Les privilèges

Je l’ai pris en pleine figure, ce cri du cœur poussé par une femme noire lors d’une des manifestations organisées pour protester contre le meurtre de George Floyd : «Il faut que les privilégiés prennent conscience de leurs privilèges !» Parce que «plus jamais ça !», nous sommes toutes et tous bons à le scander en battant le pavé, parce qu’une signature contre le racisme, c’est facile à donner d’un clic. Beaucoup plus difficile est d’admettre que l’injustice découle de nos privilèges reçus à la naissance, quels que puissent être nos sentiments moraux – en l’occurrence les privilèges liés au fait d’avoir la peau beigeasse tendant vers le rosé.

Depuis des décennies j’essaie de faire comprendre aux hommes qu’aussi épris de justice qu’il soient individuellement, ils sont porteurs, par rapport aux femmes, de privilèges qu’ils n’ont peut-être pas cherchés, voire qu’ils renient, par leurs propos et leurs comportements, mais dont ils profitent quotidiennement malgré eux. Ce n’est pas une question de personnes mais de catégories forgées par la culture et par la société.

Avec les noires et les noirs, j’ai beau m’en indigner, c’est moi qui suis de l’autre côté de la barrière. C’est moi qui jouis de privilèges auxquels je pense rarement, comme de pouvoir mettre mes mains dans mes poches dans un commerce sans qu’on me soupçonne d’avoir volé une paire de chaussettes (exemple faussement anecdotique donné par un artiste noir interviewé récemment dans Le Temps). Je n’y peux rien, de même que les hommes féministes n’y peuvent rien si, dans d’innombrables situations de la vie, leur statut d’hommes leur vaut tacitement un badge de VIP.

Il y a pourtant une chose qu’on peut recommander à toutes et tous les privilégié.e.s de la terre : faire des efforts pour se reconnaître comme tels – la prise de conscience souhaitée par la manifestante. Ça ne suffira pas pour changer le monde, mais ce serait un premier pas.

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen

Silvia Ricci Lempen est écrivaine. Son champ d’investigation préféré est celui des rapports entre les femmes et les hommes: un domaine où se manifeste l’importance croissante de la dimension culturelle dans la compréhension des fonctionnements et dysfonctionnements de notre société.

19 réponses à “Les privilèges

    1. Merci pour votre question, qui me préoccupe depuis longtemps s’agissant des rapports entre les sexes, mais qui concerne évidemment toutes les discriminations catégorielles. J’ai une foi indécrottable en la puissance de la pensée, dans le sens où devenir capable de penser un problème (pas seulement de penser à un problème), avec tous les a priori à première vue invisibles qu’il comporte, est le seul moyen d’avancer dans la direction de sa résolution. Nous sortir de la cage mentale qui nous empêche de voir de quoi un problème retourne. Mais bien sûr, je n’ai pas de solution miracle tout faite. Penser autrement que nous sommes habitués à le faire, ouvrir les yeux, déplacer notre point de vue, c’est ce qu’on nous apprend individuellement à faire dans le cadre d’une psychothérapie, la culture au sens large serait-elle la meilleure thérapie à l’échelle des populations? Nous en sommes loin….

    2. Donner l’exemple ? S’engager à faire du mieux que l’on peut en ce sens ?
      C’est parfois plus facile à dire qu’à faire (effet de groupe, craintes, …).
      Mais ça me semble essentiel d’une part pour être cohérent et d’autre part car justement l’effet de groupe et le mimétisme permet de progressivement atteindre une masse critique.

    3. Quelques pistes pour redistribuer son privilège :
      – mettre en avant les personnes qui n’ont pas ce privilège et amplifier leurs voix (attention à ne pas confondre avec : parler à leur place)
      – reprendre ses proches et les éduquer (si on tient à eux, sinon ne pas perdre son temps ou son énergie)
      – soutenir financièrement/matériellement/publiquement les initiatives et associations qui travaillent sur le terrain pour réduire les discriminations et inégalités
      – continuer à notre auto-examination et notre auto-déconstruction autour de notre culture raciste, colonialiste, validiste et sexiste

      liste non-exhaustive

  1. Prendre conscience de sa propre situation privilégiée n’est guère aisé par un unique effort de raisonnement et de logique. Un évènement plus rude peut y aider. Ce que je nomme « la baffe » et qui m’est arrivé. Certes, les copains et moi, on grouillait de lectures et de conversations sur Marx, Engels, Castro, Mao, etc. et leurs mérites respectifs. Mais cela restait de la théorie.

