Nous n’avons pas eu le prix de la Mars Society USA mais pour de bonnes raisons

Comme exposé dans un article récent, j’ai présenté à l’Université de Californie du Sud (USC) le 19 octobre, au nom d’une petite équipe, le projet d’une colonie martienne de 1000 habitants. L’équipe était constituée de Richard Heidmann, polytechnicien et ingénieur en astronautique, fondateur de l’Association Planète Mars (l’entité française membre de la Mars Society), de Tatiana Volkova, ingénieure et candidate à un doctorat d’architecture à l’EPFL (Swiss Space Center) et de moi-même. La présentation était faite dans le cadre d’un « Mars Colony Contest » proposé par la Mars Society USA au monde entier. Sur 100 équipes concourantes, nous avions passé, sur dossier écrit, le premier éliminatoire, puis le deuxième et nous nous retrouvions dans les cinq premiers candidats. Pour passer l’obstacle final nous faisions face à un jury doublé en nombre (huit personnes au lieu de quatre) venant d’horizons différents mais incluant des membres de la Mars Society USA, un « ancien » de la NASA et un cadre de SpaceX (qualifications précises non spécifiées).

Le fait que notre dossier écrit ait reçu du premier jury les notes les plus élevées sur le plan technologique n’a pas été suffisant pour nous donner une position victorieuse (c’est une équipe du MIT qui a gagné et une équipe de l’Université de Wroclaw qui est arrivé en second). La déception de ne pas recevoir de prix fut grande mais l’explication justifiant le choix final, reçue ensuite, m’a rasséréné et finalement conforté dans l’opinion que nous avions fait le meilleur travail. En effet les deux objections qui nous ont « plombés » ont été que (1) nous n’exposions pas suffisamment la vision que nous avions de la colonie et (2) que nous envisagions pour cette même colonie une gouvernance d’entreprise en liens étroits avec la Terre et non une gouvernance locale, entre colons, totalement libre.

Je considère ces objections comme non valables et j’ai bien sûr des arguments pour défendre ce point de vue.

Concernant la première, j’avais en effet constaté que les autres candidats présentaient des visions futuristes d’établissement et de vie sur Mars, sans bien expliquer comment ils parvenaient à la concrétisation, ou en supposant pour le faire, des progrès techniques ou des performances utilisant les technologies d’aujourd’hui, qui me semblaient irréalistes. Ainsi, par exemple, ils montraient de vastes halls viabilisés, très peu occupés pour ne pas dire vides, sans apparemment s’être souciés des pressions qui allaient s’exercer sur les parois contenant ces volumes ou sur les quantités d’azote nécessaires pour les emplir à une pression acceptable* pour constituer, dans l’ensemble des volumes viabilisés, une atmosphère respirable non facilement inflammable (compte tenu de la quantité d’oxygène nécessaire, non réductible). De notre côté nous avons toujours pris soin de préciser comment, en utilisant les technologies existantes, les équipements et les ressources en matière, en robots, en hommes et en réunissant les financements nécessaires, on pouvait obtenir les résultats que nous considérons atteignables. Nos dômes viabilisés ont un diamètre maximum de 30 mètres (et la plupart seulement de 20 mètres) tout simplement  parce qu’au-delà, le socle en duricrete (béton fait avec de l’eau ajouté au régolite martien) qui maintient la structure, serait trop épais (déjà un mètre pour les dômes de 20 mètres et deux mètres pour les dômes de 30 mètres), c’est-à-dire demanderait trop d’eau et serait trop long à construire, et le volume de ces dômes est utilisé sur plusieurs niveaux. Pour nous il ne s’agissait pas, comme le jury l’aurait souhaité, de « montrer la maison qu’on voulait vendre » mais de « montrer comment construire la maison qu’on voulait réaliser ». J’estime que, dans les circonstances supposées (un environnement extrême, s’il en est), c’est bien la seconde approche la plus intéressante et la seule qui aurait dû être prise en considération.

*nous avions choisi 0,5 bars dont 42% d’oxygène ce qui semble le minimum acceptable pour d’une part la pression externe exercée sur le corps et d’autre part l’inflammabilité mais cela induit quand même une poussée de 5 tonnes par m2 sur les parois des habitats, ce qui impose des matériaux particulièrement résistants (pour nous des barres d’acier encadrant et tenant des parois constituées de deux plaques de verre laminé de 1,5 cm d’épaisseur et de 3 mètres sur 1,5 m de largeur / longueur). 

