ne pas en profiter…
        J’imagine que vous vous êtes offusqués que je traite vos arguments de fallacieux mais c’est tout simplement parce qu’ils sont totalement erronés ou faussement extrapolé du point de vue de la physique ou de la chimie, Évidemment, pour donner un semblant de véracité, vous tentez de noyer votre discours avec quelques données scientifiques avérées alors que beaucoup sont, comme je l’ai montré, absolument inexactes. J’arrête ici ma démonstration mais si vous le souhaitez, je suis prêt à porter la contradiction dans le reste de votre article.
        Si je me permettre un conseil, c’est de chercher vos sources sur des sites universitaires ou de recherches gouvernementales.
        En vous souhaitant la meilleure des lectures…

        1. PB: J’ai l’impression de me trouver en présence du Dr Trissotin que le Grand-Mamamouchi aurait posté dans le Jardin de la Connaissance afin d’empêcher l’homme vulgaire d’y entrer. Et bien figurez-vous que maintenant que je m’y suis introduit, j’ai l’intention de continuer à m’y promener en goûtant autant que j’en aurai la force et le temps, à tous les fruits qui m’y seront accessibles, que ça vous plaise ou non.

          Je réponds aux différents points que vous soulevez, en italiques :

          … Madame Ekström sort de son domaine de compétence. Mais qui d’autre qu’une scientifique comme elle peut donner un avis un tant soit peu éclairé sur les conditions de vie sur une planète, Mars en particulier, pas un économiste, en tout cas, quand bien même il se serait intéressé à la question depuis des décennies. Car il s’agit bien de cela si l’on envisage une colonisation de cette planète. Une astrophysicienne, comme elle, a étudié, pendant des années, les bases de toute la physique qui intègrent la relativité générale d’Einstein jusqu’aux aux théories les plus pointues de gravitation quantique ou encore de théorie des cordes.

          PB: Les théories que vous mentionnez n’ont absolument rien à voir avec la faisabilité d’une implantation de base humaine sur Mars. On peut s’intéresser à celle-ci et en parler sans avoir au préalable passé un examen pour prouver qu’on maîtrise la théorie des cordes !

          Vous croyez pouvoir démonter ses arguments avec vos compétences scientifiques forcément limitées et surtout en avouant ne pas avoir lu son livre, c’est absurde ! Se baser uniquement sur les commentaires de son livre, vous le reconnaîtrez forcément, n’est pas l’approche la plus respectable qui soit.

          PB: Je me suis déjà expliqué suffisamment clairement sur ce point

          …Car le plus choquant pour moi, c’est que vous lui opposez des arguments fallacieux et je vais vous citer en prenant quelques exemples. Comme vous l’écrivez, la pression de l’atmosphère martienne est bien de 600 à 1000 Pascals (ce qui est une connaissance accessible à tout un chacun) mais vous ajoutez “ce n’est pas rien” comme si ce n’était qu’un obstacle mineur au regard des 100 000 Pascals de l’atmosphère terrestre !

          PB: Merci, je sais que l’atmosphère terrestre est d’environ 100.000 pascals et quelle est la différence avec 600 pascals. Je ne dis pas que c’est un obstacle mineur. J’écris « ce n’est pas rien » pour dire « c’est mieux que rien » (je compare à l’atmosphère lunaire).

          Oui, dites-vous, cela permettrait de “consumer les plus petites des micrométéorites”, mais au vue de cette densité, ce ne serait qu’un tout petit 1% de ce qui advient sur terre.

          PB: Je ne vois pas sur quelle période vous prenez vos 1%. Je pense quoi qu’il en soit que vous parlez en masse. Or ce n’est pas la masse qui pose problème mais le risque d’impact pour les personnes et installations qui se trouveraient à la surface de Mars, donc le nombre. Les plus grosses météorites sont beaucoup plus rares que les petites et ce sont donc les petits impacts les plus à craindre en raison de leur nombre car il en tombe un peu partout.

          Quant à faire “voler des engins super légers” comme vous le suggérer, même un avion en papier, ou encore mieux constitué de la plus légère des fibres de carbone, c’est de l’hérésie ; il chuterait comme une pierre !

          PB: Un peu d’imagination ! Il ne s’agit pas d’avion mais de « ballons dirigeables, pour transporter de petites masses comme des instruments d’observation ». J’ai quelques notions de portance atmosphérique et je sais que pour qu’un avion puisse voler en surface de Mars, il faudrait qu’il acquiert au sol une vitesse quasiment impossible à générer sur une piste de longueur raisonnable (mais on peut quand même envisager un décollage vertical puis une propulsion…ou un hélicoptère comme celui que la NASA va tester avec Perseverance).

          Vous proposez un peu plus loin, pour pallier le manque d’ergol, d’extraire le gaz carbonique de l’atmosphère martienne qui en contient, en effet, une importante proportion de 96%. Ceci dit, on en revient encore à la très faible teneur de l’atmosphère, environ 140 fois plus fable que sur terre, pour mesurer l’ampleur de la tâche. Mais bien sûr, nous pourrions emporter toutes sortes de machines sur Mars pour un coût défiant toute concurrence !

          PB: carricature !

          Je suis certain que vous trouveriez des solutions miraculeuses… Pour en revenir à l’ergol, vous n’oubliez pas qu’il faut produire du méthane. Vous citez la réaction de Sabatier “moyennant l’apport d’une partie d’hydrogène pour 18 de CO2“. Désolé de vous contredire, mais c’est seulement 4 parties de CO2.

