Nous pouvons répondre au défi posé par le financement du lancement d’une colonie sur Mars

En dépit de ce que beaucoup pensent, le financement d’une première implantation humaine sur Mars est possible. Voyons d’abord les besoins et le contexte.

Il faut envisager un investissement d’environ 50 milliards de dollars sur 20 ans, dont la majeure partie devra être dépensée au cours des 8 années précédant la phase d’installation proprement dite de la Colonie (donc 20 ans = 8 + 12); ces premières dépenses étant destinées à la finalisation et à la construction des transporteurs, à l’importation des premiers capteurs ou générateurs d’énergie, des équipements de chantiers, à la construction de l’astroport, à la construction des premières infrastructures (habitats et salles de travail ou de réunions viabilisées, serres, informatique et systèmes de communication), à l’importation des véhicules de transport planétaire et à la rémunération du personnel qualifié. Par ailleurs le coût d’un séjour avec transport aller et retour (30 mois) est estimé à environ 5* millions de dollars (après les premières missions d’installation). Le rapprochement des deux chiffres (50 milliards et 5 millions) montre clairement que l’amortissement des dépenses d’infrastructure (frais fixes) est exclu pendant une longue période de grâce que nous fixons par hypothèse à 20 ans. Cette durée est choisie parce qu’elle est compatible avec la durée de la vie humaine (il n’est guère possible de demander à qui que ce soit d’attendre plus de 30 ans (environ 8 + 20) un retour sur investissement) et parce qu’au bout de 6 séries de missions (chacune espacée de 26 mois en raison des contraintes de la mécanique céleste) dédiées à la construction d’une première base, on devrait disposer d’installations suffisantes pour commencer** une exploitation commerciale pouvant “traiter” une population d’un millier d’habitants (chiffre indicatif, vraisemblable compte tenu de nos moyens technologiques) dont un peu moins de la moitié, payants. Les revenus que dégagera la vente de résidence et de services à ces hôtes-payants de la Colonie ne pourra servir pendant cette période, qu’à payer les frais variables (le coût généré par leur présence et le fonctionnement de la base). Le problème se pose donc (1) de la possibilité d’absorption de l’amortissement des installations fixes après 30 ans (elle sera fonction en partie de l’importance des frais d’entretien), (2) de l’acceptabilité d’une longue période de grâce par les financiers, (3) des perspectives de capacités de paiement de dividendes par la suite (puisqu’il faut que les investisseurs aient, un jour, un retour sur leur investissement).

*Ceci est un ordre d’idée ; dans la réalité, avec les technologies d’aujourd’hui, la probabilité de ce montant est forte. S’il n’est que de 4 millions nous serions évidemment heureux. A noter que ce n’est « rien » à côté de ce que coûte aujourd’hui un séjour dans l’ISS (plus de 50 millions) mais il faut voir que pour une colonie l’on vise une population nettement plus importante et qui doit se renouveler tous les 26 mois.

**En fait l’exploitation commerciale devrait pouvoir commencer pendant la période initiale de construction de la base mais elle se fera à un rythme évidemment très faible au début du fait de capacités d’accueil très réduites. Par ailleurs, après le démarrage, en vitesse de croisière, la construction continuera et probablement à un rythme élevé (cela dépendra du succès du lancement) mais la capacité d’accueil sera simplement devenue suffisante et les conditions d’accueil bien meilleures qu’au début.    

Le montant de l’investissement s’obtient, comme indiqué, en prenant en compte le coût du vecteur de transport et le transport lui-même, le coût des biens et équipements importés et le coût du fonctionnement de la Colonie avec du personnel ultra-qualifié. On peut noter les éléments constitutifs suivants 1 :

(1) le coût de développement et de qualification du vaisseau* et de son équipement. En supposant un programme de 8 ans au prix de 5 milliards de dollars par an, on pourrait avoir besoin de 40 milliards de dollars mais, en fonction de l’avancement de la réalisation de ce programme avant la décision d’entreprendre le projet de Colonie, le montant devrait être moins important (20 milliards ?) ;

*Plusieurs possibilités : Mars Colonization Transport, « MCT » (soit Big Falcon Rocket et Starship) d’Elon Musk ou Blue Origin de Jeff Bezos et aussi, peut-être, SLS de la NASA. Le MCT est le plus probable.

