Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Paradoxe de Fermi, Equation de Drake…et autres

Equation de Drake : si N>1, il y a au moins une autre vie intelligente et communicante que la nôtre dans l’Univers !

L’interrogation est ancienne. En 1950, le physicien Enrico Fermi partageait un repas avec des collègues physiciens et, dans le contexte des OVNI, la discussion porta sur les raisons pour lesquelles on ne parvenait pas à obtenir de preuve sérieuse de l’existence des « autres ». En 1961, l’astronome fondateur de SETI, Frank Drake, proposait une mise en équation de cette interrogation (image de titre). En 1975 l’astrophysicien Michael Hart présentait un peu différemment les hypothèses à prendre en compte.

Avec le temps et l’accroissement des connaissances, la prise de conscience évolue et la formulation de l’interrogation également, en se faisant plus pertinente. La réflexion actuellement la plus complète semble être celle de Stephen Webb avec son ouvrage « If the Universe is teaming with aliens, where is everybody? » (2002), la dernière proposition, « where is everybody ? » reprenant les termes de Fermi (mort en 1954) « where are they ? »…mais on reste toujours sur les mêmes problématiques dans la même incertitude.

Equation de Drake

Revenons sur la fameuse formule de Drake. Regardons les variables choisies par l’auteur mais notons tout d’abord qu’elle date d’une époque où l’on n’avait pas encore observé d’exoplanète (le haut fait de Michel Mayor et Didier Queloz date de 1995) et où l’on n’avait pas encore pris conscience de la variété de toutes les conditions à remplir pour passer de la matière inerte à la vie.

R*        nombre d’étoiles qui se forment annuellement dans notre galaxie ;

fp          fraction de ces étoiles dotées de planètes ;

ne         nombre de planètes potentiellement propices à la vie, par étoile ;

fl          fraction de ces planètes où la vie apparaît effectivement ;

fi          fraction de ces planètes où apparaît la vie intelligente ;

fc          fraction de ces planètes capables et désireuses de communiquer ;

L          durée de vie moyenne d’une civilisation, en années.

Pour moi cette liste n’a aucune utilité puisque nous n’avons absolument aucun moyen de répondre aux termes « fl » et « fi ». Mais reprenons le détail des différents termes :

« R* ». Le fait que des étoiles nouvelles se forment chaque année dans notre galaxie me semble sans rapport avec le sujet. Que des étoiles nouvelles se forment, prouve simplement que le creuset galactique continue son œuvre mais ne dit rien sur la probabilité que ces étoiles nouvelles soient porteuses de vie plus que les autres. Avec R* on est dans la croyance que le nombre apporte une solution à un problème. Je trouve cet argument extrêmement faible car il faut au moins deux éléments pour dire ou envisager sérieusement « plusieurs ». Comme l’écrivait mon lecteur « Martin » en commentaire d’un article précédent de ce blog (le 03/09/21), ce n’est pas parce qu’on a trouvé des kangourous en Australie qu’il devrait y en avoir au moins quelques-uns dans le reste du monde (à part dans les zoos, bien entendu !).

Le terme « fp » est du même ordre (la solution recherchée, par le nombre !). On sait évidemment aujourd’hui que les étoiles sont toutes entourées de planètes, du moins depuis plusieurs milliards d’années (c’était encore une spéculation à l’époque de Fermi et de Drake).

Le terme « ne » est plus sérieux. Il est pertinent mais il est beaucoup trop général. En tout cas la présence de la planète dans une zone habitable est une condition nécessaire même si elle n’est pas suffisante.

Le terme « fc » sort du sujet puisqu’on recherche des civilisations intelligentes et communicantes, pas des dauphins (même si, bien sûr, la vie intelligente mais non-communicante est un préalable à la vie intelligente et communicante).

Le terme « L » est une remarque pertinente sur la durée de vie d’une civilisation au regard des durées extrêmement longues dans le contexte desquelles elles se situent. Nous communiquons par radio depuis cent ans seulement et sans doute nos émissions antérieures à 1960 ne pourraient-elles être captables par une civilisation extraterrestre (jusque-là, elles ne sortaient pratiquement pas de l’atmosphère terrestre). Par ailleurs, nous ne savons pas si nous survivrons longtemps en gardant les capacités de communication que nous avons développées à ce jour.

Deux observations générales peuvent être faites après considération de ces différentes variables :

(1) Elles sont comme des poupées gigognes, une succession d’inconnues dont la suivante qualifie la précédente. Si bien que si l’on ne peut répondre à l’une, l’interrogation posée par la suivante n’a pas de sens. Au stade actuel, on ne peut s’avancer au-delà de « ne ».

(2) Le sous-jacent non exprimé mais présent de la formule de Drake semble être que, s’il y a des planètes bien situées par rapport à leur étoile, il doit y avoir de la vie et au bout d’une certaine évolution, de la vie intelligente et communicante. C’est l’application d’un principe dit « de médiocrité » qui repose sur beaucoup de simplification et sur un automatisme supposé du processus biologique.

Hypothèses de Hart

Les hypothèses de Hart prennent le problème « de l’autre côté », en fait celui d’Enrico Fermi (pourquoi ne les avons-nous pas encore rencontrés ?) :

(1) il se peut que la probabilité d’apparition d’une civilisation technologiquement avancée soit très faible, si bien qu’un univers de la taille du nôtre est nécessaire pour qu’elle ait une chance de se produire une fois (mais beaucoup moins probablement deux) ;

(2) il se peut que les extraterrestres existent mais que, pour une raison ou une autre, la communication et le voyage interstellaires soient impossibles ou ne soient pas jugés souhaitables ;

(3) il se peut que la vie existe ailleurs, mais en des lieux rendant sa détection difficile – par exemple dans des océans protégés par une couche de glace, organisée autour d’évents hydrothermaux ;

(4) il se peut enfin que les extraterrestres existent et nous rendent visite mais d’une manière indétectable avec les moyens techniques actuels.

Franchement, je préfère cette formulation (selon les termes de l’article de Wikipedia) plus « modeste », à celle de Drake même si je n’adhère absolument pas à la dernière hypothèse de Hart (4) qui me semble un peu « complotiste ». Quant à l’avant-dernière (3) je pense qu’elle ne peut permettre de préjuger qu’un jour ces êtres vivants seront capables de communiquer en dehors de leur milieu, même s’ils peuvent atteindre le niveau d’intelligence des baleines.

Comme vous l’avez compris je fais partie des sceptiques et suis partisan de l’hypothèse « Rare Earth » exposée en 2000 par le paléontologue Peter Ward et l’astrobiologiste Donald Brownlee et défendue encore en 2009, en Suisse, par André Maeder, professeur en astrophysique de l’Université de Genève, dans son livre dont je recommande vivement la lecture : « L’unique Terre habitée ? », publiée chez Favre (2012).

Pour moi la vie n’est possible que sur la base de l’atome de carbone et il a fallu un certain nombre de milliards d’années pour que des étoiles suffisamment massives en aient produit suffisamment par leur nucléosynthèse. Mais la complexité nécessaire de notre environnement chimique ne s’arrête pas au carbone car le corps des animaux vivants est un cocktail extraordinairement riche en éléments divers. Peut-être le Soleil et son système appartient-il à la première génération qui puisse satisfaire ce critère de variété.