          PB: J’ai été un peu rapide. Il y a deux réactions : la première CO2+4H2=>2H2O. L’eau est récupérée, condensée puis électrolysée 2H2O=>2H2+O2. L’H2 et l’O2 sont conservés, L’H2 est réutilisé une seconde fois dans la réaction de Sabatier (et éventuellement une troisième fois). Au final chaque kg d’hydrogène permet d’obtenir 12 Kg de bipropergol méthane+oxygène dans un rapport 2/1. Cela donne un Isp de 340 secondes mais le rapport idéal, qui donne un Isp de 380 secondes est un rapport de 3,5/1. On utilisera donc ce rapport optimal et on aura bien une masse de 1 unité d’hydrogène pour 18 unités de bipropergol (et non de méthane seul mais cela ne change rien au raisonnement et à la conclusion qu’on peut produire du propergol sur Mars pour revenir sur Terre).

          Puis, très bien, vous n’oubliez pas qu’il faut de l’hydrogène “que l’on peut obtenir facilement par hydrolyse de la glace d’eau martienne” écrivez-vous. Je suis navré de contester, cette fois le vocabulaire que vous ne maîtrisez absolument pas, on parle en effet d’électrolyse

          PB: (effectivement, erreur d’inattention ; j’ai modifié, merci !).

          Et puis l’eau, c’est bien connu qu’il y en a sur Mars, d’ailleurs à tous les coins de rues…

          PB: Non pas à tous les coins de rue mais quand même en quantité exploitable en certains endroits.

          Pas de problème, j’imagine que des fours se chargeront de la décongeler puisqu’elle se trouve à – 63°C.

          PB: La glace d’eau peut être minée et transportée dans des serres où on la laisserait se sublimer ; on la condenserait ensuite pour obtenir de l’eau.

          « Sans compter que le combustible produit permettrait de financer le voyage de ces dits fours ».

          PB: Ça je ne l’ai jamais écrit !

          N’avez pas l’impression de mettre « Paris en bouteille » ?
          Assurément, il se trouve de par le monde des projets de mission habitée vers Mars, mais tous sont au stade d’études….

          PB: je m’en suis aperçu, merci.

          Si je me permettre un conseil, c’est de chercher vos sources sur des sites universitaires ou de recherches gouvernementales.

          PB: Merci du conseil mais je le fais déjà. Heureusement ce n’est pas encore le Docteur Trissotin qui décide qui a le droit de lire quoi.

  14. J’ai bien aimé les arguments de Sylvia Ekström, et de Pierre Brisson, évidemment l’aventure Martienne ne sera pas simple et les progrès techniques pour une telle aventure humaine sur le long terme sont encore à développer, c’est évident ! Mais je crois qu’une base humaine comme en Antarctique sera possible si l’on utilise les cavités creusées par la lave et vide à présent les rayonnements “mortels” seront atténués, d’autant que Curiosity, nous montre qu’ils sont pas supérieur à ceux reçus sur l’ISS. Pour le reste la nourriture et le carburant nécessaire au retour comme l’énergie pourront être créés sur place. (Serre hors sol, utilisation de la glace martienne, séparation de l’hydrogène et de l’oxygène, création du méthane le CO2 étant en grande quantité, rien ne manquera pour cela. Des piles solaires couplées à un réacteur nucléaire pour l’énergie (il me semble que la Nasa étudie sérieusement cette piste pour palier au manque de lumière et au phase de tempêtes de poussière obstruant les panneaux solaires seront je pense de mise). Bref seul la gravité lors des allés retours Terre/Mars est le plus gros défit à relever me semble t’il. Atteler deux vaisseaux l’un à l’autre par des câbles, voir par un système rigide pour créer une gravité artificielle… Là, je pense qu’il faut absolument tester cela pour trouver “la” bonne solution, afin que les astronautes ne soient pas des loques en arrivant sans pouvoir se mouvoir. Je vais donc lire votre livre avec attention Madame, mais il y a tellement d’arguments contre de tels voyages que je vois ce qu’il en est par avance.

  15. Madame Ekström fait un inventaire impressionnant de toutes les difficultés du voyage sur Mars. Le titre est particulièrement dur et catégorique, j’aurais préféré quelque chose comme “Mars, l’inhumaine” ou “Mars, c’est après-demain”
    Mais ayons confiance en l’Homme ! Si vous aviez dit à un hominidé de la préhistoire qu’un jour son espèce volerait … Musk est milliardaire, cela suppose une combativité et des connaissances supérieures à celles des gens accrochés à leurs privilèges. Et il y a en Chine des gens supérieurement intelligents, j’en sais quelque chose.
    Pour l’antigravité, les centrifugeuses utilisées dans la formation des pilotes militaires ne semblent pas être ennuyées par Coriolis. Il faudrait essayer en mettant leurs pieds vers l’extérieur du cercle décrit. Les pilotes subissent plusieurs G. Un seul suffirait peut-être pour les martionautes.
    Pour ce qui est des voyages sur Mars, un mot : “Where there is a will, there is a way”!

      1. Merci Messieurs Martin et Verselin,
        Je pense qu’il y a deux types de personnes, celles qui lorsqu’elles rencontrent un problème se demandent comment le résoudre jusqu’à ce qu’elles trouvent, ou pas, et celles qui lorsqu’elles rencontrent un problème se satisfont d’utiliser ce qu’elles savent pour le résoudre. En fait, pour toute chose, il faut une motivation. Autrement dit, les gens qui refusent d’imaginer qu’on pourrait vivre sur Mars parce qu’ils n’en ont tout simplement pas du tout envie, vont rechercher toutes les raisons pour lesquelles on ne peut pas le faire pour se conforter dans leur point de vue.

        1. Cher Monsieur,
          Je ne vois pas les choses comme vous. D’abord la motivation est certes importante mais ne suffit pas à conduire au succès, si succès il y a ! Et vous qui êtes économiste, vous savez sans doute , lorsqu’une personne se lance dans un nouveau “business”, on lui recommande non pas de chercher tous les arguments qui l’encourageraient à se lancer, mais à réaliser une analyse aussi complète que possible pour savoir si, en quelque sorte, il vaut la peine de se lancer.
          En vous lisant vous me donnez à penser que vous appartenez à la catégorie de ceux qui cherchent des arguments qui confortent leur…motivation en passant sous silence tout ce qui pourrait la tempérer…
          Pour une personne de votre âge et de votre expérience, c’est un peu court.

