Une nouvelle loi sur la protection des données pourrait mettre Mark Zuckerberg en prison

Une mise à jour de la loi sur la protection de la vie privée aux Etats-Unis propose d’imposer des sanctions sévères aux entreprises – voir des peines de prison pour leurs dirigeants. 

Jeudi dernier, le sénateur de l’Oregon Ron Wyden a dévoilé un projet de loi connu sous le nom de «Mind Your Own Business Act», qui menace en cas d’effraction, de mettre des cadres supérieurs en prison pour une période pouvant aller jusqu’à 20 ans. Il propose également que les sociétés soient assujetties à des pénalités fiscales liées au salaire des dirigeants, rapporte CNN.

Désignant Facebook en particulier, le sénateur Ron Wyden a déclaré : «Mark Zuckerberg ne prendra pas au sérieux la vie privée des Américains à moins qu’il ne ressente des conséquences personnelles. En vertu de mon projet de loi, il serait passible d’une peine de prison pour avoir menti au gouvernement».

Le projet de loi repose sur trois idées de base: Les consommateurs doivent être en mesure de contrôler leurs propres renseignements, les entreprises doivent faire preuve d’une plus grande transparence quant à la façon dont elles utilisent et partagent nos données et les dirigeants d’entreprise doivent être tenus personnellement responsables lorsqu’ils mentent sur la protection de nos renseignements personnels.

Egalement, la création d’un système national «Do Not Track» donnerai aux consommateurs la possibilité de se retirer rapidement et facilement de la collecte et de la vente de leurs données personnelles sans avoir à fouiller dans les sites Web confus des entreprises.

Sans le dire expressément – ce qui n’est pas très élégant –  l’Amérique s’inspire du règlement européen sur la protection des données (RGPD). Il était temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La reconnaissance faciale est à nos portes

DIGITALE ATTITUDE : Dès le mois de novembre, notre voisin français sera le premier pays européen à utiliser la reconnaissance faciale pour donner à ses citoyens une identité numérique sécurisée.

Le gouvernement du président Macron a annoncé avoir développé une application pour Android appelée ALICEM (Authentification en ligne certifiée sur mobile), qui permettra à tout particulier qui décide de le télécharger – ce n’est pas obligatoire – de prouver son identité sur Internet de manière sécurisée.

Le gouvernement insiste sur le fait que, contrairement à la Chine, son système d’identification ne sera pas utilisé pour surveiller les citoyens, ni intégré dans les bases de données d’identité. Il s’agit de donner aux français un accès sécurisé pour consulter en ligne plus de 500 services publics, leur évitant de se connecter par mot de passe ou de se présenter physiquement aux guichets avec leur carte d’identité. «Aucune donnée biométrique ne peut être partagée. La photo extraite de la puce du titre reste stockée sur le téléphone portable de l’utilisateur. La vidéo de reconnaissance faciale réalisée lors de la création du compte est effacée immédiatement après la vérification», peut-on lire sur le site du ministère.

L’idée semble sensée mais faut-il s’en méfier? Oui, pour La Quadrature du Net (LQDN), une association qui veille aux droits et libertés des citoyens sur Internet.  Elle craint une généralisation de cette technologie qui pourrait s’étendre au-delà des services publics.

Dans un recours qu’elle a déposé devant le Conseil d’État demandant l’annulation du projet, elle argumente que «la personne voulant utiliser ALICEM n’a pas le choix de passer ou non par ce dispositif de reconnaissance faciale. Or, au sens du règlement général sur la protection des données (RGPD), pour qu’un consentement soit valide, il doit être libre, c’est-à-dire qu’il ne peut pas être contraint».

L’UBS exige d’activer la reconnaissance faciale sur son smartphone

Un bon argument. Mais voici un exemple en Suisse où on est contraint indirectement. En essayant d’adhérer au nouveau protocole «3-D Secure» adopté par l’UBS, qui permet d’effectuer des paiements mobiles sécurisés avec sa carte Mastercard ou Visa, la banque exige que la reconnaissance faciale du téléphone soit activée. Si vous n’avez pas fait cette démarche, vous ne pourrez pas commander de billets de train par exemple depuis votre téléphone.

L’Union Européenne planche sur une réglementation de cette technologie, c’est nécessaire — avant qu’elle ne s’immisce partout.

macOS Catalina, incompatible avec de nombreux logiciels et applications

Apple vient de publier la mise à jour de son logiciel système, macOS Catalina – mais ce dernier perturbe le fonctionnement de nombreux logiciels. Alors attendez avant d’autoriser son installation.

