Enseigner ou diriger une entreprise, même après sa mort

DIGITALE ATTITUDE : Un professeur décédé donne des cours virtuels dans une université et l’avatar numérique d’un PDG devrait lui permettre de prendre part aux décisions de l’entreprise après sa mort. 

Trois semaines après avoir entamé un cours d’histoire de l’art en ligne, Aaron Ansuini, étudiant à l’université de Concordia au Québec, a eu une question à propos d’une visioconférence. Ne trouvant pas les coordonnées de son professeur sur le site de la faculté, il a poursuivi sa recherche sur Google. Mais à sa grande surprise, raconte le journal The Verge, il tombe sur un avis mortuaire. François-Marc Gagnon est décédé le 28 mars 2019, il y a près de deux ans. Il n’était précisé nulle part dans le programme que Gagnon enseignait à titre posthume.

Les cours préenregistrés ont une utilité évidente pour préserver le travail de conférenciers renommés et pour enseigner à distance. Mais ne pas avoir été informé du statut de son professeur a été très mal vécu par Ansuini. «Nous ne vivons pas dans un monde où la mort laisse indifférent. Je pense que l’université a manqué de respect pour ce professeur».

Très récemment, un brevet a été accordé à Microsoft pour un programme capable de ressusciter numériquement des personnes décédées en les faisant revenir sous forme de chatbots, ou agents conversationnels.

Alors imaginez qu’un tel logiciel, alimenté par les publications d’un éminent professeur comme Gagnon tout au long de sa carrière académique, soit utilisé par l’université. Sa visioconférence pourrait alors être suivie par une séance de questions-réponses avec les étudiants, reproduisant au mieux le raisonnement du défunt.

En vérité, selon Tim O’Brien, responsable des pratiques éthiques de l’intelligence artificielle chez Microsoft, ce brevet ne sera pas exploité.

Mais dans le même esprit, un chatbot «d’éternité augmentée», est en cours de développement par Hossein Rahnama, chercheur à l’Université Ryerson au Canada.

Destiné à un PDG d’entreprise, ce robot capable de converser en langage naturel pourrait servir de «consultant virtuel» lorsque ce dirigeant ne sera plus de ce monde. Ainsi dans le futur, un cadre qui sera confronté au choix d’accepter ou non une offre d’acquisition – pourra sortir son téléphone portable, ouvrir une fenêtre de discussion et poser la question à l’ancien patron.

Ce projet interpelle, tout comme la démarche d’un PDG qui compte jouer un rôle décisionnel depuis l’au-delà.

 

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Un Walking Tour Virtuel pour échapper au confinement

DIGITALE ATTITUDE : Il y a une dizaine d’années en famille nous avions réservé un Walking Tour pour visiter Istanbul, une expérience dont je garde un souvenir mémorable, pour notre balade sur les toits du Grand Bazar et la découverte des caravansérails. C’est pourquoi j’ai été interpellée par Aspiring Adventures, une agence de voyages qui propose des Walking Tours Virtuels. Sur leur plateforme Cooee vous pouvez prendre rendez-vous avec un guide privé pour une randonnée pédestre dans une vingtaine de destinations à choix.

La Nouvelle-Zélande

Pour ma première sortie, j’ai sélectionné Dunedin située dans la région d’Otago en Nouvelle-Zélande. Non pas parce que j’avais entendu parler de cette ville aux 120’000 habitants, mais parce que mon excursion allait se faire en la compagnie de Steve Wilson, le fondateur de Cooee et qu’il pouvait répondre à mes questions. Il m’a expliqué avoir eu cette idée pour venir en aide à ces hommes et femmes si durement touchés par la pandémie et la disparition des touristes. A raison de $20 la visite de 45 minutes, ce revenu leur permet de continuer à exercer leur métier.