Concernant la seconde objection, je maintiens qu’il est illusoire de prévoir qu’une colonie martienne de 1000 habitants puisse se gouverner elle-même (en dehors bien sûr des nécessités imposées par l’éloignement de la Terre et de l’intérêt de tous de laisser s’exprimer la créativité des résidents) alors qu’elle sera très largement dépendante des importations d’équipements de la Terre et que d’autre part elle sera le résultat d’investissements lourds de capitalistes qui n’auront, au stade des mille résidents, pas récupéré beaucoup de fruits de ces investissements (après les quelques 20 années nécessaires pour « monter » jusqu’à ce niveau de population). On estime que les revenus, provenant surtout de la vente de location d’habitats, de services annexes (à des chercheurs et à des touristes) et de la valeur générée par quelques start-up, commenceront à être engrangés dès le troisième cycle synodique suivant le premier atterrissage mais que ces revenus seront très faibles par rapport aux premières dépenses, même s’ils croîtront ensuite en fonction de l’accroissement des capacités d’hébergement. Il est donc inévitable que les investisseurs, via une « société d’exploitation de Mars » restée sur Terre, contrôlent sérieusement, au moins en exerçant un droit de veto, les décisions qui seront prises par les personnes qui résideront sur Mars (celles qui seront employées par la société d’exploitation et celles qui auront payé pour venir faire un séjour sur Mars) même si, bien entendu, les résidents martiens devront avoir le droit de se prononcer sur la gestion de la colonie et l’orientation des activités pouvant être développées sur Mars. NB : Les « paying-guests », c’est à dire « les clients », qui auront payé pour leur voyage et leur séjour et les membres du « staff », personnel qui sera payé pour faire fonctionner la base, pourront et devront faire bénéficier de leur expérience l’ensemble des personnes intéressées et devront sur place réagir et s’adapter rapidement à l’évolution et aux situations nouvelles.

Heureusement, les dossiers des finalistes, dont le nôtre, seront publiés dans un livre de la Mars Society. Cela permettra à tous les lecteurs de se faire une opinion (et de nous faire justice), au-delà de (trop) belles images peut-être suscitées par la proximité malheureuses (en l’occurrence) de Hollywood.

Illustration de titre :

Un ensemble habitable individuel selon notre projet (ils sont assemblés en rangées de 26 unités accolées, reliées entre elles par des couloirs pressurisés, sous l’habitat). Il utilise l’acier, le verre, la glace d’eau, tous éléments qui peuvent être produits ou obtenus sur Mars. Le module-habitat proprement dit a un diamètre de 6 mètres avec deux niveaux habitables et un sous-sol où circulent les canalisations. A chaque module-habitat sont accolés deux modules-serre et un module-couloir. Chaque personne dispose de 30m2 au sol au niveau principal du module-habitat. Avec les annexes, dômes (pour les réunions et actions collectives) couloirs et sas, la surface viabilisée par personne atteint 50 m2 ; la surface cultivée est de 80 m2 à 100 m2 par résident (le volume des modules-serre est utilisé au maximum, sur plusieurs niveaux).

Nous avons prévu des éléments de construction simples pour pouvoir être produits sur place et remplacés facilement. NB : 30 cm de glace d’eau constitue un excellent écran contre les protons des radiations solaires (SeP).

Les quelques dômes géodésiques qui ponctuent l’ensemble de la base utilisent les mêmes matériaux et sont reliés avec le reste de la base par des corridors pressurisés.

Illustration ci-dessous:

Grand hall du projet de la Wroclaw University of Science & Technology (Pologne), arrivée seconde à la finale du “Contest”. Joli mais comment font-ils pour le construire ? Quelle énergie dépense-t-ils pour édifier les parois et la toiture (si le hall est en surface) ou pour creuser ce volume énorme (s’il est enterré) ? De quels engins ont-ils disposé ? Combien de vols ont-ils été nécessaires pour les importer de la Terre? La pin-up du premier plan est-elle bien utile ? Et quel gâchis de gaz rares (l’atmosphère martienne dont la pression est de 6 millibars ne contient que 2% d’azote; même à une pression interne de 0,5 bars, cela représente des quantités relativement énormes et une énergie considérable pour l’extraire) !

 

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur:

Index L’appel de Mars 19 11 01

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

27 réponses à “Nous n’avons pas eu le prix de la Mars Society USA mais pour de bonnes raisons

  1. Oh! Réaction un peu puérile, on a perdu, mais on est quand même les meilleurs…..

    pourquoi dans un projet utopique vouloir à tout prix embarquer les reliques d’un système qui prouve chaque jour un peu plus sa faillite, et qui sera le ferment de celle de la société martienne, si elle doit voir le jour.

    Vous comptez beaucoup sur les milliardaires philanthropes, me semble-t-il. Philanthropes, car tout investissement qui ne rapporte pas du % à deux chiffres dans un délai le plus court possible n’entre simplement pas dans le raisonnement. A moins qu’il ne s’agisse d’une vente déguisée de la planète à ces généreux donateurs, ce qui effectivement pourrait s’avérer financièrement intéressant à terme quand ils auront fini de ruiner la Terre.

    Donc pour que vos projet soient vraiment motivants, ne vous focalisez pas uniquement sur le diamètre du ferraillage des fondations, mais cherchez d’autres modes de fonctionnement économique, social et religieux que ce bon vieux système capitaliste dont vous êtes manifestement (trop) imprégné.

    Et écoutez aussi ce que pensent les autres.

    1. Commentaire bien acide d’une personne qui n’a pas participé au concours: il est toujours plus facile de critiquer derrière son ordinateur. Et puisque vous prenez cette liberté, je vais faire pareil: les projets utopiques terrestres ont pour l’instant conduit à bien plus de morts que le projet de conquête martien, l’histoire humaine nous indique que bien au contraire, il faut s’affranchir de tout ce qui ne tient pas compte de la réalité. Si l’idéologie libérale tient tête actuellement, c’est parce qu’elle a mieux compris le mécanisme de l’individu que n’importe qui jusqu’à présent.

