La Suisse, forte avec les faibles et faible avec les forts

Je n’ai pas signé la pétition contre la fermeture des restaurants à 19h., qu’on m’a envoyée par Whatsapp, bien que les soirées-restau en agréable compagnie soient l’un des plaisirs de la vie que j’apprécie le plus. La décision du Conseil Fédéral, dont on verra demain si elle est maintenue, est absurde, mais je trouve difficile de me donner à moi-même l’impression de me ficher comme de l’an quarante de la situation dramatique du personnel soignant. Et surtout, je n’ai pas envie de me tromper de colère.

Le Conseil Fédéral s’est aplati devant les cantons alémaniques et l’économie. C’est il y a plusieurs semaines qu’il aurait dû serrer la vis sur tout le territoire. Le scandale, ce n’est pas qu’on mette tout le monde dans le même sac aujourd’hui, pénalisant au passage les cantons romands. Le scandale, c’est qu’on n’ait pas mis tout le monde dans le même sac quand il était encore temps, qu’on se soit incliné lâchement devant l’égoïsme, le faux libéralisme et les puissances de l’argent.

L’injustice, ce n’est pas de punir maintenant les «bons élèves» – il faut peut-être en passer par là pour sauver toute la classe. L’injustice, c’est que ce pays assis sur son tas d’or n’ait désormais plus d’autre issue que de se montrer fort avec les faibles, pour s’être jusqu’ici montré faible avec les forts.

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen est écrivaine. Son champ d’investigation préféré est celui des rapports entre les femmes et les hommes: un domaine où se manifeste l’importance croissante de la dimension culturelle dans la compréhension des fonctionnements et dysfonctionnements de notre société.

14 réponses à “La Suisse, forte avec les faibles et faible avec les forts

  1. On ne signera pas cette pétition car ce n’est pas les Restaurateurs ni les patrons de télécabine comme ce M. Balet ou de stations huppées qui ont sauvé mon père aprés 2 mois d’hôpital cause COVID !
    Les soignants souffrent !!!

  2. UN GRAND MERCI ! J’ai lu tellement de choses ailleurs qui mêlaient populisme à un soupçon de bêtise humaine que j’avais un peu perdu la foi dans notre espèce.

    Oui, c’est bien triste pour les restaurants mais nous devons les aider autrement. La santé n’a pas de prix et le personnel soignant paie actuellement notre perte de jugement en terme de priorités ces derniers mois.

  3. Vous avez naturellement le droit d’être en colère contre le Conseil fédéral et contre l’économie. Permettez-moi cependant que je suis très en colère contre votre populisme et ce n’est ni un manager, ni un patron qui vous écrit. Juste quelqu’un qui voit depuis longtemps qu’il n’y a du noir et du blanc nulle part. Juste du gris!

    1. Cher Monsieur,
      Vous avez tout à fait raison, malheureusement c’est dans l’air du temps et ces attaques répétées contre l’économie sont inutiles surtout en cette période difficile et incertaines, sans une économie qui fonctionne il n’ y pas de rentrées fiscales pour subvenir aux besoins de la société ( prestations à la personne, aides multiples et variées, hôpitaux…) A part cela je trouve le conseil fédéral un peu pingre dans leurs aides justement pour les restaurateurs et les indépendants, la Suisse a peu d’endettement.

  4. Y a-t-il déjà eu, dans l’histoire du monde, un gouvernement qui ne fut pas fort avec les faibles, et faible avec les forts ?
    Ce qui est sidérant, dans cette affaire, c’est l’incapacité de nos autorités, après un an d’épidémie, de fixer des règles : telle situation épidémiologique donne lieu à tel type de mesure ; tel type de mesure est du ressort de la Confédération et tel autre des cantons ; si un secteur doit fermer boutique au profit de tous, tous l’indemnise, par un mécanisme ad hoc.
    Ce qui est sidérant, c’est que les autorités émettent des recommandations quand elles devraient ordonner. Qu’elles engagent une agence de comm pour gérer l’opinion au lieu de gagner la confiance de celle-ci en disant les choses comme elles sont.
    Cela devient un cirque, une bouffonnerie.
    Alors même si l’on voulait être fort avec les forts, on ne saurait pas le faire …

  5. Moi ce que je trouve le plus choquant ce n’est pas que l’on laisse vivre les hôteliers et les restaurateurs (je suis totalement anti lockdown) c’est qu’on ait refusé de soigner les gens en interdisant aux médecins de prescrire un médicament qui a désormais prouve son efficacité: l’hydroxychloroquine. On aurait pu l’utiliser massivement. Ce n’est pas un médicament miracle mais son efficacité aurait été suffisante pour maîtriser l’épidémie.

    Alors je pose la question: pourquoi cette interdiction d’un médicament qui était vendu sans ordonnance depuis 50 ans au moins ?

    N’y aurait-il pas eu de fortes pressions de l’industrie Pharma, dont on sait qu’elle a une grande influence dans la politique. Surtout en Suisse.

    Les pays africains comme le Mali, ont décidé de traiter les gens à l’hydroxychloroquine et au Mali, pays de 20 millions d’habitants, il y a eu moins de 200 morts !

    Est-ce que ça n’aurait pas été mieux de faire comme le Mali au lieu de condamner à mort (économiquement) les restaurateurs ?

  6. Il aura fallu un virus pour démasquer les cantons comme républiques bananières, chacune à l’écoute de ses lobbies locaux. Un mobile à 26 pièces tenues ensemble par le frileux équilibrage de la Confédération. Un jeu de dupes où en parlant sanitaire on pense portemonnaie et où on n’agit pas, car à ce Mikado le premier qui prend des mesures paie et perd. On serait sans doute en meilleure posture si, après la crise de 2008, on avait eu le courage de créer le fameux fonds souverain, évitant le franc fort et servant de réserve de crise. Une république bananière devrait trouver le courage de planter un bananier !

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