Comment s’occuper des mineurs non accompagnés à Genève?

Certains mois, les migrants mineurs non accompagnés (MNA) sont plus nombreux que d’autres. Ils sont venus de France ou directement d’Espagne. Quelques fois on ne sait pas. Ils font partie des personnes les plus vulnérables d’Europe et de Suisse. Il y en a qui ont “quitté le bled” depuis des années. Aujourd’hui à Genève la grande majorité d’entre eux sont originaires d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc.

Genève doit trouver des solutions d’assistance adaptées à ce groupe constitué d’une multitude de profils différents. Ils n’ont jamais déposé de demande d’asile. Certains arrivent, puis s’en vont vers d’autres villes ou d’autres pays européens, d’autres décident de rester dans notre canton pour se poser et se reconstruire. Ils craignent leur 18 ans parce qu’ils ont peur d’être encouragés ou forcés de quitter le territoire suisse et de devoir poursuivre en mode “errance clandestine et dangereuse” ailleurs en Europe.

Les cantons suisses et la confédération se trouveront peut-être bientôt devant des demandes de régularisation et craignent qu’une politique trop accueillante provoque un effet d’attraction. C’est possible mais cette crainte fondée ne justifie pas de laisser des enfants et des jeunes adultes à la rue, sans repas, à la merci de réseaux criminels.

A titre individuel, tous les interlocuteurs avec lesquels j’ai pu m’entretenir, que ce soit du côté des associations, du Service de protection des mineurs (SPMi) ou du DIP estiment que les MNA méritent une assistance plus adéquate leur permettant de vivre dans la dignité et la sécurité.

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Transferts Dublin vers l’Italie: juges et experts sonnent l’alarme

Le Tribunal administratif fédéral (TAF) et plusieurs tribunaux allemands ont reconnu la péjoration des conditions de vie des personnes en procédure d’asile en Italie. Rentrés de mission en automne dernier, les experts de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dressent aussi un bilan très sombre.

L’OSAR recommande de renoncer aux transferts Dublin vers l’Italie

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) vient de publier un rapport alarmant sur la situation des requérants d’asile en Italie. Les personnes renvoyées dans le cadre d’une procédure Dublin n’ont guère accès à un hébergement et le respect de leurs droits fondamentaux n’y est plus garanti. 

Alors que le nombre d’arrivées en Italie a continuellement diminué ces derniers mois, les conditions de vie des requérants d’asile dans le pays se sont dramatiquement détériorées, précise l’organisation. C’est la conséquence de deux politiques simultanée: une réduction importante des allocations financières destinées au système d’accueil et un durcissement de la législation envers les requérants d’asile. 

Une mission d’enquête effectuée en automne 2019 et de nombreux entretiens menés avec des experts, des fonctionnaires italiens, des représentants du HCR et de plusieurs organisations non gouvernementales en Italie ont abouti à ce constat. Résultat des courses, l’OSAR demande de stopper purement et simplement les transferts Dublin vers l’Italie. 

  • Lire le rapport de l’OSAR ici

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Pour freiner la migration en provenance d’Afrique les dépenses européennes explosent

Maite Vermeulen est une journaliste hollandaise, cofondatrice du site d’information The Correspondent et spécialisée dans les questions migratoires. Avec deux autres journalistes, l’italien Giacomo Zandonini (Italie) et le nigérian Ajibola Amzat, elle a tenté de comprendre les raisons derrières la flambée des dépenses européennes sensées freiner la migration en provenance du continent africain. 

Depuis le Nigéria, Maite Vermeulen s’est intéressée aux causes de la migration nigériane vers l’Europe et sur les milliards d’euros déversés dans les programmes humanitaires et sécuritaires dans ce pays. Selon elle, la politique sécuritaire européenne n’empêchera pas les personnes motivées de tenter leur chance pour rejoindre l’Europe. Elle constate que les fonds destinés à freiner la migration sont toujours attribués aux mêmes grandes organisations gouvernementales ou non-gouvernementales. Les financements européens échappent aussi aux évaluations d’impact permettant de mesurer les effets des aides sur le terrain. 

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Le Conseil fédéral doit proposer une loi pour faciliter l’intégration des personnes admises à titre provisoire

La consultation lancée en août 2019 par le Conseil fédéral sur la modification de la Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI) vient de prendre fin.  Sur la base des avis des cantons, communes, entreprises, partis politiques et ONG, le Conseil fédéral doit proposer une loi modifiée afin de faciliter l’intégration des personnes admises à titre provisoire (permis F) sur le marché du travail et diminuer leur dépendance à l’aide sociale. 

