Le FBI émet un avertissement concernant les jouets connectés

Le 17 juillet dernier, le FBI a émis un avertissement destiné aux parents concernant les dangers des jouets connectés à Internet. L’agence de sécurité du gouvernement américain a prévenu que:

«Les criminels pourraient utiliser les jouets intelligents pour recueillir des informations sensibles sur les enfants, telles que leurs noms, leurs adresses, leurs apparences physiques, les mettant ainsi à risque pour le vol ou l’usurpation d’identité.»

Les jouets intelligents contiennent généralement des capteurs, des microphones, des caméras, la reconnaissance vocale et un GPS a déclaré encore le FBI. Des fonctionnalités qui pourraient mettre en danger la vie privée et la sécurité des enfants en raison de la grande quantité d’informations personnelles qui sont divulguées involontairement.

Ces préoccupations ne sont pas infondées. Les cybercriminels ont piraté VTech il y a deux ans et ont accédé aux détails de plus de 6,3 millions d’enfants. Une faille de sécurité a été détectée dans le serveur de la peluche Smart Toy de Fisher-Price, l’un des articles les plus populaires de Noël 2015.

La poupée Barbie lancée l’année passée, dotée d’un logiciel de reconnaissance vocale, capable de tenir une conversation et de répondre aux questions, avait à son tour créé la polémique.

J’ai testé Hello Barbie, la poupée «stasi»

Le FBI a visé les jouets connectés dans son bulletin, mais tout appareil dans sa maison relié à Internet peut être infiltré par un pirate informatique. Les ordinateurs et les téléphones sont toujours des cibles privilégiées, mais les «hackers» étendent de plus en plus leur champ d’action vers d’autres appareils connectés autour de nous.

Un exemple qui a fait la une des journaux en 2014 avait fait froid dans le dos. Des parents à Houston au Texas ont entendu émaner du baby-phone de la chambre de leur fille, la voix d’un homme qui proférait des insultes à son égard. L’homme l’a même appelée par son prénom, écrit en toutes lettres sur le mur de sa chambre, détecté par le biais de la caméra.

Les objets dans nos maisons, vulnérables au piratage

Pour garder les enfants en sécurité lors de l’utilisation de jouets intelligents, a déclaré le FBI, il faut s’assurer que la dernière mise à jour de sécurité a bien été faite, choisir des produits qui revendiquent utiliser un système de cryptage et se connecter uniquement par le biais de réseaux Internet sécurisés.

Les parents sont encouragés à surveiller les enfants lorsqu’ils utilisent des jouets connectés et surtout, éteindre les appareils lorsqu’ils ne sont pas utilisés.

Il y a donc bien un risque potentiel pour la sécurité des enfants, mais aussi une certitude, les données récoltées et stockées sur les serveurs des fabricants serviront un jour à une exploitation commerciale.

Lire aussi: Ces objets qui nous écoutent

Pourquoi mercredi 12 juillet, des pages Web s’afficheront au ralenti

Demain, mercredi 12 juillet, il faudra faire preuve de patience pour consulter les adresses les plus populaires sur le Web.

Netflix, Amazon, Twitter, Reddit, Kickstarter, Spotify, Medium, Airbnb, Dropbox sont parmi les 23,185 sites qui vont volontairement ralentir le déroulement de leurs pages.

Il s’agit d’une mobilisation coordonnée avec l’EFF, une ONGI qui défend la protection des libertés sur Internet, les groupes d’activistes Fight For the Future et Demand Progress et les géants du Web. Ils comptent ainsi manifester leur opposition à une révision de la loi votée en 2015, garantissant la neutralité Internet, remise en question par le nouveau directeur du régulateur des télécoms, la FCC, Ajit Pai, nommé par Donald Trump. Une révision qui est soumise aux commentaires du public jusqu’au 16 août.

Les entreprises participant à cette journée d’action, afficheront des alertes sur leurs pages d’accueil simulant des messages «bloqués» que les utilisateurs subiraient régulièrement dans un monde où la neutralité Internet n’existerait pas. Depuis ces pages d’alertes, les utilisateurs américains pourront faire part de leur opposition au Congrès et à la FCC.

