Si un Tweet de Jack Dorsey se vend pour $ 2.5m, que vaut un SMS de Steve Jobs ?

TENDANCES WEB: Une lettre émouvante du poète français Arthur Rimbaud à sa sœur peu avant sa mort a été vendue $490’000 chez Sotheby’s en 2018, mais le montant misé pour un tweet lors d’une vente aux enchères qui est toujours en cours, a éclipsé cette transaction pour avoir atteint la somme de 2,5 millions de dollars.

Il s’agit du tout premier message publié par Jack Dorsey, co-fondateur et PDG de Twitter en date du 21 mars 2006, où il a écrit : «Je crée mon compte Twttr».

Ce tweet a été posté sur la plateforme Valuables dédiée aux enchères de Tweets uniquement. Et celui de Dorsey, qui n’a pas encore été retiré de l’Internet pour se retrouver dans une collection privée, se trouve toujours à sa place chronologique sur son fil d’actualité, où chacun peut le lire, le copier ou le partager. Si l’acheteur aura la satisfaction d’en être le légitime propriétaire, c’est grâce à un “jeton non fongible” (NFT), qui délivre un certificat numérique stocké sur une blockchain, authentifiant que ce bien est original, unique et lui appartient.

La valeur de l’art numérique s’envole grâce aux NFT

Récemment les transactions NFT d’œuvres numériques ont fait la une des journaux pour les prix astronomiques payés par des collectionneurs, allant d’un mème Internet, «Nyan Cat», qui est tombé sous le marteau à $580,000, aux clips vidéo de 10 secondes proposés par la NBA, dont un panier de LeBron James conclut à 208’000 dollars. Et dans un coup de pub il y a dix jours, un tableau de Banksy intitulé Moron, a été brulé sur YouTube pour renaître de ses cendres dans sa version numérisée NFT.

L’art numérique est reconnu depuis les années 1960. Mais étant donné sa facilité de reproduction, il a été impossible jusqu’alors de certifier une provenance et d’attribuer une valeur. Un problème qui semble résolu aujourd’hui grâce aux jetons non fongibles.

Christie’s est la première grande maison de vente aux enchères à avoir proposé une œuvre purement digitale avec NFT. La grande fresque pixélisée de l’artiste Beeple, intitulée «Everydays, The First 5000 Days» a été adjugée à 69,3 millions de dollars jeudi dernier. Le prix le plus élevé atteint aux enchères pour un artiste vivant, après Jeff Koons et David Hockney. Mais pour tempérer cette nouvelle abasourdissante, précisons que l’acquéreur possède lui-même un fonds d’investissement NFT. Il s’agit donc «essentiellement d’une dépense marketing pour promouvoir cette industrie», selon Bloomberg.

Mais la vente très médiatisée du tweet de Dorsey est particulièrement intéressante parce qu’elle pourrait ouvrir la voie à la valorisation NFT d’autres formes d’écriture numérique: un mail, une page historique du Web ou pourquoi pas, un SMS.

Un projet de loi américain inquiète les réseaux sociaux

DIGITALE ATTITUDE : L’immunité accordée aux réseaux sociaux par la section 230 du Communications Decency Act pourrait tomber.

Trois sénateurs démocrates ont déposé une proposition de loi le 5 février dernier pour réformer l’article 230. Il s’agit de ce fameux petit texte voté par le Congrès en 1996 qui décharge les hébergeurs de contenu de toute responsabilité pour les messages publiés par des tiers.

Bien que l’adoption de la section 230 a été essentielle à la croissance de l’Internet, permettant aux entreprises de développer des applications innovantes, elle leur a aussi accordé une immunité pour toutes les informations fausses ou litigieuses diffusées sur leurs plateformes.

Des dizaines d’amendements à cet article ont déjà été déposés depuis des décennies, mais le dernier en date, baptisé Safe Tech Act, (ou la loi de protection «contre la fraude, l’exploitation, les menaces, l’extrémisme et les torts envers les consommateurs») pourrait bien aboutir cette fois-ci et sonner le glas à l’impunité dont jouissent les réseaux sociaux.