Nous avons vu ces dernières semaines que ni les naines-rouges, ni les étoiles géantes ne peuvent avoir été des hôtes de l’aboutissement du processus de vie à la vie. Si l’on se réfère aux étoiles de type solaire ou proches, on doit probablement exclure les systèmes à étoiles multiples ou ceux des systèmes à étoile unique où s’est formé un jupiter-chaud. Il faut aussi compter sur la présence de beaucoup d’eau liquide. Or, du fait du rayonnement très fort des jeunes soleils, les planètes en zone habitable (en deça de la limite de glace du système) sont, par nature, pauvres en élément légers, dont la vapeur d’eau. Une bonne partie de cette eau doit donc résulter d’un apport extérieur, fourni par des astéroïdes provenant d’au-delà de la limite de glace du système, ce qui suppose un événement rare comme celui de notre rebroussement de Jupiter ou le passage déstabilisateur d’une autre étoile dans l’environnement très proche de la première.

Si l’on se situe ensuite sur une planète habitable d’un système comparable à celui du Soleil, il faut regarder en face la difficulté de reproduire le processus prébiotique puis biologique qui a conduit jusqu’à nous. A l’origine, les principaux obstacles ont été les suivants :

Passage de la matière inerte à la matière vivante. Pour le moment nous n’avons aucune indication que ce passage ait été facile. Il n’a pu se produire à une certaine époque, que dans des conditions environnementales qui ont vite disparu (eau, température entre la congélation et l’ébullition, pression atmosphérique moyenne, radiations « tamisées », pH de l’eau très différents du pH du sol au fond des océans, proximité d’un gros satellite permettant un balancement des marées très important).  N’oublions pas que tous les êtres vivants (par définition terrestres) on le même LUCA (Last Universal Common Ancestor). Ce LUCA a vécu il y a environ 4 milliards d’années et aucune autre souche n’est ensuite apparue pour venir ajouter ses gènes à sa descendance.

Passage des procaryotes aux eucaryotes. Il n’est survenu qu’après plus de deux milliards d’années. Il a été démontré qu’il est extrêmement improbable. Archées et bactéries devaient plutôt se détruire mutuellement que fusionner (tout comme aujourd’hui). Leur endosymbiose a eu lieu, une fois, parce qu’une archée a trouvé un moyen d’absorber dans son cytoplasme, sans la détruire, un type de bactérie capable de respirer l’oxygène, poison pour la quasi-totalité des êtres vivants à l’époque mais dont le pourcentage dans l’atmosphère avait considérablement augmenté du fait de la prolifération des cyanobactéries dont l’oxygène était le rejet métabolique. Cette endosymbiose effectuée, les chimères résultantes, nos ancêtres eucaryotes, ont eu un avantage considérable sur les formes de vie concurrentes puisque l’oxygène est le meilleur oxydant possible.

Passage des eucaryotes unicellulaires aux animaux. C’est uniquement du fait de cet accident permettant l’utilisation de l’oxygène, que des cellules ont pu se réunir pour former les organismes pluricellulaires. Cependant le passage ne s’est produit que plus d’un milliard d’années après les premiers eucaryotes, comme quoi il n’était pas évident. Là encore des assemblages de cellules indépendantes ont évolué pendant très longtemps pour acquérir des spécialisations qui très lentement sont devenues génétiquement reproductibles. Mais les premiers animaux, les vendobiotes, il y a quelques 600 millions d’années, n’étaient que des sortes de méduses.

Je ne continuerai pas l’histoire mais toute cette évolution a été difficile et lente et a résulté non seulement d’une adaptation à l’environnement mais aussi d’accidents planétaires et d’interactions multiples.

Enfin notre situation est précaire. Nous en avons bien pris conscience depuis quelques temps après avoir réalisé que notre vie même avait une action sur notre environnement, comme lui sur nous. Il en est de même des autres civilisations (éventuelles). Elles peuvent être apparues et avoir disparu, ne laissant derrière elles que l’équivalent de nos araignées et de nos rats au milieu d’amoncellements de débris de toutes sortes. Si nous ne sommes pas dans le créneau de temps où une émission partie pendant une période ou l’expression était possible chez eux et captable aujourd’hui par nous, nous ne saurons jamais rien de leur existence.

SETI, the Search of Extraterrestrial Intelligence, est la seule réaction que nous pouvons avoir pour systématiquement rechercher un message ou plutôt un signal émanant de manière évidente d’une autre civilisation. Les personnes qui y travaillent ne sont assurées d’aucun succès dans leur entreprise mais nous devons les soutenir. Je vous en reparlerai prochainement.

Illustration de titre : l’équation de Drake, crédit image, University of Rochester (N.Y.).

Liens:

https://www.journaldugeek.com/dossier/extraterrestre-contact-paradoxe-fermi/

https://www.amazon.fr/Universe-Teeming-Aliens-Where-Everybody/dp/0387955011

https://en.wikipedia.org/wiki/Fermi_paradox

Pour (re)trouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur :

Index L’appel de Mars 21 09 11

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

42 réponses à “Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Paradoxe de Fermi, Equation de Drake…et autres

  1. Monsieur Brisson a raison. L’équation de Drake, en effet, “ne tient pas la route”. Il suffit pour s’en convaincre de la soumettre à un “crash test” en modifiant les paramètres d’entrée, pour constater alors qu’elle donne des résultats totalement incohérents. J’ai refait le calcul en ne changeant que la valeur de deux paramètres seulement (mais comme le fait remarquer Monsieur Brisson, d’autres sont tout aussi discutables), fl (0,001 au lieu de 1) et fi (0,001 au lieu de 0,01) qui me semblent beaucoup plus réalistes au vu de ce que nous connaissons à ce jour. On obtient alors 0,001pour N, ce qui est doublement incohérent: d’abord N étant censé être un nombre de civilisations (dans notre galaxie) il ne peut être fractionnaire mais, surtout, un passage à la limite “faible” des probabilités en jeu devrait donner comme valeur inférieure 1, puisqu’on sait qu’il existe au moins une civilisation intelligente (du moins, on prétend qu’elle l’est 🙂 ) dans notre galaxie. C’est évidemment plus facile de faire croire à la validité de la formule lorsqu’on choisit des paramètres d’entrée qui conduisent à 10 comme résultat!

  2. Pierre, vous me faites penser à mon grand-père, cheminot au début du siècle passé. Lorsque je lui ai dit dans les années 70, “pépé les trains iront un jour à plus de 300kmh”, il a éclaté de rire et m’a cité notre brave TEE qui se traînait à 160! Il m’a traité de doux rêveur.
    Sans faire de la SF mais en étant logique, des civilisations dans l’univers ont peut-être des millions d’années d’avance sur nous (!!!) et nous voient comme des êtres extrêmement primitifs qui passent leur temps et énergie à se détruire ainsi que leur environnement, juste pour posséder de l’argent et du pouvoir, afin d’avoir encore plus d’argent et surtout ne jamais le partager pour faire grandir les autres. Tellement ridicule !
    Donc pourquoi voudriez-vous qu’une telle civilisation si avancée, si elle existe parmi les milliards d’étoiles de l’univers, puisse avoir une raison qu’un contact soit établi avec nous?
    Si ils sont si avancés, pour eux les distances n’existent plus.
    Une telle civilisation a certainement d’autres choses à faire que nous contacter ouvertement, éventuellement nous observent comme nous le faisons avec les zèbres dans nos zoos.

