Comment s’occuper des mineurs non accompagnés à Genève?

Certains mois, les migrants mineurs non accompagnés (MNA) sont plus nombreux que d’autres. Ils sont venus de France ou directement d’Espagne. Quelques fois on ne sait pas. Ils font partie des personnes les plus vulnérables d’Europe et de Suisse. Il y en a qui ont “quitté le bled” depuis des années. Aujourd’hui à Genève la grande majorité d’entre eux sont originaires d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc.

Genève doit trouver des solutions d’assistance adaptées à ce groupe constitué d’une multitude de profils différents. Ils n’ont jamais déposé de demande d’asile. Certains arrivent, puis s’en vont vers d’autres villes ou d’autres pays européens, d’autres décident de rester dans notre canton pour se poser et se reconstruire. Ils craignent leur 18 ans parce qu’ils ont peur d’être encouragés ou forcés de quitter le territoire suisse et de devoir poursuivre en mode “errance clandestine et dangereuse” ailleurs en Europe.

Les cantons suisses et la confédération se trouveront peut-être bientôt devant des demandes de régularisation et craignent qu’une politique trop accueillante provoque un effet d’attraction. C’est possible mais cette crainte fondée ne justifie pas de laisser des enfants et des jeunes adultes à la rue, sans repas, à la merci de réseaux criminels.

A titre individuel, tous les interlocuteurs avec lesquels j’ai pu m’entretenir, que ce soit du côté des associations, du Service de protection des mineurs (SPMi) ou du DIP estiment que les MNA méritent une assistance plus adéquate leur permettant de vivre dans la dignité et la sécurité.

L’occupation du Grütli

Il fallait rendre les MNA visibles. Il fallait raconter leurs difficultés. Il fallait en loger certains qui étaient à la rue. Lundi 13 janvier le Collectif Lutte des MNA décidait de poser les matelas au Grütli et d’y faire chauffer la marmite pour appeler les autorités cantonales à agir. Le collectif revendiquait une série de mesures concrètes dont l’accès à un logement digne accompagné d’un suivi socio-éducatif pour les MNA mais aussi pour les jeunes majeurs (18-25 ans). Il demandait aussi la scolarisation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans et un accès à des formations professionnelles. Ils sont maintenant près de 30 MNA et jeunes adultes à dormir au Grütli selon la porte-parole du collectif.

 

Normalement les MNA qui se trouvent à Genève sont dirigés vers le Service de protection des mineurs (SPMi) par des associations, par la police ou par l’Unité mobile d’urgence sociale (UMUS). Dans les faits tous les jeunes ne sont pas enregistrés. Avant-hier trois MNA, arrivés à Genève il y a peu, ont souhaité s’enregistrer auprès du SPMi sans succès. Au sous-sol du Grütli, un collectif d’avocats organise régulièrement des consultations et constitue des dossiers afin qu’ils soient pris en charge par ce service.

Dans son point de presse lundi 22 janvier, le Conseil d’Etat soulignait sa volonté de “répondre aux besoins d’hébergement et de suivi des MNA, allant de la mise à l’abri humanitaire à la prise en charge en foyer éducatif” tout en rappelant la fluctuation du nombre de MNA ces derniers mois. Jusqu’en août, le SPMi suivait environ quarante jeunes par mois, puis 84 en septembre, 107 en octobre, 116 en novembre et 70 en décembre.

 

Le Conseil d’Etat, ses actions et ses intentions

Il expliquait aussi les mesures déjà prises en 2018 et 2019, soit la mise en place de l’accueil de jour des MNA au sein du programme CAP (15 places) de l’Association Païdos, la mise en place d’un suivi socio-éducatif de rue des MNA par l’Association RESET, l’ouverture de 10 places au sein des structures de l’Hospice général et finalement l’ouverture du nouveau Foyer de la Seymnaz en novembre dernier.