(2) le coût de production de 16 MCT (ou équivalents) requis pour la période de démarrage (6 interplanétaires, 3 pétroliers pour le ravitaillement en carburant en orbite basse terrestre, 1 en réserve), soit environ 16 milliards de dollars (rappelons qu’un Airbus A380 avait un prix “de catalogue” de 435 millions); NB: nous n’aurions besoin que de 10 MCT si nous pouvions faire revenir les 6 MCT d’un cycle avant que les 6 du cycle suivant puissent partir mais il semble aujourd’hui très difficile (pour ne pas dire impossible) de faire des voyages Terre/Mars ou Mars/Terre en moins de 3 mois;

(3) le coût de la construction des premières structures habitables sur Mars et de l’exploitation des équipements importés, ainsi que le coût de la maintenance, du support vie et de la rémunération des équipes chargées de ces travaux initiaux1 (quelques 20 milliards ?)

(4) la masse totale des équipements et matériels connexes importés de Terre pour le démarrage du projet de Colonie, quelques centaines de tonnes, et le nombre de vols interplanétaires, un même nombre de « centaines ». Pour un coût estimé des charges utiles de 0,9 million USD par tonne et en supposant que 500 tonnes soient nécessaires, nous obtenons un montant de 0,45 milliard USD.

La faisabilité économique du projet à ce stade (construction d’une première base plus début d’exploitation) repose sur trois conditions : 1) que la volonté de développer un MCT (ou équivalent) conduise à des résultats tangibles, suffisamment fiables et séduisants (en particulier en ce qui concerne la réduction des coûts de transport et la sécurité) pour induire un véritable choc-déclencheur au sein de la communauté des personnes, gouvernements et sociétés intéressés par l’expansion de l’humanité dans l’espace ; (2) que le prix nécessaire pour couvrir les coûts variables (les 5 millions par personne mentionnés) soit acceptable pour que les « clients », « hôtes-payants » (les personnes candidates à passer 30 mois hors de la Terre, dont 18 mois sur Mars), se présentent en nombre suffisant à chaque fenêtre de tirs (tous les 26 mois) pour permettre une économie d’échelle maximale ; (3) que la marge soit suffisante pour permettre à la société d’exploitation de couvrir un peu plus que les frais variables de vols et de séjour en période de croisière (à la fin de la période initiale de construction) afin de pouvoir commencer à amortir les frais fixes et assurer la viabilité financière du projet. Si l’on estime la population cliente à environ 450 personnes sur 1000 pendant les périodes synodiques se situant entre 8 ans et 8 mois (4ème rotation) et 13 » ans (6ème rotation) après le début de la construction (mais cette population ne sera peut-être atteinte qu’avec la 9ème rotation ?), on obtient sur la base d’un prix moyen de 7 millions par personne (on peut imaginer toutes sortes de tarifs dont bien sûr des tarifs « couples »), une somme de revenus bruts (chiffre d’affaire) de 3,15 milliards par période synodique. Ceci n’est pas négligeable mais savoir si cela est suffisant dépendra du coût de maintenance de l’ensemble de la Colonie du fait de l’usure résultant de l’usage, et de l’exposition des structures à des conditions environnementales extrêmes. Si, à la fin de cette première période, disons à la fin de la 9ème rotation (20 ans après le début de la première et 28 ans après le début du programme), nous parvenons à dégager une marge nette, après amortissements et frais financiers, positive de quelques pour cents (par exemple 5% soit 157 millions) tous les espoirs sont permis. On surveillera beaucoup la pente de la dérivée seconde de cette marge nette!

J’aborderai les sources de financement la semaine prochaine mais je ferais remarquer dès à présent que la NASA dépense chaque année environ 20 milliards de dollars par an ce qui représente environ 0,5% des dépenses fédérales publiques et que le pourcentage est monté jusqu’à 4,41% en 1966 (programme Apollo).

Il faut bien voir que plus on développera la base au-delà des 1000 personnes (ce chiffre n’étant, encore une fois, qu’un passage), plus on maximisera les économies d’échelle et plus on pourra baisser les prix offerts aux candidats au voyage. On peut même imaginer qu’une deuxième puis une troisième bases se créent après que la première ait atteint sa taille critique, entrant en concurrence sur certains biens et services mais également partageant certains autres (télécommunications, serveurs informatiques, transports planétaires, entretiens de certains équipements, production de certains biens tangibles à usage local)…ce qui pourrait donner lieu à des échanges planétaires entre bases martiennes (donc des économies d’échelle et des pressions à la baisse sur les prix, comme mentionné). Et ainsi, de proche en proche, nous atteindrons une économie martienne autonome, dont les échanges avec les autres pays seront plus ou moins équilibrés avec toujours la particularité martienne de la pénalisation du transport des matières pondérales de et vers la Terre (ce qui favorisera aussi grandement la production locale de biens tangibles).

