Pourquoi il faut réfléchir avant de donner à Facebook, les accès à vos contacts et photos

Pour nous rassurer, Facebook devient plus transparent sur la manière dont il collecte nos données. Mais parfois ses algorithmes font du zèle là où l’on ne s’y attend pas.

Par souci de transparence et afin de nous aider à comprendre comment il utilise nos données, Facebook a publié il y a 15 jours, les «98 points» qui servent à cibler nos profils. Vous pouvez les consulter sur le site anguillesousroche qui s’est donné la peine de les traduire en français. La liste comprend sans surprise des questions sur l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, la situation amoureuse et d’autres points plus indiscrets comme: Combien d’argent l’utilisateur est susceptible de dépenser pour la voiture suivante, le revenu, la superficie de sa maison. Des informations qui sont récoltées par nos propres publications et réactions sur Facebook et en nous traquant sur les sites que nous visitons en dehors de Facebook. Rien de nouveau sous le soleil. Mais il ne faut pas oublier qu’en donnant accès à nos contacts et à nos photos, le réseau social fait aussi des déductions sur nos centres d’intérêts.

Confidentialité médicale

Un témoignage d’une psychiatre (appelons la Lisa) sur le site Fusion, fait réfléchir. Un de ses jeunes patients lui montre sa page Facebook en lui faisant remarquer que parmi les “suggestions d’amis”, des personnes âgées voir infirmes s’y trouvent, plutôt que des gens de son âge partageant ses passions pour le snowboarding et le saut en parachute. «Je devine qu’ils vous voient,» lui dit-il.  Et Lisa reconnait avec stupeur, les visages de plusieurs de ses patients. Lisa, détentrice d’un compte Facebook, n’était “ami” avec aucun d’entre eux et n’a jamais effectué des recherches sur Internet à leur sujet. Elle en conclut que par la localisation, Facebook a compris qu’elle et ses patients se trouvaient souvent au même endroit – dans son cabinet. Ayant accordé l’accès à ses contacts et tous ses patients ayant à leur tour son numéro dans leurs propres portables, il est probable qu’un algorithme a conclu que toutes ses personnes étaient connectées et auraient un intérêt à devenir “amis.”

Cette anecdote fait d’autant plus appeler à la prudence que WhatsApp vient d’annoncer fin aout des nouvelles conditions d’utilisation et des changement à sa politique de confidentialité. Dorénavant, si vous ne désactivez pas certains paramètres, vos numéros de téléphone seront automatiquement partagés avec Facebook (qui a racheté WhatsApp en 2014). Vous pouvez cependant vous protéger (en partie), en suivant les explications données par rue89.

Reconnaissance faciale

J’ai eu une expérience troublante récemment à mon tour. En visionnant une vidéo du discours de Donald Trump au Mexique il y a quelques jours, j’ai vu apparaitre dans le colonne de droite sur mon fil d’actualité, une série de “Groupes” auxquels le réseau social me suggérait d’adhérer. L’un d’entre eux était un fan club pour un chanteur connu, mort en 1950 mais qui a été le premier mari de ma mère. En mai dernier, j’avais scanné depuis mon portable grâce à l’application Photomyne (formidable, je vous le recommande), des vieilles photos de famille pour faire un Album sur mon Mac. Je me suis alors demandée si le réseau social avait parcouru mes photos, faisant usage de son logiciel de reconnaissance faciale. A moins que Facebook ait simplement traqué mes déplacements sur le Web et m’a profilée lors de mon unique recherche sur ce chanteur. Mais je reste songeuse.

Quoiqu’il en soit, il est toujours possible de se protéger, en désactivant les options dans les paramètres de sécurité. N’oubliez pas de le faire.

Pour entrer aux Etats-Unis, il faudra indiquer ses comptes sur les réseaux sociaux

Une nouvelle proposition du gouvernement américain exigerait des visiteurs étrangers de déclarer leur présence sur les réseaux sociaux.

Les voyageurs internationaux souhaitant se rendre sur le territoire américain doivent déjà présenter un passeport biométrique comprenant leur photo d’identité et leurs empreintes digitales en format numérique.

Mais une nouvelle proposition, déposée le 23 juin dernier par le Service de Protections des Douanes et des Frontières, envisage de rajouter sur le formulaire d’entrée dans le pays, une question sur leur présence sur Internet en indiquant leurs comptes sur les réseaux sociaux et leurs identifiants. Elle serait formulée ainsi :  “Please enter information associated with your online presence—Provider/Platform—Social media identifier.”

