Le gouvernement chinois veut siniser les religions

 

La reprise des cultes est l’occasion pour le gouvernement chinois de les autoriser seulement sous condition de « prières patriotiques ». Adopté en 2015 déjà et réaffirmé par le président Xi Jinping en 2017 lors du 19e congrès du parti communiste chinois, le plan de « sinisation » doit rendre compatible la religion avec la culture communiste chinoise. Cela concerne toutes les religions : le christianisme (catholiques et protestants), le bouddhisme, le taoïsme et l’Islam. Pour les catholiques, les directives passent par les évêques dépendants du Vatican et par les fonctionnaires de l’Association patriotique. De cette manière, le Président à vie Xi Jinping cherche à asseoir un peu plus son pouvoir et veut créer une sorte de « secteur public religieux » pour qu’il serve l’objectif de pleinement concilier le socialisme et la tradition nationale chinoise. Selon le jésuite Benoît Fernander, professeur de Sciences religieuses à l’université Fudan de Shanghaï. « Les relais du pouvoir doivent insister tout particulièrement sur la sinisation des expressions de la foi, mais aussi des arts, de l’architecture, de la liturgie, sur le développement d’une recherche théologique guidée par la tradition nationale. Mais cela pourrait déboucher sur des conflits sérieux, si les traductions et notes de la Bible devait être modifiées en fonction des consignes du Parti », précise le jésuite qui met aussi en garde contre la volonté de Pékin de mettre la main sur les religions, afin qu’elles ne soient pas des terrains de dissidence. Il rappelle aussi que le Parti croit pouvoir mettre en place une religion civile fondée sur le culte de la mère patrie et les valeurs socialistes… Cela rappelle les écrits du philosophe et économiste français Saint Simon qui se fonde sur une religion de la science et la constitution d’une nouvelle classe industrielle (1760-1825).

Ces jours, suite au déconfinement en Chine, un avertissement a été lancé à l’Eglise catholique. Le gouvernement de la province de Zhejiang près de Shanghaï, a adressé une directive aux institutions catholiques locales, l’une officielle, l’autre dépendant du Vatican, de faire des prêches sur le patriotisme. Cité par l’agence de presse asiatique UCA News, le Père Liu , de la province de Hebei, terre de forte tradition catholique, s’insurge : « En tant que membre de l’Eglise catholique universelle nous ne pouvons accepter et glorifier ce que le gouvernement communiste considère comme l’éducation patriotique ». Fin 2019, le Président Xi Jinping est allé exhorter les responsables religieux, à retraduire leurs textes sacrés pour les rendre plus conformes à l’idéologie du Parti… La province du Zhejiang est particulièrement visée par cette offensive antireligieuse car elle possède une forte communauté catholique. Chasse aux croix, églises détruites, car « non autorisées », disparitions mystérieuses d’évêques… Un acharnement qui s’explique par la défiance qui confine à la paranoïa, du parti communiste à l’égard de la religion chrétienne, « elle représente une menace d’ingérence étrangère, explique Emmanuel Lincot, spécialiste de l’histoire politique et culturelle de la Chine. De plus la ville de Wenzhou a de forts appuis hors de Chine, elle a connu une forte diaspora et conservé des liens puissants avec elle. » Les protestants seraient encore plus nombreux que les catholiques et sont confrontés aux mêmes problèmes.

En 2018 le Pape François avait conclu un accord provisoire avec le gouvernement chinois l’autorisant notamment à élire les évêques catholiques. Un pas audacieux très critiqué surtout par le vieux cardinal Joseph Zen venu en personne à Rome pour lui expliquer le danger que courait l’Eglise catholique. Les négociations ont ralenti certes, mais François s’en remet au « temps de Dieu. » Le cardinal Zen d’ailleurs, qui habite Hong Kong, essaie aussi d’être un médiateur pour empêcher que la situation ne tourne en un conflit violent et dévastateur. Il conseille la prudence aux hongkongais.

