En Grèce, 70% des fonds d’aide aux réfugiés ont été gaspillés

Le terrible gaspillage de l’assistance humanitaire la plus coûteuse de l’Histoire

L’analyse minutieuse de Daniel Howden et Apostolis Fotiadis pour le site d’information indépendant News Deeply conclut au gaspillage de millions de dollars destinés à l’aide aux réfugiés en Grèce. Cette mauvaise nouvelle tombe au moment où l’Organisation internationale des migrations (OIM) cherche désespérément, à coups de félicitations généralisées, à accélérer le rythme des relocalisations des personnes bloquées dans les centres d’enregistrement “hotspots” en Grèce.

A ce jour, seulement 10’000 requérants d’asile ont été transférés depuis la Grèce, principalement en Allemagne, en France et en Hollande sur les 120’000 prévus en septembre 2015 (1). Les conditions d’accueils dans les camps en Grèce ont été abominables cet hiver et restent bien en-dessous de ce qui est acceptable puisque même le Parlement européen parle de conditions qui violent les droits fondamentaux des requérants d’asile.

Où va l’argent?

La plupart des personnes interrogées par les journalistes en Grèce estiment que 70% des 803 millions de dollars US dépensés depuis 2015 ont été gaspillés. Et ce n’est pas la faute aux grecs loin de là. Les causes de cette perte vont de la désorganisation grossière dans l’attribution et l’utilisation des fonds sur le terrain, à la compétition bête et méchante mais très courante entre les organisations internationales et locales, saupoudrés d’une certaine animosité entre les employés humanitaires locaux mal payés et les expatriés coûteux qui “savent tout mieux”.

L’article “The Refugee Archipelago: The Inside Story of What Went Wrong in Greece” analyse avec brio les erreurs qui ont été commises dans l’assistance humanitaire la plus coûteuse de l’histoire.  Depuis janvier 2015, 803 millions de dollars US ont inondé ce pays. Ce montant était destiné à venir en aide aux 57’000 réfugiés bloqués lorsque les frontières ce sont fermées dans les balkans, ce qui représente une aide de 14’000 dollars US par personne.

Lora Pappa, directrice de l’organisation grecque METADRASI, a une dent contre les organisations non-gouvernementales internationales car elles ont raflé les meilleurs employés des ONG locales avec des propositions de salaires alléchantes. Selon elle, l’afflux d’argent a transformé les réfugiés en marchandises et encouragé l’action à court-terme. Par exemple, la construction par l’organisation non gouvernementale américaine International Rescue Committee (IRC) du centre d’Apanemo à Lesbos a coûté 1 million de dollars US. Il a été construit durant les mois les plus chargés de 2015 pour recevoir 2’000 personnes par jour. Financé par des dons privés, des fonds britanniques et la Fondation Radcliffe, il a été fermé en mars 2016 et n’a absolument pas rempli sa mission. Les réfugiés arrivaient de l’autre côté de l’île.

Une attitude colonialiste parmi les employés des organisations internationales

Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) est aussi responsable de mauvaise gestion et a mauvaise réputation sur le terrain et dans les plus hautes sphères politiques grecques. Le programme d’assistance grec du HCR est sans précédent en Europe. L’agence est passée, en 2015, de 12 employés à 600 employés (répartis sur 12 bureaux) dont le tiers était formé d’expatriés. Les différences de salaire entre les employés grecques locaux (inférieur à 800 dollars US par mois), les employés locaux (qui gagnent 1’600 dollars US) et le employés internationaux du HCR (qui gagnent près de 4’800 dollars US) ont créé de vives tensions au sein des équipes sur le terrain et ont passablement entravé la bonne conduite des opérations.

Sa réputation a aussi été ternie par le fait qu’elle ne défend pas suffisamment les requérants d’asile sur place, certainement parce qu’elle est ligotée par sa dépendance financière à l’Union européenne. Si elle a dénoncé des situations graves ce n’est que trop mollement. Certains fonctionnaires grecs parlent même de “mentalité colonialiste” parmis les employés des organisations internationales non-gouvernementales (OING). Les ministres grecs ont souvent commencé leurs réunions avec les employés des OINGs en précisant “qu’on était pas en Somalie” et que la Grèce avait son propre gouvernement, ses lois et institutions.  Enfin l’amertume vis-à-vis des organisations internationales vient d’une raison concrète: les institutions gouvernementales grecques ont été mise de côté par les bailleurs de fonds alors qu’elles ont la responsabilité de coordonner ces projets et que l’Union européenne compte sur la Grèce pour retenir des milliers de réfugiés avant leur relocalisation.