      Et merci d’arrêter de transférer la responsabilité de la destruction terrestre sur les puissants de ce monde: ce n’est pas Musk avec ces quelques fusées qui détruit la planète, ce sont les millions de personnes comme vous qui consomment, utilisent des énergies fossiles pour se chauffer ou se déplacer, produisent des déchets chaque jour qui passe, et ceci uniquement pour leur vivre leur petite vie anonyme, qui pèsent le plus sur la planète.

      Mieux vaut produire 100 kg de CO2 pour faire avancer la science ou fournir des services qui aident à un grand nombre de personnes, que de produire 1 kg de CO2 pour mettre un peu de viande dans son assiette ou chauffer son appartement.

    2. Oui, on a perdu mais on est quand même « les meilleurs ». Je maintiens.
      En effet, pour un projet comme celui de l’installation de l’homme sur Mars, le « comment on y parvient » me semble plus important à considérer que le « qu’est qu’on fait qu’on y parvient » et il me semble que nos concurrents n’ont pas sérieusement traité ce problème (celui du « comment »).
      Vous avez une vision bien négative des « milliardaires ». Contrairement à ce que vous pensez il y en a qui sont prêt à différer la rentabilité d’un investissement pour réaliser un projet qui leur tient à cœur (cf Elon Musk ou Jeff Bezos) et en espérant un jour en tirer effectivement une bonne rentabilité. Investir est un pari sur l’avenir. Jeff Bezos a été en perte pendant 20 ans mais ce n’est plus le cas aujourd’hui et les actions d’Amazon qui anticipent une situation future on prit énormément de valeur sans attendre ces 20 ans. Contrairement à ce que vous pensez les capitalistes ne recherchent pas toujours la rentabilité immédiate (et beaucoup n’ont pas que l’argent en tête mais aussi la réussite de leur projet). Par ailleurs je vois mal qui que ce soit (état ou particulier) dépenser quelques dizaines de milliards sans se soucier d’être un jour remboursé ou d’en tirer profit.
      PS : je n’aime pas dialoguer avec des gens qui se cachent derrière un pseudo, ce n’est pas « fair play ». Qui êtes-vous ?

  2. Il faudra attendre les premières missions habitées pour se rendre compte de la faisabilité de ce genre d’habitats à plus long terme . Rien ne permet aujourd’hui de préjuger la possibilité de garantir la survie des personnes sur plusieurs années et encore moins l’autonomie alimentaire .
    Les colonies imaginées sur la planète rouge n’ont strictement rien à voir avec celles qui ont peuplé la Terre , elles ne prévoient en aucune manière une descendance dans des conditions aussi complexes aussi exigeantes qu’on ne pourrait faire supporter à des enfants qui ne pourront jamais jouer librement dans une cour d’école.
    Les membres de Mars Society ne font que rêver un monde imaginaire impossible sur une planète qui ne pourra plus jamais offrir des conditions acceptables et durables pour des visiteurs génétiquement conditionnés pour la planète bleue !!!
    Sur ce plan là , le prix Nobel Michel Mayor qui a passé sa vie la tête dans les étoiles a gardé les pieds sur Terre …

    1. Vivre sur Mars sera plus simple que de réduire la surpopulation en Afrique, rendre les pays occidentaux plus sobre en matière de consommation de ressources, faire appliquer des lois socialement et environnementalement justes en Asie. Avant de juger les projets des autres, merci de nous dire comment vous vous occuper de votre projet Terre.

    2. Vous avez tort Monsieur Giot en disant que « rien ne permet de préjuger la possibilité de garantir la survie des personnes sur plusieurs années et encore moins l’autonomie alimentaire ». L’écrire est nier tout le travail qui a été fait, sérieusement, pour prendre en compte ces difficultés et y apporter des solutions. C’est précisément la légèreté avec laquelle nos concurrents ont traité ce présupposé qui me fait critiquer la décision du jury.
      Ne vous inquiétez pas pour les enfants qui naîtront sur Mars. Je ne pense qu’ils seront si malheureux que cela. Ils seront choyés et sûrement très bien éduqués et nul doute qu’ils pourront jouer dans des volumes suffisamment vastes. Comme le montre notre étude on pourra construire des dômes de 20 mètres de diamètre. Cela fait une bonne cours d’école et il y aura de la verdure. Il y aura aussi beaucoup de couloirs. Les enfants adorent courir dans les couloirs (vous vous en souvenez peut-être) !

  3. A vous entendre, il semble que le concours proposé par la Mars Society soit plus un événement marketing pour faire le buzz que d’un réel challenge scientifique. L’intérêt de Mars n’est pas dans le rêve ou l’utopie, mais au contraire dans une réalité crue, celle des ressources limitées et d’une optimisation extrême de chaque activité. Cela conduit automatiquement à une organisation sociale directive avec une très forte pression pour respecter les lignes.

    Au final, la Mars Society semble tomber dans le même état que celui qu’elle dénonce à la NASA: leurs projets ne visent plus à définir des objectifs et chercher des solutions simples pour les atteindre, mais plutôt de générer des présentations magnifiques, mais sans fond, afin de garder l’attention de leur public.

