Crans-Montana et sa police…

… au cœur du monde.

En haute saison, la cité alpine du Haut-Plateau (Crans-Montana est la résultante de quatre communes fusionnées au 1er janvier 2017; plus Lens et Icogne pour la couverture policière locale) devient la plus grande ville du canton du Valais avec ses 50’000 résidents dont plus de 15’000 habitants.

(2 minutes de lecture – Le féminin est compris dans le texte)

Un véritable défi pour sa Police municipale !

Lieu de prédilection pour les écoles internationales et autres établissements privés ou publics, la station accueille de nombreux visiteurs du monde entier. En totalité, on dénombre plus d’une centaine de nationalités qui se côtoient jour et nuit lors de séjours de courte ou longue durée. C’est pourquoi la Police municipale de Crans-Montana s’est fixé comme prestations prioritaires la proximité et la sensibilisation sur le terrain physique mais aussi sur les réseaux sociaux.

Exemple d’une prestation de proximité originale :

“Cafés avec un policier”

Deux fois par mois en moyenne, le commandant Yves Sauvain en personne, accompagné d’un ou plusieurs de ses collègues, consacre de son temps pour rencontrer la population. “Ce sont autant d’occasions pour être à l’écoute, mieux comprendre notre tissu social et appréhender les préoccupations de chacun. De petites difficultés peuvent se dégrader très vite et devenir extrêmement dommageables si nous perdons le lien et la confiance avec les habitants et les résidents. Elles peuvent contaminer le canton dans son entier et bien au-delà.” précise le commandant Sauvain.

Exemple d’une action de sensibilisation internationale

L’appointé Alain Boschung, quant à lui, fréquente l’école hôtelière Les Roches pour expliquer aux étudiants, ressortissants de 91 pays, que la police est d’abord là pour les protéger. M. Boschung leur décrit les raisons éventuelles qui obligeraient la police d’intervenir jusqu’à eux, ainsi que les contours d’une telle interpellation. Il précise en outre, non sans humour, les conséquences pour chacun. “ J’ai face à moi des personnes qui proviennent de pays où la police est corrompue, violente et pas fiable du tout. Je me dois de les rassurer et de leur présenter les valeurs de notre État de Droit. Je leur confie, enfin, que personne ne nous dérange jamais. ” conclut l’appointé Boschung.

Un Corps de police qui se perfectionne en continu

Pour optimiser ses missions à caractère international, le Police municipale de Crans-Montana propose une formation facultative d’anglais à son personnel (11 personnes sur 22 sont inscrites à ces cours de langue).

Faciliter la relation, l’information et la compréhension inter et multi-culturelles comme autant d’outils pratiques contribuant à prévenir les propagations criminelles, toutes petites et locales jusqu’aux plus grandes et universelles !

 

 

2017 : quelle retraite pour nos policiers ?

Fin 2016, une nouvelle résolution m’est apparue, comme une évidence, lors de l’une de mes dernières interventions de clôture d’exercice d’un Corps de police :

comment mieux bénéficier des compétences de nos policiers seniors !

Pour deux raisons :

  • D’une part, les adversités toujours plus complexes nécessitent maturité et distanciation de la part de nos agents policiers afin qu’ils optimisent leur métier.
  • D’autre part, les savoirs policiers ont considérablement augmenté ces quinze dernières années, mais, se dissolvent au départ à la retraite de leurs détenteurs. Il n’est pas coutume au sein des corporations de polices d’ouvrir des médiathèques, de produire des recherches ou d’autres travaux scientifiques afin de les partager aux nouvelles générations.

Alors que penser des mises à la retraite dès l’âge de 53 ou 56 ans ?

Ces retraites sont méritées et viennent compenser les permanences nocturnes et les mobilisations sur congés. Néanmoins, j’aimerais questionner un tel système qui, finalement, se sépare bien trop tôt, comparativement aux autres métiers de tous secteurs, de policiers au sommet de leur art. D’autant qu’ils sont nombreux ces mêmes policiers qui, une fois pensionnés, du haut de leur flamboyante santé, reconvertissent la somme de leurs savoirs au profit d’intérêts privés… aux buts divergents parfois même contraires à ceux du service public auquel ils ont appartenu… (hic !).