Les Services de l’Immigration et le Département de Homeland Security (DHS) sont sous pression pour avoir délivré un visa à l’une des assaillantes de la fusillade de San Bernardino en décembre dernier.  «La collecte de données provenant des réseaux sociaux permettrait d’améliorer le processus d’enquête existant et de fournir au DHS des outils complémentaires pour détecter des activités néfastes,» peut-on lire sur le document.

La modification au système électronique d’autorisation de voyage a été ouverte au débat pendant 60 jours et a clôturé le 22 aout.

La quasi totalité des 738 commentaires du public consultable sur le site expriment colère et indignation envers ces mesures:

Mêlez-vous de ce qui vous regarde!

 Cette proposition vient-elle de Donald Trump?

 Orwell!

 Le droit à l’anonymat est une partie essentielle de la démocratie

 TOTALEMENT Inconstitutionnelle !

 C’est une grave atteinte à la vie privée.

 Cette proposition est invasive et sa mise en place serait un grave abus de pouvoir.

Une coalition de 33 associations dont le ACLU, (l’American Civil Liberties Association) et the EFF (Electronic Frontier Foundation) ont présenté une lettre dénonçant ce plan comme «très envahissant et inefficace.»

Selon The Guardian,  le gouvernement américain accorde près de 10 millions de visas par an et aurait reçu en 2015, 77.5 millions de visiteurs étrangers. La collecte de leurs données personnelles provenant des médias sociaux pourrait produire du jour au lendemain, une des plus grandes bases de données contrôlée par un gouvernement.

Affaire à suivre de près.

Les chiens de thérapie aident les nageurs olympiques à gérer leur stress

Les chiens de thérapie confortent, calment et apaisent des victimes, des malades et même des athlètes olympiques – mais aux Etats-Unis, où il est très facile de faire certifier son animal en tant que tel, des individus abusent du système pour pouvoir emporter leur animal de compagnie partout avec eux. 

Screen Shot 2016-07-31 at 08.57.09Lors des qualifications pour les Jeux Olympiques de Rio qui ont eu lieu dans le Nebraska au mois de juin, l’équipe nationale de natation américaine à fait venir 30 chiens de thérapie pour aider les athlètes à se détendre. La douceur de ces animaux à quatre pattes, leur complaisance à se laisser caresser, ont contribué à diminué le stress dans un environnement aussi compétitif. L’opération a été couronnée de succès.

Les chiens de thérapie dans les hôpitaux

Il est reconnu que le contact avec l’animal a un effet calmant et les chiens de thérapie sont aujourd’hui couramment utilisés dans les hôpitaux pour enfants cancéreux, les bienfaits si indéniables auprès des jeunes malades que tous les grands principes sur l’hygiène en milieux hospitalier ont été assouplis. Des chiens se rendent régulièrement dans les EMS pour apporter affection et distraction aux personnes âgées. Ils font partie intégrantes des programmes pour aider les soldats à surmonter le stress post traumatique lors d’un retour de combat et contribuent à calmer les enfants autistes. Ils ont encore été dépêchés au mois de juin auprès des victimes de la fusillade d’Orlando pour les aider à évacuer leurs angoisses. Certaines races canines sont même autorisées à accompagner des mineurs et rester près d’eux dans les salles d’audience, afin de leur apporter un soutient lors de témoignages difficiles.

Plusieurs études démontrent que la seule présence d’un animal et le fait de jouer avec lui, ou simplement le toucher, calme les tensions et soulage l’anxiété.

Les chiens de thérapie vs les chiens d’assistance

Les chiens de thérapie ne sont pas dressés pour accomplir une tâche en particulier et en théorie ne bénéficient pas des mêmes avantages que les chiens d’assistance. Ces derniers, formés depuis leur plus jeune âge pour guider ou faire certains gestes au bon moment, viennent en aide aux personnes handicapés et sont admis dans tous les lieux publics auprès de leurs maitres. Mais les animaux de thérapie, qui soignent des invalidités invisibles comme les troubles émotionnels ou psychologiques, peuvent avoir eux aussi avoir le statut d’accompagnateur.

imgresAutant les bienfaits des chiens de thérapie et d’assistance ne sont pas remis en cause, autant leur présence est à déplorer dans certaines situations ou des individus profitent du système pour pouvoir simplement prendre leur animal partout avec eux. Aux Etats-Unis, il suffit d’acheter un certificat de complaisance sur Internet, en précisant le type d’animal de compagnie dans le formulaire. Et ce, bien que la loi stipule que les animaux de services ne peuvent être que des chiens ou des chevaux miniatures.

