Quand Kabila prépare sa retraite….

 

Des «hommes d’affaires » de Kabila  ont acheté récemment 450 animaux sauvages de Namibie grâce à l’intermédiaire de l’exportateur namibien Ulf Tubessing : zèbres, girafes, gnous, gazelles, antilopes, buffles. Elles ont été transportées en plusieurs voyages sur un cargo des îles Féroé,  propriété de la société AOL (All Ocean Logistic) dont les directeurs appartiennent au clan Kabila. Une nouvelle arche de Noé en quelque sorte pour ce Congo dévasté par les conflits… L’exportateur namibien a cru comprendre que cela était pour agrémenter la retraite du président congolais dans sa Ferme Espoir, un gigantesque territoire de la famille. Il veut y établir des réserves d’animaux dans le même style qu’en Afrique du Sud là où il a ses résidences à Kingakati dans sa province natale du Katanga. Et aussi à Mateba, l’immense île de Boma (100 km2) sur le fleuve Congo. Un empire économique et familial que Kabila a construit depuis son accession au trône présidentiel en 2001. Tout cela est estimé à quelques centaines de millions de dollars selon l’enquête de Bloomberg.

Mais ce n’est pas tout. Ses amis » hommes d’affaires », le congolais Alain Wan et le Belge Marc Piedboeuf, toujours en toute légalité,  ont acheté un grand yacht luxueux basé au Cap, 72 mètres de long, ancien navire de la marine écossaise, qui peut naviguer sur tous les océans et qui a été rénové à la Rochelle entre 2011 et 2014. Equipé d’un héliport, il peut être loué 275 000 euros la semaine et accueillir 12 convives. Il bat le pavillon des îles Marshall et des sociétés écran montrent que les deux « hommes d’affaires » congolais, proches du chef de l’Etat,  en sont les propriétaires. Ainsi donc tout est à peu près prêt pour une éventuelle retraite de Kabila et sa famille au cas où la situation empirerait encore plus, ou même pour une fuite sous d’autres cieux.

Rappelons que légalement, il n’est plus le président, son mandat ayant pris fin le 19 décembre dernier. Sous pression de l’opposition et surtout de l’Eglise catholique qui avait accepté le rôle d’intermédiaire avant de jeter l’éponge, il avait promis des élections à la fin de l’année 2017, peu probables selon les observateurs à cause de la situation économique désastreuse engendrée par l’incapacité du gouvernement et ses réseaux parallèles. L’Eglise catholique est prise pour cible par des partisans de Kabila ou des rebelles. Deux prêtres ont été assassinés récemment et des églises vandalisées, chose impensable il y a encore une année. «On arme et on manipule des jeunes désoeuvrés qui ne peuvent plus travailler et étudier. Dans ce cas, pour 20 dollars, vous pouvez manipuler qui vous voulez », dénonce Mgr. Sébastien Muyengo, de passage en France. Sa région, le Kivu du Sud, est l’une des plus violentes de l’Afrique centrale. « Nous sommes dans un état d’insécurité permanente : braquages de véhicules, pillages, assassinats, ce sont des faits qui nous sont rapportés chaque jour », poursuit l’évêque en colère, « l’anarchie et l’absence d’Etat favorisent la résurgence de bandes armées dans un pays mal gouverné, entretenant un climat social, économique et politique favorables à la balkanisation. » Des fait corroborés par deux jeunes réfugiés de RDC à Lausanne. Même un prêtre valaisan, Guy Luisier, courageux, a été pris en otage en mars dernier au Kasaï par des gamins complètement endoctrinés qui ont menacé de le tuer après l’avoir fait marcher pieds nus pendant 12 km. Il a été sauvé par un inconnu dans la foule qui regardait la mise en scène et ne voulait pas qu’on le tue.. C’est lui qui a été malmené. Le Valaisan a impressionné par son calme. Il a pu finalement rentrer en Suisse.

L’ONG Global Witness révèle fin juillet (voir Le Monde Afrique) que 750 millions de dollars de recettes minières destinées au Trésor public se sont évaporées entre 2013 et 2015… La Gécamine, entreprise publique très connue, en est en grande partie responsable. En plus, pendant des années, elle a servi de « vache à lait » du pouvoir et des sommes colossales, plusieurs milliards, ont disparu en retrait par millions ou dans des circuits financiers complexes offshores. L’Etat reste l’unique actionnaire d’une société incapable d’exploiter correctement les mines de cuivre et de cobalt, un métal indispensable à l’électronique et pour la transition vers les énergies renouvelables. Et Global Witness de prédire : « Si l’argent continue à être siphonné vers des réseaux parallèles liés au pouvoir en place, la crise politique au Congo ne fera qu’empirer. » Des lanceurs d’alerte très bien documentés, sont protégés par la plateforme de protection  PPLAAF et par l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project.

