Les stars de la réalité virtuelle sur nos écrans

DIGITALE ATTITUDE : Lors de la plus grande messe consacrée à l’innovation technologique au monde, le Consumer Electronics Show (CES), qui vient d’avoir lieu non pas à Las Vegas comme à la coutume mais sur Internet, la multinationale coréenne LG a présenté ses nouveautés par le biais d’une jeune femme virtuelle.

Vêtue d’un hoodie rose fluo et d’un leggings noir, elle a fait l’article pour un robot désinfecteur de surfaces, puis, tout en gesticulant avec naturelle, elle a passé en revue les derniers modèles de la gamme d’ordinateurs LG Gram. Elle a également partagé avec son audience de manière plus personnelle, que tout comme eux, elle regrettait de ne pas pouvoir voyager pendant la pandémie pour avancer sa carrière de chanteuse.

Les icônes des grandes marques du luxe sont depuis des années des modèles générés par des ordinateurs. Bien qu’elles n’existent que sur les réseaux sociaux, elles ont le statut de véritable star avec plusieurs centaines de milliers de followers. Mais, au CES, c’est la première fois qu’un géant de l’électronique utilise l’une d’entre elles comme porte-parole pour un événement aussi important.

Les concurrents du Voice chinois sont des être virtuels

En Chine au mois d’octobre dernier, la plateforme iQiyi, le «Netflix chinois», a proposé un concours de talents qui a été suivi par des dizaines de millions de téléspectateurs en ligne. Dimension Nova, qui rappelle l’émission télé-crochet The Voice avait pourtant une différence, les concurrents n’étaient pas des artistes en chair et en os, mais des êtres virtuels. Leurs performances par contre ont été jugées par des célébrités bien réelles, issues du monde de la musique et du cinéma.

Comment expliquer un tel engouement pour ses créatures numériques? «Comme vous ne pouvez pas voir comment ils se comportent dans la vie réelle, vous pouvez projeter sur eux vos propres fantasmes», explique Liu, 28 ans, dans le Bangkok Post. Une réponse qui nous laisse encore songeur.

Mais la technologie a ses limites. Dans la première partie du spectacle, un des candidats a été victime d’un bug. Des ingénieurs ont dû alors intervenir pour résoudre le problème en direct, agaçant le public, plutôt que de susciter de l’empathie comme cela aurait été le cas par exemple s’il s’était blessé en tombant sur scène.

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Netflix teste une option mobile «Audio-Only»

DIGITALE ATTITUDE : Seriez-vous prêt à écouter un épisode de la série The Crown sans voir les images?

C’est une nouvelle option proposée par Netflix à quelques utilisateurs Android – avant, peut-être, quelle ne soit déployée à plus grande échelle. En cliquant sur un bouton off, la vidéo est désactivée mais laisse entendre les dialogues d’un film ou d’une émission.

Il faut reconnaître que certains contenus s’y prêtent mieux que d’autres, on ne pourrait imaginer Game of Thrones (qui n’est d’ailleurs pas disponible sur Netflix) sans voir les décors faramineux, mais le service de vidéo à la demande produit de nombreux spectacles comiques «stand-up» qui fonctionneraient parfaitement dans ce format ou simplement pour le plaisir de réécouter une série préférée. Une option qui donnerait également aux utilisateurs une alternative aux podcasts sans devoir passer par une autre application concurrente, tout en permettant à Netflix d’occuper ce terrain.

«Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons d’améliorer l’expérience mobile de nos membres» explique un porte-parole de l’entreprise dans le journal Variety, comme celle d’avoir rajouté en 2019 un mode de visionnement en accéléré, au grand dam des producteurs qui voient leur œuvre dénaturée par ce procédé.

Netflix n’a pas inventé le concept de la vidéo en mode écoute, YouTube offre déjà une option audio en arrière-plan, bien qu’elle semble principalement destinée à la musique.

