‘Oumouamoua, brève rencontre avec un objet extraterrestre

Le 19 octobre 2017 des astronomes terriens ont remarqué dans le ciel un objet étrange. L’astrophysicien Avi Loeb s’y est intéressé et a fait part dans un livre publié en Janvier 2021, de sa conviction : selon les indices recueillis durant notre brève rencontre, la meilleure explication de cet objet est qu’il soit artificiel. Le professeur Abraham (Avi) Loeb est directeur du département d’Astronomie de l’Université de Harvard, président du Conseil des académies de physique et d’astronomie des Etats-Unis et président du comité consultatif du programme Breakthrough Starshot Initiative.

Quand j’ai abordé la lecture de ce livre, étant a priori sceptique car critique et très peu enclin à croire que la vie, a fortiori une vie intelligente, ait pu se développer en dehors de la Terre, j’ai ressenti une sorte de malaise mêlé à une forte curiosité. En effet je me demandais à quels arguments un scientifique aussi reconnu par ses pairs que l’est le Professeur Loeb, pouvait recourir pour écrire ce qui pouvait apparaître comme une « énormité » (et qui est effectivement apparu comme telle à beaucoup de ses confrères).

L’observation n’a pu se faire que sur une période de onze jours parce que l’objet « 1I2017UI » que l’on affubla ensuite du nom d’Oumouamoua*, se déplaçait à grande vitesse (180.000 km/h avant son périhélie, puis 320.000 km/h après) et aussi parce qu’on ne l’avait tout simplement pas remarqué auparavant. Venant du Nord, de la direction de l’étoile Véga, il avait franchi le plan de l’écliptique après l’orbite de Mercure, infléchi sa course à l’intérieur de l’orbite de Mercure et était repassé au-dessus du plan de l’écliptique un peu après l’orbite de la Terre. Il nous y avait précédé en termes de longitude solaire de quelques dizaines de millions de km et il repartait vers l’extérieur de notre système.

*mot de la langue Hawaïenne que d’après Avi Loeb on peut traduire par « éclaireur ». En effet la première observation se fit dans le télescope Pann STARRS1 dans l’Ile de Maui. C’est aujourd’hui la mode d’aller chercher des noms qu’on aurait autrefois qualifiés d’« exotiques », ce que personnellement je trouve totalement ridicule.

Sa vitesse était telle qu’on l’a tout de suite identifié comme un objet provenant de l’extérieur du système solaire puisqu’aucun astéroïde ou aucune comète ayant décroché de son orbite dans les Nuages de Oort, n’aurait pu l’atteindre. Cela signifiait déjà qu’il ne ferait que passer, sans pouvoir être retenu par la force gravitationnelle du Soleil. C’était le premier objet interstellaire* ayant pu être observé et il était déjà, de ce fait, exceptionnel (il y en eu très vite un autre, nommé Borissov). On en aurait donc parlé de toute façon mais cela n’aurait pas bouleversé « les têtes les mieux faites » car il était logique qu’une telle observation se fit un jour.

*Le « 1I » en préfixe de l’identification UAI (Union Astronomique Internationale) indique précisément ce fait.

L’objet avait d’autres particularités : (1) Ce n’était pas une comète car aucun dégazage n’est apparu même lorsqu’il est passé à proximité du Soleil*. (2) Ce n’était pas un astéroïde car il réfléchissait beaucoup de lumière (un astéroïde est un objet sombre alors que la glace d’une comète peut théoriquement briller). Ce fut d’ailleurs le contraire dans le cas de Borissov, tout aussi « étranger » en raison de sa vitesse mais, lui, tout à fait « classique ». (3) Sa luminosité variait d’un facteur 10 toutes les 8 heures, très précisément. Cela signifiait que l’objet avait un rapport longueur/largeur de 10 à 1 et qu’il était en rotation sur lui-même. (4) L’objet était petit car en passant près du Soleil, il aurait dû chauffer ; or le télescope à infrarouge spatial Spitzer qui peut mesurer les variations de températures d’objets très petits à cette distance, n’a noté aucune variation. Cela implique que la variation, si elle avait eu lieu, était en dessous de son seuil de détection, c’est-à-dire que l’objet devait avoir une dimension inférieure à 100 mètres sur moins de 10 mètres, donc que sa forme était plus étirée ou aplatie que tous les autres objets observés à ce jour (aucun n’a un rapport supérieur à 3 sur 1). Cela implique également qu’il est extrêmement brillant puisqu’il réfléchissait beaucoup plus de lumière que ne le devrait un objet « ordinaire » d’une taille si petite. (5) Lorsque Oumouamoua a passé son périhélie, sa trajectoire a dévié de celle qu’il aurait dû suivre s’il avait simplement répondu à la force gravitationnelle du Soleil et c’est après cette constatation qu’Avi Loeb a commencé à être vraiment intrigué. La déviation correspondait à une force additionnelle, antisolaire, qui déclinait proportionnellement au carré de la distance au Soleil. Si l’accélération avait été due à l’éjection d’un gaz (comme d’un moteur-fusée ou d’une comète) le delta de vitesse aurait dû occasionner la perte de 1/10ème de la masse de l’objet. Ce n’était pas le cas car on ne constata aucun dégazage, aucune perte de matière tout comme on n’observa aucun changement dans la rotation.

*lorsqu’on identifie un objet astronomique, on peut rechercher sa position antérieure à celle de l’observation, par les prises de vue du ciel antérieures et aussi par le calcul. Je fais là-dessus, confiance totale aux astronomes (ils ont été nombreux à observer le phénomène et aucun n’a contesté la base chiffrée du raisonnement d’Avi Loeb).

Avi Loeb en déduit que pour réfléchir autant de lumière, et subir l’accélération qu’il a subi (vitesse donc direction), la forme de l’objet devait être beaucoup plus celle d’un « pancake » ou d’un disque que d’un cigare comme on l’a communément représenté. Cela évoqua immédiatement chez lui la « photovoile » (appelée aussi voile solaire quand l’on considère que la source de lumière est le Soleil). Il en connaissait parfaitement le principe pour l’avoir étudié pour le projet Breathrough Starshot à la demande de son ami Youri Milner. Ce projet fabuleux qui les passionne tous les deux (et auquel participait Stephen Hawking) consisterait à envoyer en seulement 20 ans des voiles solaires de très faible masse, observer Proxima Centauri sous l’impulsion initiale et brève de lasers ultrapuissants. En appliquant cette hypothèse, Avi Loeb et ses collègues ont estimé que la voile devait avoir une épaisseur de moins de 1 mm.

Cerise sur le gâteau, on s’aperçut ensuite, d’après sa trajectoire reconstituée (on peut en effet le faire avec une vitesse et une direction), qu’Oumoumoua était positionné avant son intrusion, à une vitesse tout à fait particulière dans sa rotation autour de la galaxie, qu’on appelle le « Local Standard of Rest » ou « LSR ». Ce référentiel est particulier en ce qu’il est la vitesse moyenne de déplacement dans notre petit coin d’univers. Dans le disque galactique, les étoiles tournent autour du centre galactique à des vitesses variables, certaines vont relativement vite, comme le Soleil, à 70.000 km/h, ce qui lui permet de faire le tour du centre galactique en quelques 230 millions d’années terrestres, d’autres vont plus lentement (et nous changeons ainsi de voisins au cours du temps…très long pour nous puisqu’il faut le compter en dizaines de milliers d’années). Mais les objets qui se déplacent exactement à cette LSR sont extrêmement rares (le propre des moyennes). Avi Loeb en propose l’explication que nous avons heurté une sorte de balise (c’est donc nous qui aurions perturbé l’objet plutôt que l’objet qui aurait pénétré dynamiquement notre sphère d’influence). Quoi qu’il en soit, la constatation ajoute à l’étrange et renforce la probabilité d’un objet non-naturel.

