Journées du patrimoine: la vie des châteaux

Les Journées du Patrimoine fournissent l’occasion de saluer l’action de Patrivia, une start-up active dans le domaine de la promotion du patrimoine, principalement en France, mais aussi en Belgique.

Créée en 2016 à peine par un Français et un Belge, Patrivia (www.patrivia.net) a pour vocation d’offrir un service de billetterie en ligne à des propriétaires (ou à des gestionnaires) de monuments historiques susceptibles d’être visités. Au départ il s’agit d’une simple constatation économique : ces propriétaires, très nombreux, dispersés, souvent manquant de moyens, peinent à développer une action commune qui leur assurerait une visibilité accrue. Patrivia vient donc jouer ce rôle économique d’agrégateur, évitant par exemple à chaque châtelain de devoir développer et maintenir à jour son propre site web.

Du point de vue de l’utilisateur, c’est-à-dire du visiteur, le site offre non seulement la possibilité d’acheter un billet en ligne mais de rechercher les monuments au sein d’une certaine région, d’y trouver une première description des lieux qu’il se propose de visiter, assortie des informations pratiques quant aux conditions de visite et d’accès. Si on retrouve principalement des propriétaires privés parmi les monuments associés, il y a lieu de noter aussi la présence d’un certain nombre de lieux publics, par exemple des musées.

Au-delà de ces considérations un peu techniques et qui ont toute leur validité, il y a lieu de saluer l’inspiration des deux fondateurs, Christian Clarke de Dromantin et Maunoir de Massol d’allier les nouvelles technologies à la promotion du patrimoine. Le nom à consonance latine de leur entreprise suggère un chemin et même un cheminement parmi le patrimoine européen. Le dictionnaire historique de la langue française nous rappelle qu’en droit romain le patrimonium constituait l’ensemble des biens qui appartenaient à une famille, une notion différente de celle de la propriété individuelle que nous connaissons aujourd’hui. Bien souvent ce patrimonium était logé au sein d’une structure juridique, un fideicommis par exemple, qui lui conférait un caractère inaliénable en vue d’en assurer la pérennité dans la succession des générations.

Conserver, restaurer et promouvoir un patrimoine ne relève pas de la nostalgie d’un passé qu’on imagine glorieux mais matérialise au contraire le lien qui unit les générations entre elles et unit les différentes composantes de la société actuelle autour d’un objet ou d’un monument. Très souvent aussi, cette préservation aura des implications très pratiques mettant en œuvre des artisans, des artistes, des propriétaires, des bénévoles et désormais des spécialistes des nouvelles technologies.

Alliant la transition numérique à la transmission de cet héritage que constitue notre patrimoine architectural et artistique, Patrivia joue un rôle louable dans notre culture, que l’appui prodigué par Stéphane Bern il y a quelques mois est venu souligner.

Dominique de la Barre

Dominique de la Barre

Belge offshore, amateur d'histoire et du patrimoine culturel européen, attaché aux questions liées à la transmission.

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