«Si tu n’es pas féministe à 40 ans…..

tu as raté ta vie». Parmi les slogans de cette magnifique Grève des Femmes, souvent inventifs et drôles, c’est celui-là qui m’a le plus touchée. Même si je n’ai plus 40 ans depuis un certain temps, ou peut-être pour ça, justement. Je ne suis pas sûre d’avoir «réussi» ma vie jusqu’ici – qui peut l’être ? – mais je sais en tout cas que le féminisme, dans lequel je me suis engagée à l’âge de 25 ans, je ne suis pas passée à côté. Je n’ai toujours pas de Rolex en or, ce status symbol qu’il fallait être en mesure de se procurer, d’après Sarkozy, au plus tard à 50 ans – par contre j’ai ce petit badge violet avec le poing levé et un ongle peint, que je porte virtuellement depuis des décennies, et sur mon profil Whats’app j’ai mis la phrase : «Féministe tant qu’il le faudra».

En me promenant, vendredi, avant le départ du cortège, sur la place Saint-François à Lausanne, j’ai été frappée par la jeunesse de la plupart des participantes, et je me suis dit : c’est merveilleux, toutes ces jeunes femmes qui reçoivent aujourd’hui le même cadeau de la vie que moi aussi j’ai reçu à leur âge, cette émotion incomparable de l’engagement féminin collectif, pas contre les hommes mais bien contre le patriarcat. Et ce cadeau, personne, jamais, ne pourra le leur reprendre.

Merci au Temps pour sa «une» du jeudi 13, une petite foule de femmes pressées les unes contre les autres aux différents étages d’un plongeoir, déroulant une longue banderole fuchsia, se drapant dedans, la faisant flotter au-dessus de leur tête, drapeau sororel pour l’avenir. Je me sens juste un peu triste en pensant à  ceux et surtout à celles à qui cette photo, ou la vision de toute une humanité en mouvement dans les rues de nos villes pour plus de justice, ne mettent pas les larmes aux yeux.

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen est écrivaine. Son champ d’investigation préféré est celui des rapports entre les femmes et les hommes: un domaine où se manifeste l’importance croissante de la dimension culturelle dans la compréhension des fonctionnements et dysfonctionnements de notre société.

14 réponses à “«Si tu n’es pas féministe à 40 ans…..

  1. Le seul problème de tout ça, c’est que j’ai jamais réussi à comprendre ce que signifiait le « patriarcat ». C’est une réification générale? C’est une manière détournée de faire référence aux théocrates qui sévissent encore de nos jours de manière plus ou moins discrète? C’est une façon de désigner tous les anachronismes et traditionalismes dans les corpus législatifs et jurisprudentiels? Ou c’est un complot inconscient de la part des mâles qui voudraient inconsciemment que leur filles aient les mêmes souffrances que leurs mères et grand mères?

    J’ai du mal à comprendre.

    Pour moi, à l’échelle mondiale, la plus grande arme contre le « patriarcat », c’est la transition démographique.

    Quant à moi, j’ai personnellement l’impression qu’on oublie que les femmes ont un pouvoir certain d’influence morale sur la société qu’on minimise un peu à dessein. Les mères, entre autres, ont un pouvoir coercitif assez dingue sur leurs enfants jusqu’a un âge avancé. Les autorités ont toujours eu tendance à prendre en compte les plaintes des femmes sur pas mal de sujets de société. Elles ont « juste » refusé de partager le pouvoir décisionnel. Jusqu’ici.

    Que les femmes s’impliquent dans les structures de pouvoir a l’heure actuelle est à mon avis une très bonne chose. Mais c’est comme tout: ça ce jugera in fine au résultat.

    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. Je réponds seulement à ce qui semble être une demande d’information, et bien sûr pas à ce qui relève de l’opinion. Le patriarcat désigne,selon les théoriciennes et théoriciens du genre,un système social basé sur la hiérarchisation des catégories «hommes» et «femmes» , au profit des hommes.

    2. @F68.10

      Je me demande bien ce que vous entendez en disant que la meilleure arme contre le “patriarcat” c’est la “transition démographique”. Quézaco?

      La transition démographique, me semble-t-il, désigne le changement de population que nous vivons actuellement avec l’établissement massif au milieu d’européens blancs, certes dégénérés, mais héritiers d’une civilisation chrétienne, de population musulmanes africaines ou nord africaines.