Nous n’en saurons pas plus. Oumaoumoua est reparti et ne reviendra jamais, nous ne pourrons donc jamais l’observer à nouveau, jamais en avoir d’image. Il faut « vivre avec » en espérant capter un peu plus d’informations lorsque nous bousculerons une autre « balise »…si nous en avons l’occasion car l’Univers est vaste, les balises probablement rares et le temps pendant lequel une civilisation nait, se développe et meurt, sans doute extrêmement limité relativement à son échelle. D’ailleurs Avi Loeb considère que la plus grande probabilité est qu’Oumoumoua soit une épave produite par une civilisation disparue et il propose de développer une recherche d’« astro-archéologie » pour être prêts en cas de nouvelle rencontre.

Je vais donc vous laisser avec ce résumé en vous invitant à lire le livre. Avi Loeb nous montre bien que toutes les explications que l’on peut donner d’Oumouamoua sont extraordinaires mais que la moins extraordinaire serait celle de la photovoile. Ce n’est pas pour autant que les extraterrestres « courraient les rues » mais cela ébranle autant que cela fait rêver.

Illustration de titre : la trajectoire d’Oumouamoua. L’objet a été observé quand il venait de passer l’orbite de la Terre, en route vers l’extérieur du système solaire. Crédit Nageldesign, Tom Ruen.

Lecture : Le premier signe d’une vie intelligente extraterrestre, par Avi Loeb, Editions du Seuil, janvier 2021. Excellente traduction en Français du géologue Franco-Américain, Charles Frankel (titre en Anglais: “The first sign of intelligent life beyond Earth”).

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 21 02 26

 

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

43 réponses à “‘Oumouamoua, brève rencontre avec un objet extraterrestre

  1. Merci Pierre, fabuleusement intéressant!
    Concernant Borissov, on trouve de tout comme informations sur la Toile.
    Ce serait une vraie comète avec queue?
    Pourriez-vous nous éclairer de manière objective?

    1. Borissov est également un objet extrasolaire (sa vitesse était à l’entrée dans notre système légèrement supérieure à celle de ‘Oumouamoua) mais c’est une comète. On a observé qu’il rejetait une grande quantité de gaz à partir du moment où l’approche du Soleil a permis que ce gaz se dégèle (gaz carbonique). Il s’est ensuite fragmenté sous l’effet de la diminution de sa masse par perte de gaz et sous l’effet des tensions créées par la force gravitationnelle du Soleil sur sa structure affaiblie.
      Donc Borissov n’est pas un objet extraordinaire comme l’est ‘Oumouamoua. On ne peut pas imaginer qu’il ait été fabriqué. Il doit y en avoir beaucoup comme lui car le lien gravitationnel qui lie les objets des Nuages de Oort (ou équivalents autour des autres systèmes stellaires) est très faible (la vitesse de rotation autour de l’étoile est très faible) et il suffit d’une “pichenette”, par exemple l’effleurement d’un Nuage de Oort d’un autre système pour que l’astre “décroche”.

  2. “… astronomes TERRIENS”, j’ai adoré la précision 🙂 !
    Quant à notre supposé “visiteur” extra stellaire, c’est: “Rendez-vous with Oumouamoua” (quel vilain nom 🙁 ), au lieu de “Rendez-vous with Rama”, fantastique roman de S.F. d’Arthur C. Clarke, dont je conseille fortement la lecture, ainsi que de ses trois suites, à tous ceux que le sujet de cet article aurait intéressé!

    1. Il est vrai qu’en parlant d’astronomes “terriens” j’anticipe un peu (car je rêve que l’homme installe ses observatoires sur Mars pour avoir un point de vue différent et complémentaire du nôtre sur l’espace “proche”).
      Ceci dit je recommande aussi très chaudement la lecture de la saga d’Arthur Clarke “Rendez-vous with Rama”. Rama surgit dans le ciel de la Terre de la même manière qu’Oumouamoua, c’est à dire sans que rien ne l’annonce et en suscitant des réactions diverses au sein d’une population antérieurement sceptique. Ceci dit la différence entre Rama et Oumouamoua c’est que Rama s’est positionné de façon visible dans le ciel de la Terre pendant une période assez longue. Dans le cas d’Oumouamoua on n’a eu que onze jours d’observation à plusieurs dizaines de millions de km de la Terre. C’est toute la différence mais elle est évidemment très importante.

      1. C’est juste qu’envisager un véritable “rendez.vous” avec un objet se déplaçant à cette vitesse paraît assez difficile à concevoir 🙂 !

        1. Effectivement aucun rendez vous avec Oumouamoua n’aurait été possible compte tenu de sa vitesse. La seule possibilité d’en “savoir plus” aurait été d’avoir par chance un observateur qui aurait été plus près ou bien sûr qu’Oumouamoua fut passé plus près de la Terre.

  3. A propos du fond de l’article, je ne voudrais pas empêcher quiconque de rêver, mais pour être objectif, il est instructif aussi de prendre connaissance des considérations développées dans la référence qui suit par exemple (il y a plusieurs autres articles allant dans le même sens):
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires-le-podcast/oumuamua-est-il-un-vaisseau-extraterrestre
    Se souvenir que lorsqu’on se trouve face à des phénomènes qui a priori paraissent mystérieux, c’est le plus souvent l’explication la plus simple, je dirais, sans jeu de mot ici, la plus terre-à-terre, qui se révèle la bonne!

    1. J’ai écouté attentivement l’interview de l’astrophysicien Sean Raymond par le journaliste de France-culture et je constate qu’il ne présente AUCUN contre-argument aux remarques faites par Avi Loeb. Finalement il ne peut que dire que ce serait plus simple que Oumouamoua soit un objet naturel. Ca ne va pas loin et à mon avis ce n’est pas du tout satisfaisant (j’aurais tendance à dire “ce n’est pas sérieux”).
      Quelqu’un peut-il donner d’autres arguments? Je suis moi-même extrêmement sceptique sur les possibilités de vie extra-terrestre mais je ne peux qu’invoquer la difficulté pour l’évolution physico-chimique (pour ne pas dire prébiotique) de conduire jusqu’à la vie. On peut avoir “quelque part ailleurs” les matières qui constituent les bactéries, on peut avoir “quelque part ailleurs” un environnement assez comparable à celui de la Terre (“exactement”, serait plus difficile) mais ce n’est pas pour autant qu’on aurait la vie. Les expériences en laboratoire l’ont abondamment démontré. Alors?