La plaidoirie de Time Berners-Lee dans le Wall Street Journal

Le 22 juin dernier, dans le Wall Street Journal, Tim Berners-Lee l’inventeur du world wide web, est monté lui-même au créneau:

«La neutralité du Net m’a permis d’inventer le World Wide Web sans avoir demandé la permission à quiconque et sans payer pour que mon idée soit rendue disponible à tous. Imaginez ce qui se passerait si les fournisseurs de services Internet – généralement une poignée de grands distributeurs de contenu qui contrôlent le marché – soient autorisés à violer la neutralité du réseau. Leurs pouvoirs s’étendraient à obliger les entreprises et les particuliers à payer une prime pour s’assurer que leur contenu s’affiche rapidement, voire du tout.»

Définition de la neutralité Internet

«La neutralité Internet est un principe fondateur d’Internet qui garantit que les opérateurs télécoms ne discriminent pas les communications de leurs utilisateurs, mais demeurent de simples transmetteurs d’information, comme les télécoms.» (Wikipédia)

Autrement dit, si on compare Internet à une autoroute, sous la neutralité Internet en place aujourd’hui, il n’y a pas de voies rapides pour les voitures et des voies lentes pour les camions. Les conducteurs ne peuvent pas payer d’avantage pour utiliser un itinéraire plus rapide.

Mais encore, les fournisseurs d’accès internet comme Comcast ou Viacom – n’ont pas le droit de bloquer ou de ralentir un contenu ou de proposer des péages à plusieurs vitesses. Et ils ne peuvent pas accorder un traitement préférentiel à leur propre contenu au détriment de leurs concurrents.

Les opposants à la neutralité du Net

Les opposants disent que cette loi impose des restrictions excessives à leurs entreprises, nuisant aux investissements dans les infrastructures. Ils souhaitent pouvoir facturer plus pour les services gourmandes en bande passante, comme le streaming.

Bien qu’il s’agit ici d’une bataille qui se profile sur le territoire américain, nous serons tous affectés par l’issu de cette votation.

Lire aussi: La bataille sur la neutralité d’Internet début aux Etats-Unis


Le résultat de cette journée d’action compilé par le média Vice le 13.7

[ Plus de 125 000 sites Web, organisations et particuliers ont participé activement à la manifestation, et plus de 10 millions de personnes ont vu passer les messages défendant la neutralité du net sur les sites Web des participants.

Au total, 1,6 million de commentaires ont été recueillis et  3,5 millions de courriels ont été adressés aux membres du Congrès ]

[ Précision: Cette campagne n’a concernée que les connexions depuis les Etats-Unis. Depuis l’Europe, les pages se sont affichées normalement le 14 juillet. ET ]

L’arrivée inéluctable des robots sexuels

Un rapport publié par Responsible Robotics, la fondation pour la Robotique Responsable, appelle à une véritable réflexion sur les robots sexuels dans notre société.

Les robots sexuels sont un phénomène relativement nouveau et la suite logique dans l’évolution des poupées gonflables, dont les apparences au fil du temps sont devenues de plus en plus fidèles au corps humain. Ces dernières ont déjà pour la plupart, une peau en silicone, des squelettes métalliques articulés, des cheveux et des yeux d’un réalisme stupéfiant.

L’avénement des robots sexuels

Alors un nouveau marché se dessine pour les poupées robotisées. Dotées de mobilité grâce à des capteurs situés à plusieurs endroits sur leurs corps, elles réagissent au toucher et peuvent même simuler un orgasme.

Sex Robot RealDoll

Les modèles de la marque Android Love Dolls par exemple, sont programmés avec 50 positions différentes et leurs visages sont capables de changer d’expression. Les RealDolls sont dotés de reconnaissance vocale et peuvent parler, leurs lèvres bougeant en synchro avec la voix. Et grâce à l’intelligence artificielles, elles apprennent au fur et à mesure des conversations, à mieux connaitre leurs utilisateurs, enrichissant leur vocabulaire.

En raison de notre tendance naturelle à projeter un comportement humain sur des objets animés, l’anthropomorphisme est souvent observé en réaction à toutes sortes de robots. Et dans les cas des robots de compagnie, cette illusion créée la perception d’un véritable partenaire sexuel humain.

