Une proposition pour ajouter des «Neuro-droits» à la Déclaration universelle des droits de l’homme

Les progrès scientifiques dans le domaine la stimulation cérébrale rendent de plus en plus possible la manipulation de l’esprit humain – même dans son sommeil – et nécessitent des lois et des protections pour réglementer leur utilisation.

Depuis plusieurs mois, d’éminents neurologues réclament qu’un ensemble de «neuro-droits» soit ajouté à la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Leur proposition consiste en 5 droits fondamentaux: le droit à l’identité, au libre arbitre, à l’intimité mentale, à l’équité d’accès aux technologies d’amélioration des performances cognitives et à la protection contre les préjugés algorithmiques.

Alors que les gouvernements réfléchissent encore, le Chili a pris les devants et deviendra le premier pays à instaurer des «droits du cerveau» dans sa Constitution. Le 22 avril, le Sénat a approuvé à l’unanimité la proposition et il ne manque plus que l’accord de la Chambre des députés.

Les applications médicales

De nombreuses applications des neuro-technologies concernent le domaine médical, comme la puce connectée de la société Neurolink d’Elon Musk, qui a pour ambition de rendre la mobilité et la parole aux personnes paraplégiques, ou le bracelet de la start-up CTRL-Labs rachetée par Mark Zuckerberg, qui permettrait de partager une photo par la pensée, en captant les impulsions envoyées par le cerveau aux muscles de la main.

Et l’implantation d’électrodes dans le cerveau pour traiter une série de troubles allant de la maladie de Parkinson à l’épilepsie est employée avec succès depuis plusieurs années.

Les appareils de surveillance

Cependant, des applications sont de plus en plus disponibles en dehors du contexte médical. Certaines entreprises privées vendent déjà des appareils portables de surveillance de l’activité cérébrale afin de combattre la douleur ou détecter le stress.

En Chine par exemple, des conducteurs de train à grande vitesse sont équipés de casques de sécurité capables de déceler tout changement de leur état émotionnel. Toujours pour éviter les accidents, un bonnet intelligent analyse l’état de fatigue des opérateurs de machinerie lourde. Et dans le cadre d’un projet pilote, des élèves âgés entre 10 et 17 ans ont porté des bandeaux lumineux sur le front, affichant des couleurs différentes selon leur niveau de concentration.

Le manipulation du cerveau

Mais au-delà des applications pour soigner et surveiller, des scientifiques ont réussi à planter de faux souvenirs chez des souris et à fabriquer des images artificielles, en activant des neurones spécifiques.

Et des marqueteurs testent déjà différents moyens pour modifier et motiver le comportement d’achat par le biais du piratage du sommeil. Les marques Xbox, Coors et Burger King sont déjà parvenues à introduire des publicités dans les rêves de consommateurs.

La science émergente du contrôle des rêves

Si aujourd’hui pour participer aux expériences sur le contrôle des rêves il faut être consentant, il est facile d’imaginer un monde dans lequel les enceintes connectées comme Alexa, Google Home ou encore Nest, détectent les phases du sommeil pour diffuser des messages subliminaux.

Alors à la liste des «neuro-droits», il ne faudra pas oublier d’ajouter le droit de rêver – sans être importuné par une publicité.

 

 

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Amazon a ouvert un salon de coiffure et Tesla se lance dans la restauration

Après avoir innové avec des produits et des services inédits, les géants de la technologie s’attaquent à des secteurs d’activité existants pour les réinventer, rapporte le Telegraph

Amazon a créé la surprise en annonçant l’ouverture en avril d’un salon de coiffure high-tech dans un quartier branché de Londres. En vérité il y avait bien une logique, le géant du Web propose depuis deux ans une gamme de produits de beauté destinée aux professionnels.

D’après le communiqué presse, il ne s’agit nullement du premier maillon d’une vaste chaîne, mais d’un point de vente unique, pour «expérimenter avec les produits et les dernières technologies dans ce domaine».