Introduite suite à l’assaut du Capitole à Washington le 6 janvier dernier, cette nouvelle législation modifierait les protections dont les géants du Web ont bénéficié jusqu’à présent, en augmentant le nombre de cas où cette protection ne pourra pas être invoquée. Par exemple, les réseaux sociaux ne seraient plus à l’abri de poursuites dans les cas de discrimination, de harcèlement ou de violation de vie privée, donnant aux plaignants une plus grande chance de faire avancer leurs demandes devant les tribunaux. Elle permettrait également aux victimes de violations des droits de l’homme à l’étranger de saisir les tribunaux américains et porter plainte, comme par exemple contre Facebook, pour avoir contribué au génocide des Rohingyas en laissant circuler des campagnes de désinformation et des discours haineux.

Les auteurs assurent que ce projet de loi n’interfère pas avec la liberté d’expression: «Il s’agit de tenir les plateformes responsables pour des comportements nuisibles, souvent criminels, sur lesquels ils ont fermé les yeux pendant trop longtemps».

Si cette nouvelle législation devait passer, elle exigerait des réseaux sociaux une modération des contenus plus réactive. Une tâche qui donne le vertige au vu du nombre d’utilisateurs: 2.8 milliards pour Facebook et 330 millions pour Twitter.

Sources : 

News.com

Le Monde

Internet Society

Jeff Kosseff

Seul mais ensemble, en silence

DIGITALE ATTITUDE : Des étudiants filmés en train de préparer leurs examens en silence font des records d’audience sur YouTube.

Ces émissions pour réviser ensemble, surnommées «gongbangs», ont démarré en Corée du Sud. Dans ce pays, il est normal de passer jusqu’à 16 heures par jour à se préparer aux épreuves d’entrée à l’université ou au collège. Alors pour les adeptes de ces vidéos, l’ambiance est comparable à celle de se retrouver dans une bibliothèque avec un copain d’étude.

L’une des chaînes coréennes les plus populaires s’intitule L’homme assis à côté de moi et met en scène un étudiant anonyme qui prépare son diplôme de comptabilité. Assis à son poste de travail, entouré de livres et d’une calculette, on voit tomber la neige d’une fenêtre en arrière-plan.

Les gongbangers n’ont quasiment pas d’échanges avec leur public, rapporte le South China Morning Post. Certains d’entre eux ne révèlent même pas leur identité, comme SN Log en Inde, qui prépare un concours pour entrer dans la fonction publique. Ses streams, qui durent parfois 10 heures, ne montrent même jamais son visage.

Une chaîne populaire appelée The Strive Studies a été lancée par une résidente en médecine à New York nommée Jamie. Dans une des sessions, après avoir écrit bonjour à tous, elle préconise d’appliquer la méthode Pomodoro – dont le principe est de rester concentré à 100% sur une seule et unique tâche pendant 25 minutes avant de faire un break. On la voit en gros plan, assise dans sa cuisine devant son ordinateur pendant 2 heures. Cette séquence a été vue plus de 1.4 million de fois.

De nombreuses vidéos suscitent des commentaires de la part des spectateurs, comme: «Vous m’avez aidé à étudier» ou encore «Grâce à vous je gère mieux mon anxiété liée aux examens».

En dehors de YouTube, les Zooms silencieux ont également fait leur apparition dès le premier confinement, permettant aux amoureux du livre de se réunir entre parfaits inconnus pour partager un moment de lecture ensemble. Et la plateforme SZWF (pour Silent Zoom Writing Group), rassemble plus de 250 membres. Ils sont étudiants universitaires, postuniversitaires et des créatifs qui se retrouvent chaque semaine pour écrire des articles, des livres ou des scripts, en communion et en silence.

Enseigner ou diriger une entreprise, même après sa mort

DIGITALE ATTITUDE : Un professeur décédé donne des cours virtuels dans une université et l’avatar numérique d’un PDG devrait lui permettre de prendre part aux décisions de l’entreprise après sa mort. 

Trois semaines après avoir entamé un cours d’histoire de l’art en ligne, Aaron Ansuini, étudiant à l’université de Concordia au Québec, a eu une question à propos d’une visioconférence. Ne trouvant pas les coordonnées de son professeur sur le site de la faculté, il a poursuivi sa recherche sur Google. Mais à sa grande surprise, raconte le journal The Verge, il tombe sur un avis mortuaire. François-Marc Gagnon est décédé le 28 mars 2019, il y a près de deux ans. Il n’était précisé nulle part dans le programme que Gagnon enseignait à titre posthume.

Les cours préenregistrés ont une utilité évidente pour préserver le travail de conférenciers renommés et pour enseigner à distance. Mais ne pas avoir été informé du statut de son professeur a été très mal vécu par Ansuini. «Nous ne vivons pas dans un monde où la mort laisse indifférent. Je pense que l’université a manqué de respect pour ce professeur».