1lire :

NB : L’objet de cet article de blog n’est pas de discuter les estimations et les requis technologiques mais de réfléchir au financement.

Image à la Une: Base Alpha sur Mars, Selon SpaceX/Elon Musk (crédit SpaceX). Sur la droite un champ de panneaux solaires mais l’énergie est aussi nucléaire. Au loin, le dôme principal de la base brillant de toutes ses lumières. Très peu de monde dehors; il fait froid (moins de 100°C la nuit).

Pour (re)trouver dans ce blog un article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur:

Index L’appel de Mars 09 02 19

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

16 réponses à “Nous pouvons répondre au défi posé par le financement du lancement d’une colonie sur Mars

  1. Avant de deployer le genie humain et 50 milliards de dollars pour aller sur Mars, prevoyez-vous d’en faire autant pour la planete sur laquelle nous vivons en ce moment?

    1. Commentaire typique de ceux qui, par principe, ne veulent pas d’exploration spatiale par vols habités! C’est “un peu” simpliste (pour ne pas dire totalement). Le budget de la NASA, de 20 milliards par an, représente 0,5% des dépenses publiques de l’Etat fédéral américain. Vous trouvez ça trop?! Je propose de dépenser 50 milliards sur 20 ans pour amorcer cette installation de l’homme en dehors de la Terre, avec l’objectif que cette colonie devienne autonome. En moyenne cela fait 2,5 milliards par an et plutôt 5 les premières années. Vous trouvez ça trop?! Je crois que vous n’avez aucune notion des chiffres et de ce qu’ils représentent.
      Par ailleurs vous n’aimez pas ce projet et je le comprends, chacun est libre de ses rêves. Mais envisagez vous sérieusement que tous les pays capables d’investir dans l’exploration spatiale, placent toutes (je dis bien toutes, comme vous le souhaitez) leurs ressources dans une action “pour la Terre” (l’action que vous suggérez est d’ailleurs totalement imprécise)? C’est absolument ridicule. Tant que vous y êtes proposez que nos contemporains arrêtent toutes leurs dépenses militaires (ça peut quand même servir) ou toutes leurs dépenses de production de biens de luxe (vous pouvez essayer mais vous n’y arriverez pas et c’est tant mieux car ça fait marcher l’économie…pensez aux montres suisses).
      De toutes façon on dépense aujourd’hui beaucoup plus “pour la planète” que les 50 milliards dont on parle et sa préservation change très lentement car cela tient tout autant aux habitudes de vie qu’à l’argent qu’on dépense. Si le sujet vous intéresse, faites campagne contre la déforestation en Afrique et en Asie ou pour une maîtrise de l’augmentation de la population humaine dans les pays qui n’ont vraiment pas les moyens de leur progression démographique. Là non plus la réussite n’est pas une question d’argent mais de volonté politique et de communication.
      Enfin les vols habités dans l’espace peuvent avoir (et ont déjà eu) des retombées positives pour la Terre, notamment dans les sciences du recyclage, du contrôle de la qualité de l’atmosphère, dans la médecine, dans la production agricole sous serre, etc…

  2. Je ne crois pas que je vous confierais la gestion de l’ouverture d’un nouvel hôtel, vous m’apparaissez bien optimiste et simpliste dans vos projections. Dans votre calcul, pouvez vous nous indiquer la productivité annuelle attendue des colons, dans le registre de la production immatérielle et hors gains hôteliers, pour payer et amortir un investissement qu’il vous faudra bien finir par appeler une subvention à fond perdu. Et qui dans ce cas ne saurait être conditionnée aux règles financières que vous sembler si bien apprécier.
    Par ailleurs, je vous rappelle que l’on a pas encore vu une carotte pousser sur mars, et votre pré supposé semble être d’installer des équipements, et hop ça va marcher du premier coup. Pour faire suite à votre commentaire ci dessus, je vous rappelle également que l’on maîtrise encore très mal la culture en zone désertique, et que ce qui fonctionne demande des m3 d’eau et des tonnes d’engrais et de pesticides. Vous savez peut-être qu’au Quatar ils ont entrepris quelque chose pour plus de 40 milliards de $…… ! votre station à 50 milliards, j’espère que vous ne l’achetez pas chez Ali baba?