Les clientes du salon qui ont envie de changer de look peuvent voir à l’avance le rendu d’une coupe ou d’une couleur, grâce à des miroirs en réalité augmentée. Des écrans tactiles contre le mur, font apparaître toutes les informations pertinentes sur un produit et des QR codes à scanner permettent de l’acheter et de le faire livrer chez soi. Des tablettes Amazon Fire sont mises à disposition pour lire et se divertir.

Le fabricant automobile Tesla quant à lui semble vouloir se lancer dans la restauration. Selon le journal TechCrunch, la société a déposé trois noms le mois dernier auprès de l’Office des brevets des États-Unis, pour exploiter et protéger sa marque «Tesla» dans des restaurants et fast-foods situés aux côtés de ses stations de recharge. L’idée n’est pas récente, car en 2018 Elon Musk avait déjà tweeté sur l’ouverture d’un restaurant de type «drive-in à l’ancienne, patins à roulettes et rock».

Récemment, Apple a laissé entendre qu’il envisageait d’étendre sa gamme de magasins en Europe. De vastes surfaces au design coûteux qui ne semblent pas être axées sur la vente. Ce sont plutôt des espaces pour tester leurs produits.

Airbnb, la plateforme de location de biens entre particuliers et qui propose depuis quelques années le partage d’expériences entre les invités et leurs hôtes, étend son offre dans le domaine de l’éducation en ligne. Des professeurs et des experts s’adressent aux enfants par écran interposé pour leur donner des cours de toutes sortes, partager avec eux des activités interactives et faire ensemble des visites virtuelles pédagogiques.

Et Facebook, malgré des ambitions revues à la baisse, tente toujours de se frayer un chemin dans les crypto-monnaies avec Diem, anciennement appelé Libra.

Pour le Telegraph, ce n’est qu’une question de temps avant que de nombreuses autres industries ne soient chamboulées à leur tour.

 

Vos données automobiles vendues au plus offrant

La récolte des données et leur monétisation sont le nouvel enjeu de l’industrie automobile.

Les voitures connectées équipées de cartes SIM, de processeurs, de capteurs, de caméras et de microphones ont pour objectif avant tout d’assurer la sécurité routière, mais en même temps, elles récoltent une masse de données envoyées en continu au constructeur. Selon le cabinet de conseil McKinsey, les voitures collectent jusqu’à 25 gigaoctets par heure sur les performances et l’entretien du véhicule. Et bien plus encore.

Les fabricants automobiles savent à quelle vitesse nous roulons, où nous vivons, où nous travaillons, à qui nous avons téléphoné et combien d’enfants nous avons. GM a même mené une expérience sur les goûts musicaux de 90’000 conducteurs à des fins publicitaires. Les données recueillies à partir de la commande vocale pourraient également en dire long sur nous et intéresser les annonceurs.

Les yeux sur la route

Notre façon de conduire est analysée. General Motors et Ford ont installé des systèmes de surveillance basés sur le eye tracking (ou suivi du regard) pour mesurer notre attention au volant et Tesla vient de faire de même en activant la caméra située au-dessus du rétroviseur, dès que la fonction Autopilot est enclenchée. Les chauffeurs-livreurs d’Amazon sont surveillés en permanence par des caméras embarquées dotées d’intelligence artificielle qui les avertissent lorsqu’ils sont distraits ou fatigués. Ces employés sont d’ailleurs contraints de signer un formulaire de «consentement biométrique» sous peine de perdre leur emploi.

Les «data hubs»

Un accord annoncé entre Ford et Google, prévoit l’installation du système d’exploitation Android dans des millions de voitures.

Selon des analystes de Morgan Stanley, si la marque automobile parvenait à monétiser les données de manière à générer un revenu mensuel de 10 dollars pour chaque voiture, la capitalisation boursière de l’entreprise doublerait ce qu’elle est aujourd’hui pour atteindre 50 milliards de dollars, rapporte le Telegraph.

