Le bois, matériau d’un apprentissage du faire

A l’occasion des Rencontres Woodrise Bordeaux-Nouvelle Aquitaine, Yves Weinand architecte et ingénieur civil, directeur du laboratoire IBOIS, EPFL et Agathe Mignon architecte doctorante, laboratoire ALICE, EPFL participeront à la table ronde « Le bois, matériau d’un apprentissage du faire », aux côtés de Flavien Menu et Frédérique Barchelard, tous deux architectes résidents à l’Académie de France à Rome Villa Médicis.

Un certain nombre d’ouvrages emblématiques du patrimoine bâti ont été précédés et rendus possibles par une construction en bois tombée ensuite dans l’oubli. Le cas de la tour Eiffel et de son échafaudage en bois réalisé afin de soutenir les arcs du premier niveau pendant leur construction reste l’exemple le plus édifiant de cette amnésie qui entoure le potentiel constructif du bois.

L’échafaudage en bois de la 1ère plate-forme de la Tour Eiffel, en 1888.
Louis-Émile Durandelle, fonds Eiffel, musée d’Orsay/RMN

Aujourd’hui le bois a le vent en poupe, mais est-ce seulement pour les bonnes raisons­ ? Porté par des politiques de lobbying proactives, il est devenu le vecteur d’une révolution verte préconisant une industrie immobilière décarbonnée et des villes plus durables. Prise dans des stratégies rhétoriques verdoyantes, la filière serait-elle en train de passer à côté du véritable potentiel de ce matériau, qui relève plus de sa constructibilité que de son image ? Une prise en compte de cette dimension requiert de s’intéresser à la fois au passé et au présent de la construction en bois. Elle exige de prendre en compte son histoire constructive et de s’inspirer des expérimentations pionnières menées au sein de laboratoires de recherches et d’enseignement.
Par delà l’image vertueuse d’un matériau vert, ces expérimentations peuvent instruire des pratiques susceptibles d’œuvrer à un déploiement du potentiel constructif et sociétal du bois.
Arc en rêve à Bordeaux accueille deux laboratoire de l’EPFL pour une conférence autour de cette question. L’IBOIS et ALICE, racontent deux démarches différentes. Là où l’IBOIS œuvre sur les marges du constructible, ALICE transforme le bois en matériau de prédilection d’une mathesis du construire. D’un côté l’IBOIS rend constructibles des ouvrages en bois dont l’ingénierie est à ce point innovante qu’elle nécessite à chaque nouveau projet une réécriture des normes. De l’autre, ALICE parvient à transmettre la sensibilité architecturale par l’acte de faire.
L’IBOIS bouscule la capacité de la filière à fournir les éléments nécessaires à certains projets. La recherche allant plus vite que le marché, elle pousse à son tour les plus innovantes des entreprises à réinventer leur rapport au bois. ALICE permet de son côté à l’enseignement de quitter le vase clos académique pour se déployer dans l’espace public matérialisant ainsi dans la ville l’énorme potentiel créatif du bois. Tous deux dessinent les contours d’une utilisation du bois qui renforce la dimension politique, civique et écologique, d’un acte de construction.
Les présentations des deux laboratoires seront suivies d’un débat avec Frédérique Barchelard et Flavien Menu, résidents à la villa Médicis, et initiateurs d’un projet de recherche autour d’un prototype d’habitat en bois, en exposition à arc en rêve.
Table ronde en plein air, mercredi 7 octobre à 18:30


Christophe Catsaros

Christophe Catsaros

Rédacteur en chef de la revue Tracés de 2011 à 2018, Christophe Catsaros est critique d'art et d’architecture indépendant.

Une réponse à “Le bois, matériau d’un apprentissage du faire

  1. “La recherche allant plus vite que le marché”,
    La, il me semble que vous revez!

    Enfin peu importe, la seule chose qui intervienne est la diminution des ressources, qu’elles s’appellent, eau, sable, bois, terres rares, oxygene ou petrole…

    Et face a la croissance, l’equation est insoluble, ca parait simpliste, je sais 🙂

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