Enfin, on ne peut parler de jésuites en Chine sans mentionner le plus connu et admiré de tous, Matteo Ricci (1552-1610), Li Matou en chinois, qui s’intégra pleinement dans la langue, la culture et la société chinoise d’alors qu’il admirait sous la dynastie des Ming. Il est encore vénéré aujourd’hui. Peut-être, c’est ce qu’attend le président chinois des chrétiens…

 

 

 

 

 

China First en Afrique

 

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           « China First » en Afrique….

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion. Christine von Garnier, Dr. en sociologie politique, 27 avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                           « China First » en Afrique….

La migration chinoise vers l’Afrique inquiète l’Occident qui voit la Chine prendre la place des anciennes puissances coloniales et des Etats-Unis. En effet, elle tend à devenir une puissance dominatrice postcoloniale, un néocolonialisme en quelque sorte, qu’elle réfute. Et pourtant ! Un coup d’œil sur la carte du continent africain avec ses Routes de la Soie qui mènent presque toutes à de nombreux port à l’est et à l’ouest, qu’elle a améliorés ou construits pour l’exportation, est très suggestif. C’est une toile d’araignée pensée et planifiée il y a déjà 30 ans au moins. L’ensemble de ce projet d’infrastructures sera terminé en 2049. Il coûtera 1000 milliards de dollars, soit 1,3 % du PIB mondial et impliquera 126 pays donc aussi le sud de l’Europe et quelques pays en Asie (Global 2019/2020).Il n’y a pas que des financements chinois dans ces infrastructures, mais aussi américains et européens dont la Suisse, des pays arabes, des secteurs privés, et bien sûr les banques de développement dont on espère qu’elles suivent les Objectifs du Développement Durable (ODD). On y lit toutes les ressources principales dont la Chine a besoin pour son développement : divers métaux, uranium, cobalt, pétrole, gaz, bois, etc.), avec aussi, entre autres, des voies ferrées, des pipelines, un câble sous-marin reliant l’Europe et le Pakistan. Impressionnant ! Mais il y a le piège de l’endettement pour plusieurs pays africains…

Contrairement à ce qu’on pense, la Chine n’est pas totalement étrangère au continent africain. On a découvert des céramiques chinoises à Tombouctou, une carte chinoise datant de 1389 (Infoguerre, février 2020). Il y a eu d’autres contacts plus tard avec la grande flotte de 200 bateaux de l’amiral Zheng He en Afrique du l’Est. Mais c’est sous Mao que l’immigration moderne a commencé pour diffuser l’idéologie communiste et par solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur indépendance. L’idéologie communiste a été une façade. Ces peuples, surtout en Afrique australe, l‘ont utilisée pour se libérer des colonisateurs, mais leurs valeurs tribales et religieuses ne s’y sont pas accommodé.

Aujourd’hui, selon Jeune Afrique (11.02.20), 2.5 millions de « passagers » se rendent chaque année en Afrique depuis la Chine ce qui montre l’intensité des échanges commerciaux. Il y a aussi plusieurs milliers d’étudiants Africains en Chine qui n’y sont pas toujours bien accueillis. Cependant le Chinois le plus connu et apprécié dans toute l’Afrique est Jack Ma, le fondateur du site d’achat en ligne Alibaba dont il s’est retiré pour créer sa propre fondation. C’est un Bill Gates chinois qui veut faire du bien. Dès l’arrivée de l’épidémie du coronavirus, il a décidé de livrer un million de kits de tests et 6 millions de masques à l’ensemble des pays africains. Il s’entend bien avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (aussi prix Nobel de la paix) qui laisse les avions chinois atterrir à Addis Abeba. L’OMS ne les a pas interdits malgré la pandémie, autorité chinoise oblige…De là, Ethiopian Airlines dispatche ses cargaisons dans chacun des pays du continent, corona virus ou pas.

