Netflix lance un club de lecture

Pour tous ceux qui pensent que le «binge watching» nuit à la lecture et bien détrompez-vous, ce n’est pas toujours le cas.

Les succès de Netflix qui ont été adaptés de romans – comme «Bridgerton», «Le Jeu de la Dame» ou encore «À tous les garçons que j’ai aimés», ont entrainé des ruées dans les librairies.

Netflix a annoncé en février dernier que ses récentes adaptations d’œuvres littéraires en séries comptaient pour la moitié des titres au palmarès du New York Times dans la catégorie fiction – dont cinq tomes de la saga «La Chronique des Bridgerton» de Julia Quinn.

Egalement, selon leur analyse, trois semaines après la sortie de la série «The Queen’s Gambit» de Walter Tevis, le titre est apparu sur la liste des bestsellers du New York Times pour la première fois depuis sa publication – il y a 37 ans, pour rester dans le Top 10 durant 11 semaines.

Puis la sortie de «Lupin», dont le livre original de Maurice Leblanc a été écrit en 1907, a fait fureur en Europe et en Corée, avec des ventes en magasin atteignant l’équivalent de leurs recettes annuelles en seulement 15 jours. Et le titre s’est classé dans le Top 5 des meilleures ventes sur les sites d’Amazon et de la Fnac.

«But Have You Read the Book?»

Alors pour capitaliser sur ce phénomène, Netflix vient d’annoncer le lancement d’une nouvelle série en partenariat avec Starbucks, «But Have You Read the Book?» («Mais avez-vous lu le livre?») qui débutera le 16 novembre – non pas sur Netflix, mais sur sa chaîne YouTube, Still Watching Netflix. 

Uzo Aduba, qui a joué le personnage de Crazy Eyes dans «Orange is the New Black», présentera l’émission. Elle animera la conversation sur le scénario et son processus d’adaptation en invitant sur son plateau les acteurs, les créateurs et les auteurs, autour d’un cafè latte.

La première sélection du Netflix Book Club qui va démarrer le 16 novembre sera le roman «Passing» (traduit «Clair Obscure» en français) de l’auteure afro-américaine Nella Larsen.

 

Sources :  Apartment Therapy / The Hollywood Reporter / UPI / Tube Filter

Lire  aussi : La lecture à haute voix sur TikTok fait décoller les ventes en librairie

 

Google s’affrontera à Twitter en proposant l’actualité en direct

Google serait en train de mettre au point une nouvelle option de recherche pour afficher en priorité des évènements en temps réel.

La nouvelle fonctionnalité, surnommée «Big Moments» au sein de l’entreprise, irait au-delà des informations que Google affiche dans ses résultats de recherche. Selon Search Engine Journal, lors d’une catastrophe naturelle par exemple, elle mettrait en évidence les faits importants, comme le nombre de morts et de blessés, avec des mises à jour au fur et à mesure que la situation évolue.

«Big Moments» pourrait également fournir un contexte historique en intégrant des données gouvernementales et des statistiques.

Jusqu’à présent, toute recherche sur Google News rendait des résultats après qu’un événement se soit produit et non pas pendant. Mais depuis peu, Google a commencé à tester sur le territoire américain des résultats de recherche sur l’actualité en cours – tout en avisant qu’ils peuvent être sujets à changement dans les heures qui suivent.

 

Lire aussi : Google commence à étiqueter les résultats de recherche sur l’actualité

 

C’est vers Twitter que nous nous tournons habituellement pour suivre une actualité brulante. Grâce aux recherches par mots clés et aux hashtags, nous découvrons les tweets de citoyens-témoins, de journalistes, d’autorités locales – sur place et en direct. Une info «curatée» par une intelligence artificielle sera peut-être plus complète telle qu’elle nous est décrite – mais sera-t-elle aussi percutante? De plus Google devra prendre des décisions éditoriales dans le processus de l’apprentissage automatique de leur algorithme pour déterminer ce qui constitue un «Big Moment». Tout en sachant qu’Alphabet a fait valoir depuis des années que son moteur de recherche devait être traité comme une plateforme web, et non comme un éditeur.

