#Blackouttuesday: Vous aussi vous avez publié un carré noir sur Instagram?

Mardi, Instagram s’est rempli de carrés noirs pour dénoncer le racisme et les violences policières suite à la mort du Noir américain, George Floyd, étouffé lors de son arrestation. 

A l’origine, le mouvement baptisé Blackout Tuesday ou mardi noir, vient de la campagne «The Show Must Be Paused», une initiative lancée par deux femmes cadres de la maison de disques, Atlantic Records, pour faire reconnaître publiquement le racisme en général et la mort des Noirs aux mains de la police en particulier. Elles suggéraient de faire une pause sur les réseaux sociaux le temps d’une journée de réflexion. «C’est un jour où il faudrait prendre le temps d’une conversation honnête, réfléchie et productive sur les mesures que nous devrions prendre collectivement pour soutenir la communauté noire», ont-elles écrit dans leur manifeste.

Mais les carrés noirs remplaçant les photos habituelles ont été immédiatement récupérés par les usagers d’Instagram et se sont répandus comme une trainée de poudre, attachés des hashtags #Blackouttuesday et #Blacklivesmatter.

Contre toute attente, ces manifestations de soutien ont porté tort aux activistes qui sont retrouvés devant des visuels noirs, au lieu de pouvoir s’informer grâce à ces hashtags, sur les lieux de rassemblement et actions de la police.

Depuis les débuts du Web, le noir a été utilisé en signe de contestation. Le 8 février 1996, dans la première manifestation virtuelle de l’histoire, des milliers de sites ont noirci leurs pages Web en signe de protestation d’un texte de loi, The Communications Decency Act, qui visait à censurer l’Internet.

Hier, Tim Cook, le PDG de la marque à la pomme, a noirci la home page d’Apple, remplaçant les produits avec un lien vers son message contre le racisme, dont voici un extrait:

«Pour amener un changement, nous devons réexaminer nos propres opinions et actions à la lumière d’une douleur qui est profondément ressentie mais trop souvent ignorée. Les questions de dignité humaine ne resteront pas en marge. À la communauté noire – nous vous voyons. Vous comptez et vos vies comptent».

C’est ce que nous avons essayé de témoigner nous aussi avec notre action sur Instagram mais notre geste s’est révélé être contre-productif. Si comme moi, vous avez posté un carré noir sur votre page Insta, il vaut mieux le supprimer, de nombreuses démonstrations aux États-Unis sont prévues aujourd’hui.

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

7 réponses à “#Blackouttuesday: Vous aussi vous avez publié un carré noir sur Instagram?

  1. Après l’étoile jaune, le carré noir?

    Il est lamentable de voir comment un peuple, qui veut régir le monde (et pas que Trump) n’ait aucune idée de ce qui se peut se passer au-delà de sa terre plate!

  2. Bonsoir,

    J’aimerais beaucoup votre opinion.

    Pourquoi les communautés manifestent contre la police, alors que la violence vient de gangs généralement créés autour d’une famille (et donc d’une ethnie).

    Si les policiers sont violents, c’est à mon avis avant tout parce qu’ils crèvent de peur lors d’une interpellation…. tellement la violence des gangs leur fait peur (et nous fait d’autant plus peur).

    Pourquoi ne pas donc mettre un terme à l’omerta et encourager par des manifestations les mères à dénoncer leurs fils qui appartiennent à des gangs, les voisins, etc.

    L’Etat américaine a visiblement perdu son combat contre les gangs, n’est-ce pas au tour de la société civile d’y suppléer et de dénoncer avec force tous les membres des gangs ??

    Les personnes d’origine asiatiques se sont élevées dans les sociétés occidentales dès l’instant où ils ont coupé les ponts avec les triades et autres mafias et mis au ban de leur communauté les membres des yakusas et Cie. Pourquoi ne pas les imiter ?

    Pourquoi ne pas donc commencer par des marches contre la violence des gangs, qui sont à mon avis à l’origine des excès de la police …. Car s’il a indéniablement un climat encourageant la force excessive et le profilage racial, ce que je dénonce avec force, ne faut-il pas en chercher la cause dans la peur des policiers devant la violence des gangs (mon opinion) ?

    1. Avez-vous vu la terrible mort de George Floyd?
      Un policier, main dans les poches, avait son genou posé sur le cou d’un homme incapable de bouger pendant plus de 8minutes! Ce policier n’était absolument pas dans une situation dangereuse, il ne risquait pas sa vie, il ne devait pas se défendre, d’autres policiers étaient debout tranquillement à côté de lui. Sincèrement je ne pense pas que ces policiers étaient entrain de vivre une situation de peur!

      1. Non, je n’ai pas regardé la vidéo d’un homme agoniser à cause de la cruauté d’un policier (assister à la mort en direct d’un être humain m’est insupportable).

        Ma thèse est que ce policier n’est pas né cruel, mais qu’il a adopté un comportement brutal lors des arrestations par peur de la violence des gangs armés. Je ne l’excuse pas en disant cela, mais je dis que le meilleur moyen d’y mettre un terme est de désarmer les gangs et que la société civile dénonce leurs membres.

  3. Je ne nie pas le fait que les policiers vivent sûrement des situations de stresses, des insultes injustifiées, de la provocations….c’est évident. Ils font un métier qui, j’imagine, ne doit pas toujours être facile mais hautement important. Lors de la tragique mort de George Floyd ce n’était pas le cas. Comment est-il possible de soutenir un homme, qui pendant 8min45 avait son genou appuyé tranquillement sur le cou d’un autre homme menotté couché par terre incapable de bouger et de nuire?
    8min45 c’est très long, on a le temps de prendre conscience de ce qu’on fait. Ce n’est pas un acte réactif à une agression ou à une situation de peur. C’est un acte d’un sadisme absolu.

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