Objets connectés et IA pour les animaux de compagnie

DIGITALE ATTITUDE : Aux États-Unis, plus de 85 millions de foyers possèdent des chiens ou des chats, un chiffre en progression depuis 30 ans et qui continue à grimper. Une croissance attribuée à la génération des millennials qui repoussent les échéances familiales traditionnelles et dont les animaux de compagnie remplacent l’envie d’avoir des enfants.

Ainsi un nouveau secteur de l’économie s’adresse à eux, avec des objets connectés qui sont présentés aux côtés des dernières technologies lors des grands rassemblement de l’électronique – au Mobile World Congress (MWC) à Barcelone ou encore au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas.

On trouve des colliers avec des capteurs de mouvement qui mesurent en temps réel leur activité physique, des colliers GPS, des distributeurs automatiques d’aliment et des chatières intelligentes – dont la porte s’ouvre grâce à la reconnaissance faciale. Des litières autonettoyantes et désodorisantes et toute une panoplie de jouets étonnants pour les occuper pendant que leurs maîtres sont absents, comme le Smart Bone qui interagit avec eux puis les récompensent par une distribution de croquettes ou encore le iDogMate, un lanceur de balles automatique. Le service de streaming Spotify quant à lui, propose des playlists de musique générés par un algorithme, en fonction du caractère de l’animal; chien, chat, hamster, oiseau ou iguane.

Parallèle à l’évolution des préférences des consommateurs pour manger sainement, une nouvelle sensibilité se porte sur leur alimentation avec des exigences pour des produits naturels. Tails.com, qui vend de la nourriture pour chiens en ligne, propose un régime personnalisé et équilibré, basée sur l’intelligence artificielle. Une fois le profil de son compagnon enregistré sur le site; race, âge, poids, historique médical, un menu adapté est proposé.

Il y encore les tests ADN pour connaître leurs origines canines et leurs prédispositions à certaines maladies héréditaires. Sans oublier l’outil de recherche qui permet de réunir potentiellement, les membres d’un même élevage.

Cette préoccupation pour le bien-être des quatre pattes qui se complète par une mode vestimentaire, des lits douillets et des poussettes pour la promenade, ont fait perdre tout sens au dicton injurieux «se faire traiter comme un chien». Aujourd’hui, on peut difficilement rêver mieux que d’être à leur place.

Nos smartphones et nous

DIGITALE ATTITUDE : Malgré les nouvelles fonctionnalités proposées par Apple, Google et Facebook pour nous aider à mieux gérer notre accaparement aux écrans, le temps que nous passons sur nos smartphones n’a cessé d’augmenter. L’américain adulte moyen y consacre aujourd’hui 3 heures 30 par jour selon le média Vox, soit 20 minutes de plus qu’en 2018.

Malgré tous les efforts déployés par les entreprises pour nous aider à décrocher – en nous permettant de désactiver les notifications ou passer en mode noir-blanc, la plupart d’entre nous n’a pas changé ses habitudes.

Malgré une prise de conscience généralisée que nous avons été manipulés par des méthodes persuasives, conçues expressément pour nous attirer sur des plateformes et nous garder le plus longtemps possible, nous continuons à les fréquenter et à trouver de nouvelles sources de distractions.

Malgré la pression sociale pour délaisser nos appareils et rejoindre la nouvelle «élite évoluée» – qui a compris qu’on ne vit pas pleinement sa vie par écran interposé – nous sommes encore nombreux à avoir les yeux rivés sur nos téléphones que nous consultons en moyenne 58 fois par jour.

Et malgré l’initiative de Tristan Harris depuis 7 ans déjà, pour le développement de logiciels «éthiques» sous le label Time Well Spent, ce mouvement, social au départ, s’est transformé en une stratégie marketing de la part des entreprises pour nous proposer encore de la technologie avec de nouvelles applications detox. Pour combattre le feu par le feu?

Alors où allons-nous? Si on se tourne vers la Chine pour un aperçu de l’avenir, ce n’est guère rassurant. A raison de 6 heures par jour, les chinois passent près de deux fois plus de temps sur leurs portables que les américains. La prolifération des applications mobiles jouant un rôle essentiel dans leur quotidien, pour vivre, travailler et se divertir.

