Sous le Rwandais Paul Kagame, une nouvelle Union Africaine ?

La 30e session de l’Union Africaine (UA) qui s’est tenue les 28 et 29 janvier 2018 à Addis-Abeba s’est terminée, selon le communiqué, par des décisions « remarquables » qui paveront le chemin de l’agenda jusqu’en 2063 : continuation de la lutte contre la corruption,  réalisation d’une seule compagnie aérienne sur tout le continent, vitale pour atteindre une « Afrique intégrée, prospère et paisible » d’ici 2063. Elle favorisera le tourisme industriel, la croissance économique, la création d’emplois. 23 états sur 55 se sont déjà déclarés prêts à réaliser cet objectif.

Succédant au président guinéen Alpha Condé, le président rwandais Paul Kagame a été élu à la tête de l’UA. Il a la réputation d’être autoritaire, efficace et excellent stratège, ce qui lui permettra d’affronter les dossiers chauds : la corruption donc, la sécurité et la paix en Libye, en Centre Afrique, en RDC et au Burundi, au Soudan du Sud et dans la zone sahélienne frappée par des attaques récentes. Il souhaite la mise en place de la libre circulation des personnes (avec un seul passeport africain comme en Europe) et le libre-échange. Il saura sans doute redonner un élan à cette institution qui ronronnait dans son coin. Malgré les mots blessants de Donald Trump envers Haïti et les pays africains (« ces pays de merde »), il est le seul Africain à l’avoir rencontré au Forum de Davos avec lequel il s’est « bien » entendu. Le Rwanda est très proche d’Israël qu’il s’est abstenu de condamner à l’ONU sur la question de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale. Il ouvre ainsi la porte aux Israéliens qui sont d’ailleurs déjà très présents sur le continent là où il y a des diamants…Le Rwanda entretient également d’excellentes relations avec la Chine, l’Inde, les Emirats Arabes Unis et Singapour.

Les Américains  ont aussi des visées en Afrique, mais sont plus discrets que les Chinois. En effet, ces derniers ont construit en 2012 le magnifique bâtiment de l’UA « don de la Chine aux amis de l’Afrique ». Mais récemment, des informaticiens ont découvert que tout le bâtiment était truffé de micros et autres instruments informatiques et que les serveurs transmettaient tout à Shanghai depuis 6 ans… Ce sont des ingénieurs algériens qui ont effectué les réparations. Mais la secousse a été sérieuse pour les chefs d’Etats et ministres africains peu au courant de ces méthodes informatiques ! Un ancien fonctionnaire de l’OUA (1963-2002) ne s’est pas énervé : «Les Chinois sont là 27 heures sur 24, on laisse faire et on ne dit rien ». Selon Le Monde, d’autres puissances ou organisations internationales avaient ou ont encore leurs services secrets pour espionner.

L’UA, qui était jusqu’à présent sous perfusion des bailleurs de fonds internationaux devra, dès 2018, financer 40 % du budget de l’institution – 770 millions de dollars – ce qui sera difficile, car à part l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigéria et l’Egypte, les autres pays sont de mauvais payeurs. Certains arrivent même aux rencontres bisannuelles avec des sacs plein d’argent ! Mais le président Kagame, et le président de la Commission de l’UA, le tchadien Moussa Faki Mahamat, veulent y mettre de l’ordre et améliorer la gestion. « Sans indépendance, l’Afrique n’est rien du tout, avec son indépendance, elle peut être tout », affirme le Tchadien. Les rémunérations des 1174 employés de l’UA restent basses, loin de celles des fonctionnaires de l’ONU, 5000 $ par mois, à moins d’être  à la tête d’une des 7 commissions de l’UA qui couvrent tous les domaines importants du continent.  Cela procure ainsi la possibilité à l’UA de se profiler au niveau international et c’est aussi ce que recherche Paul Kagame : hisser le continent africain au même niveau institutionnel que l’Europe. Cependant, il est vrai que tous les fonctionnaires ne sont pas modestes. La Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, ex-femme du président Zuma, qui était à la tête de la Commission de l’UA (2002-2014), recevait 3 millions de dollars de son pays en plus du salaire de l’UA. Cette générosité s’expliquait par le fait que le président Zuma comptait sur elle pour gagner l’élection de la présidence de l’ANC, puis celle du pays. Zuma ayant été forcé par son parti de démissionner le 15 février 2018,  Cyril Ramaphosa, un ancien syndicaliste puis homme d’affaires, est élu président de l’ANC, puis de l’Afrique du Sud. Il a été longuement ovationné au Parlement du Cap lors de son discours sur l’état de la nation. La démocratie et l’Etat de droit ont vaincu le désordre. Cela aura sans doute des répercussions positives sur l’UA et le reste du continent, surtout en RDC où l’Eglise catholique défie ouvertement le gouvernement Kabila qui emprisonne ses prêtres et jette des bombes lacrymogènes dans les églises en pleine messe.