      1. Je trouve un peu dur, et pas tout-à-fait correct, de prétendre que Sean Reymond ne présente AUCUN contre argument. Et même si c’était le cas, ce scientifique est loin d’être le seul à avoir sérieusement mis en doute l’hypothèse avancée par Avi Loeb (voir, entre autres nombreux exemples, en français: https://www.francetvinfo.fr/sciences/astronomie/vrai-ou-fake-peut-on-affirmer-comme-l-astrophysicien-avi-loeb-qu-oumuamua-est-le-premier-signe-d-une-vie-intelligente-extraterrestre_4282107.html).
        En fait, dans la communauté des astrophysiciens le consensus paraît nettement en défaveur de cette hypothèse si on lit un peu la littérature parue à ce sujet. Ce qui, bien sûr ne veut pas dire qu’Avi Loeb ait nécessairement tort, mais demande en tout cas de considérer son hypothèse avec un certain scepticisme et de ne pas trop vite en déduire avoir la (quasi-)preuve qu’une (ou des) civilisation(s) extraterrestre(s) avancée(s) ai(en)t pu exister. Laissons la S.F. à des auteurs (de grand talent) comme Clarke!

        1. Je sais bien que la plupart des astrophysiciens sont sceptiques et ce n’est pas étonnant puisque l’événemenent a été furtif et qu’il est extraordinaire.
          Mais attention dans les commentaires des astrophysicien et géologue cités par France info, je remarque des inexactitudes et un doute non levé:
          Il est faux de dire qu’Avi Loeb nie l’existence dans notre système d’objets extrasolaires (ce serait indigne d’un astrophysicien de le prétendre et vraisemblablement le journaliste n’a pas compris son interlocutrice).
          Il est également totalement faux qu’Avi Loeb ait dit qu’Oumouamoua avait visé la Terre (d’autant plus faux qu’il imagine plutôt qu’Oumouamoua serait une “épave”).
          Il est vrai que certains mécanisme pourraient expliquer la fragmentation d’un corps en d’autres plus longs mais Avi Loeb souligne qu’on n’a jamais constaté un rapport de 1 à 10. D’ailleurs, à court d’arguments le scientifique déclare (d’après le journaliste): “Il est peut-être même né d’un phénomène naturel que les scientifiques n’ont pas encore découvert” Certes! Mais cela ne nous avance pas beaucoup.
          Pour ce qui est de la réflectivité de l’objet, c’est parole contre parole mais je pense que quelqu’un dans la position d’Avi Loeb ne pourrait pas se permettre de dire que l’objet avait une réflectivité exceptionnelle si ce n’était pas le cas.
          Enfin le scientifique cité dans l’article et qui parle de l’accélération surprenante après passage au périhélie, la reconnait et avoue qu’il ne peut donner aucune explication.
          Désolé Pierre-André mais les réponses transmises par les journalistes restent insuffisantes pour détruire l’hypothèse d’Avi Loeb.

          1. Je n’ai pas dit que les arguments des sceptiques (et il y en a bien d’autres que ceux que j’ai cités, limités volontairement à des publications en français) “détruisaient” l’hypothèse d’Avi Loeb (relire mon commentaire!), mais que les plus grandes prudence et réserve s’imposaient en l’absence de toute preuve solide que cette hypothèse soit correcte. Comme je l’ai aussi écrit, quand un phénomène paraît “mystérieux”, l’explication la plus simple et la moins “tirée par les cheveux” est le plus souvent la bonne. Ne mélangeons pas science tout court et science fiction.

          2. Je suis d’accord pour reconnaître que la plus grande prudence s’impose pour tirer des conclusions définitives. L’objet était trop loin compte tenu de sa taille pour qu’on puisse les tirer et les conséquences philosophiques sont trop importantes pour ne pas vouloir se conforter. Cependant je ne me satisfais pas du tout des deux “argumentations” proposées qui sont totalement insuffisantes (pas à la hauteur) pour réfuter l’interprétation d’Avi Loeb (les éléments troublants qu’il a relevés restent totalement indemnes). En l’occurrence il n’y a pas d’explication “simple”, contrairement à ce que disent les deux personnes interrogées. Dans son livre, Avi Loeb réfute ces explications simples avec, lui, des arguments qui semblent, pour en lecteur attentif, tenir la route (que l’on aime ou non la science-fiction).

          3. Bonjour à tous et merci pour ce débat,
            Je ne suis pas sûr que la question soit de savoir si telle ou telle hypothèse – ici celle d’Avi Loab – peut être “détruite”, surtout après une observation aussi furtive.
            Elle me semble plutôt être, comme pour toute question scientifique à ce stade, d’évaluer la probabilité comparée des diverses hypothèses que l’on peut échafauder. Celle du vaisseau extraterrestre ne peut sans doute pas être éliminée d’emblée mais est à juste titre vue par l’immense majorité des observateurs comme l’une des moins probables.

        2. J’ai réécouté l’interview de Sean Reymond par France Culture et je regrette de devoir confirmer qu’il n’y a dans les réponses de cet astrophysicien (quand même très succinctes) aucun argument qui permette de réfuter l’hypothèse d’Avi Loeb. On peut bien sûr rester sur l’explication de circonstances naturelles inconnues s’appliquant à un corps constitué de minéraux naturels inconnus et organisé selon une structure naturelle inconnue, mais cela ne fait pas avancer la résolution du problème présenté par le phénomène constaté. Je rappelle: objet probablement en forme de disque, très lumineux, dont la rotation n’a pas été perturbé par le passage près du Soleil, et qui a accéléré après le passage au périhélie nettement plus qu’il est normal alors qu’il n’a produit aucune émission visible de volatils (comme l’aurait fait une comète).

  4. Bonjour,

    Je suis la saga d’Oumuamua depuis plus d’un an car cet objet a paru rapidement exceptionnel, indépendamment de son statut interstellaire et j’ai donc suivi de près tout article professionnel sur le sujet. Je suis par ailleurs en train de finir une relecture du livre de Loeb.

    Je suis globalement d’accord Mr Brisson avec votre article et vos divers commentaires et avis sur les détracteurs cités. Il y a peu d’articles valables pour expliquer les désaccords avec Loeb.

    J’ai trouvé un article plus détaillé des critiques, fait sur Futura Sciences :
    https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/vie-extraterrestre-%CA%BBoumuamua-nest-pas-preuve-existence-extraterrestres-selon-experts-85430/
    Sans entrer dans le détail des explications dont certaines paraissent tirées par les cheveux, on peut déjà d’emblée se rendre compte en lisant cet article, qu’il faut pour que Oumuamua soit “que naturel”, admettre qu’à chaque point inhabituel décelé pour ‘Oumuamua, il y ait une explication naturelle *exceptionnelle* et souvent non certaine à ce jour… Cela fait beaucoup pour un même “objet” d’avoir tant de particularités naturelles extrêmes !! Quelle est statistiquement la probabilité d’avoir vu passer si près de la Terre un tel “objet naturel” TRES TRES TRES exceptionnel ? Peut-être pas moins qu’un objet artificiel, éventuellement sciemment lancé sur une cible prédéterminée ? 🙂
    J’ai par ailleurs vu dans une autre vidéo l’un des intervenants de l’article de Futura Science, indiquant qu’il n’avait pas lu le livre de Loeb. Avoir un avis sur un livre non lu n’est pas spécialement correct…

    Concernant l’origine du nom ‘Oumuamua qui serait « l’éclaireur arrivé en premier », celui-ci aurait été donné pour des raisons politiques, de façon à calmer le jeu vis-à-vis d’hawaiens opposés à la présence de nouveaux gros télescope sur l’un des volcans de l’archipel.