Et quelles seront les conséquences pour Twitter? Les tweets liés à une nouvelle remontent systématiquement en tête des résultats du moteur de recherche, et ce depuis 2015, suite à un accord entre les deux sociétés.

Interrogé par Bloomberg la semaine passée, le porte-parole de Google n’a pas souhaité faire de commentaires sur le partenariat avec Twitter. Et un porte-parole de Twitter n’a pas répondu à une demande de commentaire. Affaire à suivre.

 

Sources : The Information / The Next Web / Bloomberg / Search Engine Journal / Android Police

Le succès prodigieux de la série «Squid Game» sur Netflix

Sorti le 17 septembre, ce thriller sud-coréen – interdit aux moins de 16 ans pour ses scènes de violence – est en passe de devenir la série non-anglophone la plus visionnée sur Netflix «et peut-être même la série la plus populaire de tous les temps», selon son PDG Ted Sarandos, sur Twitter.

Utilisant le genre populaire du jeu de survie, Squid Game exploite le malaise coréen face aux inégalités sociales et la concurrence extrême d’une société capitaliste. Le scénario suit un groupe d’adultes qui, confrontés à des situations économiques désespérées et à des dettes vertigineuses, participent de leur plein gré à des jeux de cours de récréation pour gagner le gros lot, soit la somme de 38 millions de dollars. Mais s’ils échouent, ils sont exécutés.

Les personnages sont intéressants voir attachants et cette illustration du bien et du mal dans l’être humain est poignante. De plus, le scénario se déroule dans des décors d’un graphisme stupéfiant.

TikTok s’emballe

Sur TikTok, les fans se déchainent en synchronisant des morceaux de musique de K-pop sur des extraits vidéos. Un clip a atteint plus de 45 millions de vues et l’hashtag #SquidGame a été consulté plus de 28.2 milliards de fois à l’heure où je vous écris.

On en parle sur LinkedIn

Sur LinkedIn des professionnels s’interrogent même sur la résonance de Squid Game dans le monde du travail et font des parallèles avec les jeux de la série et des techniques de management.

Une réplique de la grande fille animatronique, devenue l’une des images les plus emblématiques du film, est apparue dans des centres commerciaux en Corée et aux Philippines où les passants se mettent à jouer spontanément avec elle au «feu rouge, feu vert», la version macabre de «1,2,3 soleil» qui figure dans la série.

Les enseignes qui vendent du dalgona candy, le biscuit coréen représenté dans un des jeux, décuplent leurs ventes. Sur TikTok, on trouve des recettes et des challenges (#dalgonas).

Le succès est tel que le fournisseur sud-coréen de services Internet SK Broadband a intenté un procès à Netflix pour qu’il paie les coûts liés à l’augmentation du trafic sur son réseau.

Mais encore, Netflix vient d’annoncer que les scènes où figurent le numéro de téléphone sur la carte de visite remise à tous les futurs participants, seront éditées afin de le supprimer. Car une femme titulaire de ce numéro vit un véritable cauchemar depuis trois semaines en recevant des milliers d’appels et de messages par jour.

Le Merchandising cartonne

Des produits dérivés officiels sont déjà en ligne dans le magasin Netflix. On y trouve des T-shirts avec le logo en anglais ou en coréen, ou encore avec le numéro de son joueur préféré. Pour ce qui est du survêtement des concurrents ou la combinaison des gardes, on peut les trouver sur Amazon – à temps pour Halloween.

Le créateur de la série, Hwang Dong-hyuk, a eu l’idée du scénario il y a plus de dix ans, alors qu’il vivait avec sa mère et sa grand-mère. Il a dû arrêter d’écrire à un moment donné, contraint de vendre son ordinateur portable pour subsister. Dans le Wall Street Journal, il raconte encore que les studios coréens ont refusé son pitch il y a douze ans, l’ayant qualifié de «trop grotesque et trop irréaliste».

Steve Jobs a changé ma vie

Le 5 octobre marque les dix ans depuis la mort de Steve Jobs.

