“Now is Not the Time to Give Up”: le FIFDH dévoile son programme 2019

Now is not the time to give up“! C’est sur ces mots d’ Evdokia Romanova que le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) a présenté le programme de sa 17ème édition qui se tiendra à Genève du 8 au 17 mars 2019. Evdokia Romanova est une militante féministe russe qui a été condamnée pour propagande homosexuelle.

“Elle a courageusement fait appel de sa décision et malgré les pressions, malgré les menaces, malgré les intimidations, elle continue son combat et cette édition lui est dédiée”, a déclaré Isabelle Gattiker, directrice générale et des programmes du FIFDH.

“Avec Evdokia cette édition du FIFDH se veut un vibrant hommage à ces milliers d’hommes et de femmes qui partout à travers la planète en Syrie, en RDC, au Soudan, au Guatemala, en Chine, sont privés de lumière et de justice et même écrasés, harcelés, torturés, arrêtés ils continuent leurs combats et ils nous regardent comme elle, droit dans les yeux avec cette question: pendant que nous avons résisté vous qu’avez vous fait? Et nous avons tous et toutes dans cette salle une responsabilité par rapport à cette question.”

 

De cette intranquillité dans le monde nous avons fait notre force

 

“Nous sommes tous rentrés dans l’air de l’intranquillité” et cette année plus que jamais le FIFDH est crucial, précise Isabelle Gattiker, car l’assaut contre le respect des droits humains est sans précédent notamment dans la liberté d’expression, le droit d’asile et le droit du travail.  Mais voilà, Isabelle Gattiker nous donne sa solution “de cette intranquillité dans le monde nous avons fait notre force”. Avec Yves Daccord, directeur général du CICR, Caroline Abu Sa’da (responsable éditoriale du Forum et directrice de SOS Méditerranée Suisse) et Manon Schick (directrice d’Amnesty international Suisse), elle a rappelé le rôle primordial du festival, événement mondial sans comparaison, plateforme unique où les artistes s’expriment librement en faveur d’une meilleure protection des droits fondamentaux dans le monde.

 

© Getty Images: Zuko Wonderfull Sikhafungana

 

 

Du 8-17 mars Genève sera en ébullition

 

Durant la semaine du festival du 8 au 17 mars, Genève sera en ébullition puisque le FIFDH rassemblera des artistes, réalisateurs, activistes, diplomates, personnes politiques, journalistes du monde entier et le grand public pendant qu’à l’ONU se tiendra la 40 ème session du Conseil des droits de l’homme. Et parmi toutes ces personnes, il y aura  beaucoup beaucoup de femmes a tenu à préciser Isabelle Gattiker.

 

Le programme de cette année est particulièrement riche. Il peut être consulté directement sur le site du FIFDH. Vous y trouverez une sélection de films, débats et conférences passionnants mais aussi des lectures, des conférences, de la photographie, un hackathon, de la bande dessinée et du théâtre, ainsi que des séances pour le jeune public, dans 62 lieux du Grand Genève et de la Suisse romande. Enfin les débats du Forum seront transmis en direct, permettant au public de poser des questions depuis n’importe quel endroit de la planète.

 

Journée internationale des droits des femmes célébrée avec Nadia Murad

 

La Journée internationale des droits des femmes le 8 mars sera consacré à Nadia Murad, Prix Nobel de la Paix 2018 avec la projection du film “Sur leurs épaules” (“On Her Shoulders d’Alexandria Bombach), en présence de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet et de la Secrétaire d’État suisse aux affaires étrangères Pascale Baeriswyl. Trois défenseuses des droits humains, Hajer Sharief (Libye), Tatiana Pechonchyk (Ukraine) et Sareta Ashraph (Irak), mettront en lumière les obstacles rencontrés dans leur combat quotidien.

