Never say never. Debriefing de mon débat avec Sylvia Ekström sur Swissinfo

Lors de mon débat du jeudi 15 avril sur Swissinfo avec Sylvia Ekström, je me suis heurté au même mur que celui que j’avais rencontré lors de mes échanges précédents. Sylvia Ekström prétend qu’on ne peut pas prévoir de vivre sur Mars puisque nous sommes les fruits de la Terre et que cette planète n’est pas la Terre. Dont acte !

Je pense que si tous les scientifiques raisonnaient de cette manière, nous serions restés bloqués dans nos cavernes ancestrales.

Il y a des dangers incontestables à traverser l’Océan quand les moyens technologiques sont balbutiants. C’était vrai au milieu du 15ème siècle, ce l’est toujours aujourd’hui, parlant de l’Océan spatial, à cause principalement des radiations (le scorbut des temps anciens). Qui dit « danger » pense « risque ». Oui il y aura des accidents et des morts lors des premières traversées mais la mort fait partie de la vie puisqu’elle la conclut. Le plus grave serait qu’elle ne serve à rien mais si le risque est pris en connaissance de cause et accepté librement, alors il faut le prendre.

Si l’on refuse ce principe, on renonce à beaucoup de chose. On renonce à escalader les montagnes, à tenter Solar-impulse (Bertrand Piccard) ou Solarstratos (Roland Loos); on renonce aussi bien aux protocoles médicaux dans les hôpitaux proposés à titre expérimental aux grands malades. On renonce d’une manière générale à tenter ce qu’on n’a jamais encore tenté. Je le dis franchement, ce monde-là ne m’intéresse pas. Je veux un monde tourné vers « le nouveau », ce qu’on n’a jamais fait, ce qui peut réussir parce qu’on a de bonnes chances d’y parvenir ou ce pourquoi on a seulement quelques chances de réussir mais dont la réussite présenterait de tels avantages ou un tel intérêt, que moralement nous nous sentons obligés de le faire ou que nous avons vraiment envie de le faire.

Parmi les sujets abordés lors de notre débat, le plus important à mes yeux est celui des radiations. On doit reconnaître que le risque qu’elles représentent est sérieux. Sylvia Ekström s’arrête là ; pour elle les radiations sont un « show-stopper » De mon côté je m’intéresse aux solutions pour surmonter ou contourner leur risque. Dans cet esprit, il faut bien distinguer d’une part, les types de radiations et d’autre part, celles qui sont reçues pendant le séjour ou reçues pendant le voyage.

Voyons le premier point : les radiations sont principalement de cinq types : (1) les rayonnements électromagnétiques de longueurs d’onde moyenne et grande ; (2) les SeP (Solar energetic Particles) qui sont des noyaux d’hydrogène, donc des protons ; (3) les GCR (Galactic Cosmic Rays) d’hydrogène ou d’hélium ; (4) les rayonnements électromagnétiques de très courtes longueurs d’ondes (rayons X et gamma) ; (5) les GCR de haute métallicité dits « HZE » (de numéro atomique « Z » élevé). On peut se protéger des premiers facilement (coque du vaisseau, vitre d’un habitat, combinaison spatiale) ; des deuxièmes et troisièmes, un peu moins bien (eau, riche en protons) car les quantités de SeP varient fortement au cours du cycle solaire (onze ans), les SPE (Solar Particle Events- tempêtes solaires) pouvant intervenir (éventuellement sous forme de CME- Coronal Mass Ejections) lorsque le Soleil est autour de son pic d’activité. C’est « autre chose » pour les quatrièmes et cinquièmes ; on s’en protège très mal car, d’une part les ondes les plus courtes passent partout, avec une forte énergie, et d’autre part les HZE ont une importante force destructrice par leur simple masse et par leurs impacts, créent des rayons gammas. Mais, contrairement aux SeP, les radiations de HZE sont constants avec toutefois une fluctuation périodique, sinusoïdale, dépendant de la force de l’activité solaire (variation pouvant être d’un facteur 2).

Voyons le second point : Sur Mars l’instrument RAD (Radiation Assessment Detector) embarqué sur Curiosity a constaté que dans le cratère Gale les radiations n’étaient pas supérieures à ce qu’elles sont à l’altitude ou évolue l’ISS autour de la Terre, avec toutefois plus de HZE puisque ces dernières ne sont pas bloquées plus haut, dans des champs magnétiques planétaires comme ceux qui enveloppent la Terre (et qui causent les Ceintures de Van Allen). Mais on peut se protéger avec une épaisseur plus ou moins importante, selon les doses de radiations que l’on est prêt à prendre, de glace d’eau martienne (protons) et de régolithe martien. Pendant le voyage, le vaisseau spatial est beaucoup plus exposé puisqu’il ne bénéficie ni de la masse de la planète en-dessous de lui, ni de l’épaisseur (faible mais non négligeable) de l’atmosphère martienne (qui bloque quand même les particules jusqu’à 100 MeV au niveau d’altitude moyen – datum) et puisque la coque d’aluminium ou d’acier ne suffit pas à arrêter les radiations particulaires (surtout les HZE). Pendant son voyage Terre-Mars qui a duré sept mois, la sonde TGO de l’ESA a estimé une dose-équivalente de 0,66 Sieverts (pour l’aller et retour). C’est beaucoup puisque, pour ne pas accroître de plus de 3% son risque de mort par cancer au cours de sa vie, l’administration américaine a recommandé de rester en dessous des doses équivalentes-suivantes (en Sieverts) :

Age 25 35 45 55
Homme 0,7 1,0 1,5 2,9
Femme 0,4 0,6 0,9 1,6

Alors que faire ? Pour Madame Ekström, rien, puisqu’il ne faut pas « y aller » ou peut-être y mener quelques missions « plus tard » mais en tout cas ne pas s’y installer. Pour moi, comme pour les autres partisans des vols habités instruits de ces sujets, et espérant que l’homme puisse vivre un jour sur Mars, il faut accepter les risques, en les limitant autant que possible. Qu’est-ce à dire ? D’abord qu’il faut voyager plutôt lors du pic d’activité solaire. Il y aura moins de HZE. Ensuite, il faut voyager le plus vite possible. On pourrait descendre à 5 mois au lieu de 7 ou 8, en abandonnant la trajectoire de « libre-retour » ou à 6 mois si on veut conserver cette dernière. Ensuite il faut utiliser au maximum l’eau et les aliments (eau) embarqués pour faire écran aux SeP. On pourrait par exemple placer les réserves d’eau et de nourriture sur la surface intérieure des quartiers d’habitation (les espaces privatifs où l’on dort et se repose) et créer au centre du vaisseau un caisson particulièrement protégé où l’on pourrait passer les quelques heures d’une tempête solaire. Ensuite il faut limiter ses voyages martiens (aller et retour) à un ou deux, maximum, dans une vie. Enfin il faudrait rester le maximum protégé en surface de Mars. Est-ce un problème ? Je ne le pense pas. Qui envisagerait, connaissant le risque que présentent les radiations, de mener une carrière de pilote sur la ligne Terre/Mars/Terre ? Qui de nos jours passe plus de 2 heures par jour en dehors de chez lui, de son bureau ou de sa voiture ? Sur Mars, on aura d’autant plus de robots qu’on aura peu d’hommes pour travailler et ces hommes seront la plupart du temps, dans leurs abris, confortablement installés, occuper à faire fonctionner et à surveiller, en direct, leurs robots à l’extérieur. On pourra fort bien se limiter à des sorties de 4 heures par jour. J’insiste sur le « en-direct », qui justifie (en dehors bien sûr des raisons non scientifiques) que l’homme aille physiquement sur Mars alors que, a contrario, ce n’est vraiment pas nécessaire sur la Lune puisqu’on peut tout voir et commander en direct depuis la Terre par robots interposés.

Après les radiations, il y a d’autres « difficultés » que Sylvia Ekström considère aussi comme des show-stopper. La deuxième en importance, me semble-t-il est qu’il n’y a aucune industrie martienne pour permettre l’utilisation des matières premières martiennes. Cela semble une évidence et je l’avais déjà remarqué mais partant de ce constat, il faut encore une fois, voir comment résoudre ce problème. Cela ne me semble pas impossible (en fait, le contraire). Il faut simplement importer de la Terre tout ce qui permettra d’utiliser les matières premières martiennes (et le faire progressivement compte tenu des capacités d’emport et du nombre réduit d’opérateurs humains sur place). Il faudra bien sûr importer une source d’énergie nucléaire et l’on commence à connaître les projets (très avancés) de Kilopower et Megapower du DoE de l’Etat fédéral américain (au LANL). Il faudra ensuite importer une machine pour accumuler du minerai de fer et une autre pour accumuler un minerai riche en silice, les deux matières parmi les plus abondantes en surface de Mars. A partir de là, en espérant qu’on trouve les additifs pour le verre et le fer (le bore a déjà été identifié), je ne vois pas pourquoi, on ne pourrait pas fondre le fer et le travailler, et couler des plaques de verre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas pomper l’air de l’atmosphère dans un réacteur de Sabatier et produire avec de l’eau martienne (donc de l’hydrogène) du méthane et de l’oxygène. Car on trouvera de l’eau sur Mars, une des premières recommandations à donner aux personnes qui choisiront le site d’atterrissage du premier Starship, étant de se poser près d’un dépôt accessible de glace d’eau (mais je crois que tous ceux qui veulent sérieusement aller sur Mars, dont bien sûr Elon Musk, y ont déjà pensé).