      Croyez-vous vraiment que cette nouvelle population sera moins encline au patriarcat? Je pense que ce sera le contraire. Très clairement. Donc, il se pourrait que certain-e-s se fassent des illusions ici.

      Ce sera ssez ironique d’assister au phénomène qui se produira dans une ou deux générations, peu après le point culminant momentané du féminisme, avec ces horribles manifs et grèves et leurs slogans insupportables, quand brusquement la révolution des berceaux dans le tiers monde et la migration massive encouragée par les autorités progressistes auront pour conséquence que les féministes blanches post soixante-huitardes qui croyaient avoir gagné, devront se soumettre à l’autorité patriarcale de la charia, se voiler,quand les mariages forcés, la polygamie et l’excision deviendront pratiques courante, etc., comme c’est déjà le cas dans de nombreuses grandes villes du Royaume Uni.

      Etant donné que les féministes de gauche et les partisan-e-s de l’immigration et du “vivre ensemble” sont le plus souvent les mêmes personnes, je prévois que certain-e-s vont devoir gérer des difficiles conflits cognitifs.

      1. On a pu avoir un bel exemple de cela lors des incidents du 31 décembre 2015 à Cologne: plusieurs centaines (!) de “jeunes hommes” provenant d’Afrique du Nord s’étaient organisés afin d’encercler et d’agresser sexuellement les jeunes filles et femmes qui auraient eu le malheur de se retrouver isolées ou même “insuffisamment” accompagnées lors des festivités aux alentours de la cathédrale de la ville.
        La réaction la plus révoltante à cet événement a été celle de la direction des femmes écologistes allemandes: après avoir voulu nier les évidences du rapport de la police (complètement débordée ce soir-là) et nier la provenance des coupables, la présidente des vertes a conseillé aux femmes de rester “à une longueur de bras” de distance de ces pauvres jeunes hommes qui ne “maîtrisent pas nos codes culturels” (p.e. s’attaquer physiquement À QUI QUE CE SOIT est inacceptable dans un état de droit…).
        Ce jour-là, démonstration à été faite que la protection des femmes n’était sûrement pas la priorité de celles et ceux qui s’en réclament le plus bruyamment et que ce serait plutôt de renverser un “patriarcat” occidental grandement fantasmé à l’aide d’une “transition démographique” perçue comme une alliée dans cette “lutte”.
        Le fait que les mariages forcés, l’excision, meurtres d’honneur et autres (dont les victimes principales sont, vous savez, LES FEMMES) progressent partout où cette transition a lieu ne dérange absoluement pas les pourfendeurs d’injustices auto-proclamés.

        1. @ M. Fenris

          Votre dernière déclaration est ridicule. Toutes les représentantes du féminisme, quelle que soit leur appartenance politique, dénoncent le sort des femmes maltraitées dans les cas que vous citez. Ne prenez pas les lecteurs pour des idiots manipulables à votre gré.

          1. Je crains ( et regrette) de confirmer les propos de Mr. FENRIS ne soient exacts.
            Une intervention de Mme Badinter – que vous trouverez facilement si vous vous donnez la peine de chercher – va dans le même sens, soit une sèche critique concernant l’absence de réaction des féministes dans le cadre d’agressions de personnes “immigrées” .
            Sans compter les déclarations similaires de quelques féministes dites “racisées” qui ont argumenté quant à éviter toute dénonciation au cas ou les agresseurs seraient.. comment dire… membre de la communauté “étrangère”.
            Google et Youtube sont vos amis.

            PDO

          2. Ah zut alors! Un “que” a échappé à mon clavier et à mon attention dans la première phrase de mon intervention.
            Apologise.

            PDO

      2. Euh non… la « transition démographique » désigne le passage d’une société avec un taux de natalité et de mortalité infantile élevé à une société avec un taux de natalité faible et un taux de mortalité infantile faible. Une étape intermédiaire permettant d’identifier si une transition démographique a lieu est un taux de natalité élevé et un taux de mortalité infantile faible.

        L’Afrique subsaharienne par exemple et des pays musulmans comme l’Iran ont une transition démographique en cours.