Les animaux exotiques comme animal d’assistance

Ainsi les animaux les plus divers se retrouvent dans des lieux publics. Selon The Associated Press, une femme est entrée avec un kangourou chez McDonalds et un homme a déjeuné en compagnie de son boa dans un café. Tous deux ont insisté qu’ils étaient dans leur droit et qu’il s’agissait de leur animal d’assistance.

Screen Shot 2016-07-31 at 08.35.13Pour illustrer les excès, un journaliste du magazine The New Yorker s’est baladé en ville alternativement avec un cochon dans une poussette, un dindon tenu en laisse et un lama à la main – en brandissant à chaque fois son certificat à l’entrée de l’établissement (un musée, un restaurant, un centre commercial). Les employés, puis leurs supérieurs aussitôt sollicités, ont à chaque fois laisser entrer l’individu et son animal – aussi bizarre que cela puisse paraitre, de peur d’enfreindre la loi contre la discrimination des personnes avec incapacité (The Americans with Disabilities Act ou ADA).

Les compagnies aériennes en particulier sont sollicitées par les demandes d’accompagnement d’animaux en cabine. Ils voyagent sur les genoux de leur maitres, sans payer de supplément et sans tenir compte du désagrément pour les autres passagers. Selon le site SantéVet, la compagnie Jet Blue, en 2014, a compté 20000 animaux de soutien émotionnel à bord de ses avions.

Mais mon anecdote préférée reste celle d’une cliente (une journaliste en l’occurrence) qui est entrée dans une boutique Chanel à New York et où le vendeur, imperturbable, a demandé avec courtoisie si elle souhaitait assortir le serpent enroulé autour de son cou aux couleurs d’un porte-monnaie.

 

 

L’engouement faramineux pour la comédie musicale “Hamilton”

La comédie musicale “Hamilton” à Broadway entre dans l’histoire pour être le plus grand succès de tous les temps. Nommée pour 16 Tony Awards, l’équivalent des Oscars pour les théâtrales américaines, qui seront confirmés sans aucun doute dimanche prochain – elle est également titulaire de nombreux autres titres prestigieux dont le Pulitzer Prize for Drama.

Lin-Manuel Miranda

L’histoire d’Alexander Hamilton, l’un des pères fondateurs des Etats-Unis, basée sur la biographie de l’historien Ron Chernow, a été transformée en comédie musicale par Lin-Manuel Miranda, auteur, compositeur, acteur, rappeur et star de la production.

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Le fruit de cinq ans recherches de sa part et d’une immersion totale dans le personnage lui ont permis de devenir Hamilton. «J’ai appris à reproduire ses moindres gestes. Je peux parler avec sa voix, adopter sa démarche et je vais vous faire une confidence, je peux même contrefaire sa signature.»

Alexander Hamilton d’abord orphelin dans les caraïbes, deviendra officier puis politicien et participera à l’élaboration de la constitution. Il sera le premier et le plus influent Secrétaire du Trésor. Il mourra lors d’un duel avec le vice président en exercice, Aaron Burr.

Le personnage historique fascine Miranda, un jeune home aussi talentueux que charismatique qui est devenu la coqueluche de New York. Mais pas seulement. Il a emballé la Maison Blanche lors d’une séance de poésie en 2009 où il a scandé en rap la vie de Hamilton.

How does a bastard, orphan, son of a whore and a

Scotsman, dropped in the middle of a

Forgotten spot in the Caribbean by providence

Impoverished, in squalor

Grow up to be a hero and a scholar?

La portée de sa popularité il l’a doit en partie aux réseaux sociaux. Miranda et sa troupe de comédiens en font bon usage, en s’engageant avec leurs fans sur Twitter et Facebook. Et Miranda les reçoit à la sortie des artistes, participant au rituel des selfies et leur partage sur Instagram.

Hommages

L’engouement pour Hamilton est tel que le Département de la Trésorerie, qui avait l’intention de remplacer son portrait sur les billets de $ 10, a changé d’avis.