    1. C’est exactement cela, vous avez bien compris. J’ai été un lecteur enthousiaste de “The Case for Mars” de Robert Zubrin car il présentait une vision très rigoureuse des possibilités que nous avions de tenter l’installation de l’humanité en dehors de la Terre, en utilisant des idées très ingénieuses et originales (vol direct d’une planète à l’autre, aérocapture, ISRU, gravité artificielle). Je suis forcément déçu par le manque de rigueur qui semble insidieusement s’insinuer dans sa réflexion ou celle de son entourage.

      1. Pouvez-vous nous donner un lien vers le dossier ou le document définissant les contraintes, les résultats à fournir et les données de base à utiliser dans cette compétition ? Merci

  4. Il aurait été plus réconfortant de perdre pour de mauvaises raisons que pour de bonnes 🙂 . Plaisanteries mises à part, il est difficile de juger de la validité des arguments avancés par le jury sans connaître ni le cahier des charges précis fixé aux projets, ni avoir pu prendre connaissance en détail de tous les dossiers présentés. J’imagine que les critères de jugement devaient être nombreux et de natures très diverses et qu’aucun projet probablement n’a obtenu la note maximale dans chacun d’entre eux; ensuite, c’est une affaire de pondération. De toute manière, il est encore un peu tôt à mon avis pour ce genre d’études détaillées. L’expérience passée montre que dans ce genre d’entreprise, une seule chose est (quasi) certaine, les réalisations effectives le moment venu n’ont plus grand-chose à voir avec les projections faites même quelques décennies seulement au préalable. Il y a déjà assez à “cogiter” pour envoyer les premiers explorateurs sur Mars, occupons-nous plutôt de trouver les meilleures solutions à ce niveau, avant de passer trop de temps sur l’organisation de “colonies” (terme que je n’aime pas trop d’ailleurs) de 1000 personnes, encore utopiques et susceptibles d’être envisagées de manière assez différente de ce que nous prévoyons aujourd’hui en fonction, précisément, des expériences glanées lors des première explorations.

    1. Il y a certes une étape à franchir avant de s’installer (y aller!) mais théoriquement on peut “voir” jusque là (un établissement de 1000 personnes). On peut envisager que les premiers voyages se feront en 2024 (c’est ce que veut Elon Musk) et qu’à partir de là on projette de construire une base. Ce sera l’étape suivante.
      Pour ce qui est du cahier des charges, n’importe qui peut aller sur le site de la marssociety.org et le consulter. Il n’y a pas de “biais” mais simplement une interprétation. Comme je le disais certains ont préféré s’imaginer déjà installés et nous avons préférés considérer les contraintes telles qu’elles existent aujourd’hui, pour une construction rationnelle et crédible.
      La dérive “science-fiction” continue car après ce premier “Contest”, la Mars Society vient d’en lancer un second: une communauté d’un million d’habitants! Je n’y participerai pas.

      1. “On peut envisager que les premiers voyages se feront en 2024” (!), même si je serais évidemment le premier enchanté de voir des êtres humains fouler le sol martien en 2024 déjà, comme la plupart des observateurs connaissant un peu le domaine j’ai beaucoup de peine à y croire. Elon Musk est certes un entrepreneur audacieux et ingénieux, mais de là à croire qu’il soit capable de miracles … ! Son projet de Starship n’a encore franchi aucune des (nombreuses) étapes décisives pour qu’un tel système devienne réellement opérationnel, et même des caractéristiques fondamentales de sa conception changent encore d’année en année, comme la modification du matériau de structure lors de la présentation de cet automne. Et le design présenté continue à n’être pas très réaliste sur bien des points. Alors, que ce Starship soit prêt pour un envol vers Mars dans moins de 5 ans paraît relever du rêve plus que de la réalité. Il serait d’ailleurs bon, là aussi (comme pour les “colonies martiennes”!), de ne pas trop vouloir brûler les étapes, … sous peine de voir plutôt les ailes du Starship brûler! De ce point de vue, la précipitation d’Elon Musk me paraît préoccupante. Si l’on veut que l’exploration de la planète rouge soit pérenne, il faut ABSOLUMENT que la première mission soit un succès (comparer le sort du programme Apollo à celui du programme N1 soviétique!). Le retentissement d’un échec dans ce domaine “coulerait” toute nouvelle tentative pour des décennies, voire plus. Cela impose de prendre son temps pour aller d’étape en étape en ayant “assuré son coup” à chaque fois. Pour une entreprise de cette envergure et complexité, difficile de croire que l’on puisse y arriver en moins de 5 ans!

        1. Lors de mon séjour à Los Angeles pour le “Contest” de la Mars Society, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de discuter avec le responsable du programme martien de SpaceX et de visiter avec lui l’usine où l’entreprise prépare les divers éléments du Super-Heavy et du Starship (cela valait davantage le voyage que la participation au Contest!). Je peux dire que l’engagement de SpaceX dans ce projet est total et qu’ils répondent à toutes les objections avec confiance, y compris celle du fonctionnement des 37 moteurs raptor du Super-Heavy en même temps.

