Décryptage de la crise humanitaire en Méditerranée

Le 30 juin dernier, Carola Rackete, capitaine allemande du Sea Watch 3 est entrée dans le port de Lampedusa pour débarquer les 40 migrants secourus au large des côtes libyennes. Elle a bravé l’interdiction de Matteo Salvini en  “désespoir de cause” après 17 jours d’attente en mer dans des conditions humanitaires devenues insoutenables pour les rescapés et pour l’équipage.

 

Son courage a été loué en Allemagne, en Suisse et dans le reste de l’Europe où elle a reçu des milliers de soutiens de tous bords politiques. 

Arrêtée pour «résistance ou violence envers un navire de guerre», elle a été libérée mardi 2 juillet au soir. La juge Alessandra Vella du Tribunal d’Agrigente (Sicile) a annulé son arrestation et levé l’assignation à résidence car Carola Rackete n’avait, selon elle, commis aucun acte violent. Elle n’a fait que remplir son devoir de sauvetage de personne en détresse. Elle fait aujourd’hui toujours l’objet d’une enquête pour facilitation présumée à l’immigration clandestine. 

Carola Rackete n’est pas la seule dans ce cas. Pia Klemp, une autre Allemande et ancienne capitaine des navires Sea Watch 3 et du Iuventa, encourt vingt ans de prison en Italie pour avoir elle aussi sauvé des migrants en mer.

Pour justifier le passage du blocus, Carola Rackete expliquait à Libération s’en tenir simplement au droit maritime (1).

«Peu importe comment tu arrives dans une situation de détresse. Les pompiers s’en moquent, les hôpitaux s’en moquent, le droit maritime s’en moque. Si tu as besoin d’être secouru, tout le monde a le devoir de te secourir.»

 

Une action humanitaire contagieuse 

 

Photo © Mediterranea

Hier d’autres navires humanitaires ont suivi son exemple. Le navire Alex affrété par le collectif italien Mediterranea a forcé le blocus avec 41 migrants à bord accostant au port de Lampedusa parce que les conditions d’hygiène y étaient devenues intolérables après 10 jours d’attente en mer. Le Ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, avait pourtant juré qu’il ne permettrait pas aux migrants de débarquer. Les autorités ont annoncé s’emparer du navire et aussi ouvrir une enquête sur le capitaine du navire pour avoir aidé l’immigration clandestine. Puis ce fût au tour du navire Alan Kurdi, exploité par l’ONG allemande Sea-Eye. Ce dernier vient d’annoncer qu’il se rendait à Malte avec 65 migrants à bord. Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a déclaré qu’ils seront attribués à 4 États membres de l’UE –  l’Allemagne, la France, le Portugal et le Luxembourg – mais que le navire lui-même ne pouvait pas entrer dans le port de Malte. Cela met fin aux 11 jours d’attentes dans les eaux internationales au large de la Libye.

 

 

Pourquoi l’Italie refuse-t-elle l’autorisation d’accoster?

 

L’Italie est l’une des principales destinations des migrants qui tentent d’atteindre l’Europe par la voie nord-africaine, principalement en provenance de Libye. Des passeurs surchargent des canots pneumatiques (gonflés aux pots d’échappement) ou d’autres embarcations. Sur ces bateaux se trouvent des femmes, des enfants et des hommes ex-prisonniers des centres de détention en Libye. Ce sont des embarcations fragiles inadaptées à la longue traversée, elles se dégonflent au soleil et sont souvent surchargées. Beaucoup de passagers ne savent pas nager, ils se retrouvent à la dérive et ont besoin de secours.

Matteo Salvini, du parti de la Ligue (droite populiste), adopte une politique ferme contre les migrants et les navires de sauvetage, une position qui a vu sa popularité et celle de son parti augmenter. L’Italie aurait rejeté un nombre record de 24 800 demandes d’asile entre octobre 2018 et janvier 2019. Il semble être soutenu par une majorité d’italiens qui comme lui estiment que l’Italie en a fait assez et que l’Union européenne doit s’engager davantage dans l’accueil des personnes migrantes. A l’époque Matteo Salvini avait déclaré que si sauver des vies était un devoir, “transformer l’Italie en un vaste camp de réfugiés ne l’était pas”.