 

 

L’Afrique noire est-elle encore mal partie ?

Ce titre du livre de René Dumont fit scandale en 1962 et marqua tous les étudiants de l’époque. Qu’en est-il aujourd’hui ? A fin mai, la BAD (Banque Africaine du Développement) a publié un rapport selon lequel 18 pays sur 54 ont atteint des niveaux « moyens à élevés » en matière d’éducation, de santé et de niveaux de vie. Un rapport rédigé conjointement avec l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement) et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement).

Tout cela est réjouissant certes, mais inquiétant pour un continent qui recèle tant de ressources humaines motivées, créatives et de personnalités hors du commun prêtes à tout pour contribuer à améliorer les conditions de vie dans leur pays.

Malgré les avancées ces dix dernières années, 544 millions d’Africains, sur une population totale de 1,2 milliard, vivent toujours dans la pauvreté, et la moitié des jeunes, « avenir des sociétés », sont sans emploi, même s’ils ont des qualifications. C’est très grave. On peut tenter des explications, les causes sont nombreuses, mais essayons d’en cerner quelques-unes. Tout d’abord l’éducation : l’Afrique du Sud, le Ghana, le Maroc, le Mozambique, la Tunisie, la Namibie et quelques autres consacrent jusqu’à 6 % de leur PIB pour l’éducation ; le Nigéria, pays très riche en pétrole, atteint péniblement 1 %…

Une autre cause importante : le manque d’électricité dans ce continent inondé de soleil toute l’année, ce qui empêche de sortir de la pauvreté. En Afrique subsaharienne, mentionne le rapport, 645 millions de personnes sont privées d’accès à l’électricité. Il y a aussi le déficit en alimentation, surtout à l’Est où l’Ethiopie vend ou loue ses terres à des étrangers. Enfin, facteur décisif, la corruption, qui a augmenté de façon exponentielle depuis 20 ans, avec l’arrivée massive de Chinois et de leur politique du « win-win », et les disparitions catastrophiques des éléphants et des rhinocéros, entre autres. Accélération également du nombre de multinationales étrangères, – les vautours et autres chacals-, certaines suisses ou domiciliées en Suisse, véritables états dans l’état, et sources de conflits pour le contrôle des richesses (RDC, Soudan du Sud, République Centre africaines, Nigeria, etc.)

Le développement humain, celui des mentalités, n’a pas pu suivre le développement économique dans de nombreux pays où les informations n’arrivent pas. Il y a été négligé. Ainsi une bonne partie des sociétés africaines sont déstructurées, le lien social est distendu, il n’y a plus de garde-fous, plus de limites, les voyous ont les mains libres. Dans bien des cas, les classes moyennes supérieures et les cadres politiques, juste sorties de la pauvreté, se servent dans les richesses de leur pays comme au supermarché, sans investir localement et envoient leur argent à l’extérieur.

Le communisme s’était effondré surtout à cause de l’embourgeoisement de ses élites, il en va de même en Afrique. Il y règne dans plusieurs régions un capitalisme dévoyé, ravageur, avec l’appui de certaines élites ce qui a engendré Boko Haram et autres djihadistes. La mondialisation en Europe et aux Etats-Unis a fait monter le populisme, en Afrique elle a fait augmenter la corruption généralisée et seule une petite minorité en profite qui cherche à maximiser ses profits au lieu de penser au bien commun. L’Afrique aurait aussi besoin d’un élan moralisateur comme ce qui se passe en France, mais cette heure n’a pas encore sonné, et l’esprit de Mandela a disparu.

Alors que les Etats après les indépendances avaient repris des Eglises la gestion des écoles et des hôpitaux, il se passe aujourd’hui le phénomène inverse dans plusieurs pays. Ce sont de nouveau les Eglises, les ONG, l’humanitaire, des fondations privées, qui reprennent le flambeau de l’éducation. La honte ! L’argent destiné à la coopération au développement, est utilisé en partie pour l’urgence humanitaire.

Le rapport de la BAD, qui veut sans doute susciter la confiance des investisseurs étrangers, explique que le continent africain est la deuxième région la plus dynamique du monde et que sa croissance de 2,2 % en 2016 devrait atteindre 4,3 % en 2018, « sous réserve du redressement des cours des matières premières », et d’ajouter « qu’il faut vraiment plus d’investissements dans le capital humain », dans l’éducation et que les classes moyennes, évaluées à 350 millions de personnes, sont un immense potentiel en terme de prospérité. On veut bien le croire, mais en 2016, 60 000 migrants africains ont traversé la Méditerranée, livrés à eux-mêmes, déboussolés, sans emploi chez eux.