Mais encore parmi les 300 invités attendus il y aura, les acteurs Forest Whitaker et Aïssa Maïga, l’artiste Ai Weiwei, les écrivains Roberto Saviano, Leïla Slimani, Laurent Gaudé et Uzodinma Iweala, les cinéastes Rithy Panh, Petra Costa, Amos Gitaï et Fernando Perez Valdes, le créateur du web Tim Berners-Lee, la sociologue Saskia Sassen, l’activiste et réfugiée syrienne Sarah Mardini, la juriste et militante féministe Ratna Kapur, les journalistes Lyse Doucet (BBC), Nadia Daam (Slate. fr et ARTE) et Lenaïg Bredoux (Mediapart), l’ancienne Présidente de la Confédération suisse Ruth Dreifuss, le programmateur du Festival de Sundance Hussain Currimbhoy et Pat Mitchell, première femme présidente de CBS. Le Festival sera clôturé par l’écrivain Édouard Louis.

 

Découvrir, comprendre, échanger, s’engager

 

Lors de la conférence de presse ce matin, la question de l’engagement est revenue. Comment s’engager à mieux protéger et promouvoir les droits humains attaqués de toutes parts? Caroline Abu Sa’ad a exprimé l’importance de pouvoir offrir au public des idées et des possibilités d’engagement. C’est pourquoi le FIFDH a démarré un nouveau chantier pour réfléchir et augmenter les mesures d’impacts concrets tout au long de l’année. Autre question importante celle du débat contradictoire avec des acteurs qui traditionnellement s’opposent au respect des droits humains. Le FIFDH invite régulièrement des personnalités qui tiennent un discours différent. Il offre dans le cadre du Forum international  la possibilité aux participants de s’exprimer ouvertement.

 

Le sort des migrants et des réfugiés dans le monde

 

Les questions qui sont abordées chaque année au FIFDH sont toutes liées au problème des migrations forcées qu’elles soient économiques, environnementales ou politiques. Mais précisément certains films et événements concerneront plus directement la situation des réfugiés et des déplacés dans le monde. En voici quelques-uns dans le cadre du Forum international:

  • Sur leurs épaules : les combats des défenseuses des droits humains, Vendredi 8 mars – 20:00 – Espace Pitoëff – Théâtre. Présentation du film On her Shoulders de Alexandria Bombach, États-Unis, 2018, qui raconte le combat de Nadia Murad, Prix Nobel de la Paix 2018. Elle est devenue la voix du peuple Yézidi après avoir survécu aux violences et crimes perpétrés par Daesh. Puis débat.
  • Soudan du Sud : la plus jeune nation du monde à la recherche de la paix, Samedi 9 mars – 14:00 – Espace Pitoëff – Grande salle. Présentation du film de la Whitaker Peace & Development Initiative en présence de Forest Whitaker, acteur et réalisateur et Président de la Whitaker Peace & Development Initiative. Puis débat.
  • Qui parle encore des palestiniens? Vendredi 15 mars – 18:00 – Espace Pitoëff – Théâtre. Présentation du film The Occupation of the American Mind (la guerre des relations publiques d’Israël aux Etats-Unis), d’Alper et Earp, analyse comment l’avenir de la question palestinienne se joue plus dans les newsrooms américaines que sur le terrain. Puis débat.
  • Migrations : quand la solidarité est criminalisée, Samedi 16 Mars – 14:30 – Espace Pitoëff – Grande salle. Présentation du film Strange Fish, de Giulia Bertoluzzi qui met à l’honneur les pêcheurs de Zarzis qui ramassent et enterrent les corps sans noms échoués sur les pages tunisiennes.

 

Une personne à découvrir, Leïla Slimani, Présidente du Jury Documentaire de création

 

Je ne peux terminer ce billet sans mentionner la présence de la romancière et journaliste franco-marocaine Leïla Slimani qui présidera le jury Documentaires de création aux côtés du cinéaste Felipe Barbosa.

 

 

Leïla Slimani a publié trois livres qui ont eu un certain retentissement: Dans le jardin de l’ogre  (2014), Chanson douce (Prix Goncourt 2016) et Sexe et mensonges: la vie sexuelle au Maroc (2017). Cette écrivaine est courageuse, féministe et engagée.  Elle est la représentante personnelle d’Emmanuel Macron pour la Francophonie ce qui ne l’a pas empêchée de l’interpeller publiquement en novembre dernier en soutien aux personnes migrantes et aux réfugiés dans le cadre notamment du débat en cours sur le projet de loi asile et immigration en France.

