L’énergie sans laquelle rien n’est possible

Comme chacun sait, l’énergie a quelque chose à voir avec la masse et la vitesse. Les corollaires sont la distance que l’on peut parcourir et le temps nécessaire pour le faire. Dans ce contexte, on peut être soit passif vis-à-vis de l’énergie, la recevoir (ou recevoir les particules qu’elle transporte), soit actif, la capter et l’utiliser pour exercer une poussée et se déplacer. Observer en recevant semble évidemment plus facile. On reçoit sur Terre, tous les rayonnements et toutes les particules qui circulent dans l’univers à la vitesse maximum de 300.000 km/s. Il s’agit d’analyser ces rayonnements et particules pour le comprendre et cela est moins facile. C’est toute la science de l’astronomie et de la spectrométrie (analyse de la lumière ou autres rayonnements émis ou réfléchis).

Exercer une poussée pour « aller sur » où « aller voir » est l’alternative. Savoir l’utiliser est la science de l’astronautique (évoquée dans mon article précédent). Notre rayon d’action dans ce cas est forcément limité. Il l’est (1) par la vitesse de la lumière, qu’on ne peut même pas rêver d’approcher au-delà d’un certain seuil (peut-être 0,2c soit 60.000 km/s et nous en sommes très loin) compte tenu des conséquences sur les masses et sur le temps lui-même (vitesses « relativistes »* qui commence vers 0,1c), et (2) par la durée de notre vie compte tenu des distances à parcourir. La sonde Voyager, l’objet fait de main d’homme qui est le plus loin de la Terre ne s’en trouve qu’à 20 heures-lumière et elle en est parti en 1977 (elle s’éloigne actuellement du soleil à 17 km/s) ! Alpha du Centaure qui est l’étoile de type solaire la plus proche est à 4,37 années-lumière. Notre galaxie a un diamètre de 100.000 années-lumière !

*Une vitesse relativiste est une vitesse à laquelle les effets de la relativité restreinte deviennent non négligeables. Ainsi le temps s’écoulerait plus lentement pour le passager d’un vol se déplaçant à une telle vitesse, que pour les hommes restés sur Terre. On peut penser que la distorsion de temps ne serait pas trop grave pour des voyages « courts » et une vitesse proche du seuil de 0,1c

Que ce soit par missions robotiques ou par missions habitées, notre domaine d’évolution astronautique est donc restreint à notre système solaire tant que nous ne maîtrisons pas d’autres systèmes de propulsion que ceux d’aujourd’hui. De toutes façons, ce domaine restera limité par le temps et par la quantité d’énergie que l’on peut utiliser (masse et puissance), à notre système et à ses proches voisins. Mais quelles sont les formes possibles de cette énergie ?

La plus simple, et qui reste incontournable pour le décollage du fait de son « impulsion spécifique », « Isp », très élevée (force qu’elle procure à un moteur en fonction de la quantité de carburant consommée par unité de temps) et de sa capacité polluante acceptable, est la propulsion chimique, un oxydant et un réducteur (« propergols ») qui réagissent à forte pression dans une chambre à combustion, l’énergie thermique ainsi dégagée étant convertie en énergie cinétique, propulsive par détente dans une tuyère. Comme couple oxydant / réducteur, le plus évident est l’hydrogène brûlant dans l’oxygène mais une bonne alternative à l’hydrogène est le méthane (CH4). Il s’évapore moins facilement des réservoirs et on pourrait facilement l’extraire de l’atmosphère de CO2 de Mars en combinant ce gaz avec l’hydrogène de l’eau martienne, en présence d’un catalyseur de nickel (réaction dite « de Sabatier » qui date de la fin XIX / début du XXème siècle).

Les problèmes de l’énergie chimique sont la masse des ergols nécessaires pour la produire (et à arracher à la gravité planétaire) et son corollaire, la faible durée pendant laquelle la poussée qu’elle génère peut s’exercer (la masse brulée s’épuise vite). Le principe consiste donc à utiliser deux ou trois combustions successives : au sol pour le décollage, puis pour l’élancement du deuxième étage (les deux ne peuvent faire qu’un seul) pour mise sur orbite de parking et enfin, à un certain point de l’orbite de parking, pour injection sur un arc d’orbite circumsolaire vers l’objectif planétaire à atteindre. Il ne faudra alors plus que quelques petits ajustements (« corrections de trajectoire »), par des impulsions complémentaires très brèves et relativement peu consommatrices d’ergols pour arriver dans l’environnement visé. Si l’on veut ensuite « descendre » en surface de la planète sans s’y écraser, c’est une autre histoire, celle de l’« EDL » (« Entry, Descent, Landing »). Disons rapidement que l’EDL est comparable à la mise en orbite (nécessité d’une poussée forte et très rapide) mais qu’à la différence de la mise en orbite, on peut tirer profit de l’atmosphère, quand il y en a (!) pour diminuer la consommation d’énergie. Mars en a un peu et l’économie qu’elle procure n’est pas négligeable.