Ensuite si l’on dispose d’acier, de verre, d’eau, d’oxygène, d’azote (il y en a 2% dans l’atmosphère de Mars et on peut l’extraire), de gaz carbonique, et d’autres sels et minéraux présents dans le sol de Mars, on construira des abris pour les hommes, recouverts de glace d’eau ou de régolithe, des  serres pour leurs végétaux, des bacs remplis d’eau pour leurs spirulines, leurs tilapias et leurs crevettes et, n’en déplaise à Sylvia Ekström, ces abris seront de plus en plus confortables et la nourriture de plus en plus abondante et variée, le recyclage effectué selon les principes de la boucle MELiSSA et incorporant de plus en plus d’éléments martiens, permettant une production de plus en plus importante. Par ailleurs on pratiquera l’impression 3D dans toutes ses variantes, pour obtenir toutes sortes d’objets, d’instruments, de structures, en utilisant la richesse minéralogique de la poussière martienne.

Dans ces conditions, Oui ! On pourra aller sur Mars et y vivre, dès que le Starship ou un autre vaisseau d’une puissance comparable pourra voler. Et on ne me fera jamais croire que l’homme des années 2020 serait moins capable que l’homme des années 1960 de faire un vaisseau au moins aussi puissant que le Saturn V qui a permis à l’homme d’aller sur la Lune et qui avait une capacité de placement de 140 tonnes en orbite basse terrestre. Un tel vaisseau avec le remplissage de ses réservoirs en orbite, comme il est prévu pour le Starship, pourrait déposer 100 tonnes sur le sol de Mars au lieu des 25 tonnes qu’aurait permis la Saturn V. Robert Zubrin avait bâti son projet Mars-direct sur deux vols de Saturn V (l’un robotique préparatoire et l’autre habité) emportant chacun 25 tonnes. Je suis certain que l’homme ira sur Mars. Comme je l’ai dit lors du Débat, j’ai noté Mai 2031 pour le grand départ (après un vol robotique d’essai en janvier 2027 qui reviendra sur Terre en juillet 2029, un peu trop tard pour risquer la fenêtre de lancements de Mars 2029). Et en Novembre 2031, les premiers hommes, deux groupes de quatre personnes (deux couples d’homme et de femme de plus de 50 ans dont deux médecins), dans deux vaisseaux identiques (redondance !) descendront, pour la première fois sur le sol de Mars. Ils seront certes affaiblis par le voyage mais, portés par leurs exosquelettes encore pour quelques jours, ils seront heureux et fiers de leur performance. Inscrivez la date dans vos agendas !

Illustration de titre : vue d’artiste d’un Starship atterrissant sur Mars. (SpaceX Illustration).

Dernière minute: La NASA a choisi SpaceX pour aller sur la Lune. Cela va indirectement “booster” (comme on dit en bon Franglais) la réalisation du Starship, même si l’association de son HLS (Human Landing System) avec le SLS de Boeing/ULA semble pour le moins baroque. Lien:

https://www.nasa.gov/press-release/as-artemis-moves-forward-nasa-picks-spacex-to-land-next-americans-on-moon

 

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

77 réponses à “Never say never. Debriefing de mon débat avec Sylvia Ekström sur Swissinfo

  1. Concernant le risque des radiations, s’il se limite à provoquer des cancers on peut imaginer que si un jour des traitements efficaces contre les cancers soient disponibles (la méthode avec des mRNA par exemple était envisagée pour guérir les cancers mais a trouvé une application efficace inattendue contre le virus du Covid) le risque effectif des radiations lors d’un voyage sur Mars baisse fortement. Ceci peut changer passablement les mesures nécessaires de protection.

    Moins sérieux, à propos de “Never say never” un stricte logicien dirait que c’est une proposition auto-contradictoire du genre “Ce que je dis est toujours faux”. Heureusement il suffit d’énoncer “Almost never say never” pour rester 100% logique !

  2. Bonjour,
    l’homme a toujours eu soif de découvertes. Aller sur Mars est une aventure extraordinaire, y vivre c’est autre chose… Vivre dans un désert glacial de cailloux et de sable, ça peut aller un temps mais ça manque d’arbres, de fleurs, etc.. même si la découverte scientifique peut compenser pour certains… Un jour peut-être nous coloniserons Mars. Le temps n’est pas venu. Nos moyens techniques sont encore trop sommaires et dangereux. C’est comme traverser l’océan Pacifique en pirogue. ça peut se faire mais ce n’est pas le top même si là on peut espèrer arriver sur des terres vivables.
    Quand notre niveau de conscience se sera élevé et qu’on ne pensera plus les voyages spatiaux seulement en termes de conquête, on aura sûrement des moyens d’exploration plus performants qui nous permettront de découvrir une multitude de mondes lointains. En attendant je rêve de sondes qui se poseraient sur Io, Europe, Ganymède, ou sur la calotte polaire martienne… Et nous enverraient des belles photos…

    1. Je pensais à l’image de la caravelle plutôt qu’à celle de la pirogue.
      Pour revenir à notre époque, je ne vois aucune raison d’attendre que nous puissions disposer d’un Airbus A380. Dès que nous pourrons aller sur Mars, nous irons, que ça déplaise à certains, ou non.
      Et aller sur Mars, ne dispense pas d’envoyer des sondes sur les lunes de Jupiter ou sur Titan. On peut faire les deux.
      Pour terminer ma réponse, je pense que la plupart des hommes qui veulent les vols habités sur Mars, ne pensent pas en terme de conquête. De toute façon, seuls les Américains sont capables de lancer des vaisseaux habités dans l’espace. L’Europe n’est clairement pas intéressée, la Russie ne peut plus et la Chine ne peut pas encore.

    2. Si on veut aller sur Mars, c’est que l’être humain a besoin d’entreprendre et repousser les frontières de la vie. Bâtir une deuxième maison (du grec EKOS) ou deuxième économie / écologie avec difficultés impliquera de mieux s’occuper aussi de la première, connaissant les luttes de la, deuxième.
      Pour ce qui est de notre banlieue, la Lune, elle peut servir de champ d’expérimentations temporaires et comme le propose un chercheur de l’ESA, l’installation d’un téléscope au Pôle Sud de la Lune, dans un cratère dont l’ombre éternelle servira de lieu pour l’appareillage scientifique et la partie éclairée du cratère pour les panneaux solaires fournissant l’énergie au téléscope. L’avantage de ce téléscope permettrait une plus grande puissance que Hubble et une meilleure protection contre les particules de l’espace.

    3. Il est illusoire de comparer les explorateurs du passé avec ceux de l’avenir, à part pour l’esprit d’entreprise. En passant on peut travers le Pacifique en vaisseau d’osier et l’Atlantique en canot pneumatique de type zodiaque (Kon Tiki et Alain Bombard l’ont démontré par l’exemple). Pour Mars, contrairement à Christophe Colomb, on saura exactement où l’on va et comment y aller de manière durable. Christophe Colomb n’avait pas de sondes de repérages et de plan de navigation précis … On décrit ici souvent l’impact psychologique, mais les astronautes seront préparés pour explorer une nouvelle planète balisée… Imaginons l’impact psychologique que devait subir l’équipage de Christophe Colomb ainsi que ceux de Scott et Admundsen pour le pôle Nord et le pôle Sud…

    4. Chers tous,

      En cette journée de la Terre le 22 avril, je voudrais souligner le premier vol d’un engin volant motorisé sur Mars (l’hélicoptère Ingenuity) qui a eu lieu lundi dernier, soit presque 118 ans (l’âge de la doyenne actuelle de l’humanité) après le premier vol contrôllé des frères Wright sur Terre en 1903, début de l’êre aérospatiale. D’ailleurs, la NASA a décidé de nommer le lieu de cet exploit sur Mars en l’honneur des, frères Wright. Finalement, Mise au Point lundi sur la RTS parlera des projets, d’expéditions vers la Lune et Mars.

  3. Bonjour,
    A mon avis la question n’est pas tant de savoir si l’homme peut techniquement aller sur Mars et y vivre un moment, mais à quel prix et pour quoi. Concernant le prix, l’aventure martienne mobilisera des ressources en énergie absolument gigantesques qui ne vont faire qu’accélérer la destruction de notre planète. C’est comme si, au lieu de mettre notre effort à réparer les brèches de notre bateau, on le détruit pour construire une petite chaloupe de secours qui n’a aucune chance de survie. Concernant la finalité, si c’est pour de l’exploration, pourquoi pas bien que ce soit au coût de notre vie sur Terre. Mais si c’est pour vivre sur le long terme, on rejoint les conclusions biologiques de base (nourriture, eau, oxygène, gravité, radiations, inadéquation physiologique et psychologique totale, etc.) . Pourquoi choisir un endroit invivable pour y vivre en permanence? Aucun sens, désolé.