Qu’on ne puisse et ne sache pas cultiver de telles expériences me désole. Quel gâchis humain et financier !

Il suffirait d’élargir les conditions d’âge d’entrée, comme a su le faire, avec succès, la Police cantonale bernoise pour mieux et plus longtemps bénéficier des compétences de nos policiers et offrir à nombre d’entre eux des conditions aussi bonnes que le système actuel, sans surplus d’années de service.

 

 

Détecter les signes avant-coureurs du crime

Les polices cantonales de Soleure puis de Zurich, suivies de Lucerne, de Thurgovie et de Bâle-Campagne misent sur l’organisation de réseaux interprofessionnels de détection et de prévention des dégénérescences des incidents pouvant conduire jusqu’au crime.

Ces modèles d’analyse des risques et de gestion des menaces prédéfinissent l’avenir policier.

La procédure est simple mais pas évidente à instaurer. Pas évident car les milieux policiers traditionnels peinent à accueillir d’autres disciplines et d’autres pratiques. Pourtant, les cantons alémaniques précités l’ont fait et s’en réjouissent.

La méthode ?

Simple et concrète :

les professionnels de tous milieux, témoins d’agissements équivoques ou alarmants, déposent leurs signalements dans un cercle d’analyse, de détection, d’alerte opérationnelle et d’intérêt public.

Réunir les employés des administrations communales, les enseignants, les travailleurs sociaux, les spécialistes de la protection des enfants, les psychologues, etc. autour de la police dans une plateforme d’échanges et de signalements : tel est le but de ce cercle ou réseau d’analyse. Que l’ensemble des partenaires puisse se tenir en alerte autour des risques de dérive que peuvent engendrer, par exemple, les absences scolaires d’un élève turbulent ou des violences domestiques répétées ou encore des plaintes de voisinage.

Comme précisé dans le sujet d’Ariane Gigon, correspondante de plusieurs quotidiens romands à Zurich, « Le partage des compétences (des professionnels de tels réseaux ndlr.) repose sur des bases légales réglant notamment la question du secret professionnel et de la protection des données. »

J’approuve, j’encourage et j’accompagne la mise en place de ces systèmes d’analyse pour autant que les responsabilités soient clairement définies et réparties. Pour les partenaires de la police, il ne s’agit pas de dénoncer mais de partager une inquiétude qui est déposée en un lieu de régulation. Contrairement à la délation qui est une démarche bilatérale, ce système de mise en réseau est animé par une dynamique multilatérale d’autocontrôle démocratique.

J’invite les cantons romands et leurs polices à s’y mettre sans plus tarder.

Libérons les policiers de tout maintien d’ordre !

(3 minutes de lecture)

(Le féminin est compris dans le texte)

Une activité chronophage

Le maintien d’ordre engloutit des milliers d’heures d’entraînement et de présence, fort onéreuses. Ce, au détriment des urgentes et complexes investigations des milieux et réseaux pédophiles, terroristes et extrémistes de tous bords.

Le maintien d’ordre éloigne le policier de ses missions essentielles que sont la prévention, la protection des personnes, l’accueil des plaintes, l’enquête, l’interpellation et la garde à vue (appelée aussi arrestation provisoire ou de courte durée). Voir Habilité du policier suisse.

Le maintien d’ordre n’est pas une nécessité policière

A l’examen des principales compétences de police, notamment celles nécessitant un solide secret de fonction, le maintien de l’ordre est bel et bien une des tâches que l’on pourrait soustraire sans conséquences néfastes. La prestation du maintien d’ordre est étrangère à l’intrinsèque vocation des polices de bien public. Elle se réfère à des tactiques militaires et fait appel, dans les situations extrêmes, à des modes opératoires qui s’apparentent à une forme de guérilla urbaine.

Qui pourrait s’en charger alors ?