Oui, l’Afrique noire est encore mal partie avec ce capitalisme débridé et immoral, destructeur de sa jeunesse. Il faut saluer le plan Marshall d’Angela Merkel au G20 à Berlin d’investir massivement en Afrique (LT 13 juin), une démarche qui aura du succès « que si les pays africains s’approprient cette initiative ». De son côté, la DDC met l’accent sur l’éducation et la formation professionnelle. Deux bonnes nouvelles.

François en Egypte : Aimez vos amis et aussi vos ennemis….

 

« La charité est l’unique extrémisme des croyants… » Naïf ces petites phases ? Pas tant que cela. François est malin. Par là il nomme directement le cœur du problème : la vengeance dans les mentalités arabes (et juives) qui empêche toute réconciliation, prolonge les guerres indéfiniment et refuse que la paix s’installe. Au Caire les 28 et 29 avril derniers, il a prononcé à son arrivée deux discours de paix et de réconciliation très applaudis qui ont été retransmis à la Une de la TV égyptienne. Le premier lors de la  Conférence pour la paix à la célèbre université millénaire sunnite d’Al Azhar et l’autre à l’accueil du maréchal Al Sissi devant un parterre de diplomates. Il fallait voir l’accolade chaleureuse du grand imam Ahmed al Tayeb pour saisir les profonds sentiments d’amitié qui lient les deux hommes, en même temps que le vif désir de l’imam que son « frère de Rome » vienne l’aider à établir la paix dans son pays si fragilisé.  L’iman al-Tayeb est originaire d’une grande famille soufie de Louxor, il a étudié à la Sorbonne en 1973 la philosophie islamique et souhaite faire barrage aux djihadistes qui veulent détruire toute influence occidentale en Egypte, de même que les Frères musulmans eux par des moyens un peu « démocratiques ». Les deux hommes prennent cependant deux voies différentes. Le pape François veut démontrer qu’il n’y a pas de guerre de religion, mais que ce qui est en œuvre en Egypte, en Irak, en Syrie, c’est un choc entre la barbarie et l’humanisme. Il veut signifier que le christianisme et l’islam se tiennent du même côté contre le barbarisme et l’obscurantisme, et il a  bien  insisté dans son discours «que le christianisme en Egypte n’est pas un produit d’importation, et qu’il a même précédé l’islam… » Par sa part, l’imam al-Tayeb, démuni face aux mouvements islamistes, Daech et les Frères musulmans, veut montrer sa légitimité et  qu’il a un rôle très important pour défendre un islam modéré. Un mot honni par beaucoup de musulmans qui ne veulent pas être « modérément » musulmans. Il souhaite apparaître comme la voix autorisée pour contester le monopole médiatique du diabolique calife Abou Bakr al Bagdadi.

Le voyage du pape s’inscrivait aussi dans le désir  d’unité avec les coptes orthodoxes, 10 % de la population égyptienne qui compte environ 90 millions d’habitants. Les coptes catholiques ne sont que 0,3 % de l’ensemble des coptes. Tawaros II, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, est lui aussi un ami de François auquel il a rendu visite à Rome. Les deux Eglises sont séparées depuis 14 siècles et « il est urgent de se réconcilier »  ont-ils affirmé. François désirait aussi  apporter aux coptes, durement touchés par des attentats répétés,  courage et soutien. Le régime d’Al Sissi est dur, musclé, autoritaire, et la Charia est encore théoriquement la religion officielle.  Si les coptes ne sont pas persécutés, ils sont des citoyens brimés de deuxième catégorie comme cela avait été fixé par Nasser. Un document signé en février à Al-Azhar, ce centre théologique de première importance pour le sunnisme, affirme que les différentes communautés, quelle que soit leur importance numérique, doivent avoir les mêmes droits. Un pas donc vers une saine laïcité qui va vers la reconnaissance de la pleine citoyenneté et de la liberté religieuse, demandée par François. Et d’ajouter : «Le défi majeur à relever pour les chrétiens du Moyen-Orient, et donc des coptes, est l’éducation sans évangélisation ». En effet, si la barbarie et l‘obscurantisme caractérisent la majorité des populations de ces pays, c’est dû à des méthodes d’enseignement moyenâgeuses. C’est donc aux chrétiens à s’attacher à cette tâche commencée il y a longtemps qu’ils n’avaient pas complètement abandonnée. D’ailleurs, la majorité des enfants dans les écoles chrétiennes sont musulmans. Un espoir donc qui les fera évoluer vers un esprit d’ouverture et de liberté et les aidera à prendre le virage de la modernité. Une illusion ? Un pari difficile, fragilisé certes par les mouvements fondamentalistes, par une situation économique précaire, le chômage, le tourisme durement touché. Et pourtant la première manche est gagnée. Les djihadistes n’ont pas réussi à provoquer un attentat qui les aurait auréolés de gloire. Le président égyptien avait pris d’exceptionnelles mesures de sécurité que les coptes ont relevées en le remerciant. Le courage de l’évêque de Rome a fait le reste. Il faut soutenir l’Egypte par des investissements et surtout ses écoles, renforcer le barrage que constitue l’imam al Tayeb.