    Si l’on voulait, il serait faisable de faire une mission spatiale rattrapant ‘Oumuamua pour au moins l’imager lors d’un passage à proximité et vraiment savoir quel est son origine, naturelle ou pas.
    Divers organismes ont traité le sujet . Je ne suis pas un spécialiste de l’Astronautique, mais ces milieux bien informés ont amené diverses possibilités de rejoindre Oumuamua, avec nos moyens actuels ou futurs proches :
    https://arxiv.org/abs/2008.05435
    Space Initiatives Inc 2008.07647.pdf (accessible par une recherche Google)

    Pour finir, Je ne sais pas si le Monde astronomique et même le Monde en général est intéressé à résoudre le mystère d’Oumuamua qui débarque sans prévenir…. Imaginez seulement l’impact qu’aurait eu la découverte d’un objet effectivement artificiel donc élaboré, avant une mission de 2.5 milliards de dollars comme celle de Persévérance devant essayer de trouver des traces de vie très primaires ailleurs que sur Terre… Les puissants de ce monde, pays, religieux ou politiciens seraient-ils très heureux par ailleurs de devoir composer avec l’idée de l’existence actuelle ou même passée d’une civilisation non terrestre et plus puissante technologiquement que la nôtre ?

    1. Cher Monsieur. Merci de votre intérêt pour mon article.
      Je partage comme vous l’opinion que les arguments avancés par les adversaires de l’hypothèse d’Avi Loeb sont faibles (c’est à dire plus précisément que je considère que ceux que j’ai lus jusqu’à présent ne sont pas suffisamment convaincants pour démontrer le caractère incontestablement naturel de l’objet). Cependant:
      1) je ne suis pas d’accord avec vous pour utiliser l’argument (en faveur de la nature extraterrestre de l’objet) de la très faible probabilité que l’objet soit passé si près de la Terre. Cette “probabilité” repose sur des affirmations (la rareté supposée des sources de ce type d’objets) et non des faits, elle n’est donc absolument pas utilisable. On ne peut tirer aucune généralité à partir de l’observation d’un seul évènement. Par ailleurs il faut arrêter de soupçonner que la Terre était “visée” par ‘Oumouamoua. Nous n’en avons aucune preuve et il faudrait d’abord confirmer la nature artificielle de l’objet (pour le moment c’est simplement une possibilité, forte ou faible à l’appréciation de chacun).
      2) je ne suis pas d’accord, malgré l’étude de l’Université Cornell, pour dire qu’on pourrait, aujourd’hui, rejoindre ‘Oumouamoua avec un vaisseau spatial équipé d’un moteur nucléaire à propulsion de type NTP. Ce n’est pas que je conteste les capacités théoriques extraordinaires de ce mode de propulsion (et Pierre-André Haldi, spécialiste reconnu du sujet, pourrait en parler) mais le vaisseau équipé d’un tel moteur n’existe tout simplement pas aujourd’hui et le temps qu’il soit prêt, si on décidait de le construire, où serait donc ‘Oumouamoua?! Il ne faut pas oublier que l’objet se déplaçait à 320.000 km/h quand il a pu être observé à l’extrême limite de nos possibilités, qu’il a très bien pu être déstabilisé à nouveau en ressortant du système solaire et donc changer légèrement d’orientation ou de vitesse et qu’il n’a aucune balise à bord (que nous sachions!) qui permette de le retrouver. Allez-vous lancer dans l’espace un véhicule robotique (je ne peux pas imaginer un instant qu’il soit habité), même équipé d’un moteur à propulsion NTP, avec la tache de retrouver un objet tout petit (moins d’une centaine de mètres selon Avi Loeb) sans savoir exactement où il est et sans instrument embarqué de puissance suffisante pour tenter de le retrouver? Certainement pas. L’étude de Cornell est faite par des gens qui ont pris un cas d’école, celui d’Oumouamoua, pour démontrer l’intérêt d’un mode de propulsion extrêmement prometteur, c’est tout.
      Désolé!

  5. Il faut aussi prendre connaissance de cette déclaration de la Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique et de la Société Française d’Exobiologie à propos de ce livre : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Abraham_Loeb#cite_ref-20
    .
    Je me permets de reprendre ici, avec quelques retouches et compléments, ce que j’avais déjà écrit sur ce site concernant ‘Oumuamua.
    .
    On n’a pu mesurer l’orbite de l’astéroïde ‘Oumuamua (découvert le 19 octobre) que (rétrospectivement) du 14 octobre 2017 au 2 janvier 2018, de quoi bien déterminer les éléments de son orbite. Mais c’est plus d’un mois auparavant qu’il est passé à son périhélie à 38,5 millions de km du Soleil déjà le 9 septembre 2017, et donc on n’a pas pu observer alors s’il avait « dégazé » ou non précisément à ce moment-là.
    .
    Si c’est un objet naturel – et non pas une sonde d’origine extraterrestre pourvue d’un moteur quelconque -, il aurait aussi pu naturellement profiter du plongeon dans son puits gravitationnel au plus près du Soleil pour augmenter sa vitesse ultérieure après son passage, en profitant naturellement (et non pas artificiellement) d’un effet bien connu en astronautique d’assistance gravitationnelle, en l’occurrence, non pas la fronde gravitationnelle, mais l’effet Oberth :
    ( https://en.wikipedia.org/wiki/Oberth_effect )
    qui consiste à produire une brève poussée au moment précis du passage au périhélie (ou au périastre d’une autre planète) lorsque la vitesse est maximale. À cet instant, même une très faible et brève poussée accroît la vitesse plus que qu’elle ne le ferait sur le reste de la trajectoire. C’est ce qui peut expliquer la nouvelle vitesse acquise plus élevée qu’attendue sur la portion de trajectoire mesurée bien après ce passage au périhélie, alors que l’on n’a pas vu d’émanations gazeuses ou de poussières sur la suite de sa trajectoire.
    Rappelons que la planète Mercure est au plus près du Soleil à 46 millions de km avec une température atteignant déjà les 430 °C. ‘Oumuamua est passé à encore 8 millions de km plus près du Soleil. À de telles températures de plus de 500 °C, il y a de quoi sublimer certains minéraux volatiles. De plus, l’albédo géométrique de ‘Oumuamua, estimé entre 0,06 et 0,1, probablement 0,08 – donc très sombre -, n’a rien d’extraordinaire, celui de Mercure (0,142) et celui de la Lune (0,136) sont considérés comme l’albédo d’un tableau noir !