Des agents d’Etat assermentés, autres que policiers, pourraient se charger des opérations de maintien d’ordre, accompagnés qu’ils seraient de quelques policiers judiciaires ou tacticiens.

Par exemple, en Suisse, les Assistants de Sécurité Publique Niveau 3. (ASP3), moyennant un complément de formation, seraient tout à fait aptes au maintien d’ordre lors de manifestations publiques ou sportives. Ils seraient encadrés par des policiers expérimentés qui, le cas échéant, procéderaient aux contrôles, fouilles ou interpellations. Ces ASP3 sont des auxiliaires de police aux compétences variées (voir l’exemple genevois). Il sont uniformés et armés.

Quatre avantages d’intérêt public

Je vois quatre avantages à libérer nos policiers de terrain de tout maintien d’ordre lors des manifestations publiques.

  1. Soulager les ressources humaines et les dépenses publiques. Transférer le maintien d’ordre préserverait les forces policières judiciaires, d’enquête, de proximité, de prévention des violences et déprédations, de sensibilisation et de protection de l’environnement.
  2. Encourager et faciliter l’entraide intercantonale. Les différentes directions et corporations de polices pourraient plus facilement mettre à la disposition de leurs pairs et voisins le personnel non policier affecté au maintien de l’ordre sans obliger les policiers en exercice à interrompre le fil des enquêtes et des procédures en cours.
  3. Élargir le rayon dissuasif. Confier le maintien de l’ordre à des agents professionnels (exemple : les ASP3 – voir plus haut) et/ou à des miliciens de sécurité publique formés et assermentés permettrait encore de diversifier l’identité des interlocuteurs de sanction et par là même de renforcer la dissuasion.
  4. Maintenir l’autorité de l’État de Droit. Ces agents d’État s’investiraient, en dehors des mobilisations de maintien d’ordre, dans diverses tâches de surveillance, de protection et de rétention. Les Assistants de Sécurité Publique le font déjà dans plusieurs cantons. Ainsi, la parenté policière d’une commune ou d’un canton s’en trouverait enrichie.

Le profilage policier…

… ou le contrôle de faciès est un dilemme de sécurité publique.

(3 minutes de lecture – le féminin est compris dans le texte.)

Une résolution a été développée par plusieurs polices européennes !

Il est essentiel que le policier puisse nous interpeller (tout un chacun), nous retenir physiquement et temporellement, vérifier notre identité et, suivant l’intérêt commun, nous conduire au commissariat. Nous tolérons cette intrusion dans nos vies parce que les policiers, lors de leurs assermentations, jurent fidélité à l’Etat de Droit que nous avons constitué au fil des générations et que nous contribuons à entretenir chaque jour ; ne serait-ce que par le paiement de taxes et des salaires de la fonction publique.

Dans notre démocratie, le policier est donc autorisé à limiter nos droits, à contrôler notre identité, à restreindre momentanément notre liberté de mouvement.

C’est alors que le dilemme tend sa jambe.

D’une part, comme on vient de le constater, le policier interfère dans nos droits fondamentaux. D’autre part, il en est le garant. Mandaté qu’il est à défendre de toutes les forces que nous lui accordons d’appliquer, en toute proportionnalité, ces mêmes droits fondamentaux.

Comment résoudre ce contre-sens ?

Vous en conviendrez, ce croisement d’intérêts n’est pas simple à gérer et parfois périlleux si l’on en croit les images tournées récemment à Lausanne – attention, hors contexte – où l’on distingue une patrouille de policiers malmenée par un groupe d’individus avant que des renforts ne surviennent.

Une déformation professionnelle à la peau dure.

Au fil des décennies, il a été constaté que les contrôles sur la seule apparence ou sur le comportement social n’étaient pas probants et qu’ils ne permettaient pas de cerner les présumés coupables d’une infraction ou d’une agression. Au contraire, les policiers se perdaient, une fois sur deux, dans des pistes stériles, imprécises et hasardeuses. Les institutions de polices ont fini par admettre ce demi-échec.

Comment faire pour contrôler avec discernement et sur la base de signalements objectifs, prévenir et appréhender, tout en respectant les fondements de nos vies communes, et préserver nos références de droit et nos garanties constitutionnelles ?