    L’existence ou non d’extra terrestres et de communiquer avec eux est en fait binaire:
    – Soit des êtres existent et sont aussi peu évolués que nous, donc aucune chance qu’ils sortent de leur environnement pour longtemps (des siècles, pour autant qu’ils ne vont pas s’autodétruire avant).
    – Soit des être existent et sont tellement avancés que seuls eux décideront si il y a un intérêt de communiquer avec nous.
    Walk in peace & be safe.
    Serge

    1. Aucun rapport! Monsieur Brisson n’énonce pas un avis “en l’air” mais présente des réflexions basées sur des faits. Tout ce que nous savons aujourd’hui ne serait-ce déjà que sur la simple apparition de la vie sur Terre (et plus nous en apprenons plus les choses se complexifient) montre que cette apparition, puis l’évolution vers ce que nous sommes devenus, est le résultat d’une série de conjonctions d’événements toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Bien sûr, et personne n’a prétendu le contraire, cela n’exclut pas totalement qu’une série de coïncidences similaires ait pu conduire à l’apparition d’une forme de vie ailleurs dans l’immense univers et même la voir évoluer vers une forme d’intelligence, mais cela reste EXTREMEMENT peu probable.

      1. Je vous rappelle le titre de ce blog:
        “Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Paradoxe de Fermi, Equation de Drake…et autres”

        … et autres signifie que j’ai le droit de m’exprimer et de présenter mes idées.
        Sinonnil aurait fallu écrire: …. et rien d’autre.

        A bonne entendeur….

        1. ” j’ai le droit de m’exprimer et de présenter mes idées”, comme moi d’exprimer mes réserves par rapport à ce que vous écrivez et présenter des contre-arguments. C’est exactement le but de ces blogs, susciter le débat. Personne ne vous censure.

    2. @ Serge

      Vous identifiez l’hypothétique être « très évolué » dans un miroir qui se trouve plus probablement dans votre salle de bains que sur la lointaine planète où les riches partagent tout ce qu’ils possèdent pour faire grandir les autres. Cet être supérieur est en plus écolo, et il rit des humains extrêmement primitifs avec lesquels il ne voit pas l’intérêt de communiquer. Je n’ai pas les connaissances scientifiques suffisantes pour croire ne serait-ce qu’un tout petit peu à l’existence de cet extraterrestre qui aurait des millions d’années d’avance sur moi, et pourtant… je sens sa présence dans ce blog !

      1. La puissance des pensées positives est insoupçonnée, je sens que je vais attirer des extraterrestres qui ressentent déjà cet immense Amour pour autrui que je projette.
        Je vous aime 💓 tous avec vos contradictions et doutes.
        Allez en Paix mes Soeurs et Frères, que Dieu vous protège.
        Serge

        Pierre:
        Il y a peu, nous serions tous sur un bûcher pour propos diffamatoires et sorcelleries, et vous me dites (très gentiment) au-delà, tout n’est que fantasme et élucubrations. Mais si nous allons dans l’espace c’est que des rêveurs ont existé avant vous…. 😉

        1. Heureusement nous vivons à une époque où l’expression est beaucoup plus libre que dans le “passé” (ceci dit avec nuances; pensez aux talibans). Cependant, concernant les extraterrestres on ne peut effectivement dire n’importe quoi. Si on le fait, on disperse son attention et la recherche que l’on peut effectuer.
          Jean-Jacques Louis avait évoqué le sujet la semaine dernière. La Nature impose des contraintes et il faut les prendre en compte. C’est pourquoi, on parle de la nécessité du temps long, de la gravité, de la présence de carbone et d’eau, de la nécessité d’énergie mais pas trop, de la nécessité d’une température acceptable pour les échanges chimiques, d’une régularité et d’une continuité dans l’évolution…mais pas trop. Si on ne prend pas en compte toutes ces diverses contraintes, on peut effectivement dire n’importe quoi. Une chose est certaine l’émergence de la vie a été l’aboutissement d’un processus complexe, long, délicat et subtil et son évolution jusqu’à nous, une histoire extrêmement improbable.

          1. Pierre, je trouve ces échanges très intéressants. Merci
            J’ai relu les échanges de la dernière fois et il n’y a pas une unanimité sur le sujet ET.
            D’ailleurs, je veux vous (re)demander, n’est-il pas envisageable que dans cet univers infini (que je sache), n’y a-t-il pas une possibilité “chimique” qu’une vie soit créée en dehors du carbone-eau mais avec d’autres éléments?
            Bien entendu, ce serait une hypothèse théorique puisque l’on ne sait pas le réaliser sur terre.

            Entre (…), on voit dans les fonds marins des êtres hallucinants que l’on a peine à croire avec luciole sur le front pour attirer des proies (etc), qui sont des êtres vivants qui résistes à des pressions de dizaines de bars (ou plus). Donc la Nature est tellement puissante et inventive, pourquoi ne serait-elle pas capable de nous étonner dans les fins fonds de l’Univers où selon VOS critères la vie est impossible?

          2. L’univers n’est pas infini, il est illimité. Ce n’est pas la même chose. Il a eu un début et il aura une fin.
            Le carbone et l’eau, liquide, sont les éléments qui permettent le plus de combinaisons et le meilleur fonctionnement. Il est plus que douteux que d’autres éléments permettent un processus aussi complexe et difficile que la vie.
            Il y a eu évolution. La vie s’est adaptée petit à petit à des conditions environnementales très différentes mais au “début” elle n’a pu survenir que dans des conditions extrêmement particulières. Aujourd’hui ses diverses formes résultent à la fois de son histoire et de ce qu’elle peut supporter. Nous pouvons disparaître tout comme les dinosaures et nos chiens ne pourraient pas davantage parler. La vie peut disparaître si les conditions ne sont plus remplies pour qu’elle subsiste (gros météorite par exemple).
            La vie n’est certainement pas possible partout.

    3. Pas du tout d’accord Serge, Dans vos hypothèses vous n’envisagez pas que d’autres êtres intelligents et communiquants n’existent pas. Mais c’est précisément là le problème. Pour le moment nous n’avons qu’un seul exemple de civilisation intelligente et communicante, la nôtre. La seule chose que nous pouvons faire c’est chercher des indices qui nous permettrait de penser qu’il y en a (ou qu’il y en a eu) au moins une autre. Au-delà, tout n’est que fantasme et élucubrations.

      1. @Serge (3 octobre 2021 à 11 h 17 min)
        Non, on ne peut pas baser un processus vivant sur d’autres éléments que H,C,N,O et P. Même à des températures plus élevées que celles qui permettent la vie que nous connaissons.
        Bien sûr, en remplaçant C par Si vous obtiendrez des composés stables mais la différence est énorme entre le CO2 (ce responsable prétendu de tous nos maux à venir) et SiO2 qui est le sable.
        En remplaçant C par B, on peut synthétiser des boranes utilisables comme carburant pour des fusées mais ça se limite à ça.

        Étant chimiste, j’ai très tôt rêvé d’une vie, même pas seulement extra-terrestre, basée sur le silicium mais c’est resté un rêve sans lendemain.

        Si on tient compte des énergies et des symétries propres à H,C,N et O, on arrive rapidement à la conclusion que ce sont les seuls “Lego” qui conviennent pour construire du vivant.