Mais le géant du streaming propose depuis 2015, une fonctionnalité audiodescription qui se trouve en cliquant sur  l’icône «dialogue» de l’application, celle qui permet d’accéder aux choix des langues et des sous-titres. Par un ensemble de technologies, les films sont rendus accessibles aux personnes malvoyantes grâce à un texte en voix off qui décrit les éléments visuels de chaque scène.

Le coup d’envoi de cette fonctionnalité a eu lieu suite au lancement de la série Daredevil et à une pétition émanant du public demandant de la rendre accessible aux téléspectateurs aveugles. Le super héros de la série, avocat de jour est justicier de nuit, est aveugle lui aussi. Netflix a entendu et depuis, la fonctionnalité audiodescription est disponible pour de nombreux titres originaux de la plateforme.

Messages éphémères et «mode disparition» pour WhatsApp, Instagram et Messenger

DIGITALE ATTITUDE : Les réseaux sociaux et les messageries offrent les uns après les autres la possibilité d’envoyer des messages éphémères qui s’effacent automatiquement au bout de quelques heures ou quelques jours.

Snapchat a été le premier en 2011 avec une application qui a permis le partage de photos puis de vidéos avec une autodestruction programmée – entre 1 et 10 secondes – dès qu’elles apparaissaient sur l’écran du destinataire. Aussitôt adoptée par les adolescents, la plateforme s’est distinguée pour avoir popularisé les sextos, ou l’envoi de photos et de textos à caractère sexuel.

Pour élargir son public, Snapchat a ensuite offert la possibilité de poster un contenu accessible à tous pendant 24 heures – c’est le modèle des stories que l’on retrouve désormais sur Instagram, Facebook, Messenger, YouTube, même sur le réseau social professionnel LinkedIn de Microsoft. Et il y a quinze jours, Twitter, le dernier arrivé, a annoncé le déploiement global de «Fleets», offrant la possibilité de publier des tweets furtifs, eux aussi limités à 24 heures.

Même sur WhatsApp, depuis le mois de novembre, on peut envoyer des messages qui disparaissent au bout de 7 jours.

«La plupart des messages que nous échangeons ne méritent pas d’être conservés pour l’éternité. Il n’est pas nécessaire d’en garder des traces», peut-on lire sur le blog de l’entreprise en guise d’explication.

Cette temporalité est la bienvenue pour nous libérer de notre empreinte numérique. Mais si les stories des applications du groupe Facebook ne sont plus visibles publiquement, elles n’ont pas forcément disparu pour autant. Elles sont sauvegardées par défaut dans les archives de nos smartphones et sur les serveurs du réseau social.

Quant à Snapchat, plus respectueux de notre vie privée, les enregistrements des stories doivent être activés par l’utilisateur et ne sont pas conservés au-delà de 30 jours.

Après l’option éphémère pour nos échanges proposée par WhatsApp, Facebook a commencé à dérouler un «mode disparition» («Vanish Mode») pour Messenger et la messagerie d’Instagram. Sont-ils eux aussi sauvegardés sur les serveurs de l’entreprise comme les stories? Apparemment pas: «Une fois qu’un message a été livré, il ne réside plus sur nos serveurs».

Pourquoi tant d’animosité entre Facebook et Apple?

DIGITALE ATTITUDE : Les rivalités entre entreprises ont généralement une chose en commun, ils vendent des produits similaires. C’est le cas pour Nike et Adidas, UPS et Fedex.

C’est pourquoi la querelle entre Facebook et Apple est si singulière car ils ne sont pas concurrents.

Pour simplifier, Facebook vend les données de ses usagers à des fins publicitaires, tandis qu’Apple vend des appareils électroniques.

Mais ce qui est encore plus étrange dans leur discorde, c’est leur co-dépendance. Pouvoir consulter WhatsApp et Instagram sur un produit Apple contribue à la popularité de ce dernier. Il serait logique que les deux sociétés entretiennent de bons rapports, mais il n’en est rien.