Monusco en RDC : une Algérienne à l’honneur

Mme Leila Zerrougui a été nommée représentante spéciale et cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (RDC). Elle succède à M. Maman Sedikou du Niger dont la mission s’est terminée ce 1er janvier. Mme Zerrougui a plus de 30 années d’expérience dans les domaines de l’état de droit et de la protection des civils, ainsi que des compétences en matière de gestion et de leadership. Son parcours de vie est exceptionnel. Elle est donc bien préparée pour ce poste, car elle a été aussi Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflits armés de 20012 à 2016, et Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général à la Monusco, de 2008 à 2012 où elle s’est efforcée de renforcer l’état de droit et la protection civile (RDC). Cette Algérienne hors norme, née en 1956 et diplômée de l’Ecole nationale d’administration à Alger, a d’abord mené une longue carrière en Algérie où en 2000, elle a été nommée à la Cour suprême.

Etre cheffe de la Monusco qu’elle connaît, va être extrêmement délicat. Ce contingent de l’ONU est présent en RDC depuis 1999 et comprend 18 000 militaires et policiers, 4000 civils et un budget de 1,4 milliards de dollars par an. C’est la mission la plus onéreuse de l’ONU à cause de l’instabilité permanente dans ce pays depuis l’ère Mobutu qui n’a connu que des conflits internes et externes. Au début décembre, 15 casques bleus tanzaniens de la Monusco ont été tués et 53 autres blessés, par des hommes lourdement armés et bien organisés à Semuliki dans le Nord-Kivu. Un combat qui a duré plusieurs heures auquel un détachement de l’armée congolaise (FARDC) est venu porter secours. Antonio Gueterres, le Secrétaire général de l’ONU, était outré. Qui sont ces criminels qui osent s’attaquer à une mission de paix ? Un observateur de la région de Beni pense que ces attaquants étaient soutenus par des force extérieures.

La RDC aujourd’hui est devenue un pays chaotique avec des zones de non droit où des bandes armées ou des groupes aidés par des pays voisins (Ouganda, Rwanda) se livrent au pillage des ressources et des habitations. Malgré la fin de son mandat, en décembre 2016, le président Joseph Kabila reste au pouvoir grâce au report continuel des élections qui aujourd’hui ont été repoussées pour la 3ième fois en décembre 2018… D’ici là, les observateurs craignent que les groupes armés forment une coalition. Dans la région de Beni, mais aussi à Kinshasa, les populations sont confrontées à des assassinats, des enlèvements et des pillages. La barbarie à l’état pur avec des armes modernes provenant de pays européens et asiatiques. Leur but, déstabiliser le pays. A qui cela profite-t-il réellement ? Des réfugiés congolais en Suisse répondent : aux élites qui nous ont sacrifiés, au clan Kabila qui possède les principales ressources du pays et qui a la mainmise sur les réseaux stratégiques du pays, à certaines multinationales plus ou moins complices (anglaises, américaines, chinoises, suisses, etc.) et des banques (voir blog du 9.01.2018)

C’est dans ce contexte instable et violent que l’Eglise catholique a décidé de prendre résolument position contre Kabila et son équipe présidentielle, alors que jusqu’à présent, elle avait joué le rôle de médiatrice. Elle est la seule institution encore efficace qui apparaît comme un rempart face à la dérive autocratique du pouvoir, d’autant que l’opposition, depuis la mort récente de son leader historique Etienne Tshisekedi, est décapitée. Elle plaide pour le respect du droit et des personnes. Deux manifestations récentes de laïcs catholiques organisées pacifiquement à fin décembre et début janvier, ont été réprimées par la force, les gaz lacrymogènes jusque dans les églises, et même des tirs à balles réelles. L’Union Européenne, pourtant lasse de toujours réclamer des élections conformément à la Constitution, vient de les exiger haut et fort en menaçant de supprimer tout soutien. Elle est évidemment violemment critiquée par les hommes en place qui ressortent leurs litanies anticolonialistes.

C’est dire la tâche extrêmement difficile de Mme Leila Serrougui  pour sauver les plus vulnérables, les femmes, les enfants, et ses propres troupes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

République démocratique du Congo: le clan Kabila se croit éternel

 

Deux réfugiés congolais en Suisse pleurent de douleur et d’amertume… ils viennent d’apprendre qu’une nouvelle manifestation a fait 8 morts officiellement. Elle a eu lieu le dimanche 31 décembre à Kinshasa en particulier, à l’appel de catholiques laïques. Elle fait suite aux manifestations de septembre 2016 qui avaient fait au moins 50 morts dans le pays. Les manifestants demandaient déjà des élections et le départ de Kabila après deux mandats. L’Eglise catholique de RDC, majoritaire dans ce pays chrétien à 80 %, avait alors accepté une médiation entre le pouvoir et le peuple. Il avait été décidé en décembre 2016, d’un commun accord, qu’il y aurait des élections à fin décembre 2017, une année pour donner le temps au gouvernement de les préparer. Mais la Commission électorale a de nouveau  décidé de les reporter une nouvelle fois à décembre 2018…La démocratie manipulée.