Dans le Wall Street Journal aujourd’hui, Jony Ive, son «partenaire spirituel» et designer de nombreux produits Apple, dont le iMac, l’iPod, l’iPhone et l’Apple Watch, évoque ses souvenirs au cours de leurs 15 années de collaboration.

Ce sont ses premiers commentaires publics depuis qu’il a prononcé son éloge funèbre en 2011 où il avait qualifié le président et cofondateur d’Apple de son ami le plus proche et le plus loyal. Il revient sur ses souvenirs, sur son amitié avec sa femme Laurene Powell Jobs et avoue qu’il pense à Steve tous les jours. «J’aimais la façon dont il voyait le monde. Sa façon de penser était profondément belle».

A titre personnel

Même sans avoir connu Steve Jobs il a néanmoins changé ma vie et celle de milliers de personnes comme moi. Salariée dans une entreprise que je détestais, en 1986 j’ai pu devenir indépendante grâce à l’achat d’un Mac, d’une imprimante et d’un scanner en me lançant dans le «desktop publishing». La convivialité du Mac m’a conquise  par opposition aux PC de l’époque où chaque action était donnée par une série de commandes rébarbatives. Jamais je n’aurais entrepris cette démarche avec un PC comme outil de travail.

L’investissement de Sfr 30’000 (aujourd’hui ces trois appareils réunis coûteraient dix fois moins), a été remboursé dans l’année, par la production (mise en page et impression) de fiches techniques, de brochures et de rapports d’entreprises réalisés depuis la maison.

Dans les décennies qui ont suivi, je suis restée fidèle à la marque et à son fondateur. Son allocution lors de la remise des diplômes à l’université de Stanford en 2005 où il évoque les circonstances de sa naissance, ses succès, ses échecs et sa mort, reste l’un des plus beaux discours jamais prononcé. J’ai été renversée par le lancement du iPhone et des applications en 2007 qui pour le moins, ont changé le monde. J’ai été bouleversée en 2008 par son physique amaigri qui présageait la gravité de sa maladie. Et j’ai été profondément attristée à l’annonce de sa mort quelques années plus tard.

«Celebrate Steve»

Aujourd’hui sur le site d’Apple, une vidéo intitulée «Celebrate Steve» est accompagnée d’un très beau texte rédigé par sa famille. Nous sommes à nouveau captivés par son charisme et sa vision et la nostalgie nous envahit. On reprend conscience que le monde est devenu bien plus terne sans lui.

Alors One more thing, merci.

Cher LinkedIn, surtout restez comme vous êtes

A 19 ans, LinkedIn est le grand-père des réseaux sociaux. Créé en 2002, soit deux ans avant Facebook (4 ans avant Twitter, 8 ans avant Instagram et 14 ans avant TikTok), il est présent dans plus de 200 pays.

Depuis 2018, LinkedIn a ajouté environ 200 millions  nouveaux utilisateurs pour passer le cap des 700 millions de comptes et ses revenus annuels ont presque doublé pour atteindre 10 milliards de dollars. «Il s’agit d’une croissance comparable à celle de Facebook» fait remarquer le Financial Times, qui lui rend hommage dans un article intitulé «LinkedIn est peut-être le réseau social le plus ringard, mais sa stratégie fonctionne».

Alors que Twitter, Facebook et Instagram sont dans le point de mire des gouvernements pour avoir favorisé entre autres comportements toxiques: l’addiction, la désinformation, l’incitation à la violence et d’avoir un effet néfaste sur la santé mentale des jeunes filles, LinkedIn ne fait de mal à personne.

Un véritable marché de l’emploi

Ce ne sont pas des photos de vacances, des théories «antivax» ou des vidéos gag que l’on publie sur cette plateforme dédiée aux ressources humaines, mais son CV. Celle-ci est prisée par les chasseurs de têtes à la recherche de profils d’exception et offre aux chercheurs d’emploi une visibilité pour être recrutés. Elle facilite les contacts entre les membres d’un même réseau.