    2. Pas tout à fait d’accord avec votre commentaire “il est encore un peu tôt à mon avis pour ce genre d’études détaillées”. On ne peut mettre des équipes de recherche au travail si on n’arrive pas à identifier les problèmes, et on ne peut pas faire de la recherche en même temps que développer les prototypes.

      Tout l’intérêt de cette compétition aurait été de pouvoir lister les données manquantes et les technologies à developper pour parvenir à utiliser des solutions connues et établies pour résoudre les difficultés de la vie sur Mars.

      L’intérêt n’est pas de planifier ce que sera le futur, mais de trouverr des solutions qui seront plus ou moins intégrées dans la potentielle cité martienne. Imaginer que vous devez construite une maison mais également les outils pour le faire, vous irez moins vite que si les outils mêmes imparfaits existent déjà.

  5. Bonjour,

    Un projet, aussi bon et réfléchi soit-il, pour survivre, doit faire envie. Je n’ai pas les qualifications pour juger des qualités intrinsèques de votre projet, mais vos images présentées dans cet article et dans votre autre récent article, sont aussi austères et sans saveur que c’est possible de l’être. Vous y auriez certainement gagné à faire réaliser quelques belles images bien léchées de votre projet, sur fond de planète Mars au soleil couchant ou qu’en sais-je. Querlque chose qui fasse rêver, quoi.

    L’autre projet dont vous avez présenté une image ici, semble être l’autre extrème : une très belle image qui donne envie, mais peu de contenu. À vous de joindre ces deux qualités dans 1 image.

    En résumé je pense que vous avez perdu par excès de “suissitude” : un très bon contenu mais mal emballé. Ça passe quand on s’adresse à d’autres Suisses, mais pas chez les Américains.

    1. En plein dans le mile !
      Une mauvaise campagne marketing peut faire échouer la mise sur le marché d’un très bon produit alors qu’une très bonne campagne peut sauver un produit médiocre.
      Je suis donc entièrement d’accord avec cette analyse. Il manquait probablement à ce projet le petit plus qui fait rêver ou donne envie. Pas forcément une pin-up dans un hall futuriste mais des colons au travail ou fêtant leur première récolte dans les dômes de la colonie.
      De nos jour, il y a des tonnes de graphistes en mal de projets intéressant.

    2. Il n’y a pas de bonne présentation: la meilleure présentation est celle qui parle au public visé. Si vous avez de vrais scientifiques ou techniciens en face, une présentation de belles images n’aura pas de succès. Encore une fois, l’accueil de la présentation en dit long sur le choix du jury ainsi que sur ses motivations.

  6. Cher Pierre,
    Félicitations pour votre participation presque victorieuse!
    En attendant de lire votre dossier (que vous pourriez publier sans attendre le livre ?), pourriez-vous au moins nous dire :
    – quel est l’investissement à prévoir pour arriver à 1000 personnes sur la base ?
    – quel surface viabilisée totale ?
    – masse cumulée des équipements et matériaux à acheminée depuis la Terre ? (et par déduction, en faisant l’hypothèse de l’emploi du Starship, combien de lancements requis ?)

    Enfin, une objection jamais discutée dans ces débats qui vont supposer des dizaines de milliards d’USD d’investissement : et si la gravité martienne ne permettait pas à l’homme de vivre pour le long terme sur Mars ? à ce jour, rien ne permet d’en être sûr, vous comme les autres faites des plans sur la comète, ou sur Mars, sans mauvais jeu de mot, mais il le risque que la gravité martienne soit incompatible avec notre survie est trop important pour être ignoré comme vous le faites. Il est urgent de procéder à des expérimentations en gravité martienne simulée par” gravité artificielle” en orbite terrestre dans une nouvelles station ou vaisseau à faire tourner sur soi-même. Seulement à l’issue de ces expériences pourrons-nous savoir si fonder un village sur Mars a du sens. Avant cela, c’est un contresens scientifique et technique à mon humble avis.

    On peut en fait catégoriser les passionnés d’espace en 4 catégories pour faire simple :
    1. les ingénieurs : ils veulent des défis techniques, ils veulent montrer que rien n’est impossible si on se donne du temps, du budget et de l’ingéniosité. Ils veulent envoyer des missions ambitieuses habitées ou non aux quatre coins du système solaire et de la galaxie
    2. les colons : ils veulent créer une nouvelle civilisation dans l’espace, ils veulent voir des millions de gens vivre et naître dans l’espace
    3. les planétologues et géologues : ils veulent comprendre comment les astres se forment et évoluent, d’un point de vue géologique, climatologique
    4. les astrobiologistes : ils veulent savoir si la vie existe et comment elle est née et se développe hors de la Terre

    1 et 2 arrivent souvent à s’entendre, sont aussi alliés avec 3.

    Mais les astrobiologistes sont les grands incompris de l’histoire. Alors que les 3 premiers groupes invoquent souvent comme première raison d’aller sur Mars le besoin d’aller y voir si la vie y existe, dans la pratique depuis les sodnes Viking, aucun instrument n’a été envoyé sur Mars pour y détecter des traces de vie (et non juste l’habitabilité). Ces 3 groupes sont ravis de voir l’homme arriver sur Mars. Mais les astrobiologistes dans la quasi unanimité expliquent que pour ce qui est de la recherche de vie sur Mars, il y aura un avant et après arrivée des Hommes.