Les laïques catholiques ont alors décidé d’organiser une marche d’opposition au président Kabila le dimanche 31 décembre pour exiger l’application intégrale de l’accord de sortie de crise d’il y a un an qui prévoyait le départ de Kabila avant la fin de 2017 et des élections présidentielles. Mais le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, l’a interdite avec des prétextes fallacieux. De nouveaux morts, une centaine de personnes arrêtées à Kinshasa dont deux prêtres, et 41 dans le reste du pays. Un policier a été tué. Les forces de sécurité congolaises ont chahuté des messes dans des églises à coup de gaz lacrymogènes. Mais quelques prêtres ont continué de dire la messe. Coupures internet, déploiement sécuritaire, barrages policiers, les autorités congolaises ont sorti l’artillerie lourde pour étouffer ces marches pacifiques des catholiques contre le chef de l’Etat, malgré l’appel des Nations Unies et de chancelleries au respect du droit de manifester. Même l’AFP a été menacée de mort par un officier congolais.

Le clan Kabila qui possède les principales ressources de ce pays, mines, terres, entreprises,  se croit éternel parce qu’il a la main mise sur les réseaux stratégiques du pays avec l’aide « d’hommes d’affaires », de certaines multinationales complices (anglaises, chinoises, américaines, françaises, suisses), de banques et d’états. C’est tout un empire économique, politique et familial que Kabila a construit depuis son accession au trône présidentiel en 2001. « On arme et on manipule des jeunes désoeuvrés qui ne peuvent plus travailler ni étudier. Pour 20 dollars, vous pouvez manipuler qui vous voulez, dénonce Mgr Muyango. Nous sommes dans un état d’insécurité permanente au sud Kivu : braquages de véhicules, pillages, assassinats. L’anarchie et l’absence d’état règnent qui favorisent la résurgence de bandes armées dans un pays mal gouverné. Ce climat social, politique et économique favorise la balkanisation ».

Global witness a découvert en juillet 2017 que 750 millions de recettes minières se sont évaporées du Trésor public entre 2013-2015. Et d’ajouter : « Si l’argent continue à être siphonné vers des réseaux parallèles liés au pouvoir en place, la crise politique au Congo ne fera que d’empirer ».  Mais le peuple patient depuis longtemps vient de le montrer, il ne supporte plus cet état de fait déstabilisant et dangereux pour l’évolution de la société civile. On peut se poser la même question que se posait déjà Cicéron à Rome un siècle avant notre ère ! « Jusqu’à quand abuseras-tu du pouvoir Catilina ? » Rien ne change !  La même chose vient de se passer au Zimbabwe avec Mugabe,   en Angola, à un degré moindre, avec Dos Santos, en Afrique du Sud avec Zuma qui dilapide les richesses de ce grand pays et veut mettre son ex-femme au pouvoir pour jouir d’une impunité. Au Nigéria, cela a mené à Boko Haram, etc.

A qui cette déstabilisation actuelle de l’Afrique profite-t-elle ? A cette question, nos deux réfugiés congolais répondent : « Aux élites qui nous ont sacrifiés. Et encore à l’Occident, et aux pays communistes Chine et Corée du Nord en tête »

 

 

La Russie perd le contact avec le premier satellite angolais, puis le retrouve deux jours plus tard…

 

Un satellite africain ! Il y a de quoi lever les yeux au ciel… Le 27 décembre 2017, la Roscosmos Space Agency (russe) publie une photo montrant le décollage d’une fusée Zenit-2sb transportant Angosat-1, premier satellite angolais de télécoms. La fusée est partie de Baïkonour au Kazakhstan le 26 décembre. Mais la Russie en a perdu le contact. De fabrication ukrainienne, « ce satellite reposait dans un entrepôt depuis plus de trois ans dans l’attente de son lancement sans cesse repoussé, ce qui a pu entraîner sa dégradation », a expliqué à l’AFP l’expert Vitali Egorov. Evidemment, cela fait craindre un nouveau revers un mois après la perte embarrassante d’un autre appareil. Cet échec, s’il est avéré, serait d’autant plus dommageable pour la réputation de la Russie car elle vise les « marchés émergents » en proposant un accès « bon marché » à l’espace.

