J’ai pu aider une personne malvoyante à l’autre bout du monde, grâce à l’application BeMyEyes

En février 2015 je me suis portée volontaire pour venir en aide aux aveugles et aux malvoyants. En téléchargeant l’application BeMyEyes sur mon iPhone, j’acceptai de recevoir une connexion vidéo à tout moment pour assister une personne qui aurait de la peine à déchiffrer une date de péremption sur un produit, trouver l’entrée d’un immeuble ou encore lire le nom d’une rue.

Mode d’emploi
Lors de mon inscription, dans les paramètres, j’ai coché anglais et français comme langues de prédilection, j’ai activé l’option vidéo, puis j’ai attendu d’être sollicitée.

En deux ans j’ai dû recevoir une vingtaine d’appels. La tonalité est spécifique à l’application et ne ressemble pas à un appel normal. Lorsqu’elle retentit, c’est l’excitation et l’émerveillement, suivi d’une immense déception. Car le temps de déverrouiller son téléphone et d’appuyer sur l’icône de BeMyEyes, l’appel aléatoire est passé à quelqu’un d’autre.

Succès
Mais vendredi j’ai eu ma première connexion. Par chance j’ai été assez rapide. Une voix féminine m’a demandé de l’aide pour lire l’étiquette d’un produit alimentaire. «Où êtes vous?» me demanda-t-elle, «A Genève en Suisse, et vous Madame?», «Je suis à Wales.» Elle a de la peine à diriger sa caméra au bon endroit.  Je vois un bras dénudé et flou, puis l’évier de sa cuisine. Je lui suggère: «Un peu plus à gauche.» «Je ne suis pas encore très habile» me répond-elle. Et puis, ça y est! l’emballage est apparu avec son étiquette bien visible: “Organic Chicken”. Nous sommes enchantées toutes les deux par ce succès, puis fin de la connexion. Elle a duré moins d’une minute.

A ce jour, 550’000 volontaires sont inscrits à BeMyEyes et 38’000 malvoyants. 266’000 personnes ont été aidées.

Le Micro-Bénévolat
Ça s’appelle du micro-bénévolat et d’en faire l’expérience est juste magnifique.

 

 

 

 

 

 

Comment précipiter la démission de Donald Trump

À la suite des manifestations violentes à Charlottesville le week-end dernier entre suprémacistes blancs et militants antiracistes et les propos de Donald Trump, mettant sur le même plan les néo-nazis et ceux qui protègent les droits civiques, les réseaux sociaux et les services de paiement en ligne ont réagit, en supprimant les comptes de groupes extrémistes.

Les réseaux sociaux réagissent  

Apple a désactivé sa plateforme ApplePay sur des sites marchands à thème nazi. Facebook, Twitter, Instagram et Reddit ont fermé les comptes de groupes d’extrême droite. Le site de streaming musical Spotify a supprimé des fichiers musicaux évoquant la haine raciale.

Le registraire de nom de domaine GoDaddy a annulé l’hébergement du site Daily Stormer, qui a participé à l’organisation de la mobilisation à Charlottesville. Le groupe de sécurité Cloudflare a cessé de fournir une protection contre les pirates informatiques aux sites affiliés à Daily Stormer.

Et Reuters rapporte que la plate-forme de partage de fonds GoFundMe, a fermé les comptes créés pour soutenir James Alex Fields, l’homme accusé d’avoir de conduit le véhicule qui a percuté les contre-manifestants et tué Heather Heyer.

L’EFF tire la sonnette d’alarme

Pourtant l’EFF, une organisation de protection des libertés sur Internet, a tiré la sonnette d’alarme sur ces mesures, «Nous devons reconnaître que sur Internet les mesures prisent pour faire taire les néo-nazis pourraient être utilisées contre d’autres, y compris ceux dont nous acceptons les opinions.»

L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) est plus nuancé et préconise de différencier dans la censure, les groupes haineux porteurs d’armes par rapport à ceux qui ne sont pas armés.

L’exemple vient du haut

Mais ne vous trompez pas, l’instigation à la haine aux Etats-Unis vient d’en haut. Le président Donald Trump en est responsable par ses propos venimeux et agressifs envers tout individu dans sa ligne de mire. Et l’enquête annoncée récemment par son ministre de la justice Jeff Session, pour déterminer si les Blancs font l’objet de discrimination dans les admissions aux universités, a encore jeté de l’huile sur le feu dans un climat chargé.

