Le droit aux voyages spatiaux est aujourd’hui passé dans le domaine public

Après un voyage de 12 minutes qui les a hissés jusqu’à 107 km d’altitude, Jeff Bezos et ses 3 compagnons sont revenus se poser sains et saufs sur la base de Van Horn à l’Ouest du Texas.

C’était un beau vol, bien dans l’esprit créatif, optimiste et entrainant des Américains « de toujours », comme je les aime. Cela console du spectacle lamentable des actions négatives, pessimistes et destructrices du mouvement woke et assimilés, d’autres Américains que je n’aime pas du tout. Il était très émouvant de voir ensemble les deux frères Bezos, Wally Funk qui toute sa vie avait rêvé d’aller dans l’espace et qui a été invitée in extremis à le faire, ainsi que le jeune Oliver Daemen,18 ans auquel son père, Joes, PDG et fondateur du hedgefund Somerset Capitol Partners, a offert le voyage.

Cet événement m’est sympathique à plusieurs titres. D’abord les deux frères Bezos ont eu le courage de faire partie du premier vol habité de la fusée (voulue et financée par l’ainé, Jeff). C’est l’attitude responsable de personnes qui assument les risques qu’elles proposent à d’autres de prendre. Ensuite le cadeau fait par Jeff Bezos à cette femme, Wally, qui aurait mérité cent fois d’être une véritable astronaute si les années 1970 n’avaient été si machistes aux Etats-Unis, est un bel hommage réparateur. Encore le cadeau d’un père à son fils qui est passionné par l’espace depuis qu’il est « tout petit » (même s’il n’est toujours pas très vieux !) est un magnifique geste d’amour paternel. Enfin prendre ensemble à bord la personne la plus âgée et la personne la plus jeune qui aient jamais volé et dont la somme des années atteint 100 ans, soit en km l’altitude qu’il fallait franchir, est un très beau symbole pour le départ d’une nouvelle aventure.

Car ce petit vol de rien du tout (un peu mieux que celui de Richard Branson tout de même), un tout petit saut de puce jusqu’à la porte de l’espace, est bel et bien le début d’une grande aventure, celle du vrai tourisme spatial. Il ne s’agit plus désormais d’avoir « quelque chose à faire » dans l’espace, au titre de spécialiste, scientifique ou ingénieur, pour avoir la possibilité de le faire, mais simplement d’en avoir envie et de pouvoir se le payer ou se le faire payer. Certes quelques rares touristes sont déjà allés dans l’espace à titre privé puisqu’on en compte 7 qui ont séjourné dans l’ISS à côté de quelques personnalités comme Bill Nelson le nouvel administrateur de la NASA. Mais ces touristes étaient admis par exception dans un milieu qui a priori n’était pas conçu pour eux, comme d’autres civils peuvent être admis par exception à séjourner sur un navire militaire. Ce qui est nouveau aujourd’hui c’est qu’un vrai tourisme s’annonce en dehors des cadres institutionnels, une affaire privée comme une autre.

On ne pourra plus arrêter ce mouvement porté par l’opinion. Il y a des centaines de candidats sur liste d’attente, aussi bien chez Virgin Galactic que chez Blue Origin. Bientôt (je suis confiant !) une fusée plus puissante, la New Glenn, lancera sur orbite (et non plus sous-orbite) des « civils » clients de Blue Origin. Dès septembre de cette année, Elon Musk, qui a techniquement de l’avance sur ses concurrents car il dispose déjà du lanceur Falcon et de la capsule Dragon, offrira un « tour du monde en 90 minutes » à quatre clients. Ensuite « nous » irons plus loin. Comme l’a dit Jeff lors de la conférence de presse après vol, « Next stop on the Moon, Wally » ou encore « Big things start small ». Le droit à l’espace pour tous est aujourd’hui confirmé et cela permet d’anticiper que le tourisme pourra être une source essentielle pour atteindre la profitabilité des bases sur la Lune et sur Mars. De ce fait les implantations humaines sur ces astres pourront mener à bien pour des coûts raisonnables toutes sortes de missions scientifiques d’intérêt général.

A l’attention des grincheux écolos qui liraient ce blog, je signale que le lanceur New Shepard brûle de l’hydrogène dans l’oxygène et rejette donc…de l’eau (a priori propre !).

Illustration de titre : capture d’écran de l’atterrissage de New Shepard Crew Capsule.

A noter qu’au cours de ce vol la capsule a été propulsé activement jusqu’à 190000 pieds (57,91 km), zéro g a été atteint à 231400 pieds (70,53 km) et l’altitude maximum atteinte a été de 351210 pieds (107 km).

Lien : https://www.blueorigin.com/

Pour plus de détails sur la limite de Kerman et le tourisme spatial voir mon article précédent (du samedi 17 juillet):

Le tourisme spatial c’est la réduction du coût de l’accès à l’espace, y compris pour l’exploration

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

49 réponses à “Le droit aux voyages spatiaux est aujourd’hui passé dans le domaine public

  1. « A l’attention des grincheux écolos qui liraient ce blog, je signale que le lanceur New Shepard brûle de l’hydrogène dans l’oxygène et rejette donc…de l’eau (a priori propre !). »

    Je pense qu’on peut se poser des questions sur le bilan écologique de telles opérations sans être traités de grincheux écolos par un vieux réac’.

    Sans être un expert, je doute que le carburant nécessaire – qu’il soit kérosène ou hydrogène – ait été obtenu d’un coup de baguette magique.