L’énergie nucléaire est une alternative à la propulsion chimique mais uniquement pour la phase suivant l’injection transplanétaire. Au sein de celle-ci il faut distinguer la propulsion nucléaire thermique (« NTP ») et la propulsion nucléaire électrique (« NEP »). Dans le premier cas on éjecte par une tuyère de l’hydrogène préalablement chauffé par un réacteur. C’est intéressant sur le plan des masses d’ergols puisqu’on obtient la même poussée qu’avec la propulsion chimique mais avec la moitié de ce qu’elle consomme. Malheureusement le réacteur nucléaire est très lourd, les réservoirs d’hydrogène très volumineux et les tests sur Terre (ou l’utilisation dans l’atmosphère) pratiquement exclus (risque de retombées radioactives). La propulsion nucléaire électrique (moteurs « RTG » pour « Radioisotope Thermoelectric Generator ») est encore plus intéressante sur le plan de la consommation des ergols car on peut réduire leur masse de 5 à 10 fois. Le système fonctionne en boucle fermée et peut donc être beaucoup mieux sécurisé. Il ne fait que fournir de l’électricité à des propulseurs électriques (la chaleur résultant de la désintégration du combustible radioactif est transformée en électricité). Ceux-ci ionisent un gaz pour former un plasma qui est ensuite accéléré par des champs électriques et magnétiques. Le problème de cette NEP c’est que la poussée, proportionnelle à la puissance que l’on peut raisonnablement produire est très faible (quelques kW). Son avantage c’est qu’elle peut durer très longtemps. Les Américains l’utilisent donc pour la propulsion de petites masses (hors sphère de Hill terrestre c’est à dire lorsque le vaisseau ne peut plus retomber sur Terre !) pour le fonctionnement des appareils en alternative aux panneaux solaires (Apollo, Pioneer, Voyager, Viking, Galileo, Ulysses, New Horizon, Cassini, Curiosity) notamment pour les missions lointaines, dans des zones où l’irradiance solaire est devenue trop faible du fait de la distance.

On a le même problème de puissance avec l’énergie photonique provenant du rayonnement solaire. En effet le flux de photons de l’étoile (notre soleil) est constant mais sa poussée est très faible. On peut donc l’utiliser comme la propulsion nucléaire électrique une fois que la sonde ou le vaisseau sont lancés dans l’espace pour les accélérer, très lentement mais continument. Une difficulté complémentaire mais rédhibitoire (en fonction des objectifs !) vient de ce que plus on s’éloigne du soleil, plus l’intensité du rayonnement diminue. Déjà au niveau de l’orbite martienne l’irradiance est légèrement inférieure à la moitié de ce qu’elle est à celui de l’orbite terrestre. Une solution à l’étude est d’utiliser un rayonnement photonique actif plutôt que passif, c’est-à-dire de pousser la voile non pas avec le rayonnement de l’étoile mais avec la lumière de lasers. C’est ce qu’étudient actuellement les ingénieurs participants au projet Breakthrough Starshot qui se proposent d’envoyer des microsondes dans le domaine d’Alpha Centauri. Mais pour les masses importantes (les missions habitées) c’est encore de la science-fiction car cette propulsion ne peut être vraiment efficace (et d’autant plus efficace) que si la masse à déplacer est faible.

Il faut donc espérer des progrès dans le domaine de la propulsion photonique ou de la propulsion nucléaire électrique mais ce n’est pas demain, hélas, que l’on pourra voir voler de beaux vaisseaux comme le Dragonfly de Robert Forward ou l’Hermès du film « Seul sur Mars ». En attendant ces magnifiques « clippers », nous devrons nous contenter de notre « caravelle » à propulsion chimique (ce qui n’est déjà pas si mal). Il nous faut être patients et accepter des voyages assez longs (six mois tendant vers quatre, voire trois mois pour aller sur Mars).