Brouillard dans les sphères onusiennes et au Ministère grec de la politique migratoire

Le pays peine aujourd’hui à donner le chiffre exact des camps de réfugiés éparpillés sur son territoire. Le Ministère de la politique migratoire en a 39 sur sa liste mais les Nations-unies en comptent 50. Beaucoup de sites sont en phase de fermeture parce qu’ils sont inadaptés à l’hébergement des réfugiés. La décision d’en construire autant a multiplié les coûts d’infrastructure (gestion des eaux usées, installations sanitaires, hébergements) dans des zones trop éloignées qui ne serviront plus à l’avenir alors que l’Entreprise publique d’électricité continue l’installation des stations près de camps qui vont probablement fermer. En effet, le service d’aide humanitaire et de protection civile (ECHO) de la Commission européenne, dirigé par Christos Stylianides a décidé de limiter son soutien financier à dix camps en Grèce.

Et la confusion est tout aussi flagrante sur le nombre de requérants d’asile qui se trouvent encore dans ce pays sur les 1.03 millions de personnes arrivées en 2015 et 2016. Le Ministère de la politique migratoire et les Nations unies n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les chiffres, le premier en a 62’000 sur sa liste et l’ONU 50’000. Cerise sur le gâteau, certains fonctionnaires de l’Union européenne prétendent eux que les deux estimations sont gonflées.

 

  1. En septembre 2015, le Conseil des ministres adoptait deux décisions contraignantes imposant aux Etats membres la relocalisation partagée de 160’000 requérants d’asile (120’000 de Grèce et 40’000 d’Italie).

Liberté de mouvement des requérants d’asile: un rapport critique les autorités suisses

L’avis de droit mandaté par la Commission fédérale contre le racisme (CFR) au Centre de compétence pour les droits humains de l’Université de Zurich (1) critique les autorités suisses en ce qui concerne la garantie de liberté de mouvement des requérants d’asile en Suisse. Qu’en est-il de leur liberté de mouvement ? Dans quels cas peut-elle être restreinte ? Et à quel moment les restrictions deviennent-elles contraires aux droits fondamentaux ?

S’il existe des circonstances qui justifient en Suisse la prononciation de mesures qui peuvent restreindre le droit fondamental à la liberté de mouvement, elles ne doivent s’adresser qu’à des individus, non à des groupes et elles doivent relever de l’intérêt public, être légales et rester proportionnées. Selon le rapport “les assignations et les interdictions territoriales collectives portent atteinte à la liberté de mouvement, car elles ne reposent pas sur une base légale ni ne poursuivent un intérêt public digne de protection”.

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FIFDH 2017: les films, débats, expositions sur la situation grave des migrants et des réfugiés dans le monde

Aujourd’hui, la vérité sur l’état des droits humains est plus importante que jamais. Pour ses quinze ans, le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH) présente, du 10 au 19 mars 2017, une programmation exceptionnelle de films, de débats et d’expositions qui vous donneront envie d’agir en faveur des enfants, des femmes et des hommes vulnérables qui partout dans le monde sont encore victimes des pires abus. Alors que la trente-quatrième session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient de s’ouvrir à Genève, le FIFDH propose 134 événements à travers 45 lieux à Genève mais aussi à Lausanne, Orbe, Bienne et dans la Vallée de Joux.  Certaines projections auront lieux dans les foyers pour requérants d’asile et dans les prisons.

De la désobéissance civile

Concernant la condition des migrants et des réfugiés en Suisse et dans le monde, le festival présentera plusieurs films et documentaires courageux et intelligents qui posent la question de la désobéissance civile impérative lorsque les institutions étatiques ont cessé de respecter les conventions internationales et violent les droits fondamentaux de personnes souvent invisibles aux yeux de la société car éloignés, isolés et enfermés.