 

L’admission provisoire n’a rien de provisoire

 

L’admission provisoire est une mesure de substitution pour les décisions de renvoi qui ne peuvent être exécutées (1). Au cours des auditions d’asile, ces personnes n’ont pas démontré qu’elles étaient personnellement exposées à de sérieux préjudices (ou craignaient de l’être) en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social déterminé ou de leurs opinions politiques. Elles ont fui des conflits, des situations de violences généralisées ou des désastres naturels. Elles viennent en majorité de Syrie, d’Afghanistan, d’Erythrée et de Somalie. Pour ces personnes, l’exécution du renvoi est repoussé à une date indéterminée. L’admission provisoire n’est pas une autorisation relevant du droit des étrangers, c’est une mesure de substitution, une “autorisation de rester” d’une durée limitée de 12 mois renouvelable en attendant que le renvoi puisse être exécuté. Mais en réalité, la majorité d’entre eux restent durablement en Suisse. 

 

Source: Commentaire sur la statistique en matière d’asile pour l’année 2018, Secrétariat d’Etat aux migrations SEM

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Puisez chez Powercoders pour des pros en informatique!

Partant du constat que la Suisse est en pénurie d’informaticiens et qu’il y a aussi d’immenses talents parmis les réfugiés, Christian Hirsig a fondé Powercoders en 2017. Cette académie de programmation intensive est destinée exclusivement aux réfugiés ou aux personnes admises à titre provisoire en Suisse. Elle est basée à Zurich et Lausanne et des formations ont aussi lieu à Turin et Istanbul.

Les formations durent trois mois, elles aboutissent à des stages en entreprise et, dans la mesure du possible, à un travail ou un apprentissage. 

Pour les prochaines formation de printemps 2020, les candidatures sont ouvertes jusqu’en février 2020. Les deux sessions de cours débuteront fin mars 2020 jusqu’en juin et seront suivies de stages rémunérés en entreprises (de 6 à 12 mois). Pour la formation qui se tiendra à Lausanne, une séance d’information aura lieu ce jeudi 28 novembre 2019 à Lausanne (1).

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La Cour des comptes de l’UE critique les disparités en matière de gestion des migrations en Grèce et en Italie

Le 13 novembre 2019, la Cour des comptes de l’Union européenne (UE) publiait son rapport d’audit «Asile, relocalisation et retour des migrants: il est temps de renforcer la lutte contre les disparités entre les objectifs et les résultats». Ce rapport examine le soutien financier et opérationnel de l’UE en faveur de la Grèce et de l’Italie. Il évalue dans quelles mesures les objectifs ont été atteints et si les procédures d’asile et de retour étaient efficaces et rapides. Le rapport couvre la période 2015-2018. La Cour des comptes s’est intéressée à l’accueil des requérants d’asile, à la procédure d’asile, au système EURODAC et au fonctionnement du système Dublin, aux relocalisations des requérants d’asile vers d’autres pays de l’UE et enfin à l’efficacité des renvois vers les pays d’origine. Le rapport est truffé de recommandations qui vont inévitablement influencer les décisions des autorités suisses. 

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L’Amérique barbare: enquête sur la détention forcée de 70’000 enfants sans-papiers en une année

Photo © AP/ Wilfredo Lee

Les récentes statistiques publiées au mois d’octobre montrent que sur l’année écoulée 69’550 enfants migrants sans-papiers ont été détenus et séparés de leur famille aux Etats-Unis (1). Parmi eux des bébés, de très jeunes enfants et des adolescents. Beaucoup ont déjà été expulsés, d’autres ont réussi à retrouver leurs parents aux États-Unis mais 4’000 enfants sont encore séparés de leurs proches, placés dans des familles d’accueils pour les plus jeunes ou détenus dans d’immenses centres pour les  moins jeunes et adolescents. 

C’est ce que révèle une enquête de Frontline (2)  et The Associated Press (AP) dont les premiers résultats ont été diffusés hier dans Kids Caught in the Crackdown sur la chaîne d’information Public Broadcasting Service (PBS).

 

↓ Cliquez sur l’image ci-dessous pour visionner le documentaire ↓

 

Trois journalistes, Daffodil Altan (Frontline), Martha Mendoza et Garance Burke (AP) ont mené l’enquête sur le système de détention géré par le Département de la santé (HHS) et son impact sur la santé mentale des enfants. 

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Génocide des Rohingyas: le reportage de Gwenlaouen Le Gouil revient sur un crime de masse

En août 2017, plus de 740’000 Rohingyas ont dû fuir le Myanmar et se réfugier au Bangladesh après une offensive sanglante de l’armée birmane. Des centaines de villages ont été incendiés et détruits, les femmes violées, les bébés jeter vivant dans les flammes sous les yeux des familles. Aujourd’hui, près de 915’000 réfugiés rohinghyas résident dans des conditions difficiles au Bangladesh.