          Bien à vous
          Michel Sommer

          1. Ne vous inquiétez pas, je ne tiens pas à “passer sous silence” les arguments qui pourraient tempérer ma motivation. Je vous répondrai plus précisément là-dessus un peu plus tard mais encore une fois les articles de mon blog traitent de ce sujet avec détails. Pas de procès d’intention, s’il vous plait.
            PS: je vous ferai remarquer d’ailleurs que c’est vous qui mettez en exergue la motivation puisque vous commencez votre commentaire par “pour y faire quoi?”. Votre seconde question peut sans doute être “comment y faire quoi?” Mais si c’est bien le cas, votre interrogation est extrêmement générale et pas du tout structurée. C’est pourquoi mon renvoi à la lecture de mon blog en général me paraît tout à fait justifiée.

          2. Il est évident qu’il est important pour nous d’affronter les nombreuses difficultés qui se posent dans la perspective d’une installation de l’homme sur Mars puisque l’on estime qu’y aller mérite l’effort. Se les cacher n’auraient évidemment aucun sens puisque nous voulons aboutir à la faisabilité. Je n’ai jamais sous-estimé la difficulté du projet et la critique nourrit la réflexion pourvu qu’elle soit précise et argumentée.
            Donc oui, l’analyse de ces difficultés, nous l’avons faite et nous la refaisons à chaque fois pour vérifier (au moins par réflexion approfondie) si les solutions que nous apportons sont suffisantes ou du moins améliorent les perspectives qu’elles le soient. De toute façon les solutions sont perfectibles et c’est pour cela que nous continuons à chercher à les améliorer (et cela, sans les « yakas », « ifokons » que vous nous lancez avec mépris au visage). Un exemple de cela (parmi beaucoup d’autres) est la recherche menée au MIT sur les combinaisons à contre-pression, car nous n’avons pas attendu pour nous y lancer que Mme Ekström remarque qu’il fallait remédier aux problèmes posés par les scaphandres classiques, pressurisés (https://www.nasa.gov/pdf/617047main_45s_building_future_spacesuit.pdf).
            Quant à lire que mes arguments sont un peu courts alors que vous êtes entré dans un blog qui comporte près de 300 articles dont une bonne partie est consacrée au projet martien, avec des références précises sur les différentes études menées en ce sens, c’est votre commentaire qui me semble un peu court, et par-dessus le marché, inutilement méprisant.
            Réflexions faites, je ne vais pas répondre maintenant aux « arguments qui pourraient tempérer ma motivation » comme vous dites, car je ne sais même pas à quels arguments vous faites référence. Par contre, dans les semaines qui viennent (après l’arrivée dans l’environnement martien des sondes envoyées en juillet dernier) j’ai l’intention de répondre plus précisément aux arguments présentés par Mme Ekström dans son livre.

  16. Selon le site https://www.nasa.gov/exploration/systems/sls/overview.html
    “Le 17 janvier prochain, la Nasa va tester la propulsion de la plus puissante fusée jamais construite. Baptisée Space Lauch System (SLS), elle est développée dans le but de transporter des passagers vers la Lune, d’ici à 2024, puis vers Mars”
    Voyez la poussée du SLS block 2 : https://www.nasa.gov/sites/default/files/atoms/files/0080_sls_fact_sheet_sept2020_09082020_final_0.pdf
    ?????

    1. Excellente nouvelle.
      Sur le plan positif je remarque que les ergols sont l’hydrogène et l’oxygène (moins polluants que le méthane et l’oxygène) et que la masse transportable (“payload”) sur la Lune ou Mars semble bien être de l’ordre de celle la Saturn V.D’un autre côté, je regrette que le lanceur ne soit pas réutilisable.
      Attendons l’essai. Jusqu’à présent l’avancement de la réalisation du SLS à été plus que décevant.

  17. Bonjour Monsieur Brisson,
    Je prends acte de votre contrition après que vous avez parcouru le livre de Mme Ekström et M. Nombela, mais la brutalité de votre réaction est anecdotique. Car c’est le principe même de cette réaction que je remets en cause. Je ne vous ferai plus grief à l’avenir, alors permettez-moi de revenir, une dernière fois à la charge.
    Loin de moi l’idée de vous reprocher de vous intéresser à la science, ni au fait de divulguer ses avancées, avec beaucoup de sérieux et d’idéalisme, je le reconnais, Un travail qui consiste à rassembler des informations sur internet, puis d’en résumer la teneur à vos lecteurs, c’est tout à fait louable. Mais que Madame Ekström puisse se tromper, sur l’un des points développé dans son livre ou dans ses conclusions, je persiste à dire que seuls ses pairs peuvent et ont le droit de juger, les autres devront se contenter d’émettre leur opinion qui n’engagera qu’eux-mêmes. N’y voyez là aucun élitisme ni vision anti-démocratique, c’est juste une question de bon sens, celle de reconnaître aux spécialistes le droit de parler en toute compétence de leur spécialité. Cette évidence est, malheureusement, régulièrement mise à mal dans notre monde d’hégémonie des medias, où tout un chacun, est spécialiste de tout.
    Car voyez-vous, envoyer des hommes sur Mars n’est pas un simple problème d’ingénierie, comme vous l’affirmez. Dans tous les domaines de la recherche scientifique dans le monde, ce sont les chercheurs qui sont confrontés aux problèmes et qui cherchent des solutions. C’est bien d’après leurs directives que les ingénieurs d’études et de recherche contribuent à l’élaboration et à la mise au point desdites solutions tout en déléguant leurs mises en œuvre aux techniciens.
    Par conséquent, il nous faut en venir, de nouveau, à la pierre d’achoppement de notre débat. Qui étudie, conçoit, théorise la conquête spatiale ? Ce sont toujours en majorité des astrophysiciens, mais aussi des géologues, des biochimistes, etc. Jeter un coup d’œil à la liste de la vingtaine de concepteurs américains, français ou russes des missions spatiales de ces 50 dernières années ; ce sont tous des astrophysiciens ! (astronomes, terme employé par les anglo-saxons).
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Scientifique_concepteur_d%27une_mission_spatiale
    Actuellement, c’est Francis Rocard, astrophysicien français qui est responsable depuis 1989 du programme d’exploration du système solaire au Centre national d’études spatiales (CNES) et qui coordonne la mise en œuvre du programme d’exploration de Mars.
    Alors, dites- moi que ce n’est pas possible : tous on œuvré en dehors de leur domaine de compétence ?

