Les leçons à tirer de Second Life pour le métavers

Dans Time Magazine, le fondateur de Second Life, Philip Rosedale, prodigue ses conseils pour réussir dans le métavers.

A entendre Mark Zuckerberg parler du futur, nous pourrions penser que nous sommes à l’aube de la découverte d’une nouvelle frontière audacieuse, un royaume inexploré d’avatars numériques portant des baskets NFT et tenant des réunions d’affaires sur la surface de la lune à l’aide de lunettes de réalité augmentée.

Il n’y a pourtant rien de nouveau sous le soleil. La «prochaine évolution de l’Internet» telle qu’elle est décrite aujourd’hui a déjà été proclamée en 2007 par Philip Rosedale, le fondateur de Second Life.

Second Life

Lancé en 2003, Second Life est la toute première version du métavers qui a connu un immense succès, atteignant le sommet de sa popularité en 2007 avec 2.7 millions d’inscrits et un PIB estimé à 650 millions de dollars.

Des marques, portées par la vague, ont créé des boutiques pour y vendre des objets virtuels payés en dollars Linden. Des débats politiques, des concerts, des groupes littéraires, des expositions, des conférences, des cours universitaires et la célébration de mariages ont tous eu lieu dans Second Life.

Et puis petit à petit, la plateforme a cessé de se développer. Les villes sont devenues désertes. Reuters qui avait fait grand cas de l’ouverture de son bureau en 2006 s’est retiré deux ans plus tard. Les marques ont disparu. Mais loin d’être un échec, Second Life a permis à des millions de personnes d’accéder pour la première fois à des espaces virtuels, de créer des communautés incroyablement soudées, notamment pour les exclus ou les handicapés physiques, et d’ouvrir la voie à des économies numériques. 200’000 utilisateurs actifs s’y connectent chaque jour encore aujourd’hui.

Les bâtisseurs actuels des métavers ont donc beaucoup à apprendre de Second Life.

Time Magazine a parlé à son fondateur, Philip Rosedale et à Tom Boellstorff, un anthropologue qui a enquêté deux ans sur le terrain, puis publié un livre: «Un anthropologue dans Second Life. Une expérience de l’humanité virtuelle».

Voici quelques-unes des principales conclusions qu’ils ont tirées de leurs expériences.

Il faut que la plateforme soit facile à utiliser

Environ 20 à 30% des personnes ayant utilisé Second Life pour la première fois ne sont jamais revenues sur la plateforme, trop compliquée à naviguer.

Laisser les utilisateurs développer leurs propres univers et leur donner les outils pour le faire 

Étonnement, le succès de Second Life reposait sur le fait que ce n’était pas un jeu. Il n’y avait pas de défis, de quêtes ou de scénarios. Il n’y avait ni gagnants ni perdants. C’est juste un endroit pour se retrouver et être créatif.

Le logiciel permettait à ses utilisateurs d’incarner des personnages virtuels dans un monde créé par les résidents eux-mêmes. Tout ce qui se voyait dans le paysage, les maisons, les bâtiments, les objets et même les vêtements portés par les avatars ont tous été conçus par eux.

L’annonce des 10’000 ingénieurs embauchés par Mark Zuckerberg pour développer sa vision du métavers, fait craindre que l’environnement quand il sera prêt, sera déjà aboutit, avec peut-être moins de libre arbitre accordé aux futurs résidents pour être créatifs – mais on n’en sait rien encore.

Modération de la plateforme

Il faut créer un système de modération qui permette aux utilisateurs de coexister équitablement.

Vérification d’âge et contrôle d’identité

Il faudra envisager un système de contrôle d’identité pour encourager les utilisateurs à bien se comporter et pour les tenir responsables de leurs actions.

Un modèle payant 

Un modèle payant par abonnement pourrait éviter l’exploitation massive des données.

Un monde parallèle pour s’évader

Alors que l’actualité réserve chaque semaine son lot d’horreurs: une nouvelle variante du virus, des migrants noyés, une autre fusillade dans un lycée, la candidature d’Eric Zemmour à l’élection présidentielle ou encore l’influence toujours présente de Donald Trump sur la scène politique américaine, l’attrait pour s’évader dans un univers parallèle pourrait s’intensifier.

Sources : Time Magazine / The AtlanticBusiness Insider / PC GamerThe Press FreeJournal du Net / Wikipédia

Lire aussi : Comment Mark Zuckerberg va-t-il assurer la sécurité de son métavers?

