FIFDH 2017: les films, débats, expositions sur la situation grave des migrants et des réfugiés dans le monde

Aujourd’hui, la vérité sur l’état des droits humains est plus importante que jamais. Pour ses quinze ans, le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) présente, du 10 au 19 mars 2017, une programmation exceptionnelle de films, de débats et d’expositions qui vous donneront envie d’agir en faveur des enfants, des femmes et des hommes vulnérables qui partout dans le monde sont encore victimes des pires abus. Alors que la trente-quatrième session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient de s’ouvrir à Genève, le FIFDH propose 134 événements à travers 45 lieux à Genève mais aussi à Lausanne, Orbe, Bienne et dans la Vallée de Joux.  Certaines projections auront lieux dans les foyers pour requérants d’asile et dans les prisons.

De la désobéissance civile

Concernant la condition des migrants et des réfugiés en Suisse et dans le monde, le festival présentera plusieurs films et documentaires courageux et intelligents qui posent la question de la désobéissance civile impérative lorsque les institutions étatiques ont cessé de respecter les conventions internationales et violent les droits fondamentaux de personnes souvent invisibles aux yeux de la société car éloignés, isolés et enfermés.

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Au Mexique une forte hausse des demandes d’asile est attendue en 2017

Le Mexique est devenu une terre d’accueil pour des milliers de réfugiés en provenance d’Amérique centrale. Ils sont victimes des violences armées dans leurs pays, persécutés par des gangs, tués par des forces de sécurité, pourchassés par des cartels de la drogue et fuient des Etats dont les administrations sont corrompues. Les autorités d’asile au Mexique s’attendent à recevoir près de 20’000 nouvelles demandes d’asile en 2017, les ONG prévoient bien plus.

Un cadeau des Etats-unis: Honduras, Salvador et Guatemala à feu et à sang

Dans les trois pays qui forment le Triangle du Nord en Amérique centrale – Honduras, Guatemala, Salvador – la violence est telle que les civils craignent pour leur vie, menacés par les gangs ultra-violents des “maras”, la guerre des cartels de la drogue et les attaques indiscriminées des forces paramilitaires qui tuent en toute impunité. Les victimes qui témoignent au micros des journalistes, lors des entretiens avec des travailleurs sociaux ou des conseillers juridiques comparent l’insécurité dans leur ville ou région d’origine à une situation de guerre généralisée où les civils sont abattus comme des chiens, enrôlés de force dans des gangs, torturés ou forcés à la prostitution.

Les reportages récents du New-York Times, de Al-Jazeera, du Guardian et du Monde sur les “maras” au Honduras, au Salvador et au Guatemala expliquent la gravité de la situation dans ces pays où les affaires des vendeurs de cercueils sont florissantes, où les assassinats sont rarement jugés et où les écoles se vident.

Cette violence extrême est un cadeau des Etats-unis qui dans les années 90 a renvoyé des dizaine de milliers de membres des gangs de Los Angeles, une fois leur peine de prison purgée. Elle est aujourd’hui alimentée par la corruption des élites politiques, judiciaires, sécuritaires et économiques. Si les Etats-unis ont longtemps été une destination rêvée pour les migrants et les réfugiés en provenance d’Amérique Latine, aujourd’hui le Mexique est devenu un lieu de refuge.  En 2017 cette tendance va se confirmer avec les nouvelles vagues d’arrestation de l’administration Trump (1).

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Pakistan: Human Rights Watch dénonce les refoulements massifs des réfugiés afghans et la complicité du HCR

En 40 ans le Pakistan a accueilli 1.5 million de réfugiés afghans mais depuis six mois, le vent a tourné. Les attaques terroristes au Pakistan et la détérioration des relations avec l’Afghanistan qui s’est rapproché de l’Inde, ont conduit au durcissement du gouvernement pakistanais à l’égard des réfugiés afghans. Depuis juin 2016, les menaces de renvois massifs, les abus et les violences policières généralisées et impunies à l’encontre de la communauté afghane ont forcé 600’000 afghans à fuir le Pakistan.

Le HCR complice dans les refoulements en Afghanistan

Dans son rapport de 76 pages intitulé “Pakistan Coercion, UN Complicity: The Mass Forced Return of Afghan Refugees” Human Rights Watch condamne les autorités pakistanaises pour avoir forcé le départ de milliers de réfugiés et dénonce la complicité du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) qui a financé le refoulement illégal de milliers de personnes vers des zones dangereuses où les combats armés prolifèrent.

Depuis juin 2016, 365’000 réfugiés et 200’000 afghans illégaux ont été refoulés. Ils disent avoir choisi la meilleure option, celle de fuir la violence, les menaces et les extorsions au Pakistan même s’ils risquent d’être pris au piège des combats entre rebelles et soldats. C’est ce qui ressort des entretiens effectués par Human Rights Watch sur le terrain. Responsable de l’organisation des retours volontaires lorsque la situation dans le pays d’origine le permet, le HCR aurait encouragé financièrement le retour des réfugiés vers des terres hostiles et dangereuses sans informer les personnes sur ce qui les attendait.

Le HCR nie en bloc mais l’agence est peu crédible. En juin 2016 elle a doublé l’aide au retour de 200 à 400 dollars par personne tout en taisant les exactions et les abus répétés de la police pakistanaises à l’encontre des réfugiés. Selon Gerry Simpson chercheur à Human Rights Watch, le HCR aurait dû dénoncer publiquement les exactions commises à l’encontre de cette communauté. Et dans l’organisation des “retours volontaires”, l’agence onusienne doit donner toutes les informations sur la situation dans le pays natal et dans les régions concernées conformément à son mandat de protection. Sur son site internet, l’organisation insiste sur les conditions des retours volontaires: (suite…)

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Les terroristes imaginaires de Trump ne sont pas parmi les réfugiés

En signant le décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis » vendredi 27 janvier 2017, Donald Trump a provoqué un choc national et international (1). Mais ce sont les réfugiés sur le point d’être réinstallés aux Etats-unis qui en souffriront le plus. Ce décret pénalise les personnes les plus vulnérables au monde sans empêcher les actes terroristes aux Etats-unis perpétrés en grande majorité par des citoyens américains comme le démontre une analyse récente de l’Institut CATO.

 

Que dit le décret?

Ce décret ne mentionne aucun pays en particulier mais se réfère à une loi de 2016 qui contient une liste de « pays à risque »: le Yémen, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et l’Irak. Il interdit pendant quatre-vingt-dix jours l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de ces sept pays. Il bloque également pendant quatre-vingt-dix jours les entrées de réfugiés venant de ces pays. Quant aux réfugiés syriens, dont seulement 18 000 ont été acceptés aux Etats-Unis depuis 2011, ils sont interdits d’entrée, jusqu’à nouvel ordre.

Concernant le programme de réinstallation des réfugiés vulnérables présélectionnés par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et dont les dossiers ont déjà été scrupuleusement examinés par plusieurs agences américaines, le texte bloque leur admission pendant cent vingt jours, c’est-à-dire quatre mois.

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