David Duke, l’ancien chef du Ku Klux Klan, a soutenu cette vision lorsqu’il a déclaré que la marche «accomplit les promesses de Donald Trump,» pour «nous rendre notre pays.» Et la foule a scandé “White Lives Matter ».

@realDonaldTrump

Je suis en mode «Trump Watch» depuis avant les élections, il n’y a pas un jour qui passe (si ce n’est plusieurs fois par jour) où je ne suis pas profondément offensée et horrifiée par ses déclarations. Mais il y aurait un moyen pour le déstabiliser et précipiter sa démission, c’est une évidence. Et c’est tout bête. Supprimer son compte Twitter. Ce serait justifié car ses propos incitent à la violence ce qui est contraire aux conditions d’utilisation. Twitter est son mode de communication préféré pour s’adresser directement à sa base (et tous ceux qui ont l’oeil sur lui) et il se vante régulièrement de ses 36 millions de followers. Priver Donald Trump de Twitter le rendrait fou.

Désactivez vos Notifications Push!

David Pierce, journaliste technologique chez Wired, affirme que les «notifications push» ont pourri sa vie. Et la votre aussi.

Une notification push est un message – envoyé à tout moment par un éditeur – qui s’affiche sur l’écran d’un téléphone mobile, même verrouillé. Un résultat sportif (Federer 7-6, 6-3, 6-2),  un flash info dont l’urgence est souvent relative (Rebondissement dans l’Affaire Villemin!), une alerte Facebook (Un tel a commenté votre dernier billet), un message What’sApp, un bulletin météo, ou encore «Viens jouer!» pour une nouvelle partie de Candy Crush. Elles atteignent les utilisateurs qui ont installé une application et lorsqu’elles s’accumulent, deviennent envahissantes.

Un bourdonnement continu

Un bourdonnement incessant qui attire sans arrêt votre attention. Vous êtes à table? En réunion, dans un ascenseur ou au volant? L’alerte vous incite à jeter un oeil discret sur votre écran, coupant votre concentration et au détriment de toute politesse.

Ces notifications, selon le journal Quartz, ont un effet de «renforcement aléatoire», fournissant essentiellement au cerveau, un sentiment de récompense par intermittence. Et le fait que ce soit à intervalles irréguliers décuple encore ce plaisir.

63,5 notifications push par jour en moyenne

Selon une étude menée conjointement par Google, Yahoo et Telefonica Research, certains usagers mobiles recevraient 63,5 notifications par jour.

À l’origine en 2003, les premières notifications push de Blackberry étaient la bienvenue, évitant pour la première fois aux utilisateurs de ne pas devoir déverrouiller leur téléphone pour vérifier leur boîte de réception mail.

Apple a ensuite intégré cette fonctionnalité dans son système iOS  en 2009, puis Google dans Android l’année suivante. Tout d’un coup, cela a été la porte ouverte pour les développeurs de faire surgir des alertes à volonté sur nos écrans.

Comment les désactiver

Avec un peu de patience, il est possible de désactiver les notifications trop intrusives, en se plongeant dans les “Réglages” de son téléphone et en modifiant les paramètres, application par application.

Selon Quartz, un seul jour sans notifications peut-être bénéfique pendant des années. Dans une étude où 30 participants ont été d’accord de désactiver leurs alertes 24 heures, ils ont tous reconnu avoir été moins distraits et plus productifs. Et parmi 13 d’entre ans interrogés deux ans plus tard, certains ne les ont pas ré-initialisées du tout et d’autres ont géré leurs fréquences en activant l’option Ne pas déranger.

Désactiver ses notifications push, un premier pas, un «baby step», pour devenir moins dépendant à son portable.

 

À lire aussi: Le numérique fait-il de nous des junkies?

Surveillance parentale par GPS, «Geo-fencing» et mise sur écoute

Perdre de vue son enfant ne serait-ce qu’un instant est le cauchemar de tout parent. Et malgré toute la vigilance du monde, cela peut arriver, il suffit d’une seconde d’inattention.

J’ai encore le souvenir de la terreur ressentie lorsque mon fils de 4 ans – il y a 23 ans – a disparu quelques instants chez Ikea à Aubonne. Des images d’enlèvement et de fuite vers la frontière ont été mes premières pensées. Il était tout simplement reparti au rayon jouet.