Matteo Salvini plaide pour une répartition proportionnelle des requérants d’asile dans toute l’Union européenne et menace régulièrement de ne plus respecter le Règlement Dublin qu’il considère très défavorable à l’Italie. Un sondage publié samedi par le journal italien Corriere Della Sera a révélé que 59% des Italiens étaient favorables à ce que Matteo Salvini ferme les ports italiens aux navires gérés par les ONG. 

L’année dernière, ce dernier a choisi de fermer les ports italiens aux navires humanitaires et l’Italie a imposé des amendes à ceux qui naviguent dans ses eaux sans autorisations. On se rappelle du bras de fer avec le navire de sauvetage l‘Aquarius avec plus de 600 migrants à bord qui avait suscité de nombreuses critiques en Europe et des tensions diplomatiques. Sous pression des autorités italiennes et sans secours de la Suisse, SOS Méditerranée et MSF avaient dû mettre fin à l’affrètement du navire. 

En mai dernier, les nouvelles lois adoptées par décret d’urgence prévoient des amendes allant jusqu’à 50 000 € pour les navires qui naviguent sans autorisation dans les ports italiens. Le journal italien La Republica a annoncé que le parti de la Ligue avait proposé d’augmenter les amendes jusqu’à un million d’euros et de faciliter la saisie des navires.

 

Retours impossibles en Libye

 

Dans l’affaire du Sea Watch 3, Matteo Salvini a déclaré que les bateaux transportant des migrants devaient être interceptés par les garde-côtes libyens, qui ont reçu un financement de l’UE pour renforcer leurs capacités. Mais la juge italienne a statué que ni la Libye ni la Tunisie n’étaient des pays sûrs pour les migrants.

Comme le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) et de nombreuses autres Organisations humanitaires (le CICR), les ONGs de sauvetage en Méditerranée considèrent que la Libye n’est pas un lieu sûr au regard du droit international applicable. 

Après le bombardement d’un centre de détention de migrants à Tadjourah pas loin de Tripoli le 2 juillet faisant des dizaines de victimes, y compris des femmes et des enfants, les autorités libyennes ordonnaient encore au navire Alan Kurdi de débarquer les rescapés dans un port Libyen.

Le drame de Tadjourah était prévisible. Cela fait des mois que les organisations sur place s’inquiètent des risques de bombardements et demandent aux autorités de déplacer ces centres. Le HCR a dénoncé les conditions de vie abjectes dans les centres de détention et les risques de bombardements encourus. En mai dernier, le HCR demandait à l’Italie de reconsidérer le projet de décret relatif au sauvetage en mer Méditerranée centrale.

 

« A l’heure où les Etats européens se sont largement retirés des efforts de sauvetage en Méditerranée centrale, les navires d’ONG sont plus importants que jamais », a déclaré Roland Schilling, Représentant régional ad interim du HCR en Europe du Sud. « Sans eux, il est inévitable que d’autres vies humaines seront perdues. »

Dans la nuit de mercredi 3 juillet, 80 personnes se sont noyées lors d’un naufrage au large de la petite ville de Zarzis en Tunisie. Seuls deux personnes ont survécu grâce à l’intervention des pêcheurs tunisiens présents non loin qui leur ont porté secours. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que 681 personnes sont mortes en Méditerranée jusqu’à présent en 2019, dont 426 dans la région centrale entre la Libye, la Tunisie et l’Italie. 

 

 

Des voies sûres et légales pour les migrants détenus en Libye

 

Aujourd’hui en Libye aucun refoulement n’est admissible. D’un autre côté, l’Italie, la Grèce et l’Espagne ne peuvent supporter seuls l’arrivée, l’hébergement et l’assistance aux personnes sauvées en mer, même si ces pays sont en première ligne. Bien sûr, les gouvernements des pays d’origine sont les premiers responsables de la fuite de leurs citoyens mais l’Europe a la responsabilité et le devoir d’intervenir lorsque des personnes risquent la mort à ses frontières. Elle ne peut pas adopter des politiques qui empêchent le sauvetage en mer. Elle n’est pas en droit de refouler des personnes vers un pays où elles risquent très concrètement la torture, le viol ou la mort. 

