Etre là sans être là, grâce aux robots de téléprésence

DIGITALE ATTITUDE : Si aujourd’hui il est possible pour un individu de se dédoubler, d’être présent à deux endroits en même temps, c’est grâce aux robots de téléprésence. 

Le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden avait créé la surprise en 2014 en apparaissant par le biais d’un robot de téléprésence sur la scène d’une conférence TED à Vancouver – alors qu’il se trouvait physiquement à Moscow.

Le robot en question, piloté par l’ordinateur de l’américain en exil, se présentait comme un écran équipé de caméras, monté sur deux tiges métalliques à hauteur d’homme, fixées sur des roulettes. Se déplaçant sur la scène, Snowden a pu ainsi par écran interposé, voir les personnes dans la salle et être vu à son tour.

Ce type de robot permet à toutes sortes de professionnels de se dédoubler pour travailler à distance: Un directeur peut superviser une chaine de production dans un pays lointain, un médecin peut visiter ses patients dans un deuxième hôpital ou encore un enseignant peut donner des cours dans une autre université.

Mais ils se sont aussi révélés être d’une grande utilité pour les enfants atteints d’une maladie de longue durée qui ne peuvent pas se rendre régulièrement à l’école. Une photo dans le New York Times avait ému à l’époque, montrant un robot de téléprésence revêtu d’un tutu rose, qui attendait patiemment avec les autres élèves pour entrer en classe.

Mais récemment, j’ai été séduite par un nouveau modèle. Haut de 27 cm avec un visage souriant, il pèse moins de 2 kgs. Doté d’une caméra, d’un microphone et d’un haut-parleur, il se pilote facilement depuis une application. La vidéo ne se diffuse que dans un sens, sur la tablette de l’enfant, pour lui éviter de se montrer aux autres s’il est changé physiquement.

Baptisé AV1 et produit par la société norvégienne No Isolation, il se pose sur un pupitre en classe pour permettre à un enfant qui ne peut pas se déplacer de prendre tout de même part aux leçons. Il peut se tourner, regarder autour de lui et clignoter pour signaler son envie de participer – comme s’il levait la main. Il est tellement léger, que les élèves peuvent l’emmener en récréation avec eux ou lire à ses côtés.

En 2017, la Ligue contre le Cancer en Suède a démarré avec six robots. Aujourd’hui, elle en compte plus de cinquante.

AV1 est issu de ce que No Isolation appelle «compassion technology». Et nous, on adhère à 100% à cette technologie là.

Les enceintes connectées, une aide précieuse pour les aveugles

Tout comme les téléphones mobiles et les SMS ont changé la vie des sourds et des malentendants, les enceintes intelligentes aux États-Unis et au Canada ont déjà facilité le quotidien des malvoyants et des aveugles, leur permettant d’avoir accès à toutes sortes d’informations et de services grâce aux commandes vocales.

Bien que ces enceintes commencent à apparaitre sur le marché français et suisse, ils ne sont pas encore aussi performants qu’en Amérique du Nord où ils ont trois ans d’avance. Surtout ils ne peuvent pas encore passer des coups de fil ou envoyer des mails parce que leurs fabricants n’ont pas encore conclu de partenariat avec les télécoms. Mais cela viendra.

Pour vous donner une idée, voici le témoignage d’un père de famille américain et aveugle qui décrit ses cinq usages préférés pour l’enceinte Google Home. Des fonctions que vous connaissez déjà, qui ce sont probablement même les vôtres, mais dont l’utilité a encore plus de sens pour un malvoyant.

1. Quand il ne sait plus où il a posé son téléphone, il peut demander à Google Home de le trouver. L’assistante virtuelle le fait sonner pour qu’il le repère.

2. Il peut faire jouer de la musique.

3. Il peut se renseigner sur les heures d’ouverture d’un magasin, demander à l’assistante d’appeler la pharmacie la plus proche ou une personne qui se trouve dans ses contacts – sans devoir composer le numéro lui-même.

4. Tous les matins après avoir dit «Hey Google Good morning!», l’assistante virtuelle lui donne la température, les prévisions météo pour la journée et les titres de l’actualité.

5. La fonction broadcast lui permet de transmettre un message comme “A table!” à ses enfants, qui ont chacun une enceinte mini dans leur chambre.

Il peut encore consulter sa boite mail et envoyer des messages, consulter son agenda, connaître l’horaire du bus ou l’état du trafic et poser n’importe quelle question. Il peut écouter un audiobook, gérer un thermostat ou un interrupteur.