  3. Il serait judicieux de commenter l’équation de Seager, qui avec six autres paramètres déjà plus accessibles actuellement, essaye de déterminer en premier lieu combien il y a de planètes recelant la vie dans notre Galaxie.
    Sara Seager, astrophysicienne canadienne, spécialiste des atmosphères planétaires et des gaz d’origine biogénique, comme signature d’activités biologiques, a écrit ceci :
    « We’re not throwing out the Drake Equation, which is really a different topic. Since Drake came up with the equation, we have discovered thousands of exoplanets. We as a community have had our views revolutionized as to what could possibly be out there. And now we have a real question on our hands, one that’s not related to intelligent life: Can we detect any signs of life in any way in the very near future? ».

    1. La question de Sara Seager (Can we detect any sign of life in any way…?) est effectivement pertinente. J’ai tenté de montrer au cours des dernières semaines que la probabilité d’une autre vie intelligente dans notre environnement spatial “proche” était extrêmement faible (et terriblement difficile à étudier, du fait qu’à ce jour nous n’avons pas encore découvert de planète de type terrestre orbitant une étoile de type solaire).
      Maintenant je remarque que Sara Seager ne parle pas de “vie intelligente” mais simplement de “vie”. Pour moi l’émergence de la vie ailleurs que sur Terre et en particulier dans notre environnement spatial proche me semble également improbable (bien qu’à un degré moindre puisque la complexité est moindre). Mais sans doute que les réacteurs chimiques que sont les planètes, ont pu conduire assez loin la complexification des molécules organiques (acides aminés), en tout cas plus loin que les astéroïdes n’ont pu le faire. Un des intérêts de l’exploration de la planète Mars est d’ailleurs de voir jusqu’où cette planète a pu mener la complexification.

    2. @Christophe de Reyff
      En analysant les atmosphères des planètes lointaines, on peut y détecter éventuellement des traces de vie mais, pour que ces observations soient valables, elles devraient être répétées avec des intervalles de temps de l’ordre du siècle terrestre. Pensez par exemple à la concentration en CO2 et en méthane de notre atmosphère mesurée par des ETs. Ce n’est que sa variation entre ce qui précède notre industrialisation et l’époque actuelle qui serait significative alors que la mesure absolue à un moment précis ne leur apporterait aucune information.

      Et quant à détecter d’éventuels signaux radio émis à plus d’un mois lumière de nous, j’émets les doutes les plus sérieux. Voyager 1 se trouve actuellement à seulement une bonne vingtaine de milliards de km de la Terre et, pour capter son signal émis avec une puissance de 36 dBm et focalisé vers nous par une antenne dont le gain avoisine les 30 dB, nous devons consommer des heures de temps CPU pour convoluer ce signal par rapport au bruit de fond que Pascal appelait le silence des espaces infinis et que Shanon a rebaptisé bruit blanc. Alors, pensez à ce qui resterait d’un signal émis un million de fois plus loin.

      Dans l’autre direction donc de nous vers les ETs, le problème est le même. Nos émetteurs radio les plus puissants (Radio France Allouis ou BBC Droitwich) ne dépassent pas le mégawatt et nos radars les plus puissants atteignent 100 MW sous forme d’un faisceau d’une dizaine de milliradians. Les signaux les plus puissants que nous ayons envoyés sont ceux de nos essais nucléaires atmosphériques, et encore, sous forme d’un spectre très large.

      Comme déjà proposé à l’occasion d’un article précédent, je pense que si nous voulons signaler notre existence à une civilisation ET, le meilleur moyen consisterait à utiliser nos armes nucléaires déclassées en les détonnant à une distance raisonnable de la Terre avec un rythme qui permettrait à un ET pointant son télescope dans notre direction de les apercevoir et de les différentier d’un phénomène naturel. Nous pourrions même les faire exploser dans quelque centaines de tonnes de sodium, d’argent et de strontium afin de les colorer.

      1. Évidemment que la présence de CO2 ou de CH4 ne serait pas encore une preuve (il y en a sur Mars et Vénus), mais, par exemple, celle de PH3 (phosphine) le serait. On a cru en trouver récemment dans l’atmosphère de Vénus, mais cela demande encore confirmation.

  4. Pour compléter l’histoire de l’évolution de la vie sur Terre rappelée par Monsieur Brisson, toujours en rapport avec la recherche d’une (très) hypothétique vie intelligente ailleurs dans l’univers, il faut noter que les dinosaures ont régné sur notre planète pas loin de 200 millions d’années sans jamais apparemment qu’il en émerge une espèce que l’on pourrait qualifier d’intelligente. Et sans leur relativement brutale disparition, nous ne serions sans doute pas là pour spéculer sur l’existence ou pas d’autres intelligences dans l’univers!
    En fait les formules du type “Drake” n’ont pas de sens. La seule approche qui pourrait en avoir est de chercher une formule donnant une PROBABILITE (et non pas un nombre) d’existence de civilisations avec lesquelles nous pourrions établir un contact. Inutile de préciser que si on veut rester réaliste avec ce que l’on a observé jusqu’ici, une telle probabilité tendrait vers zéro! De toute façon, il n’est pas possible de “calibrer” quelque formule que ce soit du genre “Drake” à partir de la connaissance d’un seul exemple de “réussite” comme c’est le cas pour le moment, il en faudrait au moins 2 et même beaucoup plus si on voulait pouvoir établir des statistiques.

  5. Grand lecteur de SF intelligente (Hard SF pour les connaisseurs), je me souviens de la nouvelle „les tapis de Wang „ de M.Greg Egan. L’histoire comptait la découverte d‘une intelligence phénoménale tapie dans la trame moléculaire de tapis d‘algue recouvrant partiellement l’océan d‘une exoplanète.

    L’intelligence se calquait sur le principe d‘un ordinateur biologique générant un univers virtuel où une Vie intelligente (terme à définir) évoluait et découvrait , non pas l‘univers , mais les profondeurs infinies de l’infiniment petit …

    Pour les explorateurs, cela ressemblait juste à une algue.

    J’apprécie le raisonnement de M.Brison mais aussi les visions parfois „ déraisonnables „ de certains auteurs . Ils nous disent de rester humble avec ce que nous croyons savoir et nous rappellent que notre raisonnement est lui même limité pas notre hardware, notre propre biologie.

    1. “Pour les explorateurs, cela ressemblait juste à une algue”, justement, là est le problème on discutait dans le blog de ce jour de civilisations avec lesquelles nous pourrions établir un contact. Cela dit, j’apprécie comme vous énormément la bonne science-fiction et je suis toujours sincèrement admiratif de l’imagination dont font preuve certains de ses auteurs. La seule réserve est que je m’efforce de ne pas mélanger “science” et “science-fiction”, les prémisses de l’une et de l’autre ne sont pas les mêmes.

    2. Pierre-André Haldi a raison. L’imagination est la source de la science-fiction mais la science ne peut reposer que sur la compréhension de la réalité.
      La seule chose que nous puissions faire, scientifiquement, c’est continuer à étudier le processus ayant conduit à la vie puis à franchir les différentes étapes de son évolution sur notre Terre pour en comprendre toujours mieux les conditions nécessaires et suffisantes (éventuellement en les comparant à celles qui ont permis la complexification de la chimie organique qui a eu lieu sur les autres planètes). C’est d’autre part, continuer à observer l’espace proche pour tenter de déceler un signe montrant une artificialité qui n’aurait pu être créée que par des êtres intelligents.