    1. Merci Monsieur de Reyff pour ce commentaire qui va bien au delà de ce qu’on peut lire dans la plupart des média. J’ajoute le lien vers l’avis de la SF2A:
      https://www.exobiologie.fr/blog/2021/02/02/communique-de-la-sf2a-et-de-la-sfe/
      Cependant j’aimerais que vous expliquiez votre différence avec Avi Loeb concernant la réflectivité d’Oumouamoua. Vous dites: “De plus, l’albédo géométrique de ‘Oumuamua, estimé entre 0,06 et 0,1, probablement 0,08 – donc très sombre “. Or l’un des arguments de fond d’Avi Loeb est que ‘Oumouamoua était extrêmement lumineux ou plutôt, reflétait énormément de lumière, plus que n’importe quel autre objet observé (en dehors bien sûr des comètes en cours d’expulsion de leurs gaz). Merci de vos éclaircissements.

      1. Excusez-moi de devoir me répéter : un albédo de 0,09 comme celui de Cérès, de 0,136 comme celui de la Lune, ou de 0,142 comme celui de Mercure sont tous dans la catégorie sombre et non pas brillante. Pour Vénus on a en effet 0,689 et pour Jupier 0,538, eux sont donc des astres « brillants ». ‘Oumuamua aurait entre 0,06 et 0,1. Je ne comprends pas pourquoi Avi Loeb, dans son livre, que je n’ai pas lu, parle de la brillance de cet objet plutôt sombre. Une photovoile pour être efficace devrait avoir un albédo de 1. ‘Oumuamua est en tout cas 10 fois moins brillant, comme je ‘ai dit, ausi « brillant » qu’un tableau noir.
        .
        Je reviens sur l’effet Oberth. Pourquoi personne ne le mentionne-t-il ? Si l’objet était plus rapide après son passage au périhélie qu’avant, son énergie cinétique actuelle, décroissant avec le temps qui passe et donc avec son éloignement du Soleil n’est plus symétrique avec l’acroissement de cette énergie cinétique lors de son approche du périhélie. Comme l’orbite d’arrivée était déjà hyperbolique (vitesse plus grande que la vitesse de libération à chaque distance du Soleil), elle le devient encore plus après. Par contre si l’objet était arrivé sur une orbite elliptique très longue, ou tout juste parabolique (vitesse toujours exactement égale à la vitesse de libération), avec l’effet Oberth elle deviendrait inéluctablement hyperbolique. Mais on sait que ‘Oumuamua était déjà sur ue orbite hyperbolique à son arrivée, celle-ci n’est que devenue encore plus « tendue » après.
        .
        Lorsqu’une sonde spatiale fait usage de l’effet Oberth en passant près d’une planète pour en repartir plus vite qu’elle n’est arrivée, elle a perdu de la masse, celle du carburant et du comburant brûlés et donc, à cause de cette brève accélération, l’énergie cinétique s’accroît un peu, mais la vitesse s’accroît bien davantage du fait de l’effet combiné de cette brève poussée s’exerçant à une vitesse extrêmale et aussi de la diminution de la masse accélérée. En l’occurrence la poussée serait un dégazage, non pas bref mais suffisemment long, de ‘Oumuamua (et une perte de masse concomitante) justement aux alentours du périhélie. Il semble être passé de 50 km/s avant le périhélie à 88,8 km/s après. Il faut encore savoir que la vitesse de libération de l’attraction du Soleil au point du périhélie, à environ 36 millions de km, est environ de 1 sur racine carrée de 60 de la vitesse de libération à la surface du Soleil qui est de 617,5 km/s, soit environ 79,7 km/s.
        .
        Je cite la version française de Wikipedia sur l’effet Oberth : « Par exemple, pour une vitesse de libération de 50 km/s et une poussée de 5 km/s, nous obtenons un facteur multiplicatif de 4,6 et un changement de vitesse finale de près de 23 km/s ».

        1. Concernant l’albedo, Avi Loeb écrit
          « En plus d’être petit et de forme très allongée,‘Oumouamoua était curieusement lumineux. Malgré sa taille réduite, lors de son passage au large du Soleil, il s’est révélé extrêmement étincelant, réfléchissant la lumière du Soleil au moins dix fois plus qu’une comète ou qu’un astéroïde de taille comparable ».
          Peut-être un désaccord sur la taille de l’objet (plus facile à écrire qu’Oumouamoua!) expliquerait-il la différence d’albedo. Avi Loeb estime l’objet à moins de 100 mètres dans sa plus grande dimension (et à moins de 10 mètres dans sa plus petite dimension) compte tenu de ce que (1) la luminosité variait très régulièrement d’intensité (magnitude 22 à magnitude 25) sur une période de 8 heures et (2) que le télescope Spitzer qui capte les ondes infrarouges, n’a pu, malgré la luminosité, percevoir la moindre chaleur provenant de l’objet (il aurait pu la capter, compte tenu des pics de luminosité si l’objet avait eu plus de 100 mètres).
          Si on prend une moyenne entre la luminosité forte et la luminosité faible, on pourrait obtenir une valeur qui n’indiquerait pas la réalité de la luminosité dans la phase ou le « pancake » (pour ne pas dire le disque!) réfléchit la lumière sur la totalité de sa surface. En d’autres termes, la disproportion entre la longueur et la largeur de l’objet peut introduire une erreur dans l’appréciation de l’albedo.
          Qu’en pensez vous, Monsieur de Reyff?

        2. Inversement, on peut calculer que, avec une vitesse de libération au périhélie de 79,7 km/s, passer, comme indiqué, d’une vitesse de 50 km/s, avant, à 88,8 km/s, après (soit un accroissement de 38,8 km/s), demande une poussée de 8,95 km/s, le facteur multiplicatif étant ici de 4,34. S’il y a eu une telle poussée lors du passage au périhélie (et il y a dû en avoir une), quel en a été le “moteur” physique ? Moteur artificiel, pression photonique sur la surface, dégazage “naturel” de l’objet ?

        3. Avi Loeb, nous dit qu’il y a eu “une accélération hors d’une trajectoire régie uniquement par la gravité du Soleil, sous l’influence d’une poussée qui a décliné proportionnellement au carré de la distance au Soleil”. Je suppose qu’il prend en compte l’effet Oberth quand il mentionne l’effet de la force de gravité du Soleil mais il estime qu’elle n’explique pas la vitesse finale.
          Il précise par ailleurs qu’il n’y a été observé aucune trace de dégazage ni perte de matière.
          Qu’en pensez vous, Monsieur de Reyff?

          1. 1° Personne n’a pu observer l’objet lors de son passage au périhélie et personne ne peut donc dire qu’il y a pas eu de dégazage à ce moment-là.
            2° J’ai déjà écrit que la vitesse décroît comme la racine carrée de l’inverse de la distance au Soleil. J’ai posé la question : il « suffit » de trouver la cause de l’impulsion nécessaire de 8,95 km/s. Selon moi l’effet Oberth a bien été utilisé par l’objet, soit naturellement, soit artificiellement !
            3° L’aspect brillant ou terne d’un objet non lumineux par lui-même dépend de son albédo, qui est une propriété intrinsèque de sa surface, mais sa luminosité, ou sa magnitude apparente, de sa distance à la fois de la source lumineuse et de l’observateur, ce n’est pas une propriété intrinsèque. Une magnitude de 22 est extrêmement faible. Et un albédo de 0,1, voire moins, n’est pas celui d’un objet « brillant », mais très terne. Ce qui compte pour faire marcher une voile solaire, ce n’est pas la magnitude, mais l’albédo. Pour être complet, la « magnitude absolue » d’une étoile est définie comme sa magnitude à une distance de 10 parsecs, et, pour un objet dans le Système solaire, à une distance de 1 UA.