    1. Je ne suis pas du tout d’accord avec vous. La question est de savoir quand l’homme pourra techniquement aller sur Mars. Vous avez vos priorités, j’ai les miennes. Outre cela, vous connaissez très mal le sujet que vous critiquez.
      Vivre sur Mars nous apprendra à mieux vivre sur Terre (recyclage, économie d’énergie, fiabilité des équipements, OGM alimentaires bien adaptés à nos besoins et économes en eau).
      Vous avez totalement tort sur l’importance des ressources nécessaires. Il a été estimé, très sérieusement, qu’un programme de vols habités sur Mars, précurseur d’une installation humaine sur la planète, ne coûterait que quelques 50 milliards, sur 30 ans (et non par an). Si vous souhaitez limiter les dépenses de l’humanité à ce que vous pensez être “utile”, je vous souhaite bon courage sur la définition.
      Sur le plan esthétique, certes la nature terrestre est belle mais cette nature comprend aussi des déserts et certains parmi nous sont attirés et inspirés par ces espaces minéraux aux horizons lointains. Pensez au Hoggar.

      1. En proposant l’énergie nucléaire, vous vous contredisez vous-même sur deux points:
        – d’abord une centrale nucléaire ne pourra être développée que sur Terre , sachant la complexité de cette technologie et de ce fait rendra les habitants de Mars dépendants, mais de toute manière restant dépendant des technologies terrestres comme les semi-conducteurs, …
        – donc aller sur Mars n’aidera en aucune manière à améliorer la vie terrestre
        Vous continuez de prétendre être le seul à détenir le savoir , quelle humilité !
        Essayez à votre tour de vous informer …

        1. Apparemment vous n’avez jamais entendu parler, et vous n’avez jamais rien lu sur le kilopower ou le megapower. Ces deux réacteurs sont transportables et contrôlables. Informez vous au lieu de rester confiné dans vos connaissances des années 1950.
          PS: je ne prétends nullement détenir seul le savoir. Ca n’aurait aucun sens.

          1. Si au moins ce monsieur aux prétentions scientifiques en était resté (ou plutôt arrivé) aux connaissances des années 1950… En réalité, je crains fort qu’il n’ait même pas encore atteint le niveau de la physique de Ptolémée qui, en dépit de tout ce qu’on a pu dire, avait raison: le centre de l’univers n’est pas quelque part, là-bas, au fond des espaces infinis mais bien ici, au niveau de notre nombril.

        2. Le Rover Perseverance sur Mars marche actuellement au Plutonium et sera bon pour 14 ans, donc 2035. Les sondes Voyagers fonctionnent à l’énergie nucléaire… Se passer du nucléaire dans l’exploration spatiale est une vue de l’esprit… peu informé.

    2. M. Tanner,

      Votre sens des proportions (comparaison: bateau/chaloupe) me semble « un peu » … boiteux.

      Quand au pourquoi ? Et bien la réponse la plus humaine possible me paraît être « parce ce que nous le pouvons », singes solaires que nous sommes!

      Et si ce projet devait pour je ne sais quelles raisons aller à l’encontre de la moraline actuelle et rappeler au monde que la vie est un risque qui vaut pour elle même sans forcément suivre un but, alors mon intérêt se verrait encore renforcé!

      Peut être devriez-vous garder votre nécessaire énergie du contre pour attaquer ce qui cloue vraiment notre humanité , telles que les nouvelles sortie d’IPhone ou je ne sais quelles autres machines à faire du vent.

      Cordialement,

      M.Jaccottet

      1. “garder votre nécessaire énergie du contre pour attaquer ce qui cloue vraiment notre humanité”, en effet et que dire à ce propos des dépenses d’armement? Des ordres de grandeur plus grands que les investissements faits dans le domaine spatial et, à mon avis en tout cas, bien moins utiles à l’Humanité!

  4. “On pourrait par exemple placer les réserves d’eau et de nourriture sur la surface intérieure des quartiers d’habitation”, je pense que c’est plutôt “extérieure” (parois vers l’espace et pas celles vers le centre du vaisseau). J’avais d’ailleurs fait une proposition de système de transport interplanétaire de ce genre (avec des modules “boîtes de conserve” mis en mouvement par rapport à un centre de rotation pour créer une gravité artificielle). Ceci dit, c’est précisément un des points qui m’ont interpellé dès le début dans la conception “Starship”, non seulement cela n’est pas prévu, mais il y a même des hublots aux cabines et une large verrière à l’avant du vaisseau. Aberrant!

    1. Quand j’écris “surface intérieure”, je pense évidemment à la surface intérieure du vaisseau spatial, dans la partie consacrée au repos des passagers.

      1. Evidemment qu’on ne va pas mettre ces réserves dans l’espace (sur la “peau extérieure” du vaisseau), personne ne l’imaginait je pense :-). Mais ce n’est pas le point important de ma remarque, ce qui l’est est cette conception “paquebot de croisière” (avec hublot de cabine, verrière, etc.), à mon sens aberrante, du “Starship”.

          1. J’en suis aussi bien certain, mais en attendant, cela ne fait pas très sérieux de la part de SpaceX de montrer de pareilles illustrations de son vaisseau, et de persister d’année en année jusqu’ici avec les mêmes!

  5. J’aime bien l’idée de 2 premiers vaisseaux en mai 2031 transportent 4 personnes chacun en parallèle (redondance). Quant à l’argument du Jamais dans l’espace, il y a un siècle personne ne vivait sur le continent Antarctique. Maintenant, il y a 5000 personnes réparties sur plus de 40 bases représentant des pays de TOUT les autres continents (Afrique, Amérique Latine, Amérique du Nord, Europe, Russie, Asie, Océanie…). Comme mentionné, les colons Canadiens-Français ont bravé le scorbut par manque de vitamine C avec le froid et sont plus de 8 millions de personnes aujourd’hui. Quant à l’argument que nous ne sommes pas fait pour vivre ailleurs que sur Terre, l’ISS démontre le contraire et les abeilles s’adaptent parfaitement bien à la micro-gravité…Sommes nous pires que les abeilles ?
    En plus, la Terre dépend du soleil (énergie nucléaire) et de la Lune (stabilisation de l’axe de la Terre) pour sa survie, donc nous sommes déjà dépendant de l’espace…

    Aussi, merci pour le bel exposé (c’est le cas de le dire) des radiations ionisantes et non ionisantes naturelles auxquels les astronautes seront “exposés” en plus de la radiation artificielle d’une pile nucléaire sur Mars.

    Comme mentionnés, le vaisseau spatial, l’habitat, la protection de la pile et les combinaisons anti-radiations adaptées peuvent résoudre les problèmes de manière acceptable. Les premiers astronautes se limiter ont effectivement à un ou deux séjours. Plus, on peut penser à des habitats troglodytes (de type Hobbits) utilisant les possibilités de l’habitat naturel martien pour avoir une population d’une centaine de personne à l’abri de presque toutes les radiations la plupart du temps et de rester ainsi de manière durable sur Mars, créant de nouvelles générations, etc.

    Le sens de la vie humaine est à mon humble avis d’apprendre, de créer et de prospérer, dont l’exploration spatiale est essentielle. Nous sommes au-delà de la simple survie. Et même en temps que survie, comme chaque grande entreprise avec son Business Continuity Plan, nous devons en avoir un pour l’espèce humaine et la vie qui nous entoure. La lutte contre les changements climatiques en est un à court terme, devenir une civilisation multiplanétaire en est un autre à moyen terme. Et à long terme, devenir une civilisation multisolaire avant que le soleil n’explose en géante rouge et s’éteigne sera indispensable …

    1. Personne ne vit en Antarctique, ce ne sont que des bases de recherche occupées à temps partiel et puis on peut quand même y respirer de l’air sans scaphandre ! Quant à l’ISS, elle a bientôt fini son temps et sera abandonnée….
      Le Soleil se terminera en géante rouge, certes, mais dans quelques milliards d’années, pas ce siècle ni les prochains ! Et la planète rouge sera aussi engloutie et de ce fait n’est pas une bonne solution à très long terme .
      Vivre 20 heures /24 dans un abri est peut-être supportable pendant quelques mois, mais certainement pas pendant toute une vie !
      Les marins ont connu le scorbut , mais pouvaient espérer une vie saine de l’autre côté des océans , ce qui ne sera jamais le cas sur Mars où on ne propose qu’une solution nucléaire pour l’approvisionnement en énergie , une absurdité digne de Brisson !
      Bref, que des fantasmes sans intérêts …sans but réaliste …

      1. Il n’y a absolument rien d’absurde à prévoir, comme M. Brisson le fait, un recours à l’énergie nucléaire pour l’alimentation en énergie d’un établissement humain permanent sur la planète rouge. C’est même la solution la plus simple, la plus sûre et la plus rationnelle (et même également pour la propulsion des vaisseaux de transport Terre-Mars et retour d’ailleurs). Il y de nombreux développements en cours dans ce domaine, déjà bien avancés. Pour la propulsion, le programme NERVA (USA) avait atteint le stade de la qualification pour une application dans l’espace avant d’être stoppé du fait de l’absence d’une suite au programme Apollo.
        A noter, pour ceux qui auraient des craintes à ce sujet, que l’envoi d’un réacteur nucléaire dans l’espace ne pose aucun risque. Le réacteur ne serait pas mis en service avant d’être dans l’espace ou sur la planète de destination, et un réacteur qui n’a pas encore été rendu critique ne renferme par définition aucun produit de fission ou transuranien radioactifs. Et sur Mars, il y a amplement assez de place pour installer des réacteurs dans des sites suffisamment éloignés des lieux d’habitation pour éviter tout problème, même en cas d’accident.