Et tous les grands constructeurs automobiles ont déjà conclu des accords avec une nouvelle catégorie de centre de données, les «data hubs», où les informations récoltées seront achetées et vendues.

La plupart des données automobiles partagées jusqu’à présent ont été anonymes et utilisées à des fins relativement inoffensives comme la vente à des sociétés de navigation par satellite ou à des services météorologiques. Mais cela pourrait changer.

«L’industrie automobile va se retrouver confrontée à des volumes de données inédits qui constitueront une force, mais également une grande responsabilité», résume Le Journal du Net.

Et pour le journaliste spécialiste des nouvelles technologies et de l’automobile Alexandre Lenoir dans Libération, «Les données produites par les voitures vaudront bientôt plus cher que les voitures elles-mêmes».

Sources : The Telegraph / The Verge / The New York Times / Vice / Libération / Le Journal du Net / Phone Android

Comment vérifier dans vos paramètres Netflix que des «amis d’amis» ne sont pas connectés à votre compte

Si vous avez partagé un jour votre mot de passe avec un ami ou avec un membre de votre famille, et si vous voulez vous assurer qu’il n’a pas été partagé plus loin, consultez vos paramètres:

1. Sélectionnez votre «Profil»

2 Cliquez sur «Compte» dans le menu déroulant

3. Cliquez sur «Activité de streaming récente»

Vous verrez alors la liste des derniers appareils utilisés sur votre compte et leur localisation.

Maintenant que vous avez déterminé qui a regardé Netflix en utilisant votre identifiant, si vous souhaitez les exclure:

1. Allez à nouveau sur la page «Compte» sous votre profil.

2. Sous «Paramètres», cliquez sur «Se déconnecter de tous les appareils» puis confirmer

3. Retournez à la page «Compte» et changez votre mot de passe.

Nous sommes probablement nombreux à avoir partagé notre mot de passe avec des membres de sa famille ou avec des amis – sans avoir compris que Netflix l’autorisait «seulement s’ils vivaient sous le même toit». Alors pour éviter d’être bloqué par la plateforme qui commence à vérifier les comptes, il vaut mieux s’assurer que des «amis d’amis» ne se sont pas connectés à votre insu.

Lire aussi: Vous aussi vous partagez votre compte Netflix?

Faut-il vraiment laisser un pourboire pour un tweet?

Les tip jars (ou pots à pourboire), sont-ils encore un moyen pour faire la manche sur Internet?

Dans une série d’annonces pour monétiser sa plateforme, twitter a lancé une nouvelle fonctionnalité baptisée Tip Jar qui permettra aux utilisateurs de rémunérer les titulaires de leurs comptes préférés.

Une petite icône sera rajoutée en un premier temps au profil de personnes qui tweetent en anglais. Cela concerne principalement les créateurs de contenu, les journalistes, les experts et les organisations à but non lucratif.

Les tip jars virtuels découlent d’une pratique de plus en plus courante dans le monde réel où des bocaux à moitié remplis de billets et de pièces sont placés auprès des caisses chez des commerçants, sans pour autant qu’ils récompensent une prestation, comme celui du service en restauration.

Proposés dorénavant par les réseaux sociaux, ils permettent aux influenceurs de dégager de nouvelles sources de revenus, au-delà de leurs partenariats publicitaires.

Clubhouse, le nouveau réseau social uniquement audio, qui permet d’animer des salons de discussion, a introduit le mois dernier une fonctionnalité pour permettre à ses modérateurs de monnayer leur engagement. YouTube teste actuellement une fonction «applaudissements» qui permet aux utilisateurs d’envoyer quelques dollars à leurs YouTubers préférés. Le service de streaming Twitch centré autour du jeu vidéo permet à son public depuis longtemps de laisser une gratuité.

Solliciter un pourboire virtuel par un pictogramme discret sur sa page diffère des sites de crowdfunding, où les internautes sont sollicités pour participer au financement d’un projet précis et où l’objectif financier est clairement affiché. Le tip jar, c’est plutôt «à votre bon vouloir» pour récompenser un compte Twitter intéressant et non une nouvelle formule pour faire la manche sur Internet.

