Pape François

Les jésuiteries du Pape François

Comme de coûtume, le pape François a accordé une entrevue aux journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion à son retour du Mexique et à répondu à sa manière aux questions qu’ils lui posaient à brûle-pourpoint.

La presse n’a pas manqué de relever ses déclarations au sujet de ceux qui veulent dresser des murs et y a vu une allusion aux prises de position de Donald Trump. Nous ne savons pas si, dans l’hypothèse où il était élu, Trump ferait construire ce mur et moins encore si les Mexicains accepteraient de prendre le coût à leur charge mais on peut se demander si cette polémique a pu jouer en la faveur du candidat qui s’en est allé remporter les primaires de son parti en Caroline du Sud. Et puis, à côté de ceux qui promettent d’ériger des murs, il y a ceux qui les ont effectivement érigés, les Israéliens par exemple.

Au sujet maintenant du projet de loi sur les unions civiles en débat actuellement au parlement italien, François a déclaré qu’il ne se mêlait pas de politique italienne et qu’il revenait aux évêques italiens de se débrouiller avec le gouvernement. Mais voilà, dès son élection il y a trois ans, il s’est présenté au monde comme l’évêque de Rome, qui de surcroît est ex ufficio primat d’Italie. La sénatrice Monica Cirinnà, qui porte ce projet, n’a pas manquer de se réjouir et de saluer les propos du pape. Mais l’affaire ne s’arrête pas là car le pape lui poursuivait en disant que ce qu’il pensait à ce sujet c’est ce que l’Eglise a toujours pensé et qu’il enjoignait les parlementaires catholiques non pas de voter comme bon leur semble mais selon une conscience bien formée. Que veut dire une conscience bien formée ?

Le pape lui-même nous l’a appris quelques jours plus tôt à l’occasion de la rencontre avec les familles au stade de Morelia, dans l’Etat de Michoacan, où dans un long discours, il s’est élevé contre « les colonisations idéologiques, qui détruisent nos sociétés, si bien que nous sommes réduits à être colonisés par ces idéologies qui détruisent la famille, le noyau familial, qui forme la base de toute société saine ». Et pour ceux qui n’auraient pas compris, il suffit de reprendre la déclaration commune du pape François et du patriarche Cyrille en son article 20 : « La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. » Voilà pour l’homme dont la phrase la plus célèbre demeure « qui suis-je pour juger ? ».

On connaît la vielle scie. Un dominicain rencontre un jésuite et lui demande : « Mon père, pourquoi répondez-vous toujours à une question par une autre question ». « Pourquoi-pas ? » répond le jésuite. François est ce jésuite-là, celui qui sait esquiver les coups, celui qui, conscient de son échec face à la législation sur le mariage homosexuel en Argentine, adopte un autre profil en Italie, celui qui ne se mêle pas de politique mais dénonce les politiques qu’il juge contraire au message chrétien. Ce faisant, non seulement il plait à beaucoup, mais il en touche davantage encore bien que, si sa ligne est sensée être claire, elle n’est pas toujours aisément reconnaissable au premier coup d’œil. Car il s’agit de ce François qui dit de lui-même : « Sono un furbo ».

Dominique de la Barre

Dominique de la Barre

Belge offshore, amateur d'histoire et du patrimoine culturel européen, attaché aux questions liées à la transmission.

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