    1. Le coût du voyage a été calculé pour couvrir à peu près les frais fixes et les frais de séjour sur Mars compte tenu de ce que l’on sait aujourd’hui. Il y a d’abord le coût du transport, puis le coût des consommables (qui au début seront quasiment tous importés de Terre pour une période synodique). Le reste doit servir à payer le personnel nécessaire au fonctionnement de la base et la construction de nouveaux habitats. Les calculs ont été faits par Richard Heidmann dans ses études dont j’ai donné les références en bas d’article.
      Pour la suite, c’est à dire pour obtenir plus de rentabilité, il faudra évidemment que les résidents soient créatifs et comme on ne peut envisager beaucoup d’exportations de biens pondéreux en raisons des coûts de transport interplanétaire, il faut imaginer que cette création s’applique à des biens immatériels. Je ne vais pas détailler ici quels seront ces biens. Par définition ils n’existent pas encore (et je ne fais pas de science-fiction). Mais on peut penser que les nouveaux “Martiens” seront stimulés dans leur recherche par l’environnement particulier de Mars, notamment (mais pas seulement) dans les domaines du recyclage et dans celui du contrôle environnemental.
      Quant aux cultures en zone désertique, vous ne vous représentez pas du tout l’environnement martien. Il n’est pas question de faire pousser quoi que ce soit “en pleine terre” martienne (comme par exemple dans le film “Seul sur Mars”) parce que le sol martien ne contient pas (ou très peu) de matière organique et parce que la surface est couverte de perchlorates. La culture, exclusivement sous serre (pas d’oxygène et pression atmosphérique très faible), sera progressivement développée car il sera plus rationnel de produire la nourriture sur Mars que de l’importer de Terre et parce qu’elle sera possible puisqu’on aura sur Mars de l’eau, du soleil, du CO2 et certains éléments minéraux. Elle sera hydroponique (pour transmettre aux plantes des éléments nutritifs importés largement de Terre, sans les gâcher), avec un support minéral martien “propre” (traité pour être acceptable par les plantes) et avec de l’eau recyclée.
      Votre référence au Qatar est sans objet même si la culture sous serre telle qu’elle sera développée sur Mars pourra être utilisée sur Terre (avec des modifications quand même car l’ensoleillement sur Mars est nettement plus faible que sur Mars). Le Qatar peut importer sa nourriture d’autres pays à coût relativement faible, ce qui ne sera pas le cas sur Mars (coût du transport et fenêtre d’échanges physiques ouverte tous les deux ans).

  3. La destruction de notre planète étant maintenant assurée, allons en détruire d’autres. Après tout, comme sur Terre, ce n’est qu’une question de coût.

    Constante de gravitation 3.71 au lieu de 9.81, température moyenne -65 au lieu de +14, variations de température 100 K, pression 6 hPa au lieu de 1000. Pour les humains, atrophie musculaire, diminution de la masse osseuse, troubles de vision. évolution biologique rapide vers une nouvelle race humaine capable de supporter ces conditions. L’avantage du point de vue technologique: pas d’environnement qu’il serait possible d’approximer par l’infini car l’existence de ces êtres sera confinée dans les espaces artificiellement créés. Opportunité pour développer des techniques d’autarcie qui pourront être utiles sur Terre après un réchauffement de 5 degrés.