      2. M. Giot, notre soleil est une usine nucléaire permanente dont nous dépendons. Le nucléaire humain dans l’espace (fission d’abord et fusion dans le futur) est une approche sérieuse. Quand j’avais écrit civilisation multisolaire à très long terme, c’est justement que nous savons notre soleil fini. Mais j’avais écrit d’abord que nos premiers priorités avant sont la Terre et le multiplanétaire. Si un astéroïde comme celui qui a tué les dinosaures frappe la Terre, nous n’avons encore pas de système de défense spatiale suffisante, ni de planète en plus où aller… Pour ce qui est des scaphandres, reniez vous tous ceux qui font de la plongée, les travailleurs en intervention en milieu extrême et les avancées à ce sujet de la NASA ? Pour ce qui est de l’Antarctique, des chercheurs de tous les continents y vivent longtemps, depuis l’Afrique du Sud jusqu’au Brésil, brefs tous les continents hors Antarctique. Pour ce qui est du scorbut, vous êtes dans le faux car les premiers explorateurs canadien francais sont mort sur le continent Nord américain. en attendant de trouver avec les indigènes la solution alimentaire à la carence de vitamine C. Les Inuits (anciennement appelés Eskimos) vivent depuis des millénaires dans des conditions extrêmes, les Touaregs au désert, etc… L’être humain sait s’adapter dans les milieux hostiles et en général ne passe pas tout son temps doré sur les plages comme une crêpe…

      3. Pourquoi vouloir persuader M. Giot que le voyage vers Mars et la perspective d’y vivre font battre notre cœur, et que rien ne pourra nous arrêter parce que nous croyons cela possible ?

        Monsieur Giot ne veut pas aller sur Mars, même pas en rêve ! Il se sent bien sur Terre, ne manque certainement pas d’amis qu’il peut inviter dans son jardin pour y croquer des pommes, cueillir des fleurs, se réjouir de faire fonctionner la nouvelle tondeuse à gazon. Quantité de sujets de discussions qui pourraient être positifs s’il participait aux blogs de « Maison et jardin » plutôt que ceux de M. Brisson. Mais il revient chaque fois pour nous persuader que Mars est un triste désert sans salades, sans arbres, et que jamais il ne voudrait échanger son chapeau de paille contre un casque étanche. Sur Mars, M. Giot ne serait pas heureux, et je trouve très bien qu’il ne se fasse pas d’illusions. Il faut admettre que pour lui il ne se trompe pas, plutôt que de continuer à lui expliquer que nous non plus ne nous trompons pas et pourquoi. L’avantage dans cette situation, c’est que le risque n’existe pas que M. Giot fasse partie du voyage, soit déçu à l’arrivée, et gâche le séjour à tout le monde. Qui n’a pas fait l’expérience, une fois ou l’autre, de vacances ratées en un beau lieu, mais avec les mauvaises personnes ?

        1. Commentaire très spirituel et qui analyse bien la position psychologique de M. Giot. Je voudrais apporter une petite précision ou plutôt déduction par rapport à cette analyse. Vous dites “Sur Mars, M.Giot ne serait pas heureux”. J’ajouterais que je doute que M. Giot soit heureux sur Terre.

    2. M. Giot se trompe. Il y a des familles humaines qui vivent en Antarctique toute l’année dans au moins deux bases. Le premier être humain né en Antarctique fut en 1978…

      1. Vous avez raison Monsieur Donneur, Monsieur Giot se trompe sur beaucoup de choses et il se trompe sur ce point en particulier. Je pense que sur Mars le séjour durable, sinon définitif, sera facilité pour trois raisons: (1) l’éloignement car le voyage sera long et sera quand même éprouvant à cause des radiations. Lorsqu’on quittera Mars on risquera fort de ne pouvoir y revenir; (2) La nécessité de pouvoir survivre indépendamment de la Terre, imposera des conditions de confort très importantes. Il faudra pourvoir survivre au moins 18 mois sur place et il faudra pourvoir le faire sans aucun apport matériel extérieur pendant 32 mois (26+6); (3) il y aura toujours un décalage entre le départ de Mars (départ de la Terre + 6 mois + 18 mois) et l’arrivée sur Mars du vol suivant (départ précédent de la Terre + 26 mois + 6 mois). Pour maintenir la base en fonction et pour accueillir les voyageurs suivants, le maintien d’une partie des résidents sur place, serait un avantage très important.

  6. 2022 et 2024 (habité) Starship est prévu pour la Lune, puis pour Mars en 2027 et 2031(habité). Cela laisse donc 10 ans pour finaliser le projet Mars qui va aussi certainement profité de l’expérience lunaire. Suis plutôt optimiste, j’ai confiance en la science et la technique, mais n’est-ce pas un délai un peu court ?

    1. “n’est-ce pas un délai un peu court ?”. Je serais assez d’avis que oui. Il faudrait vraiment que SpaceX ne rencontre absolument aucun problème dans la mise au point de son Starship pour tenir un tel calendrier, et encore. C’est d’ailleurs un point sur lequel Mme Ekström n’a peut-être pas entièrement tort. Ne serait-ce que pour obtenir les certifications nécessaires, il faudra faire la preuve de la fiabilité/sécurité du système de transport et des moyens de maintien de la vie in situ avant que des astronautes soient autorisés à faire le voyage. Et pour cela, un séjour de longue durée sur la Lune est probablement le “banc de test” le plus approprié. Surtout, comme je l’ai déjà mentionné ici, si cette base est établie sur la face cachée de la Lune (coupure totale, visuelle et de télécommunication directe avec la Terre; quelle meilleure simulation des conditions d’un séjour sur Mars, ne serait-ce déjà que sur le plan psychologique?). Le fait que les conditions lunaires soient plus exigeantes que celles régnant sur Mars est de ce point de vue plutôt une bonne chose, “qui peut le plus, peut le moins”! Mais tout cela demandera un certain temps, peu compatible avec un débarquement d’humains sur Mars en 2031 déjà; j’y ajouterais plutôt, pour rester réaliste, au moins une demi-décennie de plus, voire même une décennie.

      1. Merci Cher M. Haldi,

        Pour ce qui est de la date d’une première mission habitée sur Mars, il est clair que l’objectif doit être SMART. Spécifique, Mesurable, Atteignable, Responsable, avec un Timing déterminé par les preuves des projets pilotes. Nous avons une conjonction de faveurs favorables au niveau financier et politique (les entrepreneurs milliardaires, au moins aux États-Unis, les Démocrates et Républicains s’entendent sur ce sujet et le budget de la NASA a augmenté de 6% cette année.
        Le hic est bien sûr technologique. Il faudra faire la preuve, non seulement aéronautique, mais des systèmes de support à la vie de manière durable. A mon avis, on peut très bien simuler ces systèmes en toute sécurité dans l’Antarctique, au lieu d’attendre un établissement sur la Lune, qui à mon humble avis serait plus dangereux en termes essais et erreurs et désastreux pour l’exploration spatiale en cas d’échec et qui en plus retarderait une mission martienne sans réelle justification scientifique. La gravité martienne et son cycle jour / nuit sont plus proches de la gravité terrestre que la Lune donc je n’y vois pas l’intérêt surtout quand on parle de faire pousser des plantes hors sol. Pour ce qui est de l’aspect psychologique d’un voyage vers Mars, la NASA fait déjà une expérience simulée avec de vrais participants.

        1. Vous avez tout à fait raison sur l’Antarctique Monsieur Donneur…et l’ESA y a déjà pensé. Depuis quelques années elle expérimente le support vie de MELiSSA (Micro Ecological Life Support System Alternative) dans la base Concordia (Dôme C, 75°Sud et 3230 mètres d’altitude).

          1. Merci pour la mention de MELiSSA. Je viens de m’abonner à leurs nouvelles via leur site. Intéressant de voir qu’ils ont un centre de recherche sur le site CONCORDIA en Antarctique, le même site qui a démontré en publication du 15 avril 2021 que le sol Terre reçoit 5000 tonnes (!) de poussières extra-terrestre en moyenne par an (voir mes réponses sur votre blog précédent “Tempête sur les Blogs”).

        2. Cher Monsieur Donneur, je crois qu’on ne s’est pas bien compris. Bien sûr qu’on peut faire certaines simulations et expériences sur Terre, celles que vous citez en fin de commentaire en particulier, mais elles restent TRES éloignées des vraies conditions d’une expédition vers et sur Mars, pour les êtres humains comme pour le matériel. Pour les premiers, rester sur Terre, avec la gravité terrestre, en sachant qu’en cas de nécessité on a un hôpital à au plus quelques heures d’atteinte, etc., etc.,ne donne qu’un faible enseignement sur ce qui se passera lorsqu’on sera pour de longs mois hors de vue de la Terre et d’un possible retour. Ne serait-ce que psychologiquement, c’est totalement différent. Et il n’y a que sur la face cachée de la Lune que l’on peut simuler ces conditions de façon relativement réalistes (et même en plus exigeantes que sur Mars, ce qui est plutôt une bonne chose comme je l’ai écrit), tout en gardant quand même la possibilité de rapatrier les astronautes en quelques jours en cas de gros problème et pas quelques mois, voire années! Quant à simuler la juste alternance jour/nuit, ce n’est vraiment pas un problème! D’ailleurs, ce (prochain) retour préalable sur la Lune est bien ce qui est prévu actuellement, par la NASA justement, ou les Chinois (!) (et même Elon Musk semble en accepter le principe).