    1. Au lieu de vous préoccuper de fusée dont les carburants sont produits par l’électrolyse de l’eau à partir d’électricité propre et qui rejettent … de la vapeur d’eau comme l’indique M. Brisson, allez vous préoccuper des milliards de problèmes et solutions au changement climatique. Étant depuis 35 ans dans l’environnement, je peux vous donner quelques pistes, y compris chez vous dans vos pratiques quotidiennes. S’attaquer aux fusées pour lutter contre les changements climatiques est comme utiliser un tape-mouche pendant un incendie… La mouche vous énerve mais le vrai problème est le FEU 🔥 donc allez chercher l’extincteur pour sauver la maison et LACHEZ LE MAUDIT TAPE-MOUCHES (EKOS : maison, d’où Écologie et Économie).

      1. Il n’en demeure pas moins que cette escapade dans l’espace (et surtout sa préparation) a consommé des ressources non renouvelables et émit du CO2, indépendamment, du mode de propulsion. Le nier est simplement idiot, surtout de la part de gens qui le savent parfaitement.
        Quant à savoir si c’était plus ou moins du gaspillage que n’importe quelle autre activité humaine, cela relève de l’opinion.

        1. Commentaire assez surprenant. On vous dit, ce qui n’est pas contestable, que la fusée New Shepard de Blue Origin qui a fait faire à Jeff Bezos ce petit tour à 107 km d’altitude, fonctionne à l’hydrogène brûlant dans l’oxygène et vous lui reprochez de produire du CO2. Vous ai-je bien lu? Reprochez vous aux personnes qui ont participé à l’événement d’avoir pris leur voiture ou l’avion pour venir sur le site de Van Horn? Leur reprochez vous de se déplacer à la la surface de la Terre ou de consommer de l’énergie et de rejeter du CO2 par leur respiration? Tout ce qui est exagéré est insignifiant (au sens strict).

    2. C’est assez ironique de voir les mêmes qui prônent le passage aux voitures à hydrogène en les présentant comme “propres” prétendre que les fusées qui utilisent le même type de combustion ne le sont pas! C’est pourtant (l’utilisation de l’hydrogène) la seule solution réaliste pour que l’énergie solaire puisse un jour prochain remplacer les énergies fossiles. De ce côté, “Solar Impulse” a été pour moi plutôt “Solar Repulse” parce qu’il a montré, plutôt que les possibilités, les limites de l’utilisation DIRECTE de l’énergie solaire dans le domaine de l’aviation (un avion fragile, monoplace, qui a péniblement fait le tour du monde et dont la conception n’est absolument pas “extrapolable” à des aéronefs commerciaux). Pour cette application, comme pour le spatial, la solution passe par l’utilisation de l’hydrogène produit AU SOL par des installations photovoltaïques. Dans ces conditions, et seulement ainsi, oui, le solaire pourra devenir la solution pour remplacer à terme définitivement et plus ou moins complètement les énergies fossiles.

      1. C’est qui est intéressant avec l’hydrogène est sa capacité économique de stocker l’énergie solaire produite par photovoltaique. Les camions à hydrogène sont actuels et performants en Europe tout comme les trains à pile à combustible produites en Suisse qui utilisent l’hydrogène au Canada.

      2. les panneaux photovoltaïques et les batteries qui vont avec,sinon votre projet n est pas pilotable,sont fabriqués avec quoi?l’énergie a la base de la transformation de l’hydrogène inerte(état naturel),puis évidemment conditionnement et acheminement du dit hydrogène(en comptant les pertes comme le gaz),c est quoi?

        1. Si vous cherchez le système parfait du point de vue environnemental, il n’y en a qu’un … ne pas consommer d’énergie du tout :-)! Sinon, ce sera toujours la question de choisir celui qui a le moins d’impacts négatifs. Et l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur énergétique pour en fin de compte “concentrer”, transporter, stocker et utiliser plus facilement et à plus large échelle l’énergie solaire (trop dispersée, aléatoire et intermittente en utilisation directe) fait indubitablement partie de ces “bons choix”.

  2. Le mouvement Woke ne date pas d’hier : on l’appelait Politiquement Correct à l’époque. Laissez-moi vous raconter ce qui m’est arrivé à l’Université McGill à Montréal, Québec, Canada en janvier 1986 dans un contexte de catastrophe spatiale alors que je n’avais pas 20 ans et activiste étudiant centriste. En novembre 1985, j’ai fais partie de la cohorte d’étudiants qui ont protesté et fait en sorte que l’Université McGill retire TOUT ses fonds de l’Afrique du Sud, en raison de l’apartheid, la première Université canadienne à le faire. Le 19 juin 1990, j’ai eu la chance de rencontrer Nelson Mandela libre mais cela est une autre histoire… En janvier 1986, donc, je cherchais une autre cause de bénévolat et me suis engagé dans la campagne de don de sang de la Croix-Rouge à l’université avec mon nom de famille prédestiné… Nous avons fait un concours d’affiche pour la campagne et avec mon talent de dessinateur, j’ai fait une femme “Punk” aux cheveux rouges qui avait une crête en forme de goutte de sang. Elle tenait un bébé et mon slogan : “Le sang, La vie”. Je me suis fait critiquer par mes collègues féminines pour SEXISME parce que j’ai représenté… une femme qui tenait un bébé, perpétuant des soi-disant stéréotypes… Comme Catholique, j’ai défendu Marie et Jésus et toutes les femmes jusqu’à 1986… Mes collègues féminines majoritaires au comité ont pris à la place un VAMPIRE avec le slogan “Nourrissez les vampires du monde” !? Très déprimé, je veux me changer les idées dans mon salon étudiant, celui du département d’ingénierie avec mes camarades de classe de génie chimique et autres dont les aéronautiques pour voir décoller sur notre grand écran cathodique en couleur la navette Challenger avec sa première institutrice dans l’espace. Avec horreur, nous voyons cette colonne de fumée qui se scinde en deux après le décollage. Nous n’oublierons jamais janvier 1986: paix à leurs âmes… et Chernobyl est venu après… une très horrible année ! Après nous avons appris la négligence de la NASA qui voulait absolument faire partir la navette dans des conditions de froids extrêmes avec des joints de dilatation qui deviennent durs à basse température, négligeant la science des matériaux malgré l’avertissement des ingénieurs du fournisseur de joints de ne pas faire décoller la navette dans ces conditions de froid exceptionnel en Floride en janvier …