Très récemment, un brevet a été accordé à Microsoft pour un programme capable de ressusciter numériquement des personnes décédées en les faisant revenir sous forme de chatbots, ou agents conversationnels.

Alors imaginez qu’un tel logiciel, alimenté par les publications d’un éminent professeur comme Gagnon tout au long de sa carrière académique, soit utilisé par l’université. Sa visioconférence pourrait alors être suivie par une séance de questions-réponses avec les étudiants, reproduisant au mieux le raisonnement du défunt.

En vérité, selon Tim O’Brien, responsable des pratiques éthiques de l’intelligence artificielle chez Microsoft, ce brevet ne sera pas exploité.

Mais dans le même esprit, un chatbot «d’éternité augmentée», est en cours de développement par Hossein Rahnama, chercheur à l’Université Ryerson au Canada.

Destiné à un PDG d’entreprise, ce robot capable de converser en langage naturel pourrait servir de «consultant virtuel» lorsque ce dirigeant ne sera plus de ce monde. Ainsi dans le futur, un cadre qui sera confronté au choix d’accepter ou non une offre d’acquisition – pourra sortir son téléphone portable, ouvrir une fenêtre de discussion et poser la question à l’ancien patron.

Ce projet interpelle, tout comme la démarche d’un PDG qui compte jouer un rôle décisionnel depuis l’au-delà.

 

Lire aussi :  Des «chatbots» pour parler avec les morts

Un Walking Tour Virtuel pour échapper au confinement

DIGITALE ATTITUDE : Il y a une dizaine d’années en famille nous avions réservé un Walking Tour pour visiter Istanbul, une expérience dont je garde un souvenir mémorable, pour notre balade sur les toits du Grand Bazar et la découverte des caravansérails. C’est pourquoi j’ai été interpellée par Aspiring Adventures, une agence de voyages qui propose des Walking Tours Virtuels. Sur leur plateforme Cooee vous pouvez prendre rendez-vous avec un guide privé pour une randonnée pédestre dans une vingtaine de destinations à choix.

La Nouvelle-Zélande

Pour ma première sortie, j’ai sélectionné Dunedin située dans la région d’Otago en Nouvelle-Zélande. Non pas parce que j’avais entendu parler de cette ville aux 120’000 habitants, mais parce que mon excursion allait se faire en la compagnie de Steve Wilson, le fondateur de Cooee et qu’il pouvait répondre à mes questions. Il m’a expliqué avoir eu cette idée pour venir en aide à ces hommes et femmes si durement touchés par la pandémie et la disparition des touristes. A raison de $20 la visite de 45 minutes, ce revenu leur permet de continuer à exercer leur métier.

Alors avec Steve, lui sur son téléphone, moi sur mon ordinateur par le biais d’une connexion Zoom, nous avons parcouru les rues de la cité. Ici personne ne porte de masque, la situation sanitaire ayant été admirablement gérée par leur Première ministre, Jacinda Ardern. Il a tenu son iPhone à bout de bras, pointé devant lui (ça bouge un peu mais pas trop) et en alternance, retournait la caméra afin que notre conversation soit en face à face. Nous nous sommes émerveillés du street art qui prolifère, encouragé par la municipalité pour égayer la ville. Nous sommes rentrés dans une église pour en ressortir aussitôt car un enterrement était en cours, nous avons admiré la statue du poète Robbie Burns, visité une galerie d’art. J’ai appris que Dunedin a été peuplé à l’origine par des Écossais, que le langage des signes est une des trois langues officielles de la Nouvelle-Zélande, que le surnom de Kiwi vient de l’oiseau et non pas du fruit du même nom. Et bien d’autres choses encore.

Le Cambodge

Puis j’ai booké un tour avec Sotin, à Siam Reap au Cambodge. Mais à ma grande surprise, Sotin m’a reçue sur sa terrasse, son fils de 12 mois jouant à nos pieds. Nous avons bien essayé de faire quelques pas devant sa maison mais la connexion a été vite coupée, la portée du Wifi n’allant pas jusque-là. Pour ce qui était de faire une visite virtuelle d’Angkor Watt, c’est carrément impossible, la couverture cellulaire est trop sporadique. Ce n’est donc pas ce à quoi je m’attendais, mais l’expérience a néanmoins été enrichissante. Nous avons parlé du génocide des Khmers Rouges, de son métier coupé court à cause du COVID-19, de la précarité autour de lui et du temple en cours de restauration, déserté par les touristes.