    PB: Les théories que vous mentionnez n’ont absolument rien à voir avec la faisabilité d’une implantation de base humaine sur Mars.
    Les théories non, mais leur connaissance sous-entend une maîtrise du langage mathématique et de la manipulation de concepts dont vous n’avez pas la moindre idée, moi aussi d’ailleurs, du moins jusqu’au niveau d’un Master de Sciences Physiques. Je parle donc d’une maîtrise acquise au cours de très longues années d’études de travail acharné et qui ne peuvent, en aucun cas, être comparées aux études dans des domaines non scientifiques*. La preuve c’est que seule une minorité de surdoués y accèdent. Leur dénier un avis éclairé, c’est soit beaucoup d’immodestie, soit d’une grande naïveté.
    Mais, ces derniers temps, nous sommes tous est interpellé par tous ces débats dans les médias entre des scientifiques de renom, ce qui tend à discréditer la Science aux yeux du public. Or c’est le propre du scientifique de ne pas savoir, mais, à juste titre, de chercher à comprendre. C’est le progrès, lui-même, qui naît de toutes ces controverses. Comme le dit si bien Bachelard “ ….c’est en termes d’obstacles qu’il faut poser le problème de la connaissance scientifique. La pensée empirique est claire, après coup.
    Enfin, ne trouvez-vous pas que l’on peut très bien renverser l’argument que vous adressez à Messieurs Martin et Verselin ? Je vous cite : “…Autrement dit, les gens qui refusent d’imaginer qu’on pourrait vivre sur Mars parce qu’ils n’en ont tout simplement pas du tout envie, vont rechercher toutes les raisons pour lesquelles on ne peut pas le faire pour se conforter dans leur point de vue.”.

    *Je peux me permettre cette comparaison étant donné que je possède aussi une Maîtrise de cinéma acquise à la Sorbonne avec une mention « Très bien »

    1. Cher Monsieur, je vous remercie de votre aimable message qui clôt une réaction trop spontanée (la mienne) et ses suites. Ceci dit, j’ai bien lu votre position concernant la prééminence des scientifiques sur les autres hommes en ce qui concerne la capacité de décider ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire pour élaborer ou décider de renoncer à un projet aussi complexe et impliquant tant de disciplines différentes que celui d’installer une base habitée sur Mars et de la faire vivre dans le temps. Je ne suis pas d’accord avec vous pour plusieurs raisons.
      Je ne suis pas d’accord d’abord par ce que ce projet est multidisciplinaire et qu’aucun spécialiste ne possède les capacités pour maîtriser dans le détail l’ensemble des savoirs requis. Je ne suis pas d’accord ensuite parce que l’intelligence est multiforme et non seulement mathématique, et que peut être que (à mon avis « sans doute que ») pour dominer un problème aussi complexe, un généraliste qui accepte de prendre en compte le savoir des autres, est plutôt mieux placé que chacun des spécialistes pris séparément.
      Je dis cela tout en comprenant bien l’importance des mathématiques. J’en ai pratiqué moi-même certaines formes notamment lorsque j’étais aux Etats-Unis où l’économie est enseignée comme une Science et non comme une branche du Droit. J’ai aussi vu dans ma carrière bancaire ce qu’étaient des problèmes complexes lorsqu’il s’agissait de se prononcer sur des projets de construction d’usines dans des contextes de marchés non seulement locaux mais internationaux ou sur des plans de production compte tenu des ressources matérielles et financières possibles, ou des projections de rentabilités comparatives en fonction de l’évolution possible des coûts, des monnaies et des marchés. La banque ce n’est pas que compter des billets ou déjeuner avec un client (et j’étais responsable des analyses de risques).
      J’ai tout à fait conscience de ce que dit Bachelard dans la belle phrase que vous citez. D’ailleurs il faut toujours accepter de se tromper et la critique est toujours bienvenue pour permettre d’affirmer ou de renoncer à ce que l’on croit (même si c’est dommage!). La Science est une approche permanente, avec quelques certitudes et beaucoup d’hypothèses, dans un affinement infini. Mais l’homme est aussi émotion et sensibilité et en fin de compte c’est cela qui le guide. Ce qu’il faut, même pour un Martien comme moi, c’est, comme on dit, « garder les pieds sur Terre ». J’y fais très attention !