  6. Certes, ces équations ne mènent pas loin , mais il faut surtout considérer le principe de réflexion par exclusion en se focalisant uniquement sur les systèmes stellaires qui ont le plus de chance d’habiter la vie et comme nous ne connaissons pour l’instant qu’un seul modèle , il faut bien s’en contenter :
    La première condition est la longévité puisque qu’il a fallu plus de 4 milliards d’années pour voir apparaitre des animaux intelligents , donc ce qui nous amène à exclure toutes les étoiles qui ne rempliraient pas ce critère important . Mais l’étoile doit pouvoir fournir assez d’énergie pour alimenter cette vie , ce qui exclut des étoiles naines trop faibles…
    La vie terrestre repose sur un nombre critique d’éléments chimiques tels que l’hydrogène et l’oxygène, l’azote, le calcium, le phosphore et le soufre . Il faut donc trouver des étoiles d’une génération assez récente abritant ces éléments indispensables qui peuvent être mis en évidence par leur signature spectrale …
    Au niveau des planètes, seules celles les rocheuses sont à prendre en considération , celles qui possèdent une atmosphère et qui peuvent la conserver ( Mars n’en fait pas partie) , celles qui renferment de l’eau liquide ( excluant Vénus) , …
    Au fur et à mesure que l’on découvrira des exo planètes, il faudra appliquer ces critères pour ne retenir que les candidates adéquates pour une analyse toujours plus fine …
    Si l’on pointe des télescopes pour espérer obtenir un signal d’extraterrestres, autant les pointer dans la direction d’ étoiles qui concordent avec les critères retenus , mais il ne faut pas se faire d’illusion : nous pourrons bien attendre des millions d’années avant de recevoir un message !!!
    Il faut comprendre que pour l’instant, c’est assez décourageant de trouver de la vie en dehors du système solaire , mais nous ne faisons que commencer et il est vital de protéger notre seule planète habitable pour continuer notre aventure …

    1. Et bien Monsieur Giot, pour une fois nous sommes largement d’accord (selon ce que d’ailleurs j’ai exposé au cours de ces dernières semaines). J’en suis heureux.
      Un petit bémol cependant: Mars est la planète qui ressemble le plus à la Terre dans notre environnement proche (ou qui nous serait la moins hostile, si vous préférez).

  7. Je vous rejoins sur le point que l’équation de Drake n’apporte rien d’indéniable. Avec tout mon respect, par contre, ma conviction personnelle est qu’il peut exister des vies se passant totalement d’oxygène. Je ne reviendrai pas sur mon argumentation à propos des vers des grandes profondeurs marines (Riftia ,et autres) vivant grâce à des dérivés du soufre et sans air. Vous sous-estimez les capacités d’invention de la vie . De même, certains font l’hypothèse que la vie est possible sans support dans les nuages de Vénus. Voir Serge.
    Qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’il faut une longue attente entre le moment où une espèce apparaît et le moment où elle est capable d’inventer des machines extraordinaires? C’est du «terracentrisme», de l’anthropocentrisme. Ce qui est exact sur terre, n’est pas forcément semblable sur des planètes lointaines, Qu’est ce qui permet d’affirmer que l’existence de la vie obéit aux mêmes lois sur d’autres planètes? On constate des différences entre les conditions de vie en mer profonde et sur terre. Ces différences sont inimaginables entre la vie sur terre et celles sur d’autres planètes. Nous ne pouvons rien affirmer de façon péremptoire sur aucun point, tant que nous n’avons pas vérifié. Quoique cela ait été contesté, je reprends mon exemple du kangourou. De toute façon, il existe pléthore de plantes, d’animaux qui ne quittent jamais leur région (Alpes, pôles, Australie, Galapagos et mille). L’ ours polaire se tromperait fort s’il pensait que, puisqu’il ne peut pas vivre sans poisson ni sans oxygène, aucun autre animal ne peut s’en passer ailleurs. Ceci, dit j’inclinerais à penser que nous sommes seuls dans l’univers. Quoique, quoique, comme l’écrit PIERRE-ANDRÉ HALDI dans ce post, les conditions d’apparition de la vie, les évènements sur notre planète ont été complexes, extraordinaires, nombreux mais il n’est pas totalement impossible qu’ils aient eu lieu de la même façon également sur une terre lointaine. Reste à résoudre l’énigme des gens qui voient des UFOs. Si vous avez quelques instants à perdre, regardez par exemple (en plus ça forme un carré!)
    https://www.youtube.com/watch?v=-_TgrjxpS-c
    Y a-t-il des personnes qui veulent se faire remarquer, une explication naturelle ou résoudra-t-on un jour cette histoire ? Et les commentaires souvent intéressants) disent le mystère : “this vid is fake”?

    1. Mais bien sûr qu’il existe une vie sans oxygène mais elle est monocellulaire. Au début de l’histoire de la vie l’oxygène n’était qu’un rejet métabolique qui était un poison pour la vie.
      L’émergence des organismes pluricellulaires n’a été possible que parce que certaines bactéries qui ne supportaient pas l’oxygène, se sont associées par endosymbiose à de rares archees qui pouvaient l’utiliser. Cela leur a donné une puissance considérable qui leur a permis de s’associer pour créer des organismes multicellulaires.
      C’est un fait biologique. Sans la puissance oxydante, inégalable, que donne l’oxygène, aucune réaction redox n’aurait été suffisamment puissante pour l’émergence d’organismes multicellulaires.

  8. Encore une fois, cela me désole beaucoup de devoir vous contredire mais riftia fait 3 mètres de long et contient plusieurs types de substances chimiques. Alors, il n’est n’est pas monocellulaire. Voir:
    https://en.wikipedia.org/wiki/Riftia_pachyptila
    Google mène à plein de renseignements intéressants sur cet animal en Français aussi et il en existe d’autres bêtes à cette profondeur
    Ceci dit, votre blog reste hyper-intéressant voire vital(!!!!)

    1. Vous devriez réfléchir avant d’écrire car ce ver est évidemment multicellulaire.
      Peut-être ne percevez-vous pas la différence entre une cellule vivante et une molécule plus ou moins complexe. Si la biologie vous intéresse il y a d’excellents livres sur le sujet. Je recommande toujours l’ouvrage collectif sur ce thème des Éditions De Boeck.

  9. Pierre! Mea culpa! Je tombe dans le même travers: je recours à l’induction. Il existe peut-être quelque part une vie non fondée sur l’oxygène, vraiment tout à fait alien. L’avenir lointain nous éclairera certainement sur ce point. On ne peut déduire de ce qui se passe sur terre, la façon de fonctionner de la vie extraterrestre, il faudrait vérifier. On ne peut généraliser, c’est-à-dire déduire de l’exemple terrestre une certitude sur le fonctionnement des êtres d’autres mondes. Sinon je recours à l’induction, méthode qui nous trompe parfois. Parmi d’autres hypothèses: biochimies hypothétiques, méthane?? Les chercheurs sont perplexes sur ces possibilités

    1. Non, je ne suis pas d’accord. Il faut beaucoup d’énergie rapidement disponible pour faire fonctionner un organisme pluricellulaire. Cette énergie ne peut être générée que par des réactions réduction/oxydation (“redox”) suffisamment puissantes et cette puissance, du côté oxydation, ne peut provenir que de l’oxygène. Il ne s’agit pas de ne pouvoir imaginer autre chose que les principes de la vie terrestre. Cette exigence d’oxygène n’est pas une lubie ni une limitation dans ma capacité de raisonner. Il n’y a tout simplement pas d’autres systèmes possibles.
      Encore une fois, je vous conseille de réviser vos cours de biochimie.