L’Afrique du Sud

Ma dernière visite à eu lieu à Soweto avec Nathan. Un guide très expérimenté et cultivé qui en temps normal fait visiter les musées et sites de Johannesburg située à 18 km de ce township de 1.5 million d’habitants. J’ai également été reçue par lui devant son domicile. Nous avons marché jusqu’au bout de sa rue passant devant les fameux matchboxes houses (les maisons «boîtes d’allumettes»), des logements rudimentaires construits par le pouvoir blanc pour héberger les noirs appelés à travailler dans les mines. Nous avons parlé de l’apartheid, des onze langues nationales, de la flambée de la nouvelle variante du virus sur le continent Africain, de l’aide insuffisante apportée par le gouvernement ($20 par mois par personne). Et j’ai appris que depuis 7 mois, Nathan est sans électricité. Il recharge son téléphone dans sa voiture.

Certains tours sur Cooee sont de véritables explorations, d’autres permettent plutôt des échanges avec ces guides, mais dans tous les cas, on les quitte avec une meilleure connaissance de leur pays et une toute autre perspective sur l’impact de cette pandémie.

Mark Zuckerberg, l’enfant prodige du Web devenu paria

DIGITALE ATTITUDE: L’avenir de Facebook risque d’être compromis sous la présidence de Joe Biden.

Ce dernier, qui déplore depuis longtemps la montée de la désinformation, les discours de haine et l’extrémisme aux États-Unis, tient les réseaux sociaux responsables en partie et tout particulièrement Facebook.

Les démocrates reprochent au géant du Web le scandale de Cambridge Analytica qui a influencé le vote des électeurs en 2016 en faveur de Donald Trump. Ils sont furieux par les propos fallacieux et inflammatoires que Facebook a autorisés sur sa plateforme. Et Joe Biden a été touché personnellement, par une publicité mensongère affirmant qu’il avait «promis un milliard de dollars à l’Ukraine si elle limogeait le procureur enquêtant sur l’entreprise de son fils». Une publicité que Facebook a refusé de retirer.

Il est probable que le nouveau président des États-Unis va réviser l’article 230. Il s’agit d’un petit texte de loi crucial qui a empêché jusqu’à présent les réseaux sociaux d’être poursuivis pour les propos partagés par leurs utilisateurs.

Mark Zuckerberg doit encore faire face à des problèmes d’antitrust. Il est actuellement poursuivi par la FTC et une coalition de 46 États pour avoir illégalement maintenu sa position de monopole en rachetant la concurrence.

Un excellent article de la BBC rappelle que bien avant que n’éclate l’histoire de Cambridge Analytica, Zuckerberg avait le monde à ses pieds. A tel point qu’en 2017, il avait traversé le pays pour «parler aux américains de leur façon de vivre, de travailler et de penser».

Nombreux sont ceux qui ont vu le début d’une possible candidature à la présidence, ce qu’il a toujours nié. Un sujet sérieusement débattu dans la presse et avec raison, car rappelons que Zuckerberg tenait des notes manuscrites où il élaborait un plan pour «conquérir le monde».

Après un mouvement citoyen pour faire débaptiser un hôpital à San Francisco qui porte son nom, une révolte de ses employés pour sa tolérance envers Trump, un boycott de la part de ses plus grands annonceurs, puis Apple qui entrave sa pratique de récolte de données depuis ses applications, aujourd’hui, Zuckerberg se retrouve aliéné. «Il n’est plus le bienvenu à un cocktail», résume l’activiste antitrust Sarah Miller.

Lire aussi: Réseaux sociaux: et maintenant, que faire? Quatre pistes pour dompter ces monstres

© Crédit Photo

L’âge d’or de Netflix

DIGITALE ATTITUDE : Le service de streaming Netflix a annoncé qu’il sortira un film par semaine en 2021.

Un exploit que même Metro Golden Mayer, à l’âge d’or du cinéma américain dans les années 1930 et 1940, n’a pas réussi. Le plus grand studio de l’époque produisait alors 50 nouveaux films par an, et se vantait d’avoir sous contrat, «plus d’étoiles qu’il n’y en a dans le ciel».