    Et puis, je me suis retrouvée au Brésil, à l’époque de la dictature militaire. Violente, la baffe. Comparer la petite vie d’étudiante fauchée mais néanmoins sécurisée que je menais en Suisse avec ce que vit la majorité des Brésiliens !!!! Je suis restée une dizaine de mois dans ce pays et me suis retrouvée en Suisse avec la claire idée que, sur une vaste partie de la planète, une vie humaine vaut moins qu’un litre de pétrole. Et ça ne s’est pas amélioré. Depuis, je sais que je suis une sacrée privilégiée par rapport à probablement plusieurs milliards d’êtres humains.

  2. Privilèges ?
    Quels privilèges ?
    C’est toujours votre mentalité universaliste de gauche qui vous fait croire que vous avez des privilèges ?
    C’est bizarre, je croyais que nous étions tous égaux.
    Ce n’est pas là le slogan, pour ne pas dire supercherie intellectuelle, que scande la gauche depuis le berceau ?
    Si vous vous l’avez pris en pleine figure ce “cri du coeur d’une femme noire”, moi il me laisse totalement de marbre.
    Ah bah oui, ça doit être ça un privilège.
    Le gauchisme est une maladie mentale.

    1. “Quels privilèges ?” lanca-t-il, scandalisé.
      Facile à dire quand un inconnu ne nous a jamais mis une main aux fesses dans la rue parce que apparemment notre corps appartient à tout le monde, quand une gérance ne nous a jamais refusé un appartement à cause de notre nom de famille, lorsqu’on ne s’est jamais fait insulté parce qu’on tenait la main de son partenaire en public, lorsqu’on ne s’est jamais vu refuser un poste parce qu’on a toutes les compétences requises mais malheureusement l’entreprise ne peut pas adapter le lieu de travail aux personnes ayant notre condition…
      Notre société est patriarcale, sexiste, transphobe, homophobe, validiste, capitaliste. Elle place les gens sur une échelle, leur accordant plus ou moins d’opportunités en fonction de critères prédéfinis. C’est un fait et ce n’est pas de notre faute en tant qu’individu. C’est de notre ressort en revanche en tant qu’individu de reconnaître l’injustice de ce système et d’œuvrer pour le changer.

  3. Gauche ou droite, ce n’est pas le problème.
    Tout le monde a des “privilèges” ou des “handicaps” par rapport à n’importe qui d’autre.
    Le blanc dit “cis” qui nait dans une famille riche et influente sera “privilégié” par rapport à un autre qui vient d’un milieu défavorisé. Et on peut projeter ça sur tous les cas de figure: niveau social, couleur de peau… nombres de neurones opérationnels (ou pas).
    So what?
    Comme Kris, rien à battre. Chacun s’assume.
    Et avoir “un handicap” et grandir, s’affirmer, progresser et éventuellement réussir impose le respect.
    Pas les gémissements de ceux qui se prétendent “victimisés”. La franchement, no respect at all. Le respect, ça se mérite.

    PDO

    1. Les personnes ayant “un handicap”, comme vous dîtes, ont le droit au respect en tant qu’être humain, point.
      Pas parce qu’elles ont réussi à surmonter les obstacles et difficultés que la société a mis sur leur chemin.

  4. Croire, en 2020, qu’il y a encore une gauche et une droite témoigne d’un niveau misérable de culture politique.
    Confondre la quête de solidarité et de justice avec une maladie mentale témoigne d’un niveau misérable d’empathie.
    Confondre privilège et mérite social témoigne d’un niveau misérable de qualité neuronale.

    Dans ces cas, cécité, imbécillité et dangerosité vont de pair.

    Le niveau du débat dérapant à nouveau à l’instar de ce qui s’est passé chez « Mme Maigret ne va jamais en boîte », je m’en tiendrai à cela et n’y reviendrai plus.

  5. Ma chère Carole,

    Oui c’est dommage que le post concernant “Mme Maigret ne va jamais en boite” ait été clôturé, j’avais une ou deux précisions à apporter dans le but de compléter vos anecdotes.
    Mais ce n’est pas grave. Le sujet est clos. J’aurai certainement l’occasion d’exprimer mes propres expériences de mâle “cisgenre” privilégié à l’occasion.