A Tokyo et à Genève, les robots de téléprésence facilitent l’intégration

Grace à des avatars robotisés, des adultes à mobilité réduite au Japon peuvent gagner leur vie et des enfants hospitalisés en Suisse retourner à l’école. 

À Tokyo

Rien de surprenant à ce que le personnel de ce café-avatar baptisé DAWN dans le quartier de Nihonbashi soit entièrement composé de robots. Au Japon après tout, les robots sont omniprésents, mais ceux-ci ont la particularité d’être commandés à distance par des personnes souffrant de handicaps physiques.

Les opérateurs appelés «pilotes», contrôlent les robots depuis leur fauteuil roulant ou même depuis leur lit à domicile – à l’aide d’une souris, d’une tablette ou d’une télécommande contrôlée par le regard.

Le laboratoire Ory, à l’origine du projet, vient de remporter le 1er prix des prestigieux Good Design Awards. Les juges ont fait son éloge pour avoir développé ces «robots alter ego» qui suppriment les obstacles au travail.

Le défi de concevoir des solutions pour les populations confinées à domicile est particulièrement aigu au Japon, souligne le journal Quartz, où plus d’un quart de la population est incapable de travailler en raison d’un handicap physique, d’une maladie mentale ou de l’âge. En février, le gouvernement a nommé leur premier «ministre de la solitude» du pays. Il est chargé de s’attaquer au problème de l’isolement social et des nombreux cas de suicides.

DAWN a démarré sous la forme d’un pop-up en 2018. Encouragée par son succès, l’entreprise a ouvert une enseigne permanente en juin cette année.

Les robots serveurs hauts d’un mètre vingt, accueillent les clients, prennent leurs commandes, livrent les plats et débarrassent les tables.

Chaque robot est équipé d’une caméra intégrée, d’un microphone et de haut-parleurs. Quatorze moteurs articulés leur permettent d’exécuter des fonctions telles que porter des plateaux ou ramasser des assiettes.

Les cartes d’identité des pilotes accrochées à leur cou avec leur photo, permettent aux clients de faire leur connaissance et de dialoguer avec eux.

Un bel exemple d’intégration qui existe également à Genève, mais pour des enfants dans un cadre scolaire.

À Genève, Vaud et en Valais

Depuis janvier 2020, quatorze robots de téléprésence AV1 ont été attribués à des enfants soignés aux HUG avec l’accord du DIP et en collaboration avec l’ARFEC (l’Association Romande des Familles d’Enfants atteints d’un Cancer).

Ses enfants déscolarisés par des hospitalisations répétées ou prolongées peuvent ainsi suivre les cours à distance, en streaming, par robot interposé. Essentiellement des patients de l’unité d’onco-hématologie pédiatrique – mais pas seulement – ils dirigent le petit robot AV1 par le biais d’une application sur leur tablette.

Le feedback donné par les parents et les enseignants est très positif. Le AV1 procure un bienfait incontestable aux enfants, leur permettant de rester à niveau lorsque leur traitement le permet et surtout de conserver le lien social avec leurs camarades de classe. Isolés et confinés par la maladie, ils passent de longs mois dans un monde d’adultes et de blouses blanches, naviguant entre leur domicile et des séjours hospitaliers. Retrouver leur vie d’écolier et leurs copains anime leurs journées et leur est essentiel.

Pour Houda Jouhari, la mère de Salim âgé de 7 ans qui a bénéficié du robot à l’école du Pommier au Grand-Saconnex:

«Salim apprécie énormément cette connexion avec sa classe. C’est une expérience qui en somme est toute différente de l’appui dont il bénéficie actuellement en termes d’école à la maison à travers des outils à distance tels que zoom qui fait partie du monde des grands… AV1 est venu égayer sa routine, éveiller ses sens, entendre des cris, des rires à l’intérieur même de sa chambre qui est habituellement calme. Son attitude a changé également, je le sens plus agité et excité à interagir à chaque cours grâce à AV1. Il lui a permis de retrouver sa place dans sa classe et ainsi réduire sa double peine d’être malade et isolé socialement. AV1 est concrètement une belle lueur d’espoir!»

Lire aussi : Le robot et les enfants malades  /  Un robot en classe fait le lien avec les enfants hospitalisés à Genève  / Etre là sans être là, grâce aux robots de téléprésence

Comment Mark Zuckerberg va-t-il assurer la sécurité de son métavers?