Sommes-nous donc tous accros? En vérité, non. Le terme addiction a été galvaudé dans ce contexte – car seul l’addiction aux jeux vidéo est reconnue formellement par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la dernière édition du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), mais nous ne pouvons pas nier que notre comportement est pour le moins préoccupant.

La solution est pourtant à portée de main. Il suffit de poser son téléphone. C’est tout. Et cela ne tient qu’à nous.

 

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Votre vie privée ne concerne pas que vous

DIGITALE ATTITUDE : Un article intéressant dans le journal britannique New Statesman nous fait réfléchir sur la manière dont nous gérons notre vie privée sur Internet et pourquoi ne pas s’en préoccuper, a un impact sur les autres.

Parmi nous, il y a ceux qui ne se sentent pas concernés par la protection de leurs données parce qu’ils estiment n’avoir à cacher, puis il y a ceux au contraire qui s’en soucient et prennent des mesures pour se sécuriser. Ils évitent par exemple d’enregistrer leurs identifiants dans leur navigateur et s’abonnent à des gestionnaires de mot de passe. Mais dans les deux cas, ces individus partent du principe que leur vie privée est une affaire personnelle – quand en réalité elle concerne la collectivité.

Prenez le scandale de Cambridge Analytica. Seuls 270’000 utilisateurs de Facebook ont consenti à ce que la firme accède à leurs profils. Les 87 autres millions de personnes qui ont subi des campagnes de propagande politique figuraient dans des listes d’«amis» – dont les données ont été siphonnées à leur insu et sans leur consentement.

Pour Christopher Wylie, lanceur d’alerte et ex-directeur chez Cambridge Analytica, sans l’influence psychologique menée par son équipe de recherche auprès des électeurs ciblés sur Facebook, Brexit n’aurait pas eu lieu et Donald Trump n’aurait pas été élu président.

Les applications que nous téléchargeons sur nos smartphones sont capables d’accéder à notre microphone, à notre caméra, à nos photos, à nos contacts, à notre localisation, à nos réseaux sociaux et à notre agenda. Des informations qui peuvent être piratées ou échangées commercialement et qui nous rendent vulnérables les uns par rapport aux autres. C’est pourquoi il est nécessaire de sécuriser ses informations personnelles – pour se protéger soi-même mais aussi son prochain.

Ces dernières années, Apple, Google et les réseaux sociaux ont amélioré leurs politiques de confidentialité, nous permettant d’intervenir dans nos paramètres pour accorder des autorisations d’accès à certaines fonctionnalités.

Tout comme nous avons un rôle à jouer collectivement dans la lutte contre les changements climatiques en modifiant nos habitudes de consommation personnelles, nous avons aussi un rôle à jouer ensemble pour préserver la vie privée.

L’essor du livre audio

DIGITALE ATTITUDE : Alors que les livres électroniques connaissent une baisse de popularité, les livres audio sont en forte croissance. D’ici 2023, leurs revenus aux États-Unis ‑ le plus grand marché du monde – devraient dépasser ceux des e-books. En France pour la première fois cette année, ils ont passé du statut de «secteur de niche à celui de marché-levier», pour acquérir, selon Paule de Bouchet, présidente de la commission livre audio du Syndicat national de l’édition: «La place qui leur revient de droit dans le monde du livre».

Ils doivent leur succès à l’abondance de l’offre et la facilité de téléchargement, grâce aux applications comme Audible et Overdrive, la popularisation des écouteurs sans fil de qualité, le raccordement généralisé des téléphones aux haut-parleurs dans les voitures et la présence croissante d’enceintes intelligentes à commandes vocales comme Alexa et Google Home dans les domiciles.

Il y a aussi la participation des célébrités qui se prêtent au jeu de la narration, comme Meryl Streep pour le best-seller A Handmaid’s Tale de Margaret Atwood et Elton John dont la biographie contient des lectures de la rock star. Le genre est même reconnu par la National Academy of Recording Arts and Sciences qui attribue les Grammy Awards, l’équivalent des Oscars pour la musique. Michelle Obama est d’ailleurs nommée dans la catégorie «meilleur album parlé» pour la version audio de son mémoire Becoming. Une récompense décernée auparavant à Barack Obama, Hillary Clinton et à Jimmy Carter pour avoir été chacun le narrateur de leurs propres récits.