Alors avec Steve, lui sur son téléphone, moi sur mon ordinateur par le biais d’une connexion Zoom, nous avons parcouru les rues de la cité. Ici personne ne porte de masque, la situation sanitaire ayant été admirablement gérée par leur Première ministre, Jacinda Ardern. Il a tenu son iPhone à bout de bras, pointé devant lui (ça bouge un peu mais pas trop) et en alternance, retournait la caméra afin que notre conversation soit en face à face. Nous nous sommes émerveillés du street art qui prolifère, encouragé par la municipalité pour égayer la ville. Nous sommes rentrés dans une église pour en ressortir aussitôt car un enterrement était en cours, nous avons admiré la statue du poète Robbie Burns, visité une galerie d’art. J’ai appris que Dunedin a été peuplé à l’origine par des Écossais, que le langage des signes est une des trois langues officielles de la Nouvelle-Zélande, que le surnom de Kiwi vient de l’oiseau et non pas du fruit du même nom. Et bien d’autres choses encore.

Le Cambodge

Puis j’ai booké un tour avec Sotin, à Siam Reap au Cambodge. Mais à ma grande surprise, Sotin m’a reçue sur sa terrasse, son fils de 12 mois jouant à nos pieds. Nous avons bien essayé de faire quelques pas devant sa maison mais la connexion a été vite coupée, la portée du Wifi n’allant pas jusque-là. Pour ce qui était de faire une visite virtuelle d’Angkor Watt, c’est carrément impossible, la couverture cellulaire est trop sporadique. Ce n’est donc pas ce à quoi je m’attendais, mais l’expérience a néanmoins été enrichissante. Nous avons parlé du génocide des Khmers Rouges, de son métier coupé court à cause du COVID-19, de la précarité autour de lui et du temple en cours de restauration, déserté par les touristes.

L’Afrique du Sud

Ma dernière visite à eu lieu à Soweto avec Nathan. Un guide très expérimenté et cultivé qui en temps normal fait visiter les musées et sites de Johannesburg située à 18 km de ce township de 1.5 million d’habitants. J’ai également été reçue par lui devant son domicile. Nous avons marché jusqu’au bout de sa rue passant devant les fameux matchboxes houses (les maisons «boîtes d’allumettes»), des logements rudimentaires construits par le pouvoir blanc pour héberger les noirs appelés à travailler dans les mines. Nous avons parlé de l’apartheid, des onze langues nationales, de la flambée de la nouvelle variante du virus sur le continent Africain, de l’aide insuffisante apportée par le gouvernement ($20 par mois par personne). Et j’ai appris que depuis 7 mois, Nathan est sans électricité. Il recharge son téléphone dans sa voiture.

Certains tours sur Cooee sont de véritables explorations, d’autres permettent plutôt des échanges avec ces guides, mais dans tous les cas, on les quitte avec une meilleure connaissance de leur pays et une toute autre perspective sur l’impact de cette pandémie.

Mark Zuckerberg, l’enfant prodige du Web devenu paria

DIGITALE ATTITUDE: L’avenir de Facebook risque d’être compromis sous la présidence de Joe Biden.

Ce dernier, qui déplore depuis longtemps la montée de la désinformation, les discours de haine et l’extrémisme aux États-Unis, tient les réseaux sociaux responsables en partie et tout particulièrement Facebook.

Les démocrates reprochent au géant du Web le scandale de Cambridge Analytica qui a influencé le vote des électeurs en 2016 en faveur de Donald Trump. Ils sont furieux par les propos fallacieux et inflammatoires que Facebook a autorisés sur sa plateforme. Et Joe Biden a été touché personnellement, par une publicité mensongère affirmant qu’il avait «promis un milliard de dollars à l’Ukraine si elle limogeait le procureur enquêtant sur l’entreprise de son fils». Une publicité que Facebook a refusé de retirer.

Il est probable que le nouveau président des États-Unis va réviser l’article 230. Il s’agit d’un petit texte de loi crucial qui a empêché jusqu’à présent les réseaux sociaux d’être poursuivis pour les propos partagés par leurs utilisateurs.

Mark Zuckerberg doit encore faire face à des problèmes d’antitrust. Il est actuellement poursuivi par la FTC et une coalition de 46 États pour avoir illégalement maintenu sa position de monopole en rachetant la concurrence.

Un excellent article de la BBC rappelle que bien avant que n’éclate l’histoire de Cambridge Analytica, Zuckerberg avait le monde à ses pieds. A tel point qu’en 2017, il avait traversé le pays pour «parler aux américains de leur façon de vivre, de travailler et de penser».

Nombreux sont ceux qui ont vu le début d’une possible candidature à la présidence, ce qu’il a toujours nié. Un sujet sérieusement débattu dans la presse et avec raison, car rappelons que Zuckerberg tenait des notes manuscrites où il élaborait un plan pour «conquérir le monde».