Un mémo interne d’Andrew Bosworth, consulté par des journalistes du Financial Times expose l’ampleur du défi.

L’homme à qui Mark Zuckerberg a donné les rennes du projet métavers – annoncé comme la prochaine évolution de l’Internet – a déclaré vouloir assurer «des niveaux de sécurité proches de ceux de Disney» pour la plateforme, tout en reconnaissant que la réalité virtuelle peut s’avérer un «environnement toxique, en particulier pour les femmes et les minorités».

Le harcèlement et les comportements délétères peuvent être exacerbés par la nature immersive de ce nouvel univers. C’est ce qui a été mis en évidence dans une étude réalisée en 2019 par des chercheurs d’Oculus, la division de Facebook dédiée à la réalité virtuelle. Ils ont constaté que plus d’un cinquième de leurs 422 répondants avaient signalé une «expérience inconfortable».

Subir une agression dans un monde virtuel où vous êtes physiquement incarné, peut-être très dommageable psychologiquement. Le ressentit sera le même qu’un assaut dans le monde réel. D’autant plus que Meta est en train de développer des gants haptiques capables de donner la sensation du toucher.

La revue technologique du MIT a soulevé d’autres inquiétudes. Si les jeunes filles sont en mesure de personnaliser leurs avatars virtuels de manière hyperréaliste en 3D, ou de modifier, filtrer et manipuler leurs identités numériques, des normes de beauté «irréalistes et inaccessibles» pourraient avoir un impact désastreux sur l’estime de soi. Une problématique (la dysmorphie corporelle) déjà documentée sur Instagram et à laquelle l’entreprise n’a pas encore apporté de réponse.

Les mesures envisagées pour assurer la sécurité 

A l’heure actuelle, Facebook donne aux utilisateurs des outils pour signaler les abus et bloquer les utilisateurs avec lesquels ils ne souhaitent pas interagir.

Une vidéo sur la sécurité de Horizon Worlds, un jeu social développé par Facebook, explique comment l’entreprise enregistre et stock localement le déroulé de la partie dans le casque de réalité virtuelle porté par l’utilisateur.

Pour signaler une mauvaise conduite, le joueur peut envoyer les séquences filmées aux modérateurs humains pour être évaluées. Pour Bosworth, à bien des égards, ce système est «meilleur» que dans la vie réelle en termes de sécurité, car il y aura toujours un enregistrement à vérifier.»

Mais selon un employé anonyme de Facebook dans The Information: «Il est difficile de recueillir des preuves d’abus pour déposer une plainte, car il n’y a pas assez de mémoire pour stocker un gros fichier vidéo sur l’appareil». Certains joueurs ont eu recours à leur téléphone, en glissant l’appareil entre leur visage et le casque, pour tenter d’enregistrer les débordements pendant qu’elles se produisent.

Dans le métavers, ce n’est pas le contenu qui doit être modéré, mais les comportements. Suivre des milliards d’interactions en temps réel sera une tâche colossale, voire impossible.

Je crois que nous partageons tous l’inquiétude de John Egan, PDG de l’Atelier BNP Paribas exprimée ainsi: «Si Facebook n’a pas été capable de modérer sa plateforme existante, comment pourra-t-il modérer un univers bien plus complexe et dynamique?».

 

Sources : Financial Times / MIT Technology Review / The Information

Des magasins permettront au public de se familiariser avec le métavers

La première étape pour concrétiser le métavers pourrait être physique plutôt que virtuelle.

Selon le New York Times, Mark Zuckerberg envisage d’ouvrir des boutiques pour mettre en avant les produits émanant de sa division Reality Labs: des casques de réalité virtuelle, des lunettes de réalité augmentée et d’autres produits que nous ne connaissons pas encore, en cours de développement.

Ce sont ces appareils et ceux des marques concurrentes qui permettront au public de faire l’expérience en immersion dans le métavers et interagir par avatars interposés, en 3D, pour se divertir ou travailler.

Si l’annonce du rebranding de la marque Facebook en Meta s’est faite dernièrement, ce n’est pas, selon le média Axios, pour redorer le blason de l’entreprise suite aux révélations accablantes de la lanceuse d’alerte Frances Haugen, mais pour tenter de s’assurer qu’Apple ne soit pas la porte d’entrée principale dans la prochaine évolution de la Toile.