LinkedIn n’a pas été sciemment conçue pour rendre ses utilisateurs dépendants à ses services, comme ailleurs, où des astuces de technologie persuasive les incitent à rafraîchir leur page sans cesse (Instagram) ou faire défiler leur fil d’actualité sans fin (Twitter, TikTok). Si l’on s’y rend tous les jours, c’est pour lire les articles d’intérêt partagés non pas par ses followers, mais par ses connexions.

Les nouvelles fonctionnalités

LinkedIn en voulant se rajeunir a tenté de s’aligner sur ses concurrents en proposant des contenus éphémères (LinkedIn Stories), une fonctionnalité qui a été abandonnée, mais la semaine dernière, après des annonces similaires par Facebook, Instagram et YouTube, LinkedIn a annoncé à son tour la création d’un fonds doté de 25 millions de dollars – destiné à une centaine de créateurs de contenu, pour susciter des conversations et créer des communautés.

Des vidéos courtes seraient en préparation et LinkedIn lancera bientôt sa propre version de l’application audio Clubhouse, pour permettre des groupes de discussion. Il teste également l’idée de faire payer les utilisateurs pour les événements virtuels organisés sur sa plateforme.

Le défi pour l’entreprise sera d’encourager les personnes possédant des connaissances précieuses à les partager et de favoriser l’engagement – mais sans tomber dans les travers de ses concurrents.

Sources : FT / Siècle Digital / TechCrunch / Hollywood Reporter

«Finfluencers»: les conseillers financiers influents sur TikTok

TikTok, le réseau social surtout connu pour ses vidéos courtes où les ados se filment en play-back, a évolué. Il attire dorénavant une génération de jeunes adultes qui entrent dans la vie active et s’intéresse à la finance. 

Selon les statistiques de la plateforme au 30 juillet, les recherches pour #financialeducation ont obtenu 89,4 millions de vues et #financialadvisors 25,2 millions de vues.

@yourrichbff

«Le contenu sur TikTok est idéal pour une génération dont la durée d’attention est plus courte», explique Vivian Tu dans Bloomberg. Sa page @yourrichbff qui compte 530’000 followers permet de se familiariser aux aléas de la bourse d’une manière simple et accessible. «Un jeune de 18 ans ne va pas regarder l’émission Mad Money sur CNBC, mais il visionnera mon clip parce que je ne lui demande que 60 secondes de son temps et que c’est présenté d’une manière digeste».

@austinhankwittz

Austin Hankwitz, 25 ans et animateur de @austinhankwittz, a réussi à décrocher l’un des titres très convoités: celui de «finfluencer» (la contraction des mots finance et influencer). Il a signé un contrat avec la start-up Betterment, lorsqu’elle a réalisé que les nombreuses demandes pour leur service faisaient suite à l’une de ses vidéos. Hankwitz est capable de présenter simplement des montages financiers complexes en utilisant des tournures ludiques, de la musique et des textes explicatifs en couleur.

Pour le secteur financier, s’associer à ces influenceurs paraît une évidence: il n’y a jamais eu d’accès plus rapide et plus direct à un segment de la population.

@ceowatchlist, @quicktrades, @irisapp

D’autres jeunes investisseurs indépendants observent les déclarations financières des membres du Congrès à la recherche de conseils sur les actions à acheter en bourse. Selon un texte de loi, le Stock Act, les législateurs sont obligés de divulguer leurs transactions boursières et celles de leurs conjoints dans un délai de 45 jours.

Ainsi sur TikTok, @ceowatchlist, @quicktrades et @irisapp s’inspirent des déclarations de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, pour proposer où investir. L’un d’entre eux a qualifié Pelosi de la «reine de l’investissement».

Mais peu de créateurs TikTok sont enregistrés en tant que conseiller en investissement auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC).

L’Uberisation de la finance

Pour Silvia Manent, fondatrice de Manent Capital dans la revue Financial Advisor IQ, «l’apparition des finfluenceurs est comparable à l’arrivée des Uber sur le territoire des taxis».