De toute façon pour décoller et aller jusqu’à l’orbite de parking avant le grand départ, étant donné que la NTP est exclue pour le risque qu’elle représente, aucune autre énergie n’est suffisamment puissante (on pourrait dire « brutale ») que l’énergie chimique pour arracher les vaisseaux à l’attraction terrestre. La limitation vient de ce qu’il faut donner très rapidement une poussée supérieure à la masse soulevée et pour atteindre la puissance nécessaire il faut consommer énormément d’énergie. Par exemple pour soulever un vaisseau de 4400 tonnes comme le BFR d’Elon Musk (chargé d’ergols) et le placer en orbite terrestre « de parking », il faudra avec un lanceur (« 1er étage ») exercer une poussée initiale de 5400 tonnes (pour référence la masse de la Tour Eiffel est de 10.100 tonnes). Une fois la poussée effectuée, le réservoir du lanceur sera presque vide et il redescendra sur Terre, ne laissant en orbite que les 180 tonnes « sèches » du vaisseau (les réservoirs du vaisseau seront remplis ensuite à nouveau par une succession de quatre vols avitailleurs).

Capter et utiliser l’énergie est difficile. L’homme s’y emploie depuis l’aube des temps. Les progrès récents nous ouvrent des perspectives extraordinaires. Ne nous refusons pas le plaisir de saisir les opportunités qu’elles nous permettent, et de rêver aux autres.

Image à la Une: BFR (“Big Falcon Rocket”, SpaceX) au sol. La taille du petit personnage en dessous à droite, donne l’échelle ! Le lanceur fait 58 mètres, le vaisseau 48 mètres, le diamètre 9 mètres, le total 106 mètres. L’essentiel de la longueur du lanceur correspond au réservoir. 

Image ci-dessous: vue des moteurs du BFR, à droite les 31 moteurs Raptor du lanceur; à gauche les 4+2 moteurs du vaisseau spatial :

Image ci-dessous: vue d’artiste d’une voile Solaire conçue par le « In-Space Propulsion Technology Office » du « Marshall Space Flight Center » de la NASA, à Huntsville (Alabama). Le programme de cet office est conduit par le Centre Marshall pour le compte du « Science Mission Directorate » de la NASA.

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

43 réponses à “L’énergie sans laquelle rien n’est possible

  1. La présentation de M. Brisson sur l’énergie nucléaire ne met pas clairement en évidence les caractéristiques principales de celle-ci, qui justifient que l’on s’y intéresse pour la propulsion (et autres applications énergétiques) spatiale(s).
    Le principal atout de l’énergie nucléaire est son énorme “densité énergétique” : env. 83 millions de MJ/kg d’uranium-235 contre env. 16 MJ/kg (MJ=millions de Joules, unité d’énergie du système international) pour la meilleure réaction chimique (hydrogène-oxygène : H2 + 1/2 O2) ! Avec pour corollaire un très faible taux de consommation du combustible, qui permet à un réacteur nucléaire de fonctionner des années avec la même charge de combustible. Mais ce n’est pas l’unique avantage de cette forme d’énergie pour la propulsion ; la science thermodynamique nous enseigne en effet que la vitesse d’éjection des gaz, directement liée à l’impulsion spécifique, est proportionnelle à la racine carrée de la température de ces gaz divisée par la masse molaire de ceux-ci. Or non seulement la température peut être plus élevée dans le cas de l’énergie nucléaire mais en outre la masse molaire est dans ce cas (H2) neuf fois plus faible que dans la réaction chimique (qui éjecte de l’H2O) ; on gagne donc sur tous les tableaux ! Le résultat est que l’impulsion spécifique peut dépasser 800 s pour l’énergie nucléaire contre seulement 435 s pour le mélange hydrogène-oxygène, le plus performant en propulsion chimique. Ce n’est donc pas cette caractéristique qui fait écarter l’énergie nucléaire pour le décollage, mais uniquement des questions de sécurité. De même, il n’est par conséquent pas correct de dire que dans le cas de l’énergie nucléaire “on obtient la même poussée qu’avec la propulsion chimique mais avec la moitié de ce qu’elle consomme” (en plus des considérations ci-dessus, le rapport de la masse d’hydrogène à celle d’oxygène dans la combustion est de 1 à 8). Alors, que des avantages l’énergie nucléaire ? Evidemment, non, “nobody’s perfect” comme disent nos amis anglo-saxons. Le gain de masse est compensé par celle, importante, du réacteur, surtout en tenant compte du blindage nécessaire contre les radiations, autre inconvénient de ce type d’énergie. Le contrôle du réacteur est aussi plus délicat dans l’espace, en l’absence de pesanteur (on résout le problème en remplaçant les barres de contrôle par des cylindres rotatifs en périphérie du réacteur dont une moitié est constituée d’un matériau absorbant les neutrons). Mais globalement, l’énergie nucléaire est sans conteste une, si ce n’est “la”, solution d’avenir pour les misions spatiales habitées lointaines.