    Ici, Texte raccourci par Pierre Brisson

    Bref, le sujet de l’exploration humaine de Mars est trop passionnel, trop souvent un dialogue de sourds, mais, en laissant le problème de la contamination de côté, mon cher Pierre, je serai ravi d’avoir votre réponse aux questions posées au début de mon message, et juste à l’objection de la gravité martienne possiblement rédhibitoire pour l’homme pour des séjours longs.

    1. Merci pour votre commentaire mon cher Thomas,
      Voici mes réponses:

      – quel est l’investissement à prévoir pour arriver à 1000 personnes sur la base ?
      Environ 50 milliards (dollars ou euros ou francs suisses) dont 10 pour finaliser le lanceur (Super-Heavy) et son vaisseau spatial (Starship) ; 10 pour la construction de la première flotte (6 lancements par fenêtre de tirs) ; 30 pour les « équipements à importer et la construction sur place (robots et hommes).

      – quel surface viabilisée totale ?
      Partant d’une surface de 50 m2 par résidents, sans compter les serres, il faudrait 50.000 m2 et 80.000 à 100.000 m2 de serres.

      – masse cumulée des équipements et matériaux à acheminée depuis la Terre ? (et par déduction, en faisant l’hypothèse de l’emploi du Starship, combien de lancements requis ?)
      500 tonnes la première fenêtre de tirs puis 300 tonnes par la suite (limitation dû au transfert des hommes) sur 9 ou dix périodes synodiques (= fenêtre de lancement). Comme vous le comprenez on utilisera au maximum l’ISRU (notamment silice, basalte et fer) et l’impression 3D.

      Gravité:
      Tout à fait d’accord pour expérimenter les effets de la gravité martienne sur le corps humain. La Mars Society le propose à la NASA depuis sa création mais jusqu’à présent la NASA s’en moque (elle n’envisageait pas d’établissement permanent sur Mars). Ceci dit la gravité martienne est quand même préférable à l’apesanteur (ISS) ou à la gravité lunaire (0,16 g). Par ailleurs on peut trouver des palliatifs (port obligatoire d’un équipement massif – de l’ordre de 60 à 80 kg, hors des espaces viabilisés ; port de semelles de plomb à l’intérieur de la base). Ceci dit je suis d’accord avec vous pour dire que nous ne connaissons pas les effets à long terme (plusieurs années), d’une gravité de 0,38 g à l’intérieur du corps humain mais qu’on peut quand même penser pouvoir s’y adapter. Si ce n’était pas possible, il n’y aurait pas d’établissement vraiment permanent sur Mars ce qui n’empêcherait pas d’y faire des séjours longs (une ou deux périodes synodiques) ce qui justifierait quand même une base de l’ordre de 1000 habitants (non permanents).

      Astrobiogie:
      Je ne reproduit pas l’intégralité de votre développement sur le sujet d’une possible contamination de la vie martienne par la vie terrestre (trop long et avec des liens). Je réponds simplement que la vie si elle est apparue ailleurs que sur Terre, aura eu une histoire différente et que cette vie sera identifiable dans les composants de l’être vivant et de son ADN (ou de ce qui en tient lieu). Regardez les archées et les bactéries, les deux domaines coexistent depuis le début de l’arbre phylogénétique. Il est intellectuellement impossible que des différences de cet ordre n’existent pas entre la vie martienne et la vie terrestre.

      1. Cher Pierre,

        “Environ 50 milliards USD dont 10 pour finaliser le lanceur (Super-Heavy) et son vaisseau spatial (Starship) ; 10 pour la construction de la première flotte (6 lancements par fenêtre de tirs) ; 30 pour les « équipements à importer et la construction sur place (robots et hommes)”
        – que voulez-vous dire par “finaliser le lanceur (Super-Heavy)”, c’est bien SPaceX qui finance seul son développement, qui est pour ainsi dire presque terminé ?
        – 6 lancements par fenêtre de tir, sur 10 fenêtres pour mener à bien ce projet = 60 lancements, en comptant 100 millions USD par lancement (Elon Musk avait annoncé 40 millions pour emmener 140 tonnes en LEO), on obtient 6 milliards d’USD ? comment se répartissent vos deux fois 10 milliards, je ne comprends pas. Comptez-vous vous approprier certains des Starships (ils ne reviendraient pas tous sur Terre mais resteraient sur Mars et feraient partie de la base, comme le suggérait Robert Zubrin ?)