  18. Bonjour,

    Beaucoup de choses ont été dites. Après avoir lu le livre de Sylvia Ekström et cette page, je pense que l’on a oublié quelque chose d’essentiel…
    Que pensez-vous de la crise énergétique monsieur Brisson ? Vous connaissez les théories sur l’effondrement de notre civilisation thermo-industrielle ? Le nom de Jean-Marc Jancovici vous dit-il quelque chose ?
    Je me demande simplement comment, dans l’état actuels des économies des pays développés, nous pourrions envisager la possibilité de coloniser Mars… Qu’est-ce qui a motivé le voyage habité vers la Lune ? Cela n’a jamais été la science, elle passait au second plan. La véritable motivation était le conflit idéologique entre occidentaux et soviétiques. Il n’y a qu’à voir les données sur les budgets accordés à la NASA de ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Rien ne vous saute aux yeux ? Une mission vers Mars aura un coût absolument démentiel comparé à tout ce que nous avons déjà accompli. Rien que le premier pas sur Mars devrait coûter gros. Tellement gros qu’on pourrait le comparé au coût de l’ISS. Dans un contexte où les individus sont de plus en plus blasés vis-à-vis de la conquête spatiale (car reconnaissons-le, à part les passionnés, les investisseurs et les personnes de pouvoirs, ça n’intéresse personne), où l’opinion publique est au cœur de toutes les peurs de nos dirigeants, et a fortiori, que l’argent doit de plus en plus “servir à quelque chose” (là encore, pour le grand public, ce sont des dépenses inutiles), je doute qu’une telle entreprise soit possible.
    Dans un contexte de guerre froide aussi virulente que durant le siècle précédent, peut-être ! Les principales motivations pour la conquête spatiale sont l’argent et la guerre (Pour la guerre, au bout du compte, l’objectif final est tout de même l’argent). Si ces conditions sont réunies, alors oui, une mission habitée vers Mars, pourquoi pas. Et les natures les plus sombres de l’être humain pourraient alors réapparaître (la Chine en est toujours à ce stade), ce qui faciliterait donc l’envoi de “chair à canon” sans trop se soucier de leur confort.
    Mais dans l’état actuel de nos sociétés, et si l’on imagine que cela va durer, alors aucune agence gouvernementale ne tentera ce pari fou, d’abord parce que le coût serait astronomique comme je l’ai déjà dis, ensuite parce qu’il n’y aurait aucun retour sur investissement, et enfin parce qu’il n’y a absolument aucun intérêt à y aller. Si cela ne consiste qu’à poser le pied juste pour y poser le pied… Inutile. J’entends bien les arguments utopiques comme la célèbre citation de Tsiolkovski, ou encore que “c’est dans la nature de l’Homme”… Mais personnellement, je ne crois pas que ce soient des raisons suffisantes. Ce sont de jolis rêves, c’est très bien, mais s’il s’avère que c’est impossible à l’avenir, quelle sera la réponse ? L’être humain veut inlassablement repousser les frontières ? Très bien, mais sa motivation ne changera rien aux lois de la physique. On peut financer la somme que l’on veut, jamais on ne dépassera la vitesse de la lumière, jamais on ne pourra se promener dans une étoile, jamais on ne pourra sortir de notre groupe local de galaxies. C’est comme ça.
    Attention, je ne dis pas que c’est impossible. Je pense que la technologie actuelle ne nous permet pas de nous y rendre actuellement ni même dans cinq ans, contrairement à ce que dit Elon Musk, ni même dans 20 ans. Mais si la technique avance à son rythme actuel, que les coûts sont concentrés sur cette mission, alors oui, on peut espérer un premier pas sur Mars d’ici une trentaine d’années et une colonisation d’ici la fin du siècle. Mais voilà, cela suppose que rien ne change d’ici là, du moins en négatif.
    Je précise que le premier pas sur Mars, où même d’une colonisation de Mars, j’en rêve, ce serait vraiment extraordinaire. Je pense sincèrement que techniquement ce sera possible, mais le facteur humain, c’est une autre affaire qui n’est pas négligeable… Si tant est que l’on s’en préoccupe toujours autant.

    Mais voilà, je souhaite revenir sur mon premier point. Tous les indicateurs semblent indiquer que notre civilisation d’abondance perpétuelle vit ses derniers instants. Personne ne peut contredire ce point. La Terre possède des ressources finies. Si l’on continue dans cette voie, sera-t-il possible dans 20-30 ans de continuer le financement d’un tel projet ? Les priorités ne seront pas là. Je rejoins madame Ekström sur ce point, la Terre est une planète parfaite pour l’humanité. Même après avoir consommé la totalité des énergies fossiles disponibles, après un réchauffement climatique en conséquence, la Terre sera toujours l’endroit le plus viable pour les humains. Dire le contraire, c’est vite faire l’impasse sur toute l’Histoire de la Terre et de ses bouleversements, qui ont conduits à l’humanité. Je me questionne sur l’origine de ce fantasme qu’est la colonisation de Mars… Pourquoi croire absolument que c’est un paradis ? (j’exagère, pardon). Mais c’est absolument invivable, je sais que vous le savez. Mais en plus de ça il n’y a rien à y faire, les seules raisons étant assez minces pour justifier une telle mobilisation.

    De toute façon, aucun des deux principaux acteurs de cette discussion ne sera encore en vie pour voir le premier pas sur Mars. Même en cas d’urgence absolue, cela prendrait beaucoup de temps. A moins d’un miracle ? Je ne souhaite vexer personne, moi qui suis bien plus jeune, je ne crois même pas au premier pas sur Mars de mon vivant…