En attendant que la SEC réglemente ce secteur d’activité, TikTok dernier a pris les devants en annonçant de nouvelles mesures: tout producteur de contenu qui publie des vidéos pour le compte d’un tiers doit indiquer qu’il est sponsorisé – au risque d’être sanctionné.

Sources :  Bloomberg / Financial Advisor IQ /  NPR / ThinkAdvisor / The Hustle

Lire aussi : Sur TikTok, le dangereux succès des influenceurs finance

Des émojis pour mieux communiquer avec ses médecins

Le domaine de la santé aurait besoin davantage d’émojis afin d’améliorer la communication entre soignants et patients.

C’est du moins la conviction du Dr Shuhan He, médecin traitant au service des urgences de l’Hôpital général du Massachusetts, qui en fait une plaidoirie dans le journal JAMA, l’a revue médicale mensuelle publiée par l’American Medical Association.

«Lorsque la rapidité de décision est vitale, les émojis peuvent faciliter les échanges grâce à une forme de communication de type “pointer-et-cliquer”. Ils peuvent également être un outil précieux pour surmonter les difficultés linguistiques ou verbales lorsque des personnes souffrant de handicap ont de la peine à s’exprimer, de même que des patients parlant une autre langue, ou encore, dans le cas d’enfants qui ne parlent pas encore».

Le Dr He et ses collègues ont déjà réussi à faire accepter l’émoji du cœur et celui des poumons auprès du Consortium Unicode, une société d’utilité publique à but non lucratif qui gère le développement de ces pictogrammes. Ils apparaîtront sur nos appareils numériques en 2022.

Les nouvelles propositions

Les médecins proposent d’ajouter à cette liste,15 émoticônes supplémentaires illustrant l’intestin, l’estomac, le foie et le rein, ainsi qu’une jambe plâtrée, une colonne vertébrale, une plaquette de médicaments, une poche de sang, une poche de perfusion, un scanner, une balance, un semainier, un électrocardiogramme (ECG), une paire de béquilles et un leucocyte (ou globule blanc).

Les premiers émojis médicaux, une seringue et une pilule ont été introduits en 2015. Puis en 2017, à la demande de diverses associations, Apple a allongé la liste pour mieux représenter les personnes handicapées: une canne blanche, un bras et une jambe mécaniques, un appareil auditif. Il y a encore le stéthoscope, la goutte de sang et le fameux virus vert, que nous avons tous utilisé dans nos échanges à propos du Covid-19.

Les émojis ont démarré au Japon 

Conçus en 1999 par Shigetaka Kurita pour la messagerie du télécom NTTDoCoMo, les 176 caractères imagés ont connu un succès immédiat et ont été copiés par des entreprises rivales au Japon. Puis douze ans plus tard, avec une gamme élargie lors du lancement de l’iPhone, les émojis ont conquis toute la planète.

Les premières planches illustrées de Kurita ont été consacrées au Museum of Modern Art (MoMa) de New York en 2016. Elles sont les premières traces d’un nouveau langage normalisé et mondialisé, utilisé sur toutes les formes de messagerie.

Initialement au nombre de 176 en 2010, 3000 émojis sont disponibles aujourd’hui. On estime que 5 milliards d’entre eux sont utilisés chaque jour sur Facebook et dans Messenger seulement. Un phénomène tel que l’Oxford Dictionary a désigné «émoji» comme le mot de l’année en 2016.

Comment proposer un émoji

Chacun est libre de demander un nouvel émoji et d’argumenter en faveur de son existence. Par exemple l’année passée, à notre grande fierté nationale, celui de la «fondue» a été approuvé. Il avait été proposé par trois journalistes alémaniques du quotidien gratuit 20 minutes.

Un documentaire leur a même été consacré intitulé “Picture Character“, produit par Martha Shane et Ian Cheney en 2019. Le film revient sur l’historique et l’impact culturel de cette nouvelle forme de communication et présente le parcours de trois personnes ayant soumis une demande au Consortium, notamment une adolescente saoudienne qui a proposé un émoji représentant une femme portant un hijab, afin de se sentir représentée.