          2. Concernant l’albédo de l’objet. S’il est le rapport du rayonnement réfléchi sur le rayonnement incident, comment peut-on le calculer sur un objet si petit et cependant si proche? Il n’y a pas pu y avoir de mesure de rayonnement infrarouge. Dans ce cas, connaissant à peu près la taille de l’objet et son éloignement dans l’espace, la magnitude ne peut-elle donner une idée de l’albédo?

          3. L’effet Oberth n’a rien à voir avec la force de gravité du Soleil puisqu’il peut aussi se produire autour d’une planète. C’est le fait d’accélérer lorsqu’on est au point où l’on a une vitesse maximale, (au fond d’un puits de potentiel). L’accélération due à une brève poussée s’en trouve multipliée et confère un plus grand accroissement de vitesse. Le tout est de bien distinguer une accélération sur un objet immobile (ou lent) d’une accélération sur un objet ayant déjà une grande vitesse. L’effet d’une même poussée est donc bien différent.

          4. Merci Monsieur de Reyff. Je fais bien la différence entre une planète et le Soleil mais en ce qui concerne la force de gravité, ce qui compte c’est la masse et non de savoir si cette masse est celle d’une planète ou d’une étoile.
            Ce qui est important dans ce cas ci, c’est de savoir si l’accélération aurait été la même pour tout objet de masse comparable (qui aurait subi l’effet Oberth) ou si cet objet particulier a obtenu du fait du rayonnement lumineux solaire, une force supplémentaire. Si l’accélération a été supérieure à celle qu’aurait générée l’effet Oberth, cela signifierait que l’objet avait une surface si brillante qu’elle pouvait réfléchir la plus grande grande partie de la lumière, et que sa masse était très faible. Il se serait donc comporté comme une voile solaire.

  6. Tout ce que l’on peut dire et estimer sur ‘Oumuamua au delà de ce que l’on sait n’est qu’ hypothèse, du côté naturel comme du côté artificiel. C’est le premier objet sur lequel on se pose tant de questions sur son origine “naturelle”et c’est donc le premier qui pourrait être artificiel.
    Il est donc permis de penser à toutes sortes d’hypothèses, sans que l’on puisse croire spécialement que ce qui est avancé soit LA Vérité de la personne qui l’émet… Loeb lui-même emploie souvent le “si” à propos d’Oumuamua. Après au delà de ce qu’est Oumuamua, tout le reste du livre n’énumère que des pensées qui vont peut-être bien trop loin, tant qu’on aura pas la certiitude que l’Univers est et a été empli de vie…

    Je ne prétends donc pas qu’Oumuamua soit automatiquement artificiel, ni même qu’il ait été expédié pour passer près de la Terre, mais SI cela avait été le cas, vu que l’on aurait affaire à un objet artificiel – qui me semblerait le cas échéant devoir plus être un débris inerte suite aux observations de SETI – les chances qu’il soit artificiel ne sont pas nulles à côté d’un objet naturel qui autrement ne pouvait n’être vu qu’en passant par hasard très près de la Terre. Le Système solaire est vaste et les chances de passer près de la Terre sont bien faibles.
    Un grand vaisseau comme Rama, visible de loin est encore plus hypothétique qu’un “petit” ‘Oumuamua, et on risquerait donc de ne pouvoir observer d’éventuels objets artificiels que près de la Terre, sans d’ailleurs jamais être prêts pour aller les observer..

    Tout objet de la petitesse d’Oumuamua ne peut être vu que très près de la Terre. Il en va ainsi des milliers de petits EGA qui sont découverts. Ils ne sont visibles que près de la Terre et brièvement, mais tous font partie du Système solaire…
    ‘Oumuamua est le seul “astéroïde” interstellaire trouvé après respectivement 12 et 4 années d’utilisation des 2 télescopes Pan-Starrs, et près de la Terre, alors qu’on peut estimer que des objets interstellaires beaucoup plus gros auraient pu être découverts plus loin dans le Système solaire… Ce fut le cas de Borizov, pourtant estimée petite en taille. La fréquence du nombre d’objets interstellaires dans notre banlieue terrestre semble loin d’être établie…

    La déviation de trajectoire post-périhélie d’Oumuamua a été bien confirmée, en ayant pris en compte toutes les possibilités de déviation d’un corps céleste dans le système solaire interne et rien n’est connu comme autre phénomène pouvant jouer, loin du Soleil et des planètes.

    Vu qu’on ne connait pas les dimensions précises de l’objet, il semble difficile de définir assurément un albédo… et plus l’objet serait petit, plus l’albédo serait normalement élevé par rapport à la brillance observée d’Oumuamua.

    SOHO, Spitzer et STEREO HI-1A n’ont rien décelé au passage de ‘Oumuamua et toutes les hypothèses d’un corps cométaire, de glace d’hydrogène, de nuages de particules et autres “naturelles” ont été rejetées…

    Que reste t’il pour les solutions “naturelles” hormis que nos instruments n’aient pas été suffisamment puissants pour un improbable faible dégazage ou qu’on ait affaire à un objet de matière inconnue ?
    Pour résoudre le mystère “Oumuamua”, il n’y a bien qu’une seule solution : Aller voir sur place et au moins l’imager comme on l’a fait pour (486958)Arrokoth.

    Dans l’un des liens fournis dans mon précédent message, il est écrit en page 1 : “Hein et al [29,30] have shown that missions to 1I would be feasible *using existing and near-future* chemical rocket technology combined with a trajectory to Jupiter, followed by a Solar Oberth maneuver…” Et les départs seraient pensés faisables pour 2030 et +…, car Oumuamua est encore pour un certain temps dans le système solaire, avant de le quitter définitivement.
    Il ne serait peut-être pas simple de le retrouver, mais faudrait-il déjà qu’on ait envie de le faire. Les problèmes se posent pour la nouvelle cible de New Horizons dans les profondeurs du domaine des transneptuniens et on essaie de les résoudre :
    https://phys.org/news/2020-07-subaru-telescope-horizons-explore-outer.html

    Pour finir, même les meilleurs “experts” peuvent se tromper…. Quand on voit la disparité et parfois le peu de fiabilité des résultats de grandes études scientifiques sur la pandémie actuelle, les “experts” ne sont pas sources de vérités absolues…

  7. “Si l’accélération avait été due à l’éjection d’un gaz (comme d’un moteur-fusée) le Δv aurait dû occasionner la perte de 1/10ème de la masse de l’objet”. Je ne prétends pas qu’Oumouamoua soit une machine construite par une civilisation extra-solaire mais, si c’était le cas, il est peu probable que cet engin utilise une propulsion chimique pour modifier sa vitesse comme nous, les Terriens, le faisons depuis que les Chinois ont inventé la fusée il y a un millier d’années.

    Le jour où nous passerons à une autre technique de propulsion alors nous pourrons vraiment voyager dans le cosmos. S’il existe des gens capables de passer d’une étoile à l’autre, que ce soient eux-mêmes ou des engins automatiques, ils doivent avoir mis au point une technique moins antique.