Après un mouvement citoyen pour faire débaptiser un hôpital à San Francisco qui porte son nom, une révolte de ses employés pour sa tolérance envers Trump, un boycott de la part de ses plus grands annonceurs, puis Apple qui entrave sa pratique de récolte de données depuis ses applications, aujourd’hui, Zuckerberg se retrouve aliéné. «Il n’est plus le bienvenu à un cocktail», résume l’activiste antitrust Sarah Miller.

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L’âge d’or de Netflix

DIGITALE ATTITUDE : Le service de streaming Netflix a annoncé qu’il sortira un film par semaine en 2021.

Un exploit que même Metro Golden Mayer, à l’âge d’or du cinéma américain dans les années 1930 et 1940, n’a pas réussi. Le plus grand studio de l’époque produisait alors 50 nouveaux films par an, et se vantait d’avoir sous contrat, «plus d’étoiles qu’il n’y en a dans le ciel».

Avec 70 sorties prévues en 2001, Netflix fera encore mieux que les studios Disney, dont les 12 à 23 nouveaux titres chaque année ont dominé le box-office depuis une décennie. Nous retrouverons dans leur catalogue les plus grandes stars du cinéma, comme Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep ou encore Omar Sy dans la série Arsène Lupin qui est déjà en ligne. Et une dizaine de longs métrages seront réalisés dans des langues autres que l’anglais.

Avec son modèle de distribution en streaming, Netflix ne souffre pas de la pandémie. La majorité des films sont achetés à d’autres sociétés et contrairement aux studios de production, il n’a pas dû faire face à des tournages avortés et a un calendrier de sorties en salles sans cesse modifié à cause du virus.

Avec la fermeture des cinémas, les studios ont choisi de distribuer quelques films à petit budget sur les plateformes de vidéo à la demande. Mais les lancements des blockbusters ont été sans cesse repoussés comme le dernier James Bond Mourir peut attendre, ne pouvant espérer récupérer les coûts de production et de marketing s’ils ne sortent pas en salle.

Netflix est entré dans la cour des grands, depuis plusieurs années ses films figurent aux palmarès des Oscars. Neuf nominations en 2018, puis quinze en 2019 – dont dix uniquement pour Roma.  Enfin, en 2020, la plateforme dénombrait 24 nominations toutes catégories confondues. Selon les prédictions du magazine de l’industrie du spectacle, Variety, huit titres seront en lice pour remporter une statuette en 2021.

Quand la pandémie sera sous contrôle, on peut l’espérer, les salles de cinéma vont rebondir et Netflix doit faire face à de sérieux concurrents qui se profilent comme Disney+ et HBO Max.

Mais pour l’heure, la plateforme a toute notre attention. Fin 2020, Netflix comptait 203,6 millions d’abonnés qui se connectent en moyenne deux heures par jour.

 

Lien utile :  La liste complète des films à découvrir sur Netflix en 2021

Les stars de la réalité virtuelle sur nos écrans

DIGITALE ATTITUDE : Lors de la plus grande messe consacrée à l’innovation technologique au monde, le Consumer Electronics Show (CES), qui vient d’avoir lieu non pas à Las Vegas comme à la coutume mais sur Internet, la multinationale coréenne LG a présenté ses nouveautés par le biais d’une jeune femme virtuelle.

Vêtue d’un hoodie rose fluo et d’un leggings noir, elle a fait l’article pour un robot désinfecteur de surfaces, puis, tout en gesticulant avec naturelle, elle a passé en revue les derniers modèles de la gamme d’ordinateurs LG Gram. Elle a également partagé avec son audience de manière plus personnelle, que tout comme eux, elle regrettait de ne pas pouvoir voyager pendant la pandémie pour avancer sa carrière de chanteuse.

Les icônes des grandes marques du luxe sont depuis des années des modèles générés par des ordinateurs. Bien qu’elles n’existent que sur les réseaux sociaux, elles ont le statut de véritable star avec plusieurs centaines de milliers de followers. Mais, au CES, c’est la première fois qu’un géant de l’électronique utilise l’une d’entre elles comme porte-parole pour un événement aussi important.