Catalina change fondamentalement les applications que vous pouvez utiliser sur votre Mac.

Certains logiciels refuseront carrément de fonctionner et selon un article publié hier soir dans Le Monde, «Il y a plus grave encore : beaucoup de vieux logiciels risquent tout bonnement de ne plus jamais fonctionner. A commencer par les logiciels d’Adobe d’ancienne génération et de vieilles versions de Microsoft Office.»

Hier soir j’ai reçu un mail de Mimeo, l’application que je j’utilise pour faire mes albums photos, m’avertissant que «Catalina affecte négativement certaines applications et extensions et que mes projets Mimeo Photos existants pourraient être affectés.»

Soyez assuré que la fonction «mise à jour automatique des logiciels» est désactivée dans votre système et attendez un peu. Pour de nombreuses applications, comme Mimeo qui se veut rassurant, les problèmes devraient se régler assez rapidement.

 

 

J’ai suivi la Masterclass d’Anna Wintour

DIGITALE ATTITUDE : Anna Wintour, rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue et directrice artistique de Condé Nast, âgée de 69 ans, donne un cours de leadership et créativité sur le site Masterclass.

Depuis plus de 30 ans à la tête de ce titre prestigieux, la prêtresse de la mode partage ses expériences et les secrets de sa longévité.

«Je sais que beaucoup de gens sont curieux de savoir qui je suis et comment j’aborde mon travail. C’est un cours pour ceux qui veulent comprendre mon style de leadership et comprendre les expériences qui m’ont amenées jusqu’ici.»

Le déroulement du cours

D’une durée de 3 heures, le cours qui coûte 100 dollars est découpé en 12 leçons : «Trouver sa voix», «Le pouvoir de l’image», «Ce qu’il faut pour réussir»… Des séquences vidéos qui varient en longueur de 9 à 20 minutes et se terminent chaque fois par une synthèse en format texte à télécharger.

Intriguée depuis longtemps par cette femme iconique de la mode, qui aurait inspiré le personnage de la tyrannique rédactrice du film «Le Diable s’habille en Prada», Anna Wintour est toujours reconnaissable au premier rang des défilés à sa silhouette longiligne et sa fameuse coupe de cheveux au carré avec une frange. J’avoue qu’en m’inscrivant au cours, je m’intéressais davantage à découvrir la personne que d’apprendre à devenir un leader.

Porte-t-elle toujours des lunettes de soleil, même à l’intérieur? Mais oui, même au bureau, si l’on peut se fier à ce reportage, mais elle les enlève quand elle s’adresse directement à la caméra.

Son quotidien

On apprend qu’elle se réveille entre 4h00 et 5h30, qu’elle commence la journée en lisant la presse britannique et américaine, fait une partie de tennis, prend un café à l’emporter chez Starbucks pour arriver au bureau à 8h30.

«J’aime les réunions informelles avec une ou deux personnes mais les réunions hebdomadaires avec toute l’équipe sont importantes pour permettre à chacun de se sentir inclus, d’avoir une voix et de participer à la conversation».

Impossible de synthétiser la richesse de ses conseils, mais essentiellement sa technique de management est basée sur la confiance et la reconnaissance des compétences de chacun. Elle recommande surtout de saisir les opportunités et de savoir être patient: «Cela a été mon cas en acceptant en 1995 de prendre en charge la responsabilité de la récolte de fonds pour le Gala du Met au Metropolitan Museum. Un événement d’une grande renommée aujourd’hui mais qui a mis des années à se concrétiser».

Technique d’interview

Un de mes passages préférés reste celle où elle dit ne pas s’intéresser aux tenues vestimentaires des candidats lors de leur entretien d’embauche. On peut imaginer quel mal ils ont dû se donner avant d’oser se présenter devant elle! Elle leur demande plutôt quelles sont leurs lectures et ce qui les inspire.

Wintour raconte ses bons et mauvais choix pour les photos de couvertures, son mentoring de nouveaux talents, le passage difficile du journal au digital. Elle explique pourquoi il est toujours important de donner du crédit aux autres, que les décisions et les accomplissement sont toujours l’oeuvre d’une équipe. Elle partage des anecdotes de shooting et nous invite à assister à des séances de rédaction.