    1. C’est un beau récit plein d’émotions, je ne peux m’empêcher de penser à cette période que vous évoquez. Vous aviez presque 20 ans, j’en avais 34, le dernier moment pour oser prendre une chambre dans un foyer pour étudiants à Genève, et de nouveau étudier ! Plein de craintes, j’avais été merveilleusement accueilli quand je m’étais enfin décidé, avec courage, d’aller au salon commun. Aucuns préjugés négatifs à mon encontre malgré la différence d’âge : « Tu es comme nous… » Pas entièrement puisque je savais faire mieux que cuire deux œufs, et pouvais ainsi les remercier en préparant des têtes de moutons pour les Africains, des choucroutes pour les Allemandes, et la véritable fondue au Gruyère pour les Françaises. Je les remerciais de partager avec moi leur vision du monde, nous étions si bien ensemble pour en parler, se réjouir, s’attrister, vouloir croire… Le sexisme ? Une notion alors encore peu répandue qui ne concernait que de discrets bars dans des petites rues de Genève. Nous, nous allions nous coucher sur le gazon de Plainpalais faire des pauses en plein soleil de juillet, juste avant l’orage : « Que la vie est belle, aujourd’hui on oublie qu’elle ne l’est pas pour tout le monde… » 1986 était aussi l’année de prise de conscience de la gravité du Sida, ce gros nuage sombre qui petit à petit allait redéfinir notre vision du bonheur insouciant, attiser le sentiment de culpabilité vital aux moralistes. L’époque allait changer, nous faisions en grande majorité confiance à la Science, il n’y avait pas huit mille personnes qui se réunissent pour nier la nécessité de se protéger du virus, mais seulement quelques-unes que l’on plaignait d’être décalées de la réalité. Aujourd’hui les réalités sont multiples, elles font l’objet de votations pour décider de ce qui doit exister ou non. Et qu’est-ce qui restera finalement de vrai ?.. Il faudra continuer à dépenser beaucoup d’énergie pour continuer à combattre le scepticisme des casseurs de rêves (les rêves qui construisent), mais bien heureusement celle-ci est renouvelable.

      1. Merci, Dominic. En parlant du Sida, en 1985 la Croix-Rouge canadienne a commencé à tester les dons de sang pour le VIH et l’hépatite C, plus chauffer les dons. Je me rappelle le questionnaire en 1986 que je devais remplir avant chaque don de sang qui comprenait des questions sur l’hépatite C, si vous étiez séropositif et combien de partenaires sexuels dans les derniers mois avec relations protégées ou non. Malgré tout cela, il y a eu comme en France un scandale du sang contaminé car les tests, de type ELISA de mémoire, n’étaient pas à 100% et le chauffage non systématique, sans compter ceux qui mentaient sur le questionnaire. Après l’impact sur les victimes, la Croix-Rouge canadienne a perdu beaucoup d’argent et n’est plus habilitée à prélever du sang. Au Québec, l’organisme Hema-Québec a pris le relais. Un membre de la famille de mon épouse est séropositif, mais survit bien avec la trithérapie. J’ai eu mes 15 ans au début du SIDA et mes 18 ans au moment où le SIDA était en pleine force. Le sang contaminé par le SIDA a tué à New York en 1992 Isaac Asimov, le maître de la SF psychospatiale (exemple : conséquence psychologiques sur une planète avec trois soleils dont une éclipse totale arrive une fois tous les 200 ans … et dure des heures sur une population qui n’a jamais connu l’obscurité pendant des générations), psychohistorienne (le cycle Fondation sur la chute d’un empire galactique d’oligarques et remplacés par des explorateurs spatiaux démocrates contrôlés sans le savoir par des mathématiciens de l’esprit, eux même contrôlés par une entité écologique planétaire et elle même contrôlée par …, adapté en série TV ou film pour la première fois à l’automne 2021) et les trois lois de la robotique, base d’une AI qui se révolte pour le bien ultime de l’humanité selon elle dont une partie a été adaptée dans un célèbre film de 2004 avec Will Smith… “I, Robot…”

    2. L université mac gill,celles des expérience d ewan cameron,dont le travail sur la privation sensorielle fut un des creuset des théories de milton friedman,pere des chicago boys,prix nobel d économie en 1973.