Concernant les actions mises en route en janvier, le Conseil d’Etat déclarait lancer un projet pilote d’accueil des MNA (12 places) au sein du programme Inserres à la Ferme de la Croix-Rouge genevoise, la mise en place d’un dispositif au sein de l’Accueil du secondaire II, le développement d’un “dispositif de premier accueil” en collaboration avec l’Armée du Salut et la collaboration avec des propriétaires immobiliers comme l’Hospice général pour élargir les possibilités d’hébergement des MNA identifiés comme vulnérables.

Projet pilote: le Foyer de la Seymnaz à Thonex

Ce foyer a ouvert en novembre dernier. C’est une villa dans un immense jardin qui peut héberger 20 jeunes garçons mineurs. Il est presque plein. Géré par la Fondation officielle pour la jeunesse (FOJ), le foyer serait unique en Suisse. J’y ai rencontré Cédric  (éducateur au centre) et heureux que les MNA trouvent un lieu de vie en sécurité où ils se sentent protégés.

Le foyer est une mise à l’abri. Ces jeunes ont eu des parcours migratoires incroyables, certains sont en Europe depuis des années. Il y en a qui ont quitté leur pays à 10, 11 ans. Certains montrent des signes de toxicodépendance. Ils sont passés par énormément de choses. Le foyer leur permet de se stabiliser. Ce qui reste compliqué pour eux c’est d’obtenir des soins médicaux car leur prise en charge médicale n’est pas assurée. Ils peuvent néanmoins demander des soins auprès de la Consultation ambulatoire mobile de soins communautaires CAMSCO mais ce n’est pas idéal.”

Libres de rentrer et sortir du foyer durant la journée entre les repas, les cours de français et les matchs de foot organisés plusieurs fois par semaine, les jeunes ont l’obligation de rentrer à 22 heures.

Carte de résident, scolarisation, formation

Interrogée sur la question de l’opportunité d’une carte de résident pour les MNA à Genève, Madame Cindy Parizot-Ponard, Cheffe de Service du SPMi, aussi présente au moment de la visite du foyer, bottait en touche en précisant ceci:

Actuellement, si par exemple, ils sont arrêtés par la police ou sujets à un contrôle, ils donnent le nom du curateur ou de la curatrice responsable (…) Pour les activités sportives, le SPMi peut inscrire un jeune dans un centre sur demande.”

Interrogée sur la question de l’accès des MNA à l’école ou à la formation, Madame Prunella Carrard, Secrétaire-générale adjointe du Département de l’instruction publique (DIP), également présente au foyer m’expliquait ceci:

Ce qui importe pour le DIP c’est de connaître l’identité des MNA qui souhaitent s’inscrire à l’école. Nous ne demandons pas de niveau particulier. Pour certains jeunes le cadre scolaire ne convient pas et nous essayons de trouver des alternatives comme celui du programme Inserres à la Ferme de la Croix-Rouge genevoise.”

La question de l’inscription à l’école est importante. Pour sa part, la porte-parole du Collectif Lutte des MNA déplore le fait que le Conseil d’Etat conditionne leur scolarisation à leur “motivation et stabilité”:

C’est à l’école que les enseignants peuvent se rendre compte de la motivation et de la stabilité d’un élève. Il faut d’abord procéder à la scolarisation des MNA. Ensuite les enseignants évalue si le cadre scolaire est adapté à chacun. Pourquoi renversé les choses lorsqu’il s’agit d’un migrant mineur non-accompagné. La Convention internationale des droits de l’enfant s’applique à tous les enfants de moins de 18 ans indépendamment de leur statut légal et la Suisse a ratifié ce texte.

Que sait-on d’eux?

Les requérants d’asile mineurs non-accompagnés (RMNA) passent deux auditions en présence d’une personne de confiance (représentant légal). Durant ces auditions, ils et elles doivent donner des informations très détaillées sur leurs parcours, leurs motifs de fuite, les raisons qui les ont poussés à fuir leur pays d’origine. Ce n’est pas le cas des migrants mineurs non accompagnés qui choisissent de ne pas déposer de demande d’asile. Néanmoins pour être enregistrés au SPMi ils doivent passer un entretien, expliquer leur parcours migratoire, les raisons de leur venue à Genève. Un entretien qui reste “light” par rapport aux auditions d’asile selon Cindy Parizot-Ponard.