La démarche de Twitter part d’un sentiment généreux, permettre à ses utilisateurs les plus influents d’être rémunérés par leurs followers – mais cela risque de poser des problèmes éthiques ou de droit d’auteur dans certains secteurs, comme celui de la presse.

Jusqu’à présent un succès sur Twitter se mesurait par le nombre de followers, de tweets partagés et aimés, d’échanges avec ses lecteurs par le biais des commentaires. Pour ma part, je suis essentiellement des journalistes mais une de mes personnalités préférées est l’avocat George Conway (@gtconway3d), pour ses Tweets malicieux envers Donald Trump. Je me vois mal lui envoyer un dollar pour montrer mon appréciation, un like est bien plus approprié. Par contre, je souscrirai à une des offres payantes du réseau social lorsqu’elles se présenteront, car comme Facebook, Twitter sera confronté à une baisse de revenus avec la nouvelle fonctionnalité de transparence exigée par le système d’exploitation mobile d’Apple.

Source: FT

Vous aussi vous partagez votre compte Netflix?

Peu de gens le savent ou s’en préoccupent, mais il est interdit de partager son mot de passe Netflix avec sa famille ou ses amis s’ils ne vivent pas sous le même toit.

Pour ma part je l’ignorai, ayant choisi le forfait premium qui permet le partage d’écran avec quatre personnes et de rajouter le même nombre de profils à son compte. J’ai même cru que c’était encouragé, pour avoir lu il y a quelques années ces propos du CEO: «On adore que les gens partagent Netflix!»

J’aurais dû être plus attentive aux conditions d’utilisation qui stipulent noir sur blanc: «Tout contenu regardé via le service est réservé à un usage uniquement personnel et non commercial et ne doit pas être partagé avec des personnes extérieures à votre foyer».

Si la plateforme a toléré les écarts jusqu’à présent cela risque fort de changer, car sa croissance, alimentée par la pandémie de l’année dernière, ralentit. Netflix reste toujours le service de streaming à battre avec ses 204 millions d’abonnés, mais il doit faire face à une multitude de concurrents comme Hulu, HBO Max, Amazon Prime et Disney+ – dont l’abonnement moins cher a enregistré 100 millions d’utilisateurs en moins de deux ans. Et il y a encore des méga alliances qui se profilent à l’horizon comme Amazon avec MGM et TF1 avec le groupe RTL/M6.

Selon le cabinet de recherche Pew Center, deux adultes sur cinq ont partagé des mots de passe. Une perte de revenus de 2,5 milliards de dollars en 2019 selon l’Associated Press. Un montant négligeable pour un secteur dont le chiffre d’affaires est estimé à plus de 120 milliards de dollars par an, mais un problème qui doit néanmoins être résolu à mesure que les dépenses pour les nouvelles productions explosent. La nouvelle série d’Amazon, Le Seigneur des Anneaux, coûterait 450 millions de dollars pour la première saison, soit plus de quatre fois le coût d’une seule saison de Game of Thrones.

Selon un article dans le Washington Post, quelques utilisateurs Netflix ont déjà reçu un message leur demandant de vérifier leur compte.

Des règles plus strictes en matière de partage de mot de passe pourraient inciter davantage de personnes à mettre à jour leur abonnement – ou pas. L’équilibre est délicat à trouver, car un message trop intimidant pourrait les faire fuir sur d’autres plateformes.

Avec un regard sur le passé, CNBC met néanmoins en garde: «Le partage de mots de passe peut être considéré comme une violation de la loi américaine sur la fraude et les abus informatiques, selon une décision rendue en juillet 2016 par la cour d’appel du neuvième circuit américain».