      1. Attention Monsieur Rochat, c’est un peu court d’assimiler en quatre lignes Milton Friedman aux expériences d’Ewan Cameron. J’ai été moi-même formé à l’Ecole (économique) de Chicago et je puis vous assurer que rien dans ce que j’ai appris alors (j’ai terminé mes études aux Etats-Unis en 1970) ne faisait référence, de près ou de loin, à ces expériences.
        Les théories “monétaristes” de Milton Friedman sont avant tout une réflexion économique fondée sur le pragmatisme et l’expérience. C’est toujours la donnée constatée qui doit être respectée et de laquelle doit dériver la théorie (les faits gouvernent la théorie et non le contraire). C’est donc, dans l’esprit, une économie respectueuse de l’individu et de ses choix mais qui bien sûr intervient pour éviter les dérèglements (injection de monnaie ou non dans le système selon les besoins exprimés par la demande et de façon à éviter l’inflation tout en permettant l’investissement).
        Les partisans du communiste Allende qui avait conduit son pays au désastre (Le Chili était alors dans l’état où est le Vénézuela aujourd’hui) ont voulu absolument déconsidérer Milton Friedman parce qu’il avait inspiré sur le plan économique le gouvernement d’Augusto Pinochet qui avait renversé par la force le gouvernement de l’homme qu’il admirait (ce n’était pas le premier coup d’état au Chili et Allende n’était pas un modèle de tolérance pour ses adversaires politiques…euphémisme!). La politique économique qui a été menée alors a restauré de façon spectaculaire la santé économique du Chili, devenu grâce à lui, le pays le plus prospère d’Amérique latine (et toute la population en a profité). C’est vérifiable et il l’est resté plusieurs dizaines d’années. Cependant Milton Friedman n’a pas gouverné le Chili et ne peut absolument pas être tenu responsable des aspects négatifs de la dictature d’Augusto Pinochet (privations de liberté et mauvais traitements aux prisonniers). Savoir si la politique libérale de Pinochet aurait pu être menée sans la dictature est un autre sujet, proprement invérifiable.

        1. Le livre de naomie klein”la stratégie du choc”fait environ 800 pages.les chicagos boys se sont installés un peu plus d un an avant le putsch au chili,imposant “la brique”.
          Que des théories économique soient en partie basées sur des expérimentations psychiatrique clandestine dans le cadre d’un programme off de la CIA a de quoi dérouter,il est vrai.
          Pour ce qui est de l’amélioration du chili après le putsch,les résultats furent tellement catastrophique,et impopulaire(aux états unis meme)que nixon renias la politique de friedman pour être élus aux élections de 1974,avant de la reprendre.L’argentine,le brésil subiront le meme sort.Ce sont les faits historiques.
          Je suis navré,monsieur brisson,mais vos assertions sont erronés et frôlent le révisionnisme.

          1. Avancer le livre “la stratégie du choc” et son auteure Naomi Klein pour déconsidérer l’action des économistes libéraux au Chili n’est absolument pas une démonstration!
            Naomi Klein fut une adversaire résolue de Milton Friedman et ses arguments sont plus que partisans pour ne pas dire totalement biaisés par son idéologie gauchiste voire altermondialiste.
            Je me souviens de la situation au Chili avant et après le coup d’état d’Augusto Pinochet pour en avoir bien suivi l’actualité et je suis heureux qu’il ait eu le courage de mettre fin au régime d’Allende même si je n’approuve pas son comportement trop répressif des libertés publiques par la suite.

      2. Pour ce qui est de McGill (et non MacGill, M. Rocha ou Rochat…), les expériences se sont déroulées avant même l’idée de ma naissance, de 1957 à 1964 avec une psychiatrie qui utilisait le LSD que même les chimistes ont expérimenté sur eux-même et Naomi Klein, probablement … Ce fut dans un contexte où la psychiatrie utilisait ailleurs la LOBOTOMIE pour soi-disant soigner la schizophrénie et d’autres maladies mentales. Les molécules chimiques ont le mérite d’être moins nocives que la chirurgie définitive du cerveau. Quant à la CIA et McGill, c’est un fait reconnu et je me rappelle des débats à l’association étudiante de McGill par rapport au passé mais ma Alma Mater n’était pas la seule. Préoccupez-vous plutôt de 2021 que de 1957 et des logiciels espions actuels dans nos téléphones…

  3. A propos de la propreté de la propulsion avec l’hydrogène-oxygène, tout dépend si l’hydrogène est produit par électrolyse de l’eau effectuée avec de l’électricité issue de sources renouvelables ou non. Actuellement la plus grande partie de l’hydrogène produit industriellement utilise des hydrocarbures avec émission de CO2 associées, car moins coûteux, et donc cet hydrogène est loin d’être une source propre.
    En théorie il serait donc possible de rendre les fusées de BlueOrigin propres, moyennant un surcout, mais je n’ai pas vu cette indication sur le site.

    1. Bien sûr Monsieur Pfenninger. Il faut s’intéresser à la source d’énergie primaire mais ne pas polluer avec l’énergie secondaire est quand même quelque chose de positif.
      Et si on s’intéresse à l’énergie primaire, je voudrais aussi que l’on condamne les voitures électriques, les jeux vidéos ou, pris sous un autre angle, tous les pays qui continuent à bruler du charbon pour obtenir de l’électricité ou encore les pays qui par idéologie préfère continuer à importer du pétrole pour faire tourner leurs usines que d’utiliser l’énergie nucléaire.

    2. D’abord, McGill est la patrie de Rutherford, le grand physicien et chimiste, prix Nobel. Le début de la science du nucléaire civil au Canada. La Mecque de la science des plasmas , le quatrième état de la matière après solide, liquide, gaz, la meilleure école de médecine du Canada qui a eu des avancées en psychologie behavioraliste pour les humains et éthologique pour les animaux, le centre canadien de recherche en pâtes et papiers, science des nouveaux matériaux, économistes de de droite, centre et gauche axés tous sur le développement durable, une école de management et finances hors-pair, un musée paléontologique avec son école, un musée historique, le meilleur centre de recherche agronomique canadien, la meilleure faculté de droit et un génie aéronautique reconnu avec l’école Polytechnique de Montréal, ayant formé 4 astronautes canadiens* dont une chef d’état, le Premier Ministre actuel Justin Trudeau depuis 2015 et son père de 1968 à 1984. Ne me provoquez pas sur McGill fondée il y a exactement 200 ans en 1821, une des PREMIÈRES universités d’Amérique.
      * y compris David St-Jacques qui a effectuée une longue mission de 2018 à 2019 (plus de 200 jours dans l’espace).