          1. Cher Monsieur Haldi,

            La plupart du temps, nous avons des points de convergences. Ici nous divergeons. La Lune est effectivement intéressante pour tester le matériel de SpaceX et de la NASA ce que je ne remets pas en cause. Je comprend votre point de vue d’établissement sur la Lune dans une contexte d’analyses de risques (qui peut le plus, peut le moins). Je vous accorde que l’on peut simuler le cycle jour / nuit sur la Lune mais le cycle circadien est bien mieux dans un contexte naturel.
            Par contre, je suis fermement convaincu que tous les projets dans l’Antarctique qui démontrent une autosuffisance alimentaire et énergétique doivent être testés et validés le plus tôt possible avec nos chercheurs avant de lancer un établissement durable sur la Lune et sur Mars. Comme le programme ARTEMIS et la mission vers Mars impliqueront de multiples projets, dans mon humble planning, je ne vois pas établir une base lunaire ou martienne sans une validation Antarctique. Pour ce qui est de l’aspect psychologique, avoir accès aux hôpitaux en quelques heures plutôt que quelques jours est en effet un facteur mais les anti Mars diront que cela ne simulera l’éloignement de 6 à 9 mois. Merci du débat participatif car cela permet de poser les bonnes questions.

          2. Cher Monsieur Donneur. je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas faire des expériences en Antarctique; pourquoi pas. Mais je pense qu’on a un peu épuisé les enseignements vraiment significatifs que l’on peut encore tirer d’expérience réalisées sur Terre. Entre parenthèses, penser que l’alternance jour/nuit de deux semaines sur la Lune n’est pas adéquate, … et proposer à la place des expériences en Antarctique 🙂 !
            Plus généralement, je suis aussi un peu sceptique sur ce que l’Antarctique peut apporter en matière de simulation martienne, à part les basses températures (!). Pas de “sous-gravité”, de la glace et de la neige partout (paysage assez peu martien!), un éloignement très relatif (en quelques heures on peut être de “retour à la civilisation”), aucune nécessité de sortir en scaphandre, pas d’exposition aux radiations, etc., etc. Pour tester hommes et matériels en conditions extrêmes proches des conditions martiennes, ce n’est pas vraiment ça (ce qui, encore une fois, ne veut pas dire que de telles expériences soient totalement inutiles)!

          3. Cher Monsieur Haldi,
            Nous avons les mêmes objectifs et des moyens divergent pour certains éléments. Je pense qu’il est impératif de maîtriser les écosystèmes fermés pour la nourriture, etc… dans l’optique d’un établissement à long terme et l’Antarctique est parfaite pour cela. La mission Artemis qui atterrira sur le Pôle Sud de la Lune (peut être dans un cratère à l’obscurité éternelle) peut simuler bien d’autre chose, y compris les systèmes d’extraction de l’eau extraterrestre pour une base temporaire lunaire, les plantes sous lumière artificielle dans la base, etc. Et l’on n’a pas besoin d’être sur la face cachée de la Lune pour simuler des coupures de communication… 😉. Par contre, les moyens étant limités, je pense qu’une base lunaire temporaire peut aider mais l’objectif final est une base permanente sur Mars.

          4. Cher Monsieur Donneur,
            Il faut me lire totalement, j’ai parlé de coupure de communication VISUELLE (ne plus voir la Terre) ET de communication, donc se sentir totalement coupé de sa planète natale. Avec en outre pour les télécommunications, passant alors nécessairement par un satellite autour de la Lune, la possibilité d’introduire le même décalage temporel que lorsqu’on sera sur Mars. Tout cela ne peut se faire que sur la face cachée de notre satellite naturel.
            Et nous sommes entièrement d’accord sur l’objectif final (càd. un établissement humain permanent sur Mars); où avez-vous que j’aie prétendu le contraire? La Lune ne serait qu’un “banc de test”, plus riche d’enseignements que ce que l’on pourra jamais obtenir d’expériences menées en Antarctique.

          5. Cher Monsieur Haldi,

            Comme vous l’avez indiquez et comme je l’ai écrit précédemment nous sommes absolument d’accord avec l’objectif final. Je n’ai jamais prétendu le contraire et remis en cause votre engagement pour Mars. Ma crainte est que l’on rate la fenêtre du début des années 30 alors qu’il y a un consensus actuel d’entrepreneurs sérieux (contrairement à Mars One et Biosphère 2), de scientifiques et de politiques américains motivés pour créer un habitat sur Mars. Si la Mission Artemis nous permet d’aller au Pôle Sud de la Lune (et la face cachée pour toute coupure visuelle avec la Terre), d’avoir une base temporaire test et de rester dans les temps pour Mars, pourquoi pas et ce serait une excellent proposition à la NASA. Mais comme je l’ai écrit au pseudo M. Zelectron, je ne crois pas à une base permanente sur la Lune sauf si différents pays y voient une raison géostrategique et dans un futur lointain pour l’hélium 3. Pour ma part, je suis contre des projets qui risquent de divertir des ressources précieuses vers Mars comme la création d’une station orbitale autour de la Lune, une mission habitée vers un géocroiseur (projet avorté de la NASA sous Obama …) ou pire encore une mission vers les nuages de souffre de Venus…

  7. Bonjour,
    “Il y aura des accidents et des morts lors des premières traversées, mais la mort fait partie de la vie puisqu’elle la conclut.” ai-je pu lire plus haut.
    La 2ème partie de la phrase est tout à fait exacte (la 1ère aussi, du reste). Sauf que notre époque se distingue des précédentes par un culte inédit et croissant de la sauvegarde de la vie humaine qui va à l’encontre de cette vérité philosophique. Et qu’on ne peut donc comparer les risques admissibles d’un voyage martien avec, par exemple, ceux des premières navigations intercontinentales il y a 500 ans.
    Les risques aujourd’hui induits par une mission martienne ne découlent pas seulement de l’environnement affronté mais aussi, voire surtout, de la durée incompressible de la mission, susceptible de transformer n’importe quel mal curable en mort d’homme faute de traitement à temps. Ce 2ème risque n’existe par exemple pas, en tout cas dans les mêmes proportions, pour les missions lunaires où l’on est jamais à plus de 6 jours d’un retour sur Terre.
    Dans le cas de Mars, je doute fort qu’un gouvernement, qui doit compter avec son opinion publique, soit aujourd’hui prêt à financer le coût gigantesque de missions jugées non urgentes, si doit s’y ajouter la probabilité de morts d’homme au seul motif qu’on manque encore de procédures de retour d’urgence. Il recommandera d’attendre leur disponibilité.
    S’il est un sujet qu’une association d’encouragement à des vols martiens devrait traiter en priorité, ce me semble donc être celui-ci. On ne peut pas se borner à répondre que c’est impossible.
    A défaut, je crains qu’il faille s’attendre à des fins de non-recevoir de la part des décideurs et bailleurs de fonds.

    1. Malheureusement, oui, il y a des choses impossibles, sauf à imaginer des fantaisies de type science-fiction (les anneaux de téléportation de “Stargate” p.ex.). Et un “retour d’urgence” de Mars en fait partie. Même de raccourcir simplement fortement la durée du trajet (pour la ramener à l’ordre de quelques semaines, voire moins, si je comprends votre souci) demanderait une telle dépense d’énergie que cela est hors de nos possibilités technologiques, en tout cas pour TRES TRES longtemps. On peut toujours rêver, mais il y a des contraintes incontournables dans les déplacements dans l’espace.

    2. Je passe sur “le coût gigantesque” que représenterait l’installation de l’homme sur Mars puisque, comme je l’ai déjà expliqué à de nombreuses reprises, ce ne serait pas le cas.
      Plus intéressant, me semble-t-il, est votre réflexion sur l’acceptabilité du risque (éventuellement de mort), qui continue dans la la ligne de ce que j’écrivais. On constate que dans notre société le refus du risque est même imposé à ceux qui aurait accepté de le prendre. C’est en fait une sorte de course vers l’immobilisme, un verrouillage général, à tout point de vue. Ce n’est pas porteur de progrès alors que, me semble-t-il, seul le progrès peut nous permettre de résoudre les problèmes nouveaux qui se posent à nous du fait du progrès (les plastiques, l’explosion démographique résultant des progrès médicaux, le CO2, etc…).
      Pour ce qui est du voyage vers Mars, Pierre-André Haldi a raison, il n’y a aucune possibilité de revenir de Mars “quand on veut”. Les dates de retour sont imposées par les lois de l’astronomie. Je ne pense pas que ce soit une raison de ne pas y aller. Puisque les premiers vols habités auront pour objet de démontrer la faisabilité de la vie en dehors de la Terre pendant 30 mois et du séjour sur Mars, je pense que dans chacun des deux premiers vaisseau, le premier équipage de 4 personnes devrait compter deux médecins (dont un stomatologue ayant des compétences de dentiste). Bien entendu ces deux médecins ne pourraient résoudre tous les problèmes de santé qui se poseront mais on peut anticiper beaucoup d’entre eux, prendre les médicaments en conséquence et utiliser pendant l’éloignement de la Terre, les conseils de l’ensemble du corps médical resté sur Terre. C’est beaucoup et cela me semble suffisant.