La montée en puissance des podcasts a peut-être aussi incité les consommateurs à se tourner vers les récits audio. 26% des Américains écoutent des épisodes tous les mois soit 73 millions de personnes, une hausse de 24% depuis 2017. Et le meilleur d’entre eux, dans la catégorie «journalisme d’investigation audio», se verra couronné d’un Prix Pulitzer en 2020. Pourtant en France, ce format n’a pas encore atteint le grand public et ne touche que 6% de la population.

Mais pour revenir à notre sujet, selon le magazine Lettres Numériques: «le grand atout de l’audiobook réside dans sa capacité à toucher des publics qui ne sont pas forcément adeptes de lecture».

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Réflexion sur la collecte des données des élèves

DIGITALE ATTITUDE : Les données récoltées sur un élève pourraient-elles se retourner un jour contre lui? Concernés, des parents américains ont obtenu de leur district scolaire qu’elles soient effacées des serveurs une fois l’an.

Les ordinateurs mis à la disposition des élèves par les établissements scolaires sont en général livrés avec des logiciels de gestion de classe. Ils permettent aux enseignants de créer leur plan de cours, distribuer devoirs et examens, noter les copies et partager du contenu. Ils peuvent aussi traquer les absences, mesurer les progrès d’un collégien ou la vitesse à laquelle il exécute ses devoirs, surveiller son activité en ligne et qualifier son comportement – dressant un bilan qui se partage ouvertement entre éducateurs et parents. Mais que deviennent toutes ces informations? Dans un article du Guardian, on découvre que les parents d’un comté dans l’État du Maryland ont obtenu de leur district scolaire, le droit à l’oubli, dans le cadre d’une campagne surnommée «Data Deletion Week» (la semaine de suppression des données).

Ce n’est pas un hasard si les parents de Montgomery se sont mobilisés, précise le quotidien britannique, car c’est dans cette région que siègent la NSA et la CIA et où sont scolarisée la progéniture de nombreux employés fédéraux, experts en sécurité nationale.

Ici, tout comme dans des milliers d’école en Amérique, des ordinateurs portables sont fournis aux élèves. Dotés d’outils de surveillance, les administrateurs tentent de détecter tout comportement suspect pour se prémunir d’une fusillade ou détecter une envie de suicide – mais ils rassemblent également des appréciations sur chaque jeune personne.

Des données qui pourraient un jour leur porter préjudice, selon les parents de Montgomery dont les craintes ne sont pas infondées, car des adolescents ont déjà subit les conséquences de leurs agissements sur Internet. En 2017, l’Université de Harvard a annulé l’admission accordée à une dizaine d’étudiants, pour avoir échangé des propos racistes dans un groupe privé sur Facebook.

En exigeant que les données recueillies sur les écoliers une fois par an soient effacées des serveurs, avec à l’appui un certificat officiel de la société fournisseur du logiciel, les parents de Montgomery s’assurent que leurs enfants ne seront pas confrontés plus tard à leurs erreurs de jeunesse et sont protégés contre l’exploitation de leurs données. «Data Deletion Week», une idée à retenir.

Comment réduire l’empreinte carbone de ses e-mails

DIGITALE ATTITUDE : Même nos courriers électroniques contribuent au réchauffement climatique.

Un simple e-mail sans pièce jointe, représente 10 grammes de CO2 émis dans l’atmosphère, soit l’équivalent du bilan carbone d’un sac plastique. Transmettre une photo de vacances à dix amis équivaut à parcourir 500 mètres en voiture. Un employé de bureau qui envoie et reçoit 140 courriels par jour produit au cours d’une année, autant de CO2 qu’un vol Genève – Milan.

Où vont nos mails?