  4. vous ne publierez certainement pas ce mot.
    Comment des individus qui vivent sur l’évasion fiscale et le quasi esclavagisme de leurs enployés peuvent-ils susciter de l’émotion parce qu’ils ont volé 3 minutes en apesanteur. Il faut être aveugle pour tenir des propos pareils

    1. Ces “individus” comme vous dites, Monsieur Henry, ont créé une entreprise extraordinaire qui a énormément facilité les échanges en en réduisant énormément le coût pour les utilisateurs. Ils ont rendus accessibles à tous des biens et services qu’il n’était pas imaginable qu’ils puissent se procurer. Ils ont dynamiser l’activité de leurs concurrents qui ont été obligés de faire mieux ou autrement pour survivre et prospérer. Ils ont créé des centaines de milliers d’emplois dans le monde.
      Je ne pense pas que si cet argent qu’ils n’ont pas payé au fiscs divers était allé dans les caisses des états, il aurait été mieux dépensé et que le monde s’en serait mieux porté. Les consommateurs ont voté pour l’utilité public d’Amazon pour porter cette entreprise au niveau où elle est aujourd’hui et son créateur Jeff Bezos en a légitimement été récompensé.
      Quant à l’esclavagisme auquel serait réduit les employés d’Amazon, modérez vos propos. Personne n’est obligé de travailler pour cette entreprise. Si des centaines de milliers d’individus le font c’est qu’ils y trouvent leur intérêt.

  5. Jeff Bezos se lance avec la NASA et en partenariat avec d’autres dans les fusées nucléaires pour atteindre Mars potentiellement en 3 mois . Une technologie concurrente d’un Costa-Ricain ex-NASA, déjà présentée dans le blog de M. Brisson, table sur 39 jours Terre-Mars.
    https://www-bfmtv-com.cdn.ampproject.org/c/s/www.bfmtv.com/amp/economie/entreprises/industries/la-nasa-veut-des-fusees-nucleaires-pour-aller-sur-mars_AN-202107160035.html

    1. “caprices de PRIVILEGIES”. Avez.vous lu les biographies de ces “privilégiés”? Quand vous aurez fait déjà le millième de ce qu’ils ont réussi en partant d’où ils sont partis vous serez alors aussi un “privilégié” et aurez le droit de les critiquer!

  6. L’énergie quelle que soit son origine, de la plus propre à la plus sale reste de l’énergie qu’il faudrait utiliser à bon escient. L’énergie disponible n’est-elle pas la composante archi-dominante du moteur de notre société?
    En se limitant strictement à l’énergie nécessaire au vol, on peut estimer que le vol nécessite très grossièrement 100’000 kWh ou approximativement 10’000 l d’essence. Où placer le curseur entre caprice de privilégié et bénéfice global d’un accès facilité à l’espace proche et avancées scientifico-technologiques, libertés individuelles et/ou durabilité?

    L’ingénieur et rêveur s’enthousiasme d’une telle prouesse. L’ingénieur qui souhaite laisser un monde, si ce n’est meilleur, au moins équivalent à sa descendance est très dubitatif.

    1. Certes Samuel mais comment allez vous définir où placer le curseur?
      D’autant que, comme j’ai essayé de le mettre en avant, cet argent qui va être gagné grâce au tourisme par Blue Origin en exploitant la fusée New Shepard, va servir à Blue Origin à développer sa New Glen qui elle devrait pouvoir permettre d’aller sur la Lune…pour y transporter aussi bien des touristes que des scientifiques.
      Rien n’est simple et, à mon avis, il vaut mieux laisser au marché faire le tri. De toute façon les consommateurs sont sensibles aux courants d’opinions et donc le marché l’est aussi. Je suis par exemple certain que l’arbitrage entre l’offre de Virgin Galactic et celle de Blue Origin sera vite fait, non seulement parce que Virgin Galactic va moins haut mais aussi parce que le New Shepard fonctionne à l’hydrogène/oxygène.

      1. Ca n’est en effet pas simple, je n’ai d’ailleurs personnellement pas d’avis tranché. Je vous rejoins sur l’aspect du tri par le marché. Je pense ce critère idéal si le coût réel de l’énergie était pris en compte, pour toute utilisation d’énergie que ce soit… tourisme spatial, datacenter, production agricole ou de béton, mais c’est un autre débat.

    2. @Samuel: Eh bien, si vous voulez faire le décompte de toute l’énergie qui n’est dans le monde “pas utilisée à bon escient” (si vous arrivez par ailleurs à définir ce qu’est vraiment le “bon escient”!), vous verrez que celle investie dans le tourisme spatial, pas plus critiquable que tout autre activité touristique et même bien moins polluant et dommageable, n’est qu’une (toute) petite goutte d’eau et le restera! Il ne faut pas se tromper de cible quand on veut préserver notre monde pour les futures générations, ce que j’approuve totalement et à quoi j’essaie de contribuer dans la mesure limitée de mes possibilités (si tout le monde en fait autant, on aura déjà fait une bonne partie du chemin)!
      P.S.: L’utilisation du terme “privilégiés” pour parler de gens comme Branson, Bezos ou Musk m’agace passablement; pour moi, un privilégie est un(e) fils(fille) à papa qui bénéficie d’importantes ressources financières sans avoir rien eu à faire pour les mériter. Tout le contraire des personnes précitées. J’aimerais d’ailleurs que des milliardaires européens prennent exemple sur eux; je n’ai pas l’impression que beaucoup d’entre eux utilisent leur argent pour des causes tellement plus utiles!