Pour tous ceux ou celles qui aspirent à travailler dans la mode : journalistes, stylistes, graphistes et photographes, ce Masterclass est une opportunité unique d’apprendre d’une légende vivante, autrement inaccessible. Elle termine ainsi: «En espérant vous avoir aidé, je vous souhaite à tous bonne chance». Que dire de plus? Marvelous.

La bande annonce: 

 

 

Le phénomène des «selfie lines» d’Elizabeth Warren

DIGITALE ATTITUDE : Les selfies d’Elizabeth Warren avec ses supporters sont devenues un phénomène politique.

Lors d’un rassemblement à Washington Square Park le 16 septembre dernier, sur le campus de l’université de New York, la candidate à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 est restée plusieurs heures à prendre des photos avec les 4000 personnes qui avaient fait la queue. Une attente qui a duré cinq fois plus longtemps que le discours qu’elle a prononcé.

Etoile montante des primaires, la sénatrice du Massachusetts et ancienne professeur de droit à l’Université de Harvard, est en tête de liste des candidats démocrates, talonnant de près Joe Biden et Bernie Sanders. Sa campagne se démarque en particulier par ses «selfie lines», qui font partie intégrante de ses manifestations au même titre que son slogan «J’ai un plan», qui est devenu un cri de ralliement.

Depuis l’annonce de sa candidature en décembre 2018, Warren a posé pour 60’000 selfies, dont la grande majorité ont été partagés sur les réseaux sociaux.

Être pris en photo avec un candidat présidentiel est un avantage généralement réservé aux donateurs fortunés. Mais Warren offre cette opportunité à tous ceux qui ont la patience d’attendre leur tour. Et ces derniers sont enthousiastes de pouvoir approcher de près la personne qui pourrait bien être la future présidente des États-Unis.

Ce ne sont pas des selfies à proprement dit – car en réalité les photos sont prises par un membre du staff avec le téléphone du supporter pour aller au plus vite, dans une chorégraphie savamment orchestrée, décortiqué en images dans une vidéo fascinante publiée sur le site du New York Times.

Selon un porte-parole de Warren, l’importance accordée à cette démarche prouve que Warren est plus intéressée à rencontrer les gens en personne que de discuter derrière les portes d’un conseil d’administration. «J’ai le temps de faire des photos parce que je ne passe pas des heures, des jours et des semaines à rencontrer des gros donateurs et des lobbyistes», a expliqué Warren au New York Times.

Qui l’eût cru? Généralement considérés comme le symbole d’une culture narcissique, les selfies sont devenus un véritable phénomène politique dans cette course à l’investiture démocrate, et ironiquement, pour le média Vox, «l’outil le plus improbable pour promouvoir la démocratie».

Facebook envisage de ne plus afficher le nombre de Likes

Depuis hier, les utilisateurs de Facebook en Australie, ne peuvent plus mesurer la popularité d’un billet par le nombre de likes affiché, le compteur du fameux bouton n’étant plus visible au public, mais uniquement à l’auteur de la publication.

La démarche vise à atténuer les effets négatifs du réseau social sur le bien être des usagers, car selon de nombreuses d’études, passer du temps sur Facebook a des effets néfastes sur la santé mentale. Les utilisateurs, à force de partager leur intimité dans une version idéalisée,  rendent malheureux ceux qui les consultent et dont les vies semblent bien moins attrayantes.

Selon un porte-parole de Facebook dans TechCrunch: «Nous effectuons un test limité où le nombre de likes sera affiché en mode privé afin de comprendre si ce changement peut améliorer le bien-être des usagers».

Facebook a appliqué ce même principe à Instagram depuis le mois de Juillet dans sept pays, et Twitter expérimente avec une nouvelle application en bêta-testtwtrr, qui masque à son tour son compteur au public.

Serions-nous donc l’aube d’une nouvelle ère moins égocentrique? On ne peut que l’espérer et qu’elle se confirme par la destitution de Donald Trump.

Dernier bastion de la vie privée à conquérir: Nos pensées

DIGITALE ATTITUDE : Après avoir développés des méthodes pour cerner nos intérêts, le prochain défi des chercheurs est de lire dans nos pensées.

Dans le cadre d’un projet pilote en Chine, des élèves âgés entre 10 et 17 ans portent des bandeaux lumineux qui affichent des couleurs différentes selon leur niveau de concentration.

Ces enfants font partie d’un groupe expérimental appareillé de serre-têtes pour mesurer l’activité électrique de leur cerveau et permettre ainsi à l’enseignant de voir en un coup d’œil, si leurs jeunes esprits se sont égarés ou au contraire, sont très concentrés.