Avoir toujours l’oeil sur ses enfants en vacances

Pendant les vacances d’été au bord de la plage, dans un parc aquatique, ou d’attractions, en hiver sur les pistes de ski ou en randonnée, l’inquiétude d’être séparé de ses enfants est exacerbée, par l’environnement inconnu, vaste, ou bondé.

Alors les parents investissent dans des gadgets pour savoir à tout moment où ils se trouvent. Il existe de petits boîtiers munis de carte SIM qui s’attachent à un sac à dos, des montres, des bracelets ou encore des émetteurs miniatures qui se portent autour du cou.

Conçus pour les moins de 11 ans et qui n’ont pas encore droit au téléphone portable, ces appareils rassurent. Et ils sont généralement équipés d’un dispositif d’alarme que l’enfant peut déclencher facilement en cas d’urgence.

Le «geo-fencing»

Les montres Weenect sont même dotées d’une fonctionnalité «geo-fencing» (ou géo-clôture) qui permet de délimiter un périmètre autorisé et prévenir un parent par SMS si cette limite est franchie.

Il existe aussi des bracelets pour éviter la noyade, qui, reliés par ondes radio à une centrale d’alarme, sonnent si l’enfant tombe dans la piscine.

Les associations pour la protection de l’enfance émettent cependant des réserves à propos de toutes ces technologies, craignant qu’elles ne se substituent à la vigilance parentale et érodent la confiance de l’enfant, constamment espionné et qui n’apprend pas à devenir autonome.

Les produits connectés pour les nouveau-nés

Le débat se poursuit pour les produits destinés aux nouveau-nés dont le comportement est souvent difficile à déchiffrer. Alors des objets connectés surveillent leurs signes vitaux pour mieux les interpréter: Une tétine enregistre la température, un body contrôle la respiration et le niveau d’endormissement, des couches intelligentes préviennent lorsqu’il faut les changer ou encore un chausson doté de capteurs, contrôle le rythme cardiaque et la qualité du sommeil. Des données consultables sur son smartphone qui risquent, selon le pédiatre Wendy Swanson dans le journal Quartz: «d’être au détriment de l’écoute naturel des parents.»

Avec les petits enfants, on n’est en fait jamais trop prudent.  Si on garde son bon sens et sa présence vigilante, ces nouvelles technologies sont un plus. Mais il faut éviter les dérives, comme celle de mettre ses enfants sur écoute. Les montres WATCHU par exemple sont dotées de micro, «pour rassurer les parents que leur enfant n’est pas victime de harcèlement», selon Bryoni Hipkin de WATCHU, dans The Telegraph.  Là, c’est de l’abus.

Les camps d’été «Fric» et «Flouze» apprennent aux enfants à gérer leur argent

Venir en aide aux réfugiés, découvrir la faune sous marine, faire du VTT, apprendre une langue ou comment gérer son argent, la diversité de l’offre pour les camps de vacances est vertigineuse.

Le camp d’été américain traditionnel dans un cadre idyllique de lacs et de forêts – qui implique surtout du canoë, des captures épiques du drapeau et de griller des marshmallows autour d’un feu de bois, se trouve en concurrence avec les camps hyper spécialisés. Sports en tous genres (foot, skateboard, voile, golf, tennis, escalade, équitation, vélo…), cours de cuisine, de danse ou de magie, journalisme, théâtre et cinéma – soit pour développer ses talents de réalisateur ou apprendre à devenir cascadeur – sont parmi l’éventail des activités proposées. “Fashion Design”, “Rock Stars” et “Agents Secrets” sont encore des thèmes qui attirent les inscriptions. Même les amateurs de dinosaures trouvent leur créneau, en passant une semaine à creuser avec un paléontologue.

Quand les thèmes des camps sont calqués sur les séries télés 

Le camp Julian Krinksy à Philadelphie offre une session baptisée “Mock Law” ou sans jamais avoir encore ouvert un code pénale, les jeunes peuvent  simuler un procès en tenant le rôle de chacun des intervenants (accusé, procureur, avocat de la défense, juge). Et dans un autre option proposée, “Crime Scene Forensics”, ils peuvent relever des empreintes digitales tout comme dans un épisode des Experts. CSI Camp est une autre entité entièrement dédiée aux méthodes de la police scientifique.