    Ceci dit, je ne parlais pas que du niveau social: le faire était pointer du doigt quelque chose qui est à la portée de toutes les compréhensions et d’une éblouissante évidence (et qui fait bien partie des revendications de ceux qui se prétendent “racisés” – vous m’excuserez, ce n’est pas moi qui ai inventé ce terme très “novlangue”).

    On peut tout aussi bien parler culture, moralité, créativité… bon je vous laisse compléter la liste des domaines qui vous sembleraient plus ou moins évidents.
    Tout, absolument tout est concerné par les notions de privilèges et de handicaps.

    Ceci dit, vous constaterez que personellement, je n’émets aucun commentaire négatif sur les qualités neuronales d’autres intervenants. Je dis ça, je ne dis rien bien sur!

    PDO.

  6. “Le sujet qui nous intéresse, ce n’est pas de regarder ce privilège qui n’existe pas, mais c’est de constater qu’il y a des gens, en raison de leur couleur, de leur religion, de leur sexe, de leur orientation sexuelle, de leur handicap, pour lesquels l’exercice des droits humains est soit tronqué, soit inexistant. Il y a donc une rupture d’égalité”, a souligné l’écrivaine Tania de Montaigne = https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-reponse-de-lecrivaine-tania-de-montaigne-a-la-lettre-de-virginie-despentes_fr_5edeb043c5b65688515413cd?utm_hp_ref=fr-culture
    Voilà ce qui m’agrée tout à fait, et non ce concept raciste des “privilèges” dans le domaine évoqué – que ce soit le dit privilège blanc dont on parle tant ou le privilège noir dont certains se font les promoteurs jusqu’à exclure toute présence d’autres Couleurs dans les conférences et autres manifestations qu’ils organisent! Le terme “privilège” n’a pas sa place dans le débat qui concerne l’égalité des droits et du respect de tout être humain! C’est la prise de conscience souhaitée par la manifestante qui a employé à tort le mot “privilège” parce que désespérée de voir et de vivre un jour universellement cette égalité reconnue et considérée comme évidente, naturelle.

    1. [En complément de l’avis précédent] Prendre conscience et défendre l’universalité de l’égalité des droits et du respect de tout être humain influence avec souplesse la perception et le rôle de l’Histoire et de la Culture, alors que la seule notion (victimaire pour les uns, de fierté pour les autres) de “privilège” (blanc, noir ou jaune) a une influence rigide et réductrice! L’Histoire et la Culture véhiculent la mémoire pour qu’elle serve le présent et nourrisse l’avenir. Les ombres du passé comme ses lumières sont la matière de cette mémoire. Face à Trump déclarant la «mise en pièces» de la culture américaine par les retraits de statues https://www.20minutes.fr/monde/2118263-20170817-donald-trump-culture-americaine-mise-pieces-retraits-statues ou refusant de rebaptiser les bases militaires honorant des généraux confédérés https://www.20minutes.fr/monde/2797055-20200611-mort-george-floyd-trump-refuse-ceder-bataille-heritage-sud-esclavagiste , devrait être objecté l’égalité de traitement des “vainqueurs” et des “vaincus”!
      Ce n’est par la censure et l’oubli qu’on progresse, tout comme par l’effacement des témoignages et des efforts de recréation sans cesse renouvelés par la lignée d’acteurs et de productions célèbres ou méconnues! Or c’est par la censure et l’oubli qu’agissent ceux qui nient l’égalité des races, tout comme aujourd’hui certains antiracistes! Pour ceux-ci (concernant par exemple le film “Autant en emporte le vent”), “qu’importe la sensibilité propre de l’auteur, en l’occurrence Margaret Mitchell, qui avait à cœur de retracer les souvenirs et sensations du Sud, de la Géorgie et de cette société dont elle était issue. (–) qu’importe que, dans une Amérique encore profondément ségrégationniste, Hattie McDaniel (incarnant le personnage de Mamma) soit la première actrice noire à se voir décerner un oscar,- il est bien trop aisé de la considérer plutôt comme une «négresse de maison», une «bounty», une «collabo», selon la terminologie vindicative à la mode” https://www.lefigaro.fr/vox/culture/censure-d-autant-en-emporte-le-vent-l-antiracisme-rend-desormais-impossible-toute-nuance-20200610 L’Histoire comme maints domaines de l’Humanité (y compris certains pans de la science, connus au moins théoriquement dans l’Antiquité et peut-être exercés par des civilisations disparues) est un éternel recommencement dont seuls la forme et les moyens changent, s’épurent ou s’effacent, parfois aussi vite qu’ils naissent – à l’échelle du Temps! Tout est mouvement et germe, y compris ce qui n’est plus ou ce qui n’est pas encore! C’est le seul privilège de l’être humain d’en être conscient ou d’apprendre à en être conscient – de préférence à tout moment; tout autre privilège est vapeur et impermanence…