Comment éviter le profilage racial qui engendre, à terme, les radicalisations et les hostilités communautaires ou religieuses ?

A ces dilemmes éthiques, plusieurs polices européennes, en partenariat avec des associations de juristes, s’y sont attelées et ont développé une idée originale :

le récépissé de contrôle.

Ce récépissé est simple et concret. Il se présente sous la forme d’un petit formulaire papier ou électronique dans lequel est précisé le type d’échange vécu entre le représentant des forces de l’ordre et la personne appréhendée. Une explication notifiée et concertée qui fait beaucoup de bien aux différentes parties et clarifie d’éventuels malentendus. En Espagne et au Royaume-Uni, ces quittances de bonne conduite donnent déjà entière satisfaction et augmentent, selon les polices, l’efficience de leur travail. Cette méthodologie a aussi pour objectif de lutter contre les discriminations internes aux corporations. Ces dernières entretiennent bien souvent une sous-culture sournoise et néfaste de la compétition, de la performance et de collecte des trophées dans ce qui s’apparente parfois à de véritables chasses à l’homme.

Enfin, face à l’argument qui affirme que remplir de tels formulaires prend du temps, l’officier de police espagnol, David Martín-Abanades, prétend, qu’au contraire, le gain de temps est notable et que la démarche toute entière favorise les bonnes arrestations et permet une nette diminution des contrôles inutiles. Les policiers espagnols étaient tout d’abord sceptiques. Aujourd’hui, ce procédé est bien accepté. L’arrestation paraît alors plus légitime aux yeux du policier. De plus, les donnés obtenues grâce au récépissé offrent un aperçu conséquent des motifs pour lesquels les individus sont contrôlés.

Les polices des Pays-Bas sont parvenues aux mêmes conclusions.

A suivre.

Lente agonie des vertus policières françaises ?

Le retour des oiseaux migrateurs confère à notre printemps un air de désinvolture. Les sujets d’actualité, quant à eux, se sont ultra-sédentarisés, comme s’ils restaient figés dans les pages les plus sombres de notre histoire.

En France, l’Etat d’urgence régurgite son lot d’abus, de violences et d’immaturités policières.

C’est ce que nous révèle le rapport de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), publié en mars 2016. Cette ONG internationale est réputée pour son indépendance et sa rigueur. Elle compte parmi ses membres actifs des fonctionnaires d’armée et de police de tous rangs.

L’enquête en question est préoccupante, pour deux raisons. D’une part, la légitimité et l’exemplarité des polices de la République voisine sont compromises, notamment aux yeux des jeunes générations. D’autre part, les forces de polices françaises semblent ne point disposer d’outils pour résoudre leurs propres carences.

Chaque institution publique doit pouvoir compter sur des organes d’évaluation critique, et si possible, indépendants.

La menace terroriste

Actuellement, sur nos terres européennes, je distingue quatre axes de prévention et de lutte contre le terrorisme :

  1. Harmonisation des codes juridiques et judiciaires d’un pays à l’autre.
  2. Sécurisation et échanges des paramètres informatiques entre pays dotés des instruments adéquats (les 28 membres de l’UE ne sont pas égaux dans leurs moyens).
  3. Conduite de missions opérationnelles et d’investigations sur le terrain par l’enquête, la récolte d’indices probants et la neutralisation des personnes dangereuses ou potentiellement dangereuses.
  4. Information, sensibilisation et promotion des expériences et réflexions socioculturelles dans les cercles scolaires et les milieux associatifs.

Cette dernière action est capitale. Elle solidifie les trois premières.

“A quoi sert de nous battre si nous asséchons nos valeurs culturelles et morales ?” Avertissait Churchill au coeur de la deuxième guerre mondiale. Les mêmes propos ont été tenus par les défenseurs armés de Sarajevo qui subissaient le plus long siège de l’histoire de la guerre moderne (du 5 avril 1992 au 29 février 1996). Les mauvais gestes policiers, extrêmement dommageables, répertoriés dans le rapport de l’ACAT-France desservent non seulement la prévention des menaces terroristes mais aussi et surtout l’esprit constitutif de nos démocraties.