Quand les thèmes ne sont pas calqués sur les séries télés, mais sur l’actualité, des organisations comme Rescue.org propose aux jeunes de venir en aide aux réfugiés ou, pour développer une conscience écologique, Reef.org permet de découvrir la faune sous-marine. Et quant au développement personnel, il existe des retraites spirituelles religieuses et d’autres pour pratiquer le yoga et la méditation.

Les camps éducatifs

Les camps éducatifs abondent également: cours de langues, de maths, programmation et codage informatique, sciences, robotique et impression 3D. Et, nouveau, ce cours très pointu à New York, qui enseigne le CRISPR, un système qui permet de découper et de modifier des sections spécifiques de l’ADN.

Mais encore, depuis quelques années, des camps se profilent pour enseigner aux jeunes les fondamentaux de la finance.

Comment gérer son argent

Avec des noms comme “Camp Millionaire” et “Money Munchkids” ces enseignes apprennent aux jeunes à gérer leur argent, rapporte le journal Quartz. “Camp Moola U” (ou “Toi Fric” en français) d’une durée de 5 jours, s’adresse à des enfants âgés de 7 à 15 ans pour leur enseigner «le principe de l’épargne dans le but d’investir et utiliser l’argent pour faire encore plus d’argent.»

Si en Europe on lève un sourcil sur ce genre de propos, il faut se rappeler que les américains sont très à l’aise pour parler de leur situation financière, c’est culturel. Le prix de sa voiture, de sa maison ou le montant de son salaire ne sont pas des sujets tabous. Et déjà à l’école primaire, on enseigne aux enfants comment devenir un “consommateur averti” en leur apprenant à comparer les prix.

Devenir entrepreneur

Mais plus intéressants sont les camps qui développent l’esprit d’innovation et d’entreprenariat, comme Camp BizSmart qui propose des workshops aux Etat-Unis et en Europe. Ou dans notre propre ville, «Osez Entreprendre*» qui a eu lieu début juillet à Genève. Sous forme de concours, des enfants de 8 à 13 ans ont travaillé une semaine de manière ludique sur la réalisation d’un business plan pour leur projet fictif – dont un robot baby-sitter et une ceinture qui recycle le mouvement en énergie.

Les camps d’été, une incroyable richesse pour ceux qui ont la possibilité d’y accéder.

 

*Beth Krasna (ma soeur) est à l’origine de ce projet.

 

Le FBI émet un avertissement concernant les jouets connectés

Le 17 juillet dernier, le FBI a émis un avertissement destiné aux parents concernant les dangers des jouets connectés à Internet. L’agence de sécurité du gouvernement américain a prévenu que:

«Les criminels pourraient utiliser les jouets intelligents pour recueillir des informations sensibles sur les enfants, telles que leurs noms, leurs adresses, leurs apparences physiques, les mettant ainsi à risque pour le vol ou l’usurpation d’identité.»

Les jouets intelligents contiennent généralement des capteurs, des microphones, des caméras, la reconnaissance vocale et un GPS a déclaré encore le FBI. Des fonctionnalités qui pourraient mettre en danger la vie privée et la sécurité des enfants en raison de la grande quantité d’informations personnelles qui sont divulguées involontairement.

Ces préoccupations ne sont pas infondées. Les cybercriminels ont piraté VTech il y a deux ans et ont accédé aux détails de plus de 6,3 millions d’enfants. Une faille de sécurité a été détectée dans le serveur de la peluche Smart Toy de Fisher-Price, l’un des articles les plus populaires de Noël 2015.

La poupée Barbie lancée l’année passée, dotée d’un logiciel de reconnaissance vocale, capable de tenir une conversation et de répondre aux questions, avait à son tour créé la polémique.

J’ai testé Hello Barbie, la poupée «stasi»

Le FBI a visé les jouets connectés dans son bulletin, mais tout appareil dans sa maison relié à Internet peut être infiltré par un pirate informatique. Les ordinateurs et les téléphones sont toujours des cibles privilégiées, mais les «hackers» étendent de plus en plus leur champ d’action vers d’autres appareils connectés autour de nous.

Un exemple qui a fait la une des journaux en 2014 avait fait froid dans le dos. Des parents à Houston au Texas ont entendu émaner du baby-phone de la chambre de leur fille, la voix d’un homme qui proférait des insultes à son égard. L’homme l’a même appelée par son prénom, écrit en toutes lettres sur le mur de sa chambre, détecté par le biais de la caméra.