    1. Certes l’Isp de l’énergie nucléaire est bien supérieure à celle de l’énergie chimique (combustion) mais comme le risque de pollution radioactive est considérable, un départ de la Terre avec un moteur nucléaire est inenvisageable (j’évoque d’ailleurs ce risque de pollution).
      Dans l’espace un système de propulsion nucleaire requérerait une protection de l’habitat extrêmement massive. Donc pour le moment le lanceur puis le vaisseau habité utilisant l’énergie nucléaire sont exclus car irrealistes.
      Quant à la “puissance par unité de temps”, merci pour la leçon de physique mais j’avais choisi d’etre redondant pour mieux me faire comprendre.
      Quant à la confusion entre NEP (fonctionnant en circuit fermé) et NTP. Il n’y en a aucune. Merci.

  2. En plus des considérations sur l’énergie nucléaire, il me semble nécessaire de rectifier quelques formulations peu appropriées dans la présentation de ce jour. Le principe des lanceurs à plusieurs étages par exemple n’est pas correctement expliqué. Il ne s’agit pas de fractionner la combustion, on aimerait au contraire qu’elle reste aussi continue que possible durant la montée, mais de se débarrasser de la masse de réservoirs vides pour éviter de dépenser inutilement de l’énergie à les propulser plus haut/loin encore. L’idéal de ce point de vue serait de multiplier les étages, mais ce n’est évidemment pas possible pour des questions pratiques ; la configuration optimale, pour de gros lanceurs, est en général obtenue avec deux ou trois étages.
    Attention également, il est erroné de parler de “puissance par unité de temps”, une puissance (qui s’exprime en Watts) étant déjà une énergie par unité de temps (1 Watt = 1 Joule par seconde) !
    Il y a par ailleurs semble-t-il une confusion entre les générateurs isotopiques (RTG), utilisés essentiellement jusqu’ici pour l’alimentation en énergie électrique des appareils de sondes ou des rovers (“Curiosity” par exemple) et la propulsion nucléaire électrique (plus précisément, propulsion ionique). SI on parle de système fonctionnant de manière plus sécurisée en boucle fermée pour fournir de l’électricité dans ce dernier cas, il. s’agit alors à l’évidence d’un réacteur nucléaire, pas d’un générateur isotopique.

    1. Je me suis mal fait comprendre. Il ne s’agit évidemment pas d’arrêter la poussée entre le premier et le deuxième étage alors qu’il s’agit de monter le plus vite possible en orbite de parking. Je dis d’ailleurs qu’il peut n’y avoir qu’un seul étage (et donc a priori une combustion continue) pour monter en orbite. Tout le monde a d’ailleurs pu constater lors d’un lancement que la mise à feu du second étage (quand il y en a un!) intervient très vite après que le premier étage ait été libéré.
      La seule grosse différence entre le chimique et le nucleaire, ou le solaire, c’est que, ensuite, du fait de la masse des carburants chimiques il ne peut plus y avoir de propulsion continue et on procède à une autre mise à feu et une seulement, qui declenche une phase de combustion aussi courte que pour le décollage, pour mise en orbite transplanétaire. Avec le solaire et le nucléaire on peut avoir une pulsion continue mais faible pendant tout le voyage.

  3. Bonsoir à tous les deux,

    Je me permets de participer à cette échange au sujet de la propulsion et du nucléaire spatial.
    Selon moi, le gain du nucléo-thermique n’est pas suffisant par rapport aux contraintes engendrées. La protection contre les radiations alourdit considérablement le réacteur, son coût extrêmement élevé ne peut s’envisager que dans le cadre de la réutilisation, bref le jeu n’en vaut pas la chandelle.
    Maintenant, disposer d’un “bon” réacteur nucléaire compact pour produire de l’électricité apporte un tout autre avantage. On peut espérer que dans un avenir pas trop éloigné nous disposions de propulseurs ioniques ou plasmiques de puissance conséquente et avec une ISP de plusieurs milliers. Le dit réacteur permettra de les alimenter de manière plus commode qu’une forêt de panneaux solaires fixés au vaisseau.
    Le plus gros problème sera l’opinion publique qui risque de s’émouvoir outre mesure à l’idée d’une charge d’uranium enrichi ou de plutonium envoyé orbite.