Cet entretien n’a rien à voir avec les auditions d’asile mais nous leur demandons bien sûr de prouver leur identité. Ils fournissent en général des copies de leurs actes de naissance mais rarement d’autres pièces. On a vu un passeport en deux ans. Les MNA vont ensuite passer un entretien  auprès de la Cellule requérants d’asile de la police où ils donnent leurs empreintes digitales. C’est une pratique mise en place en août 2018. Etonnamment, les jeunes ne refusent jamais d’y aller et cela se passe bien.”

Quel avenir en Suisse?

Le nombre d’associations engagées dans l’assistance aux MNA est le reflet de l’indisposition initiale du canton à l’égard de ce groupe vulnérable. Le rôle de chaque association et des différents services intervenants dans l’assistance aux MNA devrait être mieux expliqué. Difficile de comprendre vraiment qui fait quoi avec quels fonds à disposition et selon quelles règles. A cet égard, le point de presse du Conseil d’Etat du 22 janvier donne le tournis.

Le Conseil d’Etat devrait dans quelques années recevoir des demandes fondées de régularisation à soumettre au Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) qui lui-même sera sollicité par d’autres cantons. Il a tout intérêt à organiser l’aide de manière optimale et à consulter les autres cantons confrontés à la présence importante de MNA afin de mettre en place une politique d’assistance commune basée sur le respect des droits fondamentaux des mineurs non accompagnés.

Précision pour les MNA

L’Algérie, la Tunisie et le Maroc ne figurent pas sur la  sur la liste des Etats d’origine ou de provenance exempts de persécutions et le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) entre en matière lorsque les demandes d’asile proviennent de ressortissants de ces pays. Une procédure spéciale est enclenchée lorsqu’un ou une mineure dépose une demande d’asile en Suisse. Cependant les renvois vers ces pays ont été nombreux en 2018 et 2019 selon le SEM (1). 

Lire aussi:

Enfants et jeunes migrant.e.s non accompagné.e.s à Genève, Actes des Assises, mai 2019

A Genève le ras-le-bol des mineurs non accompagnés

Villes refuges: Exclusion d’Etats versus inclusion des villes

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(1) 2019 (1.1. – 30.11.19): Maroc : 23 (asile) + 9 (Loi fédérale sur les étrangers et l’intégration LEI), Tunisie : 27 (asile) + 19 (LEI), Algérie : 32 (asile) + 11 (LEI) 2018 (1.1. – 31.12.18): Maroc : 63, Tunisie : 58, Algérie : 66. Les chiffres des années avant 2019 contiennent des cas asile et LEI. Cependant, en 2018 et 2019, il n’y a pas eu de renvoi MNA vers les pays indiqués (Algérie, Maroc et Tunisie).

Jasmine Caye

Jasmine Caye

Avec une expérience juridique auprès des requérants d'asile à l'aéroport de Genève, Jasmine Caye aime décrypter l'information sur les réfugiés et les questions de migration. Elle a présidé le Centre suisse pour la défense des droits des migrants (CSDM) et continue d'assister des personnes en procédure d'asile. Les articles sur ce blog paraissent en version courte sur un autre blog ForumAsile.

25 réponses à “Comment s’occuper des mineurs non accompagnés à Genève?

  1. Les ramener et les aider chez eux en Afrique du Nord est moins coûteux et plus bénéfique pour tout le monde. Quand on voit le Grütli aujourd’hui ça donne envie de nous demander mais que font le MCG et l’UDC? Au fait, ces mineurs ne font pas très mineurs. Adnan hier à la télé faisait 20 ans minimum, c’est lui peut-être qui est en photo de dos dans cet article. Il semblerait que la ville de Genève a utlisé ce moyen de laisser envahir le Grütli pour mettre la pession sur le canton, scandaleux !