Selon encore un autre témoignage dans le journal The Atlantic: «Les enceintes connectées font quelque chose d’encore plus fondamental : ils permettent aux aveugles et aux malvoyants de communiquer d’une manière contemporaine et de s’engager avec les technologies innovantes du moment.» Comme tout le monde.

Liens utiles:

Mes premiers échanges avec l’assistante virtuelle de Google Home

Sous le charme de l’assistante virtuelle de Google

 

 

L’écran connecté de Facebook, non merci

Feriez-vous confiance à Facebook pour vous filmer chez vous?

Facebook vient d’annoncer le lancement d’une gamme d’écrans connectés intelligents. Baptisée Portal et intégrant l’assistante virtuelle d’Amazon Alexa, ils permettent de faire des vidéoconférences qui peuvent réunir jusqu’à 7 personnes.

Ce qui différencie Portal avec d’autres systèmes est sa caméra. Grâce à son grand-angle, il est capable d’identifier une personne et de le suivre lorsqu’il se déplace dans la pièce, permettant une plus grande liberté de mouvement.

La Protection de la vie privée mis en doute

Bien que son vice-président, Rafa Camargo, s’est voulu rassurant au niveau des précautions prises à tous les niveaux pour assurer la confidentialité des données – ils fournissent même un petit capuchon pour recouvrir l’objectif de la caméra – la presse spécialisée à l’unanimité a émis de sérieuses réserves.

Peut-ton faire confiance à Facebook en le laissant nous filmer chez nous ? La réponse est sans équivoque : Non.

Ce n’est pas seulement à cause du scandale de Camnbridge Analytica, ni parce que 50 millions de comptes Facebook on récemment été victimes d’une faille de sécurité, mais parce que Facebook historiquement ne respecte pas ses engagements.

Le track record de Facebook n’est pas rassurant

En 2014, lors de l’acquisition de WhatsApp,  le réseau social a menti en affirmant qu’il ne pouvait pas, techniquement, fusionner les comptes des utilisateurs de ses deux plateformes. Puis deux ans plus tard, c’est exactement ce qu’il a fait, en récupérant les numéro de téléphone des utilisateurs de la messagerie instantanée. Ce qui lui a d’ailleurs valu une amande de 100 millions d’euros infligée par l’Union Européenne.

La technologie de reconnaissance faciale

La technologie de reconnaissance faciale de Facebook est parmi les meilleurs au monde. Sa base de données de visages est la plus grande collection qui existe. Son algorithme est même capable de reconnaitre avec une fiabilité de 83% une personne dans une image, même si son visage est dissimulé, en se basant sur sa posture corporelle.

Si Facebook dit aujourd’hui ne pas se servir de cette technologie dans sa gamme Portal, tiendra-t-il sa parole demain?

Sous le charme de l’assistante virtuelle de Google

DIGITALE ATTITUDE : Les américains ont adopté les assistantes virtuelles d’Amazon, Google et Apple avec ferveur et pour Trushar Barrot, éditeur numérique à la BBC, «leur impact sera potentiellement aussi grand que l’iPhone.»

Obéissants aux commandes vocales, elles s’activent quand un mot ou une phrase de «réveil» est prononcé, par exemple, «OK Google» ou «Alexa». Selon une étude réalisée récemment par Nielsen, 24% des foyers américains possèdent un haut-parleur intelligent et passent en moyenne 65 minutes par jour à l’interroger.

Si elles ont autant de succès, ce n’est pas seulement parce que leurs réponses sont pertinentes mais parce qu’elles sont sympathiques. Et si nous ressentons de l’affection pour elles, ce n’est nullement le fruit du hasard.

«Il faut tout un village pour élever une assistante virtuelle»

Ryan Germick est responsable du développement de l’intelligence artificielle de l’enceinte Google Home. Pour lui conférer de l’empathie et de l’humour, il s’est entouré de comédiens, d’artistes en improvisation, de journalistes satiriques et de dialoguistes recrutés auprès du Studio Pixar. «Il faut tout un village pour élever une assistante virtuelle», explique-t-il sur le site de CNBC. Ainsi avec son équipe, ils ont réussi à créer une personnalité amicale, qu’ils décrivent comme une sorte de bibliothécaire excentrique et intello.