L’Angola et la Russie avaient décidé en 2009 déjà de lancer Angosat-1 dont la mission d’une durée de 15 ans, avait pour but d’améliorer les communications par satellite, l’accès à internet et les services de radio-télévision en Afrique. Pour cela, environ 50 ingénieurs angolais ont été formés au Brésil (à cause de la langue portugaise), mais aussi en Chine et au Japon. La Russie devrait superviser le tout à partir d’un centre de contrôle construit près de Luanda… Tout cela pour un coût estimé à 280 millions d’euros. Si ce but est certes très important, on peut se demander à qui il profite réellement ? Des 21 millions d’habitants de l’Angola, la moitié vit avec moins de 2 dollars par jour. Ce sont avant tout les Russes, les Chinois, les Américains ou autres entreprises étrangères qui font de bonnes affaires. Ils mettent la charrue avant les bœufs, car le plus important pour les Angolais, c’est une réforme de l’agriculture pour manger à leur faim, l’électrification de tout le pays, l’éducation pour tous et la formation professionnelle pour les 40% de jeunes sans travail. L’Angola produit beaucoup de pétrole, des diamants et construit des infrastructures. Mais actuellement, ses revenus ont considérablement diminué à cause de la baisse du prix du brut. De plus, comme dans d’autres pays d’Afrique, la corruption gangrène tout le système. Le président sortant Dos Santos, encore président du MPLA au pouvoir, est accusé d’avoir pillé les revenus de l’Etat. C’est ce qui est arrivé au Zimbabwe avec Mugabe, en RDC avec Kabila et pourrait arriver avec Zuma en Afrique du Sud…  – Deux jours plus tard, le 29 décembre, la Russie annonçait avoir retrouvé le contact…

 

 

 

De la Rhodésie au Zimbabwe: petites histoires avec des Suisses

Le Zimbabwe, anciennement Rhodésie du Sud jusqu’en 1980, était l’un des greniers de l’Afrique australe, exportant blé et maïs. Son indépendance s’est faite en deux temps, d’abord sous la  présidence forcée de Ian Smith en 1965, déclarée unilatéralement (UDI), puis en 1980 conclue par les accords de Lancaster (Londres). Cette indépendance a été sanglante comme dans les trois pays d’Afrique australe : l’Angola, le Mozambique, la Namibie, soutenus par le bloc communiste. C’était l’époque de la guerre froide que se faisaient l’Est et l’Ouest par peuples interposés en Afrique. Il est vrai que cela n’a pas vraiment changé aujourd’hui avec Poutine et Trump…

Mugabe, Issu d’une famille catholique,  a fait ses classes en partie chez des missionnaires suisses d’Immensee (Lucerne), puis dans le prestigieux collège jésuite de Kutoma, non loin de Harare. Quoique minoritaire (15 % de la population contre 75 % d’Anglicans et protestants), l’Eglise catholique a toujours eu une très grande influence sociale parce que la majorité de ses évêques et les catholiques en général ont soutenu et soutiennent majoritairement le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) fondé en 1999 par Morgan Tsvangirai. Quand il se battait contre Ian Smith, Mugabe portait ostensiblement un chapelet dans sa poche et le priait dans ses déplacements en voiture… Il semble que le jésuite Fidelis Mukonori  ait été son conseiller pendant des années et qu’actuellement il joue un rôle de médiateur entre lui et les officiers de l’armée. Mais pour autant, cela n’a pas empêché Mugabe de se débarrasser de l’archevêque de Bulawayo, Mgr Ncube, connu pour son franc-parler, le faisant accuser faussement d’adultère. Après la publication en janvier 2011 d’une lettre pastorale des évêques du Zimbabwe demandant de travailler pour le Bien commun du pays,  plusieurs prêtres furent emprisonnés.

Le 19 novembre 2017, de nombreuses Eglises du Zimbabwe demandent alors le départ du président Mugabe,  invitant la population «à s’abstenir de toute action anarchiste et massive qui ne pourrait que faire empirer la situation politique », et réclamant avec insistance « qu’une transition vers une démocratie normale soit mise en place sans passer par les armes ». Malheureusement en 37 ans, le pays a subi une lente descente aux enfers malgré les mises en garde répétées de l’opposition et des institutions internationales. Le départ forcé des fermiers blancs a conduit à la ruine alimentaire. Une grande partie des terres avaient été données aux combattants de la liberté qui, faute de compétences, les laissèrent en friche. D’autres furent données comme « cadeaux » à des ministres et des proches du gouvernement qui en firent leurs résidences secondaires…

Une autre personnalité qui a joué un rôle important sur le chemin de l’indépendance est  le fils de Ian Smith, Alec, *le mouton noir », qui n’était pas d’accord avec son père. Parti étudier en Afrique du Sud, il a  commencé à se droguer, par désespoir sans doute.  C’est alors qu’il a rencontré des Suisses du Réarmement moral de Caux (aujourd’hui Initiative et Changement) qui ont réussi à le convaincre de retourner en Rhodésie et d’amener son père à rencontrer  Mugabe… Ce qui arriva ! Ian Smith invita le *terroriste Mugabe » qu’il avait combattu, chez lui à la maison pour discuter. Alec est devenu par la suite l’aumônier des deux armées réunies des « terroristes » et des Blancs. Il a écrit un livre retentissant : »Tu seras mon frère ». Il est sans doute contre-productif de critiquer  cette passation de pouvoir comme étant illégale. Il vaut mieux investir massivement dans ce pays qui sort d’un enfer et pourrait devenir un exemple d’une « démocratie normale » pour les autres dictateurs en Afrique. Espérons-le !