    Que l’auteur et les lecteurs veuillent bien m’excuser si cette remarque a déjà été publiée mais, si j’ai lu l’article avec intérêt, je n’ai pas encore trouvé le temps de me consacrer aux commentaires qui sont pourtant, le plus souvent, aussi intéressants que l’article lui-même.

  8. C’est vrai que si Oumouamoua était un objet construit par des êtres intelligents, ce serait un sacré scoop. C’est énervant qu’on ne puisse rien prouver vu qu’on ne peut plus aller voir de quoi il est constitué. Néanmoins l’opinion majoritaire est qu’il s’agit d’un matériau de faible densité: poussière, substance très poreuse. On risque de ne jamais savoir et les extraterrestres, s’ils existent, feraient bien d’essayer de communiquer avec nous. (Voir ces dessins de corps humain et formules envoyés par les Américains). Ce n’est pas parce que nous existons qu’ils existent forcément. Avec ce raisonnement, si j’étais un kangourou en Australie, je me dirais: puisque j’existe, il existe des kangourous partout sur la planète. Oserai-je aller jusqu’à comparer le phénomène de la vie lui-même à un kangourou? La question reste totalement ouverte parce qu’à l’inverse tout cela ne prouve pas que les extraterrestres n’existent pas.
    Je trouve que Monsieur Loeb aurait dû attendre d’avoir plus d éléments sur ce sujet et discuter avec les seuls spécialistes. Tout le monde n’est pas capable d’écrire « La guerre des mondes ». Il veut surfer sur notre soif de merveilleux et se tenir dans le domaine de l’hypothèse, de l’imaginaire. La composition d’Oumouamoua est un mystère. Mais, pour moi, il en est d’autres tout aussi passionnants. Quel objet stellaire ou matière noire les a impulsés, lui et surtout Borissov? Pourquoi ce changement de direction? Décrit-il une orbite gigantesque autour d’un objet extrêmement puissant ? Quelles forces s’exercent dans la mécanique céleste interstellaire? Y en a-t-il qu’on pourrait utiliser? Méfiez-vous du vertige!

    1. @Martin
      “… les ET feraient bien d’essayer de communiquer avec nous … ” dites-vous.
      Oumouamoua passe à proximité de nous car 30 millions de km, c’est vraiment rien par rapport à la distance qui nous sépare des autres corps célestes mais c’est assez loin pour avoir pu passer inaperçu il y a seulement cinquante ans. Et, en plus, son albédo varie, un peu comme le ferait une balise. N’est-ce pas justement ça le message ? D’abord, êtes-vous capables de me détecter ? Et, ensuite, êtes-vous capables de venir voir qui je suis, si je ne contiens pas un message ? Ils ont la réponse à la première question si nous les avons arrosés d’ondes radar. Peut-être que je rêve mais c’est peut-être l'”Œil de Japet” d’Arthur Clarke.

  9. L’albédo de l’objet a varié durant la période d’observation et donc bien entendu aussi sa magnitude. On rapporte des valeurs d’albédo de 0,04, de 0,08 et de 0,1. Je ne sais pas comment on a déterminé ces faibles valeurs d’albédo qui ne sont pas contestées, à ce que je sache. Mais il faut en plus tenir compte ici du fait que, par effet d’opposition, https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_d'opposition
    selon la position de l’objet par rapport au Soleil et par rapport à la Terre, on “voit” un albédo différent, en particulier sur les surfaces non lisses couvertes de régolithe (un genre de surface fractale, s’il en est, à l’albédo fortement variable selon l’angle d’incidence).
    Il s’agit toujours ici de l’albédo géométrique, qui peut même dépasser la valeur 1 (comme pour le satellite de Saturne, Encelade avec 1,375, qui a donc une température très basse, alors que la neige fraîche ne dépasse pas 0,90), alors que l’albédo de Bond, ou aussi dit albédo sphérique, ou albédo bolométrique, est strictement compris entre 0 et 1.
    .
    Pour l’effet Olberth, la masse de l’objet en déplacement dans un puits de potentiel ne joue pas de rôle, car il s’agit d’une amplification de vitesse due au fait que, étant donnée une poussée (quelle qu’en soit l’origine : éjection de gaz (naturelle ou artificielle), poussée d’une photovoile, et c’est là la seule question), cette force s’exerce sur une distance d’autant plus longue que l’objet a une vitesse élevée (ce qui est le cas au périhélie), car en un temps donné il se déplace sur une plus grande distance. Le produit de la force fois le déplacement donne le travail qui est une augmentation de l’énergie cinétique à laquelle correspond une vitesse augmentée. La même force donne un accroissement d’énergie cinétique et donc de vitesse d’autant plus grand qu’elle s’exerce sur un objet qui se déplace avec une plus grande vitesse. C’est donc la vitesse à laquelle on applique la poussée qui est déterminante. On sait que sur toute orbite, la vitesse orbitale est indépendante de la masse de l’objet. Exercer une poussée modifie cette orbite et, à poussée égale, l’effet d’amplification de vitesse est maximisé au périastre, en l’occurrence le périhélie.

    1. Cher Monsieur,
      Vous avez tout à fait raison sur le fait que la masse de l’objet qui subit l’effet Oberth n’a aucune importance (j’ai bien relu le papier que vous m’avez transmis à ce sujet). Ceci dit l’effet Oberth suppose une poussée et d’après Avi Loeb, il n’y a pas eu impulsion par dégazage ou rejet de matière. Toujours selon Avi Loeb, il ne reste comme poussée possible que celle de la lumière du Soleil sur ce qu’il nous dit être une surface brillante. Alors Avi Loeb se trompe-t-il ou ne nous dit-il pas la vérité? Vue la stature de la personne, je ne veux pas y penser.

      1. Je ne comprends pas comment Avi Loeb peut affirmer qu’il n’y a pas eu dégazage, ou une autre quelconque poussée artificielle ou naturelle, puisqu’on n’a pas du tout pu observer l’objet au moment de son passage au périhélie le 9 septembre, mais seulement directement 40 jours plus tard dès le 19 octobre, avec encore des photos archivées remontant au 14, au 17 et au 18 octobre, je crois.
        Sachant que les moteurs de nos fusées ont des vitesses d’éjection des gaz de l’ordre de 4 km/s, selon l’équation de Tsiolkovski, reliant la variation de vitesse à la vitesse d’éjection des gaz et au logarithme du rapport entre la masse initiale et la masse finale, pour en tirer une poussée identique de 4 km/s, la perte de masse serait déjà de 3, pour en tirer une poussée de 5 km/s, ce serait 3,5, pour une poussée de 6 km/s, ce serait 4,5 et, finalement, pour arriver aux 8,95 km/s nécessaires mentionnés plus haut, ce serait 9,4 ! Donc nos fusées terrestres ne pourraient pas exploiter à ce point l’effet Oberth pour acquérir les 38,8 km/s afin de passer des 50 km/s aux 88,8 km/s mesurés. Et je pense que la poussée sur une voile solaire, même à 36 millions de km du Soleil ne pourrait non plus pas apporter un tel accroissement de vitesse. Car l’objet, quel qu’il soit, avec des dimensions de l’ordre de 230 m x 35 m x 35 m, et avec une densité faible de 1’500 kg/m^3 aurait une masse de près de 1,8 millions de tonnes. Pour obvier à cette difficulté, il est vrai que Avi Loeb pense à une voile d’épaisseur millimétrique dont la masse serait minuscule !