        Les transitions démographiques impliquent des changements sociaux majeurs. Un des changements sociaux qu’elle implique est qu’une famille lambda a beaucoup plus de chances de n’avoir que des filles comme enfants. Mathématiquement. À ce moment là, les regards sur l’importance de l’éducation des filles et le regard social que leurs pères et la société portent sur elles se met à changer.

        C’est pour cela que je dis que la transition démographique est la meilleure arme pour favoriser les changements de mentalité sur les relations hommes/femmes a l’échelle globale.

        Bien sûr, la transition démographique ne suffit pas.

        Je crois que vous avez confondu avec le « grand remplacement » et que vous déviez indûment la discussion sur les muslims, les minarets, et autres joyeusetés. J’ai la faiblesse de croire que ce sujet mérite un traitement séparé.

  2. Cher M.
    Le patriarche c’est un homme qui assume la charge d’une famille… pour elle il couvre les coûts de loyer, assurance maladie, et les impôts nécessaires à financer le bon fonctionnement des choses. Son statut et DÉTESTABLE , et je vous encourage à donner l’exemple en quittant votre job adoré, si vous en avez un, et aller à la pêche pour occuper votre temps… un homme au foyer? Une vieille vache à lait.

    1. Vous bottez en touche sur cette question de transition démographique. OK je ne connaissais pas le sens de cette expression scientifique. Merci de m’avoir appris cette définition. Mais s’il est vrai qu’on assiste à une baisse de la natalité, très préoccupante, dans les populations européennes décadentes par suite d’un overdose d’idéologie des Lumières, féministe, contraceptive avec toutes les excroissances bizarres comme l’agenda LGBT, etc., ce phénomène n’existe pas du tout en Afrique. Du moins pas au même degré. Et l’Afrique reste insensible aux discours “émancipateur” du féminisme. En tous cas l’Islam est pour le moins hostile à ce discours.

      Par conséquent mon argument est incontournable: une intelligentsia post moderne dans le sillage de mai 68 se mire dans l’illusion d’avoir gagné un combat culturel contre le “patriarcat”, sans se rendre compte de la dynamique migratoire et démographique en cours, qui est que la femme moderne “me too” ne fait pas d’enfants.

      Elle réclame la parité, elle veut faire carrière, elle se promène dans des manifs avec des pancartes “my favorite job is C.E.O”, comme je l’ai vu de mes yeux vendredi (alors que rien n’indique que cette fille aurait les capacités pour être C.E.O.) et elle milite pour les droits LGBT. Pendant ce temps elle ne fait pas d’enfants. Donc, ne se reproduisant pas, ce groupe humain est appelé à disparaître dans les oubliettes de l’histoire, d’autant plus vite que pendant le même temps la gauche fait venir des millions de migrants, africains et/ou musulmans, dont les femmes ont en moyenne quatre enfants.

      Je pointe du doigt l’aberration de la position féministe de gauche, qui veut en même temps deux choses incompatibles: d’une part l’émancipation de tous les déterminismes de genre et autres discriminations basées sur le sexe, et d’autre part la “willkommenskultur” l’accueil des migrants en asse et la société multiculturelle, multiraciale. Or le multiculturalisme comme l’immigration massive en provenance du tiers monde est synonyme de domination numérique des populations patriarcales venues du tiers monde pour lesquelles le discours émancipateur et égalitaire du féminisme n’a aucun sens.

      1. J’ai passé ce commentaire parce qu’il me semblait correct de permettre à son auteur d’admettre publiquement son erreur quant à l’expression «transition démographique», mais d’éventuels autres messages du même acabit rejoindront ses autres commentaires répétitifs et haineux envers le féminisme que je mets régulièrement à la poubelle.

  3. « Avoir les larmes aux yeux » dans ces moments, c’est croire avoir déjà remporté la partie… Regardez ces pauvres hommes qui pleurent quand leur équipe de foot leur a apporté le bonheur, et ils auront encore tant d’occasions pour croire avoir gagné dans le temps tout entier ! Femmes, ne vous laissez pas emporter par les émotions, le grand match de votre vie n’est pas un jeu !

  4. La citation “celui qui n’a pas une Rolex…” ce n’est pas Sarkosy, mais Jacques Séguéla…

    Et non, contrairement à vous, en bon MGTOW, tout cela me fait sourire et ne me met pas les larmes aux yeux.

    PDO

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