Le président Trump veut lui aussi contribuer à la paix en entreprenant prochainement une « tournée » des trois monothéismes : à Jérusalem, à Ryad et à Rome le 24 mai. S’imagine-t-il qu’il peut «modifier » des mentalités vieilles de plusieurs millénaires ?  Reste donc à connaître l’attitude de l’Arabie saoudite, berceau du wahabisme qu’elle continue à répandre en Asie comme en Afrique….

Al Azhar invite à une conférence mondiale pour la paix

 

Le vent de la résistance religieuse se lève enfin concrètement pour contrer le terrorisme et la haine. Du 27au 29 avril, les principaux leaders religieux se rencontreront au Caire à l’invitation du grand imam de la mosquée sunnite d’al-Azhar, Ahmed al-Tayeb. Cette conférence avait déjà été évoquée au Vatican lors de sa visite en mai 2016. Le 28 avril, le pape François, après une brève visite de courtoisie au président al Sissi, prononcera un discours devant 300 personnalités religieuses et politiques dont on ne connaît pas encore les noms.  Il sera accompagné du patriarche œcuménique de Constantinople Bartolomée 1er et du patriarche copte-orthodoxe Tawadros II. Ensemble, ils représentent les principales religions au Moyen Orient. Rappelons que pendant le dimanche des Rameaux, des terroristes islamistes avaient tué plusieurs dizaines de Coptes dans les églises d’Alexandrie et de Tanta. Pour al-Azhar, « la société actuelle fait l’expérience de crises qui détruisent l’essence de la vie humaine. La voix de la raison nous appelle à faire de notre mieux pour éliminer les causes des souffrances, de la montée du terrorisme et du fondamentalisme, et à trouver les moyens de coopérer à la place de continuer les conflits.» Le cardinal français Jean-Louis Tauran qui avait préparé le voyage du pape au Caire, en est revenu en affirmant : «Les terroristes voudraient démontrer qu’il n’est pas possible de vivre ensemble avec les musulmans, mais nous affirmons le contraire. » Marine Le Pen devrait s‘en inspirer et ne pas faire leur jeu.

Il est tout de même très significatif que le mot « raison » soit utilisé par un religieux musulman. Il faut rappeler qu’en février déjà, un document important avait été élaboré par l’Imam al-Tayeb et un Conseil des Sages musulmans  sur « les libertés religieuses, la nature civile de l’Etat, la citoyenneté », en fait, les valeurs de base de la démocratie. Il paraît que le président al Sissi s’en inspire. « Nous devons prendre l’initiative d’avancer en intégrant les principes religieux et éthiques dans la réalité tumultueuse, cite le document. Il faut abaisser les tensions qui existent entre les différentes religions. Etablir la paix entre elles est la clé du futur… » Que demander de plus pour le moment ? Il est si difficile de faire évoluer des mentalités religieuses ! De son côté, le pape François avait refusé de parler de guerre de religion après l’assassinat du Père Jacques Hamel dans son église en France par deux djihadistes se réclamant de l’islam. Il préfère parler de guerre, sans adjectif.  Pour lui, tous les musulmans ne sont pas violents, et il y a aussi des chrétiens qui sont violents. Probablement une allusion  aux Croisades et aux bombardements en Syrie.  Selon lui il y a des fondamentalistes dans toutes les religions.

Un des buts politiques il est vrai, de l’imam al-Tayeb(voir LT 10 mars), serait de venir se montrer à Rome aux côtés du pape François, ce qui n’est pas exclu d’ailleurs. Cela aurait des répercussions énormes dans le monde entier !  A ajouter à cela, en août dernier, le roi du Maroc Mohamed VI avait lui aussi fermement condamné le terrorisme djihadiste et l’instrumentalisation de la religion par la violence. Il faut alors souhaiter qu’en Iran le président actuel Hassan Rohani,  un chiite, soit réélu, car il était aussi allé voir François en janvier 2016. Et on dit que Donald Trump pourrait prendre le chemin de Rome quand il sera en Europe pour l’OTAN… Croyons donc aux miracles !

 

Inquiétante Afrique du Sud… Une guerre civile programmée ?