        1. Je vous communique deux documents qui figurent dans les notes du livre d’Avi Loeb et qui donnent un éclairage particulier et intéressant sur l’objet Oumouamoua. D’après les observations il semble bien qu’aucune émission n’a été perçue qui aurait pu expliquer une propulsion. Dans le cas de Stereo, l’absence de détection vaut absence d’émission, la recherche dans l’environnement solaire aux dates possibles de passage au périhélie ayant été rendue possible par utilisation d’un coronographe.

          1. Je crois que STEREO-A, le seul des deux satellites encore en fonction, STEREO-B étant perdu depuis 2014, est positionné à l’un des points de Lagrange 4 ou 5, quasient donc sur la même orbite que la Terre. Est-il équipé pour autre chose que détecter des éruptions solaires et observer le Soleil en trois dimensions ? Un objet peu lumineux comme ‘Oumuamua, si minuscule, et de plus situé à 37 millions de km au-delà du Soleil à son périhélie, ne pouvait certainement pas être détecté à plus de 187 millions de km par ce satellite qui n’est pas fait pour cela. Malgré cette proximité su Soleil, sa magnitude était alors minuscule, entre 21 et 24. STEREO n’aurait pu le détecter que si sa magnitude avait été de 13,5. Pas de détection ne signifie donc pas absence d’émission… Comme personne ne savait le 9 septembre qu’un objet passait à son périhélie, on n’a pu braquer aucun instrument sur lui. Lorsqu’on l’a observé dès le 19 octobre, il n’était qu’à 33 millions de km de la Terre, mais sa magnitude maximale était au mieux 19,7.

          2. Vous avez raison, c’est surprenant. Cependant:
            1) les recherches de Stereo ont été faites à posteriori, en déduisant du passage près de la Terre à une certaine vitesse et selon une certaine trajectoire, ce qui avait dû se passer auparavant au périhélie. Il y avait certes une marge d’erreur (d’autant que la vitesse d’Oumouamoua a changé) mais en recherchant dans une plage d’observations étendues dans le temps, on pouvait fort bien constater, ou non, le passage d’un objet;
            2) des “spécialistes” pensent qu’on aurait pu voir quelque chose à cette distance, ou plutôt qu’on aurait pu voir s’il y avait eu dégazage, peut-être parce que le volume éjecté serait, par sa taille, devenu visible? Là je dois avouer que je n’ai pas les connaissances pour trancher. Ce serait bien qu’un astronome intervienne pour nous donner son avis sur ce qu’ont écrit ses confrères.

  10. J’ai lu que l’albédo variait à cause de sa forme (Oumouamoua). Ce serait une sorte de crêpe se présentant par moments sur sa tranche, à d’autres moments sur sa plus grande surface (rotation sur lui-même). Avec beaucoup de bonne volonté, disons que ce pourrait être une épave d’engin extraterrestre. Faire un si long voyage en emportant un message à venir consulter sur le vaisseau? Il faudrait qu’ils aient une sacrée confiance en nous. Un vaisseau uniquement dédié à l’observation? Bon, maintenant, on aimerait une communication de leur part. Je sais, c’est dur d’accepter que nous sommes peut-être seuls dans l’univers. Peut-être!

    1. Pour moi il n’est pas du tout “dur d’accepter que nous soyons seuls dans l’Univers”. Comme je l’ai écrit à de multiples reprises dans ce blog, j’imagine très mal que le processus de vie ait pu conduire à une vie intelligente ailleurs que sur Terre, à supposer qu’il ait jamais pu commencer ailleurs que sur Terre. Je constate d’ailleurs que les astrophysiciens ou les ingénieurs ont tendance à considérer que la vie serait un phénomène plutôt normal (pas tous évidement) alors que les biologistes qui sont quand même les premiers spécialistes concernés, sont généralement très sceptiques (pas tous évidemment).
      Je reste moi-même sceptique mais cette affaire d’Oumouamoua m’agace parce que les indices collectés sont peu clairs.

      1. Bonjour et merci à tous pour ce débat.
        Il est nouveau pour moi que les biologistes seraient généralement sceptiques sur l’éclosion de la vie ailleurs dans l’univers, voire de la vie intelligente.
        J’avais au contraire lu qu’on ne connaissait toujours pas le détail du processus ayant donné naissance au vivant, et qu’on pouvait donc encore moins se prononcer sur sa probabilité (ou sa fréquence).
        En fait, deux choses me semblent davantage assurées. La première est que les dimensions de l’univers sont telles (en espace comme en temps) qu’il paraît tout de même difficile d’ exclure d’emblée l’apparition de ce processus en quelque autre lieu et date qu’il soit de l’univers alors qu’il s’est bien produit chez nous. L’hypothèse la plus probable est plutôt qu’il s’y est sans doute manifesté un grand nombre de fois. En tout cas dans un raisonnement statistique : la théologie peut bien sûr conduire à une autre conclusion.
        La deuxième assurance est que les conditions de ce processus semblent suffisamment difficiles à réunir pour en conclure qu’il est assez rare et espacé dans le temps et l’espace pour rendre la probabilité d’une rencontre entre deux formes de vie intelligente hélas très faible. En ce sens le caractère artificiel du bolide cité est possible mais tout de même extrêmement improbable, en tout cas au vu des faibles indices présentés.

        1. Cher Monsieur, on ne connaît pas encore le détail des conditions environnementales qui ont conduit au vivant de même que le processus ayant conduit à l’assemblage de ses constituants au sein d’une même cellule. On peut cependant soupçonner sa complexité et l’extraordinaire coïncidence de l’évolution environnementale et de l’évolution biochimique dont elle a été le résultat. Donc dire que le monde étant vaste, le processus a bien dû se reproduire ailleurs, n’est pas satisfaisant car ce n’est absolument pas vérifiable…sauf intrusion du type Oumouamoua s’il s’avérait que ce soit un objet artificiel. Et nous voilà revenu au point de départ!

    2. Admettons l’improbable et extraordinaire hypothèse d’un Oumouamoua d’origine non naturelle.
      Qu’il soit alors une balise inerte, rencontrée par le système solaire dans sa course autour du noyau galactique, ou une épave errante, apparaît comme de possibles réponses, bien séduisantes.
      Néanmoins une énigme mystérieuse à souhait , probablement à jamais insoluble !
      Cela expliquerait aussi le fait que cet Oumouamoua errant n’ait laissé aucun message… une ruine muette.

  11. STEREO-A ne pouvant pas détecter un objet ayant une magnitude plus élevée que 13.5, il n’a donc rien vu !

    1. Merci Monsieur de Reyff de votre contribution. Ces échanges ont permis d’aller aussi loin que possible dans la description du phénomène et dans la critique de l’interprétation qu’en a faite le Professeur Loeb. Disons que les indices sont bien ténus même si évidemment on ne peut nier le passage d’un bolide extra-solaire, en raison de sa vitesse. Disons aussi que l’interprétation n’est pas exempte de critiques fondées, tant que personne ne pourra répondre à ces critiques.

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