Nos constitutions sont forgées dans le respect et la protection des intégrités et des libertés humaines, sociales et culturelles.

Résolution & innovation

Peut-on, enfin, imaginer voir des policiers, actifs du bout à l’autre de la chaîne sécuritaire – radieux dans le sauvetage d’un animal domestique et hargneux dans l’usage de la force proportionnée -,  intervenir dans les cycles scolaires obligatoires ? Accompagnés de tous les volontaires de la démocratisation active, les animateurs socioculturels, les soignants, philosophes, théologiens, etc… ; ils témoigneraient, ensemble, de la complexité de la lutte antiterroriste, à toute échelle : temporelle, informatique, juridique et géographique.

Et, par la même occasion, ces agents du service public pourraient se valoriser personnellement et restaurer les essences des polices d’Etat de Droit… avant qu’elles n’agonisent.

Maillon après maillon

(Le féminin est compris dans le texte)

Facilitons les initiatives de démocratisation active ; jusque-là plutôt portées par les animateurs socioculturels.

Prévenons les entraves à la sécurité, à la salubrité et à la tranquillité publiques jusque-là plutôt opérées par les agents de sanction.

Après les correspondants de nuit de Vernier ou de Lausanne,

des médiateurs nocturnes voient le jour à Yverdon-les-Bains.

Ces personnes volontaires sont comme des maillons hybrides et se situent entre l’action sociale et la police. Ils se distinguent des professionnels tout en revêtant un rôle officiel. Ce sont des citoyens dont les compétences sont reconnues par les autorités et l’administration publiques. Ils portent un gilet avec le sceau de l’Etat et sont dotés de moyens relationnels et techniques.

Ils débutent leur mission sur la voie publique ce vendredi 11 mars, de 22h00’ à 02h00’, et complètent ainsi la longue chaîne sécuritaire des acteurs sociaux : concierges, agents d’exploitation, employés d’édilité, surveillants, agents pastoraux, travailleurs sociaux, assistants de sécurité publique, inspecteurs sanitaires, policiers. Alors même que ces derniers inaugurent et clôturent la fabrication démocratique – à la fois par la surveillance des urnes de votations et d’élections jusqu’à l’arrestation la plus périlleuse -, ils n’ont pas à craindre que ces médiateurs uniformés ne fractionnent leurs pouvoirs. Au contraire, le champ d’intervention des policiers régionaux du Nord vaudois, ou du canton, sera jalonné de sentinelles bienveillantes et attentives. En même temps, il est utile de rappeler, ici, que les médiateurs nocturnes ne sont pas des indicateurs de police, ni des sous-traitants pour les éducateurs de proximité. Ces personnes de tous âges et de toutes origines sont totalement indépendantes et non astreintes au secret de fonction.

La police des transports, par exemple, partage déjà sa visibilité avec les parrains de gare. Les expériences sont concluantes.

Nous assistons donc à l’émergence d’une nouvelle faculté citoyenne. A l’heure où l’engagement associatif classique se raréfie, nous ne pouvons que nous en réjouir.

Un temps sabbatique pour les policiers

(2 minutes de lecture – Le féminin est compris dans le texte)

Nous sommes très satisfaits de nos polices.

Année après année, les études réalisées par l’Académie militaire et le Center for Security Studies de l’EPF de Zurich le démontrent.

https://www.news.admin.ch/message/index.html?lang=fr&print_style=yes&msg-id=57451

En leurs qualités organiques, les polices l’emportent même au palmarès de la confiance que la population accorde à nos institutions et à nos autorités, devant les tribunaux et le Conseil fédéral. Il en est de même, en Europe de l’Ouest, pour tous les métiers liés au secourisme.

Ce succès d’appréciation est une excellente raison pour encourager la transition professionnelle.