        “Si ce n’était pas possible, il n’y aurait pas d’établissement vraiment permanent sur Mars ce qui n’empécherait pas d’y faire des séjours longs (une ou deux périodes synodiques) ce qui justifierait quand même une base de l’ordre de 1000 habitants.”
        ==on est bien d’accord, merci, mais ce disclaimer mériterait d’être dit plus souvent, en en-tête de tout article parlant de la conquête de Mars par l’homme…

        “Je réponds simplement que la vie si elle est apparue ailleurs que sur Terre, aura une histoire différente et que cette vie sera identifiable dans les composants de l’être vivant et de son ADN (ou de ce qui en tient lieu). Regardez les archées et les bactéries, les deux domaines coexistent depuis le début de l’arbre phylogénétique. Il est intellectuellement impossible que des différences de cet ordre n’existe pas entre la vie martienne et la vie terrestre.”
        ==ce n’est malheureusement pas aussi simple, pour 2 raisons :
        1.
        Déjà nous connaissons très mal la vie microbienne terrestre, sur Terre on n’a pu identifier et séquencer le génome que d’une infime partie du monde microbien. Certains microbiologistes estiment qu’il existe des milliers de milliards de types différents de microbes, dont 99,999% n’ont pas à ce jour été identifiés ! Seules 10 millions d’espèces de microbes ont été cataloguées sur au moins un millier de milliards, dont 100,000 ont pu être séquencées génétiquement, soit 0,00001% du grand total ! Et encore moins, 10,000, ont pu être cultivées en laboratoire.
        La plupart des microbes sont difficiles à étudier, environ 99% en nombre ne sont tout simplement pas « cultivables » en laboratoire ! C’est le problème de la « matière noire microbienne ».

        Qui plus est, chez les archéobactéries, le concept d’espèce est très fluide du fait de leur reproduction asexuée, et de la facilité des échanges de gènes entre espèces.

        Ainsi, les archées dont vous parlez ont été découvertes seulement dans les années 1970s, à la stupéfaction des chercheurs, on a dû ajouter une branche inédite à l’arbre de la vie sur Terre. La vie inédite qu’on pourrait trouver sur Mars pourrait simplement être de la vie qu’on aurait amenée, une autre branche inédite de la vie sur Terre qui nous aurait échappé.

        2. Il est probable que la vie existe sur Mars, et si c’est le cas, il est possible voire probable que la vie martienne soir à l’origine de la vie terrestre, ou le contraire, ou que les deux descendent d’un ancêtre commmun, par panspermie. Il est donc intellectuellement POSSIBLE que des différences de cet ordre (entre archées et bactéries) n’existent PAS entre la vie martienne et la vie terrestre, dans le cas où des bactéries terrestres seraient arrivées sur Mars par exemple il y a longtemps à dos de météorite : sur une Mars que l’homme a contaminée avec ses trillions de bactéries, on aurait du mal à dire avec certitude et aisance, si on trouvait des bactéries inédites, qu’elles descendent bien de bactéries arrivées il y a des millions d’années et qu’on ne les a pas amenées avec nous sans le savoir…

        Bref, on risque bien de gâcher l’étude de Mars, la plupart des astrobiologistes le disent. Pourquoi prendre ce risque alors que rien ne presse ? Que nos robots sont toujours plus indépendants, intelligents, habiles, autonomes, pourront aller dans des recoins où l’homme n’ira jamais ??

        Ce ne sont pas les défis qui manquent dans l’espace!!!

        Construisons déjà une ville de 400 habitants en orbite, selon les idées de Gérard O’Neil.

        Construisons une ville sur la lune, dans l’état de nos certitudes sur la gravité, comme vous en convenez, il n’est raisonnable que de planifier des villes touristiques/scientifiques de 1000 habitants, et c’est inévitable sur la lune!!
        Enfin, quitte à être ambitieux, promouvons les fusées nucléaires et explorons Titan, l’endroit en fait le lus accueillant de notre Système Solaire après la Terre (sans compter les cieux de Vénus).

        1. Mes réponses:
          – que voulez-vous dire par “finaliser le lanceur (Super-Heavy)”, c’est bien SPaceX qui finance seul son développement, qui est pour ainsi dire presque terminé ?
          Ma réponse: Oui, je maintiens, par prudence nous avons pris 10 milliards. Le défi lancé par Elon Musk reste très important. Il n’est pas encore gagné. Non seulement il doit faire voler son Super-Heavy et son Starship mais il faut qu’ils soient testés à tous les stades de la réalisation (les fameux TRL doivent atteindre le niveau 8).

          – 6 lancements par fenêtre de tir, sur 10 fenêtres pour mener à bien ce projet = 60 lancements, en comptant 100 millions USD par lancement (Elon Musk avait annoncé 40 millions pour emmener 140 tonnes en LEO), on obtient 6 milliards d’USD ?
          Ma réponse: Là aussi l’hypothèse 100 millions peut sembler optimiste. Elle dépendra beaucoup du nombre de vols que pourra réaliser SpaceX (économies d’échelle !). Avec Richard Heidmann on envisageait plutôt un chiffre se rapprochant de 200 millions (ou de 2 millions par tonne puisque le Starship pourrait emporter 100 tonnes de charge utile jusqu’à la surface de Mars).