Ces comparaisons étonnantes sont difficiles à appréhender car on se demande bien comment un envoi immatériel peut contribuer à détruire la planète. Pourtant, toute activité en ligne à un impact écologique. Lorsque vous tapez sur votre clavier, votre ordinateur utilise de l’électricité. Quand vous appuyez sur envoyer, cette commande passe par le réseau et parcours des milliers de kilomètres, transitant par des dizaines de routeurs, serveurs et autres ordinateurs qui fonctionnent eux aussi grâce à l’électricité. Finalement, au bout de la chaîne, les données sont stockées dans des data centers, des bâtiments climatisés qui nécessitent un refroidissement 24 heures sur 24, sept jours sur sept, pour parer à la chaleur générée par les systèmes informatiques, qui deviendraient défectueux au-delà d’un certain seuil de température.

En moyenne 240 millions d’emails sont envoyés dans le monde chaque minute. Avec l’augmentation de la capacité de stockage de nos appareils et les possibilités de sauvegarde dans le nuage, nous conservons facilement des milliers de messages parce qu’ils ne sont pas encombrants.

E-mail vs lettre postale

Si l’envoie d’un courrier électronique n’utilise qu’environ 1,7 pour cent de l’énergie nécessaire à la livraison d’une lettre papier, leur volume faramineux et notre comportement numérique collectif finit par avoir une incidence sur la planète.

Alors pour être un meilleur éco-citoyen, pensez à réduire la taille des messages envoyés (le document en pièce jointe est-il vraiment nécessaire ou pouvez-vous le remplacer avec un lien vers la même information?), n’oubliez pas de compresser les images en annexe, tenez à jour vos listes d’envoi, et surtout faites le ménage dans vos boîtes de réception, c’est inutile de garder tous ces courriers que vous ne relirez probablement jamais.

Liens: 

E-mail, cloud, data center: ces clics qui polluent (vidéo)

Le «syndrome du Diogène numérique»

How Bad are Bananas : The Carbon Footprint of Everything

Netflix s’offre une salle de cinéma à Manhattan

DIGITALE ATTITUDE : C’est le monde à l’envers. Netflix, le géant du streaming, qui nous a habitué à voir des films depuis le confort de nos canapés, s’offre une salle de cinéma.

Une annonce qui rappelle le jour ou Amazon, le site de e-commerce par excellence et grand responsable de la fermeture de nombreuses librairies, a ébranlé le monde de l’édition en ouvrant son premier point de vente en «brick et mortier» à Seattle.

Avec la reprise de cette salle mythique au cœur de Manhattan, le Paris Theatre, située entre la cinquième avenue et le Plaza Hotel, Netflix compte projeter ses films originaux et organiser des événements tapis rouge pour ses avant-premières.

Il s’agit du seul cinéma de la ville de New York à n’avoir pas été transformé en un centre multiplex. Fermé en août dernier après avoir été inauguré il y a 70 ans par Marlene Dietrich, les films étrangers à l’affiche étaient fréquentés par des cinéphiles.

Mais au-delà du cachet qui accompagne la sortie d’un film sur grand écran, sa projection dans une salle de cinéma est une condition pour se qualifier pour une nomination aux Oscars. C’est la raison pour laquelle quelques grands titres produit par Netflix ont été diffusés dans des théâtres à Los Angeles et ailleurs et que le film Mexicain Roma, a pu remporter 3 statuettes en 2019.

Alors afin de continuer à attirer les grands réalisateurs comme Alfonso Cuarón et Martin Scorsese, il faut que les films réalisés par Netflix, aient droit à la même reconnaissance et aux mêmes récompenses que les films issus d’autres studios.

Pourtant, à l’heure actuelle, les films de Netflix ne sont pas éligibles pour la Palme d’Or, car selon le règlement du festival révisé en 2018 – qui semble expressément destiné à pénaliser le géant américain – «les films en compétition devront avoir une sortie en salle en France, et décaler toute diffusion sur leur site de trois ans.» Des restrictions extrémistes qui devront bien être levées un jour si Cannes tient à rester pertinent comme vitrine internationale du septième art.

En attendant, rappelons que Netflix est toujours le premier service de vidéo à la demande avec 158 millions d’abonnés dans plus de 190 pays et que sa plateforme consomme 15% de toute la bande passante Internet au niveau mondial.