Deux ans  après l’exode massif de 2017, le journaliste Gwenlaouen Le Gouil sort un documentaire émouvant intitulé “Rohyingya, la mécanique du crime” qui décrit la planification et l’exécution d’un immense nettoyage ethnique orchestré depuis longtemps par les militaires birmans avec l’étroite collaboration de civils et de moines sur fond de discours racistes du moine Ashin Wirathu dont l’influence haineuse reste importante aujourd’hui. Plusieurs indices laissaient présager les horreurs de 2017. Un cas d’école de nettoyage ethnique dont les généraux effacent aujourd’hui les traces. Cet acte génocidaire d’août 2017 a été politiquement planifié. C’est ce que démontre le nouveau reportage de Gwenlaouen Le Gouil qui revient sur les lieux du crime et met au jour les signes avant-coureurs du massacre.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder au reportage complet.

Il est accessible sur ARTE jusqu’au 20 novembre 2019.

En septembre, le dernier rapport de la Mission d’enquête internationale indépendante sur le Myanmar a révélé que la menace de génocide subsiste pour les 600’000 Rohingyas restés au Myanmar. Devant ce constat, il recommandait que la cause soit jugée par la Cour internationale de justice (CIJ) pour manquement à la Convention sur le génocide de 1948, l’un des rares instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme que le Myanmar a ratifié. Bonne nouvelle: la Gambie,  au nom de l’Organisation de la coopération islamique, vient de déposer une requête auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) accusant le Myanmar de crime de génocide.

La procédure pour crime contre l’humanité à la Cour Pénale Internationale (CPI) et initiée par le Bangladesh suit son cours. Une enquête a été ouverte en juillet sur les crimes présumés commis depuis le 9 octobre 2016. Les victimes peuvent désormais soumettre leurs situations aux juges de la CPI.

Autres liens:

Rohingya, un génocide à huis clos de Gwenlaouen Le Gouil couronné du grand prix au Figra.

Interview de Gwenlaouen Le Gouil sur France Inte

Myanmar: Pourquoi les grandes puissances n’ont pas intérêt à améliorer le sort des Rohingya

Myanmar: Pourquoi les grandes puissances n’ont pas intérêt à améliorer le sort des Rohingyas

 

Brexit: l’occasion pour le Royaume-Uni de se distancer de la politique migratoire de l’UE?

Les politiciens suisses devraient lire le rapport du Comité des affaires étrangères de la Chambre des communes (1) intitulé Responding to irregular migration: finding a diplomatic route.  C’est une mine d’information. Dans ce rapport, les députés conservateurs et travaillistes du Foreign Affairs Committee (1) demandent au Ministère de l’intérieur (Home Office) et au Ministère des affaires étrangères (Foreign & Commonwealth Office) de collaborer étroitement avec l’UE afin que les mesures de sécurisation des frontières respectent mieux les droits fondamentaux des migrants.

Calais

Le Comité déplore la situation à Calais causée par une sécurisation outrancière de la frontière sans considération des besoins réels des migrants bloqués dont 50% mériteraient de retrouver rapidement leurs familles en Angleterre. Il prône des financements plus importants afin d’améliorer les conditions de vies des migrants en France et en Belgique et éviter que les personnes découragées par des procédures lentes utilisent les services de passeurs pour traverser la Manche ou finir congelés dans des camions frigorifiques.

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Sécurité des femmes dans le domaine de l’asile: le Conseil fédéral adopte des mesures décevantes

Les femmes et les jeune-filles qui déposent une demande d’asile en Suisse ont souvent été victimes de violence ou d’exploitation sexuelle dans leur pays d’origine ou durant leurs parcours migratoires. Elles sont aussi souvent des cibles idéales dans les centres fédéraux ou les centres cantonaux et subissent régulièrement des actes de violence.

Sur les cinq dernières années la proportion des requérantes d’asile nouvellement arrivées en Suisse représente en moyenne 30% du nombre total des demandes d’asile. Parmi elles se trouvent une majorité de femmes érythréennes, syriennes, afghanes, somaliennes, turques, irakiennes ou encore iraniennes. Souvent elles n’osent pas parler de leurs traumatismes ou encore reçoivent les mauvais soins. Certaines n’osent pas aller se doucher de peur de croiser certains hommes au passage, d’autres ne ferment pas l’oeil car elles ne peuvent verrouiller leur porte. Et si elles osent communiquer un problème grave elles n’ont personne pour traduire.

Les témoignages de femmes, accessibles sur le site de l’organisation TERRE DES FEMMES Suisse et les informations révélées dans l’excellent rapport du Centre suisse de compétence pour les droits humains (CSDH) sur la situation dans les cantons, font froid dans le dos.

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