Les objets dans nos maisons, vulnérables au piratage

Pour garder les enfants en sécurité lors de l’utilisation de jouets intelligents, a déclaré le FBI, il faut s’assurer que la dernière mise à jour de sécurité a bien été faite, choisir des produits qui revendiquent utiliser un système de cryptage et se connecter uniquement par le biais de réseaux Internet sécurisés.

Les parents sont encouragés à surveiller les enfants lorsqu’ils utilisent des jouets connectés et surtout, éteindre les appareils lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

Il y a donc bien un risque potentiel pour la sécurité des enfants, mais aussi une certitude, les données récoltées et stockées sur les serveurs des fabricants serviront un jour à une exploitation commerciale.

Lire aussi: Ces objets qui nous écoutent

Pourquoi mercredi 12 juillet, des pages Web s’afficheront au ralenti

Demain, mercredi 12 juillet, il faudra faire preuve de patience pour consulter les adresses les plus populaires sur le Web.

Netflix, Amazon, Twitter, Reddit, Kickstarter, Spotify, Medium, Airbnb, Dropbox sont parmi les 23,185 sites qui vont volontairement ralentir le déroulement de leurs pages.

Il s’agit d’une mobilisation coordonnée avec l’EFF, une ONGI qui défend la protection des libertés sur Internet, les groupes d’activistes Fight For the Future et Demand Progress et les géants du Web. Ils comptent ainsi manifester leur opposition à une révision de la loi votée en 2015, garantissant la neutralité Internet, remise en question par le nouveau directeur du régulateur des télécoms, la FCC, Ajit Pai, nommé par Donald Trump. Une révision qui est soumise aux commentaires du public jusqu’au 16 août.

Les entreprises participant à cette journée d’action, afficheront des alertes sur leurs pages d’accueil simulant des messages «bloqués» que les utilisateurs subiraient régulièrement dans un monde où la neutralité Internet n’existerait pas. Depuis ces pages d’alertes, les utilisateurs américains pourront faire part de leur opposition au Congrès et à la FCC.

La plaidoirie de Time Berners-Lee dans le Wall Street Journal

Le 22 juin dernier, dans le Wall Street Journal, Tim Berners-Lee l’inventeur du world wide web, est monté lui-même au créneau:

«La neutralité du Net m’a permis d’inventer le World Wide Web sans avoir demandé la permission à quiconque et sans payer pour que mon idée soit rendue disponible à tous. Imaginez ce qui se passerait si les fournisseurs de services Internet – généralement une poignée de grands distributeurs de contenu qui contrôlent le marché – soient autorisés à violer la neutralité du réseau. Leurs pouvoirs s’étendraient à obliger les entreprises et les particuliers à payer une prime pour s’assurer que leur contenu s’affiche rapidement, voire du tout.»

Définition de la neutralité Internet

«La neutralité Internet est un principe fondateur d’Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d’information, comme les télécoms.» (Wikipédia)

Autrement dit, si on compare Internet à une autoroute, sous la neutralité Internet en place aujourd’hui, il n’y a pas de voies rapides pour les voitures et des voies lentes pour les camions. Les conducteurs ne peuvent pas payer d’avantage pour utiliser un itinéraire plus rapide.

Mais encore, les fournisseurs d’accès internet comme Comcast ou Viacom – n’ont pas le droit de bloquer ou de ralentir un contenu ou de proposer des péages à plusieurs vitesses. Et ils ne peuvent pas accorder un traitement préférentiel à leur propre contenu au détriment de leurs concurrents.

Les opposants à la neutralité du Net

Les opposants disent que cette loi impose des restrictions excessives à leurs entreprises, nuisant aux investissements dans les infrastructures. Ils souhaitent pouvoir facturer plus pour les services gourmandes en bande passante, comme le streaming.

Bien qu’il s’agit ici d’une bataille qui se profile sur le territoire américain, nous serons tous affectés par l’issu de cette votation.

Lire aussi: La bataille sur la neutralité d’Internet début aux Etats-Unis


Le résultat de cette journée d’action compilé par le média Vice le 13.7

[ Plus de 125 000 sites Web, organisations et particuliers ont participé activement à la manifestation, et plus de 10 millions de personnes ont vu passer les messages défendant la neutralité du net sur les sites Web des participants.