La méthode d’exploration cérébrale par électroencéphalographie (EEG) est utilisée couramment pour diagnostiquer de manière non invasive les maladies du cerveau, mais de nombreux scientifiques s’intéressent à l’utiliser autrement, pour lire dans les pensées.

Baptisé Focus1, les casques des élèves chinois ont été développés par l’entreprise américaine BrainCo, en collaboration avec le centre de recherche sur le cerveau de Harvard. Le MIT Media Lab quant à lui développe un appareil équipé d’électrodes, le Alter Ego, qui se place derrière l’oreille pour détecter les signaux neuromusculaires de la mâchoire et reconnaître les mots qui n’ont pas été prononcés à haute voix, mais pensés.

L’Université de Californie à San Francisco (USF) à son tour a réussi a décrypter ce qu’une personne veut dire par l’analyse de ses ondes cérébrales. Un projet qui mérite une attention particulière, car il est financé par Mark Zuckerberg, dont l’ambition est de permettre un jour, aux utilisateurs de mettre un casque doté de capteurs pour taper des messages sur leur clavier par télépathie.

Les interfaces cerveau-ordinateur constituent la nouvelle frontière en termes d’appareils connectés – soit par EGG soit par le biais d’implants – offrant un espoir pour restaurer les fonctions endommagées du cerveau, ou optimiser les capacités cognitives.

Des avancées technologiques qui offrent un immense espoir pour les personnes paralysées mais qui soulèvent des questions éthiques et risque d’augmenter encore les inégalités sociales. Et même un défi constitutionnel, selon Jonathan Zittrain, professeur de droit à Harvard, qui s’exprime dans le Sydney Morning Herald: «Une interface cerveau-ordinateur universelle pourrait en effet réduire le droit de garder le silence, le fameux 5ème amendement, à une curiosité historique».

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L’actualité positive, pour voir le monde autrement

DIGITALE ATTITUDE : Pour contrer le déferlement de mauvaises nouvelles relayées par la presse, un «journalisme positif» se répand, positionné comme un genre à part entière.

Il se compose de podcasts, d’agrégateurs de contenus, de pages très populaires sur Facebook et de vidéos, dont les fameuses conférences inspirantes TED, qui «diffusent des idées qui en valent la peine».

Assommé par les faits alarmants, de nombreux lecteurs évitent de s’informer. D’après un sondage réalisé cette année par Digital News, ils sont 32 pour cent à se détourner des médias par rapport à 29% en 2017. Selon Graham Davey, professeur émérite de psychologie à l’Université du Sussex, les mauvaises nouvelles peuvent avoir un impact anxiogène: «Les images incessante d’attaques terroristes ou de catastrophes naturelles peuvent déclencher un stress aigu chez certaines personnes vulnérables».

Récemment, le journal britannique The Telegraph a ouvert un espace baptisé «The Bright Side» (le bon côté des choses), qui diffuse tous les mardi un bulletin composé de feel good stories. Comme celle des rangers qui ont passé des mois à câliner des rhinocéros afin de les préparer à leur transport de l’Europe au Rwanda, pour être remis en liberté.

Mais voir la vie en rose n’est pas au goût de tout le monde. Pour la journaliste Joanna Mang dans le magazine Outline: «Il n’y a rien de plus déprimant que les bonnes nouvelles car elles occultent les problèmes de société et les injustices. Ce n’est qu’en ayant connaissance de la réalité que l’on peut être inspiré à trouver une solution aux crises».

Ainsi d’autres médias misent sur un journalisme à la fois positif ET engagé, comme EcoloPop, une revue de presse dédiée aux projets prometteurs de l’environnement et du développement durable. L’émission de la chaîne télé ARTE, Alternatives, qui va à la rencontre de citoyens «en quête de solutions concrètes dans l’espoir de bouger les lignes». Ou encore The Upside du Guardian, qui «met l’accent sur les solutions, les initiatives et les personnes qui font la différence». Comme ce récit d’un jeune Péruvien de 14 ans qui a fondé une banque pour accorder des micro crédits aux enfants qui ramassent les ordures pour les recycler.

Le bien est partout, il faut juste savoir où regarder.

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La «technoférence» perturbe le développement des bébés

DIGITALE ATTITUDE : Le vieil adage selon lequel les «enfants doivent être vus mais pas entendus» n’est plus d’actualité depuis longtemps. De même que de poser son tout-petit dans un parc à barreaux pour se libérer à d’autres tâches.