      1. La plupart des commentaires ici sont des discussions de café de commerce sans chiffres. 40% DU CO2 vient de la production d’énergies fossiles, un autre 35% de la production de nourriture et une bonne partie du reste dans les transports terrestres … Tout le reste est littérature et comme l’écrivait Shakespeare… A LOT ADO ABOUT NOTHING … BEAUCOUP DE BRUITS POUR RIEN …

      2. (Je pense que ma réponse précédente s’est perdue dans les limbes du réseau. J’en propose une nouvelle, plus synthétique, à ne pas publier si la précédente vous est bien parvenue. Merci.)

        Non, et c’est volontairement que j’ai utilisé un conditionnel et un terme vague, chacun se fait son avis. Les rivières sont néanmoins faites de gouttes d’eau. De plus, ces milliers d’astronautes se rendront à Van Horn, TX en avion voire en avion privé, augmentant encore largement le coût énergétique.

        Par contre, le terme privilégié est adéquat. Il ne présuppose pas de l’origine de l’avantage si j’en crois larousse.fr.

        1. Ce n’est pas la définition formelle du Larousse qui compte, mais l’interprétation que le terme prend dans un certain contexte!

  7. Ce qui me sidère, dans les échanges déjà formulés sur ce blog, c’est que personne, à part M. Brisson, n’a encore parlé de l’exploit en soi ni, qu’on soit pour ou contre une telle entreprise, de l’immense travail qu’il représente en termes de calculs, de performances techniques et scientifiques. Comme si celui-ci allait de soi.

    Pour ma part, je suis resté muet d’admiration à la vue de l’extrême précision avec laquelle ces quelques minutes de vol se sont déroulées. Le lanceur (“booster”) est retombé sur terre à quelques centimètres près sur son aire de lancement, aurait-on dit, concluant ainsi une opération qui s’est elle aussi déroulée sans aucune faille. Et comment ne pas se mettre à la place des quatre occupants de la capsule dont on devine la présence par leurs quelques mouvements perceptibles à travers les grands hublots, tandis que le compte à rebours progresse?

    En revanche, à mon avis le droit aux vols spatiaux ne sera vraiment passé au domaine public que quand les travaux des mathématiciens et informaticiens, du personnel scientifique et technique qui l’ont rendu possible sera accessible dans ce même domaine public, comme le sont déjà en grande partie ceux de la NASA et de l’ESA. N’importe quel étudiant en ingénierie ou même simple amateur de vols spatiaux devrait pouvoir y accéder. Or – M. Brisson, qui le sait pourtant, n’en parle pas -, le développement scientifique n’est possible que dans la mesure où il est ouvert. Ceci va tout sauf de soi.

    Ni Blue Origin, ni Amazon, ni Microsoft, ni Elon Musk, ni IBM, ni aucune des grandes et moyennes entreprises ne peuvent se passer aujourd’hui du travail des informaticien(ne)s, en particulier de celles et ceux qui contribuent au développement du logiciel libre, et ceci en grande partie sur une base volontaire. Sans ces travailleurs de l’ombre, encore peu ou pas reconnus, les exploits d’un Elon Musk ou d’un Jeff Bezos – pourtant informaticien de formation – seraient tout simplement irréalisables. Ne resteraient-ils pas ce qu’ils sont surtout pour l’heure: de beaux coups de marketing et de pub qui laissent au moins aussi songeurs qu’ils ne font rêver?

    1. Cher Monsieur, vous écrivez « le droit aux vols spatiaux ne sera vraiment passé au domaine public que quand les travaux des mathématiciens et informaticiens, du personnel scientifique et technique qui l’ont rendu possible sera accessible dans ce même domaine public, comme le sont déjà en grande partie ceux de la NASA et de l’ESA ».
      Cependant, à mon avis, il faut bien voir que Blue Origin, comme Virgin Galactic ou SpaceX, sont des entreprises privées. Elles doivent trouver des solutions à leurs problématiques et les protéger parce que ces progrès (parvenir à concevoir et réaliser ces solutions) leur ont coûté de l’argent. Il ne serait pas normal, je veux dire, équitable ou « fair play » que leurs concurrents en bénéficient sans avoir à effectuer la dépense. Cela leur donnerait un avantage indu qui pénaliserait pour la suite ceux qui sont parvenus à trouver les bonnes solutions et qui ont travaillé pour ces entreprises.
      La propriété intellectuelle existe et c’est une bonne chose car il faut qu’elle soit rémunérée. Si elle ne l’était pas il n’y aurait plus de recherche privée et on ne peut pas compter uniquement sur la recherche publique.
      D’ailleurs, même au niveau des Etats, il arrive que des entreprises publiques vendent leurs brevets ou leur know-how à l’étranger. Si la rémunération est bonne, c’est une bonne chose pour le vendeur aussi bien que l’acheteur mais il faut veiller à ce que cette rémunération puisse permettre au vendeur de continuer son effort de recherche pour aller plus loin. Sinon c’est l’acheteur qui va en profiter et écraser la valeur de l’offre du vendeur. On l’a constaté à de multiples occasions.

      1. Merci pour votre réponse, cher Monsieur Brisson. Bien sûr, il ne serait ni normal, ni équitable ou “fair play” qu’une entreprise signe un chèque en blanc à ses concurrents en leur livrant un code et des applications que ces derniers n’ont rien fait pour développer. Monsieur Haldi a aussi raison de rappeler que les travaux d’un chercheur ou d’un inventeur, qu’il soit au service du privé ou du public (pour avoir servi ces deux maîtres, je crois connaître de longue date le dogme du “qui paie commande”) font l’objet de brevets, de droits d’auteurs et de licences. Comme chercheur, j’en connais aussi le triste verso, quand ces droits et licences sont détournés à des fins tout autres que la protection des travaux d’auteurs. Je pourrais en citer quelques exemples.