    Alors une colonisation …

    1. Merci de votre commentaire,
      Oui je connais Jean-Marc Jancovici et non je ne crois pas à la nécessité de la décroissance. La seule chose que je trouve positif dans son approche des problèmes de notre planète, c’est qu’il est favorable à l’utilisation de l’énergie nucléaire que je crois en effet bien préférable à l’utilisation des énergies fossiles ou des énergies dites « renouvelables » qui ont une puissance irrégulière ou qui polluent tout autant que les hydrocarbures, directement ou indirectement.
      Je pense que si la croissance démographique démentielle que nous vivons actuellement ne nous prend pas de vitesse, il sera possible de franchir les difficultés actuelles grâce aux progrès technologiques. C’est-à-dire qu’on produira toujours plus en valeur pour une dépense énergétique égale ou au moindre. On voit bien d’ailleurs (pour prendre des exemples) les progrès que l’on fait constamment dans l’efficacité des moteurs, l’allègement de la masse des avions, même la récupération des lanceurs spatiaux (Elon Musk !), ou encore dans le télétravaille ou l’impression 3D.
      Alors oui, l’installation de l’homme sur Mars coûtera cher, peut-être autant que l’ISS. Mais les 150 milliards de l’ISS ont été dépensés sur 25 ans. Ça ne fait pas beaucoup d’argent par année. Quasiment rien au regard des budgets militaires des grands pays, ou des dépenses dites « sociales » hors de contrôle un peu partout dans le monde (mais surtout en France).
      J’ai conscience comme vous que la mode n’est plus à la conquête spatiale comme on la concevait dans ma jeunesse et d’un côté j’en suis heureux car je pense que le « planter de drapeau » n’est pas une motivation très stimulante. Je sais donc que l’administration américaine de Joe Biden ne va pas pousser les fers aux feux pour les vols habités même si elle continuera le projet lunaire Artemis de Donald Trump. Mais j’ai confiance qu’il reste suffisamment d’amoureux des grands espaces ou de la « frontier » notamment aux Etats-Unis pour que l’effort continue et il sera porté par Elon Musk, Jeff Bezos et d’autres qui ensemble disposeront des moyens financiers suffisants pour mener à bien les premières expéditions, même si les grandes agences spatiales (NASA, ESA) y rechignent.
      Effectivement les premières missions seront difficiles et risquées, au moins autant que les missions des explorateurs qui sont partis en Antarctique avec les moyens dont ils disposaient. Et tout ne « marchera » pas du premier coup et il y aura peut-être des morts. Mais oui je pense que ça vaut la peine. Ca vaut la peine pour mieux faire de la science comme je l’ai écrit si souvent parce qu’un robot sans homme est beaucoup moins efficace qu’un homme à côté de lui. Mais aussi parce que relever le défi de vivre sur Mars forcera à des progrès technologiques énormes, réutilisables sur Terre, en matière de recyclage, d’économie d’énergie, d’efficacité de l’agriculture, d’efficacité de la pisciculture, etc…Mais aussi, même si cela ne vous plait pas ou que vous trouvez cela ridicule, parce que s’installer sur Mars sera une aventure extraordinaire, le plaisir d’entreprendre quelque chose de grand et quelque chose de nouveau.
      La date à laquelle nous réussirons à nous poser sur Mars, vous ne la connaissez pas plus que moi, et elles est effectivement sujette à des développements que nous entreprenons seulement depuis peu de temps mais je veux croire en la créativité de l’homme et je pense que l’on n’attendra pas trente ans pour y parvenir. Mon désir sur Mars n’est pas du tout un rejet de la Terre. Je sais que notre planète est la plus belle et la plus adaptée à notre vie puisque c’est elle qui nous a façonnée au cours d’un processus extraordinairement complexe et long, probablement non reproduit ailleurs et non reproductible. Mais notre installation sur Mars, si elle est possible bien sûr, sera un enrichissement pour l’homme, non une dépense inutile et stérile car je suis certain qu’un retour sur investissement sera possible, pourvu qu’on puisse disposer de suffisamment de temps pour y parvenir.
      Mars n’est pas un paradis, nous en connaissons tous les défauts mais c’est un monde nouveau. Il est presque vivable selon nos critères d’aujourd’hui et il ne tient qu’à nous de le rendre effectivement vivable, Que vous le vouliez ou non, nous tenterons cette aventure. Personne ne pourra nous en empêcher. Pour le reste merci je connais bien les limitations que nous imposent la vitesse de la lumière. Mon propos n’est pas d’aller sur Proxima Centauris !

      1. Bonjour, merci pour votre réponse.

        Bien sûr, pour la vitesse de la lumière c’était un exemple à l’extrême pour bien illustrer la prudence dont il faut faire preuve dans ces questions.
        Effectivement, les budgets accordés à la NASA ne sont rien comparés aux dépenses militaires. C’est en cela que j’insiste sur ce point : on peut aller sur Mars. Physiquement c’est tout à fait possible. Si tous nos efforts sont concentrés sur cet objectif, on peut y arriver. MAIS j’insiste aussi sur la limite, qui je crois est déterminante pour la suite, qui est plutôt sociétale. Est-ce que cela passerait aux yeux de l’opinion publique de dépenser de telles sommes ? (comme on entend si souvent, alors que comme on le disait, le budget militaire semble moins contesté). Est-ce que c’est vraiment un intérêt majeur pour des avancées scientifiques ? Cela vaut-il le coup de risquer donc la vie d’individus ?
        L’opinion publique et l’argent étant les seules grandes préoccupations de nos dirigeants, pouvons-nous imaginer quel sera l’impact si la mission s’avère être un échec ? Rappelons nous Challenger et Columbia… Donc voilà, pour moi la limite n’est pas forcément financière, si on veut y aller, on ira. Mais veut-on vraiment y aller ? C’est là que ça coince pour moi… Elle est si loin la fougue des années ’60… Il faudrait un changement majeur dans l’opinion, une “geekifisation” (pardonnez ce néologisme) de la société pour redonner un semblant d’intérêt à la conquête spatiale. Parce que j’insiste, dans l’état actuel des choses, nous n’irons pas sur Mars. Pas que cela soit impossible, mais parce que pour l’instant, personne n’y voit d’intérêt. Et ça n’est pas quelques passionnés comme vous et moi qui financeront ce genre de projet malheureusement… Les budgets accordés ne proviennent pas de décisions de passionnés, mais de gens qui ont des intérêts immédiats, recherchant des résultats concrets… Tant que cela ne change pas, on n’ira pas sur Mars.