  7. Un extrait de « La tentation de l’innocence » de Pascal Bruckner (Grasset 1995) que j’avais déjà publié dans un autre blog mais que je trouve visionnaire tellement son avertissement s’applique à cette course à la victimisation qui caractérise notre époque :

    « (…) la victimisation est la version doloriste des privilèges, elle permet de refaire de l’innocence comme on refait une virginité ; elle suggère que la loi doit s’appliquer à tous sauf à moi et esquisse une société de castes à l’envers où le fait d’avoir subi un dommage remplace les avantages de la naissance. L’inconduite des autres à mon égard est un crime, mes propres manquements des peccadilles, des péchés véniels qu’il serait indélicat de souligner.
    (…) la grande aventure des temps modernes, c’est l’émergence des dominés sur la scène publique, la possibilité pour eux d’accéder à tous les privilège d’une citoyenneté ordinaire. Que de plus en plus de groupes ou de minorités diverses (handicapés, infirmes, personnes de petite taille, obèses, homosexuels, lesbiennes, etc.) luttent pour l’activisme juridique ou politique contre l’ostracisme dont ils sont l’objet est parfaitement légitime (…). Mais le combat contre la discrimination doit se faire au nom du principe selon lequel la loi s’applique à tous avec les mêmes droits et les mêmes restrictions. Si elle pose en préalable que certains groupes, parce que défavorisés, peuvent bénéficier d’un traitement particulier, ces derniers, bientôt suivis par d’autres, seront tentés de se constituer en nouvelles féodalités d’opprimés. ‘S’il suffit d’être victime pour avoir raison, tout le monde se battra pour occuper cette position gratifiante’. Etre victime deviendra une vocation, un travail à plein temps. (…) Parce que historiquement certaines communautés ont été asservies, les individus qui les composent jouiraient donc d’un ‘crédit de méfaits’ pour l’éternité et auraient droit à l’indulgence des jurys. La dette de la société envers telle ou telle de ses parties se transformerait automatiquement en clémence, en mansuétude pour toute personne appartenant à l’une d’elles même au-delà de la date où cette partie cesse d’être persécutée. Que reste-t-il de la légalité si elle reconnaît à certains le privilège de l’impunité, si elle devient synonyme de dispense et se transforme en machine à multiplier les droits sans fin et surtout sans contrepartie ?
    C’est bien une ambiance de guerre civile miniature qui pourrait s’installer, dressant l’enfant contre les parents, le frère contre la sœur, le voisin contre le voisin, le patient contre son médecin, tissant entre chacun des relations de méfiance. »

  8. Il ne doit pas s’agir de victimisation (noire, blanche ou jaune), mais d’expliquer aux générations présentes et futures “que le racisme tue et a tué de manière concrète. C’est à cela que servent les commémorations, c’est à cela que sert le travail d’histoire et les livres” https://www.lejdd.fr/Societe/tribune-le-racisme-tue-souvenons-nous-des-massacres-de-chasselay-de-juin-1940-3974549

    “Racisme : histoire ancienne, conceptualisation récente – Si le terme de « racisme » est apparu à la fin du XIXème siècle, les idées et les pratiques auxquelles il renvoie sont anciennes et ne sont pas l’exclusif des sociétés occidentales. Les Grecs, et à leur suite, les Romains considéraient que les barbares étaient certes des êtres humains mais perçus comme singulièrement inférieurs. Mais d’autres sociétés autour de la Méditerranée ou des sociétés asiatiques ont aussi connu des formes de rejet qui s’apparentent au racisme” https://www.cairn.info/revue-le-sociographe-2011-1-page-12.htm