 

En outre, la politique européenne de dissuasion n’a pas diminué les tentatives de traversées mais réduit le nombre d’arrivées sur les côtes italiennes grâce au travail de récupération des garde-côtes libyens financés par l’Union européenne. L’absence de navires au large de la Libye ne permet pas de s’avancer trop sur les statistiques. Des embarcations ont dû couler sans que personne ne s’en aperçoive.

 

Le respect du droit de la mer (1) et l’organisation concertée des sauvetages en Méditerranée fait craindre aux gouvernements européens un effet d’appel d’air. Mais les personnes détenues en Libye doivent être considérées comme des victimes de traite internationale. Une fois qu’elles se retrouvent en Méditerranée sur un bateau sur le point de couler, elles ne peuvent certainement pas être refoulées vers un pays en guerre. Vincent Cochetel, Envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale déclarait récemment:

« Ce statu quo ne peut plus être maintenu de la sorte (…) Personne ne met sa vie et celle de sa famille en danger pour ces traversées désespérées s’il sent qu’il a un autre choix. Nous devons fournir aux gens des alternatives concrètes qui les empêchent en premier lieu d’embarquer pour une traversée périlleuse. »

Clairement d’autres solutions d’évacuations de la Libye doivent être rapidement mise en place.

 


(1) La Convention Internationale pour la Sauvegarde de la vie humaine en mer (Convention SOLAS, 1974) et la Convention Internationale sur la Recherche et le Sauvetage maritime (Convention SAR, 1979) demandent aux Etats de “coopérer en matière de sauvetage, à la fois pour prendre le relais du capitaine dans ses fonctions d’assistance aux survivants et pour permettre aux personnes secourues en mer dans de telles circonstances d’être débarquées rapidement en un lieu sûr.” Lire aussi le Guide des principes et des mesures qui s’appliquent aux migrants et aux réfugiés concernant le sauvetage en mer publié conjointement par le HCR et l’OIM. 

 

 

Jasmine Caye

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle a présidé le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) et continue d'assister des personnes en procédure d'asile. Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

11 réponses à “Décryptage de la crise humanitaire en Méditerranée

  1. Si j’étais salvini, je mettrais aux arrêts les capitaines complices de tous ces passeurs et je ferais dans les 24h couler leurs bateaux.

    Aussi simple.

    Non, contrairement à ce que vous pensez, les européens dans leur majorité ne soutiennent pas la capitaine allemande du bateau, communiste notoire.

    En France, les français applaudissent aussi la position de salvini.

    Depuis que salvini est au pouvoir, les décès dus aux tentatives de passage par la mer méditerranée ont énormément baissé, grâce à sa politique.

    D’après l’oim, l’organisation internationale des migrations, en méditerranée entre le 1er juillet 2014 et le 30 juillet 2018, il y a eu 16862 victimes. Ce qui fait donc environ 4000 décès par an.

    Depuis la fermeture des ports italiens par salvini, ce chiffre est tombé à environ 1000 par an depuis son élection.

    Salvini a donc sauvé énormément de vies en faisant fermer les ports italiens. Il y a 4 fois moins de morts depuis la fermeture des ports italiens.
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/plus-de-1000-morts-en-mediterranee-depuis-la-fermeture-des-ports-italiens-20190612

    Maintenant pourquoi ce serait le problème de l’europe ?

    Une chose est le droit maritime, une autre est l’organisation de l’immigration illégale de l’afrique vers l’europe, et ça pourrait concerner non pas des dizaines mais des centaines de millions d’africains qui choisiraient de venir en europe si on leur donnait l’occasion.

    L’europe n’a pas vocation à devenir un continent africain. Il incombe aux nations africaines de se prendre en charge et d’arrêter de culpabiliser les européens sur leur passé. Trop facile.

    A côté de la Libye il y a l’égypte et la tunisie. Pourquoi les migrants ne vont pas vers ces pays ? Pourquoi les bateaux de toutes ces associations et ong gauchistes ne les débarquent pas dans ces pays ?