Les concurrents du Voice chinois sont des être virtuels

En Chine au mois d’octobre dernier, la plateforme iQiyi, le «Netflix chinois», a proposé un concours de talents qui a été suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs en ligne. Dimension Nova, qui rappelle l’émission télé-crochet The Voice avait pourtant une différence, les concurrents n’étaient pas des artistes en chair et en os, mais des êtres virtuels. Leurs performances par contre ont été jugées par des célébrités bien réelles, issues du monde de la musique et du cinéma.

Comment expliquer un tel engouement pour ses créatures numériques? «Comme vous ne pouvez pas voir comment ils se comportent dans la vie réelle, vous pouvez projeter sur eux vos propres fantasmes», explique Liu, 28 ans, dans le Bangkok Post. Une réponse qui nous laisse encore songeur.

Mais la technologie a ses limites. Dans la première partie du spectacle, un des candidats a été victime d’un bug. Des ingénieurs ont dû alors intervenir pour résoudre le problème en direct, agaçant le public, plutôt que de susciter de l’empathie comme cela aurait été le cas par exemple s’il s’était blessé en tombant sur scène.

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Netflix teste une option mobile «Audio-Only»

DIGITALE ATTITUDE : Seriez-vous prêt à écouter un épisode de la série The Crown sans voir les images?

C’est une nouvelle option proposée par Netflix à quelques utilisateurs Android – avant, peut-être, quelle ne soit déployée à plus grande échelle. En cliquant sur un bouton off, la vidéo est désactivée mais laisse entendre les dialogues d’un film ou d’une émission.

Il faut reconnaître que certains contenus s’y prêtent mieux que d’autres, on ne pourrait imaginer Game of Thrones (qui n’est d’ailleurs pas disponible sur Netflix) sans voir les décors faramineux, mais le service de vidéo à la demande produit de nombreux spectacles comiques «stand-up» qui fonctionneraient parfaitement dans ce format ou simplement pour le plaisir de réécouter une série préférée. Une option qui donnerait également aux utilisateurs une alternative aux podcasts sans devoir passer par une autre application concurrente, tout en permettant à Netflix d’occuper ce terrain.

«Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons d’améliorer l’expérience mobile de nos membres» explique un porte-parole de l’entreprise dans le journal Variety, comme celle d’avoir rajouté en 2019 un mode de visionnement en accéléré, au grand dam des producteurs qui voient leur œuvre dénaturée par ce procédé.

Netflix n’a pas inventé le concept de la vidéo en mode écoute, YouTube offre déjà une option audio en arrière-plan, bien qu’elle semble principalement destinée à la musique.

Mais le géant du streaming propose depuis 2015, une fonctionnalité audiodescription qui se trouve en cliquant sur  l’icône «dialogue» de l’application, celle qui permet d’accéder aux choix des langues et des sous-titres. Par un ensemble de technologies, les films sont rendus accessibles aux personnes malvoyantes grâce à un texte en voix off qui décrit les éléments visuels de chaque scène.

Le coup d’envoi de cette fonctionnalité a eu lieu suite au lancement de la série Daredevil et à une pétition émanant du public demandant de la rendre accessible aux téléspectateurs aveugles. Le super héros de la série, avocat de jour est justicier de nuit, est aveugle lui aussi. Netflix a entendu et depuis, la fonctionnalité audiodescription est disponible pour de nombreux titres originaux de la plateforme.

Messages éphémères et «mode disparition» pour WhatsApp, Instagram et Messenger

DIGITALE ATTITUDE : Les réseaux sociaux et les messageries offrent les uns après les autres la possibilité d’envoyer des messages éphémères qui s’effacent automatiquement au bout de quelques heures ou quelques jours.

Snapchat a été le premier en 2011 avec une application qui a permis le partage de photos puis de vidéos avec une autodestruction programmée – entre 1 et 10 secondes – dès qu’elles apparaissaient sur l’écran du destinataire. Aussitôt adoptée par les adolescents, la plateforme s’est distinguée pour avoir popularisé les sextos, ou l’envoi de photos et de textos à caractère sexuel.

