Réflexion sur la collecte des données des élèves

DIGITALE ATTITUDE : Les données récoltées sur un élève pourraient-elles se retourner un jour contre lui? Concernés, des parents américains ont obtenu de leur district scolaire qu’elles soient effacées des serveurs une fois l’an.

Les ordinateurs mis à la disposition des élèves par les établissements scolaires sont en général livrés avec des logiciels de gestion de classe. Ils permettent aux enseignants de créer leur plan de cours, distribuer devoirs et examens, noter les copies et partager du contenu. Ils peuvent aussi traquer les absences, mesurer les progrès d’un collégien ou la vitesse à laquelle il exécute ses devoirs, surveiller son activité en ligne et qualifier son comportement – dressant un bilan qui se partage ouvertement entre éducateurs et parents. Mais que deviennent toutes ces informations? Dans un article du Guardian, on découvre que les parents d’un comté dans l’État du Maryland ont obtenu de leur district scolaire, le droit à l’oubli, dans le cadre d’une campagne surnommée «Data Deletion Week» (la semaine de suppression des données).

Ce n’est pas un hasard si les parents de Montgomery se sont mobilisés, précise le quotidien britannique, car c’est dans cette région que siègent la NSA et la CIA et où sont scolarisée la progéniture de nombreux employés fédéraux, experts en sécurité nationale.

Ici, tout comme dans des milliers d’école en Amérique, des ordinateurs portables sont fournis aux élèves. Dotés d’outils de surveillance, les administrateurs tentent de détecter tout comportement suspect pour se prémunir d’une fusillade ou détecter une envie de suicide – mais ils rassemblent également des appréciations sur chaque jeune personne.

Des données qui pourraient un jour leur porter préjudice, selon les parents de Montgomery dont les craintes ne sont pas infondées, car des adolescents ont déjà subit les conséquences de leurs agissements sur Internet. En 2017, l’Université de Harvard a annulé l’admission accordée à une dizaine d’étudiants, pour avoir échangé des propos racistes dans un groupe privé sur Facebook.

En exigeant que les données recueillies sur les écoliers une fois par an soient effacées des serveurs, avec à l’appui un certificat officiel de la société fournisseur du logiciel, les parents de Montgomery s’assurent que leurs enfants ne seront pas confrontés plus tard à leurs erreurs de jeunesse et sont protégés contre l’exploitation de leurs données. «Data Deletion Week», une idée à retenir.

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

3 réponses à “Réflexion sur la collecte des données des élèves

  1. Vous voulez dire que parce que quelques paranos ont peur des grandes oreilles de la NSA, les autorités scolaires seront dans l’impossibilité de suivre un comportement à risque pendant plus d’une année et que les profils de risque seront établis sur une seule année ? C’est à coup sûr des morts en perspective !
    Et vous mettez quoi de l’autre côté de la balance ? le complotisme ? le droit à l’oubli de données personnelles (massivement communiquées publiquement sur facebook, etc.)

    J’ai peur de ce monde ou quelques gugus minoritaires agissant peuvent faire échec au bien commun.
    La vie de mes enfants est plus importante que la peur de ces guignols qui se croient surveillés par la NSA, la CIA…. Mettez une camisole de force à ces gugus, ils l’a méritent, et assurez la sécurité de mes enfants.

    1. De l’autre côté, je voudrais l’humain, l’empathie, l’autre sur qui l’élève en détresse peut s’appuyer. Un ordinateur ne peut pas ça. Un ordinateur n’oublie rien, ne pardonne rien. Une année de collecte de données suffit amplement à faire scintiller la lumière rouge dans les yeux de l’humain qui doit alors prendre le relais.

      Ensuite la machine doit oublier.

      Le triste monde est celui où rien n’est oublié où chaque geste, chaque parole, chaque pensée sont enregistrés, catalogués utilisés pour mettre l’humain dans des cases et les ranger pour rassurer ceux qui ont peur

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