    Pourquoi ne vont ils pas à Dubai, aux Emirats Arabes Unis, au Qatar, en Arabie saoudite….???? Tous ces pays sont accessibles par voie terrestre et qui plus est, leur intégration culturelle serait grandement facilitée alors qu’en europe, cela ne pose que problème.

    C’est toujours facile de se voir constamment dans la culpabilisation constante, les européens ceci, les européens cela.

      1. Dominic, vous êtes toujours dans la polémique (à la tête du client ?), même quand vous ne vivez pas les choses vous même. Je reviens d’Italie où je vais souvent, c’est mon Pays, et j’ai vu dans le cours des années le changement de la population vis à vis des immigrés venant par bateaux. Jusqu’a environ 5 ou 6 ans ils étaient amicaux, il les appelaient par leur prénom, il leurs achetaient des trucs, même les parapluies à la mi-août, pour les aider et demandaient des nouvelles de la famille laissée au Pays etc ; vous voyez, ils n’étaient ni égoïstes, ni insensibles les Italiens. Puis tout a commencé à changer après la guerre que Sarkozy a décidé de faire à Kadhafi, en réussissant a convaincre même Obama qui l’a regretté officiellement plus tard. Depuis, les arrivés massives ont complètement changé l’équilibre qu’il y avait. Maintenant autour du Supermarché où je m’approvisionne, dans le centre de la ville, en un mois, il y a eu plusieurs agressions à des personnes qui ne donnaient pas de l’argent ou pas assez: agressions verbales et physiques même sur des personnes âgées et avec handicap. Plus loin, à la Gare c’est le Bronx ! Les forces de Police sont débordées et ont peur d’être sanctionnées par le Juges s’ils y vont un peu fort. Ce n’est pas du tout comme ici où les infos sont filtrées et maquillées. Mais vous-même comment auriez-vous réagi si un étranger avait forcé un barrage à la frontière suisse ?
        Macron aussi pour vous est un altruiste généreux ? Et pourtant la France a arrêtée une Italienne (et deux Suisse aussi) pour avoir fait les passeurs. Il faut être dans la situation pour juger, je regrette un peu vos propos, parce vous savez être plus compréhensif sur d’autres arguments, il faudrait essayer de l’être aussi vis à vis des peuples qui vivent l’immigration massive au quotidien.
        Et si on déplaçait la Suisse au sud de Lampedusa ? Je plaisante, allez, bonne journée

        1. Bonjour Madame Vita Bruno, je suis conscient que je ne vis pas les difficultés des habitants de Lampedusa, et je ne les minimise nullement. Ce n’est pas à ceux-ci que je m’adresse dans mon commentaire, mais à une personne qui emploie toute son énergie pour envoyer des coups aux associations humanitaires, accompagnés d’arguments grossiers tels que la diminution du nombre de morts en mer depuis l’interdiction d’accoster. La commentatrice se moque de la situation de ces migrants qui fuient en espérant mieux, contrairement aux gens de Lampedusa qui, comme vous le dites, étaient sensibles, le sont certainement encore, mais se sentent exténués. Je n’offre donc pas du tout mes réponses au hasard ou « à la tête du client », ni dans ce blog ni dans les autres. Je déteste ouvertement les intervenants qui se jettent sur l’occasion pour déverser leur haine et leurs bonnes solutions, qu’il s’agisse du féminisme, du climat, des migrants, et même des LGBT que je ne soutiens pas dans nombre de leurs revendications. Je réagis contre des personnes mal dans leur peau qui saisissent un prétexte pour se soulager de leur amertume, et tenter d’entraîner avec elles la masse des mécontents. Les organisations humanitaires en mer font-elles une erreur en favorisant la migration ? Possible, on peut en discuter honnêtement, et dans ce cas on ne va pas les traiter de « passeurs » (qui vivent du malheur) mais de secouristes qui agissent sincèrement sans vouloir se préoccuper des conséquences politiques. On ne va pas traiter la capitaine de « communiste notoire », ni tenter de nous faire croire que tous les Français « applaudissent la position de Salvini ». On ne va pas non plus demander pourquoi ces ONG ne déposent pas les migrants dans des pays où l’on sait d’avance qu’ils seront refusés, en déclarant inutilement « ce serait juste que ces pays les acceptent ». Pour les secouristes, il est prioritaire de s’occuper directement de ces personnes en détresse, quelles que soient les raisons pour lesquelles elles se sont mises en danger.