    1. Encore une fois je ne vois pas le rapport qui vous pousse à écrire “allons en détruire d’autres”. On peut espérer que l’expérience acquise sur Terre nous serve de leçon (on peut toujours espérer!). D’autre part, sur Mars, les conditions environnementales, la rareté des biens tangibles, la difficulté de se les procurer et la rareté des matières organiques nous forceront à être économes et à recycler.
      D’accord en gros sur les conditions environnementales mais pas sur les conséquences médicales. Il y a certainement un risque d’atrophie musculaire et de diminution de masse osseuse mais on pourra les pallier par l’exercice et le port de masses de protection anti-radiations (de toute façon nécessaires) et, à l’extérieur, de scaphandres. Pour ce qui est des troubles de la vision et perturbation d’autres organes internes du fait d’une gravité moindre, il faudra voir car on n’en a pas l’expérience; les séjours en microgravité – quasi apesanteur – ne sont pas adéquats pour nous renseigner. Ce qu’on peut dire c’est que les conséquences négatives seront moindres que dans l’ISS ou sur la Lune. A la différence de ce qui se passe dans la station spatiale, la verticalité résultant de la gravité sera sensible (et beaucoup plus sensible que sur la Lune, ce qui aura des conséquences positives sur la motricité).
      Oui, en ce qui concerne le développement de techniques d’autarcie ou plutôt de vie en espaces protégés (car il y aura échanges). Les milieux viabilisés martiens seront des lieux où l’on pratiquera intensément le recyclage, le contrôle des températures et la qualité chimique et microbiologique de l’environnement.

    2. @Roman Kanala. Désolé d’être si direct, mais votre réflexion manque de bon sens: Mars est une planète morte, du moins jusqu’à preuve du contraire, alors merci d’expliquer comment l’homme, même dans sa plus grande bêtise, pourrait-il rendre Mars encore moins habitable qu’elle ne l’est aujourd’hui.

      1. Il ne s’agit pas de Mars. Il s’agit de la “planète suivante”. Que ça tombe sur Mars est une coincidence.

        Si l’on avait une Terre 2, on la détruirait. Aujourd’hui, l’exploitation des resources naturelles équivaut à 1.8 planètes. La tragédie des biens communs, les beaux bénéfices aux actionnaires et les bonus des bancaires, l’horizon temporaire des politiciens ne dépassant pas la période de leur mandat.

        1. Vous êtes quand même “à côté de la plaque”. La “planète suivante” est forcément Mars c’est celle dont l’environnement est le moins hostile qui est la plus accessible.
          Quant à vos considérations écologiques, elles sont totalement inappropriées. La possibilité que nous avons “d’envahir” Mars par nos moyens astronautiques est extrêmement limitée et l’environnement martien est tel que l’exploitation des ressources martiennes sera forcément lente et progressive et que nous devrons sans cesse procéder au recyclage du fait de la difficulté de produire sur Mars et de l’intérêt qu’il y aura à ne pas “gâcher” les produits semis-finis disponibles.
          Quant à vos considérations économiques, on croit entendre un communiste, c’est à dire quelqu’un qui n’a aucune compréhension du fonctionnement de l’économie (la preuve de l’ineptie de cette doctrine a été amplement démontrée par la faillite de l’URSS et autres pays “socialistes”). Oui il faut des bénéfices, c’est la sanction du succès et la source de l’avenir, et oui il vaut mieux que ces bénéfices soient touchés par des personnes privées que des personnes publiques car les premières sont meilleurs investisseurs que l’Etat du fait que leur responsabilité est plus directement engagée. Quant aux “bonus des bancaires” l’expression n’a aucun sens. Peut-être ne savez vous même pas ce qu’est une banque.

  4. je préfère organiser mes propres voyages que compter sur des rêveurs de colonies martiennes . Comment peut-on avancer un budget avant d’avoir seulement apporter les solutions aux problèmes encore inconnus ? Une colonie présuppose des naissances dans des conditions que nous n’avons jamais expérimentées …des équipements médicaux … et le personnel ….etc … Il ne s’agit pas que d’amener que quelques gadgets électroniques …
    Bref de l’amateurisme digne de bandes dessinées .
    De toute manière , la présence sur Mars à très long terme ne représente aucun avantage : quand l’homme aura les technologies pour aller 100 fois plus vite , il se désintéressera d’une planète inerte ! Tout au plus pour un weekend prolongé !