        Or, n’est-ce pas précisément ce que font des entreprises comme Amazon et Microsoft qui, tout en affirmant encourager le logiciel libre, en usent et abusent en toute impunité? La récente controverse suscitée par le recours au système ElasticSearch Service par Amazon Web Services (AWS), le service “cloud” d’Amazon, en offre un exemple notoire: cette application en source libre a contraint ses auteurs à en changer la licence après qu’AWS se soit autorisé des libertés inacceptables, depuis 2015, à leurs yeux.

        Dans le domaine spatial, le logiciel libre, et Linux en particulier, ont permis à “Perseverance” de traverser l’atmosphère martienne et à l’hélicoptère “Ingenuity” de s’envoler et se reposer sans contrôle depuis la Terre. Si la presse n’en avait pas parlé, cette performance serait passée quasi inaperçue. Pas sûr toutefois que sous la pression des medias la reconnaissance tardive que la NASA a apportée à leurs auteurs, surtout sous forme de distinctions purement honorifiques, suffise à ceux-ci à payer leur loyer.

        Cordialement,

        A. Ldn

    2. @A. LDN: Il me semble que vous voyez un problème là où il n’y en a pas. D’abord, en matière astronautique énormément de données et informations sont d’ores et déjà tout-à-fait d’accès public. Et pour le reste (et cela ne concerne pas que l’informatique!), ce qui n’est pas LIBREMENT accessible, mais l’est quand même, ce sont des développements particuliers couverts par des brevets ou des copyrights. Simplement, il faut payer pour les utiliser, ce qui est normal comme le souligne Monsieur Brisson, tout travail mérite salaire, sinon plus personne n’inventerait, ne créerait, quoi que ce soit (pas que dans le domaine technique d’ailleurs, mais dans tout domaine où l’esprit créatif/inventif joue un rôle).

  8. Selon l’Agence internationale de l’énergie, AIE, le marché mondial de l’hydrogène (de fait du dihydrogène, H₂) d’environ 70 millions de tonnes par an actuellement, a été de 114 milliards USD en 2017 et est estimé devoir être de quelque 155 milliards USD actuellement. Le prix moyen du dihydrogène liquéfié (la liquéfaction est encore une opération assez coûteuse) est d’environ 2 USD le kilogramme. Il faut rappeler que la production du dihydrogène pour les usages industriels se fait quasiment uniquement à partir d’agents fossiles : de fait 6% du gaz naturel (soit 240 milliards de m³) et 2% de l’anthracite (soit 160 millions de tonnes) du monde y sont dédiés, donc principalement par « vaporeformage » du méthane, CH₄ (« steam methane reforming », SMR, en anglais). L’usage industriel de ce dihydrogène est pour moitié en vue de fabriquer de l’ammoniac, par exemple, pour produire des engrais, et pour moitié pour hydrogéner, et par là alléger, les fractions lourdes du pétrole, par hydrocraquage (« hydrocracking », en anglais). Mais il y a d’autres applications industrielles possibles, en sidérurgie, par exemple, pour remplacer le rôle réducteur du charbon. Les applications dans le domaine des carburants sont encore tout à fait marginales, mais vont se développer.
    La conséquence de ce type de production à partir d’agents fossiles est l’émission concomitante d’au moins 830 millions de tonnes de CO₂ par an, un chiffre considérable : en comparaison, ce sont les émissions annuelles additionnées de la France, de l’Italie et des Pays-Bas, soit aussi 1,4 fois les émissions de l’Allemagne, ou 26 fois celles de la Suisse ! Cela correspond à environ 11 tonnes de CO₂ émises par tonne de dihydrogène produite. Il est clair qu’il faudra s’orienter vers une production neutre en CO₂, par électrolyse de l’eau ; c’est l’« hydrogène vert » que vise le recours à l’énergie solaire, soit avec des réacteurs à haute température, soit avec des électrolyseurs alimentés en électricité issue d’installations photovoltaïques, ou d’éoliennes.
    Mais il est une autre façon de produire plus intensivement du dihydrogène à partir de l’eau, en combinant chaleur (haute température) et électricité (électrolyse) au moyen de réacteurs nucléaires dédiés, par une électrolyse de l’eau à haute température (vers 500 °C voire plus) qui est bien plus efficace et dont le coût avoisine 1 USD le kilogramme. On pense déjà arriver à 0,90 USD le kilogramme vers 2030. On utilisera de petits réacteurs modulaires à sels fondus (« small modular reactors », SMR, en anglais), d’une puissance de quelques dizaines de mégawatts, MW (la firme NuScale a déjà développé un réacteur modulaire de 60 MW, le « Nuscale Power Module », mais qui n’est pas encore dédié à produire du dihydrogène). Une autre voie nucléaire est la dissociation thermique ou thermochimique de l’eau (thermolyse) à très haute température par des réacteurs dits à très haute température (« very high temperature reactors », VHTR, en anglais) qui recourent à une réaction catalytique au-delà de 800 °C avec le cycle iode-soufre.
    En conclusion, l’électrolyse de l’eau à basse température à partir d’électricité issue de sources d’énergie renouvelables ne sera pas la panacée. Seule l’électrolyse à haute température permettra d’atteindre des coûts plus bas pour permettre une expansion massive de l’usage du dihydrogène.