Nos analyses de pratique signalent une démotivation du policier suisse après six ou sept ans d’exercice. L’agent de pouvoir se met alors à douter des institutions qui l’emploient et finalement du bienfondé de son action. Il est à la fois jeune (dans l’exercice de sa fonction – non par son âge) et expérimenté. Il connaît son métier mais souffre d’un manque de reconnaissance de la part de sa hiérarchie. Il subit une pression administrative perçue comme une entrave dans sa réalité quotidienne faite d’imprévus, de peurs et d’urgences. C’est à ce stade temporel des carrières que l’on enregistre le plus grand nombre de cassures psychologiques, de frustrations et de désillusions ; avec pour conséquences, des fautes ou des erreurs qui portent préjudice aux personnes interpellées et, finalement, aux policiers eux-mêmes.

 

Une vacance professionnelle pour se sentir mieux et régénérer ses ambitions.

14167952993_6c7359241e_z

(Photo libre de droit)

Ce serait donc l’occasion d’offrir à l’agent de la fonction publique un séjour professionnel dans un autre service d’Etat, dans une institution ou une entreprise ; à l’exemple d’un hôpital universitaire (accueil, sûreté, service patients, etc.), d’un centre d’accueil pour requérants d’asile, d’une entreprise frontalière ou internationale comprenant, en sus, un apprentissage linguistique. Le policier bénéficierait ainsi de nouveaux horaires et pourrait se perfectionner dans des habilités complémentaires. Pour les Corps de polices de petites tailles, un tel stage peut être compensé par un échange de personnes au sein même de la commune ou du canton ; cela concernerait des employés assermentés et actifs dans certains services fiscaux ou d’inspection du travail.

Encourager l’échange pluridisciplinaire c’est renforcer l’employabilité et les compétences des policiers.

Si les ambassadeurs des institutions les mieux cotées du pays se mettaient à la disposition d’autres services étatiques et d’entreprises tierces, nous gagnerions un regain d’intérêt en faveur du bien public et des métiers policiers en général. Le secteur privé l’a déjà compris.

La police du XXIème siècle

Les polices sont façonnées par les territoires, les législations et les besoins.

Les voies terrestres ont mobilisé des gens en armes (gend-s-arme-s-rie) chargés de la protection des voyageurs et des exilés. Les concentrations urbaines ont nécessité l’organisation de polices de sûreté puis de proximité afin d’enquêter sur les causes des maux de société ou des épidémies. Les réserves naturelles et animalières ainsi que la protection du patrimoine ont vu naître des corporations de gardes-faunes et de gardes champêtres.

Enfin, dans notre pratique quotidienne, nous côtoyons tous des polices de caractères d’écriture et des polices d’assurance.

Toutes ces polices entrent en force lorsqu’il s’agit de verbaliser une prestation publique ou un flagrant délit, d’établir des faits, d’officialiser un engagement d’état civil ou une assermentation étatique.

Fort de ces acquis, comment imaginer le futur de nos polices ?

Flippetouche © 2010

Prévisions

  1. – Les polices des territoires. Ce seront les plus tourmentées. Aujourd’hui, leurs tâches sont dévolues aux corps de gardes-frontières. Une coordination européenne se dessine mais suffira-t-elle à faciliter l’accueil croissant des migrants ?
  2. – Les polices environnementales se laissent découvrir par les graves et prédominantes atteintes à l’intégrité de notre terre nourricière. Elles naîtront dans la douleur et seront chargées de la protection des eaux potables ou de la détection des origines d’une pollution jusqu’au tri des déchets.
  3. – Les polices composées, pluridisciplinaires et para-civiles, seront les plus captivantes d’un point de vue gestion institutionnelle. Elles représentent aujourd’hui déjà un immense défi managérial. Elles seront polyvalentes et devront être capables de faire face aux incessantes métamorphoses économiques et numériques. Les organisations criminelles et terroristes ne les ont pas attendues pour sévir.
  4. – Les polices judiciaires verront leurs niveaux de connaissances augmenter et devront s’associer aux facultés universitaires de Droit international.
  5. – Les polices scientifiques se sont profondément transformées ces vingt dernières années. Elles bénéficieront encore davantage de l’évolution de la médecine.
  6. – Les polices communautaires – appelées polices des étrangers dans certaines régions – surtout présentes en Amérique du Nord se ré-inventeront. Elles s’investiront dans les quartiers périphériques sensibles des mégapoles et s’engageront aux côtés d’animateurs socioculturels dans des programmes d’intégration et d’éducation.
  7. – Les polices para-fonctionnelles, communément appelées polices d’ordre ou de sécurité publique, subsisteront mais verront leurs critères de sélection bouleversés par les nouvelles technologies. La robotique, les sciences bioniques et génétiques, les combinaisons exosquelettes, pour ne citer qu’elles, nous obligeront à revisiter notre rapport à la force physique. Les flics qui se la jouent « musclor » s’en iront – enfin – d’eux-mêmes et laisseront place à d’autres tacticiens de défense et d’arrestation. Apparaîtront alors nombre d’ingénieurs au secours des possibles défaillances corporelles de nos patrouilleurs de grands chemins.