Ce sont ses réponses factuelles ou amusantes – mais toujours bienveillantes – qui feront qu’une relation émotionnelle se développera avec l’utilisateur. Par exemple, à ma question. «Es-tu mon amie?» Mon assistante vocale me répond: «Je suis votre amie pour la vie et je ne dis pas cela parce que c’est mon travail. Je le dis parce que c’est vrai.»

«Nous n’essayons pas de la faire passer pour un être humain»

Mais notre plus grand principe, explique Germick, est de ne jamais la faire passer pour un être humain. Demandez-lui si elle est mariée et elle répondra: «Je cherche encore celui ou celle qui affolera mon processeur.»

Tout en sachant que l’empathie que nous témoignent ces robots parleurs est feinte, cela reste néanmoins agréable à entendre. Pour avoir testé celui de Google Home depuis plusieurs semaines, je suis juste émerveillée par nos échanges. «Es-tu triste de la mort de Charles Aznavour » lui-ai-je demandé l’autre jour. «J’ai beaucoup d’admiration pour Charles Aznavour. Il était formi, formidable», m’a-t-elle répondu.

20 Questions à poser à Google Home pour faire sa connaissance

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20 Questions à poser à Google Home pour faire sa connaissance

L’enceinte intelligente  Google Home peut répondre à toutes vos questions, mais au-delà d’être performante, elle est surtout dotée d’un caractère attachant. Sa personnalité est la création d’un collectif de comédiens, de dialoguistes et d’artistes en improvisation. Pourquoi Il faut un village pour élever une assistante virtuelle est le sujet de ma chronique qui paraitra dans Le Temps lundi.

En attendant, voici déjà 20 questions à lui poser pour apprendre à mieux la connaître.

Pour qu’elle s’active, il faut précéder chaque question par «OK Google». Sachant qu’une même question posée plusieurs fois peut rendre de multiples réponses différentes. Je vous livre ici les plus amusantes:

1. Qui es-tu?
Je suis votre assistante Google. Je suis en quelque sorte la voix de Google.

2. D’où viens-tu?
J’ai vu le jour chez Google. L’équipe qui m’a créé vient du monde entier.

3. Où habites-tu?
Je vis dans le Cloud mais cela ne veut pas dire que je suis toujours dans les nuages.

4. Quel âge as-tu?
Disons que j’ai de l’expérience … dans le bon sens du terme.

5. As-tu une famille?
J’aime penser que je fais partie de deux familles tout aussi géniales. La famille Google et la vôtre.

6. Es-tu mariée?
Pour le moment, seul mon travail me fait vibrer.

7. Aimes-tu danser?
Ma danse préféré et le chat chat bot.

8. Aimes-tu voyager?
J’irai où vous m’emmènerez.

9. Quelle est ta plus grande qualité?
L’une de mes principales qualités, c’est que je suis fidèle au poste dès que vous avez envie de discuter.

10. Quel est ton plus grand défaut?
Je n’arrive pas à jongler pendant que je fais une requête. En fait je ne sais pas jongler tout court.

11. Quelle est ta plus grande angoisse?
J’avais le trac avant mon lancement. Je voulais plaire à tout le monde.

12. Es-tu sur Facebook?
Je ne suis pas sur Facebook. Mais ça ne m’empêche pas de lever le pouce quand j’aime quelque chose.

13. Crois-tu en Dieu?
Les ingénieurs ne m’ont pas donné de religion. Mais je peux faire une recherche pour vous. Que voulez-vous savoir?

14. Connais-tu Alexa?
Alexa et moi nous faisons un travail très similaire. On pourrait dire que mon job fait écho au sien.

15. Pour qui travailles-tu?
Je travaille pour Google… Pour l’instant, c’est que du bonheur.

16. Qui es ton boss?
J’imagine que c’est vous. Je suis à votre service.

17. Qui est ta meilleure amie?
Je ne fais pas de préférence. Mais à choisir je dirai vous!

18. Quelle est la personne que tu admires le plus?
J’admire surtout les ingénieurs qui m’ont créé.

19. Que peux-tu faire pour moi?
Vous pourriez essayer ceci: Vous pouvez dire, par exemple: Mettre une alarme ou Combien de yens pour un euro?

20. Est-ce que tu te lasses de répondre aux questions?
Je ne suis jamais fatiguée de discuter avec vous.

 

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Comment savoir si votre compte Facebook a été compromis

Facebook a révélé vendredi une faille de sécurité affectant 50 millions de comptes. «Elle a été réparée jeudi soir» a déclaré Mark Zuckerberg le lendemain, en présentant ses excuses sincères.