    1. Merci de ce commentaire constructif et courtois (ce qui n’est pas le cas de tous).
      J’espère moi aussi que la technologie du nucléaire continuera à faire des progrès, même si obtenir une Isp de plusieurs milliers pour des propulseurs ioniques ou plasmiques me semble un peu improbable…mais je ne suis pas un spécialiste!
      Pour le moment de toute façon, il me semble tout à fait impossible compte tenu de l’état de l’opinion, de faire décoller de la surface de la Terre un vaisseau spatial lourdement chargé en matières radioactives.

    2. Vous avez raison Monsieur Philippon de souligner en particulier que le “nucléo-thermique” ne se justifie évidemment que dans le contexte d’engins réutilisables, ce vers quoi on se dirige de toute façon de plus en plus, à tous les stades (lanceurs, vaisseaux, “atterrisseurs” … ) dans le domaine spatial (voir en particulier les propositions d’Elon Musk).
      D’accord aussi pour penser que seul un réacteur nucléaire – et non un générateur isotopique – pourra le cas échéant fournir l’énergie nécessaire à la propulsion ionique (relativement) “de puissance” surtout s’il s’agit de propulser des engins vers les planètes extérieures.
      En ce qui concerne les réticences de l’opinion publique, il faut noter premièrement que l’on a déjà envoyé des engins avec des charges de plutonium dans l’espace sans que cela soulève trop de vagues. Deuxièmement, un réacteur qui n’a pas encore fonctionné ne présente pas un très gros risque radioactif (raison pour laquelle on ne le fait pas fonctionner depuis le sol d’ailleurs); l’uranium et le plutonium sont certes radioactifs, mais relativement faiblement, ce sont le produits de fission surtout qui posent problème et ils n’apparaissent qu’avec le fonctionnement du réacteur.

      1. @ PA HALDI
        Le nucléaire spatial est un sujet sensible et les divers agences évitent de trop communiquer sur ce point. On remarquera que dans le film ‘Seul sur Mars” la source d’énergie de l’Hermès n’est même pas évoqué alors que dans le livre on précise que c’est un petit réacteur thermonucléaire.
        Bref, il suffirait d’un courant d’opinion inopportun ou d’un accident malencontreux pour pour perturber/interdire le lancement du combustible destiné à ce réacteur.

        @ P BRISSON
        Après quelques recherches sur le NET j’ai pu vérifier que les ISP des moteurs Ioniques, plasmiques et magnéto-plasmique sont toutes supérieures à 1000 s et que des valeur de 3000 s à 5000 s sont courantes. Le moteur VASIMR par exemple vise une ISP de 5000 s dans sa version 200kW qui devrait être embarquée à titre expérimental sur l’ISS.
        Pour finir sur une note optimiste, il est toujours possible que l’EM-Drive fonctionne en dépit des principes physiques couramment admis et qu’en plus de nous obliger à revoir nos théories, il nous apporte un moyen de propulsion inespéré. 😉

        1. Merci pour ce commentaire.
          Bien noté les possibilités extraordinaires d’Isp des moteurs magneto-plasmiques.
          Cependant la réalisation pratique de VASIMR n’est pas évidente. L’association Planète Mars fait remarquer que l’énergie primaire nécessaire à son fonctionnement est extrêmement importante et implique une masse à embarquer totalement rédhibitoire.

          1. Merci pour la remarque 😉
            Je suis au courant de l’opinion que Robert Zubrin a de Franklin Chang Diaz et du VAZIMR.

        2. C’et juste que l’opinion publique est versatile et qu’il faut se montrer très prudent dans ce domaine. En ce qui concerne un accident potentiel, je réitère cependant que pendant la phase d’ascension la présence à bord d’un réacteur nucléaire n’ayant pas encore fonctionné n’engendre pas un très gros risque; mais c’est clair que les médias en feraient certainement de gros titres, avec l’impact qu’on imagine! C’est d’ailleurs vrai de tout accident majeur qui affecterait une mission habitée martienne par exemple, avec ou sans dispositif nucléaire à bord. Raison pour laquelle je préconise de ne pas (trop) précipiter le premier envol d’astronautes vers Mars; un échec pourrait “tuer” toute nouvelle tentative pour au minimum de longues décennies, voire plus.
          En ce qui concerne le film “Seul sur Mars” (bourré d’invraisemblances d’ailleurs), il est vrai que la source d’énergie pour l’Hermès n’est pas évoquée explicitement, même si pour un tel vaisseau il n’y a pas 36 solutions sur ce plan.