          Je ne vis pas à Lampedusa, la commentatrice à laquelle je réponds non plus. Nos deux textes ne proposent aucune solution en relation avec le problème. Il ne s’agit que de deux états d’esprit en désaccord. N’est-ce que du vent ? J’estime que non, parce qu’avant tout débat il est à mon avis important d’être honnête sur ce qu’on souhaite. Madame Kris ne « se sent pas coupable ». Eh bien moi je n’ai pas besoin de me sentir innocent ou coupable pour aider, je ne me sens ni récompensé ni puni en payant un peu plus d’impôts pour les réfugiés qui arrivent chez nous, et ne veux pas me gêner de polémiquer quand on s’attaque à des personnes qui agissent honorablement comme la capitaine Carola Rackete. Je pense que mon agressivité serait légère sur la balance des commentaires si l’on y posait ceux qui passent à la corbeille dans les blogs qui traitent de l’immigration.

          Bonne soirée à vous aussi, ne m’en voulez pas de ne pas être un pacifiste en cette époque sombre, je ne suis pas pressé de gagner la paix du ciel, encore faudrait-il qu’on m’accepte.

          1. Une petite précision, Dominic, je ne parlait pas de Lampedusa, je parlais de ma ville natale, une ville moyenne de Toscane, mais très connue dans le monde entier, et qui pourrait être n’importe quelle ville en Italie. Le grandes villes, dans un sens, sont celles où les visiteurs aperçoivent moins la dégradation, parce que le centre ville est soigné et les quartiers off-limits sont des périphéries-ghettos que les touristes ne voyent jamais (comme à Paris).
            Si on pouvait lire ici tout ce qui se passe dans les villes italiennes, (y compris les cambriolages des petits pavillons par des bandes armées, cette fois provenant des Pays de l’est, donc Espace Schengen, qui attaquent les familles pendant la nuit), peut-être on pourrait comprendre la réaction des Italiens. Savez-vous que dans la petit ville de Riace qu’on disait fière de son maire, Mimmo Lucano, et de sa politique d’immigration, aux dernières éléctions européennes La Lega di Salvini a obtenu le 45% de voix !
            Juste avant, à deux reprises j’ai entendu dire à Infrarouge que Salvini avait fait condamner Lucano à l’arrêt forcé à domicile. Or, la Magistrature enquêtait sur Lucano depuis… 2016!
            Je ne fais pas ici l’apologie de Salvini mais l’apologie de la Vérité : les fake news ne sont pas seulement sur Internet et ne sont pas seulement à droite, malheureusement !
            Quant à tous ces bénévoles idéalistes, ils me rappellent mes anciens copains d’Uni de ’68, tous des privilégiés avec des bonnes intentions…on sait ce qu’ils ont donné après, Brigades Rouges et terrorisme rouge et noir des années ’70. Je me méfie de toutes le églises, religieuses ou pas, je me méfie aussi des partis politiques, mais comme disait Churchill….
            Bonne journée

  2. En toute logique, le port sûr le plus proche est… tunisien. Visiblement, les conventions internationales sont toujours systématiquement interprétées dans le sens des personnes qui s’en revendiquent, en dépit de la géographie. 🙂 J’aimerais connaître votre réponse sur ce point…

    Et :
    oui, la politique italienne sauve des vies;

    oui, cette politique est contraire aux droits de l’homme (si on fait abstraction des ports sûrs d’Afrique du Nord) mais est efficace pour sauver des vies;

    oui, les personnes dans les camps en Libye doivent être libérées, mais c’est à l’Union africaine de prendre ses responsabilités et de les reloger (l’Ouganda p. ex. est d’accord de les prendre, du moins le temps de l’examen des motifs de leur départ). L’Europe n’a pas à interférer (autrement que dans le cadre d’un plan d’action africain et de manière volontaire) dans les affaires internes d’un continent indépendant et d’états souverains.