Les fabricants jouent sur ce tableau en proposant des options de personnalisation au niveau des traits de caractères. Parmi les poupées de la série «RoxxxyGold» proposée chez True Companion, le modèle «Frigid Farrah» simule la timidité et celui appelé «Wild Wendy», l’aventure.

Dans l’ensemble, ces poupées se présentent sous une forme féminine, bien que la marque Sinthetics ait connu un succès commercial avec des modèles masculins.

Responsible Robotics, la Fondation pour la Robotique Responsable, vient de publier un rapport fascinant de 44 pages intitulé «Our Sexual Future With Robots» (pdf) d’où sont tirés les infos publiées dans ce billet. Ce rapport appelle à une réflexion voir même une règlementation des robots sexuels dans notre société en soulevant un certain nombre de questions :

Les robots-sexuels sont une option acceptable pour les personnes seules, âgées ou handicapées?

Les premières tentatives ont suscité des réactions mitigées. La poupée «Someone to Care For» proposés dans des EMS en Angleterre dans les années 90 a été spécialement conçue pour les personnes âgées afin d’offrir «réconfort et bonheur aux résidents des foyers, en particulier aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.»

Mais malgré de nombreux récits sur les bienfaits de ces poupées aux apparences de bébés destinés à être câlinées, elles ont aussi été fortement contestées, pour avoir donner l’impression d’infantiliser et de violer la dignité des personnes âgées.

Les robots-prostitués ont-ils une place dans les maisons closes?

Il n’existe pas encore de bordels proposant les services de robots-prostituées, mais au Japon et à Barcelone quelques enseignes proposent déjà des poupées adultes, montrant «une acceptabilité sociale croissante ouvrant la voie aux robots sexuels».

Les robots sexuels deviendront-ils un outil de thérapie efficace pour traiter les violeurs et les pédophiles ?  

Les auteurs du rapport sur ce point expriment un fort scepticisme et se demandent même si au contraire, ils ne seront pas plutôt un encouragement aux comportements déviants.

Pour le Professeur de Philosophie et d’Ethique en Robotique, Patrick Lin de California Polytechnic dans le Telegraph:

«Traiter les pédophiles avec un robot sexuel configuré comme un enfant est un plan douteux et une idée répugnante. Imaginez un instant traiter un raciste en lui suggérant d’abuser d’un robot marron.»

Et qu’en est-il d’un point de vue religieux? 

Le seul article trouvé par les auteurs de ce rapport provient de deux universitaires musulmans Yusuf Jelili Amada et Ismaila Tijani (février 2012).

«Avoir des relations sexuelles avec un robot est contraire à l’éthique et à la moral. C’est un manque de respect pour l’être humain et un camouflet envers l’institution du mariage. En vertu de la charia, les rapports sexuels avec un robot devraient être sévèrement puni pour dissuader ce crime de se propager dans la société.»

Tentatives de conclusion

L’étude rappelle que toute relation avec ce type de robot sera toujours à sens unique. Un robot ne pouvant réagir de manière appropriée à la subtilité de l’émotion humaine dans son contexte. Ils sont incapables par exemple de déceler si quelqu’un pleure en raison d’une contrariété ou parce que leur enfant vient de mourir.

Peut-être que la principale question éthique qui se pose aux sujet des robots sexuels est la tromperie qu’ils pourront engendrer envers les personnes vulnérables.

Un point sur lequel tous les scientifiques interrogés s’accordent est que l’avènement des robots sexuels conduira à un plus grand isolement social pour ceux qui les pratiquent.

 

Les parents perdent en justice le droit de regard sur les messages Facebook de leur fille décédée

Les parents d’une adolescente de 15 ans, décédée après avoir été percutée par une rame de métro à Berlin, ont poursuivi Facebook en justice pour accéder à l’historique de ses échanges. Cinq ans après le drame, le couple n’a toujours pas compris si sa chute était accidentelle ou un suicide. Leur fille avait-elle exprimé l’envie de mettre fin à ses jours? Avait-elle fait l’objet de cyber harcèlement?