        1. *Désolé pour ce second message, mais j’ai omis quelque chose d’important que je souhaitais aborder :

          Je pense que les financements peuvent en effet venir de grands investisseurs tel que Elon Musk, si l’on retire toutes les aberrations qui font office de bonne figure de communication. Il n’y a que comme cela que les financements pourraient arriver, cela ne viendra sûrement pas de nos nations. Mais Musk ne trouvera jamais une telle somme, et les contraintes évoquées dans le livre de madame Ekström seront toujours là… Et enfin, je ne suis pas touché par les arguments du type “ce serait triste qu’une petite partie de la population ait accès à ce privilège de riches”. Pour moi de toute façon, il n’y aura pas de colonisation avant des lustres. Les premiers “chanceux” à y poser le pied seront sûrement des scientifiques “le méritant”, pas des touristes. Je doute que la colonisation soit un objectif sérieux. Encore une fois, le fait que “c’est dans la nature de l’Homme de découvrir et de mener à bien cette merveilleuse aventure” n’est pas suffisant à convaincre des investisseurs. Si l’on ne veut pas brûler les étapes, le temps de coloniser la Lune, de regrouper la somme disponible, de mettre tout en place sur Mars pour l’accueil des premiers arrivant, plus tous les tests pour être sûr que tout se déroulera comme prévu et sans dérapage… À mon avis on a encore de longues décennies avant de voir les premiers pas sur Mars.

          1. Je pense au contraire de vous que le lancement de l’exploration par vols habités de Mars, pour recueillir des données scientifiques et poser les premiers jalons d’une base habitée, peut très bien être entrepris sur fonds privés. Elon Musk ou Jeff Bezos ont suffisamment d’argent pour affecter une vingtaine de milliards au projet (qui ne devrait pas coûter plus de 50 milliards sur trente ans) et ils peuvent rassembler des capitaux d’autres personnes ou entreprises à leur côté (j’ai écrit un article sur l’estimation du coût et l’organisation financière ailleurs dans mon blog et je ne vais pas reprendre mes articles ici mais vous pouvez les retrouver dans mon index en bas de page).
            Je ne pense pas non plus que le préalable pour aller sur Mars soit de coloniser la Lune. On peut explorer la Lune en direct avec des robots depuis la Terre (pas de décalage horaire) et la Lune ne peut pas servir de base à un départ sur Mars. Il faudrait y installer toute une infrastructure, autant le faire sur Mars et ressortir d’un second puit de gravité (Terre puis Lune) car j’imagine qu’il y aurait peu de résidents sur la Lune qui voudraient faire le voyage de Mars (ce seront naturellement des Terriens).

        2. D’accord avec vous sur la tiédeur des gouvernants et d’une bonne partie de l’opinion pour ce projet. Mais ce qui change la donne aujourd’hui ce sont les entrepreneurs privés. Elon Musk veut vraiment aller sur Mars. Si ses entreprises continuent à prospérer comme actuellement, il aura les moyens d’y aller (pourvu bien sûr qu’il parvienne à mettre au point son Starship).

          1. Je vais rechercher des informations sur votre site pour me faire un avis plus complet sur la question.
            Je vous remercie pour cette conversation, c’était très enrichissant !

  19. Aller sur Mars ? Comme vous, j’en suis convaincu. La seule vraie question que je me pose : pour y faire quoi ? Et si vous avez bien lu le livre de M. et Mme Nombela-Ekström, vous avez sans doute compris que les obstacles à surmonter ne seront pas balayés à coups de “yaka” et “ifokon”. Et l’argent de MM. Musk et Bezos ne permettra que de retarder le moment où l’on se rendra compte de l’inanité du projet de colonisation de la planète rouge.
    Bien cordialement
    Michel Sommer
    Président d’honneur du Club astronomique M51 de Divonne-les-Bains (France)

    1. Merci Monsieur de votre message.
      J’ai bien lu le livre de Madame Ekström mais apparemment vous n’avez pas lu les divers articles de mon blog qui traitent avec détails des raisons qui justifient, de mon point de vue, non seulement les missions habitées sur Mars mais aussi, et évidemment si cela s’avère possible, l’installation de l’homme sur Mars. Si vous avez des critiques aux justifications que je donne, merci de me les citer et de me dire pourquoi vous n’êtes pas d’accord. Pour retrouver les articles qui traitent du sujet des motivations, vous pouvez aller dans l’index en bas de cet article.

  20. J’ai posé une question dans mon “post” : Aller sur Mars ? Pour y faire quoi ? Il y a deux manières de répondre. Pour figurer dans le Guiness Book des records en étant les premiers à y avoir posé le pied, ou plus sérieusement apporter quelque chose de tangible à l’humanité qui la soulagerait de ses maux récurrents : famine, racisme, homophobie et tout ce qui vous plaira d’ajouter.
    Il y a malheureusement trop de gens qui confondent la prouesse scientifique d’un vol vers Mars avec la finalité de l’exercice que personne ne semble vraiment capable d’expliquer. Qu’un voyage vers Mars soit l’occasion d’en savoir davantage sur l’Univers, je peux parfaitement l’entendre. En revanche, y amener des Terriens pour leur propre bénéfice et pour celui de ceux qui resteront sur la Terre n’est même pas une utopie, juste une chimère.
    Avec mes salutations les meilleures.
    Michel Sommer

  21. “Justifier : faire admettre quelque chose, en établir le bien-fondé”
    Je n’ai pas besoin de vos justifications. Il me plairais en revanche que vous répondiez à la question que je pose à propos de Mars et ses voyages habités : Pour y faire quoi ? Et si par extraordinaire une activité avait la moindre chance de pouvoir être exercée avec bonheur sur Mars, alors j’admettrais de demander avec humilité : comment y parvenir !