 

Le ministre des finances  Pravin Gordhan qui était le gardien du Trésor sud-africain contre le clan Zuma, a été remercié le 31 mars en même temps que dix ministres et neuf ministres délégués. Un choc, un coup de tonnerre dans le ciel sud-africain, mais que beaucoup redoutaient. Tous venaient pourtant d’enterrer Ahmed Kathrada, vieux compagnon de lutte de Mandela. Il semble que le président Zuma ait attendu la disparition du dernier héros de la lutte contre l’apartheid « pour tirer une ligne rouge en écartant tous ceux qui le gênaient en ouvrant l’Etat, ses ressources et son économie à la convoitise de ses alliés »  (Le Monde, 31 mars).

Qui sont ces alliés ? En premier lieu trois hommes d’affaires d’origine indienne de la famille Gupta arrivés dans les années 1990, très liés au chef de l’Etat et à certains parlementaires, bien que le Parlement jusqu’à présent, donc l’ANC en majorité, ait réussi à faire rempart contre les visées de Jacob Zuma et de ses acolytes qui possèdent déjà un empire : immobilier, informatique, mines, aviation, tourisme et même leurs propres medias  Ils ont plusieurs projets destinés à piller les coffres de l’Etat, dont la construction aberrante de plusieurs centrales nucléaires au pays du soleil (on peut se demander si Areva en fait partie ?). David Maynier du parti d’opposition DA parle de « capture d’Etat ». Un remaniement qui risque d’apporter une rupture dans l’ANC fondée il y a 100 ans. Officiellement Jacob Zuma prétend inscrire tout cela dans un vaste programme de « transformation socio-économique » dont les observateurs de la scène sud-africaine pensent que serait une dérive à la Zimbabwe.

Certes, à l’heure de la passation de pouvoir en 1994, il était entendu que les Noirs ont le pouvoir politique et les Blancs le pouvoir économique.  Une élite noire, cooptée par une élite blanche, dirigeait ainsi le pays engrangeant de larges bénéfices. Les inégalités sont restées, mais la démocratie fonctionnait : partis politiques, un judiciaire très indépendant, syndicats,  liberté de la presse, éducation, universités renommées, investissements étrangers, etc… Cependant, ces deux dernières années, l’Etat était déjà en proie à la corruption et à des pillages : marchés publics attribués à des « amis », détournements dans les entreprises parapubliques, contraintes sous menaces, trafic d’influence, etc. Pourtant, le gardien du Trésor Pravin Gordhan, veillait encore pour rassurer les investisseurs. Son successeur, Malusi Gigaba, n’a pas de connaissances particulières en économie et la majorité des nouveaux ministres sont peu qualifiés, ce qui fait profondément douter de la réussite du plan Zuma

La résistance s’organise. Jacob Zuma aura fort à faire. Le vice-président Cyril Ramaphosa, un syndicaliste très connu, est opposé à cette manœuvre. Un groupe de pression, le Save South Africa Campaign qui est constitué par l’élite urbaine noire et blanche et les grands patrons d’entreprises dans  une classe moyenne bien éduquée et multiraciale,  ont appelé à occuper le centre de Pretoria pour empêcher la mainmise sur l’économie. La Cosatu, le grand syndicat associé à l’ANC prévoyait de soutenir la candidature de Cyril Ramaphosa à la succession de Jacob Zuma… Enfin, Julius Malema, “commandant en chef » des Combattants de la liberté économique, avait lancé il y a peu une procédure en destitution du chef de l’Etat au Parlement. Comme en Namibie, environ 20 ans après l’indépendance, les prédateurs sont à l’œuvre qui guettaient leurs proies depuis longtemps C’est la fin de l’ère Mandela et le début d’une possible guerre civile. Inquiétante Afrique du Sud.

 

La faim pour 20 millions de personnes: climat et conflits

«20 millions de personnes touchées par la faim, c’est la plus importante crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale », a affirmé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres en lançant un appel le 22 février pour la solidarité internationale.

Parmi les pays les plus touchés le Soudan du Sud, le Yémen, le Nigeria, la Somalie. »Des millions de personnes peinent pour survivre, abattent leurs animaux, mangeant leurs réserves de semences nécessaires pour replanter l’année suivante », écrit le Monde qui proclame le 28 mars  journée de la faim. Jean Ziegler, ancien rapporteur de l’ONU pour l’alimentation, le dit bien : « C’est horrible de mourir de faim, on souffre beaucoup ». – Mais pourquoi ces famines récurrentes ?