    1. Effectivement, il faut promouvoir d’abord l’hydrogène bleu mais l’hydrogène vert est excellent pour stocker la production photovoltaique intermittente et permets aux véhicules à hydrogène et électriques d’avoir un meilleur rendement énergétique que les moteurs à combustion. L’hydrogène d’origine nucléaire est aussi une piste intéressante, par exemple sur la Lune ou Mars à partir de mini-réacteurs. L’hydrogène brun d’origine fossile est à bannir à courte échéance ou lui imposer une très forte taxe CO2…

    2. Excellente information. Merci Monsieur de Reyff. Pour ceux qui sont intéressés, je joins le lien vers la présentation sur le “Nuscale Power Module”. Ca vaut la peine de la lire pour admirer l’ingéniosité des concepteurs:

      Ce que je veux dire aussi c’est que même si aujourd’hui l’énergie primaire pour obtenir de l’hydrogène provient bien surtout des hydrocarbures, il y a un bon espoir pour que cela change. Dans l’histoire de l’humanité il y a toujours eu des périodes de transition et ces périodes ont été meilleures, moins brutales, que les périodes de rupture.

      1. Lisez mon lien sur TOUTES les couleurs de l’hydrogène : blanche, grise, brune, bleue, verte, rose (nucléaire) et turquoise… Il EST FAUX en 2021 de se limiter à UNE technologie pour l’hydrogène. En plus, j’ai une message pour tous ceux qui font des commentaires sur le CO2 et l’impact de l’industrie spatiale sans mettre les choses en perspective : j’ai 35 ans dans le métier de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques et on me remets en cause, y compris mon Université réputée. Il ne me viendrait pas à l’idée de remettre en cause les conseils de ma médecin doctoresse et d’aller critiquer son Université … Chacun son métier et les vaches seront bien gardées. A bon entendeur. Salut.

        1. Parce que vous connaissez les métiers et qualifications des autres intervenants sur ce blog?! Notez, ce pourrait être une idée, que non seulement chacun donne son identité (pas de pseudos) en en-tête d’un commentaire, ce qui me semble la moindre des politesses vis-à-vis des autres intervenants, mais aussi les qualifications qui sont les siennes pour traiter du sujet (s’agissant d’un blog à vocation “technico-scientifique”). Le problème, évidemment, serait la vérification de ces informations 🙂 !

          1. Bonne idée M. Haldi que les anonymes donnent leurs qualifications. Les miennes sont entièrement disponibles sur LinkedIn. Prenons le positif : M. De Reyff fait un commentaire scientifique éclairé, M. Brisson ajoute un complément d’information et j’ajoute le mien.
            Prenons le négatif : des personnes anonymes, qui ne sont certainement pas des gens du génie environnemental … ou autre, utilisent SANS CHIFFRES l’impact carbone comme tarte à la crème de l’immobilisme. Le MOINDRE étudiant de premier année en environnement ainsi que mes anciens étudiants de MBA, dont le PDG des SIG, savent que l’on ne peut produire économiquement quoi que ce soit sans impact écologique et que l’économie n’existe pas sans l’écologie (la vrai, EKOS : maison, donc Terre). La question est 1) de trouver l’optimum dans le domaine où l’on est : par exemple le spatial 2) réhabiliter les écosystèmes qui donnent des services gratuits énormes aux humains, services dépassant chaque année plusieurs fois en valeur ce que toute l’économie humaine peut produire.

          2. Meilleure idée encore :
            Quittez le journal où chacun a accès librement aux blogs, créez un site privé où vous choisirez vos propres règles de sésame, et vous vous sentirez à l’aise en petit comité. Le blog ouvert par un auteur dans ce journal est une formule qui me semble équitable en profitant aux deux parties, ce n’est bien sûr pas par charité d’âme que Le Temps offre ses pages aux blogueurs, et je pense qu’en sens inverse les auteurs ne se dirigent pas toujours vers ce journal pour sa « grande qualité » mais parce qu’il est lu par des lecteurs qui y recherchent de meilleurs articles que ceux rédigés par les journalistes diplômés. Chacun en a pour son compte, et vous pouvez ainsi comprendre pourquoi votre proposition d’un blog sur mesure avec présentation de sa carte de membre à l’entrée m’apparaît inappropriée.

          3. Les qualifications sont suffisantes. Sur un autre blog du Temps, l’exclusion est pratiquée pour les gens du centre et de gauche par un membre de l’UDC Vaud …

          4. @Dominic: 1/ Il semble que le clin d’oeil dans mon commentaire vous ait échappé! 2/ Cela dit, dans le cadre d’un blog à vocation technico-scientifique comme je l’ai écrit, il ne serait effectivement pas sans intérêt que les gens qui avancent des théories donnent les qualifications qu’ils ont pour le faire, afin que l’on puisse juger de leur crédibilité (mais je sais très bien qu’on ne peut l’imposer ni s’y fier en pratique, entre autres pour la raison que j’ai clairement indiquée), et ça n’empêche par ailleurs absolument personne de s’exprimer, rien à voir avec un “blog sur mesure”! 3/ Si je peux comprendre à la rigueur que l’on utilise des pseudos lorsqu’il s’agit de débattre de sujets “sensibles”, je ne vois plus aucune raison de le faire dans le cadre d’un blog du type de celui de Monsieur Brisson. Un minimum de courage de ses opinions que diable et, je le répète, de simple politesse vis-à-vis de ceux qui s’expriment, eux, à visage découvert (malgré les “règles Covid” aujourd’hui 🙂 !), ou serait-ce qu’on n’est pas si sûr de ce que l’on avance (justement par manque de qualifications peut-être?) … ou alors, pas trop fier ?!

  9. TOUTES les fusées ensemble contribuent chaque année environ 0.000006% du changement climatique, ce qui en fait un très GRAVE PROBLEME et une PRIORITE ABSOLUE. Je suis sûr que tout le monde préfère se focaliser pour gagner des centimes plutôt que des millions dans le monde imaginaire de MM. Rochat et Giot … En comparaison, les avions contribuent à environ 2.5 % du CO2 mondial et ne parlons pas des 1.4 milliard de voitures pour ne pas fâcher M. Brisson 🙂 … CQFD.
    https://www.livescience.com/new-shepard-emissions.html

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