Trump: pourquoi tant de haine?

Rassurez-vous, cette question, je me la pose à moi-même, c’est un exercice d’introspection. Donald Trump est sans doute la personne vivante sur la planète pour qui j’éprouve l’hostilité la plus violente. Je ne souhaite pas sa mort par attentat (contrairement à lui, je suis une humaniste), mais je me surprends quotidiennement à désirer avec ardeur qu’un événement ou une circonstance quelconque mette ce personnage hors d’état de nuire. Je lui consacre beaucoup trop de mon temps de cerveau disponible.

L’impeachment a raté comme prévu, et rien n’est moins sûr, d’après les expert.e.s , qu’à l’élection de novembre il cède la place à un.e démocrate. Pourquoi la perspective de quatre années trumpiennes de plus me fait-elle pareillement bouillir de rage ? Dans ma vie privée, il m’est arrivé, comme à tout le monde, de souhaiter la disparition de mon paysage de certaines personnes malfaisantes. Mais là, je crois que c’est la première fois qu’une figure publique en tant qu’individu suscite en moi une répulsion si encombrante.

Il y a sa politique, intérieure et extérieure, aux antipodes de tous mes idéaux. Il y a la destruction, qu’il est en train de mettre en oeuvre, de l’image démocratique de «l’Amérique». Mais ça, c’est de l’analyse, de la critique raisonnée. Ce qui me tord les tripes chez l’homme aux cheveux jaunes, c’est sa personnalité : irresponsable, grossière, brutale, sexiste. Ce qui m’occupe excessivement la tête, c’est un terrible sentiment d’impuissance face à l’adhésion de la moitié du peuple états-unien, non pas à la politique mais à la conduite, publique et privée, de cet homme amoral. L’idée que cette adhésion, certes manipulée, influencée par le poids de l’inculture et de l’argent, est néanmoins volontaire, dans un pays libre. Je ressasse mon manque de confiance dans l’humanité.