Appel aux lectrices et lecteurs des blogs du Temps

Cette après-midi je suis allée au bureau de poste de la gare de Lausanne, le seul ouvert le dimanche, pour renvoyer au Temps le magazine T, dont le dossier s’intitule sinistrement «Partir», et dont j’ai ressenti le lancement deux jours après l’annonce de la restructuration du titre comme une véritable offense. Cela m’a coûté 9 francs, mais cela m’a soulagée du sentiment d’impuissance que je partage avec mon collègue blogueur Franci Saucy. Je ne peux qu’encourager les lectrices et lecteurs des blogs du Temps à laisser des commentaires sur le blog de Franci Saucy, sur celui de Marc Münster, sur celui des autres blogueurs et blogueuses qui prendraient position sur le désastre dont nous sommes les témoins, ou sur le mien.

En tant qu’ancienne journaliste de ce titre et en tant que lectrice, l’intervention de Michel Danthe dans l’émission «Médialogues» de samedi 18 m’a émue aux larmes. Moi aussi, comme Franci Saucy, je le remercie au passage pour son remarquable travail d’animateur du débat démocratique. Mais comment faire pour que la rage que nous sommes nombreux à ressentir face à un éditeur irresponsable et indifférent au bien public dans notre région débouche sur une action concrète ? Lisez les réflexions de Marc Münster, écrivez-nous, lancez vos idées. Allons-nous baisser la tête comme des moutons face à cette entreprise de destruction, déguisée, avec des larmes de crocodile, en nécessité économique ?

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen est écrivaine. Son champ d’investigation préféré est celui des rapports entre les femmes et les hommes: un domaine où se manifeste l’importance croissante de la dimension culturelle dans la compréhension des fonctionnements et dysfonctionnements de notre société.

8 réponses à “Appel aux lectrices et lecteurs des blogs du Temps

  1. Bravo aux journalistes courageux pour la qualité des articles. Il faut survivre. Comment sensibiliser la région à la pluralité des idées sans laisser le MCG diriger de fait grâce au vide subi par démission complice
    Le temps est lu aussi par des “romands français! !!! De par son ouverture et sa rigueur.

  2. Chaque jour, je commence la lecture des (nombreux) journaux que je lis par Le Temps.
    Journaux français, anglais et américains.
    Le Temps est, de très loin, mon préféré: des sujets variés et attrayants, d’excellentes plumes et pas de fake news !. Et, en version électronique, une superbe mise en page qui se lit avec facilité et plaisir.
    S’il y a, pour moi, un journal qu’il faut préserver, c’est bien Le Temps.

    Longue vie à vous, pour le bonheur de vos lecteurs – et le vôtre.

  3. A propos d’argent, de journalistes, d’hebdomadaires, voici des propositions écartées à propos de feu l’Hebdo.

    Le Courrier, 17 février 2017
    […]
    Postes de cadres préservés

    L’idée de mettre à la porte Daniel Pillard, directeur de Ringier Romandie et Alain Jeannet, rédacteur en chef de L’Hebdo n’a pas été retenue par l’éditeur. C’est pourtant la proposition qu’a lancé le personnel du Temps et de L’Hebdo à la quasi unanimité, lors d’une assemblée. Ces deux suppressions de postes auraient permis une économie de 660 000 francs.

    Le personnel estimait que le maintien du poste de Daniel Pillard ne se justifiait pas, vu la diminution de son champ décisionnel. Il proposait sa mise à la retraite anticipée, ce qui aurait épargné 400 000 francs au budget, selon un document préparatoire établi par la Société des rédacteurs et du personnel.

    L’organisation préconisait également la mise à la retraite anticipée de l’ancien rédacteur en chef de L’Hebdo, Alain Jeannet. Celui-ci est pressenti pour reprendre la direction – au nom du Temps – du Forum des 100, manifestation annuelle phare de L’Hebdo, ainsi que l’organisation d’événements et de conférences. Alain Jeannet, «c’est le capitaine du Costa Concordia qui se sauve tout seul et laisse couler son bateau, c’est finalement le seul de L’Hebdo qui restera », grince un membre de la newsroom.