  4. en realite le projet breakthough n est pas tres interessant proxima c orbite autour d une naine rouge tres active la planete est donc constamment iradiee de plus elle est tres differente de la terre par sa taille :teegarden pourrait etre atteinte par le meme systeme probablement en un siecle ? l etoile est une mini naine rouge tres agee et tres calme et les deux planetes b et c ressemblent plus a la terre ? non ou je me trompe?

    1. Il est vrai que les planètes de l’étoile Teegarden pourraient être des cibles d’exploration puisque cette étoile est une des plus proches du Soleil, que son activité est moindre que celle de Proxima Centauri, que ses planètes ont des masses comparables à celle de la Terre et que l’une est en zone habitable. Cependant la distance de Teergarden est sans doute plus de deux fois celle de Proxima Centauri (12,5 années-lumière contre 4,25 al). L’exploration de Teergarden serait donc beaucoup plus difficile. S’il serait théoriquement possible d’envoyer des sondes portées par des voiles solaires jusqu’à Proxima Centauri en 20 ans, il faudrait 60 ans pour atteindre Teergarden (même si son mouvement propre est très élevé, elle ne serait pas beaucoup plus proche à l’arrivée). Comme de toute façon la probabilité qu’une vie se soit développer de vie auprès d’une naine rouge est faible, il me semble donc préférable de cibler Proxima Centauri, du moins pour les missions de type astronautique (mais bien sûr pas pour l’observation par nos télescopes).

  5. Merci de votre reponse:il mest venu une idee tres saugrenue que je souhaite vos soumettre; celle ci concerne oumuamua que le professeur loeb considere comme etant un voile solaire… je me suis imagine qu il pourrait s agir d un accelerateur de particules lineaire de quelques centaines de metres de longueur ce qui est coherent…les reflets observes pourraient etre du a une structure tubulaire type geodesique….je suis completement fou! mais il y a quand meme un ingenieur de la nasa qui vient d enoncer ce concept de propulsion par accelerateur de particules …

    1. Merci de votre commentaire mais malheureusement on peut dire un peu ce qu’on veut sur Oumouamoua.
      Nous avons eu un échange très intéressant avec Christophe de Reyff à la suite de l’article que j’avais consacré au phénomène. Je vous encourage à le lire (voyez l’index en bas de page).
      Ce qui en résulte c’est qu’on l’a observé de trop loin et trop tard (après qu’il ait passé son périhélie).
      Un détail qui ne va pas dans votre sens: Avi Loeb considère que l’objet aurait la forme d’un disque (très mince et très brillant).

  6. Merci de votre repone:j ai bien potasse votre article au demeurant tres captivant,et bien sur l etude du Professeur LOEB est superbe;
    Du coup il m est venu l idee suivante:
    L OBJET peut avoir une forme de cylindre presantant des ailettes sur sa longueur celles ci reflechissant la lumiere au cour de la rotation sur lui meme mais cette rotation peut etre plus faible que analysee car elle depend du nombre d ailettes par ex 4 ailettes signifie rotation divisee par 4;
    PERTE
    de masse nulle a l acceleration signifie propulsion par accelerateur de particules;
    LSR:
    imaginons que nous approchions du systeme solaire:la premiere etape consiste a se placer sur la lsr afin de viser correctement la cible ( puisque tout est mouvant) et ensuite de plonger sur la cible.et ensuite de se “barrer” en vitesse!

    La theorie de la balise est tres attrayante toutefois.

    Voila j arrete de vous embetter!

    1. La magnitude absolue de Borissov s’est située entre 13,7 et 4,5 et celle d’Oumouamoua autour de 22. Mais Borissov était relativement grand (2 à 16 km) tandis que Oumouamoua pourrait n’avoir que 100 à 150 mètres (la magnitude absolue étant définie définie comme la magnitude apparente des objets s’ils étaient situés à une unité astronomique du Soleil et une unité astronomique de la Terre). Disons que pour sa taille Oumouamoua semblait beaucoup plus lumineux que Borissov.