 

L’IA qui permet d’insérer des pubs virtuelles dans les films

DIGITALE ATTITUDE : La publicité devient virtuelle avec le placement de visuels ou d’objets après le tournage.

Le placement de produits dans les films, séries télé, clips musicaux, jeux vidéo et plus récemment dans le e-sport, fait partie intégrante de la stratégie marketing de nombreuses marques. Des partenariats très appréciés par les réalisateurs car ils leur permettent d’amortir en partie leurs frais de production.

Mais aujourd’hui, les studios comme NBC Universal, 20th Century Fox et la chaîne TF1 commencent à utiliser l’intelligence artificielle pour insérer numériquement, des produits virtuels ou des visuels dans des films et des sériées télé, une fois le tournage terminé et le montage accompli.

Le «in-vidéo advertising» est possible grâce à une intelligence artificielle développée par une start-up britannique, Mirriad, qui analyse le scénario et les décors de chaque scène, pour faire l’inventaire de toutes les surfaces potentielles où intégrer judicieusement un produit, une affiche ou un logo.

Par exemple, technologie a été utilisée pour insérer l’affiche virtuelle d’une voiture SEAT dans des épisodes de la saga Demain Nous Appartient, diffusés sur TF1: Elle apparaît un grand format sur un mur en ville, en plus petit sur la couverture d’un magazine posé sur un coin de table, ou encore en fond d’écran sur un ordinateur comme ici, dans cette scène de bureau dans un commissariat. Il peut encore s’agir d’un produit en trois dimensions, comme une boisson connue, ajoutés à l’image en réalité augmentée.

Dans un partenariat avec Tencent Video, une plateforme de vidéo à la demande chinoise aux 900 millions d’utilisateurs, Mirriad envisage d’aller encore plus loin, en produisant plusieurs versions de chaque spot virtuel, pour cibler les téléspectateurs selon leurs profils. Une fonctionnalité qui existerait déjà, mais qui n’a pas encore été testée commercialement.

L’insertion publicitaire en post production exige cependant de prendre certaines précautions, souligne le journal New Scientist. Pour ne pas tromper les téléspectateurs, ces derniers devront être avisés que des produits virtuels ont été placés dans un film, les annonceurs devront faire attention de respecter les contrats non concurrentiels des acteurs et avant tout, ils devront obtenir l’accord des réalisateurs pour altérer ainsi leur ancien contenu.

Les tweets de Trump sous la loupe

DIGITALE ATTITUDE : Dans une dissertation intitulée «Comment Trump a refaçonné la présidence en plus de 11 000 tweets», le New York Times a décortiqué comment le 45ème président des États-Unis a exploité cette plateforme pour exercer son pouvoir.

Avant même d’avoir prêté serment, à 4 heures 31 du matin le jour de son inauguration le 20 janvier 2017, Donald J. Trump a envoyé son premier tweet présidentiel aux américains:

«Tout commence aujourd’hui! Je vous retrouve à 11 heures pour la cérémonie d’investiture. LE MOUVEMENT CONTINUE – LE TRAVAIL COMMENCE!»

Depuis, il a tweeté depuis la Maison Blanche dans un flux quasi continu.

Sur les plus de 11000 tweets qu’il a envoyé depuis son entrée en fonction pour essentiellement provoquer et faire diversion, 5889 ont été des attaques personnelles contre des cibles variées: émissions de télévision, la ville de Baltimore, Jeff Bezos, ou encore des membres de son propre gouvernement tombés en disgrâce.

Trump s’est vanté à 183 reprises de la taille des foules, il a attaqué 570 fois les immigrants, loué 132 fois des dictateurs, qualifié les médias d’ennemis du peuple 36 fois et à 16 reprises, a tweeté qu’il était «le président préféré de tous».

Sad!

Les fautes d’orthographe, l’utilisation abusive de majuscules et d’adjectifs (perfect, fantastic, tremendous, sad!) et de surnoms méprisants envers ses opposants, seraient tous des gages d’authenticité.

Selon le Times, le président rédige ses tweets le plus souvent entre 6 et 10 heures du matin depuis sa résidence, devant Fox News. Un mode de communication qui lui permet de s’adresser directement à la terre entière en contournant la presse, où ce qu’il appelle plus communément les «fake news».