Les smartphones ont été le moyen pour accéder à l’Internet mobile et les applications, dont celles de Facebook, sont toujours soumises aux conditions d’utilisations imposées par Apple. Une animosité existe entre ces deux entreprises depuis longtemps, leurs dirigeants étant en désaccord sur la confidentialité des données. Alors Mark Zuckerberg cherche à s’affranchir de la marque à la pomme dont il a été trop longtemps dépendant pour offrir ses produits.

Lire aussi : Pourquoi tant d’animosité entre Facebook et Apple

Au-delà de l’effet d’annonce sur son nouveau projet, c’est la manière et le timing qui ont surpris. Dénoncé devant le monde entier par Haugen pour avoir privilégié «les profits au détriment de notre sécurité», Mark Zuckerberg ne semble pas particulièrement accablé pour avoir laissé amplifier sur sa plateforme les incitations à la violence et les campagnes de désinformation qui ont affaibli nos démocraties. Néanmoins, il réagit. Des communiqués sont diffusés au compte gouttes pour apaiser les régulateurs: justification sur l’embauche de modérateurs de contenu dans les pays non anglophones, suppression de la reconnaissance faciale, fin des campagnes de publicité ciblées lié à la politique, la santé et la religion. Des déclarations qui vont dans le bon sens.

Mais le PDG de Meta ne s’est pas encore engagé publiquement à faire un geste réparateur pour les victimes de sa gestion d’entreprise. Sa proclamation d’«un investissement de 10 milliards dans le métavers cette année» est choquante. Quel est le montant prévu pour venir en aide aux centaines de milliers de Rohingyas qui ont dû fuir Myanmar suite aux appels à la violence diffusés sur sa plateforme et qui se trouvent aujourd’hui dans des camps de réfugiés surpeuplés?

 

Les touristes de Venise placés sous haute surveillance

Pour lutter contre le tourisme de masse qui fait de la traversée de la cité des Doges un parcours du combattant, les autorités mettent en place un système de caméras de surveillance et de traçage des téléphones portables.

Grâce à des capteurs optiques et à un système de localisation des smartphones, les données récoltées ont déjà permis aux autorités lors du Carnaval de Venise en 2020 de prendre des décisions pour anticiper et fluidifier le trafic, par la fermeture de certains passages et la mise en place de déviations.

Une expérience qui se poursuit aujourd’hui grâce à un centre de contrôle intelligent situé sur l’île de Tronchetto dans le nouveau quartier général de la municipalité. Elle abrite une salle de vidéosurveillance, où les images des visiteurs amassés sur la place Saint-Marc ou traversant le Pont du Rialto, sont diffusées en temps réel sous l’oeil vigilant des carabinieri. «Nous savons combien de personnes se trouvent dans chaque partie de la ville à tout moment par l’analyse des données de leur téléphone, glanées automatiquement», a déclaré Simone Venturini, responsable du tourisme et du développement économique, sur CNN.

Au-delà du contrôle de la fréquentation, le système est conçu pour recueillir l’âge, le sexe, le pays d’origine et la localisation des voyageurs avant leur arrivée.

De plus, l’été prochain, Venise prévoit d’installer un système de réservation afin de limiter l’affluence. Des tourniquets, installés aux principaux points d’entrée de la cité, récolteront une taxe, entre 3 et 10 euros selon la saison. «L’accès ne sera interdit à personne, mais ce sera plus compliqué pour ceux qui n’ont pas réservé. Nous souhaitons de cette façon garantir un meilleur mode de vie aux indigènes», explique Luigi Brugnaoro, maire de Venise, dans un journal italien.

Près de 30 millions de touristes débarquent chaque année dans Venise, envahissants ses 50’000 habitants, engorgeant les axes principaux et les ponts. De nombreux Vénitiens sont frustrés des vaporettos bondés et de devoir se rendre sur le continent pour acheter les articles essentiels, car les boutiques de souvenirs ont chassé les commerces s’adressant à la population locale.

Après l’interdiction de la traversée du grand canal par les paquebots de croisière géants le 1er août 2021 – célébrée le jour même par des cloches sonnant à toute volée dans la lagune, Venise s’engage à devenir un lieu de visite plus serein.