Jack Ma joue la carte de la solidarité entre nations émergentes et affirme que « l’Afrique peut faire encore mieux que la Chine ! ». Alors que Bill Gates subventionne les institutions (OMS, Unicef, ONU) en milliards de dollars et aussi pour la recherche d’un vaccin, Jack Ma, membre du parti communiste chinois, se fonde sur l’urgence du coronavirus et sur l’entreprenariat, « où l’on doit se battre et rester créatif ». Plusieurs chefs d’Etat africains et ministres n’ont pas résisté aux généreuses offres pécuniaires offertes par des Chinois pour s’installer et acheter des mines, forêts, droits de superficie, ce que font d’ailleurs aussi les multinationales. Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées, surtout privées, opérant dans des secteurs diversifiés. Elles occupent surtout des Chinois pas forcément qualifiés, qui ne retournent pas chez eux, si ce n’est pour chercher une femme chinoise, car ils se mélangent peu avec la population. Des organisations locales de commerçants et d’industriels voient la présence chinoise comme une menace et dénoncent une concurrence déloyale. C’est un fait, les Chinois ne savent pas ce que sont les droits d l’homme – où l’auraient-ils appris- et n’ont jamais vu fonctionner une démocratie. Et ce n’est pas le président Trump qui va le leur apprendre… Par contre, dans certains pays, ils ont à faire à des Africains qui ont lutté contre les anciens colonisateurs en invoquant les droits de l’homme et qui les connaissent mieux qu’eux. Ils parlent d’une invasion. Christine von Garnier, Dr. en sociologie politique, 27 avril 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Goodbye South African Airways

Goodbye South African Airways…

Le nouvelle est tombée il y a quelques jours, la South African Airways (SAA) ne volera plus. Une excellente compagnie fondée sous la colonisation anglaise de l’Afrique du Sud en 1934 ! Quand elle a été remise à la nouvelle Afrique du Sud de l’ANC en 1994, elle était en bonne santé, présente dans de nombreux pays du monde. Il aura fallu presque 30 ans à l’ANC pour la détruire…Incompétences, sans doute, mais aussi corruption sous le président Zuma et le siphonage par des hauts cadres de l’ANC. Bien que le gouvernement sud-africain ait tenté à plusieurs reprises de la renflouer, la SAA n’a pas pu continuer. C’est la fin d’un des fleurons de l’Afrique du Sud, d’autres suivront comme Escom (électricité) par exemple car tout ce qui est « occidental » semble voué à la déconstruction.

Tentons une explication : il y a deux ans, l’Union Africaine (UA) à Addis Abeba qui regroupe 56 pays d’Afrique, alors sous la présidence du rwandais Paul Kagame, avait décidé que le continent ne devait avoir qu’une seule compagnie d’aviation et qu’une monnaie. Le tout d’ici 2069. Le président actuel de l’UA est le sud-africain Ramaphosa qui doit avoir subi des pressions de l’UA. En effet, il faut rappeler que la Chine avait généreusement offert de payer la construction du grand bâtiment de l’UA où on a découvert par la suite qu’il y avait des micros partout ! De plus le président Kagame est sous influence des Chinois qui sont très présents au Rwanda. Donc on peut supposer que le président Ramaphosa et l’ANC ont été fortement influencés par la Chine qui place ses pions partout sur le continent africain et dans les grandes organisations internationales comme nous le constatons. La disparition de la SAA qui atterrissait à Zurich, a un goût amer pour les millions de personnes qui l’ont utilisée.

 

 

En Ethiopie, les deux batailles:Covid-19 et les criquets

 

Le 13 avril dernier, les Nations Unies ont annoncé leur vive inquiétude concernant l’invasion des criquets pèlerins en Ethiopie qui sévissent depuis plusieurs mois dans toute la Corne de l’Afrique. Des milliards de criquets se sont ainsi abattus ces derniers mois, dévastant l’agriculture et les pâturages dans une région où 25,5 millions de personnes sont déjà dans une grave insécurité alimentaire.