    “Dès le Congrès de Vienne de 1815, les bases sont posées « pour l’abolition de l’esclavage des blancs aussi bien que des noirs en Afrique », selon les mots de l’Amiral Sidney Smith de la Royal Navy” – https://dis-leur.fr/histoire-la-traite-oubliee-des-esclaves-blancs-en-afrique-du-nord/

    “L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) (—) non fondé sur la race, mais sur le ressentiment éprouvé par le monde musulman à l’égard de la chrétienté à la suite de la reconquista espagnole” https://www.scienceshumaines.com/esclaves-chretiens-maitres-musulmans-l-esclavage-blanc-en-mediterranee-1500-1800_fr_14660.html

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27esclavage
    https://www.infoasie.net/societe/26486-analyse-lesclavage-en-asie-2.html
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_en_Chine

  9. Puisque j’observe que documenter la réflexion par quelques liens ou la source des citations, ne suscitent aucun intérêt, pas même celui de l’Auteure du blog (je déteste le mot autrice pourtant étrangement privilégié par l’Académie! car la sonorité -ice est peu poétique et marque une insistance inutile de l’expression féminine qui demande à être l’égale de celle de l’homme, et non qu’on lui reconnaisse une valeur supérieure), je conclurai par le motif qui me fit ici intervenir abondamment!
    J’aurais pu n’écrire que lire le terme “Les privilèges” m’a rappelé le nombre de fois (jusqu’à l’absurde souvent) où dans ma vie on me traita de privilégié parce que je faisais ci et pas cela, parce que j’étais ou j’avais ci et pas cela, pour un oui ou un non dès lors qu’on me jugeait non conforme à la Norme, voire même sans chercher à savoir le moins du monde ce qui me portait à ci au lieu de ça, et lorsqu’ exceptionnellement je l’expliquais, on se moquait pour sans doute ne pas s’émouvoir! En un mot, cela réveilla mon overdose des mot “privilège” ou “privilégié” qui le plus souvent étaient inappropriés, expression de jalousie ou de sentence, sans le bénéfice du moindre éclairage et donc d’une éventuelle prise de conscience pour moi! Cela m’a rappelé aussi le mur d’incompréhension (au sens de refus d’admettre que cela soit possible) que je vive les mêmes problèmes bien que d’origine différente, voire des problèmes insolubles pour moi alors que résolvables par l’autre! Les apriorismes, préjugés et méconnaissances sont des outils faciles et trop souvent utilisés par le “commun des mortels”, “oeuvrant” par pulsion animal, qu’ils soient homme ou femme, cultivés ou non (un balayeur peut être plus cultivé qu’un professeur du fait de la transmission orale de connaissance et de son ressenti, le professeur plein de connaissances mais froid à toute sensibilité ou ressors de créativité)!. Et lire en plus qu’en tant qu’homme, si je profite chaque jour malgré moi de privilèges par rapport aux femmes, “ce n’est pas une question de personnes mais de catégories forgées par la culture et par la société” Là, c’est le pompon! Ça revient à dire: quoi que tu fasses, en effort et correction, c’est vain puisque tu appartiens de façon immuable à la société où tu es né, si tu es de nature masculine tu ne pourras jamais ressentir la moindre sensibilité féminine, et inversement, etc, etc! Et donc ici, prends conscience que tu es blanc et (pourrait-on presque dire) offre toi en immolation sur l’autel de ta société malsaine! — Plutôt que d’être violent ou pleurant, j’ai préféré réfléchir et répandre quelques semences… impersonnelles! Et voilà, ce n’était ni le lieu ni l’époque de le faire! Écoute “maman” et tais-toi ou polémique comme “tout le monde” froidement. Sans rien regretter mais en m’excusant, je tire ma révérence et promets le silence, sauf inspiration irrépressible… Toutefois, merci d’avoir publié mes gribouillages!

    1. Cher Mich, je vous ai bien sûr lu attentivement avant de vous publier (comme je lis attentivement les commentaires que je ne publie pas), mais un blog, c’est un blog, ce n’est pas une thèse de doctorat (j’en ai fait une, je sais ce que c’est….) et il est impossible de demander à ses lectrices et lecteurs de continuer à débattre indéfiniment sur une chronique par définition éphémère. Je vous remercie de vos contributions et me réjouis de vous lire peut-être à nouveau à l’avenir. SRL

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