Les relations se sont détériorées en janvier 2019, raconte The Telegraph, lorsque les 35000 employés de Facebook se sont réveillés un matin pour découvrir que toutes les applications développées pour le fonctionnement interne de l’entreprise ne marchaient plus: Leurs agendas, messageries, l’horaire des navettes et même les menus de la cantine étaient devenus inaccessibles. Et le développement de nouveaux produits a dû stopper net, les versions de test ne pouvant plus être mises à l’épreuve.

Apple, révolté par la révélation que Facebook avait payé des mineurs pour installer un VPN permettant d’aspirer leurs données, avait révoqué la veille au soir, les autorisations qui permettaient aux applications IOS du réseau social de fonctionner.

Puis, avec une nouvelle riposte prévue en début année, Apple annonce l’introduction de la fonctionnalité «App Tracking Transparency (ATT)», qui obligera les applications mobiles à demander aux usagers leur permission avant de les suivre à la trace, gênant ainsi la récolte des données et le placement d’annonces personnalisées. Une démarche qui ferait baisser les revenus de Facebook de 50%.

La marque à la pomme reste déterminée à contrer le réseau social. ATT est prévu pour début 2021 lors d’un prochaine mise à jour du système d’exploitation mobile IOS.

Dès 2010, Steve Jobs, avait mis en garde Mark Zuckerberg contre la violation de la vie privée et 10 ans plus tard, son successeur Tim Cook, fait en sorte que Facebook ne puisse plus continuer à monétiser les données personnelles de ses abonnés sans leur consentement.

 

Sources: BBC / TechCrunch / The Telegraph

Alexa va deviner nos intentions

DIGITALE ATTITUDE : Une nouvelle mise à jour de l’enceinte connectée Echo d’Amazon, lui permet de «déduire» quelle sera la prochaine question que vous allez lui poser.

Par exemple, en sollicitant son logiciel vocal Alexa pour savoir combien de temps il faudra pour infuser un thé, elle répondra: «cinq minutes», puis initiera une suite à la conversation en demandant: «Voulez-vous que je règle une minuterie sur cinq minutes?»

L’assistant virtuel est doté de dizaines de milliers de fonctionnalités activées par la voix, les skills ou compétences, développées par Amazon ou des tiers, qui viennent enrichir ses connaissances. Selon le même principe que les applications que nous téléchargeons sur nos smartphones, nous permettent d’accéder à une grande richesse de contenu.

Interpeler Alexa pour commander une pizza, jouer de la musique, consulter son agenda ou écouter les infos, figurent parmi les compétences courantes. Mais aucune d’entre elles, jusqu’à présent, ne donnaient suite à une recherche en tentant de devancer notre prochaine question.

Selon les ingénieurs d’Alexa sur leur blog: «Cette amélioration apportée au logiciel est la poursuite de nos efforts pour que les échanges avec l’assistant virtuel soient le plus fluide possible». Discuter avec Alexa devrait donc être aussi naturel que de parler à un être humain, et permettre à la technologie d’anticiper la suite logique d’une requête, donnant lieu à un véritable dialogue.

L’entreprise appelle ce processus «déduire les objectifs latents des clients». Un système basé sur le deep learning qui analyse les précédentes demandes formulées par un très grand nombre d’utilisateurs. Pour le moment, cette nouvelle capacité n’est disponible qu’aux États-Unis et en anglais.

S’entretenir plus longuement avec Alexa pourrait être amusant, c’est d’ailleurs déjà le cas, car elle répond avec bienveillance et parfois même avec humour aux questions, mais cela pourrait aussi être agaçant, si on ne souhaite qu’une simple réponse.

Amazon a pour ambition d’intégrer Alexa dans presque tous les appareils électriques de la vie courante – téléviseurs, frigos,  grille-pain… afin de les contrôler par la voix. Pourvu qu’ils ne se mettent pas tous à nous interroger.