Sources : CNN / New York Times / Geo / B.Italie

Un film d’horreur Netflix écrit par un robot

Netflix propose depuis plusieurs mois, une demi-douzaine de courts-métrages animés dont les scénarios auraient été entièrement rédigés par des robots.  

Une comédie romantique, une performance stand-up, une saga de Noël. Toutes les vidéos ont été produites en collaboration avec l’humoriste américain Keaton Patti, connu pour ses expériences avec l’intelligence artificielle.

Le dernier titre vient de sortir à temps pour Halloween. Il s’agit  d’un film d’horreur, «Mr Puzzles Wants You To Be Less Alive» (ou Mr Puzzles souhaite que vous soyez moins vivant). Le script serait l’oeuvre littéraire d’un robot après avoir été nourri de 400’000 heures de films d’épouvante, selon un communiqué presse de la plateforme de streaming.

La déroulement de l’histoire? Une jeune fille, Jennifer, kidnappée, a été ligotée et suspendue au-dessus d’une série de tronçonneuses circulaires. Son destin est entre les mains de Mr Puzzle, le méchant, qui lui fait répondre à des devinettes pour échapper au supplice. Le dialogue est absurde et  très vite on comprend que tout cela est insensé. Notamment par la présence de baleines bleues au milieu du hangar abandonné ou l’héroïne est séquestrée.

Netflix By Bots est-il simplement un nouveau genre comique ou réellement une prouesse de l’Intelligence artificielle? Un indice non négligeable est que toutes ces vidéos sont hébergées sur une des chaînes comédies de YouTube intitulée Netflix is a Joke.

Un expert en intelligence artificielle en a douté. Il a disséqué les dialogues d’un des films de cette série et à son avis, le scénario a très certainement été rédigé par un être humain qui a voulu imiter au plus près ce qu’aurait débité un logiciel IA.

Pourtant… un robot a déjà réalisé un film en 2016, rapporte The Guardian, le fruit d’une collaboration entre le réalisateur Oscar Sharp et un chercheur en intelligence artificielle de l’université de New York. Un réseau de neurones artificiels baptisé Benjamin, a assimilé des scénarios de dizaines de films dont «Highlander» et «Le Cinquième Elément» pour un rendu assez incohérent – mais qui a néanmoins enchanté le public, admiratif de la prouesse.

Pour revenir à Mr Puzzles, vu le contexte, j’en conclus que ce film n’est pas un film issu d’une intelligence artificielle mais sort de l’imaginaire du comédien. Mais je n’en suis pas sûre. A vous d’en juger.

Source : ABC News.au / Comic Book MoviesThe Best of Netflix

Netflix lance un club de lecture

Pour tous ceux qui pensent que le «binge watching» nuit à la lecture et bien détrompez-vous, ce n’est pas toujours le cas.

Les succès de Netflix qui ont été adaptés de romans – comme «Bridgerton», «Le Jeu de la Dame» ou encore «À tous les garçons que j’ai aimés», ont entrainé des ruées dans les librairies.

Netflix a annoncé en février dernier que ses récentes adaptations d’œuvres littéraires en séries comptaient pour la moitié des titres au palmarès du New York Times dans la catégorie fiction – dont cinq tomes de la saga «La Chronique des Bridgerton» de Julia Quinn.

Egalement, selon leur analyse, trois semaines après la sortie de la série «The Queen’s Gambit» de Walter Tevis, le titre est apparu sur la liste des bestsellers du New York Times pour la première fois depuis sa publication – il y a 37 ans, pour rester dans le Top 10 durant 11 semaines.

Puis la sortie de «Lupin», dont le livre original de Maurice Leblanc a été écrit en 1907, a fait fureur en Europe et en Corée, avec des ventes en magasin atteignant l’équivalent de leurs recettes annuelles en seulement 15 jours. Et le titre s’est classé dans le Top 5 des meilleures ventes sur les sites d’Amazon et de la Fnac.

«But Have You Read the Book?»

Alors pour capitaliser sur ce phénomène, Netflix vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle série en partenariat avec Starbucks, «But Have You Read the Book?» («Mais avez-vous lu le livre?») qui débutera le 16 novembre – non pas sur Netflix, mais sur sa chaîne YouTube, Still Watching Netflix. 

Uzo Aduba, qui a joué le personnage de Crazy Eyes dans «Orange is the New Black», présentera l’émission. Elle animera la conversation sur le scénario et son processus d’adaptation en invitant sur son plateau les acteurs, les créateurs et les auteurs, autour d’un cafè latte.