Et si Netflix, Amazon et Disney+ n’ont pas encore attaqué des particuliers en justice, comme l’a fait l’industrie musicale à l’époque de Napster, cela pourrait changer. Pour ceux qui s’en souviennent, en 2009, un jury a condamné un étudiant, Joel Tenenbaum, à payer 675’000 dollars de dommages et intérêts pour avoir téléchargé et partagé illégalement 30 chansons.

Utile: Comment vérifier dans vos paramètres Netflix si des «amis d’amis» ne sont pas connectés à votre compte

 

L’Internet deviendrait-il meilleur?

L’obstacle dressé par Apple pour la récolte des données, un changement de ton requis sur Twitter et des campagnes marketing qui font preuve de sensibilité, seraient-ils les signes avant-coureurs d’un environnement numérique plus décent?

Apple a pris la sécurité de nos vies privées en main avec la version iOS 14.5 de son nouveau système d’exploitation mobile. Dorénavant, les applications que nous consultons sur nos iPhones doivent demander notre permission avant de suivre notre activité sur le Web – et non les glaner d’office.

Au cours de la deuxième semaine qui a suivi la mise en service de l’outil de transparence d’Apple selon Flurry Analytics, 96% des américains ont dit «non, merci» à la récolte des données et seuls 4% d’entre eux ont dit «oui».

En dehors des États-Unis le taux d’acceptation est plus élevé à 12%, mais ce revirement de situation reste alarmant pour des entreprises comme Facebook, dont le business modèle est basé sur la monétisation de leur audience.

Twitter

Twitter à son tour, souhaite changer le ton sur sa plateforme en demandant à ces utilisateurs de réfléchir à deux fois avant d’envoyer un tweet haineux ou offensant.

Une nouvelle fonctionnalité – activée pour le moment sur les comptes paramétrés en anglais – détecte les réponses «méchantes» sur sa plateforme et demande une confirmation avant de les publier.

Les campagnes marketing ont des égards

Pendant le mois d’avril, des messages de gratitude se sont répandus sur les réseaux sociaux envers les entreprises qui ont donné le choix aux destinataires de leurs mailing listes, de ne pas recevoir de promotions liées à la fête des mères. Enfin des égards et un signe de reconnaissance envers tous ceux qui auraient perdu un enfant, un parent, ou qui sont confrontés à des problèmes de fertilité.

«Nous comprenons que la fête des mères peut être un moment difficile pour certains», peut-on lire dans un mail envoyé par le site de vente en ligne Etsy: «Si vous préférez ne pas recevoir de courrier de notre part cette année, faites-le nous savoir en cliquant ci-dessous».

Avec ces trois mesures, le respect pour la vie privée et le respect tout court ont fait leur retour sur Internet – et on s’en réjouit.

Sources : Mashable / BBC / NPR

Les New-Yorkais renvoient le chien-robot dans sa niche

Un chien-robot déployé lors d’une intervention par les forces de l’ordre le 12 avril dernier dans le Bronx a suscité l’effroi des citoyens.

Dans une vidéo devenue virale, Digidog, en compagnie de policiers en tenue d’assaut dans le cadre d’une prise d’otage, a enflammé les esprits. Bien que le robot soit simplement entré en premier dans l’immeuble pour éviter de mettre en danger la vie des policiers.

Les réactions du public ont fusé. Les chiens policiers ayant  traditionnellement été utilisés pour intimider les minorités, cette version robotique a été déplorée comme une militarisation inutile de la police. Les critiques ont aussi porté sur la décision prise par le conseil municipal d’allouer des fonds à ce projet sans consultation et la crainte d’une vidéo surveillance accrue dans la ville. Sous pression, le maire de New York, Bill de Blasio, a ordonné son retrait de la circulation et l’annulation de son contrat de 94’200 dollars.

Cet automate à quatre pattes à la démarche articulée fascine et dérange à la fois. Capable de se déplacer sur tous les terrains, il sait même gravir des marches et éviter les obstacles. Doté de nombreux capteurs et caméras, il se contrôle à distance comme un jeu vidéo. Des robots-chien du même type, mais assassins, ont d’ailleurs fait l’objet d’un épisode de la série télévisée dystopique Black Mirror, dans un décor apocalyptique.