  8. Le désir obsessionnel d’une chose fait partie des caractéristiques humaines , déjà décrit autant par les philosophes que par les psychiatres ! Cela va du gamin tapant des pieds pour obtenir le gadget affiché dans une vitrine (et qui s’en désintéresse une fois acquis) , aux désirs de conquêtes qui se terminent la plupart du temps par des massacres , en passant par toutes sortes de lubies comme celle d’Elon Musk de remplir le ciel de cette fourmilière de satellites ruinant le travail des astronomes . Et je pourrait passer ma journée à les énumérer sans terminer la liste …
    Ainsi pourrait-on aussi décrire ce désir de la planète Mars qui n’a en soit aucun intérêt particulier sinon cette curiosité maladive née de l’astronome Schiaparelli dessinant des canaux imaginaires de la planète rouge semblant suggérer la présence de petits hommes verts . Quelle déception en voyant les premières images du sol martien , mais qui n’a pas décourager les cerveaux plus guidés par leurs pulsions que par la raison !
    Du point de vue de la conquête de l’espace, Mars ne représente pas un objectif prioritaire et encore moins du point de vue scientifique général , d’autant que les robots y seront toujours plus efficaces avec le temps …
    Le désir de coloniser cette planète relève aussi d’une idée ancienne d’occuper chaque terre comme les hommes le faisaient en arrivant sur une île encore déserte , mais qui ne peut s’appliquer aux planètes comme Mars incompatibles avec notre physiologie adaptée depuis toujours aux conditions terrestres .
    Pour s’échapper de la Terre, il faudra passer par de nombreuses étapes qu’on ne comptera pas seulement en siècles , mais plutôt en millénaires et le système solaire et les galaxies seront toujours présents dans les millions d’années à venir et notre avenir dépend d’abord de la pérennité de notre civilisation actuelle sur Terre , sans laquelle il sera impossible de continuer la conquête de l’espace …on ne peut pas inverser les priorités !
    Poser le pied sur Mars ne sera pas un exploit beaucoup plus marquant que celui d’Amstrong sur la Lune qui avait prouvé une fois pour toutes que l’homme en était capable et qui n’y est plus retourné parce que ce désir était assouvi …

    1. Merci Monsieur Giot de débattre svp ici sans insulter ceux qui ne pensent pas comme vous (“désir obsessionnel”, “gamin”, etc.). Contrairement à ce que vous pensez, il n’y a pas à part vous que des idiots obsédés sur ce forum! D’ailleurs, je ne comprend pas ce que vous y faites; vous ne croyez pas et ne vous intéressez pas à l’exploration humaine de Mars, soit, mais pourquoi vouloir en dégoûter les autres?! Passez votre chemin et allez voir ailleurs, comme je le fais moi-même avec plusieurs blogs dont les sujets ne me “branchent” pas. “Vivre et laisser vivre”!!

    2. « Désir obsessionnel, curiosité maladive, caprice d’enfant gâté, tout cela se termine le plus souvent par un massacre… »

      À ce tableau, vous opposez votre sagesse acquise par la lecture des philosophes et des psychiatres… Ces derniers pourraient vous expliquer que ni la Terre, ni Mars ne vous appartiennent, en encore moins la vie sur l’une ou l’autre. Ils pourraient vous rappeler aussi comment les politiciens de l’URSS tentaient de faire taire les personnes qui les gênaient en les faisant interner sous l’étiquette de « psychiquement malade », et il y avait probablement des psychiatres complices ou sous contrainte qui inventaient des diagnostics rejoignant les vôtres : « Des cerveaux plus guidés par leurs pulsions que par la raison ». Autrement dit, ces personnes ne sont pas dignes d’intérêt, ce qu’elles veulent transmettre est nocif pour l’humanité.

      C’est le fond de votre message, vous le diplômé en Lettres et Histoire qui a accumulé un grand bagage de lecture, et reste néanmoins très seul dans ce qu’il écrit.

      Le poète japonais qui avait déclaré en 1969 : « Ils ont tué la Lune ! », devait se sentir triste.
      Vous c’est autrement triste : « Ils veulent faire vivre Mars ! »

  9. “Quelle déception en voyant les premières images du sol martien…”

    Avez-vous vu une seule des images haute résolution disponibles sur les sites de l’ESA et de la NASA? ou celles, en couleur et en stéréo, de la camera CaSSIS de l’Université de Berne (https://www.jahresbericht2019.unibe.ch/thmes_prioritaires/matire_et_univers/cassis/index_fra.html)?

    Les amateurs de 3D se font une joie d’utiliser ces images haute résolution pour modéliser le sol martien – par exemple, Olympus Mons, le plus grand volcan du système solaire (21 km de haut), dont le plus grand canyon, Valles Marineris, découvert par Mariner 9 en 1971-72 avec ses chasmes et ses labyrinthes de sillons entrecroisés (des modèles 3D et des textures sont fournis gratuitement par la NASA et l’ESA), ses 4’000 km de long, 200 km de large et jusqu’à 7 km de profondeur fait du Grand Canyon, comme l’a relevé M. Brisson, une craquelure dans la croûte terrestre?

    Si la plupart d’entre nous n’iront jamais sur Mars (ce qui devrait vous rassurer), en revanche rien ne nous empêche de rêver à la vue de telles images, et même de simuler un voyage sur la planète rouge en 3D – passe-temps idéal, fort instructif et sans risques en période de confinement, de 7 à 77 ans et plus, non?

    1. Merci pour ces belles images de la caméra CaSSIS. Imaginons un reportage ou livre sur Mars en 3D par quelqu’un de la trempe de Yann Arthus Bertrand. Ce serait magnifique.
      Mars sera aussi un paradis pour les biogéologues.

      En parlant de géologie, j’ai vécu mes premières années à Sudbury, Canada, site du troisième plus grand cratère en circonférence sur Terre. Les astronautes d’Apollo 16 et 17 s’y sont entraînés à y reconnaître des formations géologiques qui pourraient se retrouver sur la Lune avant leur départ. L’entraînement s’est avéré fructueux (on peut même voir sur YouTube un astronaute sur la Lune s’exclamant que les roches striées de noir sont pareilles à celles de Sudbury !) et a permis de confirmer les similitudes et les liens entre la Terre et la Lune. Si la Lune minérale et sans atmosphère est déjà fascinante, Mars l’est d’autant plus.

  10. En matière scientifique ou technique, il est imprudent de répondre par un “il y a des choses impossibles” catégorique qui clôt le débat. A fortiori pour ce qui touche à la sécurité, ici la question du retour d’urgence d’un membre malade de l’équipage.
    La (longue) durée actuelle d’un tel retour résulte du mode de navigation, essentiellement balistique, à poussées impulsionnelles. La solution, s’il y en a une, réside dans l’utilisation de moteurs à poussée continue qui puissent réduire cette durée sans qu’il y ait besoin de recourir à de la téléportation ou autres fantaisies littéraires. Conceptuellement des solutions à base de moteurs nucléaires, voile optique ou autres offrent cette poussée continue. Elles peuvent au moins se discuter, d’autant qu’on ne parle que du retour d’une chaloupe de sauvetage et non du vaisseau complet.
    Je maintiens que si l’on se dispense d’aborder cette question, on s’expose à de sérieuses déconvenues quand viendra le moment de quémander l’engagement de nos gouvernements. Qui, pour des missions chères et non urgentes, nous prieront tout simplement de repasser quand nous aurons une solution.

    1. Vous ne semblez pas comprendre les contraintes de la “mécanique céleste” (en particulier le déplacement relatif des corps les uns par rapport aux autres, on ne va pas d’un point A fixe à un point B lui aussi fixe!), Même en admettant que l’on puisse obtenir des poussées continues, ce que vous proposez n’est pas possible, Et ces poussées continues sont elles-mêmes une illusion. Avec l’énergie nucléaire (ce que d’ailleurs je préconise depuis longtemps), on peut certes allonger la durée des impulsions que l’on peut fournit au vaisseau (et donc raccourcir DANS UNE CERTAINE MESURE les temps de transit), mais elle reste finie (si l’énergie est disponible à long terme, il faut bien par contre éjecter une masse quelconque et la quantité à disposition sur le vaisseau de ladite masse ne peut elle aussi n’être que finie), Quant aux voiles solaires ou magnétiques (et non “optiques”) elles permettent certes d’obtenir des poussées sur de très longues périodes, mais celles-ci sont extrêmement faibles et ne peuvent servir que pour de petites sondes, pas de gros vaisseaux spatiaux. Il y aurait encore d’autres points que l’on peut objecter à votre idée, mais j’arrêterai là ce qui commence à tourner au dialogue de sourds (et il n’y a pire sourd que celui qui ne veut rien entendre 🙂 ).
      Un dernier point encore cependant, l’engagement des gouvernements (en tout cas américain et chinois) est DEJA acquis. L’objectif final du programme SLS-Artemis par exemple a clairement été affiché comme devant être l’exploration humaine de la planète rouge, le retour sur la Lune n’étant qu’une étape vers cet objectif final (et il n’a jamais été question d’obliger pour cela que soit assuré un retour d’urgence rapide en tout temps, ce que les responsables de la NASA ou gouvernementaux savent bien impossible).

    2. Il y a aussi le projet de propulsion plasmique VASIMR dirigé par un ex astronaute de la NASA Costa Ricain, qui en théorie, réduira le trajet Terre Mars à 40 jours, mais on en est plus au stade de la recherche fondamentale qu’au stade de prototype fonctionnel.

  11. Il y a la Lune et les astéroïdes à maitriser avant et donc fort de l’expérience et des richesses, minerais & usines de traitement, ainsi acquises il sera toujours temps* d’aller faire un tour sur notre voisine.
    * une décennie de patience, ce qui n’est rien à l’échelle terrestre.