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Au Mexique une forte hausse des demandes d’asile est attendue en 2017

Le Mexique est devenu une terre d’accueil pour des milliers de réfugiés en provenance d’Amérique centrale. Ils sont victimes des violences armées dans leurs pays, persécutés par des gangs, tués par des forces de sécurité, pourchassés par des cartels de la drogue et fuient des Etats dont les administrations sont corrompues. Les autorités d’asile au Mexique s’attendent à recevoir près de 20’000 nouvelles demandes d’asile en 2017, les ONG prévoient bien plus.

Un cadeau des Etats-unis: Honduras, Salvador et Guatemala à feu et à sang

Dans les trois pays qui forment le Triangle du Nord en Amérique centrale – Honduras, Guatemala, Salvador – la violence est telle que les civils craignent pour leur vie, menacés par les gangs ultra-violents des “maras”, la guerre des cartels de la drogue et les attaques indiscriminées des forces paramilitaires qui tuent en toute impunité. Les victimes qui témoignent au micros des journalistes, lors des entretiens avec des travailleurs sociaux ou des conseillers juridiques comparent l’insécurité dans leur ville ou région d’origine à une situation de guerre généralisée où les civils sont abattus comme des chiens, enrôlés de force dans des gangs, torturés ou forcés à la prostitution.

Les reportages récents du New-York Times, de Al-Jazeera, du Guardian et du Monde sur les “maras” au Honduras, au Salvador et au Guatemala expliquent la gravité de la situation dans ces pays où les affaires des vendeurs de cercueils sont florissantes, où les assassinats sont rarement jugés et où les écoles se vident.

Cette violence extrême est un cadeau des Etats-unis qui dans les années 90 a renvoyé des dizaine de milliers de membres des gangs de Los Angeles, une fois leur peine de prison purgée. Elle est aujourd’hui alimentée par la corruption des élites politiques, judiciaires, sécuritaires et économiques. Si les Etats-unis ont longtemps été une destination rêvée pour les migrants et les réfugiés en provenance d’Amérique Latine, aujourd’hui le Mexique est devenu un lieu de refuge.  En 2017 cette tendance va se confirmer avec les nouvelles vagues d’arrestation de l’administration Trump (1).

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Pakistan: Human Rights Watch dénonce les refoulements massifs des réfugiés afghans et la complicité du HCR

En 40 ans le Pakistan a accueilli 1.5 million de réfugiés afghans mais depuis six mois, le vent a tourné. Les attaques terroristes au Pakistan et la détérioration des relations avec l’Afghanistan qui s’est rapproché de l’Inde, ont conduit au durcissement du gouvernement pakistanais à l’égard des réfugiés afghans. Depuis juin 2016, les menaces de renvois massifs, les abus et les violences policières généralisées et impunies à l’encontre de la communauté afghane ont forcé 600’000 afghans à fuir le Pakistan.

Le HCR complice dans les refoulements en Afghanistan

Dans son rapport de 76 pages intitulé “Pakistan Coercion, UN Complicity: The Mass Forced Return of Afghan Refugees” Human Rights Watch condamne les autorités pakistanaises pour avoir forcé le départ de milliers de réfugiés et dénonce la complicité du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) qui a financé le refoulement illégal de milliers de personnes vers des zones dangereuses où les combats armés prolifèrent.

Depuis juin 2016, 365’000 réfugiés et 200’000 afghans illégaux ont été refoulés. Ils disent avoir choisi la meilleure option, celle de fuir la violence, les menaces et les extorsions au Pakistan même s’ils risquent d’être pris au piège des combats entre rebelles et soldats. C’est ce qui ressort des entretiens effectués par Human Rights Watch sur le terrain. Responsable de l’organisation des retours volontaires lorsque la situation dans le pays d’origine le permet, le HCR aurait encouragé financièrement le retour des réfugiés vers des terres hostiles et dangereuses sans informer les personnes sur ce qui les attendait.

Le HCR nie en bloc mais l’agence est peu crédible. En juin 2016 elle a doublé l’aide au retour de 200 à 400 dollars par personne tout en taisant les exactions et les abus répétés de la police pakistanaises à l’encontre des réfugiés. Selon Gerry Simpson chercheur à Human Rights Watch, le HCR aurait dû dénoncer publiquement les exactions commises à l’encontre de cette communauté. Et dans l’organisation des “retours volontaires”, l’agence onusienne doit donner toutes les informations sur la situation dans le pays natal et dans les régions concernées conformément à son mandat de protection. Sur son site internet, l’organisation insiste sur les conditions des retours volontaires: (suite…)

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Les terroristes imaginaires de Trump ne sont pas parmi les réfugiés

En signant le décret intitulé « Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis » vendredi 27 janvier 2017, Donald Trump a provoqué un choc national et international (1). Mais ce sont les réfugiés sur le point d’être réinstallés aux Etats-unis qui en souffriront le plus. Ce décret pénalise les personnes les plus vulnérables au monde sans empêcher les actes terroristes aux Etats-unis perpétrés en grande majorité par des citoyens américains comme le démontre une analyse récente de l’Institut CATO.