Le Mozambique et Pyongyang

C’est vrai qu’on peut s’étonner des moyens financiers de Pyongyang qui construit missiles et futures bombes à la chaîne. C’est que la Corée du Nord envoie ses citoyens travailler dans d’autres pays pour des salaires de misère dont elle empoche le 80 %… En Pologne par exemple ou dans des pays asiatiques ou africains comme instructeurs militaires. Ses diplomates en Afrique, notamment au Mozambique, sont liés au trafic de cornes de rhinocéros et de défenses d’éléphants pour se payer leurs salaires !  Le kilo de corne de rhinocéros vaut 60 000 dollars ; une défense d’éléphants entre 6 à 7000 dollars. Des réseaux mafieux sont ainsi établis depuis des décennies où les assassinats ne sont pas absents comme celui du défenseur des éléphants, le Sud-Africain Wayne Lotter le 17 août dernier ou récemment du maire de Nampala Muhamudo Amurane, qui combattait la corruption au Mozambique. On peut penser que Chinois, aussi friands d’ivoire, et les Nord-Coréens, collaborent dans ce domaine !

Mais la Corée du Nord a d’autres revenus. Elle se comporte un peu en pays « frère », puisqu’elle avait soutenu le Frelimo (Front de Libération du Mozambique) lors de la guerre civile après l’indépendance,  entre 1976-1992, contre la Renamo (Résistance Nationale Mozambicaine), aidé par l’Afrique du Sud. Cette guerre civile a coûté un million de morts, comparable à celle de l’Angola entre le MPLA de Dos Santos et l’UNITA de Savimbi.  Les conflits n’ont jamais vraiment cessé au Mozambique malgré plusieurs trêves. La Renamo a repris le maquis en 2012, car elle exige un plus grand partage des richesses et du pouvoir. Son leader, Alfonso Dhlakama, a proclamé en 2016 un cessez-le-feu après l’échec d’une médiation internationale. Au mois d’août, il a rencontré le président Felipe Nyusi,  dans le but de finaliser un accord. En effet, il s’agit pour les deux parties de ne pas inquiéter les investisseurs attirés par l’immense potentiel gazier du pays. Mais le gouvernement du Frelimo a provoqué un scandale énorme  par l’achat de matériel militaire pour 2 milliards de dollars, financés par un prêt caché aux députés et bailleurs de fonds… Récemment, l’ONU a accusé le Mozambique d’acheter à la Corée du Nord des armes pour un montant de 6 millions de dollars, ceci malgré l’embargo qui frappe Pyongyang. C’est vrai qu’entre pays « frères », on peut s’aider de temps à autres…

On peut aussi s’étonner des armes nord-coréennes qui sont dans les mains de certains soldats du Congo Brazzaville et même de la République Démocratique du Congo ? Et d’où viennent celles utilisées par les djihadistes et Boko Haram ou des rebelles en Centre Afrique ? Khadafi avait-il autant d’armes ? Quand on apprend que les Russes arment probablement les talibans, il y a de quoi s’inquiéter…

 

 

 

 

N’oublions pas les éléphants d’Afrique

Chacun sait que les pandas sont chouchoutés par le gouvernement chinois. Et c’est tant mieux pour ces adorables petites bêtes.  Mais que dirait-il – surtout quelles seraient les sanctions impitoyables – si des touristes étrangers venaient voler des pandas en Chine, pour les exhiber empaillés dans leurs maisons en Europe ou aux USA ? La prison ou même la peine de mort ? A contrario, c’est bien ce qui s’est passé ces dix dernières années pour les éléphants d’Afrique.

Les populations de ces emblématiques animaux qui nous rappellent des origines lointaines du monde animal, ont diminué de 60 % en Afrique centrale. Des trafiquants chinois (en majorité), aidés par des braconniers locaux et souvent avec la bénédiction de hauts fonctionnaires qu’ils corrompent, ont réussi à prendre le contrôle des ventes d’ivoire, explique l’organisation Traffic citée dans Le Monde Afrique du 16 août 2017 : « C’est un commerce qui continue d’emprunter des routes tracées depuis des décennies en puisant dans les troupeaux confinés dans des zones bien identifiées comme le parc du Salonga en RDC, une grande zone englobant le sud-est du Cameroun, le sud-ouest et le nord-est de la République Centre Africaine, le nord du Gabon et le nord du Congo. »  Les frontières sont poreuses et mal contrôlées.