Sources : The Verge / JAMA / Les Echos / Hollywood Reporter

 

L’incroyable diversité de l’offre des distributeurs automatiques en Chine

Masques de protection, bâtons d’encens, crabes vivants, sex toys, tests de dépistage PCR. Ce ne sont là que quelques exemples de la diversité de produits que vous trouverez dans les distributeurs automatiques en libre-service dans les métropoles chinoises.

Si vous vous trouvez à Lhassa, l’une des villes les plus hautes du monde, vous trouverez même des distributeurs d’oxygène en bouteille. Mais le plus stupéfiant est sûrement le distributeur automatique de voitures dévoilé par Ford, en association avec le géant du commerce électronique Alibaba.

Ils sont partout, selon le média chinois Sixthtone.com. Dans les stations de métro, dans les centres commerciaux, les immeubles de bureaux, les complexes d’appartements, les écoles, les universités et les usines.

La pandémie a accéléré leur adoption. Ces automates, après tout, ne peuvent pas tomber malades ou propager un virus. Ils ne prennent pas congé non plus face à des urgences familiales imprévues.

Les distributeurs automatiques intelligents

Les plus de 300’000 distributeurs automatiques du pays sont presque tous des distributeurs intelligents. Ils sont dotés d’écrans tactiles, de caméras, de reconnaissance faciale. Ils permettent le paiement par smartphone et de suivre les données d’inventaire en temps réel. Des capteurs permettent de suivre le trafic piétonnier et les habitudes d’achat des consommateurs.

Entre 2014 et 2019, le secteur de la vente au détail sans personnel en Chine a été multiplié par quinze, passant d’un peu plus d’un quart de milliard de dollars à plus de 4 milliards. Et les distributeurs automatiques représentent désormais 80 % des ventes totales de ce secteur.

Ils coûtent le prix d’un smartphone

Une des raisons de leur succès est leur prix. Un distributeur en Chine coûte le prix d’un smartphone. Sur Taobao, le principal site web de vente en ligne, un premier modèle coûte l’équivalent de 590 euros. Si vous prenez celui doté du contrôle de la température, d’un écran tactile, de la reconnaissance faciale et d’un espace de stockage supplémentaire, cela revient à peu près au même prix qu’un iPhone 12 Pro Max.

Les dernières données de recensement en Chine publiées en mai montrent une population vieillissante, une évolution qui favorise la robotisation de nombreux secteurs de l’économie, dont le commerce de détail.

Au XIe siècle, les Chinois avaient déjà inventé un distributeur automatique de crayons fonctionnant avec des pièces de monnaie. Mais le premier automate moderne comme nous le connaissons date de 1880 et nous vient d’Angleterre. Il distribuait des cartes postales. Depuis le nombre et la variété des produits en vente libre n’a cessé d’augmenter dans tous les pays.

Une diversité sans limites

On trouve des distributeurs de riz au Japon, de pizzas à Rome, de baguettes de pain en France, de la nourriture pour bébé ou des chocolats halal à Singapour, du caviar à Los Angeles ou encore dans les stations de montagne de l’Oberland Bernois et du Valais, des fromages pour fondues et raclettes.

Sources : Sixthtone / Digital Trends

Les mesures draconiennes en Chine pour lutter contre la dépendance aux jeux vidéo

Le gouvernement chinois a encore durci le ton. Un nouveau règlement entré en vigueur le 1er septembre, interdit aux moins de 18 ans de jouer aux jeux vidéo pendant la semaine scolaire.

Les jeunes ne pourront jouer qu’une heure par jour: les vendredis, samedi et dimanche ainsi que les jours fériés.

Ces nouvelles mesures sont encore plus strictes que celles déjà en vigueur depuis 2019, où les mineurs étaient limités à 1h30 de jeu par jour en semaine avec une interdiction de jouer entre 22h00 et 8h00.

Selon un communiqué dans le journal officiel du Parti, «le gouvernement se doit d’être impitoyable, car les jeux en ligne nuisent à la vie scolaire, à la santé physique et mentale des adolescents». Ces derniers ne respectant pas les limites fixées par leurs parents.