 

Que dit le décret?

Ce décret ne mentionne aucun pays en particulier mais se réfère à une loi de 2016 qui contient une liste de « pays à risque »: le Yémen, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et l’Irak. Il interdit pendant quatre-vingt-dix jours l’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de ces sept pays. Il bloque également pendant quatre-vingt-dix jours les entrées de réfugiés venant de ces pays. Quant aux réfugiés syriens, dont seulement 18 000 ont été acceptés aux Etats-Unis depuis 2011, ils sont interdits d’entrée, jusqu’à nouvel ordre.

Concernant le programme de réinstallation des réfugiés vulnérables présélectionnés par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et dont les dossiers ont déjà été scrupuleusement examinés par plusieurs agences américaines, le texte bloque leur admission pendant cent vingt jours, c’est-à-dire quatre mois.

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Les enfants invisibles du califat de l’Etat islamique

Des milliers d’enfants nés sur les territoires occupés par les forces de l’Etat islamique (EI) depuis 2012 sont apatrides aujourd’hui, c’est-à-dire dépourvu de nationalité. En mars 2016 un rapport de la Fondation Quilliam mentionnait le chiffre de 31’000 femmes enceintes sur les territoires du califat qui s’étendent en Irak et en Syrie sur quelque 60’000 kilomètres carrés.

Ils viendront s’additionner aux 10 millions d’apatrides dans le monde, au grand regret du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) qui tente depuis 2014 d’engager les Etats comme la Thailande et la Birmanie vers une reconnaissance des populations ethniques apatrides résidant sur leur territoire (1).

Les causes de l’apatridie sont nombreuses. Elles découlent de lacunes ou d’injustices dans les lois sur la nationalité mais résultent aussi souvent d’un conflit. La guerre en Syrie et en Irak a provoqué le déplacement de milliers de familles et les enfants nés sur ces territoires n’ont pu être enregistrés correctement. Mais la situation est encore plus complexe pour les familles qui vivent sur les territoires irakiens et syriens de l’EI ou qui ont justement fui les zones de combats. (suite…)

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Forum économique mondial: l’appel urgent de l’Organisation internationale des migrations aux dirigeants confortablement réunis

Récemment, l’Organisation internationale des migrations (OIM) a dénoncé la passivité des dirigeants politiques à l’égard des migrants. Ces critiques surviennent alors que le froid congèle les requérants d’asile en Grèce et en Serbie, alors que les naufrages continuent de faire des victimes, alors que les frontières renforcées donnent des ailes aux réseaux criminels de passeurs, alors que l’Europe vieillit et qu’elle a besoin d’une main d’oeuvre étrangère légale.

Désespérée par les souffrances des personnes migrantes et par les mauvaises conditions d’accueils en Europe, l’OIM demande aux dirigeants européens de prendre des mesures concrètes pour réviser la Réglementation Dublin afin d’y inclure une répartition européenne équitable des demandeurs d’asile et une meilleure protection des mineurs non accompagnés et pour qu’ils accélèrent immédiatement les relocalisations des requérants d’asile d’Italie et de Grèce vers d’autres pays européens. Le froid glacial exige des mesures urgentes en Europe. Des pressions politiques sur la Serbie seraient aussi bienvenues alors que 2’000 requérants d’asile y croupissent dans des hangars insalubres par moins 10 degrés celsius.

Sur trois ans (2014, 2015, 2016) 18’501 personnes sont décédées au cours de leur périple, la grande majorité durant la traversée de la Méditerranée. Chaque jour ce sont donc 17 hommes, femmes et enfants qui ont perdu la vie durant leur voyage. Bien sûr il y a des jours sans victimes et il y a des jours noirs comme samedi dernier 12 janvier qui a vu encore 100 personnes mourir dans les eaux glacées au large de la Libye. (suite…)

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Appel contre l’application aveugle du règlement Dublin

 

A droite, au centre, à gauche, plus d’une centaine de personnalités ont signé l’Appel contre l’application aveugle du règlement Dublin et vous invitent à le faire.