D’un côté le climat. Le phénomène El Ninò qui provoque des pluies torrentielles en Amérique latine, et la sécheresse dans tout l’Est du continent africain, même au sud. Mais il y a aussi des conflits qui viennent aggraver la situation. L’exemple du Soudan du Sud est parlant : Riek Machar qui a perdu les élections s’oppose depuis 3 ans à son successeur Salva Kiir, ce qui a fait fuir des milliers de déplacés qui ne cultivent plus leurs champs. Le reste des habitants se débattent pour survivre. Non seulement le gouvernement actuel rend la vie difficile aux humanitaires qui doivent payer pour entrer dans le pays, mais en plus il achète des armes… – L’horreur aussi au Yémen où la coalition armée emmenée par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis veut vaincre les Houtis chiites soutenus par l’Iran.  – Mêmes horreurs dans les villages pillés et incendiés par Boko Haram au nord du Nigeria et au Tchad. – Et en Somalie, les Chabab  qui refusent l’aide des ONG. – Ainsi, on le constate, le climat et les conflits sont à l’origine de ces famines. Mais l’ancien prix Nobel d’économie Amartya Sen ose ajouter : le manque de démocratie caractérise surtout les pays les plus touchés.

Certes plusieurs pays disposent de « plans de réponses humanitaires », mais ils ne sont pas toujours opérationnels. Les donateurs sont donc débordés par la multiplication des crises, surtout à cause de la guerre en Syrie et en Irak. Le Bureau de coordination de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHAM) estime le besoin à 4,4 milliards de dollars. Bientôt, si les guerres et les conflits se perpétuent et si Trump réduit ses dépenses à l’ONU, la Coopération au développement des pays occidentaux se réduira à une aide humanitaire pour les réfugiés et on laissera les Chinois prendre en grande partie le relais du développement de l’Afrique à leur manière, c’est-à-dire d’abord pour leur avantage, le continent africain devenant leur colonie quoi qu’ils affirment… Mettre fin aux guerres et aux conflits doit être la priorité. Les destructions, les morts et les affamés, ça suffit !

 

 

Dans le ciel africain, les vautours planent et plongent sur les terres

Les œuvres d’entraide Action de Carême et Pain pour le Prochain ont choisi cette année pour leur campagne œcuménique le scandale de l’accaparement de terres en Afrique et aussi ailleurs. En effet, les vautours dépècent le continent à coup de milliards de dollars depuis l’an 2000.  Mais, à qui donc appartient la terre ? Question difficile à répondre. Dans de nombreux pays d’Afrique les familles paysannes y cultivent depuis des générations les terres de leurs ancêtres, mais ne possèdent généralement pas de titre de propriété, surtout parce que leurs gouvernements n’ont pas de politique agricole bien définie dans la loi. C’est le règne de l’arbitraire. Les investisseurs étrangers (multinationales, banques, gouvernements) tirent alors parti de ce vide juridique pour s’approprier sans vergogne les ressources naturelles : la terre, l’eau, les forêts, la pêche, les minerais, ceci avec la complicité de chefs locaux ou fonctionnaires corrompus et incompétents. Comme si leur pays leur appartenait de droit divin ! Et les paysans et leurs familles sont dépossédés et parfois réengagés comme journaliers pour des salaires dérisoires.  Quand on pense aussi que l’Afrique est un des grands poumons de la terre, il y a de quoi s’inquiéter.

A l’heure d’une démographie croissante dans le monde, d’augmentation des prix des matières premières, céréales comprises, de sécheresse répétées, c’est la course à l’acquisition de terres. Quelques statistiques nous éclairent, mais elles varient suivant les rapports de l’Union Africaine (UA), de l’ONU, ou d’ONG. Ainsi, selon la Banque mondiale en 2010, 2,5 millions d’hectares ont été cédés en Afrique subsaharienne par de nombreux pays : Ethiopie, Ghana, Madagascar, Liberia, Mali, Niger, Guinée,  Soudan, République Démocratique du Congo (RDC), Tanzanie, Ouganda, Kenya,  entre autres…(Pour mémoire, le continent africain a une surface 30 millions de km2, le nord compris).   Entre 51 et 63 millions d’hectares sont exploités par des sociétés étrangères : Americana Group, Al Rabie, Agrisa, Al proAgro, Abu Dhabi Fund for Development ; Agrowill Barclays, entre autres.   Depuis l’année 2000,  on compte 227millions d’hectares qui ont fait l’objet de transactions foncières. Quels sont les pays qui achètent ou louent ? La Chine, la Corée du Sud, le Qatar, les Etats-Unis (avec leurs banques Barclays et Goldman Sachs), l’Arabie saoudite elle a proposé l’achat de 120 000 hectares au Niger, mais des protestations diverses en ont empêché la réalisation pour le moment, pour n’en citer que quelques-uns. En Suisse, des multinationales connues et certaines banques (Crédit Suisse notamment) qui assurent un « rendement  très profitable »