    1. De mon côté, j’ai tendance à penser qu’une base Martienne sera plus durable qu’une base Lunaire (atmosphère sur Mars d’où on peut tirer des composants, impossibilité de retourner en quelques jours, gravité martienne plus similaire à la Terre, poussière martienne moins abrasive que la Lune, etc), à part des raisons stratégiques entre pays et extraire de l’Hélium 3 sur la Lune quand les réacteurs à fusion nucléaires seront au point.

      Quant aux astéroïdes, ils sont en moyenne plus éloignés que Mars mais effectivement l’extraction de métaux pourraient s’avérer rentable si l’astronautique suit, mais avec une logistique énorme en termes d’énergies et d’extraction. Et peut être, il sera plus rentable d’exploiter les astéroïdes à partir de Mars et pour Mars avant de faire compétition à l’extraction des métaux sur Terre.

      1. Les systèmes de recyclage de l’air et de l’eau, les cultures hydroponiques et l’ensemble des éléments de confort sont bien plus faciles à acheminer sur la Lune (et ce, sans conteste?) ou même le rapatriement d’un malade ou l’envoi d’un médecin spécialiste, des medics et de machines spé.
        Nous ne savons pas si certains ne pensent pas à l’établissement d’une base plus ou moins permanente pour effectuer les sondages pour l’éventuelle validité d’extraction d’on ne sait . . . .
        Les géocroiseurs (indépendamment de leurs parfois longues périodicité) peuvent être plus accessibles, il y a probablement autour de Venus d’autres corps qui pourraient présenter un certain intérêt ?

        1. @ZELECTRON: “il y a probablement autour de Venus d’autres corps qui pourraient présenter un certain intérêt ?” A quoi pensez-vous exactement? Quels “corps”? Quel “intérêt”?

        2. @ZELECTRON: J’abonde dans l’interrogation de Pierre-André Haldi.
          Que voulez vous faire avec un géocroiseur? Tous les géocroiseurs n’ont pas la même composition. Ce sont d’abord des objets scientifiques (témoins de l’histoire de notre système). Si on veut “exploiter” un astéroïde géocroiseur pour les matières qu’il contient, on ne va pas en trouver beaucoup qui soient “intéressants”…et ce ne sera pas facile (on ne les a pas tous “sous la main”).
          Par ailleurs, je ne vois pas particulièrement quels corps seraient intéressants “autour de Vénus”. Il n’y a pas d’astres autour de Vénus à part probablement quelques astéroïdes troyens (on en a identifié un seul).

          1. Ce serait bien le diable si il n’y en avait pas un d’intéressant dans cette quantité :
            Les programmes d’observation détectent chaque année plus de 2 000 nouveaux objets géocroiseurs : en septembre 2019, le nombre total de ces objets atteignait le chiffre de 21 000 . . . (Wiki)
            Le troyen identifié a des propriété particulières ?

          2. La plupart de ces objets sont très petits (moins de 100 mètres) et se déplacent à grande vitesse par rapport à nous (plusieurs km par seconde). On ne va pas se promener dans l’espace avec un filet pour en capturer un tous les dix millions de km parcourus.

  12. Bonjour,
    Nulle intention pour moi de polémiquer, mais il semble qu’on doive se faire traiter de “sourd qui ne veut pas entendre” dès qu’on soulève une possible objection de fond, comme ici l’insécurité d’un départ de 2 ans sans marche arrière possible.
    Ingénieur spatial moi-même, je suis parfaitement au fait des contraintes de la mécanique céleste. Sauf que quand on balaye toute idée de les accommoder, on semble faire l’hypothèse que les véhicules emporteront toujours la totalité de leur énergie, et d’une façon générale, que nous saurions déjà tout en matière de navigation spatiale. Où cela est-il écrit ? Pour ce qui me concerne, je préfère faire mienne la devise plus prudente rappelée en exergue par Monsieur Brisson : never say never. Et en cherchant des percées technologiques qu’on les trouve.
    D’autre part, on rêve quand on écrit que l’engagement des gouvernements est déjà acquis pour des missions martiennes habitées. Il le sera quand des budgets irrévocables auront été alloués. On est loin. Même pour Artémis et la Lune, la NASA n’a pas le 1/10 des financements qu’elle demande. Aujourd’hui, les gouvernements font de la “comm”, rien de plus. C’est quand ils se rapprocheront des vraies décisions qu’ils poseront les vraies questions, pour lesquelles il vaudra mieux être préparé.
    Je suis le premier à souhaiter voir arriver l’homme sur Mars. Mais il faut des bailleurs de fonds. Nous n’y parviendrons donc qu’en nous mettant intellectuellement à leur place et en devançant leurs objections, non en prenant nos rêves ou préjugés pour des réalités. Si nous remettons copie blanche pour le mode secours d’une mission jugée onéreuse et non urgente, je donne peu chères nos chances d’obtenir leur support. Il vaut mieux en être dès à présent conscient.

    1. Cher Monsieur Baland,

      Pour ce qui est du financement du programme ARTEMIS, il faut distinguer la mission ARTEMIS III avec le retour de deux humains sur la Lune en 2024 qui a les fonds versus les missions habitées proposées de 30 à 60 jours d’ARTEMIS IV à IX de 2026 à 2030 qui elles n’ont pas été encore votées. Toute la question d’une base lunaire temporaire devra être posée (pour des séjours plus long sur la Lune) lors de ce vote pour accroître encore le budget de la NASA qui vient d’augmenter de 6% mais pourrait l’être davantage.

    2. @Pierre Baland:

      “Sauf que quand on balaye toute idée de les accommoder, on semble faire l’hypothèse que les véhicules emporteront toujours la totalité de leur énergie, et d’une façon générale, que nous saurions déjà tout en matière de navigation spatiale. Où cela est-il écrit ?”

      Merci de donner un exemple de technologie qui correspond à votre définition: à ma connaissance, aucune technologie au stade de prototype ne correspond. Cela implique cela est hors sujet pour la prochaine décennie voir pour les 2 prochaines.

      Concernant les financements des gouvernements, il est temps d’intégrer le fait que le privé est en passe de se lancer dans ce type de projets: Musk ira sur Mars avec ou sans le gouvernement US, Le patron de Rocket Lab veut financer des sondes vers Vénus, Axiom qui veut mettre en place une station spatiale privée en LEO…
      En réduisant d’un facteur 2 voire plus le prix du kilo en LEO avec le Starship, on va voir d’autres acteurs que les gouvernements pour ce qui touche au spatial. Je pense qu’il est réducteur de se focaliser sur les gouvernements comme seule source de financement.

  13. J’aime trop pouvoir me promener en forêt, nager dans la mer, marcher dans l’herbe, écouter les oiseaux chanter…..que pour rien au monde, j’irai habiter sur Mars. Je peux, ce pendant comprendre, que pour certains se soit le rêve d’habiter sur Mars. Tout de fois, ce rêve je peux l’accepter seulement si:
    -il est réalisé sans l’argent du contribuable,
    – il est réalisé avec un bilan carbone neutre,
    – il est réalisé sans atteinte à la biodiversité,
    Si cela est faisable, alors je vous souhaite beaucoup de plaisir sur Mars.

    1. Merci Madame, vous êtes bien bonne.
      Votre autorisation-écologique me fait penser à une bénédiction conditionnelle qu’un membre du clergé aurait pu donner, au Moyen-Age, à un manant qui aurait envisagé d’entreprendre une action un peu en dehors du chemin balisé par le Seigneur et par la Religion.
      Je ne vois pas pourquoi je m’engagerais à respecter vos interdits et en quoi mes intentions seraient moins “pures” que celles d’autres personnes.
      En tout cas, (1) je considère que l’aventure spatiale a autant le droit à l’argent du contribuable que n’importe quelle autre activité humaine respectable (même si la tendance va vers l’engagement de davantage de fortune privée); (2) si l’activité astronautique ne peut être réalisée avec un bilan carbone neutre, la production de gaz carbonique qui en résulte est loin d’être excessive par rapport à d’autres activités humaines et je considère personnellement qu’elle justifie cette pollution mineure, par les retombées positives que l’activité peut avoir pour l’humanité toute entière.
      Enfin, je ne vois vraiment pas ce que vient faire votre préoccupation pour la biodiversité dans ce tableau.

      1. Je ne peux m’empêcher de réagir, même si le blog n’est pas destiné à accueillir des émotions sans participation aux discussions. L’image du prêtre et du manant tenu à l’œil avec bonté, c’est si bien trouvé ! Je mets la capture de vos quatre lignes (sérieux avec humour) aussitôt dans mon dossier « Citations » !
        (L’atteinte à la biodiversité c’est, je pense, le bétonnage des bases de lancement, comme en plus petit les projets stoppés en cours de mise à l’enquête : une espèce à protéger a choisi ce lieu pour se reproduire).

    2. Vous oubliez Madame Nadia que
      1) La NASA et L’ESA financent par les contribuables les satellites qui détectent les changements climatiques sur Terre et contribuent à la compréhension des écosystèmes (déforestations, reforestations, etc). Une mission sur Mars aidera aussi à vivre dans un environnement fini, ce qui aura des retombées positives sur Terre en terme de pratiques d’autosuffisance écologiques locales.
      2) La neutralité carbone est un leurre. Chaque activité humaine a une empreinte écologique. Il faut plutôt parler de compensation carbone… Combien de plantes pousseront-nous sur Mars pour atteindre la compensation carbone ? Bref, la neutralité ou compensation carbone est absurde dans un contexte d’exploration spatiale. Même la Migros a un label sur 5 étoiles pour indiquer la quantité de CO2 émise par gramme de nourriture. Vous arrêtez- vous de manger au nom de la neutralité carbone ?
      3) Et la biodiversité sur Mars ? Quoi de plus exaltant que d’apporter des plantes, des animaux (par exemple des abeilles) et des êtres humains sur une planète morte (sans même parler d’une très hypothétique terraformation).