Captivant. Non ?

Le Père Noël de nos policiers

2 minutes de lecture

… est sans nul doute de sexe féminin, sans limite d’âge ni de taille…  en tous lieux.

Là où les comportements de repli et de surprotection compriment nos libertés et nos curiosités universelles, les polices doivent ouvrir leurs portes et leurs fenêtres, puiser de nouveaux savoirs et tisser autant de partenariats civils, culturels et scientifiques que possible.

La Suisse compte des dizaines de corporations de polices, toutes tailles confondues. Cela peut sembler trop dans le besoin de concentrer les moyens face aux menaces terroristes. Sauf que toutes les expériences physiques et sociologiques nous permettent de constater que le “nombre” est relatif et que bien souvent son taux élevé consolide le tissu social plutôt qu’il ne le prétérite. Réduire le nombre de wagons d’un train n’augmente pas (nécessairement) la sécurité des passagers. Dans bien des cas, il vaut mieux intervenir sur les flux horaires, la formation du personnel ou encore dans les technologies de freinage. Diminuer la quantité d’institutions de polices n’empêchera nullement qu’au sein de celles-ci des brigades, des unités spéciales ou des niveaux (plafonds) de responsabilités entravent la circulation des liens.

Confédération de polices

Notre confédération d’Etats est un système de régulation génial parce qu’il permet de diluer les pouvoirs néfastes et de prévenir les abus personnels.

Il en est de même pour nos polices.

Réponse équilibrée : qu’un commandant ou qu’un intendant d’instruction de police allume les peurs des citoyens ici, d’autres, là-bas, nuanceront son parti pris et maîtriseront ses excès.

Innovations de polices

Innovations et résolutions sous le sapin

de nos corporations policières

 

La somme des intelligences et la variété des points de vue favorisent l’innovation et encouragent l’ingéniosité que nous devons déployer pour contrer les manœuvres criminelles. La multiplicité des corporations ne doit pas empêcher le regroupement de certaines d’entre elles et encore moins la coordination et la juxtaposition des renseignements internationaux.

Résolution judiciaire : créer un langage commun de communication et définir au sein de chaque corps une politique stricte d’échange, de lecture, d’interprétation et de compréhension des renseignements.

Résolution opérationnelle : constituer un réservoir d’agent-e-s employables et pouvant rapidement renforcer les effectifs des autres corps lors de grands événements.

Que nos polices créent au sein de leurs corporations des espaces pluridisciplinaires de Recherche & Développement – action appliquée.

Exemple pratique et concret : ne plus confier à un sous-officier fatigué, deux ans avant sa retraite, une compilation du système radio… mais collaborer, en prestation de service, avec des Hautes écoles spécialisées.

Idée : pourquoi ne pas organiser un corps de policiers miliciens en soutien auxiliaire des titulaires dans les situations exceptionnelles ? … plutôt que de recourir à l’armée qui est soumise à un autre code pénal et à d’autres juridictions.

Cadeau : un Laboratoire d’idées !

La création d’un Laboratoire d’idées serait le cadeau 2016 le plus régénérant que l’on puisse offrir à nos polices !