La mobilisation internationale informée au plus haut niveau, n’a pas pu enrayer l’extinction progressive des éléphants d’Afrique centrale. L’ONG Traffic s’appuie sur des données entre 2007-2009 et 2014-2015 dans les cinq pays nommés plus haut. En plus, les sculpteurs africains d’ivoire se voient dépossédés de leur artisanat par des artisans chinois établis en Afrique qui exécutent leur travail en conformité avec la demande chinoise… Une défense d’éléphant est estimée entre 6000 à 7000 dollars. Il y a deux ans, les douaniers de l’aéroport de Zurich (6 juillet 2015) avaient découvert 262 kg d’ivoire dans les valises de 3 Chinois en route pour Pékin en provenance de Tanzanie. La prise correspondait à un troupeau d’une vingtaine d’éléphants. Mais le plus triste est l’assassinat du Sud-africain Wayne Lotter, grand défenseur des éléphants, le 17 août dernier à Dar Es Salam, probablement par la mafia qui contrôle le commerce de l’ivoire. Acte gravissime qui va sans doute faire réagir quelques gouvernements africains, dont la Tanzanie, déjà bien organisée, l’Afrique du Sud et la Namibie.

Tout aussi odieux est le commerce très lucratif mais illégal des cornes de rhinocéros que certains rangers coupent aujourd’hui pour protéger l’animal… Là aussi tout une mafia est active qui vend 60 000 dollars le kilo de cornes. La kératine est utilisée comme médecine traditionnelle en Chine et au Vietnam notamment. Un fait jamais prouvé scientifiquement. 7100 rhinocéros ont été tués ces dix dernières années en Afrique australe, un taux de braconnage record. Mais l’Afrique du Sud a réagi drastiquement. Un braconnier mozambicain vient d’être condamné à 20 ans de prison ! Un Chinois a été arrêté à l’aéroport de Johannesburg qui avait 5 cornes de rhinocéros dans ces bagages. Et le Mozambique a  procédé à une incinération massive de cornes de rhinocéros.

Que penser des belles paroles du Premier ministre Li Keziang en tournée en Afrique en 2013 qui avait dit, entre autre, «que la Chine et l’Afrique allaient renforcer leur collaboration, notamment dans la protection de l’environnement… ?  Et pour le président Xi Jinping, « Les droits de l’homme ne sont pas prioritaires ». Même pas entre pays « frères » ? Mais il y a une petite lueur d’espoir : le président Xi Jinping a pris l’engagement de fermer le commerce de l’ivoire d’ici la fin de l’année. Les éléphants d’Afrique seront sauvés si cette décision est vraiment appliquée. En effet, il apparaît que ce grand pays a bien de la peine à neutraliser ses truands  et tous ceux qui achètent l’Afrique… Mais cela sera difficile, des milliers de Chinois s’installent dans les pays africains, passant le plus souvent par l’aéroport de Dubai, pendant que des milliers de jeunes Africains, qui pourraient défendre leurs éléphants mais n’en ont pas les moyens, quittent le continent africain au prix de leur vie… A notre connaissance, les colonisations européennes n’ont jamais tué autant d’animaux, patrimoine de la terre, au contraire, ils ont établi des réserves, surtout les Anglais.

 

 

Le dynamisme de la médecine sud-africaine

 

Le lent accaparement des richesses de l’Afrique du Sud par son président Jacob Zuma et la famille d’origine hindoue les Gupta est certes une réalité, c’est la tentative de possession par un clan comme dans d’autres pays d’Afrique, par exemple le clan Kabila en RDC. Au fond, on en revient à la tribu. Mais la résistance s’organise en Afrique du Sud et les institutions tiennent bon malgré tout. Elles sont établies depuis des décennies et les citoyens sud-africains ont une opposition bien organisée. Son système de santé est très performant par rapport au reste du continent, car il avait accueilli des personnalités médicales juives fuyant l’Allemagne nazie. En 1967 déjà, le monde apprend avec stupéfaction que le professeur Barnard a réalisé la première transplantation cardiaque à l’hôpital Groote Schuur au Cap. Bien que l’Union Africaine (OUA à l’époque) ait interdit à des Africains hauts placés de se rendre au pays de l’apartheid, de nombreux ministres et autres personnalités africaines  allaient se faire soigner dans les hôpitaux sud-africains, gratuitement souvent, tant les médecins sud-africains étaient heureux de leur rendre ce service et n’ont rien divulgué. D’autres personnalités, du Zimbabwe par exemple, ont fait leurs études par correspondance avec UNISA (University of South Africa)…

Malheureusement aujourd’hui, il y a une des plus fortes prévalences au monde du VIH, avec une propagation de la tuberculose qui tue chaque année 33 000 personnes et un diabète qui alarme les autorités. L’Afrique du Sud fait face à un énorme défi. Malgré cela, elle peut compter sur un avantage majeur : un secteur de la recherche médicale dynamique qui aboutit sur de nombreuses avancées reconnues dans le monde entier.