Pour faire appliquer ce nouveau règlement, le gouvernement augmentera la fréquence des inspections auprès des entreprises de gaming afin de s’assurer qu’elles aient installé des systèmes d’identification pour contrôler l’âge et le temps passé en ligne.

En juillet, le géant des jeux Tencent a été plus loin en annonçant avoir mis en place un système de reconnaissance faciale sur sa plateforme, afin de débusquer et de couper la connexion dès 22h00 aux enfants qui ne respectaient pas le couvre-feu.

Lire aussi : Tencent étend la reconnaissance faciale dans 60 jeux

A l’annonce des dernières restrictions, les jeunes joueurs chinois se sont tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur colère face aux nouvelles normes:

«Ce groupe de grands-pères et d’oncles qui définissent les règles, ont-ils même déjà joué, une seule fois?»

«Ne comprenez-vous pas que le meilleur âge pour les joueurs d’e-sports est l’adolescence?»

«Le consentement sexuel est fixé à 14 ans, on peut travailler à 16 ans, mais il faut avoir 18 ans pour jouer en ligne? C’est vraiment une blague.»

Des ressentiments qui resteront bien sûr sans appel. Peut-être diront-ils un jour merci à leur gouvernement pour leur avoir permis de vivre autrement – ou peut-être, et c’est à craindre, ils se rattraperont avec zèle dès leur majorité.

Vu d’ici, ces mesures interpellent et avouons-le, séduisent aussi. Si elles pouvaient encore s’étendre aux réseaux sociaux, il n’y aurait plus lieu de s’inquiéter du comportement de nos ados et ce serait enfin la fin des conflits familiaux sur le temps d’écran.

Sources : WSJ / New York Times / China Morning Post / Reuters

Facebook, le bouc émissaire de l’administration Biden

Le New York Times a révélé vendredi que Facebook a renoncé à publier un rapport sur les liens les plus populaires sur sa plate-forme entre janvier et mars 2021, craignant la colère du gouvernement.

L’article le plus lu par 54 millions d’Américains suggérait qu’un médecin en bonne santé était décédé deux semaines après avoir été vacciné contre le COVID-19.

Les critiques contre Facebook se sont intensifiées avec l’augmentation des cas de la variante Delta et cette nouvelle tombe mal pour Mark Zuckerberg, alors que Joe Biden vient de déclarer que les réseaux sociaux comme Facebook «tuent des gens», en laissant circuler de fausses informations sur la vaccination contre le Covid-19.

Facebook s’en défend, affirmant avoir supprimé 20 millions de messages contenant des informations erronées sur la pandémie et fermé 3’000 comptes.

Le réseau social est devenu le bouc émissaire de l’administration Biden pour la résistance des Américains aux vaccins – d’où la réticence du réseau social à publier son rapport du premier trimestre – et si la plateforme a certainement une part de responsabilité, il n’est pas le seul.

Dès le début de la pandémie, les efforts pour combattre le virus ont été accueillis avec dédain par un président qui estimait que la crise faisait du tort à son image. La science a été niée. «Nous avons fini par vivre dans un monde où l’on se moquait du masque et où l’ingestion de désinfectant était présentée comme un remède possible», résume le New York Times.

Le peuple est empoisonné par la politique partisane. Ne pas porter de masque et ne pas se faire vacciner sont devenus des symboles d’appartenance à un parti, celui des républicains. Les supporters de Trump ont la conviction que les médias ont exagéré la pandémie pour nuire à l’ex-président.

Le gouvernement de Biden devrait s’en prendre plutôt à la chaîne Fox News dont l’émission Tucker Carlson Tonight est le programme du câble le plus regardé aux États-Unis avec une moyenne de 3,1 millions de téléspectateurs chaque soir. Dans une émission Tucker a même affirmé que «les Américains ont été trompés lorsqu’on leur a dit que les vaccins COVID étaient efficaces».

Je ne défends pas souvent Facebook, mais comment se fait-il que le réseau social soit cloué au pilori pour gérer la désinformation et qu’une chaîne télévisée ait libre cours pour mentir de manière éhontée.