L’option «commémoration» de Facebook

Ses parents connaissaient son mot de passe, mais Facebook, ayant été informé de sa mort par un ami, a gelé ou ”commémoré” son compte, rendant l’accès impossible.

L’option « mémorial » proposée par le réseau social bloque l’accès aux données afin de protéger la confidentialité des utilisateurs en cas de décès.

Dans une première décision en 2015, le tribunal régional de Berlin avait statué en faveur des parents, argumentant que tout comme des lettres ou un journal intime, les messages électroniques de l’adolescente revenait de droit à ses héritiers.

Facebook évoque la protection de la vie privée

Mais Facebook évoquant la protection de la vie privée de la jeune fille et de ses correspondants, a fait recours contre ce jugement et la cours d’appel a donné raison au géant américain. «Une verdict qui a pris en compte les droits de succession, le droit de la famille et le «secret des télécommunications garanti par la Loi fondamentale» qui s’applique également aux échanges sur Internet. Ce dernier point étant «au centre de notre décision» a déclaré le juge Björn Retzlaff au tribunal, soulignant en même temps que la sentence avait été difficile.

D’autres exemples

L’affaire rappelle celle d’un architecte italien qui avait fait appel au patron d’Apple, Tim Cook, pour accéder aux photos de son fils décédé de 13 ans, sauvegardées dans son iPhone verrouillé. Ou encore le mouvement de solidarité en-ligne pour une mère anglaise, lorsque Facebook avait bloqué le compte de sa fille décédé de 19 ans, où elle aimait se rendre pour relire ses messages.

Tout en respectant le droit à la protection des données des utilisateurs, Apple et Facebook devraient offrir des solutions pour des cas exceptionnels.

En Allemagne la loi a été appliquée à la lettre, mais justice n’a pas été rendue. On ne peut qu’imaginer la révolte et la tristesse que doivent ressentir les parents.

«Trump Snooze» pour parer au burn-out engendré par l’actualité Trump

Après le burn-out numérique, aujourd’hui nous sommes confrontés à un autre syndrome d’épuisement, celui du cycle d’actualités ininterrompues concernant le président Donald Trump et son administration.

Les faits et gestes du 45ème président des Etats-Unis rapportés par les médias et dont les alertes surgissent sur nos écrans en continu, nous font vaciller chaque jour entre effroi et indignation. Et son premier voyage à l’étranger dont chaque parole et chaque geste ont été minutieusement scrutés, nous laisse épuisés.

Alors que les psychologues aux Etats-Unis se répandent en conseils pour parer à l’anxiété engendrée par ses décrets, déclarations, tweets et son comportement outrancier, l’excellent journal d’info Quartz apporte une solution. La nouvelle version de son application mobile propose un bouton “Snooze” (ou pause) qui permet de supprimer dans leurs bulletins, toute référence le concernant pendant 24 heures.

Trump Filter
Sinon, une extension du navigateur Google Chrome, Trump Filter, analyse les sites Web où figurent son nom et permet de limiter ou carrément bloquer toute info à son sujet.

Des options pour souffler un peu. On en a besoin.

L’interdiction des ordinateurs à bord pourrait s’étendre aux vols européens

Le département de la sécurité intérieure américaine envisage d’interdire les appareils électroniques sur les vols en provenance de l’Europe à destination des États-Unis, a déclaré mercredi dernier un porte-parole du gouvernement à CNN.

Cette interdiction concernerait les ordinateurs portables, les tablettes, les caméras, les lecteurs électroniques, les lecteurs de DVD, et les téléphones cellulaires de grande taille.

Une mesure qui affecterait 400 vols chaque jour et 65 millions de passagers par année.

Ces restrictions sont une extension de l’interdiction appliquée depuis le mois de mars sur les vols en provenance de huit pays du Moyen Orient.  D’après une source anonyme dans la sécurité qui a parlé au Guardian, ces mesures sont envisagées suite à la crainte d’un complot terroriste, impliquant une tablette remplie d’explosifs.

La crainte d’un attentat terroriste 

De telles inquiétudes ne sont pas sans fondement. Une bombe est soupçonnée avoir été cachée l’année passée dans un ordinateur portable qui a explosé en plein vol, trouant le fuselage d’un avion somalien et blessant deux passagers.