  10. Merci Monsieur Brisson pour cet article intéressant même s’il sape mon inusable optimisme.

    Si des ETs existent et s’ils ont échappé à l’autodestruction qui nous guette, au bout d’un certain temps, ils ont pu développer une intelligence suffisante pour s’imposer, à défaut de l’éternité chère aux religion, au moins une certaine pérennité.

    La machine de chair et de sang que nous connaissons est beaucoup trop fragile pour résister au temps. Si ET il y a, ils ont du comprendre ça depuis longtemps et en trouver la solution.
    Même nous, pauvres Terriens arriérés, nous avons déjà commencé à utiliser des organes bioniques certes encore très rudimentaires. Aujourd’hui, le meilleur œil bionique a une résolution qui dépasse à peine 200 pixels mais on peut espérer une amélioration conduisant tôt ou tard à un œil peut-être meilleur que les nôtres. Et il en ira de même du restant de notre organisme, le cerveau étant probablement le dernier candidat au remplacement par une machine non organique.

    Un jour, l’être humain se sera entièrement déchargé sur une machine qui ne sera pas nécessairement l’ordinateur digital électronique que nous connaissons mais qui dira “je” en parlant d’elle-même. Nous serons la machine que nous pourrons programmer pour qu’elle soit ce que nous désirons. Pour visiter l’univers, nous n’aurons plus besoin d’astronefs car nous serons des astronefs.

    L’espace est bien plus que le vide. L’espace est un support pour des particules qui communiquent entre elles et peut donc servir de transport et de support d’information. Les espèces qui arriveront à maîtriser cela pourront se libérer de la tyrannie de la matière en se déchargeant non plus sur des machines mais sur l’espace lui-même et la vitesse de la lumière aura cessé d’être cette limite qui nous emprisonne.

    Je crois que c’est ça que les religieux appellent Dieu.

    1. @J.-J- Louis: “Un jour, l’être humain se sera entièrement déchargé sur une machine”. Si vous avez lu certains de mes commentaires sous des blogs précédents, c’est exactement ce que j’ai suggéré pour d’éventuels voyages vers d’autres systèmes stellaires. A savoir que, in fine, seul l’esprit humain compte vraiment et que le reste est essentiellement une “machinerie” destinée à permettre à celui-ci d’exister et se manifester. La “machinerie” en question est trop fragile et a une durée de vie trop courte pour pouvoir voyager “vers les étoiles”. Et ce n’est pas nécessaire, car il “suffit” que ce soit cet “esprit” qui entreprenne de tels voyages (sous une forme encore à déterminer). Au retour, les informations récoltées pourraient être “downloadées” chez des humains qui ainsi auraient l’impression d’avoir vécu ces expériences eux-mêmes (une sorte de “réalité augmentée” améliorée), mais sans avoir eu à courir les risques inhérents à des voyages s’étendant sur des décennies et des décennies, dans un milieu hostile et vide de ressources. Et si on veut vraiment envisager un jour une “transplantation” d’une partie de l’Humanité vers ces mondes lointains (après les avoir explorés préalablement selon le mode expliqué ci-dessus), on pourrait imaginer d’y envoyer des embryons congelés et dûment protégés qui seraient “réactivés” seulement une fois arrivés sur place et éduqués par des robots humanoïdes par exemple conçus, eux , pour résister au voyage. Mais une telle perspective n’est pas sans poser des problèmes éthiques; pas plus néanmoins que l’hypothèse de gigantesques vaisseaux spatiaux, en admettant qu’ils soient réalisables, dans lesquels des générations d’humains “normaux” se succéderaient jusqu’à l’arrivée à la destination choisie, comme l’imaginent beaucoup d’auteurs de science-fiction.

  11. Faisons un parallèle avec un jeu de hasard comme la loterie européenne et mettons-nous dans la tête d’une personne gagnante du jackpot. Que peut-elle se dire : Miraculeux, intervention divine, etc. ? En effet, la probabilité que cet évènement survienne quand ramené à elle seule (contexte local) est quasi-nulle. Et pourtant, cet évènement s’est produit. Et cet évènement se produit même plusieurs fois par année. Et pourquoi ? Car quelques dizaines millions d’individus participent à chaque tirage tout simplement et qu’il y a des dizaines de tirages par année (contexte global) ! Qui plus est, si chaque humain y participait, cet évènement surviendrait plusieurs fois à chaque tirage.

    Contexte local : la présence de la vie sur Terre nous démontre que cet évènement (l’apparition de la vie) s’est produit. Sa durée nous enseigne aussi qu’il est persistant et très résiliant, la vie pouvant re-exploser, par exemple, des millions d’années après un cataclysme d’échelle planétaire ou une période de glaciation quasi-complète de la planète.

    Contexte global : l’implacable loi des grands nombres fait le reste. La probabilité que cet évènement survienne (la vie) même si hautement improbable quand ramené à l’échelle d’un seul système stellaire doit être mise dans le contexte des grandeurs de notre galaxie et de son âge ainsi que de l’univers et de son âge : plus de 13 milliards d’années pour notre voie lactée composée d’environ 240 milliards d’étoiles. Et combien de galaxies dans l’univers ?

    La réponse est ainsi évidente : la vie biologique est présente partout dans l’univers, certaines planètes l’ayant déjà perdue, d’autres la voyant apparaitre, d’autres la voyant évoluer, d’autres se préparant à l’accueillir et d’autres la voyant dépérir.

    Après, vient la question d’une espèce technologique. Et là, nous rentrons dans d’autres considérations, les principales étant :
    – l’apparition d’une telle espèce ? Même logique que plus haut : cet évènement s’est produit.
    – la durée de vie d’une telle espèce ?
    – les lois de la physique et de l’évolution permettent-elles à une forme de vie technologique d’acquérir la technologie puis de mettre en œuvre un projet pour quitter son système stellaire ?

    Trois réflexions :

    R1 : La possibilité qu’il existe autour d’une étoile très proche une planète biologiquement compatible ? Toute forme de vie sur Terre (pour perdurer, se développer et évoluer), a procédé par petit saut et/ou a bénéficié d’une circonstance particulière (exemples : un oiseau véhiculant une graine – la fin d’une forme de vie pour qu’une autre occupe l’espace ainsi libéré). Ceci semble indissociable du processus de l’évolution du vivant et je pense que nous pouvons en faire un postulat universel. En revanche, je vois mal un groupe de terriens passagers clandestins d’un vaisseau extraterrestre ! Et si ce petit saut n’est pas possible, quid des évolutions et progrès qui en découleraient ? Et là, on rejoint le contexte local et sa très faible probabilité de survenance : que deux personnes ne se connaissant pas se partagent au même tirage le jackpot de la loterie européenne tout en habitant deux villages voisins.

    R2 : Le voyage interstellaire tel que présenté dans un film SF grand public n’a pas de sens. Et pourquoi ? A cause de la relativité : le temps ne s’écoule pas de la même manière selon la vitesse à laquelle on se déplace. Ainsi, si vous imaginez après un voyage de quelques jours rendre visite à votre famille installée à 200 années lumières de vous, vous arriveriez, ils seraient morts. Même les calculs théoriques sur des voyages à travers d’éventuels trous de vers amènent à la même conclusion. Donc, si la théorie de la relativité générale est vraie, quid alors de l’intérêt du voyage interstellaire ? Des expéditions sans retour ni communication avec la planète mère : quel intérêt alors ?