Comment sont-ils arrivés là ? Ce sont les pluies abondantes qui ont favorisé leur reproduction et l’Organisation des Nations Unies craint même que ce fléau devienne vingt fois plus grand dans les mois à venir. Une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire. En effet, le criquet pèlerin est l’insecte le plus destructeur au monde : un essaim d’un kilomètre carré peut manger autant de nourriture que 35 000 personnes en une journée…

La FAO a demandé 139 millions d’Euros pour livrer cette bataille. De nombreuses organisations humanitaires réclament aussi des aides immédiates. « Si aucune action rapide n’est entreprise pour lutter contre cette infestation, nous ferons face à une situation encore plus catastrophique dans les mois à venir », a déclaré le directeur régional d’Action contre la Faim en Afrique de l’Est, Hajir Maalim.

Comme de nombreux pays en Afrique, l’Ethiopie a déclaré l’état d’urgence sanitaire à cause du Covid-19. Mais la bataille de la pandémie vient compliquer l’acheminement des denrées alimentaires et les pesticides. A la huitième plaie d’Egypte (et de la Corne de l’Afrique), s’ajoute en plus le Covid-19 que nous avons créé nous-mêmes… Jusqu’où ira-t-on ?

 

 

Le Nobel de Paix Dr Denis Mukwege en Afrique il faut agir vite sinon ce sera l’hécatombe…

Prix Nobel de la Paix 2018 : Dr.Denis Mukwege, en Afrique, il faut agir au plus vite pour éviter une hécatombe….

Le Dr Denis Mukwege dans un discours retentissant à Oslo (voir blog déc. 2018) avait bien montré toutes les injustices et insuffisances en RDC ce qui lui avait valu d’être menacé de mort. Celui qui « répare les femmes et les petites filles violées », est connu mondialement. Il vient de prendre position sur le covid-19 en Afrique qui touche maintenant la moitié de l’humanité (voir Le Monde Afrique du 28 mars 2019). C’est vrai que ce vaste continent semblait bien résister en comparaison avec l’Europe. Pourtant, c’est avec frayeur qu’il voit ce nouveau coronavirus toucher presque tous les pays du continent africain. Si les mesures de prévention se multiplient partout, celles mises en oeuvre en Afrique sont difficilement applicables dans la plupart des pays pauvres et vivant en grande partie dans une économie informelle. « Mettre une distance entre nous est un luxe », titre un article du Temps (25.03.19). Dans son hôpital de Panzi à l’Est de la RDC, le Docteur Mukwege dit toute son inquiétude à un journaliste du Monde, mais il s’énerve aussi de constater les disputes en France au sujet de la chloroquine. « Mieux vaut administrer un médicament dont on n’a pas encore toutes les garanties, mais dont on a vérifié son inoquité depuis longtemps, que de laisser mourir une personne ».

Selon les statistiques dont il dispose, le Dr Mukwege appelle à s’impliquer pleinement pour contrer la pandémie, car il s’attend au pire. Sur 54 pays en Afrique, 43 sont déjà touchés et cette tendance se renforce. L’Afrique du Sud est très frappée avec 400 cas, l’Algérie 230, le Maroc 143, le Sénégal 79 à fin mars. Mais ce sont aussi ceux qui disposent de test de dépistage.

Ce n’est que le 19 mars, avec 50 cas et 4 décès, que le gouvernement de la RDC a pris conscience de l’urgence pour arrêter la propagation. Kinshasa, épicentre de la maladie, a été isolée des provinces. La population est sensibilisée à la notion de distance sociale… Des cellules de crise sont créées partout.

Ne désespérons pas de l’Afrique. Avec sa population jeune, robuste et créative, et peu de vieux, elle s’en tirera peut-être mieux que dans d’autres continents….