Une détonation dans une cabine pressurisée peut avoir beaucoup plus d’impact que celle dans une cale, où la déflagration serait amortie par les bagages. De plus, la carlingue du ventre de l’avion est renforcée pour mieux résister aux atterrissages difficiles.

Pour les voyageurs d’affaires qui comptent sur leurs ordinateurs pour travailler sur les réseaux long courrier, ce serait une très mauvaise nouvelle.

Des compagnies aériennes prêtent des ordinateurs et des tablettes à bord

Certaines compagnies aériennes déjà affectées par l’interdiction ont trouvé moyen de le contourner, en offrant du Wifi gratuit et en mettant à disposition des passagers, des tablettes et des ordinateurs portables pendant la durée du vol.

Au contrôle de sécurité, les appareils sont emballés dans du papier bulle

Pour vous donner une idée comment cela se passe à l’aéroport avant l’embarquement, Jon Russell pour TechCrunch, publie un photo reportage de son départ il y a quelques jours pour New York depuis Dubaï avec la compagnie Emirat. On voit qu’au contrôle de sécurité, chaque appareil est emballé soigneusement dans du papier bulle puis placé dans un carton individuel au nom du passager. Tous les cartons sont ensuite transférés dans la soute à bagages pour être récupérés intacts à l’arrivée.

Pour le moment les compagnies aériennes sont libres de mettre en place la procédure la plus expéditive et rassurante pour prendre en main les appareils des passagers.

Si ce décret devait se concrétiser, on devrait le savoir très prochainement, il n’y aura qu’une chose à faire: acheter des bouquins et prendre son mal en patience.

 

Lire aussi: Les exigences intrusives des Etats-Unis pour les visiteurs étrangers

 

 

 

Les smartphones sont-ils un substitut à la drogue pour les ados?

En 2000, les scientifiques se demandaient si la diminution du tabagisme chez les jeunes était attribuable aux téléphones mobiles, car tout comme la cigarette, il facilite le lien social et donne une contenance aux timides.
 
A l’époque, on ne parlait pas d’addiction aux portables pour expliquer pourquoi les jeunes fumaient moins, les premiers modèles étant bien moins engageants que les smartphones d’aujourd’hui. On attribuait plutôt cette baisse à des raisons économiques, les adolescents n’ayant pas assez d’argent de poche pour fumer ET téléphoner.  
 
En 2017, rapporte le New York Times, les chercheurs ne comprennent toujours pas pourquoi la vente de cigarettes et la consommation de l’ensemble des drogues psychoactives continue de chuter, atteignant son niveau le plus bas depuis 40 ans.
 
Serait-ce dû à la baisse de la consommation du tabac, la cigarette étant considérée comme la porte d’entrée à la drogue? Ou les campagnes de sensibilisation auraient-elles finalement portées leurs fruits? Ou encore les adolescents sont-ils moins tentés par les substances parce qu’ils sont constamment stimulés et divertis par les réseaux sociaux et autres fonctionnalités de leurs smartphones?
 
Ce dernier point mérite d’être exploré disent les scientifiques, parce que leur utilisation et celle des tablettes a explosé au cours de la période où la consommation de substances a diminué. 
 
«Cette corrélation ne prouve pas pour autant qu’un phénomène est à l’origine de l’autre,» insiste James Anthony, professeur à l’Université de l’Etat du Michigan, «pourtant, il faudrait être idiot pour ne pas y songer» a-t-il rajouté.
 
Les théories sur l’addiction aux smartphones se basent sur des études qui ont démontré que consulter son téléphone, déclenche une sécrétion de dopamine dans le cerveau, provoquant un sentiment de récompense et de plaisir, tout comme la drogue. Mais il en va de même pour un bon repas, un acte sexuel ou un film.
 
Avant de s’alarmer, il faut se rappeler que l’addiction aux écrans ne figure toujours pas dans les ouvrages de référence en psychiatrie. Les chercheurs en sont encore à leurs premiers balbutiements pour tenter de comprendre comment les smartphones agissent sur le cerveau.