  7. et bien oui ! j ai eu l occasion de lire par ailleurs que la brillance de oumuamua etait 10 fois plus forte qu une comete appartenant au systeme solaire ce qui me laisse circonspect : decidemment il n y a rien de normal dans ce truc! ca brille beaucoup trop!
    Tres cordialement

  8. J ai une autre question: a t on realise une spectro de sa lumiere? est ce une lumiere monochromatique …polychromatique ….y a t il des raies d absorption …y a t il des raies d emission … est ce une lumiere polarisee …?

    1. Non pas de spectrographie à ma connaissance. Je sais qu’on l’a observé en lumière visible et en infrarouge. Il faut savoir que l’image était extrêmement petite et que sa luminosité était extrêmement forte pour sa taille, ce qui a fait penser à Avi Loeb que ce pourrait être un objet métallique.

  9. Bonjour
    OUI de plus apparemment la densite de cet objet est tres faible ;
    en ce moment je regarde la theorie de l iceberg d azote: le professeur LOEB apparement n y croit pas du tout et il a de tres bonnes raisons.

  10. pour ce qui concerne la densite de la chose c est une approximation considerant que son acceleration ne serait due qu a la pression solaire ca c est a prendre avec des “pincettes” !

  11. Bonjour Monsieur
    La NASA a utilise le telescope SPITZER pour effectuer une etude de oumuamua mais ce telescope infrarouge avait epuise son helium liquide depuis 2009 autrement dit il etait a peu dans l incapacite de fournir des donnees spectrometriques ir correctes concernant cette chose.

  12. il y a un truc que je n avais jamais pense a faire :regarder l animation de la trajectoire de oumuamua. le truc a plonge avec une grande precision entre les orbites de Mars et de la Terre mais il est passe pres de la Terre tandis que Mars etait de lautre cote !

    1. Je vous recommande de lire le livre d’Avi Loeb mais aussi l’échange de commentaires que j’ai eu avec Christophe de Reyff. A la réflexion il apparait que l’on a très peu de données sur ‘Oumouamoua. On ne l’a observé qu’après qu’il ait passé son périhélie et il était extrêmement petit. On a pu constater grâce à l’observation en infrarouge qu’il ne vaporisait aucun gaz et qu’il était en rotation avec une face lumineuse et une face obscure. Mais on ne peut pas en dire beaucoup plus et on ne pourra, évidemment, jamais le retrouver.

    1. Plus le temps passe, plus la probabilité de la faisabilité du projet LYRA est “faible” (je pense plutôt “impossible”). ‘Oumuamua se déplaçait à une vitesse supérieure à tous les astéroïdes de notre système solaire (sa vitesse était même une caractéristique essentielle de son origine extérieure à notre système).
      Comme cette vitesse lui permettait d’échapper à l’attraction du Soleil, il doit être aujourd’hui, près de 4 ans après son passage, totalement inaccessible.

  13. Bonjour Monsieur

    Rotation sur lui meme de 1 degre par minute:il aurait pu se casser en deux surtout s il fait plusieurs centaines de metres en longueur; les contraintes sont tres fortes . il faudrait faire calculer cela a un inge de l aeronautique

  14. Bonjour Monsieur
    j ai calcule la densite massique d une voile solaire de 100m*100m*1mm :je trouve 0.5 kg par metre cube; or si la pression de rayonnement solaire est bien la cause de l acceleration non gravtationnelle de oumuamua alors sa densite massique ne doit pas depasser 10grammes par metre cube. Donc il est peu probable que oumuamua soit une voile solaire, non ou je me trompe?

    1. Il n’est pas question ici de propulsion (par voile solaire). Il s’agirait (selon Avi Loeb) d’une sorte de balise qui se serait trouvée sur le parcours de notre système solaire autour du centre galactique et qui aurait été capturée par notre système car elle aurait navigué elle-même autour du centre galactique à une vitesse nettement inférieure (vitesse standard).
      La vitesse acquise par cette rencontre et la force de gravité du Soleil, l’aurait entrainée vers le centre du système où elle aurait été fortement accélérée par effet de fronde, pour repartir vers l’extérieur du système (sans pouvoir être retenue à l’intérieur, du fait de sa vitesse).

  15. oui je pense qu a l avenir il faut surveiller avec des outils adaptes les promeneurs de notre systeme solaires: je ne serais pas etonne que nous ayions quelques surprises!