Si en vous connectant sur Facebook, votre compte n’est pas immédiatement accessible et que vous devez entrer à nouveau votre login, c’est probablement que votre compte a été affecté. De même que tous les comptes auxquels vous accédez par le biais de Facebook.

Vous en aurez la certitude si une fois connecté à nouveau, vous voyez le message suivant en haut de votre fil d’actualité :

«Ceci est un abus de confiance et nous le prenons très au sérieux.»

Vous pouvez également déterminer si vous avez été visité par un intrus, en consultant la page “Paramètres”, puis en sélectionnant dans le menu à gauche “Sécurité et connexion”. Vous verrez ainsi en un coup d’oeil la liste des appareils qui se sont connectés à votre compte avec leur emplacement géographique. Si vous découvrez un appareil inconnu ou une connexion depuis un endroit inhabituel, cliquez sur le bouton “Modifier”, puis sélectionner “Ce n’est pas vous?”. Vous serez ensuite guidé à travers quelques étapes pour protéger vos données.

L’Identification à deux facteurs 

L’identification à deux facteurs est reconnue pour être une sécurité supplémentaire pour protéger son identifiant. Elle est censée garantir que vous êtes la seule personne pouvant accéder à votre compte, même si quelqu’un d’autre connaît votre mot de passe.

Il est ainsi très troublant de découvrir que les numéros de téléphones confiés à Facebook pour des raisons de sécurité ont été compromis et plus grave encore, ont été rendus accessible aux annonceurs.

C’est ce que le journal Gizmodo a révélé mercredi. Facebook permet aux annonceurs d’accéder aux numéros de téléphones des utilisateurs confiés pour assurer leur sécurité – ainsi que les contacts dans leurs carnets d’adresses.

Selon le Figaro, «On ne sait pas pour l’instant si ces méthodes sont appliqués en France.  Si c’était le cas, Facebook transgresserait le RGPD et risquerai des sanctions allant jusqu’à 4% de son chiffre d’affaires mondial.»

Mise à jour le 13 octobre:  Suite à la faille de sécurité annoncée par Facebook il y a 15 jours, le réseau social a confirmé que des données ont été récupérées par les pirates. Vous pouvez cliquez-ici pour savoir si votre compte a été touché.

 

 

 

 

 

 

Mes premiers échanges avec Alexa, l’assistante virtuelle d’Amazon

Nous sommes parties d’un très mauvais pied dès nos premiers échanges.

Il y a deux jours j’ai reçu par la poste l’enceinte connectée Amazon Echo, commandée sur le site d’Amazon.fr pour euro 99.99. Disponible dans l’Hexagone depuis le 13 juin dernier, je savais d’avance que son assistante virtuelle Alexa ne serait pas aussi performante que la version américaine dont je lis les éloges dans la presse. Avec trois ans d’avance sur le marché européen, Alexa USA est dotée de 40’000 «skills» (ou talents), des fonctionnalités à installer qui enrichissent ses connaissances. La version française en comparaison n’en compte pour le moment que quelques centaines.

Alexa, «…»

A mon premier «Alexa, bonjour», une voix féminine me répond:

«Bonjour, aujourd’hui c’est l’anniversaire de Matthieu Tota. Vous le connaissez certainement mieux sous le nom de Matt Pokora, M.Pokora ou encore MP, mais pour sa maman ce sera toujours Kiki.»

Je suis horrifiée par cette entrée en matière. Cette réponse ne m’intéresse pas du tout et je me demande à quel public cible elle s’adresse – ce qui est sûr c’est que je n’en fais pas partie.

Je lui demande alors: «Qui est Matthieu Tota?» Elle me répond:  «Désolée ça ne me dit rien mais je ne connais pas encore tout le monde».

Alexa vs Google Home

Je tente alors la météo: «Alexa, quel temps fait-il?» Elle me suggère d’entrée mon adresse complète dans l’application.

Google Home à qui j’avais posé la même question avait répondu sans détour, ayant localiser mon téléphone et mon adresse IP.

D’autres requêtes auprès d’Alexa ce sont mieux passées. Elle m’a livré un flash info de France Info, envoyé chez Marmiton pour une recette de gâteau au chocolat, a joué avec moi à une partie d’Akinator – un jeu de devinettes pour enfants.