    R3 : la probabilité qu’une espèce super-prédatrice et technologique ait la sagesse de mettre en place assez tôt des mécanismes d’auto-régulation pour éviter un développement exponentiel non maitrisé. Point qui amènera inéluctablement à son autodestruction : soit par autodestruction guerrière, soit par la destruction de son environnement, soit par épuisement des stocks de matières premières facilement accessibles. Et, si elle arrive à s’auto-réguler, quel intérêt verrait-elle alors de quitter sa planète ?

    En bref, sujet passionnant mais trop souvent biaisé par une vision « miraculeuse » de la vie, héritage inconscient de nos passés hautement religieux. Faut-il rappeler que ce n’est qu’en 1995, c’est-à-dire moins de 30 ans, que l’officialisation de la première planète extrasolaire a été prononcée ?

    1. Merci de votre commentaire bien argumenté. Malheureusement je ne suis pas d’accord avec vous.
      La complexité de l’être vivant le plus simple, bactérie ou archée, est extrêmement élevée non seulement dans sa composition mais dans son assemblage et probablement dans les circonstances de cette complexification et de cet assemblage.
      Recourir au grand nombre, revient à dire « je ne sais pas mais ça doit être possible ». C’est donc un aveu que la proposition de la pluralité des mondes habités est indémontrable. On ne peut tirer aucune généralité du fait que quelque chose se soit produit une seule fois.

      1. Bonsoir.

        Tout comme on ne peut affirmer le caractère exceptionnel du vivant parce que nous sommes incapables d’observer une planète en dehors de notre système solaire.

        Vous biffez selon moi un élément essentiel dans votre approche, à savoir le facteur temps. L’échelle de temps du développement du vivant n’a rien à voir avec l’échelle de temps d’un organisme vivant. Nous sommes en effet sur les mêmes échelles que le temps géologique qui est capable de transformer des fosses marines en sommets de plus de 4000 mètres ! Je développe :
        Rappelons la chronologie (selon mes connaissances à ce jour) de l’apparition de la vie sur Terre (en millions d’années) :
        -4550 : apparition de la Terre (mais rien à voir avec celle d’aujourd’hui).
        -3850 : premières traces de vie monocellulaire, les procaryotes.
        -3000 : algues bleues qui libèrent de l’oxygène par photosynthèse.
        -2100 : premières traces de vie multicellulaire, les eucaryotes.
        Puis vies de plus en plus complexes
        – Entre – 600 et – 544 : Faune d’Ediacara (corps mou sans squelette). Explosion de la diversité vers -555.
        – Vers -530 : Faune Tommotienne (premières parties solides)
        – Entre -528 et -510 : faune de Burgess : explosion en termes de diversité et de richesse puis disparition quasi-complète
        – Dès -440 : sortie de l’eau de la flore
        – Dès -410 : sortie de l’eau de la faune
        – Dès -360 : premiers animaux pouvant réellement se déplacer sur terre
        – Dès -230 : premiers dinosaures
        – Dès -210 : premiers mammifères
        – Vers -65 : fin des dinosaures
        – Dès -60 : premiers primates
        – Dès -7 : premiers hominidés
        – Dès -0.2 : homo Sapiens
        Ainsi : l’apparition de la vie serait exceptionnelle. L’apparition de la photosynthèse le serait tout autant. L’apparition de la vie multi-cellulaire aussi. L’apparition du squelette encore. La sortie de l’eau de la flore toujours. La sortie de l’eau de la faune à nouveau exceptionnelle. Et ainsi de suite… Et toutes ces exceptions s’enchainent quand-même malgré des cataclysmes planétaires et extinctions massives périodiques ? Humm…
        Tout cela montre à contrario que l’apparition de la vie a été très rapide en fait. Et que le temps a ensuite fait son œuvre en offrant la possibilité au vivant de se refaire et à un nombre d’interactions chaotiques tout à fait hallucinant de se faire : vous imaginez le nombre d’interactions et de divisions cellulaires réalisées sur une planète entière en 2 milliards d’années ? Puis dans des organismes multi-cellulaires en milliards d’années ? Et encore, nos découvertes des traces du passé sont-elles la partie émergée de l’iceberg quant aux différentes formes de vie qui ont existé ?
        Et nous sommes à nouveau dans la loi des grands nombres : l’improbable quand ramené au cadre d’une cellule devient probable quand ramené au cadre de milliards de milliards de milliards de milliards … de cellules interagissant sur des milliards d’années tout en étant soumis à des stress externes permanents (chimiques, électriques, thermiques, électromagnétiques et autres).
        Et que constate-t-on ? A chaque fois qu’une étape dans la diversité est franchie, la suivante est bien plus rapide et tout aussi riche voir encore plus, et en plus toujours plus complexe. Et même une extinction de masse n’empêche pas ce phénomène. Au contraire même, c’est la destruction créatrice !
        On constate aussi que les mammifères et dinosaures ont été très rapidement en compétition et que la fin des uns a permis aux autres de se diversifier et complexifier encore plus.
        On constate aussi que la vie a terra-formé elle-même la planète pour qu’elle puisse finalement accueillir des formes de vie plus diverses et complexes : sans les algues bleues, pas d’oxygène. Et ainsi de suite. Et c’est même, selon moi, ce processus de transformation de la planète qui ralentit à ses débuts le processus de diversification et complexification du vivant.
        En conclusion : L’apparente complexité de la vie n’est pas un argument selon moi car elle fait fi de la durée qu’il a fallu pour l’atteindre et aussi du nombre d’organismes vivants qui ont vécus et interagis pendant ce temps.
        Le facteur temps est le plus important dans le processus de diversification/complexification de la vie sur une planète propre à l’héberger. Pourquoi ? Car il offre la possibilité à l’improbable d’arriver tout simplement.

        1. Votre démonstration pèche par un côté : vous supposez que la suite d’accidents qui a conduit à la vie intelligente, communicante et « faber » (la nôtre) devait inévitablement y conduire. Elle y a peut-être conduit uniquement sur cette Terre en raison des caractères tout à fait exceptionnels de notre planète, de son environnement et de son histoire, d’une histoire non répétable à l’identique dans toute sa complexité :
          Bonne métallicité de notre système stellaire (donc un certain âge après le Big-Bang), bonne localisation dans la galaxie (environnement relativement calme mais pas trop), planète rocheuse dans la zone habitable de son étoile mais cependant bien dotée en eau (elle aurait dû être beaucoup plus sèche), humidification en fin d’accrétion par le choc d’un gros planétoïde, Théia, qui a permis une grande ductilité du magma (d’où la possibilité de tectonique des plaques), équilibre de l’inclinaison de l’axe de rotation de la planète sur l’écliptique et force de marée rares (grâce à un satellite naturel anormalement gros), épisodes « snowball earth » (par suite de l’introduction de quantités importantes d’oxygène dans l’atmosphère alors que le Soleil était trop faible pour réchauffer la Terre sans effet de serre atmosphérique suffisant), diverses chutes d’astéroïdes totalement imprévisibles (en date c’est-à-dire à des stades précis de notre évolution, et en masse).
          Le facteur temps est très important (je l’ai traité souvent sur ce blog*) mais s’il a conduit jusqu’à nous, il n’y avait aucune nécessité qu’il parvienne à ce résultat, notre résultat : l’homme sur Terre, et encore moins l’homme au niveau de civilisation, c’est-à-dire de capacité technologique, que nous avons atteint.
          Nous n’avons aucun moyen de vérifier que notre existence n’est pas dû à la réunion de toutes ces conditions improbables, sauf à découvrir la manifestation d’une autre vie semblable à la nôtre. Nous ne pouvons avoir aucune certitude sur l’inévitabilité du trajet suivi par cette évolution et de son résultat (temporaire). Ce n’est pas parce qu’un aboutissement est possible qu’il doit arriver. Encore une fois répondre par le grand nombre n’est pas pour moi satisfaisant, c’est-à-dire convaincant, ce qui n’empêche pas de chercher.
          *Lisez mon article dans ce blog daté du 12 Septembre 2020 : « Synchronisation et coévolution ; nos chances de rencontrer des extraterrestres sont quasi nulles ».