Un destin commun des peuples de la Méditerranée

 

Le vaste espace méditerranéen charrie une grande diversité de contextes politiques, sociaux, culturels et religieux. L’infatigable pape François a poussé les responsables de l’Eglise catholique à assumer leurs responsabilités politiques et sociales tout autour de la Mare Nostrum où il y a des conflits, même des guerres, des inégalités et des migrants qui y perdent souvent leur vie. C’est ainsi que 58 évêques de 19 pays du bassin méditerranéen se sont réunis pour un échange historique à Bari (Italie) du 19 au 23 février. Le président de la Commission des Episcopats de l’Union Européenne, le cardinal Jean-Claude Hollerich, a bien résumé l’impression générale : « Finalement, François nous montre que Dieu n’est que dans le réel et qu’il faut se salir les mains ». Sartre aurait approuvé…

Les participants ont eu à cœur de partager leurs préoccupations avec leurs confrères, souvent à mille lieues de leurs réalités, des échanges qui comblent une lacune fondamentale, s’ils veulent promouvoir que « les peuples de la Méditerranée partagent un destin commun ». Témoignage de l’archevêque de Tunis : « La première chose qui m’a surpris, c’est de voir combien nous étions des étrangers les uns pour les autres. Nos missions sont parfois opposées : l’Europe doit accueillir les migrants qui débarquent sur ses rives, alors que moi, mon travail c’est de retenir les migrants d’Afrique subsaharienne qui veulent traverser la Méditerranée et de leur expliquer que tout n’est pas facile en Europe et qu’ils ne trouveront pas forcément du travail ».

Les évêques européens ont écouté attentivement aussi les représentants du Proche-Orient qui ont expliqué leurs expériences de coexistence avec les fidèles musulmans. Ces échanges leur ont montré une réalité méditerranéenne souvent bien sombre : la guerre en Syrie, une immense tragédie, le chaos en Irak et en Libye, l’exode des minorités chrétiennes face aux persécutions des fondamentalistes musulmans. Les évêques en sont convaincus : leurs responsabilités sont aussi de créer des espaces de dialogues plus nombreux, de créer des comités interreligieux en particulier avec les croyants musulmans, de faciliter des échanges de prêtres, de favoriser le volontariat des jeunes qui veulent en connaître d’autres de l’autre côté de la mer. L’archevêque d’Alger a précisé : « Dans nos discussions, nous ne pensons pas aux seuls chrétiens, certes nous sommes les pasteurs de nos Eglises, mais aussi de nos peuples dans toute leur diversité ».

Une réunion inédite qui nous interpelle, convoquée par les responsables italiens qui espèrent ainsi bâtir une « frontière de paix ». C’est vrai qu’avec le pape François, on peut s’attendre à tout : en septembre 2018, il avait lancé un dialogue de paix entre les deux ennemis rivaux au Soudan du Sud, le président Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar. Un conflit d’une décennie qui a fait au moins 400 000 morts selon l’ONU et 4 millions de déplacés. Désespéré, François s’était jeté à leurs pieds en les suppliant de penser à leurs peuples et en leur promettant, avec l’archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, de venir au Soudan du Sud quand ils auront fait la paix. Ce qui est arrivé début 2020. Ils se sont demandé pardon mutuellement…La DDC y soutient l’agriculture et la sécurité alimentaire depuis plusieurs années.

Utopie ? Grâce à cet exemple, les évêques du pourtour méditerranéen peuvent aussi espérer atteindre leur but d’une paix méditerranéenne…

 

 

 

Réponse à Cher journal, de Sylvia Ricci Lempen (2)

 

Défendre les femmes, les soutenir, leur donner leur juste place égale dans la société, qui aujourd’hui pourrait refuser cela ? Tous nous devons travailler dans ce sens. Mais ce qui se passe avec Le Temps, c’est que ce combat me paraît être devenu contre-productif.  Il a ses limites et ses auteures ne semblent pas s’en rendre compte ou plutôt elles ne veulent pas se l’avouer et absolutisent leur combat à tout prix.   A force de le forcer, cela devient banal et même ridicule. J’ai quitté la Suisse définitivement (ce que je croyais) en 1967, entre autre, parce que je n’avais pas le droit de vote même après une licence universitaire !  J’ai participé à la lutte de libération de la Namibie comme journaliste et sociologue pendant 20 ans, et ce sont les femmes africaines qui m’ont le plus impressionnées par leurs moyens mis en oeuvre, leur résilience et leur courage à supporter le mal, sans se poser en victimes.