Fabriqué par Boston Dynamics, Spot ou Digidog – c’est pareil – l’un est peint en jaune, l’autre en bleu – n’a pas du tout été conçu pour un usage armé, mais pour surveiller à distance sans danger, des chantiers ou des mines souterraines. ll a encore été utilisé pour garder des moutons en Nouvelle Zélande, a évité au personnel soignant des contacts rapprochés avec des patients COVID à Boston. Il a encore été déployé par le gouvernement ukrainien à Tchernobyl afin de mesurer les niveaux de radiations et depuis peu, il inspecte les voies des chemins de fer en Suisse.

Selon Michael Perry, un dirigeant de Boston Dynamics, la plupart des 500 chiens robotisés dispersés dans le monde sont utilisés par des entreprises de services publics et seuls quatre d’entre eux sont dans des postes de police.

Le New York Times dans un article fascinant il y a quelques années, intitulé: «Comment les robots réussissent à se faire aimer», explique que l’être humain est prédisposé à attribuer des états d’âme aux objets s’ils font preuve d’autonomie et peut même avoir des sentiments pour eux. C’est le cas pour les robots démineurs dans les zones de conflit, auxquels les soldats sont très attachés, pour avoir fait la guerre à leur côté, et dans le civil, des familles entières se prennent d’affection pour le l’aspirateur-robot circulaire appelé Roomba.

Certainement que la communication autour de Digidog à New York n’a pas été la bonne. Il aurait fallu faire un effort particulier, car il faut l’avouer, le voir déambuler, fait froid dans le dos. Le contexte politique n’a pas aidé non plus, dans un climat de Black Lives Matter. «Nous aurions dû  l’appeler Lassie» a rajouté Perry.

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Sources:

The Verge / The New York Times / BBC / Vice

La page Facebook inerte de Donald Trump attire les foules

Malgré l’état dormant du compte de Donald Trump sur Facebook, son dernier billet publié le jour de l’insurrection continue à récolter des commentaires – au nombre de 705’000 à l’heure où je vous écris.

Habituellement, selon Los Angeles Times, les messages de l’ex-président suscitaient entre 20’000 et 200’000 réactions, mais telle la page commémorative d’une vedette de la chanson, ses fans et ses détracteurs continuent à s’engager avec lui et entre eux:

«Je voulais vous faire savoir que vous nous manquez et que nous vous aimons, Monsieur le Président», a écrit Cyndi Lane le 14 avril.

«Il a fait un excellent travail, c’est vraiment un homme de paix», a rajouté James Albert, le 23 avril 2021.

Un exil numérique forcé

Après avoir incité à la violence le 6 janvier dernier, Donald Trump a été banni des réseaux sociaux. Alors que Twitter a supprimé son compte de manière définitive et fait disparaître toute trace de @realDonaldTrump sur sa plateforme, Facebook a choisi de le suspendre tout en laissant sa page en ligne, en attendant que son comité de surveillance indépendant se prononce sur la question: Faut-il maintenir la sanction ou lui permettre de réactiver son compte? Et déterminer par la même occasion si le PDG d’une entreprise technologique ou son conseil ont le droit de censurer le dirigeant d’un pays élu par son peuple.

En raison du volume important des commentaires reçus du public – plus de 9000 personnes ont donné leur avis -, le verdict qui devait être rendu mi-avril a été reporté. Il est probable qu’il sera prononcé très prochainement et sera en faveur d’une restitution. Comme pour YouTube, dont le PDG a annoncé sur CNN que sa chaîne vidéo serait réactivée «dès que tout risque de violence sera dissipé».

Le retour de Donald Trump sur les réseaux sociaux

Quelle que soit la décision prise par le The Facebook Oversight Board, Donald Trump reviendra d’une manière ou d’une autre, quitte à créer sa propre plateforme, selon son conseiller principal Jason Miller.