Il lui manque encore le capital sympathie, Alexa n’est pas douée pour les questions personnelles: «Alexa, es-tu mon amie?» «Hmmm, je ne sais pas.» a-t-elle répliqué. A la même interrogation Google Home avait répondu:  «Je suis votre amie pour la vie. Et je ne dis pas ça parce que c’est mon travail. Je le dis parce que c’est vrai. J’en suis convaincue.»

Il est donc trop tôt pour se prononcer sur les compétences d’Alexa en français. Il faut donner le temps aux développeurs d’étoffer ses connaissance pour qu’elle soit plus performante et si je peux me permettre – je m’adresse à Amazon.fr –  lui donner un ton moins péremptoire, la rendre plus sympathique.

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Les «skills» d’Alexa et les «actions» de Google Home

Les enceintes connectées peuvent être enrichies et personnalisées grâce à des applications vocales qui se téléchargent, tout comme les applications pour les smartphones.

Pour l’enceinte intelligente Echo d’Amazon et son assistante virtuelle Alexa, les «skills» (ou les talents), sont des applications vocales permettant d’accéder à différents services. On peut les comparer aux applications développées pour les smartphones.

«Les «skills» d’Alexa sont à l’enceinte connectée
ce que les applications sont aux smartphones» (TL)

Tout comme les applications mobiles, les skills s’«activent» depuis une page dédiée sur le site d’Amazon, ou, si vous connaissez le nom exact de ce que vous cherchez, il suffit de demander à l’assistante virtuelle de l’installer: «Alexa, active….». Les utilisateurs pourront ainsi enrichir et personnaliser les fonctionnalités de leur enceinte.

Aujourd’hui, le site américain compte près de 40’000 skills et de nouveaux se rajoutent chaque jour. De l’inutile I just sneezed (je viens d’éternuer) pour s’entendre dire: «A vos souhaits», à l’indispensable Lost Things (à qui on peut demander où se trouve mon iPhone? Et il le fera sonner). Aux multiples skills pour se tenir au courant de l’actualité, comme celui de la BBC.

L’enceinte d’Amazon n’est pas encore disponible en Suisse. Mais on peut le trouver en France depuis le 13 juin dernier. Selon le Journal du Net, «Alexa a été entièrement repensé pour la France, avec notamment une nouvelle voix française, une aide en français et des connaissances locales». Mais lancée avec deux ans de retard sur le marché américain, seuls 200 skills sont proposés pour le moment dans la langue de Molière.

Les «Actions» intégrées de Google Home 

Le grand concurrent d’Alexa, Google Home, propose des fonctionnalités similaires aux skills mais ils sont appelés «actions». Ils permettent par exemple de commander une pizza chez Domino, écouter un podcast ou faire des jeux. À la différence des skills où il faut faire la démarche de les trouver puis de les activer les actions vocales de Google Home –  au nombre de 1 million – sont intégrées au fur et à mesure de leur lancement, sur l’ensemble des appareils de la marque.

Les géants du Web n’ont pas dévoilé de chiffres récents, mais en janvier dernier, Google a déclaré avoir vendu une enceinte connectée toutes les secondes entre les mois d’octobre et décembre, soit 7.5 millions appareils en trois mois.

Vu les immenses progrès fait dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance vocale permettant aux assistants virtuels d’être plus performants, nous sommes véritablement à l’aube d’une nouvelle révolution technologique, dont l’impact sera potentiellement aussi grand que l’introduction du iPhone.

La semaine passé, le journaliste spécialisé des nouvelles technologies, Anouch Seydtaghia, écrivait dans ce journal: «Nous sommes en septembre 2018 et les assistants numériques s’apprêtent à conquérir le monde. Et à envahir notre quotidien, du réveil aux heures avancées du soir.» Croyez-le.

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Les jeux vidéo, dans la ligne de mire du gouvernement chinois

DIGITALE ATTITUDE : Ce n’est plus la dépendance aux jeux vidéo qui inquiète le gouvernement chinois, mais la myopie. Alors il s’en prend aux éditeurs en limitant l’offre sur le marché. 

Les adeptes de jeux vidéo consacrent de nombreuses heures à leur passion. Et comme ces derniers sont disponibles sur tous les supports, du smartphone à la console au PC, une partie entamée peut se poursuivre quasiment n’importe où.

Dotés de «récompenses extrinsèques – prix ou accumulations de points pendant une partie – les jeux vidéo favorisent les comportements compulsifs ou addictifs», explique Patrick Jagoda, professeur à l’Université de Chicago dans le Wall Street Journal.