Dénoncer, oui, comme le fait Le Temps, mais cela ne suffit pas,  il faut améliorer la situation, trouver des solutions. La violence de l’homme existe depuis des millénaires. C’est un animal comme la femme, mais c’est plus difficile pour lui de s’humaniser parce qu’il n’enfante pas. A elle de l’aider. Elle peut l’élever, mais aussi le détruire (voir la mante religieuse). Aujourd’hui, dans notre société hyper développée qui analyse tout et recherche la perfection,  la souffrance n’est plus acceptée. Les femmes se révoltent contre cet homme-animal qui ne la comprend pas et la bat. Elles utilisent alors la menace du divorce ou du moins d’une séparation en prenant les enfants.  Abandonner quelqu’un en train de se noyer, c’est le pousser à des extrémités… A elles d’essayer d’adopter une attitude plus compréhensive, ce qu’ont fait nos grands-mères en général…  Mais aujourd’hui elles ne sont pas soutenues par leur environnement sociétal plutôt tout de suite accusateur.

Il y aurait d’autres moyens. Une piste : s’engager pour le climat, de loin la priorité la plus importante. On l’a entendu à Davos avec Simonetta Sommaruga et Greta Thunberg. Ou avec le prix Nobel de chimie Jacques Dubochet dont la merveilleuse photo sur L’Illustré du 15 janvier avec son petit fils dans les bras, montre toute son humanité. Oui un enfant peut faire des miracles. Ce n’est pas pour rien que le fils de Dieu est né. Cela met en route la résilience, le courage et l’amour.  Il y a aussi l’engagement du Secrétaire général de l’ONU Antonio Gutierres  (dimanche 12 janvier à la TV Géopolitis). Egalement les femmes-témoins de résilience comme celles que j’ai vues dans les bidons-villes de l’Afrique australe et tant d’autres d’ici et d’ailleurs qui ne se confinent pas dans le rôle de victimes, mais le dépassent.  Surtout, les femmes, épouses, mères, grands-mères, devraient inspirer le respect par leurs attitudes dénuées de toute jalousie, de toute victimisation, mais animées par le désir de construire un dialogue de paix. Pas facile en effet et parfois impossible. Ringard diront certaines qui ont le jugement facile. Nous sommes égales oui, mais différentes. C’est la biodiversité humaine. Pourquoi accepte-t- on les homosexuels et pas les différences entre hommes et femmes ? Cette égalité qui aplatit tout est terriblement réductrice. Elle n’est pas sans conséquences…

Réponse à Cher journal, de Sylvia Ricci Lempen

Défendre les femmes, les soutenir, leur donner leur juste place égale dans la société, qui aujourd’hui pourrait refuser cela ? Mais ce qui se passe avec Le Temps, c’est que ce combat me paraît être devenu contre-productif.  Il a ses limites et ses auteures ne semblent pas s’en rendre compte ou plutôt elles ne veulent pas se l’avouer et absolutisent leur combat à tout prix.   A force de le forcer, cela devient banal et même ridicule.

>> A lire: Cher journal (Le Temps)

J’ai quitté la Suisse définitivement (ce que je croyais) en 1967, entre autre, parce que je n’avais pas le droit de vote même après une licence universitaire !  J’ai participé à la lutte de libération de la Namibie comme journaliste et sociologue, et ce sont les femmes africaines qui m’ont le plus impressionnée par leurs moyens mis en oeuvre, leur résilience, et leur courage. Dénoncer oui comme le fait Le Temps, cela ne suffit pas , il faut améliorer la situation.

Une piste aujourd’hui : s’engager pour le climat de loin la priorité la plus importante. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutierres l’a bien expliqué dimanche 12 janvier à la TV (Géopolitis). Il faut aussi des femmes, témoins de leurs résiliences, comme celles d’Australie qui perdent leur maison ou Myriam Roth (les glaciers pour combat, LT 13.01).

