Au FIFDH on parlera des palestiniens

Le sort des palestiniens sera abordé ce vendredi 15 mars au Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève (FIFDH) dans le cadre du forum intitulé “Qui parle encore des palestiniens?”

La projection du film “The Occupation of the American Mind” (La colonisation des consciences américaines) de Jeremy Earp et Loretta Alper sera suivie d’une discussion avec Noura Erakat (avocate), S. Michael Lynk (Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains dans les Territoires Palestiniens occupés depuis 1967) et Sami Mshasha (UNRWA).

Ce film et la discussion seront l’occasion de mieux comprendre la politique israélienne envers les palestiniens, son influence aux Etats-Unis et aussi les conséquences de la propagande israélienne sur l’isolement des palestiniens aujourd’hui. Car la situation des réfugiés palestiniens au Moyen-Orient est plus précaire que jamais avec la prolongation de la guerre civile syrienne et le retrait du soutien financier américain à l’UNRWA.

 

Sujet du film

Depuis des années, l’occupation militaire des territoires palestiniens par Israël et les attaques répétées sur la bande de Gaza ont déclenché une vive réaction contre la politique israélienne presque partout dans le monde, à l’exception des États-Unis. Le documentaire analyse cette exception en se concentrant sur les efforts de relations publiques pro-israéliennes aux États-Unis. Il explore comment le gouvernement israélien, le gouvernement américain et le lobby pro-israélien ont uni leurs forces pour influencer la couverture médiatique américaine du conflit en faveur d’Israël. Les réalisateurs Jeremy Earp et Loretta Alper reviennent sur des faits historiques importants et donne la parole à plusieurs experts du conflit israélo-palestinien, universitaires, chercheurs et politiciens.

Les jeunes palestiniens diffusent une autre réalité sur les réseaux sociaux

Depuis peu le vent tourne. Le partage et la diffusion des actualités du terrain relayées par de jeunes activistes connectés sur les réseaux sociaux changent la donne. On le voit avec la mobilisation, de plus en plus importante aux Etats-Unis, de personnes qui découvrent une autre version des choses à travers Twitter, Facebook, Youtube. Ainsi la sympathie traditionnelle de l’opinion publique américaine à l’égard de la politique israélienne s’effrite au fur et à mesure que des images de violences directes et d’attaques disproportionnées contre des palestiniens sont diffusées sur les réseaux sociaux.

Parmi les sujets récents on peut citer l’arrestation, la détention puis la libération de mineurs palestiniens comme Ahed Tamini, Shadi Farah et Ahmed al-Zatari, les tirs criminels contre les manifestants palestiniens participant à la grande marche pacifique du retour et enfin le retrait de l’aide américaine à l’UNRWA. Ces actualités ont été largement diffusées, souvent par des jeunes directement ou indirectement concernés. Elles se répandent largement aux Etats-Unis.

Depuis 1950 c’est l’UNRWA (Office de secours et de travaux de l’ONU pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) qui se charge de la protection et de l’assistance aux réfugiés palestiniens dispersés en Jordanie, au Liban, en Syrie, à Gaza et en Cisjordanie. La mission de l’UNRWA devait durer trois mois pour assister quelque 750’000 réfugiés palestiniens. Mais leur retour n’a jamais été possible et le statut de réfugié s’est transmis aux générations suivantes. Aujourd’hui l’UNRWA assiste 5.15 millions de réfugiés palestiniens et apatrides. En septembre 2018, l’annonce du retrait américain du budget de l’UNRWA (300 millions de dollars) à la veille de la rentrée scolaire a provoqué une crise sans précédent. Son Commissaire général Pierre Krähenbühl redoute de ne pouvoir assurer les missions de l’agence en 2019 nécessitant une aide annuelle de 1,2 milliards de dollars.

 

Coexistence du droit au retour et des droits humains fondamentaux

Aujourd’hui, le droit au retour des palestiniens est plus contesté que jamais. Récemment Paul Adams de la BBC posait la question suivante à un jeune réfugié du camp de Burg Al-Barajneh à Beyrouth:

Vos grands-parents ont quitté leur foyer en Palestine, vos parents sont nés ici, vous êtes nés ici, êtes vous un réfugié ?

A quoi le jeune homme a répondu:

Je vis dans un camp, je n’ai pas de droits, mes documents disent que je suis réfugié, je n’ai pas de passeport, je n’ai rien. Alors bien sûr je me sens réfugié.”

Une jeune femme ajoute:

Pour nous le droit au retour est essentiel.”

 

Concrètement, la question du droit au retour est indissociable de la question du respect des droits fondamentaux des réfugiés palestiniens. En outre, un pays ne devrait pas empêcher l’un pour assurer l’autre. La coexistence des droits est primordiale.

Si les pays d’accueils comme le Liban et la Jordanie sont “au front” et dans d’immenses difficultés économiques avec un taux de chômage important (15-20%), la volonté d’assurer le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens ne doit et ne peut justifier l’ignorance des droits fondamentaux des réfugiés sur leur territoire. 

Ce sont enfin tous les pays d’accueils du monde entier qui sont concernés y compris la Suisse qui malheureusement ne fournit pas de statut d’apatride aux réfugiés palestiniens sous protection de l’UNRWA. Une aberration.

 

Pour aider les réfugiés palestiniens, un petit tour à la boutique SEP Jordan à Carouge

 

A Genève, l’entrepreneuse Roberta Ventura apporte un aide concrète aux réfugiées palestiniennes dans le camp de Jerash en Jordanie ce qui lui donne une vision assez pragmatique de la situation.

Elle est fondatrice et PDG de la société SEP Jordan qui emploie et rémunère 400 femmes artistes et brodeuses talentueuses.

Depuis 2013, la gamme des produits s’est étoffée. Ce sont des châles colorés et doux, des nappes immenses, des vestes et des chapeaux fabuleux qui révèlent beaucoup de créativité et de talent.

Sa nouvelle boutique au 31 rue Vautier à Carouge vaut la peine du détour.

© Roberta Ventura, CEO SEP Jordan

 

Les produits SEP peuvent être commandés en ligne.

Je vous invite aussi à consulter le site internet accessible en cliquant sur l’image ci-dessous.

 

©SEP Jordan website
Jasmine Caye

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle a présidé le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) et continue d'assister des personnes en procédure d'asile. Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

4 réponses à “Au FIFDH on parlera des palestiniens

  1. Merci de prendre fait et cause pour cette population dont l’actualité se détourne (et pourquoi ?..)
    La Suisse reçoit-elle des demandes d’asile de Palestiniens ? Comment les traite-t-elle ? Il semble que le non-respect des droits humains fondamentaux soit manifeste : Actions punitives de l’armée israélienne sur les civils, expropriations, coupures de l’accès à l’eau et aux soins médicaux (les équipes de chirurgiens suisses en ont témoigné…) Sans même le statut d’apatride reconnu, cette maltraitance qui touche des familles entières sans réels moyens de défense justifierait l’octroi de l’asile, merci de donner un éclairage si vous avez des réponses à ces questions.

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