Autrefois encore, leur supervision était aléatoire. Par exemple les plus grands étaient priés de jouer dehors et de ne rentrer qu’à l’heure du repas.

Ignorer sa progéniture, semble-t-il, a donc toujours fait partie de l’éducation et finalement, ce n’est pas si différent aujourd’hui. Bien que les parents soient physiquement plus présents que jamais, ils sont néanmoins absents, accaparés par leurs téléphones. Occultant complètement le peu d’égards accordé aux enfants dans le passé, ce comportement est montré du doigt et a été surnommé «technoférence» par le professeur Brandon McDaniel, du Centre Parkview de l’Université de l’Illinois.

Selon son étude qui a porté sur 200 familles, 40% des mères et 32% des pères ont reconnu être incapables de résister à la tentation de vérifier leurs appareils, interrompant ainsi leurs interactions quotidiennes en famille.

Source de frustration et un mauvais exemple pour les grands, ces distractions peuvent cependant avoir des conséquences plus graves sur les plus petits. Selon le Centre de Développement de l’Enfant de l’Université de Harvard, les bébés ont besoin d’un adulte attentif, réceptif et aimant pour s’épanouir: «L’absence d’interaction constitue une grave menace pour leur bien-être et leur développement». Un coup d’oeil rapide à son feed Instagram ou répondre hâtivement à un courriel peut sembler anodin, mais ils apprennent en observant le monde qui les entoure. Si la tentative de communication n’est pas récompensée, l’enfant pourrait se détacher et se détourner de ces échanges.

L’utilisation excessive des téléphones portables par les parents a également été liée à une augmentation des troubles du comportement.

Modérer son accaparement aux écrans est donc le devoir de tout parent, tout en reconnaissant que les technologies numériques leur permettent d’échapper, ne serait-ce qu’un instant, à l’ennui parfois lié aux longs tête-à-tête avec ces petits anges. Alors si vous voyez une mère sur son smartphone près du bac à sable, soyez indulgent, son bien-être compte aussi.

Des baskets rares mis en vente aux enchères par Sotheby’s

DIGITALE ATTITUDE : Pendant une semaine en juillet dernier, Sotheby’s a organisé sa première vente aux enchères en ligne, d’une centaine de paires de sneakers rares signés Nike, Adidas et Air Jordan.

Les modèles, exposés sur leur site et dans leurs bureaux de New York, comprenaient entre autres, deux paires de «Nike Mags», les baskets futuristes rendus célèbres dans le film Back to the Future pour leur laçage automatique – une technologie que l’entreprise proposera réellement trente ans plus tard. Et une paire de «Moon Shoes», dont les semelles permettent de laisser des traces semblables à celles des astronautes de la mission Apollo 11. Estimé entre 110’000 et 160’000 dollars, l’exemplaire est parti pour la somme astronomique de $437’500.

Mais d’où vient cet engouement pour des chaussures de sport et comment ont-ils acquis un tel prestige?

Le directeur e-commerce de Sotheby’s, Noah Wunsch, interrogé sur artnet, explique avoir suivi l’expansion de ce marché au fil des années : «Il y a de plus en plus d’intérêt, notamment grâce à l’apparition de médias spécialisés et d’acheteurs qui sont des collectionneurs de premier plan.»

Historiquement, les sneakers tirent leur origine du basket-ball puis se popularisent grâce au hip hop dans les années 80. «C’est le groupe de rap américain Run DMC avec sa chanson My Adidas, qui les transformera en un symbole de la street culture. Lors de leurs concerts, le public se déchausse pour brandir leurs d’Adidas», raconte un blog spécialisé.

Mais c’est le «facteur cool» de l’athlète qui porte un modèle donné qui est surtout à l’origine de l’engouement des jeunes aujourd’hui. Ils campent devant les magasins avant le lancement d’une série limitée, consultent de façon compulsive les applications et les sites marchands comme SNKRS, StockX et GOAT, où les modèles se négocient comme une action en bourse.

Une véritable «sneakerculture» occupe les réseaux sociaux où les adeptes se retrouvent sous le hashtag «#sneakerhead» pour partager leurs collections.

Précisons pour qu’une paire ait de la valeur, elle doit être originale, n’avoir jamais été portée et venir dans sa boite d’origine.

Selon un article dans le Los Angeles Times, ce marché au niveau mondial est estimé en 2019 à 3 milliards de dollars. Étonnant.

 

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