En incitant à la haine et à la violence, il a violé à maintes reprises les conditions d’utilisation du réseau social, alors ce dernier a modifié ses statuts pour ne pas devoir censurer un chef d’État, au nom de l’intérêt public.

La liberté d’expression est inscrite dans la Constitution, alors un mégaphone a portée planétaire, accordé à un mégalomane narcissique pour dénigrer ses opposants, diffuser mensonges et contre-vérités est la nouvelle norme. Pourtant, si Twitter avait tiré la prise sur @realDonaldTrump, l’Amérique serait bien moins divisée aujourd’hui.

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Votre cerveau n’a pas été piraté

DIGITALE ATTITUDE : Vous avez toujours les yeux rivés sur votre smartphone? Arrêter de blâmer la technologie, vous êtes seuls responsables. Tel est le nouveau courant de pensée émanant de la Silicon Valley, qui vient se substituer aux discours sur le piratage de nos cerveaux.

Dans son bestseller Hooked: Comment créer un produit ou un service qui ancre des habitudes, publié en 2014, Nir Eyal avait expliqué comment la technologie persuasive avait été sciemment conçue pour nous rendre dépendants aux sites et réseaux sociaux. Mais voilà que le spécialiste du comportement retourne sa veste en affirmant que si nous sommes accro à nos écrans, c’est principalement de notre faute.

Le vrai problème c’est nous 

Le problème, explique-t-il, dans Forbes et le New York Times, n’est pas la technologie, mais notre désir d’échapper aux tracas du quotidien et si nous consultons aussi souvent nos appareils, c’est parce que nous sommes incapables d’être seuls. Le vrai problème c’est nous. Il pense que la capacité de gérer le temps d’écran sera «la compétence la plus prisée du siècle, parce que dans les années à venir, avec la réalité augmentée et la réalité virtuelle, les possibilités pour se distraire s’amplifieront.»

C’est le thème de son nouveau livre, Indistractable: Comment contrôler votre attention et choisir votre vie. Tout en reconnaissant que le divertissement est à portée de main, Eyal affirme que nous ne sommes pas impuissants pour autant.

La gestion du temps

Il donne des tuyaux pour mieux gérer son temps grâce aux applications de timeboxing comme Clockify et FocusList, qui permettent d’organiser sa journée minutieusement et attribuer à chaque tâche une durée déterminée, ou encore la plateforme de co-working virtuelle Focusmate, pour lutter contre la procrastination. A une heure convenue, vous passez 50 minutes à travailler en session vidéo avec un étranger, en gardant un oeil l’un sur l’autre.

L«économie de l’attention ne fait plus rêver», peut-on lire encore dans le journal Slate et les sociétés technologiques comme Apple et Google, à leur tour, développent des applications pour nous permettre de changer de comportement, comme celles qui nous confrontent aux nombres d’heures passé chaque jour sur nos smartphones, ou celles expérimentales et open source, conçues expressément pour «le bien-être numérique», comme le téléphone en papier à imprimer chez soi (The Paper Phone project).

Même BJ Fogg, qui dirigeait le Persuasive Tech Lab à Stanford, l’a rebaptisé Behavior Design Lab, où il enseigne dorénavant des méthodes pour être plus efficace dans la gestion de projets. Son nouveau titre intitulé Tiny Habits: Les petits changement qui changent tout, qui paraîtra en décembre, est un guide pour changer ses habitudes numériques.

Dans un tweet du 11 septembre dernier, Fogg prédit l’émergence d’un mouvement post numérique en 2020, «lorsque nous commenceront à réaliser que le fait d’être enchaîné à notre smartphone est le marqueur social d’un statut inférieur, comme fumer des cigarettes.»

Le nouveau fossé numérique

Une tendance déjà relevé en mars dernier par Nellie Bowles dans le New York Times, où elle avait fait remarquer que «pouvoir se passer de son téléphone, quitter les réseaux sociaux et ne pas répondre aux courriels dans l’immédiat sont les signes extérieurs d’une classe évoluée.»

 

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