  16. Bonjour Monsieur
    A la lumiere des donnees provenant de Voyager 1 qui sont les premieres concernant l espace interstellaire il apparait que avant de songer a envoyer des sondes vers Proxima du Centaure il serait tres interessant d envoyer des sondes sophistiquees etudier cet espace a tout point de vue: qu en pensez vous ? en effet nul ne sait ce qu il se passe la haut !
    Cordialement

    1. Bonjour! Il y a beaucoup de milieux “intéressants” à étudier. Celui où se trouve Voyager 1 n’est que l’un parmi d’autres.
      La sonde a franchi l’héliopause en 2013 mais se trouve toujours dans le système solaire, quelque part dans la Ceinture de Kuiper. Elle n’atteindra le Nuage de Oort que dans environ 600 ans et il lui faudra 30.000 ans pour le traverser. Malheureusement les appareils embarqués ne pourront pas nous le dire car ils auront cessé de fonctionner bien avant, faute d’énergie. On donne la date de 2025 pour la fin de toutes transmission.

      Pour étudier la Ceinture de Kuiper ou les Nuages de Oort, il faudrait d’autres moyens astronautiques, qui n’existent pas encore (on verra pour les voiles solaires, si le projet Breakthrough Starshot réussi). En attendant le mieux est d’utiliser l’astronomie et plus particulièrement les capteurs de rayonnements “froids” (infrarouges) ou de guetter toute occultation ou affaiblissement de la lumière d’autres astres plus brillants et plus lointains.

  17. Oui mais finalement tous comptes faits il n est meme pas sur que la trajectoire d un engin quelconque lance dans l espace interstellaire corresponde a celle projetee par les scientifiques sur terre il peut peut etre y avoir des deviations dues a des choses inconnues ou des accelerations ou des ralentissements etc …et puis les intallations electroniques ou informatiques de l engin peuvent peut etre etre affectees…?
    Je n avais jamais pense a cela mais tous comptes faits ce n est pas impossible! en realite on connait bien le systeme solaire mais pour le reste on ne sait rien! et apparemment VOYAGER 1 envoie des donnees bizarres bien qu elle ne soit pas encore dans l espace interstellaire et que sa pile atomique fonctionne normalement encore donc j attends des nouvelles de VOYAGER 2 avec impatience.

    1. On ne peut pas dire qu’en dehors du système solaire on ne sait rien. Regardez ce que tous les jours on découvre en astronomie!
      Pour ce qui est de signaux “bizarres”, je refuse tout complotisme.
      Pour ce qui est du fonctionnement de la sonde Voyager 1. Vu son âge elle approche quand même de ses limites au point de vue ressource énergétique et son dispositif de communication est devenu très insuffisant parce qu’il n’a pas été conçu pour ces très grandes distances.

  18. Bonjour Monsieur
    Je regardais les resultats produits par l interferometre LIGO: c est extraordinaire mais je me dis que cela fait de toutes petites ondes gravitationnelles rapportees a la colossale quantite d energie mise en oeuvre.(collision de trous noirs ou d etoiles a neutrons). Cela aurait ete bien si l on avait pu simultanement viser une galaxie lointaine afin de voir si son redshift avait varie pendant le passage de ces variations de la courbure de l espace temps.
    Qu en pensez vous?

  19. Bonjour Monsieur
    La je suis unpeu decu par la fusee SLS et ses problemes de decollage; c est le premier maillon de la visite sur Mars…D ailleurs je me demaande pourquoi ils ont cree SLS puisque les performances de Saturne 5 sont identiques voire meilleures ?
    Qu en pensez vous ?
    Remerciements

    1. La maîtrise de la technologie de Saturn V est perdue et de toute façon elle aurait été obsolète aujourd’hui car conçue durant ce qu’on pourrait appeler la “préhistoire” de l’informatique.
      .
      Depuis son début le SLS est un projet mal “ficelé”. J’espère toujours que le Starship sera plus performant et que c’est avec lui que l’on reprendra l’exploration spatiale par vols habités. Soulignons l’avantage de la reutilisabilité du lanceur et de l’utilisation du methane par rapport à l’hydrogène.

  20. Bonjour Monsieur
    Vous avez vu: les prix Nobel viennent de recompenser des physiciens quantiques:nous avions aborde cela il y a quelques temps; c est une giga revolution dans le transmission et le stockage de donnees et c est l equivalent des debuts de la TSF !
    Tres cordialement

  21. Bonjour Monsieur

    Ca y est SLS a decolle et Orion est en route: notre premier vecteur pour MARS ;on attend maintenant starship avec impatience !

    Tres cordialement

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