On est consterné par l’attitude des pays africains qui vendent si facilement leurs terres. Il semble que leurs dirigeants n’aient pas encore compris les trésors que recèlent leurs terres et comment les mettre en valeur à long terme pour le développement de leurs pays et de leurs populations. Ils préfèrent cette manne dorée tombée du ciel, mais qui ne profite qu’à une minorité. Avec les conflits incessants et les sécheresses récurrentes, on comprend mieux dès lors pourquoi tant de jeunes africains émigrent et veulent traverser la Méditerranée, alors qu’une gestion plus judicieuse de leur pays, sans corruption exagérée, leur permettrait de se former et de mettre leurs capacités au service de leur pays pour un développement durable. Ce qu’on pourrait commencer en Suisse avec les requérants d’asile… Il faut souligner cependant que dans plusieurs pays francophones, des petits paysans regroupés dans leur organisation patronnée par la CEDEAO,  tentent de résister grâce à l’impulsion de dirigeants éclairés, et que la Cop21 et l’UA ont donné le coup d’envoi de la restauration de 100 millions d’hectares de forêts et de terres d’ici 2030. Ceci aussi avec l’aide des ONG suisses et de la Coopération suisse au développement.  Il y a donc de l’espoir, car l’Afrique pourrait nourrir toute sa population avec ses 60 millions de petits paysans.

Les banques et les établissements financiers suisses doivent prendre conscience du fossé qui sépare leurs déclarations d’intentions (ex. Glencore) et la réalité du terrain. C’est ce que demandent Pain pour le prochain et Action de Carême.

 

 

XENOPHOBE AFRIQUE DU SUD…

 

Sous la pression de migrations importantes, des milliers de personnes, la grande nation arc-en-ciel sud-africaine est en train de devenir xénophobe. « Les attaques répétées contre les Africains étrangers conduites par des bandes armées de gourdins, de machettes et de fusils, montrent que les héritiers de Nelson Mandela n’ont pas expliqué à leur peuple le rôle décisif d’une Afrique unie contre le racisme dont ils sont sortis », explique le Financialafrik du 22 février. En dix jours d’attaques et d’incendies des échoppes nigérianes et d’autres pays africains, aucun membre de l’ANC (African National Congress), le parti au pouvoir, n’est intervenu. Trop occupées à une guerre de succession, les élites embourgeoisées ne se sont même pas excusées auprès des pays concernés, si bien que le Nigéria s’en est ému et a appelé l’Union Africaine (UA) à admonester Prétoria. Mais comme en Europe, et maintenant aux Etats-Unis, l’Afrique du Sud traîne les pieds dès qu’il s’agit d’intégration et de libre circulation.

Accuser de xénophobie les couches défavorisées de la population est trop simple. Il y a un malaise généralisé, comme dans de nombreux pays en Afrique, « né de la nomenklatura corrompue et ivre de pouvoir »,  explique le Financialafrik, qui accuse aussi les élites pourtant légataires des valeurs de fraternité et de solidarité, qui n’acceptent pas les Africains « envahisseurs ». Le maire de Johannesburg Herman Mashaba, appelle à chasser les sans-papiers africains. Mandela doit penser qu’ils sont tous devenus fous…

L’Afrique du Sud, qui était appelée à jouer un rôle modèle dans le continent africain, a bien failli. Mais il n’y a pas de miracle. Comme partout ailleurs, l’argent a détruit toutes ses valeurs issues de la lutte contre l’apartheid. Quelle amertume…

 

Les réfugiés yéménites d’Obock(Djibouti) croisent les migrants éthiopiens et érythréens à Aden

Depuis 2015, les bombardements au Yémen ont fait plus de 7000 victimes et causé de nombreuses destructions d’infrastructures, écrit un envoyé spécial de l’AFP. Cette guerre oubliée oppose les partisans sunnites du gouvernement du président Hadi soutenus par l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, contre les rebelles houthistes chiites, armés par l’Iran, ce que Téhéran dément.  2000 réfugiés yéménites vivent dans le camp poussiéreux d’Obock (Djibouti) amarré sur la côte africaine du golfe d’Aden. Entre les deux rives, le détroit de Bab-El-Mandeb (« la porte des larmes »), a vu défiler le trafic des esclaves, la piraterie et la violence des clans.  Maintenant ce sont d’un côté les réfugiés yéménites qui fuient la guerre et les bombardements qui croisent les migrants éthiopiens et les érythréens fuyant eux aussi la violence dans leurs pays pour atteindre l’Arabie saoudite et de là l’Europe … Ce camp est géré par le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU et par l’Office national djiboutien d’assistance aux réfugiés et sinistrés. Mais c’est difficile d’y entrer. Il est géré par un préfet qui n’est pas au-dessus de tout soupçon. Un habitant d’Obock pense qu’il prélève une partie de l’aide humanitaire, un autre affirme qu’il détourne le travail proposé aux réfugiés au profit des Afars, l’ethnie de la région.