    L’occupation de deux étages au lieu de trois, au siège de la newsroom au Pont Bessières à Lausanne, aurait permis une économie de 440 000 francs, estimait aussi le personnel. La suppression de la rémunération des chroniqueurs externes du Temps aurait permis un gain de 150 000 francs. Enfin, la cession de L’Hebdo à un repreneur à également été refusée par Ringier Axel Springer SA Suisse romande.

    […]

  4. Que dire… j’ai connu : La Suisse, L’Hebdo, La Feuille de Lausanne, Le Nouveau Quotidien (le meilleur à mon souvenir), le Temps, un peu, Le Courrier un peu…
    Il reste quoi? Un matin dimanche prévisible dont même les images ne distrayent plus le Temps anémique, le 24heures prévisible oú je n’apprends plus grand choses.
    Il faut abdolument que la presse se rapproche des gens, racontent pas pour distraire mais pour donner du sens à ce que nous vivons, à notre vie ensemble riches, pauvres, exclus, idiots, intelligents,… on vit là et nous avons besoin de journaliste qui donne une perspective au quotidien, puisant dans le passé, interrogeant l’avenir. Il faut des abonnements facilités à internet, pouvoir acheter son journal à la “pce” sur internet sans carte de crédit (on est pas tous riches ici) il faut des dossiers qui approfondissent des sujets qui concernent la région, pourquoi pas ne pas réaliser une sorte de “revue” tel un Gros livres-objet qui serait publié une ou deux fois par an, qui serait une sorte d’objet…bon courage

  5. Et que penser de l’antépénultième paragraphe de l’edito du rédacteur en chef de T ?
    “T sera cette parenthèse au centre du jeu face au tumulte. Une bulle enchantée dans un quotidien qui parfois déchante ”
    Je ne sais si le réd en chef a conçu son édito avant ou après l’annonce de suppression d’emplois. Toujours est-il que ce paragraphe prend une signification particulière à la lumière des événements.

    “Je suis Francois, dont ce me poise,
    Né de Paris emprès Pontoise,
    Qui d’une corde d’une toise
    Sçaura mon col que mon cul poise.”

    Quatrain d François Villon, Quand il fut jugié à Mourir

  6. Chère Ricci Lempen,
    Merci pour la référence à mon blog de samedi. Oui, je suis convaincu que seul un changement de perspective, et une approche globale des médias en suisse romande permettra de poser les conditions cadres aptes à un paysage médiatique suisse romand diversifié et de qualité. Mais pour cela chacun doit travailler au delà de son intérêt personnel direct. Y compris les politiques, qui après une indignation bien mise en scène se font bien discrets aujourd’hui.
    Mais j’y crois!

  7. Ce magazine “T”, avec toutes ses publicités de compagnies d’aviation en ce mois de février furieusement printanier…m’a laissée plus que dubitative. Il a rapidement passé dans la corbeille à papier, où il a été rejoint le lendemain par le “Style” de la “NZZ à Sonntag”. À qui s’adressent ce genre de publications qui mettent en avant des voyages et des objets luxueux et sont finalement plutôt vides de contenu? De moins en moins à la lectrice de la classe moyenne que je suis, pour qui débourser CHF 500.00 pour être bien informée n’est pas rien. Mais cette tendance n’est pas nouvelle. Il me semble qu’a chaque nouvelle “restructuration” du Temps, le luxe des publicités est plus tapageur.
    Je suis infiniment triste de cette perte de substance.

  8. Prennez soin de la presse de qualite! J’ai vecu en Suisse comme etudiant. Ensuite, j’ai fait le choix de retourner dans mon pays, qqc part a l’Est. Nous avons perdu la presse de qualite depuis longtemps. Voici le site de l’un des “meilleures” journaux de mon pays, si vous ne me croyez pas. http://www.adevarul.ro
    Lire le TEMPS sur Internet me sauve…comment expliquer. Merci, le Temps.

    Paul Ianka
    Bucarest

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