Surtout, les femmes, épouses, mères, grands-mères, doivent inspirer le respect par leurs attitudes dénuées de toute compétition malsaine, de toute victimisation, mais animées par le désir de construire un dialogue apaisant. Pas facile en effet, parfois impossible. Ringard diront certaines.

 

Elections en Namibie

Elections en Namibie : le parti au pouvoir, la SWAPO, perd des voix…

C’est en 1990 que la Namibie a accédé à l’indépendance sous supervision de troupes de l’ONU auxquelles un contingent militaire médical suisse avait participé. Ainsi libérée de la puissance mandataire l’Afrique du Sud, elle pouvait enfin tracer sa propre voie avec la SWAPO (South West Africain People’s Organisation). Les Namibiens ayant combattu l’apartheid pendant des années, étaient très au courant des Droits de l’homme, ce qui a eu pour conséquences que ce pays a passé les 20 premières années de son indépendance dans le respect de leur Constitution modèle et des minorités, malgré une majorité écrasante des Ovambo au Nord du pays.

Mais les vautours planaient dans le ciel namibien, très friands de ses richesses : l’uranium et le lithium pour les Chinois, la Corée du Nord et l’Iran entre autres, vestiges des amitiés passées du mouvement de libération ;  les diamants (De Beers et Cie, Afrique du Sud) ; les ressources pélagiques où Russes et Espagnols notamment se servaient en toute impunité. Sans oublier la richesse que représentent les fonds phosphatés dans l’Océan atlantique, convoités par des multinationales de l’agro-alimentaire, mais que les Namibiens ont pu défendre jusqu’à présent. La splendeur du pays attire aussi des touristes du monde entier, surtout parce qu’il n’y a pas de djihadistes. Comme l’Afrique du Sud, la Namibie est un pays encore très chrétien et l’Islam y est peu présent.

Les résultats des élections qui ont eu lieu le 27 novembre par vote électronique, se sont fait attendre pour différentes raisons. Tout d’abord l’ambiance morose du pays frappé par une récession économique grave comme bien d’autres pays en Afrique, mais surtout par la sécheresse. Des observateurs connaissant ce pays à la beauté saisissante,  n’ont jamais vu du bétail si maigre qui, à l’est, meure à cause du peu de fourrage. Ensuite, des voitures étatiques ont manqué pour aller chercher les urnes dans certaines régions lointaines. En effet, la Namibie est un immense pays,  une fois et demie la France, pour 824 269 km2 et 2,5 millions d’habitants, principalement concentrés au nord près de l’Angola.

L’ancien président Hage Geingob, 78 ans, un Damara, a été réélu, mais il a perdu 31 % des voix qu’il avait récoltées 5 ans auparavant, et l’Assemblée nationale a elle aussi perdu 21 %,  n’ayant plus les 2/3 nécessaires pour diriger seuls le pays. Comme presque partout en Afrique, le gouvernement a succombé aux sirènes de la corruption introduite surtout par des Chinois, mais Areva (uranium France) n’était pas en reste), sans parler d’autres multinationales. Deux ministres, dont celui de la pêche, Bernhard Esau,  ont été contraints démissionner pour avoir touché 10 millions de dollars de la part d’une entreprise islandaise, rapporte Wikileaks. Mais que cela cache-t-il ? Deux opposants ont divisé la SWAPO : M. Venaani, 42 ans, déjà candidat aux élections passées (Mouvement démocratique populaire) et un ancien membre de la SWAPO, Pantuleni Itula 62 ans, accusé d’avoir bradé les richesses du pays, soutenu par les jeunes surtout intéressés par l’argent et qui n’ont pas connu la lutte pour l’indépendance.