Le prix de l’immobilier dans le quartier Hamilton Heights où Hamilton a vécu, est en hausse de 75%.

Le zoo de Chicago qui a eu le bonheur d’une naissance d’un chameau cette semaine, l’a baptisé Alexander Camelton.

Obtenir un billet – quasiment impossible

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Il est quasiment impossible d’avoir un billet pour le spectacle. Si on est patient, on peut acheter des places pour 2017 ou 2018 ou tenter sa chance pour maintenant en participant à la loterie digitale #HamHam. Un email prévient l’heureux gagnant qui a 60 minutes pour réclamer son billet, sinon une des 50’000 personnes sur la liste d’attente le fera à sa place.

A ce propos Miranda vient de condamner par voie du New York Times, les logiciels automatisés qui achètent les billets, les «tickets-bots» opérés par des brokers avides. Dès l’ouverture du guichet électronique, à la vitesse de la lumière, ils achètent un nombre maximum de billets pour les revendre avec des marges allant jusqu’à 1000%.

«Je veux que les spectateurs aient la possibilité d’acheter des billets au prix official plutôt que sur des plateformes de revente et que les prix majorés soient clairement indiqués. Avant tout j’aimerai que vous soyez dans la salle à la levée du rideau. Vous ne devriez pas devoir vous battre avec un robot pour voir ce que vous aimez.»

Il est possible de se présenter en personne devant le Richard Rodgers Theater. Lin-Manuel Miranda vient fréquemment divertir les gens dans la queue. Certains passaient la nuit sous tente jusqu’à ce que la municipalité mette le holà. D’autres paient quelqu’un pour faire la queue à leur place.

I have a dream. To see #Hamilton.

Pour avoir lu de nombreux articles sur Lin-Manuel Miranda, visionné ses interviews sur les talks shows et bien qu’à 6’000 km de New York, je suis prise par la même ferveur pour Hamilton et son créateur que les américains.

Miranda a annoncé son départ du spectacle. Les billets pour sa dernière performance le 9 juillet se traitent actuellement pour $10’000. J’en rêve la nuit.

 

 

Extraits du spectacle sur YouTube.

 

 

 

 

 

 

 

iPhone: Comment se protéger d’un piratage

Pour éviter le traumatisme d’un piratage, voici à titre de rappel 10 règles élémentaires à suivre pour assurer la sécurité de ses données :

  1. Mettez un code de déverrouillage sur votre téléphone. Ne pas le faire équivaut à ne pas fermer à clé votre maison. L’agacement que vous ressentirez le premier jour à devoir prendre deux secondes de plus pour accéder au téléphone, deviendra vite une réflex.
  1. Cryptez vos données: Si vous possédez un iPhone, il n’y a rien à faire, il est sécurisé par défaut grâce à un chiffrement intégré à iOS. Si vous avez un Android, il faut activer cette fonction.
  1. Activez la fonction Localiser mon téléphone dans réglages. En cas de perte ou de vol de votre appareil, vous pourrez ainsi le retrouver.
  1. Faites une sauvegarde de votre téléphone. Simplement activer iCloud dans les réglages.
  1. Mettez à jour vos applications lorsque Apple vous le demande – c’est souvent pour parer à des problèmes de sécurité que de nouvelles versions sont proposées. Avec une exception : lorsque Apple fait une mise à jour de son système iOS, attendez une semaine ou deux avant de vous exécuter. Systématiquement il y a des bugs et les premiers qui téléchargent en subissent les désagréments.
  1. Désactivez la fonction Bluetooth quand elle n’est pas utilisée. C’est une véritable porte d’entrée pour accéder à vos données.
  1. SMS ou appels inconnus: Ignorer!
  1. Wifi publique: Méfiez-vous. Ne faites surtout pas de transactions ou de mises à jour de logiciels connus depuis un café, un banc public ou votre hôtel à l’étranger. Ce sont aussi des portes d’entrées pour tout individu malveillant.
  1. Effacez un compte qui n’est plus utilisé. La nouvelle récente que les noms des identifiants et mots de passe de 360 millions d’utilisateurs du réseau social MySpace, ont été mises en vente sur un site de recel de données volées, rappelle l’importance d’effacer un compte qui n’est plus actif.
  1. Ne jamais cliquer sur un lien dans un mail si l’URL ne vous est pas connu. Prévenez vos amis que vous n’ouvrirez plus les liens sur les trucs marrants qu’ils ont déniché sur le Web.