Bien que toujours influent au sein du parti républicain, l’ex-président est bien moins présent dans les médias depuis son départ de la Maison-Blanche. Il n’est apparu que sur les chaînes conservatrices de Fox News et Newsmax où il a reparlé de son élection volée et de ses deux procédures en destitution «totalement injustifiées». Des propos qui n’ont même pas été relayés par la grande presse.

L’intérêt porté à l’ex-président s’est estompé. Selon le Washington Post, la recherche pour “Donald Trump” dans Google est redescendue au même niveau qu’avant l’annonce de sa candidature en 2015.

Un retour au calme très apprécié. Pourvu que cela dure.
Illustration par Golden Cosmos

Les Tweets de la CIA sous surveillance

La CIA sur Twitter soulève toujours la question: Pour quelle raison une agence gouvernementale qui détient les plus importants secrets d’État, partage-t-elle des informations sur les réseaux sociaux? Une étude tente d’y voir plus clair.

Le premier tweet publié par la CIA le 6 janvier 2014, reprenant une expression culte, a connu un succès planétaire: «Nous ne pouvons ni confirmer ni nier qu’il s’agit de notre premier tweet», pouvait-on lire. Depuis, la Central Intelligence Agency a rédigé près de 5 millions de messages et revendique plus de 3 millions de followers.

Mais sa présence sur Twitter, @CIA, a-t-elle modifié la façon dont nous la percevons? Sommes-nous dorénavant plus enclins à ignorer les abus qu’elle a commis, parce que son bureau tweete des histoires amusantes?

Deux chercheurs ont tenté de répondre à ces questions, en examinant chaque post et tous les commentaires qu’ils ont suscités sur une période de deux ans, à partir du moment où l’agence a rejoint la plateforme.

Une nouvelle identité institutionnelle

Selon l’étude, la CIA utilise les médias sociaux pour se donner une apparence légitime. «En publiant des billets qui racontent ses activités récentes et historiques, en postant des photos de chats au piano, des contenus divertissants et des défis pour tester les connaissances des internautes, la CIA tente de réhabiliter son image en se présentant comme une entité sympathique avec un sens de l’humour, au courant de la culture populaire, plutôt qu’une institution associée à l’espionnage, la torture et au secret», peut-on lire dans un rapport rendu public le 18 mars dernier.

Selon le média Vice, la CIA a toujours été obsédée par sa réputation et distribue régulièrement à l’interne, des rapports sur des films où elle figure, en décortiquant comment elle a été caractérisée. Parfois elle intervient dans les tournages, cela a été le cas pour les séries télé Alias, 24 Heures Chrono et Homeland ou encore au cinéma, dans Zero Dark Thirty, le film sur la capture d’Oussama Ben Laden.

Les campagnes de recrutement

Sur Twitter, la CIA fait aussi sa promotion afin de susciter des vocations. De nombreux posts incitent les étudiants à découvrir ses activités et les rassurent sur le passage obligatoire du redouté test polygraphe. Un mode de recrutement étonnamment transparent pour des services secrets, mais qui représente un vrai défi selon le journal Le Point, car tout candidat sera certainement un digital native qui aura partagé sa vie sur les réseaux sociaux depuis son enfance, rendant compliqué sa capacité à se construire un jour «une légende», une condition sine qua non de l’espionnage.

Finalement, les tweets les plus populaires sont ceux qui racontent des blagues, mais le fait que l’agence ne se présente pas sur Twitter comme une branche sérieuse du gouvernement, engagée dans la sécurité nationale, ne signifie pas que son utilisation du réseau social ne doit pas être prise au sérieux, conclut l’étude.

 

A lire aussi: Où va-t-on si même la CIA se met à tweeter des  photos de chats / La muette CIA se met en abyme sur les réseaux sociaux

Étude: ‘No, we don’t know where Tupac is’: critical intelligence studies and the CIA on social media – by Rhys Crilley and Louise Pears, Published online: 18 Mar 2021 https://doi.org/10.1080/02684527.2021.1893079