La première sélection du Netflix Book Club qui va démarrer le 16 novembre sera le roman «Passing» (traduit «Clair Obscure» en français) de l’auteure afro-américaine Nella Larsen.

 

Sources :  Apartment Therapy / The Hollywood Reporter / UPI / Tube Filter

Lire  aussi : La lecture à haute voix sur TikTok fait décoller les ventes en librairie

 

Google s’affrontera à Twitter en proposant l’actualité en direct

Google serait en train de mettre au point une nouvelle option de recherche pour afficher en priorité des évènements en temps réel.

La nouvelle fonctionnalité, surnommée «Big Moments» au sein de l’entreprise, irait au-delà des informations que Google affiche dans ses résultats de recherche. Selon Search Engine Journal, lors d’une catastrophe naturelle par exemple, elle mettrait en évidence les faits importants, comme le nombre de morts et de blessés, avec des mises à jour au fur et à mesure que la situation évolue.

«Big Moments» pourrait également fournir un contexte historique en intégrant des données gouvernementales et des statistiques.

Jusqu’à présent, toute recherche sur Google News rendait des résultats après qu’un événement se soit produit et non pas pendant. Mais depuis peu, Google a commencé à tester sur le territoire américain des résultats de recherche sur l’actualité en cours – tout en avisant qu’ils peuvent être sujets à changement dans les heures qui suivent.

 

Lire aussi : Google commence à étiqueter les résultats de recherche sur l’actualité

 

C’est vers Twitter que nous nous tournons habituellement pour suivre une actualité brulante. Grâce aux recherches par mots clés et aux hashtags, nous découvrons les tweets de citoyens-témoins, de journalistes, d’autorités locales – sur place et en direct. Une info «curatée» par une intelligence artificielle sera peut-être plus complète telle qu’elle nous est décrite – mais sera-t-elle aussi percutante? De plus Google devra prendre des décisions éditoriales dans le processus de l’apprentissage automatique de leur algorithme pour déterminer ce qui constitue un «Big Moment». Tout en sachant qu’Alphabet a fait valoir depuis des années que son moteur de recherche devait être traité comme une plateforme web, et non comme un éditeur.

Et quelles seront les conséquences pour Twitter? Les tweets liés à une nouvelle remontent systématiquement en tête des résultats du moteur de recherche, et ce depuis 2015, suite à un accord entre les deux sociétés.

Interrogé par Bloomberg la semaine passée, le porte-parole de Google n’a pas souhaité faire de commentaires sur le partenariat avec Twitter. Et un porte-parole de Twitter n’a pas répondu à une demande de commentaire. Affaire à suivre.

 

Sources : The Information / The Next Web / Bloomberg / Search Engine Journal / Android Police

Le succès prodigieux de la série «Squid Game» sur Netflix

Sorti le 17 septembre, ce thriller sud-coréen – interdit aux moins de 16 ans pour ses scènes de violence – est en passe de devenir la série non-anglophone la plus visionnée sur Netflix «et peut-être même la série la plus populaire de tous les temps», selon son PDG Ted Sarandos, sur Twitter.

Utilisant le genre populaire du jeu de survie, Squid Game exploite le malaise coréen face aux inégalités sociales et la concurrence extrême d’une société capitaliste. Le scénario suit un groupe d’adultes qui, confrontés à des situations économiques désespérées et à des dettes vertigineuses, participent de leur plein gré à des jeux de cours de récréation pour gagner le gros lot, soit la somme de 38 millions de dollars. Mais s’ils échouent, ils sont exécutés.

Les personnages sont intéressants voir attachants et cette illustration du bien et du mal dans l’être humain est poignante. De plus, le scénario se déroule dans des décors d’un graphisme stupéfiant.

TikTok s’emballe

Sur TikTok, les fans se déchainent en synchronisant des morceaux de musique de K-pop sur des extraits vidéos. Un clip a atteint plus de 45 millions de vues et l’hashtag #SquidGame a été consulté plus de 28.2 milliards de fois à l’heure où je vous écris.

On en parle sur LinkedIn

Sur LinkedIn des professionnels s’interrogent même sur la résonance de Squid Game dans le monde du travail et font des parallèles avec les jeux de la série et des techniques de management.