Rien de nouveau sous le soleil. Mais parfois il est bon de rappeler ces mesures simples pour rester en sécurité.

L’Internet est déchu de sa lettre de noblesse

Le New York Times vient d’annoncer que dès le mois de juin, le mot Internet sera écrit avec un «i» minuscule. Et j’en ressens une profonde tristesse.

«À notre avis, l’Internet est devenu un mot générique, comme ‘électricité’ ou ‘téléphone’. La FFC a annoncé cette année que le réseau serai régulé comme un service d’utilité publique, alors de la même manière que nous ne mettons pas de majuscule à ‘cable’, nous ne devrions pas mettre de majuscule à ‘Internet’.»

Le New York Times s’est aligné à la recommandation de l’Associated Press Stylebook, une bible de la grammaire rédigée par un collège de journalistes qui exerce la plus importante influence sur le language écrit.  La plupart des titres de presse américains se réfèrent à ce guide pour leurs corrections d’épreuves et les dictionnaires s’en inspirent pour réviser chaque nouvelle édition. C’est le AP Stylebook qui a initié les changements de «e-mail» en «email» et «Web site» en «website.»

L’Internet est d’utilité publique, sans aucun doute. Mais c’est beaucoup plus que cela. C’est un espace d’échanges et de vie plus vaste que n’importe quel pays ou continent. Son accès est même devenu un droit fondamental, reconnu officiellement par le conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2012.

En aucun cas ne peut-on lui attribuer la même valeur que le mot «cable,» objet physique, inerte et sans âme.

Si il y a un mot dans le dictionnaire qui mérite une majuscule, c’est bien Internet. Son existence a changé notre manière de vivre, d’aimer, d’échanger et d’entreprendre. Même si pour la génération d’aujourd’hui son accès est un acquis, lui supprimer sa lettre de noblesse le réduit et renie ses débuts. Une époque il y a vingt ans, où l’on parlait de la cybersphère et où l’on faisait ses premiers pas comme à la découverte d’un nouveau monde.

Les bots de Messenger au banc d’essai

Les chatbots pour Messenger – annoncés par Mark Zuckerberg comme la prochaine révolution pour communiquer avec les entreprises – sont de petits logiciels capables de réaliser certaines tâches et de simuler une conversation par clavier interposé. A terme, s’ils deviennent plus performants, ils pourraient remplacer les serveurs vocaux interactifs. Ceux que nous subissons à chaque fois que nous avons besoin d’un renseignement et que nous entendons: «Cet appel peut être enregistré… Veuillez choisir une des options proposées — taper le 1, 2,3…».

Cela suppose que vous ayez un compte Facebook bien sûr et c’est bien là l’idée de Mark Zuckerberg. Faire en sorte que ses membres n’aient jamais besoin de quitter sa plateforme pour conduire leurs affaires, faire leurs achats, communiquer, s’informer et se divertir.

CNNBotLe meilleur moyen pour comprendre comment ils fonctionnent est de les tester soi-même. Il suffit de consulter la liste (grandissante) des bots disponibles sur le site botlist, puis se rendre sur la page Facebook de celui qui vous intéresse. Prenez par exemple CNN, cliquez sur Messenger et démarrez la conversation. CNN proposera un titre d’article avec 3 options: «Lire en entier», «Demander un résumé» ou «Poser une question».  Et c’est là où le bas blesse, la question posée ne peut être formulée qu’avec 1 ou 2 mots clés (comme «politique» ou «Olympiques Rio») et les résultats rendus ne sont pas les plus récents.

A ma question indiscrète: «Etes vous marié?», il ne comprend pas, contrairement au bot du journal technologique TechCrunch qui a plus de personnalité et qui répond «la vie de célibataire me convient.»  TechCrunchbot

D’autres bots:

Le WSJ. Son bot propose les dernières nouvelles concernant les marchés financiers ou de suivre le cours d’une action cotée en bourse.  Il est possible de s’inscrire pour recevoir des alertes sur Messenger tout au long de la journée. Il n’offre rien de plus que Google.

Health Tap. Un bot qui permet de poser des questions d’ordre médicale en toute confidentialité. Mais avant de donner une réponse, il faut accepter leurs conditions d’utilisations qui les dégage de toute responsabilité. «Nous fournissons des informations et non un avis médical personnalisé.» Comme le WSJ, il n’offre rien de plus que Google.