Des bonnets roses pour protester contre l’investiture de Donald Trump

Depuis deux mois, des milliers de femmes tricotent des bonnets roses pour protester contre l’investiture de Donald Trump. Le mouvement a été lancé par deux trentenaires de la Côte Ouest, Krista Suh et Jayna Zweiman, par le biais des réseaux sociaux et d’un site Web baptisé «Pussy Hat Project.» Il s’agit d’une allusion aux propos misogynes de Trump partagés avec un animateur télé, décrivant sa technique de séduction qui consiste à “grab women by the pussy” (je ne traduis pas).

Les modèles sont disponibles sur le site Web

Des milliers de femmes se sont ralliées au mouvement et partagent les photos de leurs créations. Les modèles simples sont disponibles sur le site et ils seraient encore plus faciles à faire qu’une écharpe, la pièce de démarrage de toute débutante. Pour Marina Mont’Ros interrogée par Reuters: «J’en suis à mon 35e bonnet. Chaque fois que je pense m’arrêter, je lis une actualité sur Trump et je recommence à tricoter.»

Les femmes sont encouragées à déposer leurs créations dans des “drop points” indiqués sur le site, afin d’être accessibles aux manifestantes.

The Women’s March

L’objectif est d’en réunir 1.17 million, car c’est le nombre de personnes que peut théoriquement contenir le Mall, le lieu à Washington où se réuniront les manifestantes pour la Women’s March, le 21 janvier prochain, le jour qui suit l’inauguration. Un rassemblement organisé dans l’espoir d’attirer l’attention sur les droits civils et humains.

200’000 personnes sont attendues. Ce sera l’une des plus grandes manifestations qu’ait connues l’Amérique et de plus petites «Marches soeurs» sont prévues dans de nombreuses villes à travers les Etats-Unis, dont New York.

Le National Mall, une mer rose?

Le National Mall, un parc ouvert au public du centre-ville de Washington, D.C., pourrait donc se transformer en une mer rose si la vision de ces deux femmes se concrétise. Un état de fait déploré par la journaliste du Washington Post, Petula Dvorak : «Il ne faut pas que la Marche des Femmes de 2017 entre dans le souvenir collectif comme un fleuve de Pepto-Bismol (un sirop rose bonbon qui soigne les maux d’estomac). L’intention de ce mouvement est tout ce qu’il y a de plus sérieux. Il s’agit de droits humains. Rappelez-vous, a-t-elle ajouté, «que les féministes ont brulé leurs soutien-gorges dans les années soixante pour combattre les inégalités hommes-femmes — et c’est finalement ce geste qui est resté gravé dans la mémoire collective comme symbole un peu ridicule du mouvement féminin.»

Une mauvaise réputation est vite faite, justifiée ou non. Les Tricoteuses pendant la Révolution Française, en assistant au tribunal révolutionnaire tout en tricotant et en appellant à la Terreur, furent surnommées les «enragées» ou les «furies de la guillotine.».

Les manifestantes mettront-elles des bonnets roses samedi prochain? On verra bien!

 

Mais que signifie ce petit i qui précède une adresse Internet?

Le symbole d’un petit i encerclé qui précède une adresse Web (ou URL) est extrêmement discret. Il se propage depuis peu de temps sur le Web dans les navigateurs Chrome et Firefox et passe encore assez inaperçu. Mais notre inconscient commence à réaliser qu’il se différencie d’autres adresses Internet qui affichent un cadenas suivi de “Secure” et dont l’URL commence par HTTPS et non HTTP.

Si alors par curiosité vous cliquez sur le i pour en savoir plus, vous apprendrez que le site que vous consultez n’est pas sécurisé et qu’en entrant des informations personnelles comme un mot de passe ou un numéro de carte de crédit, vous risquez le vol de vos données.

Ce symbole est la première étape d’un plan que Google a promis de mettre à exécution pour forcer les détenteurs de sites Web à sécuriser leurs sites. Dans un communiqué publié en aout 2014, puis confirmé le 8 septembre dernier, Google a prévenu que dès janvier 2017, tous les sites dont l’adresse ne commence pas par HTTPS— permettant d’effectuer une connexion sécurisée à un site Web— s’afficheront dans les navigateurs avec un message d’avertissement. Et fidèle à ses engagements,  il est en train de dérouler sa campagne de sensibilisation.