Une réplique de la grande fille animatronique, devenue l’une des images les plus emblématiques du film, est apparue dans des centres commerciaux en Corée et aux Philippines où les passants se mettent à jouer spontanément avec elle au «feu rouge, feu vert», la version macabre de «1,2,3 soleil» qui figure dans la série.

Les enseignes qui vendent du dalgona candy, le biscuit coréen représenté dans un des jeux, décuplent leurs ventes. Sur TikTok, on trouve des recettes et des challenges (#dalgonas).

Le succès est tel que le fournisseur sud-coréen de services Internet SK Broadband a intenté un procès à Netflix pour qu’il paie les coûts liés à l’augmentation du trafic sur son réseau.

Mais encore, Netflix vient d’annoncer que les scènes où figurent le numéro de téléphone sur la carte de visite remise à tous les futurs participants, seront éditées afin de le supprimer. Car une femme titulaire de ce numéro vit un véritable cauchemar depuis trois semaines en recevant des milliers d’appels et de messages par jour.

Le Merchandising cartonne

Des produits dérivés officiels sont déjà en ligne dans le magasin Netflix. On y trouve des T-shirts avec le logo en anglais ou en coréen, ou encore avec le numéro de son joueur préféré. Pour ce qui est du survêtement des concurrents ou la combinaison des gardes, on peut les trouver sur Amazon – à temps pour Halloween.

Le créateur de la série, Hwang Dong-hyuk, a eu l’idée du scénario il y a plus de dix ans, alors qu’il vivait avec sa mère et sa grand-mère. Il a dû arrêter d’écrire à un moment donné, contraint de vendre son ordinateur portable pour subsister. Dans le Wall Street Journal, il raconte encore que les studios coréens ont refusé son pitch il y a douze ans, l’ayant qualifié de «trop grotesque et trop irréaliste».

Steve Jobs a changé ma vie

Le 5 octobre marque les dix ans depuis la mort de Steve Jobs.

Dans le Wall Street Journal aujourd’hui, Jony Ive, son «partenaire spirituel» et designer de nombreux produits Apple, dont le iMac, l’iPod, l’iPhone et l’Apple Watch, évoque ses souvenirs au cours de leurs 15 années de collaboration.

Ce sont ses premiers commentaires publics depuis qu’il a prononcé son éloge funèbre en 2011 où il avait qualifié le président et cofondateur d’Apple de son ami le plus proche et le plus loyal. Il revient sur ses souvenirs, sur son amitié avec sa femme Laurene Powell Jobs et avoue qu’il pense à Steve tous les jours. «J’aimais la façon dont il voyait le monde. Sa façon de penser était profondément belle».

A titre personnel

Même sans avoir connu Steve Jobs il a néanmoins changé ma vie et celle de milliers de personnes comme moi. Salariée dans une entreprise que je détestais, en 1986 j’ai pu devenir indépendante grâce à l’achat d’un Mac, d’une imprimante et d’un scanner en me lançant dans le «desktop publishing». La convivialité du Mac m’a conquise  par opposition aux PC de l’époque où chaque action était donnée par une série de commandes rébarbatives. Jamais je n’aurais entrepris cette démarche avec un PC comme outil de travail.

L’investissement de Sfr 30’000 (aujourd’hui ces trois appareils réunis coûteraient dix fois moins), a été remboursé dans l’année, par la production (mise en page et impression) de fiches techniques, de brochures et de rapports d’entreprises réalisés depuis la maison.

Dans les décennies qui ont suivi, je suis restée fidèle à la marque et à son fondateur. Son allocution lors de la remise des diplômes à l’université de Stanford en 2005 où il évoque les circonstances de sa naissance, ses succès, ses échecs et sa mort, reste l’un des plus beaux discours jamais prononcé. J’ai été renversée par le lancement du iPhone et des applications en 2007 qui pour le moins, ont changé le monde. J’ai été bouleversée en 2008 par son physique amaigri qui présageait la gravité de sa maladie. Et j’ai été profondément attristée à l’annonce de sa mort quelques années plus tard.

«Celebrate Steve»

Aujourd’hui sur le site d’Apple, une vidéo intitulée «Celebrate Steve» est accompagnée d’un très beau texte rédigé par sa famille. Nous sommes à nouveau captivés par son charisme et sa vision et la nostalgie nous envahit. On reprend conscience que le monde est devenu bien plus terne sans lui.

Alors One more thing, merci.