 

Sources : ZDnet, The Verge, Siècle Digitale

Les Tweets de Trump ne font plus la une des journaux

DIGITALE ATTITUDE : Lorsque Donald Trump quittera ses fonctions le 20 janvier prochain, le 45ème président des États-Unis passera la porte de la Maison Blanche avec son mégaphone à portée planétaire au bout des doigts. Avec près de 89 millions de followers sur son compte Twitter personnel @RealDonaldTrump, il gardera ainsi une voie de communication directe avec ses supporters.

Selon Timothy Naftali, un historien de l’Université de New York, dans le Washington Post : «Il risque en tant qu’ex-président, d’être une présence fondamentalement perturbatrice dans la vie politique américaine».

C’est probable, mais là où Trump risque d’être déçu, sera par le degré d’attention que lui porteront les médias. Déjà, dès l’annonce de la victoire de Joe Biden, des journalistes de renom des plus grandes chaînes de télévision ont déclaré avoir désactivé les notifications de ses Tweets sur leurs portables et ne relayent plus ses messages à l’antenne: «Le paysage politique actuel justifie des questions sérieuses par la presse à l’équipe de transition» a précisé Brian Stelter de CNN, et non à relayer les récits complotistes d’un président sortant.

Pendant son mandat, le compte personnel de Trump a bénéficié d’une exemption «d’intérêt public» qui a permis à ses tweets, même mensongers ou incitant à la violence, de rester en ligne – signalés tout au plus par un avertissement. Un traitement de faveur réservé aux dirigeants mondiaux en fonction – mais non aux simples citoyens lorsqu’ils n’occupent plus ces postes.

Donald Trump redeviendra donc un utilisateur comme tous les autres fin janvier. S’il est censuré ou expulsé, il pourra toujours ouvrir un compte sur Parler, le Twitter alternatif de l’extrême droite qui se présente comme un bastion de la liberté d’expression et qui est déjà fréquenté par ses deux fils Donald Jr et Eric, l’ex-conseiller à la Maison Blanche Steve Bannon, l’avocat Rudy Giuliani, l’animateur conservateur de Fox News, Sean Hannity et le chef d’InfoWars Alex Jones. Depuis les élections américaines Parler est devenue l’application la plus téléchargée du Apple Store et Google Play. Sur Facebook, plusieurs groupes aux milliers de membres ont appelé à un «Twexit» le 13 novembre, soit une sortie massive vers Parler.

 

L’OMS et Wikipédia s’allient contre l’«infodémie»

DIGITALE ATTITUDE : Dans un communiqué du 22 octobre, l’Organisation mondiale de la Santé (l’OMS) et la Fondation Wikimédia, l’organisme à but non lucratif qui administre Wikipédia, ont annoncé une collaboration visant à élargir l’accès du public aux informations les plus récentes sur le COVID-19.

Inquiète de ce qu’elle qualifie d’«infodémie» – les informations fausses ou trompeuses diffusées sur les réseaux sociaux et par les moteurs de recherche – l’institution spécialisée des Nations Unis estime que cette collaboration permettra de mettre à disposition des renseignements fiables sur la pandémie.

L’accord place une grande partie du matériel de l’OMS dans les «communs», la partie du site où les ressources peuvent être partagées, reproduites ou retraduites sans qu’il ne soit nécessaire de demander une autorisation – à condition que la source soit identifiée et qu’un lien vers l’original soit inclus.

Les textes de l’OMS sont traduits dans six langues officielles, qui ne comprennent pas par exemple le hindi ou le portugais, de sorte que des millions de personnes ne peuvent pas les lire. Les articles de Wikipédia, en revanche, sont traduits dans près de 200 langues.

Depuis son lancement en 2001, Wikipédia est devenu l’un des dix sites les plus consultés sur le Web, il est fréquemment sollicité pour des informations sur la santé.

Alors que Google propose des contenus personnalisés, Wikipédia s’est discrètement imposé comme une source d’informations pertinente. Derrière cet effort de qualité, une communauté de contributeurs s’évertue à fournir des données aussi impartiales et aussi justes que possible.