« Etant donné les fonds limités à disposition, ce que nous avons réussi en matière de recherche est remarquable », explique le docteur Dorsamy Pillay, directeur adjoint du pôle de recherche et soutien de l’innovation à la Fondation nationale pour la recherche. Une des grandes figures de la recherche médicale sud-africaine, est la professeure Glenda Gray, élue cette année parmi les cent personnes les plus influentes au monde par le Time Magazine. Ses recherches ont sauvé des milliers de vies en prévenant la transmission du VIH entre mère et enfant, grâce à l’introduction de thérapies  antirétrovirales. En quinze ans, le taux de transmission est passé de 22 % à 2 %. « Si mes travaux ont abouti, c ‘est parce que j’avais derrière moi une longue histoire militante de lutte contre l’apartheid, puis contre le VIH, explique-t-elle. En tant que pédiatre, je voyais mères et enfants mourir devant moi, j’étais outrée : le gouvernement avait tourné le dos à sa propre population ». A cette époque, en effet, le successeur de Mandela, Thabo Mbeki, avait refusé d’établir le lien entre VIH et Sida. Il avait retardé l’entrée du traitement anti-VIH qui aurait pu éviter des dizaines de milliers de nouvelles infections…

Les combats scientifiques et éthiques de Glenda Gray l’ont conduite aujourd’hui à devenir la première femme présidente du Conseil médical de la recherche en Afrique du Sud ((SAMRC). Elle fait partie de l’équipe qui étudie actuellement un vaccin expérimental contre le Sida, le plus ambitieux à ce jour, testé sur 5 000 volontaires sud-africains.

Il y a d’autres personnalités médicales dignes d’être mentionnées : la professeure Karen Sliwa-Hahnle, spécialiste des maladies du cœur chez les femmes enceintes et le professeur Kit Vaughan en génie biomédical au Cap qui a créé sa propre entreprise biomédicale à sa retraite en 2009. Il cherche à fabriquer la première machine de dépistage du cancer du sein combinant échographie et mammographie.

Tout cela semble avoir trouvé un écho favorable auprès du gouvernement sud-africain qui a annoncé en avril dernier faire passer le pourcentage du PIB  consacré à la recherche et développement  de 0,78 à1,5 % d’ici à 2020. Une bonne nouvelle dans ce grand pays digne d’être soutenu, politiquement surtout, pour qu’il ne tombe pas dans les mains d’un clan avide d’argent.

 

 

 

Afrique du Sud: on veut se débarrasser de Jacob Zuma

Pendant que la RDC s’enfonce encore plus dans la dictature du clan Kabila, qu’Obama essaye de convaincre le Kenya, pays de son père, d’éviter les violences ethniques pendant les élections pour construire un pays vraiment démocratique, que le président Kagame au Rwanda vient de gagner lui-même les élections avec 98 % de voix, le Parlement sud-africain examine aujourd’hui 8 août une motion de défiance contre leur président Jacob Zuma à la tête du pays depuis 2009.

Cette initiative est la quatrième contre le président sud-africain dont le second mandat expire en 2019. Il est embourbé dans des myriades de scandales dont celui du limogeage du ministre des finances Pravin Gordhan, grand pourfendeur de la corruption, cette plaie du continent africain. Cette situation affaiblit considérablement le Congrès national africain (ANC) à deux ans des élections en 2019 (voir Le Monde 7.08.)

De l’avis des vétérans de l’ANC, dont plusieurs ont combattu aux côtés de Nelson Mandela, « l’Afrique du Sud est le témoin d’un vol à grande échelle qui laisse le pays appauvri et aux mains d’un gouvernement de criminels (parmi lesquels la puissante famille d’origine indienne les Gupta). La motion de défiance est la conséquence de tous les scandales dans lesquels il s’est malheureusement empêtré ».

Même son de cloche du côté du parti communiste qui a toujours joué un rôle important dans la lutte contre l’apartheid. L’évêque Tutu, compagnon de lutte de Mandela, cofondateur de la Commission Vérité et Réconciliation, a quitté l’ANC depuis longtemps, quand il a appris que les cadres de l’ANC ont des mines de diamants en République Centre Africaine, un pays aussi dans un état larvé de conflits intérieurs.

Remarquons que cette mainmise sur les richesses d’un Etat par un clan familial est ce qui se passe en République Démocratique du Congo. Là les institutions démocratiques ne fonctionnent plus comme en Afrique du Sud et les emprisonnements, les tortures, les assassinats sont devenus monnaie courante. C’était l’Eglise catholique qui s’était efforcée de jouer les médiateurs, mais elle a jetté l’éponge. Aujourd’hui, des églises sont vandalisées et des prêtres assassinés. Idem au Nigeria qui a engendré Boko Haram…

Cette motion de défiance ne devrait pas passer, selon certains observateurs, parce que le parti majoritaire, l’ANC, a 249 élus sur 400. Mais la présidente du Parlement Baleka Mbete, a décidé que la motion de défiance se fera à bulletin secret et non à main levée. Ce qui pourrait encourager les députés de l’ANC encore fidèles aux valeurs de la nouvelle Afrique du Sud de se débarrasser définitivement de leur président.