Que va devenir la Namibie avec cette perte d’influence de l’ancien mouvement de libération la SWAPO ?  Le changement climatique, les prédateurs des richesses, la perte de la conscience des Droits de l’homme par les jeunes surtout,  le peu de respect du droit international par les grandes puissances, Trump et Chinois en tête, ne sont pas des bonnes fées pour son avenir qui risque de prendre un chemin chaotique. La même évolution se fait jour en Afrique du Sud. L’ANC est divisée, minée par le clan  mis en place par l’ancien président Zuma, l’Ubuntu de Mandela (prendre soin de tous) s’efface devant l’égoïsme individuel. Le président Cyril Ramaphosa a fort à faire pour se maintenir en place.

La région sud du Sahel s’enflamme…

La région sud  du Sahel s’enflamme

Pendant que la droite et certains verts romands se chamaillent à propos du mouvement Extinction-Rébellion et de son icône Jacques Dubochet, plusieurs pays en Afrique sont de plus en plus atteints par une sécheresse impitoyable qui fait mourir hommes et bêtes. En plus, comme le décrit la NZZ du 29 octobre, la région sud du Sahel est en train de s’enflammer. Entendre par là, depuis la chute du pouvoir Kadhafi, le nombre de conflits, de destructions, de morts, ne cessent de s’aggraver. En cause, l’avancée des islamistes et les changements climatiques qui favorisent la peur, la pauvreté, la corruption, les conflits interethniques, les migrations. Mali, Burkina Faso, Tchad, Niger, totalisent à eux seuls 75 millions d’habitants, auxquels  pourraient s’ajouter bientôt le Ghana et la Côte d’Ivoire. Une immense région, aussi grande que l’Europe (le Nigéria mis à part). Les efforts de l’armée française Barkhane, à laquelle se joignent les armées locales aidées par quelques militaires allemands, ne viennent pas à bout de ces explosions de violences (voir blog Burkina Faso du 28 oct.). 80 % des personnes vivent dans une extrême pauvreté, 40 % des enfants de moins de 5 ans sont sous alimentés. Beaucoup de jeunes sont sans travail et sans perspectives d’avenir. Les migrations sont leur seule possibilité.  Le climat se réchauffe une fois et demie plus vite qu’ailleurs. Les femmes ont en moyenne 4-5 enfants, ce qui annule le progrès de la croissance. Les gouvernements semblent paralysés, souvent noyautés par la corruption ; les fonctionnaires veulent rester au pouvoir si bien que certains gouvernements sont devenus menaçants envers leur peuple.

Berlin et Paris sont conscients des dangers qui couvent depuis longtemps. L’UE a investi 12 milliards d’Euros depuis 2010 pour la sécurité et le développement de cette région. Mais c’est au cours de la réunion du G7 qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel ont enfin décidé de lutter plus efficacement contre le danger terroriste. Même la Suisse y a investi 100 millions de francs chaque année comme aide au développement. Et pourtant, le ministre de la Défense du Burkina Faso Moumina Cheriff Sy n’a pas hésité à dire que les engagements des Européens n’ont eu aucun effet… La ministre de la Défense française Florence Parly vient d’effectuer la tournée de plusieurs de ces états pour se rendre compte sur place de cette situation explosive et a assuré une aide militaire supplémentaire avec des militaires européens dès 2020. Elle ne veut pas laisser le champ libre aux djihadistes, a-t-elle affirmé.

Alors ? Il est temps de comprendre qu’il faut aussi aider cette grande région à créer des perspectives d’avenir par la formation et des places de travail. Rouvrir les centaines d’écoles qui ont été fermées et  établir des hôpitaux qui fonctionnent. Mais il faut beaucoup de courage et la bonne volonté des gouvernements, ce qui n’est pas toujours acquis. Les djihadistes savent très bien comment déstabiliser un pays. Ils s’y prennent actuellement de la même manière en Erythrée et au nord du Mozambique. Ils avancent partout comme des fourmis-soldats et, avec les changements climatiques, cela ne fait qu’empirer. Jacques Dubochet a raison de nous secouer, car il y a des dangers qui s’accumulent partout.