    oui, dans le cadre d’un programme de relocalisation discrétionnaire, les riches pays pétroliers pourraient accueillir des réfugiés et se montrer solidaires avec ses voisins et les Etats européens …

    Oui, la nouvelle commissaire de l’UE a été proposée pas la Hongrie et la France car elle est francophone… et plus favorable (que son prédecesseur) à la suppression des quotas obligatoires de relocalisation de migrants…

  3. Merci pour votre article, et il faut bien dire que l’Europe n’est pas à la hauteur.
    Qui a aidé Merkel ou le pape dans leur simple attitude humaniste (ce ne sont pas des gauchistes pour autant que je sache) , non la lâcheté et l’hypocrisie sont souveraines et le cynisme démagogique se répand. Ces attitudes font perdre à l’Europe un de ses atouts dans les débats internationaux pour un monde plus juste et plus équilibré, plus vivable. L’Europe s’affranchit un peu vite de ses responsabilités, c’est elle qui vend des armes à des régimes qu’elle corrompt pour opprimer leurs peuples, c’est elle qui a une grande responsabilité dans le dérèglement climatique et ses conséquences. Maintenant sur chaque plage de Méditerranée, une pancarte devrait avertir “Attention, vous allez vous baigner dans le premier cimetière du monde, Respect !” En ce qui me concerne je choisi l’océan… On sait comment accueillir et travailler avec des populations différentes, on l’a déjà fait à l’époque des boat people, alors un peu de courage politique et d’explications et d’investissements dans l’humain, le partage et l’échange, c’est valorisant pour l’autre et pour soi.

    1. Il faudrait arrêter en permanence avec les fakes news hein.

      Le pape et merkel pas gauchistes ? Le pape est communiste, allez lire sur twitter, facebook, et les divers forums de médias les avis des gens sur le pape.

      Ce pape est critiqué par énormément de gens.

      Quand à Merkel, ce n’est pas elle qui avait déclaré il y a quelques années que le multiculturalisme est un échec ?

      Pour faire quoi quelques années après ? Ouvrir l’allemagne bien grande à des populations qui n’ont strictement pas les codes culturels pour s’intégrer.

      Cela a donné Cologne et alors que la population allemande était largement favorable à l’arrivée des réfugiés lors de la crise ils sont combien maintenant à le vouloir ?

      “c’est elle qui a une grande responsabilité dans le dérèglement climatique et ses conséquences” —–> encore une blague. Quels sont les pays les plus pollueurs dans le monde ?
      L’inde, la Chine, et les usa. Tous des pays européens.

      Entre le Chine, et les usa, ils sont responsables de presque 50% des émissions de dioxyde de carbone.

      Encore l’europe, fautive et responsable de tout hein.

      “On sait comment accueillir et travailler avec des populations différentes” —-> ça se voit tous les jours en europe.

      ” alors un peu de courage politique et d’explications et d’investissements dans l’humain, le partage et l’échange, c’est valorisant pour l’autre et pour soi” —–> l’enfer est pavé de bonnes intentions.

  4. Moi je pose une question:

    Les armées de l’OTAN ont bien trouvé le moyen de bousiller la Libye avec une opération militaire impitoyable, qui a laissé un chaos alors que même si on n’appréciait pas beaucoup le colonel Kadhaffi, le fait est que son pays était celui on l’on vivait le mieux en Afrique du Nord en en Afrique en général.

    Cette opération criminelle a été lancée par Sarkozy avec le grand penseur BHL dans le rôle de mouche du coche. Au passage Sarkozy a fait assassiner Kadhaffi, qui aurait risqué de parler sur les paquet de millions que lui Sarkozy s’était fait payer. BHL, lui, a eu le culot de dire qu’il avait fait tout cela “pour Israël”.

    Alors je demande: puisqu’on a été capable de faire tout ça, ne serait-on pas capable (l’OTAN, l’UE) de garder un morceau de territoire en Libye et y installer un camp de rétention décent qui pourrait être géré de manière humaine et efficace, avec des soins corrects pour les malades, etc., afin que ces gens ne meurent pas en mer et ne viennent pas semer le bazar en Europe?

    Au passage, qu’est-ce qu’on attend pour traduire Sarkozy et BHL devant le TPI?

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