Mais la gendarmerie est plus serviable paraît-il, elle laisse visiter ce camp comme on en voit partout. Fathia, une infirmière réfugiée du Yémen où elle risquait sa vie pour soigner les blessés, affirme que les Houthistes ont bombardé son pays sans interruption, mais aussi les Saoudiens avec des avions de la coalition, dont les Américains… Elle a perdu 22 membres de sa famille. « Ces gens, les Saoudiens, viennent à notre secours, mais ils nous bombardent ! Je les hais aussi ». Mais le vieux Ahmed, salafiste, défend les Saoudiens « qui nous aident au Yémen ». Ce que conteste aussi Anissa qui étudiait l’anglais à l’université d’Aden et en veut spécialement aux Saoudiens accusés de détruire le pays.

Au Yémen, la guerre place de nombreux parents devant un dilemme douloureux : ou bien envoyer les enfants à l’école, ou bien les nourrir convenablement et les faire travailler. Selon un chercheur du Conseil européen sur les relations étrangères (ECFR) : « Les bombardements parfois quotidiens de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les Etats-Unis ont accru la pauvreté du pays le plus pauvre du Moyen-Orient et de ses 26 millions d’habitants… » De telles destructions d’infrastructures civiles ont conduit des experts de l’ONU à estimer dans un rapport au Conseil de sécurité que certaines attaques pourraient constituer des crimes de guerre.

Tout cela favorise un autre belligérant : Al Quaida. Et c’est pourtant à cause d’Al Quaida que l’armée américaine mène des raids au Yémen! Un résultat contraire qui ne plaira pas au président Trump, car il augmentera le nombre de réfugiés yéménites voulant venir aux Etats-Unis. L’ONU, le CICR et le Haut-Commissariat aux Réfugiés viennent de lancer un appel urgent à cause de la pauvreté grandissante et du manque de nourriture au Yémen.

 

 

28e Sommet de l’Union Africaine (UA)

Du 30 au 31 janvier 2017, le 28e Sommet de l’Union Africaine s’est réuni à Addis Abeba qui semble devenir la capitale de l’Afrique. Cette rencontre a été marquée par plusieurs événements dont le plus discuté a été le retour du Maroc en son sein. En effet, il y a 33 ans, le Maroc avait claqué la porte à cause du Sahara occidental – plus précisément la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) – qu’elle considère comme lui appartenant. Le roi du Maroc Mohammed VI n’a pas ménagé ses efforts dans plusieurs pays pour mettre en valeur les compétences de son pays et l’aide technique  qu’il peut apporter à de nombreux pays.  Mais plusieurs pays sont toujours contre, en priorité l’Algérie qui a  des visées sur la République Sahraouie, mais aussi les pays d’Afrique australe, notamment l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Ouganda, le Zimbabwe qui réclament son indépendance. Il y a 54 Etats membres de l’UA,  28 ont voté pour la réintégration comme cela avait été fait pour le Soudan du Sud. Le problème n’en est pour autant pas résolu, l’attitude du Maroc faisant penser à celle de l’Afrique du Sud qui voulait intégrer la Namibie (pays alors sous mandat de l’ONU), devenu indépendante en 1990. D’autre part, l’ancienne présidente de la Commission de l’UA, Nkosazama Dlamini Zuma, qui a plus pensé à remplacer prochainement son ancien mari aux élections de 2019 en Afrique du Sud, aurait bien voulu marquer ce refus de la réintégration à son palmarès de présidence de la Commission de l’UA. Elle a été remplacée par le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ministre des Affaires étrangères de la République du Tchad et connu pour sa lutte contre le terrorisme de Boko Haram. Le nouveau président élu de l’UA est le président de la République de Guinée Alpha Condé qui succède au président tchadien Idriss Déby.

Un autre sujet a été débattu à ce Somment de l’UA : la réforme de l’UA proposée par le président rwandais Paul Kagamé qui n’a pas soulevé l’enthousiasme lors du huis-clos des chefs d’Etats et de gouvernement du continent. Si le texte a fait consensus sur la quasi-totalité des sujets, les homologues du président rwandais demandent plus de temps pour évaluer les propositions de réforme de l’organisation, mais ils ont tout de même accepté formellement le texte qui sera mis à exécution par la nouvelle Commission. Le rapport Kagame dresse un bilan sévère : « Nous avons une organisation dysfonctionnelle dont la valeur pour nos états membres est limitée, qui a peu de crédibilité auprès de nos partenaires internationaux et en laquelle nos citoyens n’ont pas confiance ». Il dénonce aussi l’échec constant des décisions de l’UA et le problème de financement.

On ne peut que se réjouir de ces propositions qui, si elles sont mises en œuvre, ne pourront qu’améliorer la situation du continent et inspirer la confiance pour des investissements plus nombreux. « Espérons, déclare un diplomate d’Afrique du Nord, que ce ne sont pas que des déclarations d’intention… »