Pour élargir son public, Snapchat a ensuite offert la possibilité de poster un contenu accessible à tous pendant 24 heures – c’est le modèle des stories que l’on retrouve désormais sur Instagram, Facebook, Messenger, YouTube, même sur le réseau social professionnel LinkedIn de Microsoft. Et il y a quinze jours, Twitter, le dernier arrivé, a annoncé le déploiement global de «Fleets», offrant la possibilité de publier des tweets furtifs, eux aussi limités à 24 heures.

Même sur WhatsApp, depuis le mois de novembre, on peut envoyer des messages qui disparaissent au bout de 7 jours.

«La plupart des messages que nous échangeons ne méritent pas d’être conservés pour l’éternité. Il n’est pas nécessaire d’en garder des traces», peut-on lire sur le blog de l’entreprise en guise d’explication.

Cette temporalité est la bienvenue pour nous libérer de notre empreinte numérique. Mais si les stories des applications du groupe Facebook ne sont plus visibles publiquement, elles n’ont pas forcément disparu pour autant. Elles sont sauvegardées par défaut dans les archives de nos smartphones et sur les serveurs du réseau social.

Quant à Snapchat, plus respectueux de notre vie privée, les enregistrements des stories doivent être activés par l’utilisateur et ne sont pas conservés au-delà de 30 jours.

Après l’option éphémère pour nos échanges proposée par WhatsApp, Facebook a commencé à dérouler un «mode disparition» («Vanish Mode») pour Messenger et la messagerie d’Instagram. Sont-ils eux aussi sauvegardés sur les serveurs de l’entreprise comme les stories? Apparemment pas: «Une fois qu’un message a été livré, il ne réside plus sur nos serveurs».

Pourquoi tant d’animosité entre Facebook et Apple?

DIGITALE ATTITUDE : Les rivalités entre entreprises ont généralement une chose en commun, ils vendent des produits similaires. C’est le cas pour Nike et Adidas, UPS et Fedex.

C’est pourquoi la querelle entre Facebook et Apple est si singulière car ils ne sont pas concurrents.

Pour simplifier, Facebook vend les données de ses usagers à des fins publicitaires, tandis qu’Apple vend des appareils électroniques.

Mais ce qui est encore plus étrange dans leur discorde, c’est leur co-dépendance. Pouvoir consulter WhatsApp et Instagram sur un produit Apple contribue à la popularité de ce dernier. Il serait logique que les deux sociétés entretiennent de bons rapports, mais il n’en est rien.

Les relations se sont détériorées en janvier 2019, raconte The Telegraph, lorsque les 35000 employés de Facebook se sont réveillés un matin pour découvrir que toutes les applications développées pour le fonctionnement interne de l’entreprise ne marchaient plus: Leurs agendas, messageries, l’horaire des navettes et même les menus de la cantine étaient devenus inaccessibles. Et le développement de nouveaux produits a dû stopper net, les versions de test ne pouvant plus être mises à l’épreuve.

Apple, révolté par la révélation que Facebook avait payé des mineurs pour installer un VPN permettant d’aspirer leurs données, avait révoqué la veille au soir, les autorisations qui permettaient aux applications IOS du réseau social de fonctionner.

Puis, avec une nouvelle riposte prévue en début année, Apple annonce l’introduction de la fonctionnalité «App Tracking Transparency (ATT)», qui obligera les applications mobiles à demander aux usagers leur permission avant de les suivre à la trace, gênant ainsi la récolte des données et le placement d’annonces personnalisées. Une démarche qui ferait baisser les revenus de Facebook de 50%.

La marque à la pomme reste déterminée à contrer le réseau social. ATT est prévu pour début 2021 lors d’un prochaine mise à jour du système d’exploitation mobile IOS.

Dès 2010, Steve Jobs, avait mis en garde Mark Zuckerberg contre la violation de la vie privée et 10 ans plus tard, son successeur Tim Cook, fait en sorte que Facebook ne puisse plus continuer à monétiser les données personnelles de ses abonnés sans leur consentement.

 

Sources: BBC / TechCrunch / The Telegraph

Alexa va deviner nos intentions

DIGITALE ATTITUDE : Une nouvelle mise à jour de l’enceinte connectée Echo d’Amazon, lui permet de «déduire» quelle sera la prochaine question que vous allez lui poser.

Par exemple, en sollicitant son logiciel vocal Alexa pour savoir combien de temps il faudra pour infuser un thé, elle répondra: «cinq minutes», puis initiera une suite à la conversation en demandant: «Voulez-vous que je règle une minuterie sur cinq minutes?»