Le principe même de Wikipédia est que tout le monde peut devenir éditeur mais les contributeurs ne sont pas tous de bonne foi, de sorte que le site a la réputation d’être inexact. Une étiquette qui n’est plus tout à fait mérité, mais Wikipédia vous dira elle-même qu’elle n’est pas une source sûre pour cette même raison.

Un professeur qui étudie la désinformation a déclaré au Washington Post que Wikipédia est aujourd’hui «une lueur d’espoir dans une mer de pollution». Car chaque personne qui consulte une page Wikipédia, voit exactement la même information, et non pas une information qui correspond à son profil, générée par un algorithme.

Sources:

L’OMS, Forbes, New York Times, Vox Media

Nos recherches collectives révèlent les foyers de la pandémie

DIGITALE ATTITUDE : Le vieil adage Internet «dis-moi ce que tu recherches et je te dirai qui tu es» est toujours d’actualité car Google nous connait mieux que nous même. Mais nos recherches, collectives, liées à la santé, peuvent aussi en dire long sur la transmission de maladies contagieuses et s’avèrent être un instrument utile aux scientifiques pour détecter des foyers épidémiques. 

Des chercheurs de la Mayo Clinic de New York ont examiné les requêtes sur Google dans les semaines précédant l’apparition des premiers cas du coronavirus dans 50 États.

Ils ont constaté que les recherches d’une dizaine de mots et expressions relatifs à la pandémie, comme «symptômes covidiens» et «perte de goût» avaient explosé avant l’apparition du COVID-19 et permettaient de prédire des foyers infectieux deux semaines avant qu’elles ne se déclarent.

L’utilisation de l’internet a révolutionné l’accès aux connaissances médicales et a donné naissance à un nouveau domaine d’investigation scientifique, l’infodémiologie, qui se concentre sur les recherches de contenus liés à la santé. Elle s’appuie sur Google Trends, un outil issu de Google Labs, permettant de connaître la fréquence à laquelle un terme a été tapé dans le moteur de recherche, avec la possibilité de visualiser ces données par région.

L’étude du Mayo Clinic portait sur l’Amérique, mais dans ce pays après tout, on peut anticiper la prochaine flambée du virus en se basant tout simplement sur les déplacements de Donald Trump à ses grands rassemblement électoraux, où des milliers de supporters s’agglutinent sans masque.

Le véritable intérêt de l’analyse des recherches Google selon le journal l’ADN, «est de connaître la propagation du virus dans des pays où les gouvernements refusent de publier des données ou n’en révèlent qu’une partie.» Par exemple No puedo oler (je n’ai plus d’odorat) a été tapé dix fois plus en Équateur qu’en Espagne, alors qu’à ce moment-là l’Équateur comptait dix fois moins de cas que l’Espagne.

Mais prédire l’avenir n’est pas une science exacte, même pour le géant du Web, car il y a un peu plus d’une décennie, Google a essayé de prédire les épidémies de grippe et a échoué – de façon spectaculaire – malgré l’analyse de centaines de milliards de données.

Des tests de dépistage rapides du COVID-19 dans les aéroports

DIGITALE ATTITUDE : Afin d’éviter la quarantaine imposée à l’arrivée dans un pays, un test de détection rapide du COVID-19 la veille d’un départ ou avant l’embarquement, serait le meilleur moyen pour relancer le secteur aérien.

Jusqu’à présent, deux pays dont le taux de positivité au virus était faible, s’accordaient sur un corridor commun ou une «bulle de voyage», pour rétablir des liaisons aériennes respectives, sans exiger un confinement à l’arrivée. Mais ces traités pouvaient être annulés à tout moment, selon la progression du virus dans la population et l’annonce de nouvelles mesures restrictives par les gouvernements.

Tester systématiquement tous les passagers

La solution la plus efficace, selon l’Association internationale du transport aérien (l’IATA), serait un test systématique des passagers des vols internationaux, avant leur départ, à l’aéroport, pour ouvrir les frontières en toute sécurité, sans quarantaine.