EstherBot. Je l’ai choisi au hasard. Ça alors, c’est un bot “CV” pour mettre en avant la carrière d’une dénommée Esther. «Voulez-vous en savoir plus sur moi?» et on peut choisir entre son enfance, ses études ou son expérience. Une manière innovante de faire sa promotion.

J’aurai aimé commander un Uber mais tout comme le bot de Dropbox, ils ne sont pas actifs depuis Genève.

1-800-Flowers. Un grand fleuriste américain. Je suis les instructions pour commander un bouquet. Je donne l’adresses (fictive) du destinataire, mes coordonnées en tant qu’expéditeur et ma carte de crédit. Toute la démarche n’étant pas plus rapide que de remplir un formulaire sur le Web, les mêmes informations étant simplement sollicités dans une conversation. Mais l’expérience est plus conviviale.

A ce jour, les bots parlent tous anglais, les américains étant les premiers à les développer.

Conclusion

Pour avoir passé de longs moments à «chatter» avec des dizaines de robots parleurs et avoir été membre du juré du Chatterbox Challenge en 2002, le niveau de conversation des bots dans Messenger m’a déçu. Ce sont plutôt des moteurs de recherche qui rendent des réponses sous forme de «chat.» Probablement parce qu’ils ont été réalisés avec les outils standardisés mis à disposition par Facebook pour un lancement rapide, et non pas par des développeurs passionnés qui cherchent à faire passer leur logiciel pour une véritable personne qui tient une conversation. Ceux-là même qui présentent leurs bots en concours au fameux test de Turing. Les bots de Messenger n’ont rien à voir avec eux.  Pour le moment en tout cas.

 

Pechat, un bouton qui fait parler un peluche

Parfois, pas assez souvent, il m’arrive de croiser une idée tellement géniale et simple, que je suis emballée. C’est le cas avec la découverte ce matin au fil de mes lectures, d’un nouveau jouet intelligent pour enfant, rapporté par le journal Contagious.

Baptisé Pechat, il s’agit d’un grand bouton jaune en plastique qui fait office de haut parleur et qui se fixe sur une peluche pour lui donner la parole. Le bouton, connecté au smartphone d’un parent, traduit les textes que ce dernier tape depuis l’application, puis les prononce dans une petite voix qui parait émaner du jouet.

Il est possible alternativement de sélectionner des phrases préenregistrées, des chansons ou des contes. Ou de choisir «encore» pour que le jouet répète les mots de l’enfant. Le bouton contient également un détecteur de pleurs et une alarme qui prévient par exemple de manière ludique, que c’est l’heure de la sieste.

Il existe de nombreux jouets intelligents sur le marché comme ceux dotés de reconnaissance vocale qui réagissent à des commandes, ou les livres interactifs dont les histoires se déroulent en fonction des réponses données par un jeune lecteur. Ou encore des jouets connectés capable de dialoguer et qui apprennent au fil des échanges, à mieux connaitre l’enfant.

Mais ce bouton jaune est particulièrement intéressant parce que les conversations sont générées par les parents et non pas par un logiciel d’intelligence artificielle installé sur un serveur à distance, Et que le bouton peut se mettre sur n’importe quelle peluche, comme celle préférée de son enfant.

Un prototype de Pechat a été présenté au festival SXSW 2016 en mars à Austin au Texas,  par l’Innovation Lab de l’agence de publicité japonaise Hakuhodo Inc. Il ne reste plus qu’à espérer que ce concept sera commercialisé.

 

L’identité de Banksy serait confirmée par une étude scientifique

Des chercheurs auraient démontré scientifiquement l’identité de celui qui se cache derrière le nom de Banksy, l’artiste célèbre du «street art».

Pour tenter de cerner l’identité du célèbre artiste de rue et activiste Banksy, des scientifiques britanniques de l’université Queen Mary ont appliqué une technologie de profilage géographique. Ils ont pris en considération140 de ses œuvres présumées, réalisées à Londres et à Bristol, puis ont calculé la probabilité de sa résidence dans la zone d’étude. Parmi les «hot spots»: un pub, des terrains de jeux et trois adresses résidentielles à Londres, tous fréquentés par la même personne: Robin Gunningham. Le même Robin Gunningham qui a été publiquement pointé du doigt comme Banksy en 2008, suite à une investigation du journal britannique The Daily Mail.