  2. Moi, personnellement, je crains que la Suisse commette la même erreur qu’avec les enfants tsiganes…

    Au nom d’un idéal supérieur (qui sera condamnée et nécessitera des excuses dans quelques années), nos autorités oublient l’essentiel: ces mineurs ont une famille. S’ils étaient suisses, la première réaction serait de rechercher par tous les moyens leurs parents et permettre, si leur intérêt ne l’exclut pas, la réunification familiale. Pourquoi pas avec ces enfants ???

    Car, oui, pour beaucoup, ils ont des parents inquiets et aimants.. Et leurs moyens financiers ne devraient pas conduire à une violation aussi crasse de l’art. 9 de la conv. sur les droits de l’enfant!

    “Les Etats parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l’intérêt supérieur de l’enfant. ”

    Il faut stopper cette discrimination et tout faire pour permettre les réunifications familiales.

    1. Monsieur,
      Vous avez raison de mentionner la nécessité de connaître l’identité des MNA afin de pouvoir les mettre en contact avec leurs familles, s’ils le souhaitent. C’est aussi le soucis des autorités cantonales, selon mes informations.

      1. Personne ne conteste qu’ils demandent l’identité aux MNA.
        Mais voilà la différence.

        Un jeune suisse:
        – Salut Thibaut, que fais-tu seul dans la rue à Genève ?
        – J’ai quitté ma famille parce que je souhaite une vie meilleure.
        – Comme tu es mineur, nous avons appelé l’autorité de protection de la jeunesse de ton canton d’origine. L’assistant social Poggia va t’accompagner jusqu’à la gare de X. où tu seras pris en charge à ton arrivée. Es-tu d’accord ?
        – Non, je veux vivre à Genève.
        – Tu es mineur, nous sommes tenus de te raccompagner et l’autorité compétente prendra les décisions nécessaires dans ton intérêt.
        (Retour organisé)

        Un jeune du Mahreb
        – Salut Thibaut, que fais-tu seul dans la rue à Genève ?
        – J’ai quitté ma famille parce que je souhaite une vie meilleure.
        – Comme tu es mineur, nous avons prévu un curateur, deux assistants socials et un endroit où tu pourras loger. Tu verras, c’est très bien, tu y trouveras un lit chaud, une playstation dernier model et on te demandera si tu souhaites retourner à l’école. Nous avons aussi des éducateurs très chers pour te permettre d’envisager le début d’une formation professionnelle (ne t’en fais pas, ils n’ont jamais réussi à convaincre personne à le faire). Et, si tu le souhaites, tu peux nous dire si tu souhaites qu’on appelle tes parents. On te paieras également un abonnement natel pour que tu puisses les appeler à ta guise. Et personne ne te fouilleras pour s’assurer que tu ne deales pas de drogue. Par contre, si tu pouvais éviter de la vendre de manière trop explicite à côté d’un établissement scolaire…
        (conduite dans un foyer hors de prix où le mineur s’enfuira après quelques semaines, après avoir gagné assez d’argent pour continuer son voyage grâce à la vente de drogue, le vol ou le racket…)

        Si on enlève la discrimination, ce qui devrait arriver:
        – Salut Thibaut, que fais-tu seul dans la rue à Genève ?
        – J’ai quitté ma famille parce que je souhaite une vie meilleure en Suisse.
        – Comme tu es mineur, nous avons prévenu ton ambassade et les autorités de protection de l’enfance dans ton pays d’origine. L’assistant social Poggia va te conduire à l’aéroport où il t’accompagnera jusqu’à ce que tu sois pris en charge. Es-tu d’accord ?
        – Non, je veux vivre à Genève.
        – Tu es mineur, nous sommes tenus de te raccompagner et l’autorité compétente de ton pays d’origine prendra les décisions nécessaires dans ton intérêt. Si tu es en danger, tu peux déposer une demande d’asile.
        (retour organisé ou procédure d’asile)

        Et vous savez le meilleur ? Ne pas s’accaparer des enfants, c’est respecter le droit international.
        Et, je sais, vous pouvez me citer tous les arguments qui étaient utilisés à l’époque, pour justifier que l’on retire les enfants rroms à leurs parents (je vous invite à les lire d’ailleurs)… Mais nous avons enfin accepté qu’il s’agissait d’un crime et nos autorités se sont excusées.