L’assistant virtuel est doté de dizaines de milliers de fonctionnalités activées par la voix, les skills ou compétences, développées par Amazon ou des tiers, qui viennent enrichir ses connaissances. Selon le même principe que les applications que nous téléchargeons sur nos smartphones, nous permettent d’accéder à une grande richesse de contenu.

Interpeler Alexa pour commander une pizza, jouer de la musique, consulter son agenda ou écouter les infos, figurent parmi les compétences courantes. Mais aucune d’entre elles, jusqu’à présent, ne donnaient suite à une recherche en tentant de devancer notre prochaine question.

Selon les ingénieurs d’Alexa sur leur blog: «Cette amélioration apportée au logiciel est la poursuite de nos efforts pour que les échanges avec l’assistant virtuel soient le plus fluide possible». Discuter avec Alexa devrait donc être aussi naturel que de parler à un être humain, et permettre à la technologie d’anticiper la suite logique d’une requête, donnant lieu à un véritable dialogue.

L’entreprise appelle ce processus «déduire les objectifs latents des clients». Un système basé sur le deep learning qui analyse les précédentes demandes formulées par un très grand nombre d’utilisateurs. Pour le moment, cette nouvelle capacité n’est disponible qu’aux États-Unis et en anglais.

S’entretenir plus longuement avec Alexa pourrait être amusant, c’est d’ailleurs déjà le cas, car elle répond avec bienveillance et parfois même avec humour aux questions, mais cela pourrait aussi être agaçant, si on ne souhaite qu’une simple réponse.

Amazon a pour ambition d’intégrer Alexa dans presque tous les appareils électriques de la vie courante – téléviseurs, frigos,  grille-pain… afin de les contrôler par la voix. Pourvu qu’ils ne se mettent pas tous à nous interroger.

 

Sources : ZDnet, The Verge, Siècle Digitale

Les Tweets de Trump ne font plus la une des journaux

DIGITALE ATTITUDE : Lorsque Donald Trump quittera ses fonctions le 20 janvier prochain, le 45ème président des États-Unis passera la porte de la Maison Blanche avec son mégaphone à portée planétaire au bout des doigts. Avec près de 89 millions de followers sur son compte Twitter personnel @RealDonaldTrump, il gardera ainsi une voie de communication directe avec ses supporters.

Selon Timothy Naftali, un historien de l’Université de New York, dans le Washington Post : «Il risque en tant qu’ex-président, d’être une présence fondamentalement perturbatrice dans la vie politique américaine».

C’est probable, mais là où Trump risque d’être déçu, sera par le degré d’attention que lui porteront les médias. Déjà, dès l’annonce de la victoire de Joe Biden, des journalistes de renom des plus grandes chaînes de télévision ont déclaré avoir désactivé les notifications de ses Tweets sur leurs portables et ne relayent plus ses messages à l’antenne: «Le paysage politique actuel justifie des questions sérieuses par la presse à l’équipe de transition» a précisé Brian Stelter de CNN, et non à relayer les récits complotistes d’un président sortant.

Pendant son mandat, le compte personnel de Trump a bénéficié d’une exemption «d’intérêt public» qui a permis à ses tweets, même mensongers ou incitant à la violence, de rester en ligne – signalés tout au plus par un avertissement. Un traitement de faveur réservé aux dirigeants mondiaux en fonction – mais non aux simples citoyens lorsqu’ils n’occupent plus ces postes.

Donald Trump redeviendra donc un utilisateur comme tous les autres fin janvier. S’il est censuré ou expulsé, il pourra toujours ouvrir un compte sur Parler, le Twitter alternatif de l’extrême droite qui se présente comme un bastion de la liberté d’expression et qui est déjà fréquenté par ses deux fils Donald Jr et Eric, l’ex-conseiller à la Maison Blanche Steve Bannon, l’avocat Rudy Giuliani, l’animateur conservateur de Fox News, Sean Hannity et le chef d’InfoWars Alex Jones. Depuis les élections américaines Parler est devenue l’application la plus téléchargée du Apple Store et Google Play. Sur Facebook, plusieurs groupes aux milliers de membres ont appelé à un «Twexit» le 13 novembre, soit une sortie massive vers Parler.