Pierre Maudet, un modèle archaïque

J’ai lu quelque part, ou entendu, je ne sais plus, que le Canton de Genève aurait tort de se priver des services de Pierre Maudet , un homme qui s’occupe des intérêts de l’Etat «de 4 heures du matin à minuit». Cela m’a fait penser à l’objection adressée par un «éléphant» du Parti Socialiste français à Ségolène Royal – compagne, à l’époque, d’un politicien dont il est inutile de rappeler le nom – quand elle briguait la présidence de la République : «Et qui s’occupera des enfants ?» J’ignore tout de la vie privée de Monsieur Maudet, mais puisqu’il est parti dans les Emirats «en famille» je suppose qu’il a lui aussi non seulement une épouse mais une progéniture, qu’il regarde sans doute dormir avec attendrissement entre minuit et 4 heures du matin. J’espère qu’il a au moins profité du voyage en avion pour faire quelques parties de Uno ou s’initier à la pose des stickers de la Reine des Neiges.

Cette navrante histoire illustre évidemment les embûches qui guettent tout individu dévoré par l’ambition politique, mais elle illustre aussi la persistance, chez ce conseiller d’Etat jeune et passionné par la modernité, d’un modèle archaïque d’exercice du pouvoir. Le mâle dominant non seulement se déleste au quotidien des soucis les plus triviaux de la paternité au profit de sa carrière (je ne vois pas comment il pourrait en être autrement en travaillant ou en pensant au travail vingt heures par jour) mais se comporte comme si sa famille était une extension de sa personne publique.

Pour les femmes qui font de la politique, avoir une famille a toujours été un handicap plutôt qu’un avantage, c’est sans doute la raison pour laquelle leurs éventuels compagnons, compagnes, maris et enfants les suivent rarement comme bagages cabine à Abu Dhabi. Mais beaucoup de politiciens hommes ont aussi désormais compris que le rôle de chef de tribu genre moi devant et tous derrière est périmé. Bien le bonjour chez vous, Monsieur Maudet !