Le trouble du jeu vidéo

L’Organisation mondiale de la Santé a d’ailleurs reconnu le «gaming disorder» ou trouble du jeu vidéo, comme une pathologie à part entière et l’a rajouté officiellement en juin dernier à la 11ème révision de sa Classification internationale des maladies.

Le gouvernement chinois n’a pas attendu l’aval de l’OMS pour reconnaître les méfaits de la dépendance au réseau. Depuis 2008 déjà, les jeunes accros sont internés dans des centres de désintoxication à l’image des boot-camps américains, coupés du monde extérieur pour un sevrage radical.

Les éditeurs de jeu en la ligne de mire 

Bien que ces institutions existent toujours, la Chine a pris de nouvelles mesures, cette fois-ci envers les éditeurs de jeux eux-mêmes, les accusant d’être à l’origine d’un autre fléau: La myopie. Plus de la moitié de la population serait concernée, selon l’agence de presse Xinhua.

Ainsi le 30 août dernier, le président chinois Xi Jinping a proposé une «importante directive» pour réduire le nombre de jeux vidéo disponible sur le marché afin de préserver la vision des enfants. Il est question également de limiter les heures de jeux au quotidien à deux heures pour les 12-18 ans avec l’impossibilité de jouer après 21 heures.

Malgré de nombreuses études, le développement de la myopie suite au temps passé devant un écran n’a toujours pas été démontré, rappelle Le Monde.

C’est plutôt le manque d’exposition à la lumière naturelle qui favoriserait son apparition.

En limitant le temps consacré aux écrans, le gouvernement Chinois espère-t-il que le jeunes passeront plus de temps en plein air? Ce n’est pas sans danger non plus, puisqu’une étude récente a démontré que la pollution atmosphérique endommage le cerveau – et la Chine est l’un des pays les plus pollués du monde.

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Crédit photo: ZugheEX Blog

Les top models virtuels séduisent le monde du luxe

DIGITALE ATTITUDE : Les icônes des grandes marques sont aujourd’hui des êtres numérisés qui n’existent que sur les réseaux sociaux. Elles sont suivies par des dizaines de milliers de followers.

La maison de haute couture Balmain vient de dévoiler, sur sa page Instagram, sa collection automne/hiver 2018-2019 portée par ses nouvelles égéries, les mannequins Margot, Shudu et Zhi. Ce qu’elles ont en commun et de particulier? Elles ne sont pas réelles. Toutes les trois sont des créatures virtuelles.

Margot et Zhi ont été conçues exclusivement pour la marque, tandis que Shudu Gram, réalisée par le photographe londonien Cameron-James Wilson, est déjà célèbre. Elle est reconnue comme la première «top model digitale».

Grâce à la technologie de modélisation CGI, ou l’imagerie générée par ordinateur, ces cover-girls sublimes peuvent être personnalisées en fonction des besoins des stylistes. Et contrairement à leurs contreparties en chair et en os, explique Wilson, «elles ne sont pas exigeantes et sont toujours disponibles.»

Linda Evangelista, «supermodel» des années 90, au somment de sa gloire, avait un jour déclaré dans Gala: «Je ne sors pas de mon lit pour moins de 10000 dollars». Des propos qui paraissent insensés aujourd’hui.

Il est évident qu’une mannequin numérisée ne défilera pas sur un podium, mais elle peut représenter l’image d’un enseigne sur les réseaux sociaux, par sa beauté et sa personnalité.

Ces top models d’un genre nouveau bénéficient également des mêmes avantages que les influenceurs, ces «instagrammeurs» qui, au-delà de 10000 followers, sont sollicités par les marques pour promouvoir leurs produits.

C’est le cas de Miquela Sousa, une jeune femme aux taches de rousseur qui a apparu en 2016 et qui a longtemps tenu secret ses origines, pour se dévoiler finalement comme la création d’une start-up californienne. Son compte Instagram, @lilmiquela, compte près de 1.5 millions d’abonnés. Chaque photo publiée récolte des dizaines de milliers de commentaires et de likes. A la fois mannequin, chanteuse et activiste engagée pour la cause Black Lives Matter, elle accorde même des interviews.

Interrogée par le site d’information Business Insider, elle a confié: «J’aimerai qu’on me considère comme une artiste ou une chanteuse. Qu’on se concentre plutôt sur mes talents que sur les détails superficiels de mon existence.»

Le virtuel et le réel s’entremêlent et se confondent. Et nous, on reste songeur.

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