      1. Un bel article de France Info pour démystifier la tarte à la crème à la mode qui est la neutralité carbone. On ferait mieux de parler d’objectifs de réduction de CO2 et de compensations carbone réelle. Air France a du faire marche arrière suite aux critiques de sa communication de carbone au bilan “neutre”. Il est illusoire de penser que pour l’exploration spatiale on va couvrir la Terre de forêts dans la Taiga…
        https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/climat-que-se-cache-t-il-derriere-l-objectif-de-neutralite-carbone-en-2050-cense-nous-sauver-de-la-catastrophe_4344159.html

    3. @Nadia: “… il est réalisé avec un bilan carbone neutre,”

      Est-ce que vous respectez ce même principe ? Car avant d’imposer aux autres des principes très contraignants, il faut commencer par les respecter soi-même. Le simple fait que vous écrivez votre commentaire implique que vous utilisez un système informatique. Savez-vous combien de CO2 ont été émis pour sa fabrication ? Avez-vous compensé cette émission CO2 ?

  14. Pour tous ceux qui pensent qu’il n’y a pas de comparaison possible entre d’une part les futures expéditions habitées sur la planète Mars et d’autre part les aventures du passé voici un rappel de quelques éléments historiques du premier tour de monde de l’histoire réalisé en 1522 par un marin portugais Fernand de Magellan.

    Selon les cartes de Ptolémée de l’époque le continent africain est relié à l’Antarctique et donc incontournable. En gros, le Portugal n’a aucune ouverture sur la Méditerranée

    Enrique, un roi portugais décide de croire que Ptolémée s’est trompé. Il veut penser qu’il y a quelque chose de l’autre côté de l’océan, qu’une route maritime peut-être trouvée.

    À l’époque le commerce des épices est le truc dont tout le monde parle dans les cours des Rois et Reines du vieux continent. On dépense des fortunes pour le petit plaisir de croquer un morceau de poivre. Quand on y pense, quoi de plus superflu que les épices. Si internet avait existé à l’époque, je n’ose même pas imaginer le nombre de groupe Facebook anti-course au épices. Si elle avait eu les moyens et la liberté de le faire, la population de l’époque aurait certainement exprimé son agacement face à cette aristocratie et sa compétition pour trouver des plantes exotiques qui ne nourrissent même pas…quelle perte de temps et quelle absurdité.

    C’est donc dans ce contexte de course aux épices qu’arrive Fernand de Magellan. Ce portugais né en 1480 est depuis toujours enthousiasmé par la navigation et les voyages d’exploration. C’est un peu l’Elon Musk de l’époque.

    Le 20 septembre 1519, Magellan embarque sur La Trinidad et quitte l’Espagne avec quatre autres navires et 237 hommes sous ses ordres.

    Le long des côtes de l’Amérique du Sud avant de découvrir le fameux détroit de Magellan, une mutinerie éclate mais Magellan en fin stratège met fin au soulèvement. Pour donner une idée de la dureté du voyage mais surtout de l’inhospitalité de ces terres inconnues, un des mutins : Quesada préfère être décapité plutôt qu’abandonné en Patagonie en hiver. Quand on compare les aventures du passé avec celles à venir de la planète mars, on oublie à quel point c’était difficile à tous les niveaux : financier, technique, politique, médical, psychologique, etc. Les difficultés que Magellan a surmontées avant et pendant l’expédition sont inimaginables aujourd’hui.

    Malheureusement pour lui, Magellan ne reviendra jamais de son tour du monde et succombera sur l’île de Mactan le 27 avril 1521, lors d’une bataille contre un roi ayant décidé de ne pas se soumettre.

    Finalement, seuls 18 marins arrivent en Espagne 6 septembre 1522 et 12 autres prisonniers des Portugais au Cap-Vert reviendront plusieurs semaines après.

    Autrement dit, en embarquant sur l’un des navires de l’expédition de Magellan, un marin avait seulement 18 chances sur 237 de revenir vivant. Moins d’une chance sur 10 ! De la folie ! Et pourtant, ce premier tour du monde à bien eu lieu et aujourd’hui, les Portugais en sont – à raison – très fiers.

    1. Le voyage de Magellan est en effet un bon exemple de ce que des humains peuvent entreprendre sur des années avec des risques élevés de non-retour, mais aussi, il faut remarquer, avec des bénéfices économiques et stratégiques potentiels énormes pour les bailleurs de fonds.

      Cependant les motivations du voyage étaient différentes que celles exposées et l’histoire avec la croyance de Ptolémée sur la géographie entre l’Afrique et l’Antartique ne tient pas devant d’autres faits historiques. En effet avant Magellan, Vasco de Gama avait déjà contourné l’Afrique vers l’Est jusqu’aux Indes pour le Portugal en 1497-1499. Le passage au Sud de l’Afrique état donc connu. Comme pour Magellan, c’était aussi un voyage d’exploration plein de risques portant sur des années.

      En 1494, peu après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb (1492), l’Espagne et le Portugal s’étaient partagé le monde, l’Est du méridien +46° 37′ d’aujourd’hui pour le Portugal, l’Ouest pour l’Espagne. C’est donc l’Espagne qui avait intérêt à atteindre les Indes par l’Ouest. Magellan était bien Portugais de naissance, mais a entrepris son voyage au nom et avec le financement de l’Espagne.

    2. Bien avant Magellan et Vasco de Gama, sous le règne de Nekao II (609-594), les Egyptiens avaient envoyé une flotte phénicienne pour faire le tour de l’Afrique. L’expédition dura trois ans et fut couronnée de succès. Hérodote rend compte de ce périple dans ses “Histoires” (IV, 42):

      “Nécos, roi d’Égypte […], lorsqu’il eut fait cesser de creuser le canal qui devait conduire les eaux du Nil au golfe Arabique, [il] fit partir des Phéniciens sur des vaisseaux, avec ordre d’entrer, à leur retour, par les colonnes d’Hercule, dans la mer Septentrionale, et de revenir de cette manière en Égypte.”

      “Les Phéniciens, s’étant donc embarqués sur la mer Érythrée, naviguèrent dans la mer Australe. Quand l’automne était venu, ils abordaient à l’endroit de la Libye où ils se trouvaient, et semaient du blé. Ils attendaient ensuite le temps de la moisson, et, après la récolte, ils se remettaient en mer.”

      Hérodote s’étonne que les navigateurs aient prétendu avoir eu, à un moment donné de leur voyage, le soleil à leur droite:

      “Ayant ainsi voyagé pendant deux ans, la troisième année ils doublèrent les colonnes d’Hercule, et revinrent en Égypte. Ils racontèrent, à leur arrivée, que, en faisant voile autour de la Libye, ils avaient eu le soleil à leur droite. Ce fait ne me paraît nullement croyable ; mais peut-être le paraîtra-t-il à quelque autre. C’est ainsi que la Libye a été connue pour la première fois.”

      (Les Egyptiens désignaient par le nom de Libye l’ensemble de l’Afrique).

      Selon les égyptologues, ce détail auquel l’historien grec se refuse de croire est évidemment la meilleure preuve de la réussite de l’expédition égyptienne (Vandier, L’Egypte, PUF 1975 (3e édition), p. 584). Par ailleurs, il n’est pas question d’un lien quelconque entre l’Afrique et l’Antarctique chez Herodote, qui s’inscrit ainsi en faux contre la thèse de Ptolémée, ceci déjà bien avant les grandes expéditions maritimes des XVe et XVIe siècles, dont le tiers au moins des équipages ne revenait pas.

    1. Votre question semble indiquer que vous n’avez pas lu mon article!
      J’écris: “deux groupes de quatre personnes (deux couples d’homme et de femme de plus de 50 ans dont deux médecins)”. La proportion élevée de médecins se justifie par le fait que l’objet du premier vol habité sera (plus que tout autre chose) de tester la possibilité pour des hommes de faire ce voyage. Les médecins devront être un stomatologue et un chirurgien (qui tous les deux peuvent faire des interventions urgentes).

      1. Oui, et pour préciser les spécialités des quatre personnes (fois deux) :
        On pourrait envisager pour faire simple :
        1) un/une pilote commandant de bord / ingénieur en astronautique (vision compétences à la Russe pour Soyouz) , en charge de la maintenance du vaisseau une fois sur Mars
        2) un/une copilote et responsable des écosystèmes de survie à bord et sur la base martienne (responsable environnement et sécurité)
        3) un/ une ingénieur biogéologue et architecte en charge de l’expédition à partir d’une base sur Mars, y compris les robots
        4) un/une médecin+dentiste à bord en charge de la prise en charge de la santé (préventive et curative) et organisateur de la prévention en microgravité et gravité moindre sur Mars par le suivi des exercices physiques. La fonction de médecin suivra l’auto monitoring des radiations pour les expéditions à la surface de Mars.

        Bien sûr, les astronautes s’aideront dans les tâches hors de leur spécialité et seront guidés par la/le spécialiste. 🙂

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