La nouvelle fracture numérique n’est pas celle que l’on croit

DIGITALE ATTITUDE. Alors que les écrans se retrouvent dans toutes les couches sociales, ils disparaissent peu à peu du quotidien des plus riches.  

Par le passé, les gouvernements se sont inquiétés du «fossé numérique», l’inégalité entre ceux qui avaient accès aux ordinateurs et à l’Internet et ceux qui ne l’avait pas. Ces derniers se trouvant désavantagés pour acquérir de nouvelles compétences et trouver un emploi. Ainsi des programmes scolaires ont été mis en place pour former les enfants aux technologies de l’information dès leur plus jeune âge.

Mais 20 ans plus tard, alors que les ordinateurs et les tablettes sont quasiment omniprésents, les disparités sociales face au «digital divide» existent toujours, mais dans le sens inverse. Le contact humain et non la technologie est considéré aujourd’hui comme le privilège des nantis. C’est du moins le constat de la journaliste Nellie Bowles, dans un article du New York Times, intitulé: «Le contact humain est devenu un produit de luxe».

Autour des gens peu fortunés, les écrans, popularisés, se retrouvent dans les écoles, au travail, dans leurs foyers et même dans les EMS – où des jeux virtuels sur tablettes occupent les résidents pour soulager le personnel d’animation.

Toutes ces technologies devenues abordables permettent aux institutions et aux entreprises de réduire leurs coûts de fonctionnement et diminuer le nombre d’employés. Nous le voyons tous les jours autour de nous, aux caisses des supermarchés, à la banque, au cinéma, dans les transports publics…

La technologique qui était autrefois réservée aux riches devient donc la panacée des pauvres. Avec des écoles privées pris d’assaut – du moins dans la Silicon Valley – pour leurs cours donnés à l’ancienne où les écrans sont proscrits.

A titre individuel, se passer de son téléphone pendant une journée, quitter les réseaux sociaux et ne pas répondre aux courriels dans l’immédiat – sont les signes extérieurs «d’une classe évoluée», celle qui a compris que ce que nous consultons en ligne, conçus sciemment pour accaparer notre attention, est aussi nocif que de fumer des cigarettes ou de consommer du fast food. «Ce que les riches font moins que les pauvres», rajoute Bowles.

Alors choisir de se passer d’écrans et savoir limiter son temps sur Internet seront les nouveaux enjeux de demain – et toutes les classes socio-économiques sont concernées.

Emily Turrettini

Emily Turrettini

De nationalité américaine et suisse, Emily Turrettini publie une revue de presse sur l'actualité Internet depuis 1996 et se passionne pour les nouvelles tendances.

5 réponses à “La nouvelle fracture numérique n’est pas celle que l’on croit

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