Au total, 1,6 million de commentaires ont été recueillis et  3,5 millions de courriels ont été adressés aux membres du Congrès ]

[ Précision: Cette campagne n’a concernée que les connexions depuis les Etats-Unis. Depuis l’Europe, les pages se sont affichées normalement le 14 juillet. ET ]

L’arrivée inéluctable des robots sexuels

Un rapport publié par Responsible Robotics, la fondation pour la Robotique Responsable, appelle à une véritable réflexion sur les robots sexuels dans notre société.

Les robots sexuels sont un phénomène relativement nouveau et la suite logique dans l’évolution des poupées gonflables, dont les apparences au fil du temps sont devenues de plus en plus fidèles au corps humain. Ces dernières ont déjà pour la plupart, une peau en silicone, des squelettes métalliques articulés, des cheveux et des yeux d’un réalisme stupéfiant.

L’avénement des robots sexuels

Alors un nouveau marché se dessine pour les poupées robotisées. Dotées de mobilité grâce à des capteurs situés à plusieurs endroits sur leurs corps, elles réagissent au toucher et peuvent même simuler un orgasme.

Sex Robot RealDoll

Les modèles de la marque Android Love Dolls par exemple, sont programmés avec 50 positions différentes et leurs visages sont capables de changer d’expression. Les RealDolls sont dotés de reconnaissance vocale et peuvent parler, leurs lèvres bougeant en synchro avec la voix. Et grâce à l’intelligence artificielles, elles apprennent au fur et à mesure des conversations, à mieux connaitre leurs utilisateurs, enrichissant leur vocabulaire.

En raison de notre tendance naturelle à projeter un comportement humain sur des objets animés, l’anthropomorphisme est souvent observé en réaction à toutes sortes de robots. Et dans les cas des robots de compagnie, cette illusion créée la perception d’un véritable partenaire sexuel humain.

Les fabricants jouent sur ce tableau en proposant des options de personnalisation au niveau des traits de caractères. Parmi les poupées de la série «RoxxxyGold» proposée chez True Companion, le modèle «Frigid Farrah» simule la timidité et celui appelé «Wild Wendy», l’aventure.

Dans l’ensemble, ces poupées se présentent sous une forme féminine, bien que la marque Sinthetics ait connu un succès commercial avec des modèles masculins.

Responsible Robotics, la Fondation pour la Robotique Responsable, vient de publier un rapport fascinant de 44 pages intitulé «Our Sexual Future With Robots» (pdf) d’où sont tirés les infos publiées dans ce billet. Ce rapport appelle à une réflexion voir même une règlementation des robots sexuels dans notre société en soulevant un certain nombre de questions :

Les robots-sexuels sont une option acceptable pour les personnes seules, âgées ou handicapées?

Les premières tentatives ont suscité des réactions mitigées. La poupée «Someone to Care For» proposés dans des EMS en Angleterre dans les années 90 a été spécialement conçue pour les personnes âgées afin d’offrir «réconfort et bonheur aux résidents des foyers, en particulier aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.»

Mais malgré de nombreux récits sur les bienfaits de ces poupées aux apparences de bébés destinés à être câlinées, elles ont aussi été fortement contestées, pour avoir donner l’impression d’infantiliser et de violer la dignité des personnes âgées.

Les robots-prostitués ont-ils une place dans les maisons closes?

Il n’existe pas encore de bordels proposant les services de robots-prostituées, mais au Japon et à Barcelone quelques enseignes proposent déjà des poupées adultes, montrant «une acceptabilité sociale croissante ouvrant la voie aux robots sexuels».

Les robots sexuels deviendront-ils un outil de thérapie efficace pour traiter les violeurs et les pédophiles ?  

Les auteurs du rapport sur ce point expriment un fort scepticisme et se demandent même si au contraire, ils ne seront pas plutôt un encouragement aux comportements déviants.

Pour le Professeur de Philosophie et d’Ethique en Robotique, Patrick Lin de California Polytechnic dans le Telegraph:

«Traiter les pédophiles avec un robot sexuel configuré comme un enfant est un plan douteux et une idée répugnante. Imaginez un instant traiter un raciste en lui suggérant d’abuser d’un robot marron.»

Et qu’en est-il d’un point de vue religieux? 

Le seul article trouvé par les auteurs de ce rapport provient de deux universitaires musulmans Yusuf Jelili Amada et Ismaila Tijani (février 2012).

«Avoir des relations sexuelles avec un robot est contraire à l’éthique et à la moral. C’est un manque de respect pour l’être humain et un camouflet envers l’institution du mariage. En vertu de la charia, les rapports sexuels avec un robot devraient être sévèrement puni pour dissuader ce crime de se propager dans la société.»