Le « profilage géographique », une technologie prometteuse pour retracer l’origine des maladies infectieuses lors d’une épidémie, est aussi utilisé par les criminologues pour définir la zone de résidence probable d’un récidiviste.

Il fonctionne en prenant en compte tous les lieux où ont été commis une série de crime, puis effectue une analyse mathématique qui permet de revenir en arrière jusqu’au lieu de domicile du criminel.

Selon la BBC, les avocats de Banksy auraient contacté l’université demandant des précisions sur l’étude et la terminologie du communiqué presse. Le document aurait été placé une semaine “en attente” jusqu’à ce que les conversations entre les avocats aboutissent. Ensuite l’étude, sans modifications, à été publiée dans le Journal of Spatial Science, en date du 3 mars 2016.

D’après le blog technologique Gizmodo, la méthode du géo-profilage appliquée ici est imprécise, car elle prend en compte des œuvres attribuées à Bansky qui ne le sont pas forcément. Comme son art se réalise de manière anonyme, il ne peut pas être déterminé avec certitudes quelles pièces sont les siennes, ou si elles ont été réalisées par un artiste différent ou même plusieurs autres personnes.

Certains mystères méritent de rester ainsi. Un tour de force dans le monde d’aujourd’hui où l’anonymat est en voie de perdition. La véritable identité de Satoshi Nakamoto, le fondateur de la monnaie virtuelle Bitcoin n’a toujours pas été confirmée non plus, malgré des soupçons qui se sont d’abord portés sur un japonais, puis un homme d’affaire australien basé à Sydney.

Exposition Banksy à Genève du 10 mars au 9 avril, 2016

Mais pour revenir à Banksy, sachez que dès le 10 mars, jusqu’au 9 avril, une exposition de l’artiste aura lieu à la Galerie Bel-Air Fine Art, 7 rue de la Corraterie. Il y aura une trentaine d’oeuvres dont des sérigraphies, des pièces uniques sur toiles et panneaux. Signées et non signées. On pourra enfin les voir de près!

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Les écrans rendent-ils myope?

«Avec tout le temps que tu passes devant ton ordinateur, tu vas t’abimer les yeux.» Une phrase que vous avez sûrement déjà entendu ou avez déjà proféré vous-même à votre entourage. C’est vrai, nous passons de plus en plus de temps devant nos écrans. Mais ce mode de fonctionnement, est-il vraiment nocif pour nos yeux?

La fatigue oculaire est une réalité que personne ne conteste mais pour ce qui est de la myopie, la réponse n’est pas si simple. Malgré de nombreuses études pour démontrer le contraire, le développement de la myopie suite au temps passé devant un écran d’ordinateur, téléphone, console de jeu, télé ou tablette, n’a toujours pas été démontré scientifiquement, rappelle Le Monde.

Pourtant, d’ici 2050, la moitié de la population mondiale aura besoin de lunettes selon une méta-étude publiée dans le journal Ophtalmology par le Brien Holden Vision Institute.

Les chercheurs de l’Institut ont pris en compte 145 études impliquant 2.1 millions de participants. Leur conclusion? D’ici l’an 2050, (la même année ou il y aura plus de sacs plastiques dans les océans que de poissons), 4.8 milliards de personnes (ou 49.8% de la population mondiale) auront besoin de porter des lunettes, soit plus du double des cas recensés en 2010.

L’hérédité joue un rôle important mais l’environnement a aussi une incidence sur la myopie.  Les changements liés à notre mode de vie et à nos activités, pratiquées autrefois essentiellement en plein air à la lumière naturelle, ont été remplacés par la sédentarité sous une lumière artificielle et les “near work activities”, qui sont lire, écrire et se servir d’un écran.

Ce sont donc essentiellement les populations des pays à revenus élevés, comme l’Amérique du Nord et l’Asie qui seront les plus affectés.

Pour parer au problème, il suffirait de passer plus de temps en plein air.

Une étude en 2013 avait constaté que dans une école de Taiwan où les élèves devaient obligatoirement passer 80 minutes de leur temps de récréation dehors, seuls 8% était myopes, comparée aux 18% des élèves d’une école voisine où cette règle n’était pas en vigueur. En d’autres termes, souligne Vice, le problème de la myopie peut être atténué.