Parmi les nombreux signataires se trouvent le dessinateur ZEP, Carlo Sommaruga (ancien président du CICR), Ruth Dreifuss (ancienne Conseillère fédérale) et le dessinateur Patrick Chappatte. Cet Appel est aussi soutenu par de nombreuse associations, communes et plusieurs villes dont la Ville de Genève.

Il ne s’agit pas d’être contre les renvois Dublin. Il s’agit de décider de leurs exécutions en respectant les droits fondamentaux des personnes concernées. La Suisse est le pays européen qui applique le plus strictement la procédure Dublin ce qui conduit son administration à ordonner des renvois sans tenir compte des liens familiaux que les personnes ont en Suisse, de la vulnérabilité et de la santé de ces personnes.

L’exécution des renvois est brutale même en présence des enfants et les renvois se font vers des pays (surtout l’Italie) où les structures d’accueils sont saturées et les soins médicaux inaccessibles. Dernièrement plusieurs renvois auraient dû être stoppés pour des raisons humanitaires.

Sur le site de Solidarité Tattes on peut lire les décisions affligeantes de bêtise prises par nos autorités au mépris des principes les plus fondamentaux et au mépris du Règlement Dublin que d’autres Etats européens savent mieux appliquer.

Des drames inutiles seront évités lorsque la Suisse respectera le paragraphe 17 du préambule du Règlement de Dublin III, selon lequel:

« Il importe que tout État membre puisse déroger aux critères de responsabilité, notamment pour des motifs humanitaires et de compassion, afin de permettre le rapprochement de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent et examiner une demande de protection internationale introduite sur son territoire ou sur le territoire d’un autre État membre, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères obligatoires fixés dans le présent règlement. »

Car elle peut et devrait faire usage de la clause discrétionnaire énoncée à l’art. 17 al. 1 du Règlement de Dublin, qui prévoit que :

« (…) chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. »

Alors comme Patrick Chappatte et ZEP et tant d’autres personnalités, je vous invite à signer cet appel qui implore:

  • Le Conseil fédéral d’utiliser toutes les possibilités offertes par l’article 17 al. 1 du Règlement Dublin, évitant à la Suisse de violer les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant et aux droits fondamentaux.
  • Le Conseil d’Etat genevois et les autres exécutifs cantonaux de ne pas procéder aux renvois que des motifs humanitaires ou de compassion permettent de ne pas exécuter, tels que le préconise le paragraphe 17 du préambule du Règlement Dublin lui-même.

Voici le lien qui vous permettra de le faire:  Appel contre l’application aveugle du règlement Dublin

 

Myanmar: Pourquoi les grandes puissances n’ont pas intérêt à améliorer le sort des Rohingyas

On dit des Rohingyas qu’ils sont les plus persécutés au monde. C’est en tous cas le titre que donne The Economist à son article daté du 13 juin 2015. C’est vrai, cette population musulmane minoritaire est détestée, persécutée, discriminée, amputée de ses droits politiques et fondamentaux depuis des décennies. Lorsqu’ils fuient leur pays, ils sont enfermés dans des centre de détention administrative, refoulés ou déportés vers le Myanmar quand ils ne sont pas remis à des trafiquants.

Les autorités birmanes ont longtemps opéré en cachette alors que le pays était isolé durant les années de la junte militaire, entre 1962 et 2015. Malgré l’arrivée au pouvoir de la Ligue nationale pour la démocratie représentée par Aung San Suu Kyi, les exactions commises à l’égard de cette communauté depuis trois mois, n’ont jamais été si graves. Les organisations comme Human Rights Watch, Amnesty international ou même le Haut-commissariat des réfugiés n’hésitent pas à parler de nettoyage ethnique et les Rohingyas dénoncent un génocide à ciel ouvert alors que l’impunité règne. Ce sont des viols en bandes, des disparitions forcées, des interrogatoires sous tortures et des destruction de villages entiers incendiés contre des civils qui sont interdits de retour.

Un peuple détruit, sans terres ni droits (suite…)

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