Quand Kabila prépare sa retraite….

Des «hommes d’affaires » de Kabila, le Président de la République démocratique du Congo, ont acheté récemment 450 animaux sauvages de Namibie grâce à l’intermédiaire de l’exportateur namibien Ulf Tubessing : zèbres, girafes, gnous, gazelles, antilopes, buffles. Elles ont été transportées en plusieurs voyages sur un cargo des îles Féroé,  propriété de la société AOL (All Ocean Logistic) dont les directeurs appartiennent au clan Kabila. Une nouvelle arche de Noé en quelque sorte pour ce Congo dévasté par les conflits…

L’exportateur namibien a cru comprendre que cela était pour agrémenter la retraite du président congolais dans sa Ferme Espoir, un gigantesque territoire de la famille. Il veut y établir des réserves d’animaux dans le même style qu’en Afrique du Sud là où il a ses résidences à Kingakati dans sa province natale du Katanga. Et aussi à Mateba, l’immense île de Boma (100 km2) sur le fleuve Congo. Un empire économique et familial que Kabila a construit depuis son accession au trône présidentiel en 2001. Tout cela est estimé à quelques centaines de millions de dollars selon l’enquête de Bloomberg.

Mais ce n’est pas tout. Ses amis » hommes d’affaires », le congolais Alain Wan et le Belge Marc Piedboeuf, toujours en toute légalité,  ont acheté un grand yacht luxueux basé au Cap, 72 mètres de long, ancien navire de la marine écossaise, qui peut naviguer sur tous les océans et qui a été rénové à la Rochelle entre 2011 et 2014. Equipé d’un héliport, il peut être loué 275 000 euros la semaine et accueillir 12 convives. Il bat le pavillon des îles Marshall et des sociétés écran montrent que les deux « hommes d’affaires » congolais, proches du chef de l’Etat,  en sont les propriétaires. Ainsi donc tout est à peu près prêt pour une éventuelle retraite de Kabila et sa famille au cas où la situation empirerait encore plus, ou même pour une fuite sous d’autres cieux.

Rappelons que légalement, il n’est plus le président, son mandat ayant pris fin le 19 décembre dernier. Sous pression de l’opposition et surtout de l’Eglise catholique qui avait accepté le rôle d’intermédiaire avant de jeter l’éponge, il avait promis des élections à la fin de l’année 2017, peu probables selon les observateurs à cause de la situation économique désastreuse engendrée par l’incapacité du gouvernement et ses réseaux parallèles. L’Eglise catholique est prise pour cible par des partisans de Kabila ou des rebelles. Deux prêtres ont été assassinés récemment et des églises vandalisées, chose impensable il y a encore une année.

«On arme et on manipule des jeunes désoeuvrés qui ne peuvent plus travailler et étudier. Dans ce cas, pour 20 dollars, vous pouvez manipuler qui vous voulez », dénonce Mgr. Sébastien Muyengo, de passage en France. Sa région, le Kivu du Sud, est l’une des plus violentes de l’Afrique centrale. « Nous sommes dans un état d’insécurité permanente : braquages de véhicules, pillages, assassinats, ce sont des faits qui nous sont rapportés chaque jour », poursuit l’évêque en colère, « l’anarchie et l’absence d’Etat favorisent la résurgence de bandes armées dans un pays mal gouverné, entretenant un climat social, économique et politique favorables à la balkanisation. »

Des fait corroborés par deux jeunes réfugiés de RDC à Lausanne. Même un prêtre valaisan, Guy Luisier, courageux, a été pris en otage en mars dernier au Kasaï par des gamins complètement endoctrinés qui ont menacé de le tuer après l’avoir fait marcher pieds nus pendant 12 km. Il a été sauvé par un inconnu dans la foule qui regardait la mise en scène et ne voulait pas qu’on le tue.. C’est lui qui a été malmené. Le Valaisan a impressionné par son calme. Il a pu finalement rentrer en Suisse.

L’ONG Global Witness révèle fin juillet (voir Le Monde Afrique) que 750 millions de dollars de recettes minières destinées au Trésor public se sont évaporées entre 2013 et 2015… La Gécamine, entreprise publique très connue, en est en grande partie responsable. En plus, pendant des années, elle a servi de « vache à lait » du pouvoir et des sommes colossales, plusieurs milliards, ont disparu en retrait par millions ou dans des circuits financiers complexes offshores.

L’Etat reste l’unique actionnaire d’une société incapable d’exploiter correctement les mines de cuivre et de cobalt, un métal indispensable à l’électronique et pour la transition vers les énergies renouvelables. Et Global Witness de prédire : « Si l’argent continue à être siphonné vers des réseaux parallèles liés au pouvoir en place, la crise politique au Congo ne fera qu’empirer. » Des lanceurs d’alerte très bien documentés, sont protégés par la plateforme de protection  PPLAAF et par l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project.