Ce premier avertissement light n’est que le premier pas que Google compte prendre pour forcer les sites à se protéger. En un deuxième temps, un symbole “danger” suivi de “Not secure” en rouge sera placardé dans la barre d’adresse.

Ou en est votre propre site? Les Web agencies et les développeurs indépendants n’ont pas tous pris les mesures nécessaires pour vous protéger.  En parcourant les sites Web d’associations, de titres de presse, d’entreprises et ceux de mes amis ce weekend, j’ai été stupéfaite de constater combien d’entre eux ne sont pas encore passés au protocole HTTPS.

C’est à prendre au sérieux. Hormis le fait de faire fuir vos visiteurs, un site non sécurisé cours le risque d’être infiltré par des logiciels malveillants et la sanction de Google dans ces cas là est encore plus punitive.

Le géant du Web remplace carrément les pages d’accueil des sites infectés par un texte menaçant, décrivant ce que le visiteur risque en cliquant plus loin: vol d’identité, pertes financières et la suppression de tous ses fichiers. Puis dans les résultats du moteur de recherche, ces sites sont libellés “non sécurisés”. N’attendez pas que les foudres de Google s’abattent aussi sur vous.

Lire aussi: Google compte sanctionner les sites qui ne sont pas sécurisés

Sauvegardez vos articles dans le Wayback Machine

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce qui est publié sur Internet ne se retrouve pas indéfiniment. Il y a bien des robots indexeurs qui parcourent le Web pour assurer des sauvegardes, mais toutes les pages ne sont pas prises en compte.

Sauvegardez vos articles

Si vous êtes journaliste, pigiste ou blogueur, il peut arriver qu’un journal auquel vous contribuez disparaisse, nettoie ses archives ou dans une refonte du site, n’intègre pas vos anciens billets dans sa nouvelle mouture (c’est ce qui est arrivé aux contributrices du journal en ligne les quotidiennes.com dont j’ai fait partie).

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Alors pour vous assurer que vos chroniques soient sauvegardées, rendez vous sur le site du Wayback Machine. En rentrant l’adresse Web d’une page (l’URL) sous “Save Page Now”, une capture écran sera faite et en assurera la pérennité.

L’inconvénient est qu’il faut entrer l’URL page par page, un travail fastidieux si vous avez été prolifique, mais au moins vos écrits seront préservés et pourront être consultés en ligne. Notez bien les URLs qui identifient vos articles, car c’est par URL qu’à l’heure actuelle s’effectue les recherches sur le site du Wayback Machine.

En savoir plus sur Internet Archive

L’Internet Archive est une fondation à but non lucratif consacrée à l’archivage du Web. Elle a été fondée par Brewster Kahle en 1999, un ingénieur informatique militant pour le savoir universel. Sa bibliothèque numérique fonctionne avec 150 employés, n’accepte aucun annonceur et ne vend pas de données personnelles. C’est un projet dans la plus pure tradition de l’esprit utopiste qui régnait sur Internet dans les années 90s et qui a réussi à maintenir son idéal.

A ce jour 279 milliards de pages ont été collectées provenant du Web accessible (les pages sous mots de passe ne sont pas indexées). Chaque semaine, selon un billet de blog, 300 millions de nouvelles pages sont ajoutées à cette base de données. Elle se compose encore de 2.2 millions de films et vidéos, 2.5 millions d’enregistrements audio, 140’000 concerts enregistrés en live, 8 millions de textes dont 3 millions de livres numériques, 100’000 logiciels et 3 millions d’heures de télévision. Par son volume pharaonique, ce sont les archives les plus importantes de tous les temps.

Dans le palmarès des sites sur le Web, Internet Archive figure parmi les 250 sites les plus visités. Et ses ingénieurs ont contribué à créer de nouveaux modèles pour améliorer la conservation numérique en forgeant des alliances avec plus de 450 libraires, universités et archives nationaux dans le monde entier.

Craignant des restrictions sur Internet lors de l’administration prochaine de Donald Trump, Brewster Kahle a annoncé son intention de dédoubler sa bibliothèque sur des serveurs au Canada.

C’est le sujet de ma chronique dans Le Temps lundi.