      2. Quelle est votre “chance” de voir un astéroïde de 500 m de diamètre percuter la Terre de votre vivant ? Quasi nulle. Mais si cet évènement est ramené à l’échelle de temps géologique, alors il est certain et même multiple. La loi des grands nombres…
        Quelle était la “chance” que la covid-19 apparaisse chez le patient zéro fin 2019 ? Quasi-nulle pour cette personne. Par contre, ramenée à la population humaine et sur une échelle de temps de plusieurs décennies, c’était une certitude qu’un nouveau virus allait surgir d’un humain. Mais, en revanche, aucune possibilité d’anticiper chez qui, ni sa nature ni sa date de survenance. La loi des grands nombres couplée aux processus chaotiques de l’évolution du vivant…
        Eh bien, l’évolution du vivant c’est pareil (à moins que la Terre ne soit bien sûr plus en mesure de l’accueillir) : il évoluera, se complexifiera ou régressera pour repartir. Et cela, c’est une certitude, cette situation s’étant déjà produite plusieurs fois donc pas du tout exceptionnelle. Mais incapable de savoir quand ni comment.
        De plus, considérer la Terre comme exceptionnelle alors que nous n’avons jamais pu observer encore directement une planète extrasolaire, et que les techniques de découvertes des exoplanètes n’en sont qu’à leurs balbutiements, est un peu hâtif, non ? Et c’est le gros souci que j’ai avec votre argumentaire. Le recul observationnel ne permet en aucune manière de conclure que la Terre est exceptionnelle. Mais la logique de la loi des grands nombres en regard de la taille et de l’âge de l’univers, le tout couplé à quelques découvertes récentes (voir paragraphe suivant) amène au contraire à la conclusion inverse.
        En effet, l’eau n’est pas propre à la Terre. Voir par exemple Ganymède et Europe : nous avons donc plusieurs exemples de corps rocheux massifs abritant de l’eau en grande quantité dans le même système solaire. Et hop, un caractère exceptionnel en moins.
        Mais là où je vous rejoins parfaitement, c’est que le vivant d’aujourd’hui est le résultat d’un processus chaotique, donc non reproductible et non prévisible. Vous changez par exemple de 5 millions d’années la date de chute d’un seul astéroïde à l’origine d’une extinction massive (voir simplement son lieu d’impact), le vivant serait toujours là. Mais sous quelle forme ? Nul ne peut le dire. Mais il serait toujours là et avec des complexités ! Mais lesquelles ?
        Et c’est ce qui me fait dire qu’un vivant “miraculeux” (extrêmement rare à l’échelle d’une galaxie) ne pourrait pas avoir cette capacité à se complexifier inéluctablement au fil des millions et millions d’années tout en survivant à des épisodes planétaires cataclysmiques récurrents et s’adapter à des changements radicaux de son environnement comme l’oxygénation de l’atmosphère. Et tous ces évènements se sont produits plusieurs fois… Comment considérer alors le vivant et son évolution comme “miraculeuse” ? La logique m’en empêche !
        Quant au reste sur communiquer/échanger un jour avec des extraterrestres, je vous rejoins aussi. La relativité du temps (qui rend sans intérêt tout voyage interstellaire tel que présent dans l’imaginaire humain), la nature de l’espace-temps et la probabilité que deux espèces intelligentes émergent technologiquement à quelques années lumières l’une de l’autre au même instant parait tellement faible.
        En conclusion : nous pouvons nous considérer comme seuls dans l’univers non pas sur le plan de l’existence mais sur celui du relationnel.
        Salutations

        1. Je ne parle pas de « miracle ». Je ne dis pas ni ne sous-entends qu’il y a eu une « volonté » de créer l’homme, je constate simplement un fait, aboutissement d’une suite d’évènements chaotiques, et je dis que l’improbabilité d’arriver au stade où nous en sommes est extrêmement élevée. Elle l’est déjà au niveau de la bactérie/archée ou du passage à l’être eucaryote. La solution par « le grand nombre » ne me satisfait pas.
          L’étude du sol de Mars avec des moyens supérieurs à ceux dont nous avons disposés jusqu’à présent, nous permettra déjà de voir jusqu’à quel degré de complexification vers la vie, peut conduire un environnement planétaire relativement favorable. Cependant, on ne pourra très probablement pas en tirer la conclusion que le saut final de l’inerte au vivant est possible.

          1. Par miracle, je sous-entendais une probabilité extrêmement improbable. Donc pas dans son sens étymologique. Sinon, seule la loi des grands nombres peut expliquer l’évolution du vivant : il évolue et évoluera mais impossible de savoir comment. Combien d’échecs pour une seule réussite ?
            Sinon, il n’y a aucun fait qui nous dit que l’évolution du vivant vers toujours plus de complexité est improbable (tout comme il n’y a aucun fait qui nous dit que la Terre est exceptionnelle dans l’univers). Bien au contraire : les multiples évènements cataclysmiques (qui montrent au passage que la Terre est bien loin d’être une planète stable sur l’échelle des temps géologiques) qu’il a subis ne l’ont pas empêché de se refaire puis de se complexifier toujours plus. Un vivant complexe extrêmement improbable pourrait-il résister à un enchaînement successif de cataclysmes planétaires ? Je ne le pense pas. Ou alors, c’est que la Terre abrite quasiment la seule vie complexe de l’univers vu la nature intrinsèque des systèmes stellaires (par nature chaotique) …
            Pour moi, si l’environnement d’une planète (qui est complètement différent de celui régnant actuellement sur la Terre) est propice à l’apparition des premières briques du vivant, elles apparaitront. Cependant, ces conditions dureront-elles assez longtemps pour permettre au vivant d’évoluer et de terra-former in fine de lui-même l’atmosphère de la planète pour passer au stade suivant de l’évolution et s’accélérer ? C’est là le souci pour moi. Et j’espère que nous trouverons sur Mars ou Europe des fossiles d’organismes monocellulaires. Ainsi, il n’y aurait plus de débat sur l’improbabilité de l’apparition du vivant : – )

            Au plaisir.

          2. Exactement. Nous avons besoin d’un test. Mars ou Europe peuvent nous le permettre. Comme il y a eu complexification des molécules organiques sur les astéroïdes, on peut penser que sur un astre plus massif et disposant de davantage de facteurs facilitants, la complexification a été poussée plus loin. Jusqu’où est LA question. Et la réponse, quelle qu’elle soit, sera passionnante. Nous verrons bien! Merci de l’échange.

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