Avec 70 sorties prévues en 2001, Netflix fera encore mieux que les studios Disney, dont les 12 à 23 nouveaux titres chaque année ont dominé le box-office depuis une décennie. Nous retrouverons dans leur catalogue les plus grandes stars du cinéma, comme Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep ou encore Omar Sy dans la série Arsène Lupin qui est déjà en ligne. Et une dizaine de longs métrages seront réalisés dans des langues autres que l’anglais.

Avec son modèle de distribution en streaming, Netflix ne souffre pas de la pandémie. La majorité des films sont achetés à d’autres sociétés et contrairement aux studios de production, il n’a pas dû faire face à des tournages avortés et a un calendrier de sorties en salles sans cesse modifié à cause du virus.

Avec la fermeture des cinémas, les studios ont choisi de distribuer quelques films à petit budget sur les plateformes de vidéo à la demande. Mais les lancements des blockbusters ont été sans cesse repoussés comme le dernier James Bond Mourir peut attendre, ne pouvant espérer récupérer les coûts de production et de marketing s’ils ne sortent pas en salle.

Netflix est entré dans la cour des grands, depuis plusieurs années ses films figurent aux palmarès des Oscars. Neuf nominations en 2018, puis quinze en 2019 – dont dix uniquement pour Roma.  Enfin, en 2020, la plateforme dénombrait 24 nominations toutes catégories confondues. Selon les prédictions du magazine de l’industrie du spectacle, Variety, huit titres seront en lice pour remporter une statuette en 2021.

Quand la pandémie sera sous contrôle, on peut l’espérer, les salles de cinéma vont rebondir et Netflix doit faire face à de sérieux concurrents qui se profilent comme Disney+ et HBO Max.

Mais pour l’heure, la plateforme a toute notre attention. Fin 2020, Netflix comptait 203,6 millions d’abonnés qui se connectent en moyenne deux heures par jour.

 

Lien utile :  La liste complète des films à découvrir sur Netflix en 2021

Les stars de la réalité virtuelle sur nos écrans

DIGITALE ATTITUDE : Lors de la plus grande messe consacrée à l’innovation technologique au monde, le Consumer Electronics Show (CES), qui vient d’avoir lieu non pas à Las Vegas comme à la coutume mais sur Internet, la multinationale coréenne LG a présenté ses nouveautés par le biais d’une jeune femme virtuelle.

Vêtue d’un hoodie rose fluo et d’un leggings noir, elle a fait l’article pour un robot désinfecteur de surfaces, puis, tout en gesticulant avec naturelle, elle a passé en revue les derniers modèles de la gamme d’ordinateurs LG Gram. Elle a également partagé avec son audience de manière plus personnelle, que tout comme eux, elle regrettait de ne pas pouvoir voyager pendant la pandémie pour avancer sa carrière de chanteuse.

Les icônes des grandes marques du luxe sont depuis des années des modèles générés par des ordinateurs. Bien qu’elles n’existent que sur les réseaux sociaux, elles ont le statut de véritable star avec plusieurs centaines de milliers de followers. Mais, au CES, c’est la première fois qu’un géant de l’électronique utilise l’une d’entre elles comme porte-parole pour un événement aussi important.

Les concurrents du Voice chinois sont des être virtuels

En Chine au mois d’octobre dernier, la plateforme iQiyi, le «Netflix chinois», a proposé un concours de talents qui a été suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs en ligne. Dimension Nova, qui rappelle l’émission télé-crochet The Voice avait pourtant une différence, les concurrents n’étaient pas des artistes en chair et en os, mais des êtres virtuels. Leurs performances par contre ont été jugées par des célébrités bien réelles, issues du monde de la musique et du cinéma.

Comment expliquer un tel engouement pour ses créatures numériques? «Comme vous ne pouvez pas voir comment ils se comportent dans la vie réelle, vous pouvez projeter sur eux vos propres fantasmes», explique Liu, 28 ans, dans le Bangkok Post. Une réponse qui nous laisse encore songeur.

Mais la technologie a ses limites. Dans la première partie du spectacle, un des candidats a été victime d’un bug. Des ingénieurs ont dû alors intervenir pour résoudre le problème en direct, agaçant le public, plutôt que de susciter de l’empathie comme cela aurait été le cas par exemple s’il s’était blessé en tombant sur scène.

Lire aussi :

Les Top Models Virtuels séduisent le monde du luxe

Netflix teste une option mobile «Audio-Only»

DIGITALE ATTITUDE : Seriez-vous prêt à écouter un épisode de la série The Crown sans voir les images?