    1. OK, vous revenez sur la motivation. Comme déjà développé à de multiples reprises (et je ne vais pas le refaire trop longuement en commentaire), je répondrai:
      1) les voyages habités apporteraient une efficacité considérable à la recherche scientifique. En effet, agir à une distance lumière de 3 à 22 minutes (dans un seul sens) implique un manque de réactivité et impose une programmation lourde pour pouvoir agir par robots interposés. D’autre part l’homme par sa dextérité et sa capacité de jugement peut effectuer physiquement des opérations (soulever une pierre avec un levier, enfoncer une sonde dans le sol) et prendre des initiatives (regarder derrière lui, changer d’endroit où enfoncer la sonde parce qu’il lui semble que le terrain sera meilleur autre part) qu’un robot ne pourra pas faire tout seul ou pourra faire avec beaucoup de difficultés ou de temps.
      2) les voyages vers Mars et retour vers la Terre durent chacun 6 mois, les séjours 18 mois, les départs de la Terre ne peuvent avoir lieu que tous les 26 mois. Vous pouvez donc constater que d’une part les séjours sur Mars sont forcément longs, ce qui impose de pouvoir y survivre dans les conditions acceptables, que d’autre part lorsqu’une mission repart vers la Terre (au mois 24 après le départ), il est impossible que la mission suivante soit arrivée (elle arrivera au mois 32). Il est donc intéressant qu’au moins une petite équipe reste sur place pour entretenir les équipements et servir de comité d’accueil aux prochains arrivants. Cela fait que de facto, il serait intéressant qu’une petite colonie soit établie sur mars.
      3) Une colonie sur Mars serait un cadre idéale pour étudier davantage l’efficacité énergétique, l’efficacité agronomiques, l’efficacité des dispositifs d’isolation, les technologies de protection contre les radiations, la résistance des matériaux, les possibilités de recyclage, pour pratiquer l’observation astronomique en complément de celle que l’on fait sur Terre ou dans l’espace, etc…
      4) Je sais que ça ne va pas vous plaire mais je le pense et je le dis quand même, une colonie sur Mars, bien entendu si elle s’avère possible et on le saura vraiment après les premières missions habitées, pourrait être un conservatoire pour l’humanité. Un lieu où l’on pourrait entreposer numériquement dans des datacenters ce à quoi nous tenons le plus et qui serait ainsi à l’abri des destructions qui pourraient intervenir sur Terre. Je sais que ce n’est pas demain que nous pourrons construire les structures nécessaires et développer l’autonomie de la colonie par rapport à la Terre serait possible, mais si nous ne commençons pas dès que possible et pas à pas, nous nous privons de la chance de pouvoir y parvenir un jour.
      Pour terminer ce court exposé j’ajouterais que la recherche, les développements nécessaires à rendre la vie possible et aussi le “tourisme” pourraient être des activités suffisamment rentables sur le long terme pour permettre à la colonie de ne pas vivre de subventions mais de ses échanges avec la Terre. Par ailleurs l’impossibilité de ravitailler la colonie pendant de très longs mois, imposera de produire le maximum de biens sur Mars (et l’impression 3D jouera un rôle important). De même l’isolement formera une barrière à l’entrée considérable qui sortira la plupart des biens (tous ceux qui pourront être produits sur Mars) de la concurrence avec les biens produits sur Terre. J’ose le tourisme parce qu’en bon capitaliste, je ne crache pas sur l’argent des autres et que parmi ces touristes, il peut y avoir des gens qui auront des idées intéressantes à développer dans un cadre original et exigeant (et dans un environnement humain de très haute qualité), idées qui pourraient bénéficier à tous, aussi bien sur Mars que sur Terre.

    2. Je me recopie:
      Quand on demandait à je ne sais plus quel alpiniste pourquoi il escaladait la montagne, il répondait : « parce qu’elle est là ». C’est déjà un argument pour aller sur Mars. Peut-on y voir le remède à la surpopulation, une assurance contre des exterminations sur terre dues au virus de l’apocalypse qui somnole quelque part, à une folie guerrière, à une erreur technologique nucléaire ou autre, ou à un météore venant d’en DEHORS du système solaire à une vitesse plus grande qu’Oumuamua ou Borissov, les “cailloux” imprévisibles et hyper-rapides? Il s’agit de créer des communautés humaines avec peu de connexions les unes avec les autres pour que l’une survive. Vouloir explorer Mars est aussi respectable que vouloir atteindre les Amériques au temps de Christophe Colomb. C’est un projet qui illumine les esprits et nous fait supporter nos ennuis.
      Bref, il faut donner à l’espèce humaine des chances supplémentaires d’échapper à l’extermination totale et, si on abandonne ces jours-ci , tôt ou tard on remettra ça dans quelques siècles, parce que Mars “est là” .

      1. Merci Martin pour votre beau commentaire.
        Vous avez tout à fait raison, il faut nous donner une autre chance, si cela est possible. Là est ma différence avec Mme Ekström. Elle déclare a priori que ce n’est pas possible. Je ne nie pas la difficulté des problèmes à surmonter mais je pense qu’on doit essayer et qu’on dispose aujourd’hui des technologies nécessaires pour s’y appliquer et réussir. Nous sommes tout près.
        Mon seul doute et ma seule crainte ce n’est pas l’échec de ces quelques aménagements nécessaires à nos technologies pour que nous puissions réussir, c’est la frilosité générale, l’aversion au risque et même le désabusement qui se sont développés depuis quelques dizaines d’années et qui continuent à se développer alors que les problèmes liés à la prolifération humaine et à la destruction de notre environnement se poursuivent. Mars sera toujours là mais l’homme sera-t-il toujours là, sur Terre, pour entreprendre l’aventure? Nous sommes dans une course contre la montre et c’est pour cela qu’il ne faut pas faiblir.
        Maintenant, si l’homme réussi à franchir sur Terre la passe dangereuse où il se trouve aujourd’hui placé, ce sera tant mieux. Je serais le premier à m’en réjouir. Mais cela n’empêche que la réussite de l’implantation de l’homme sur Mars serait un enrichissement considérable pour l’humanité, la sortie de notre berceau comme le disait Constantin Tsiolkovski et notre déploiement dans un espace plus grand et porteur de plus d’espoir.

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