Tentatives de conclusion

L’étude rappelle que toute relation avec ce type de robot sera toujours à sens unique. Un robot ne pouvant réagir de manière appropriée à la subtilité de l’émotion humaine dans son contexte. Ils sont incapables par exemple de déceler si quelqu’un pleure en raison d’une contrariété ou parce que leur enfant vient de mourir.

Peut-être que la principale question éthique qui se pose aux sujet des robots sexuels est la tromperie qu’ils pourront engendrer envers les personnes vulnérables.

Un point sur lequel tous les scientifiques interrogés s’accordent est que l’avènement des robots sexuels conduira à un plus grand isolement social pour ceux qui les pratiquent.

 

Les parents perdent en justice le droit de regard sur les messages Facebook de leur fille décédée

Les parents d’une adolescente de 15 ans, décédée après avoir été percutée par une rame de métro à Berlin, ont poursuivi Facebook en justice pour accéder à l’historique de ses échanges. Cinq ans après le drame, le couple n’a toujours pas compris si sa chute était accidentelle ou un suicide. Leur fille avait-elle exprimé l’envie de mettre fin à ses jours? Avait-elle fait l’objet de cyber harcèlement?

L’option «commémoration» de Facebook

Ses parents connaissaient son mot de passe, mais Facebook, ayant été informé de sa mort par un ami, a gelé ou ”commémoré” son compte, rendant l’accès impossible.

L’option « mémorial » proposée par le réseau social bloque l’accès aux données afin de protéger la confidentialité des utilisateurs en cas de décès.

Dans une première décision en 2015, le tribunal régional de Berlin avait statué en faveur des parents, argumentant que tout comme des lettres ou un journal intime, les messages électroniques de l’adolescente revenait de droit à ses héritiers.

Facebook évoque la protection de la vie privée

Mais Facebook évoquant la protection de la vie privée de la jeune fille et de ses correspondants, a fait recours contre ce jugement et la cours d’appel a donné raison au géant américain. «Une verdict qui a pris en compte les droits de succession, le droit de la famille et le «secret des télécommunications garanti par la Loi fondamentale» qui s’applique également aux échanges sur Internet. Ce dernier point étant «au centre de notre décision» a déclaré le juge Björn Retzlaff au tribunal, soulignant en même temps que la sentence avait été difficile.

D’autres exemples

L’affaire rappelle celle d’un architecte italien qui avait fait appel au patron d’Apple, Tim Cook, pour accéder aux photos de son fils décédé de 13 ans, sauvegardées dans son iPhone verrouillé. Ou encore le mouvement de solidarité en-ligne pour une mère anglaise, lorsque Facebook avait bloqué le compte de sa fille décédé de 19 ans, où elle aimait se rendre pour relire ses messages.

Tout en respectant le droit à la protection des données des utilisateurs, Apple et Facebook devraient offrir des solutions pour des cas exceptionnels.

En Allemagne la loi a été appliquée à la lettre, mais justice n’a pas été rendue. On ne peut qu’imaginer la révolte et la tristesse que doivent ressentir les parents.

«Trump Snooze» pour parer au burn-out engendré par l’actualité Trump

Après le burn-out numérique, aujourd’hui nous sommes confrontés à un autre syndrome d’épuisement, celui du cycle d’actualités ininterrompues concernant le président Donald Trump et son administration.

Les faits et gestes du 45ème président des Etats-Unis rapportés par les médias et dont les alertes surgissent sur nos écrans en continu, nous font vaciller chaque jour entre effroi et indignation. Et son premier voyage à l’étranger dont chaque parole et chaque geste ont été minutieusement scrutés, nous laisse épuisés.

Alors que les psychologues aux Etats-Unis se répandent en conseils pour parer à l’anxiété engendrée par ses décrets, déclarations, tweets et son comportement outrancier, l’excellent journal d’info Quartz apporte une solution. La nouvelle version de son application mobile propose un bouton “Snooze” (ou pause) qui permet de supprimer dans leurs bulletins, toute référence le concernant pendant 24 heures.

Trump Filter
Sinon, une extension du navigateur Google Chrome, Trump Filter, analyse les sites Web où figurent son nom et permet de limiter ou carrément bloquer toute info à son sujet.

Des options pour souffler un peu. On en a besoin.