    1. Cher Monsieur Giot,
      Je constate avec plaisir que vous êtes toujours un de mes fidèles lecteurs!
      Pour vous répondre, je dirais d’abord qu’effectivement vous auriez du mal à organiser tout seul un voyage pour Mars. Pour ce qui est de l’intérêt du budget, je dirais que, précisément, on a des éléments pour en établir déjà un. Il est évident qu’il faudra l’affiner mais ce n’est plus de la science fiction. Figurez-vous qu’on commence à savoir beaucoup de choses sur l’environnement martien et qu’on peut en tirer des conséquences. En ce qui concerne les naissances, je crois savoir qu’il y a très longtemps que les femmes enfantent sur Terre et je ne vois pas pourquoi elles ne pourraient pas enfanter sur Mars. Les équipements? Et bien oui, il faudra en importer beaucoup avant de pouvoir en fabriquer sur Mars; ce sera un long processus mais on peut commencer. Le personnel, oui, c’est prévu aussi, lisez les études à ce sujet dont je vous ai donné les liens. Selon nos besoins et les moyens que nous avons de les satisfaire, il faudrait quelques 550 personnes pour faire “tourner” une base de 1000 personnes. Elles seraient d’ailleurs très bien payées (une condition pour les faire venir).
      Par contre je ne vois pas tout de suite comment “aller cent fois plus vite” que nous le permettent nos fusées d’aujourd’hui, et même! Si nous pouvions aller cent fois plus vite que la sonde la plus rapide jamais envoyée par l’homme dans l’espace (17 km/s par rapport au Soleil), cela ne nous permettrait pas d’atteindre le système de Proxima Centauri (notre plus proche voisine) au cours d’une vie. Donc, pour le moment, contentons nous de ce que nous pouvons faire, aller sur Mars. C’est déjà beaucoup…vous le dites vous-même!

  5. Comme on dit: “l’appétit vient en mangeant”. ce n’est pas en repoussant aux Calendes grecques un nouveau pas que l’Homme est aujourd’hui en mesure de faire que l’on parviendra un jour à “aller 100 fois plus vite”! C’est comme si vous aviez à l’époque des frères Wright déclaré péremptoirement que faire péniblement des sauts de puce de quelques dizaines de mètres avec un seul pilote à bord ne présentait strictement aucun intérêt et qu’il fallait attendre de disposer de la technologie nécessaire pour transporter des centaines de personnes (presque) à la vitesse du son pour s’intéresser à l’aviation! Bien évidemment. rien ne se serait alors passé.
    Pour l’instant, la seule planète autre que la nôtre sur laquelle des bases permanentes (je préfère ce terme à “colonies”) peuvent être établies est Mars. Si nous ne faisons pas ce pas, nous n’en ferons pas d’autres et l’aventure s’arrêtera là. Il ne s’agit pas de détruire quoi que ce soit, mais au contraire de construire, en particulier des connaissances nouvelles et l’expérience de gestion d’un environnement il est vrai difficile, ce qui pourrait avoir des retombées utiles et positives sur Terre aussi d’ailleurs.

    1. Je partage tout à fait! Faisons ce que nous pouvons faire. La suite viendra avec l’expérience que nous aurons acquise et les progrès que cette expérience utilisée par notre intelligence, auront permis.

  6. Je crains toutefois que trouver 50 milliards soit de plus en plus difficile dans un futur proche: les pays occidentaux n’ont plus que la capacité de s’endetter pour conserver leur niveau de vie. Le système économique basé sur une énergie bon marché ne pourra s’éterniser.

    On ne risque pas d’aller sur Mars à cause d’un manque d’envie pou de problèmes techniques insolubles, mais plutôt parce que les moyens nécessaire à la concrétisation d’un tel projet ne seront plus disponibles dans un monde qui épuise ses ressources à vitesse grand V.

    L’unique pays qui pourrait encore faire fi de considération sociale pour faire aboutir un tel projet reste la Chine. Mais là, je ne parierai pas sur un système autoritaire pour gérer un projet sur plusieurs dizaines d’années.

    1. Merci de votre commentaire. Dans mes deux prochains articles je propose des solutions pour organiser les financements et pour acquérir dans les meilleurs délais une autonomie économique qui ne rendrait plus indispensable les subventions des Etats ou les donations des philanthropes. De toute façon, trouver 50 milliards sur une vingtaine d’années (donc en moyenne 2,5 milliards par an) est possible. Je vous rappelle que le budget de la NASA est de 20 milliards par an ce qui représente 0,5% des dépenses publiques de l’Etat fédéral américain. Pour moi le vrai problème est la suite, c’est à dire l’accession à l’autonomie financière sur le long terme.

      1. J’ajouterais que le budget ANNUEL (2019) de la défense aux USA dépasse les 700 milliards de dollars (!), et cela pour un pays qui est déjà surarmé. Alors 50 milliards sur une vingtaine d’années … !

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