«Pour mettre un système d’une telle ampleur en place, il faudra que les laboratoires fournissent des tests de dépistages d’antigènes rapides à grande échelle, qu’ils soient précis, abordables et faciles à appliquer par un personnel non médical», a plaidé Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA lors d’une conférence de presse.

«Les passeports immunitaires»

Des applications mobiles sécurisées délivrent déjà des «passeports immunitaires» selon les résultats de tests virologiques RT-PCR effectués en laboratoire, comme le Corona Pass de Bizaqi, Certus de SICPA, ou encore l’AOK Pass.

Un test antigénique en 15 minutes

Mais au-delà d’un certificat d’anticorps qui s’affiche par un QR Code sur son smartphone, c’est le test de dépistage le plus rapide et le plus fiable qui est le véritable enjeu. De nombreux acteurs sont dans la course dont les géants de la pharma Abott et Roche. Cette dernière commercialise en Europe un test antigénique en 15 minutes, depuis fin septembre.

En avril dernier, l’OMS avait mis en garde contre «les passeports immunitaires», faute de données suffisantes sur les risques de réinfection et elle a alerté sur le manque de fiabilité de certains tests. Mais aujourd’hui, sept mois plus tard, tout a évolué. On peut s’attendre de leur part à de nouvelles directives ainsi qu’une recommandation de l’OFSP.

 

Lire aussi:  Une porte ouverte aux tests rapides (Le Temps)

Reportages:

La pression augmente pour l’utilisation des tests rapides en Suisse (RTS)

L’efficacité des tests rapides se confirment. Do quoi les généraliser bientôt? (Heidi News)

 

Détecter le COVID-19 par l’analyse vocale

DIGITALE ATTITUDE : Grâce à l’intelligence artificielle, l’analyse vocale est un domaine en plein essor. Elle tente de détecter divers problèmes de santé de manière précoce et non invasive, au seul son de la voix.

En mars dernier, le Ministre israélien de la Défense et la start-up Vocalis Health ont demandé à des volontaires ayant été testés positifs au COVID-19, d’enregistrer leur voix dans une application, en décrivant une image, puis en comptant de 50 à 70.

Un système d’apprentissage automatique a ensuite tenté d’identifier une empreinte vocale pour la maladie, en la comparant aux voix de personnes ayant été testées négatives.

Selon le même principe, des scientifiques de l’EPFL ont développé une application web pour dépister le Coronavirus par la toux. Il est toujours possible de participer à leur recherche en enregistrant sa toux sur la page Coughvid.epfl.ch

Ces sociétés ne sont pas seules dans la course pour trouver des biomarqueurs vocaux. De nombreux chercheurs espèrent que ces outils pourront aider les cliniciens à diagnostiquer très tôt certaines pathologies neurodégénératives, comme le Parkinson, où les troubles de la voix – éraillée avec des articulations imprécises – en sont les premiers signes.

L’analyse de la voix peut être utile aussi pour déterminer l’âge de quelqu’un. La multinationale Nuance, a mis au point pour l’opérateur espagnole Telefónica pendant le confinement, un système de reconnaissance vocale, pour accorder la priorité aux personnes âgées en difficulté, en les redirigeant vers un agent humain et non un chatbot.

Beaucoup rêvent de déployer cette technologie à plus grande échelle, en exploitant les microphones omniprésents dans les produits de consommation pour identifier les maladies. Ces systèmes pourraient un jour permettre aux épidémiologistes de suivre leur propagation.

Les enceintes connectées comme Alexa et Google Home sont déjà utilisées passivement pour identifier un problème de santé, en posant une suite de question sur des symptômes, puis en reliant l’individu aux sites de santé.

 Si l’intelligence artificielle devait se généraliser dans ses appareils, des dérives potentielles sont à craindre, allant de diagnostics erronés à une nouvelle invasion de la sphère privée.

Source: Nature