C’est une nouvelle option proposée par Netflix à quelques utilisateurs Android – avant, peut-être, quelle ne soit déployée à plus grande échelle. En cliquant sur un bouton off, la vidéo est désactivée mais laisse entendre les dialogues d’un film ou d’une émission.

Il faut reconnaître que certains contenus s’y prêtent mieux que d’autres, on ne pourrait imaginer Game of Thrones (qui n’est d’ailleurs pas disponible sur Netflix) sans voir les décors faramineux, mais le service de vidéo à la demande produit de nombreux spectacles comiques «stand-up» qui fonctionneraient parfaitement dans ce format ou simplement pour le plaisir de réécouter une série préférée. Une option qui donnerait également aux utilisateurs une alternative aux podcasts sans devoir passer par une autre application concurrente, tout en permettant à Netflix d’occuper ce terrain.

«Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons d’améliorer l’expérience mobile de nos membres» explique un porte-parole de l’entreprise dans le journal Variety, comme celle d’avoir rajouté en 2019 un mode de visionnement en accéléré, au grand dam des producteurs qui voient leur œuvre dénaturée par ce procédé.

Netflix n’a pas inventé le concept de la vidéo en mode écoute, YouTube offre déjà une option audio en arrière-plan, bien qu’elle semble principalement destinée à la musique.

Mais le géant du streaming propose depuis 2015, une fonctionnalité audiodescription qui se trouve en cliquant sur  l’icône «dialogue» de l’application, celle qui permet d’accéder aux choix des langues et des sous-titres. Par un ensemble de technologies, les films sont rendus accessibles aux personnes malvoyantes grâce à un texte en voix off qui décrit les éléments visuels de chaque scène.

Le coup d’envoi de cette fonctionnalité a eu lieu suite au lancement de la série Daredevil et à une pétition émanant du public demandant de la rendre accessible aux téléspectateurs aveugles. Le super héros de la série, avocat de jour est justicier de nuit, est aveugle lui aussi. Netflix a entendu et depuis, la fonctionnalité audiodescription est disponible pour de nombreux titres originaux de la plateforme.

Messages éphémères et «mode disparition» pour WhatsApp, Instagram et Messenger

DIGITALE ATTITUDE : Les réseaux sociaux et les messageries offrent les uns après les autres la possibilité d’envoyer des messages éphémères qui s’effacent automatiquement au bout de quelques heures ou quelques jours.

Snapchat a été le premier en 2011 avec une application qui a permis le partage de photos puis de vidéos avec une autodestruction programmée – entre 1 et 10 secondes – dès qu’elles apparaissaient sur l’écran du destinataire. Aussitôt adoptée par les adolescents, la plateforme s’est distinguée pour avoir popularisé les sextos, ou l’envoi de photos et de textos à caractère sexuel.

Pour élargir son public, Snapchat a ensuite offert la possibilité de poster un contenu accessible à tous pendant 24 heures – c’est le modèle des stories que l’on retrouve désormais sur Instagram, Facebook, Messenger, YouTube, même sur le réseau social professionnel LinkedIn de Microsoft. Et il y a quinze jours, Twitter, le dernier arrivé, a annoncé le déploiement global de «Fleets», offrant la possibilité de publier des tweets furtifs, eux aussi limités à 24 heures.

Même sur WhatsApp, depuis le mois de novembre, on peut envoyer des messages qui disparaissent au bout de 7 jours.

«La plupart des messages que nous échangeons ne méritent pas d’être conservés pour l’éternité. Il n’est pas nécessaire d’en garder des traces», peut-on lire sur le blog de l’entreprise en guise d’explication.

Cette temporalité est la bienvenue pour nous libérer de notre empreinte numérique. Mais si les stories des applications du groupe Facebook ne sont plus visibles publiquement, elles n’ont pas forcément disparu pour autant. Elles sont sauvegardées par défaut dans les archives de nos smartphones et sur les serveurs du réseau social.

Quant à Snapchat, plus respectueux de notre vie privée, les enregistrements des stories doivent être activés par l’utilisateur et ne sont pas conservés au-delà de 30 jours.

Après l’option éphémère pour nos échanges proposée par WhatsApp, Facebook a commencé à dérouler un «mode disparition» («Vanish Mode») pour Messenger et la messagerie d’Instagram. Sont-ils eux aussi sauvegardés sur les serveurs de l’entreprise comme les stories? Apparemment pas: «Une fois qu’un message a été livré, il ne réside plus sur nos serveurs».