          “Si ce n’était pas possible, il n’y aurait pas d’établissement vraiment permanent sur Mars ce qui n’empécherait pas d’y faire des séjours longs (une ou deux périodes synodiques) ce qui justifierait quand même une base de l’ordre de 1000 habitants.”
          ==on est bien d’accord, merci, mais ce disclaimer mériterait d’être dit plus souvent, en en-tête de tout article parlant de la conquête de Mars par l’homme…
          Ma réponse: Oui mais il va un peu de soi. C’est la différence entre la Mars Society et Mars One. Ces derniers considéraient que l’on pouvait envoyer des hommes sans « ticket de retour » et nous avons toujours considéré qu’on devait prévoir le retour (au début du moins). Cela n’empêche que si l’on ne peut rester toute sa vie sur Mars, on pourrait toujours y faire des séjours assez longs (ce serait de toute façon moins dangereux et plus confortable que dans l’ISS ou sur la Lune).

          Les microbes:
          Ma réponse: On ne peut certes parler de ce qu’ l’on ne connait pas mais les archées ont été bien caractérisées et elles ont des particularités qui sont très nettement différentes des bactéries (par exemple la composition chimique de leur membrane externe ou les gènes gouvernant le processus de reproduction).

          Il est probable que la vie existe sur Mars
          Ma réponse: Non, pour moi et pour beaucoup d’autres, la survenance de la vie n’a rien d’automatique et il est moins que certain que la complexification des molécules organiques ait pu conduire ailleurs également à la vie.

          Bref, on risque bien de gâcher l’étude de Mars, la plupart des astrobiologistes le disent. Pourquoi prendre ce risque alors que rien ne presse ?
          Ma réponse: Si, il y a urgence à tenter l’implantation de l’homme sur une autre planète. Vous voyez bien la pression énorme qu’exercent les écologistes pour qu’on arrête de lancer des fusées dans l’espace. Croyez-vous que cette pression se relâche ?

          Construisons déjà une ville de 400 habitants en orbite, selon les idées de Gérard O’Neil.
          Ma réponse: Non, même si j’aime bien le concept de Gerard O’Neill. J’avais d’ailleurs conversé avec lui dans les années 1970 et lui avait fait part de mon admiration pour son projet. Mais il serait beaucoup plus difficile de construire une ville de 400 habitants dans l’espace que de construire une base sur Mars de même importance (la transformation et le montage dans l’espace que cela suppose sont à mon avis, en dehors de nos compétences actuelles).

          Construisons une ville sur la lune, dans l’état de nos certitudes sur la gravité, comme vous en convenez, il n’est raisonnable que de planifier des villes touristiques/scientifiques de 1000 habitants, et c’est inévitable sur la lune!! à lire On va re-marcher sur la Lune ! Pourquoi la Lune plutôt que Mars est la clef de l’espace pour l’humanité.
          Ma réponse: Pas d’accord. Les radiations sont beaucoup plus dangereuses sur la Lune (pas d’atmosphère) et très peu d’eau, pesanteur très faible et donc vie plus difficile, jours lunaires de 14 jours terrestres ! Par ailleurs on peut explorer plus facilement la Lune que Mars avec des robots (commande des robots en direct sans décalage de temps). Enfin si l’humanité a plus de chance de s’établir quelque part en cas de catastrophe terrestre, c’est sur Mars car la Lune n’est que la banlieue de la Terre.

          Enfin, quitte à être ambitieux, promouvons les fusées nucléaires et explorons Titan, l’endroit en fait le plus accueillant de notre Système Solaire après la Terre (sans compter les cieux de Vénus).
          Ma réponse: Titan est beaucoup trop froide (-180° C en moyenne) cette température implique beaucoup plus de dépense d’énergie, et la lumière y est crépusculaire (l’irradiance solaire n’y est que de 14 W/m2 soit cent fois moins que sur l’orbite terrestre). Quant à Vénus, je suis tout à fait opposé. Imaginez une catastrophe et un atterrissage forcé en surface de la planète (pression atmosphérique de 100 bars et température de 450°C!)

        2. A titre de comparaison, et pour mettre les choses dans une juste perspective, le budget ANNUEL du département de la défense US (pays déjà largement surarmé) est de l’ordre de 650 milliards de $!

    2. Il serait en effet important de tester la création d’une gravité artificielle (par mise en rotation de modules connectés) et il est pour moi assez incompréhensible que l’on ait passé tant de temps et consenti tant d’efforts pour étudier les effets sur l’être humain d’un long séjour en apesanteur, plutôt que de s’atteler à contourner ce problème, alors que c’est possible!
      je pense par contre que vous exagérez le problème de la gravité plus faible de Mars dans le contexte de la construction d’une base permanente (plutôt que “colonie”!). L’important pour le corps humain je pense est qu’il y AIT une gravité, pour la circulation des fluides corporelles, l’équilibre, l’effort sur le squelette, etc. Probablement qu’un tiers de la gravité terrestre suffit pour cela et qu’il n’y aura pas d’effets néfastes significatifs pour les habitants de ladite base. Néanmoins, un problème se posera si des enfants naissent et sont élevés dans cet environnement. Leur corps s’y adaptera (coeur plus faible? squelette plus fragile? taille plus grande? … ). Comme on dit, qui peut le plus peut le moins, ce qui nous ouvre, à nous “Terrestre”, l’accès à l’ensemble des corps célestes du système solaire, mais pas le contraire. Les “néo-martiens”, risquent, eux, de ne plus être adaptés à un séjour sur notre bonne vieille planète (du moins sans l’aide d’équipements lourds et encombrants). A méditer!

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