 

Ainsi en janvier 2018 elle déclarait sur la plateforme d’information regards.fr impassible et rayonnante:

 

« Cette façon de parler de la politique migratoire avec une grande froideur, avec un pragmatisme, en ne parlant que de chiffres, ça déshumanise les gens. C’est là où les mots sont très importants, remettre des mots, de la poésie, c’est remettre de l’individu, et c’est rappeler que se sont des âmes, des corps, des gens qui ont une histoire, qui ont des parents et qu’on ne pourra jamais qu’on le veuille ou non faire cette espèce de distinction entre des migrants économiques – qui viennent en fuyant la misère et seraient des sous-migrants – et les autres migrants qui fuient des situations terribles, politiques, la guerre, les viols, etc. (…) Le fait qu’ils soient des humains, le fait même qu’ils parcourent des distances pareilles, qu’ils meurent et qu’ils soient prêts à mourir fait qu’on ne peut pas les regarder avec une telle simplicité. Donc l’intellectuel doit ramener de la complexité et de l’humanité dans ce débat. »

J’aime cette femme et je me réjouis de la rencontrer grâce au FIFDH qui permet ce genre de rencontres et aussi toutes les remises en question.

 

Pour visionner son interview cliquez sur l’image…

 

Interview de Leila Slimani sur regards.fr , janvier 2018

INFORMATION ET BILLETTERIE SUR LE SITE DU FIFDH

Les militaires russes sécurisent la plus importante aide humanitaire en Syrie en faveur du camp de Rukban

Hier un convoi de 118 camions rempli de nourriture, de médicaments, de produits d’hygiène, de fournitures scolaires et de matériel logistique sont arrivés au camp d’Al Rukban où vivent 40 000 déplacés internes syriens interdits d’entrée en Jordanie depuis 2016. Le camp de Rukban, établi en 2015, se trouve dans le désert syrien à la frontière jordanienne. La plupart des  résidents sont des Syriens qui ont fui les combats à Palmyre, dans les zones rurales de Homs et à l’est de Hama. Cette région est à nouveau contrôlée par le gouvernement syrien. La grande majorité soit 80% des résidents du camp de fortune sont des femmes et des enfants. Beaucoup d’enfants y sont décédés de famine ou de maladie suite au siège des forces syriennes et aussi à cause de la fermeture complète de la frontière jordanienne.  Il s’agit de la deuxième opération conjointe de l’ONU et du Croissant-Rouge syrien après celle de novembre 2018. Le convoi a traversé 260 kilomètres grâce à la sécurisation des militaires russes. Quinze véhicules militaires et 60 officiers ont assuré la défense du convoi lors de son voyage vers sa destination proche de la base militaire américaine Al-Tanf.

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Les raisons sordides de la forte baisse des demandes d’asile en Suisse en 2018

En 2018, le nombre de demandes d’asile déposées en Suisse n’a jamais été aussi bas depuis 2008 avec 15’255 demandes d’asile enregistrées contre 18’088 en 2017 (+16%), 27’207 en 2016 (+43%) et 39’523 en 2015 (+61%).

Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM) 2018

Pourtant les conflits, les persécutions et les violations massives des droit de l’Homme continuent. Les principaux pays de provenance sont l’Érythrée, la Syrie, l’Afghanistan et la Turquie suivis de la Géorgie, du Sri Lanka, de l’Irak et de la Somalie. Ce sont donc les politiques d’obstruction mises en place par les gouvernements européens qui expliquent la diminution des demandes d’asile en Suisse. Cette explication est confirmée par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) dans son dernier commentaire statistique.

L’installation de murs barbelés sur les frontières (Hongrie, Slovénie, Croatie, Roumanie, Bulgarie), l’empêchement des sauvetages en mer Méditerranée, la criminalisation de l’assistance aux réfugiés, la fermetures des ports, la mise à quai de navires humanitaires, l’utilisation abusive des accords de Dublin, les refoulements vers la Libye et le maintien forcé et prolongé de requérants vulnérables dans les centres “hotspots” surchargés des îles grecques, toutes ces raisons expliquent la baisse des demandes d’asile en Suisse en 2018 (1). 

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