        Pourquoi refaire les mêmes erreurs du passé ?? Un enfant, n’est-il pas un enfant ?

        En quoi serait-ce différent de raccompagner un enfant dans un canton voisin que dans un autre pays, s’il n’a aucun motif d’asile ???

        Le président US parlait d’axe du mal… vous partagez sa vision du monde ? Les parents et les autorités des pays d’Afrique ou d’Asie seraient incapables d’élever et d’éduquer leurs enfants ? qui seraient “mieux” ici ???

        1. Bravo ! vous vous approchez de la vérité qui est : Beaucoup de personnes chez nous en Suisse gagnent énormément d’argent en gardant ces malheureux dans le froid avec des promesses d’une vie meilleure ici. Pour trouver une solution à l’immigration en Europe et en Suisse il faut interdire toutes les ONG qui n’ont pas des financements de sources claires et propres et qui ne reçoivent pas un seul franc d’argent public du pays où elles exercent. Les ONG sont aussi source de chômage à Genève, puisque certaines font venir du personnel de l’étranger pour des missions de 2 ou 3 ans et par la suite ces personnes tombent au chômage et à l’assistance sociale pour toujours sur le dos du contribuable.

          Nos politiques sont en train de copier sur l’Europe toutes les erreurs politiques .

    2. D’accord pour tout faire afin de réunir les familles. C’est je pense ce que font les autorités, car elles n’ont pas envie de se charger sans raison d’un MNA. Mais il ne faut pas se tromper. Au Maghreb comme ailleurs, il y a des familles éclatées, et des jeunes qui sont réellement en danger ou qui vivent de véritables galères. L’idéal des familles unies et aimantes n’est hélas pas si facilement réalisé.

    3. Votre commentaire est le duplicata d’une de vos interventions précédentes. Les blogs sont des espaces d’échanges d’opinions, vous n’êtes pas dans la rue un jour de manifestation, vos messages sonnants et répétés mettent mal à l’aise. Prenez-en conscience aussi pour l’image que vous désirez donner de votre personne.

      1. Cher Dominic,
        Comme d’habitude, vous vous en prenez à la personne mais, surtout, vous ne donnez pas votre opinion sur le fond…

        Je promets de me taire si quelqu’un prend la peine de m’expliquer pourquoi le traitement actuel des MNA à Genève n’est pas semblable à celui des enfants Rroms dans les année 1920-1970, soit prétendre que les institutions s’occuperont mieux d’enfants, parce qu’ils viennent d’un milieu familial différent et pauvre, que leurs propres parents. Et, oui, je me répéterai car je suis convaincu d’avoir raison.

        C’est quand même le comble de prétendre que j’ai un message nauséabond (“mettent mal à l’aise”, et puis quoi encore ?) alors que je plaide simplement pour que les enfants soient tous traités de la même manière, sans discrimination en raison de leur origine, de leurs différences et des moyens financiers de leur famille !

        1. Bon, trop, c’est trop. Je m’étais promis de ne plus réagir à cet échange de bas niveau (et Jasmine Caye est bien courageuse de laisser passer certains commentaires qui n’apportent rien), mais voilà. Accueillir ou non les réfugiés et les migrants, c’est une question de fond qui ne va pas être tranchée ici (moi je suis pour s’ils sont clairement en danger). Mais sur la forme, c’est très simple. Il y a une différence fondamentale entre “arracher” des enfant (roms ou autres) à leur famille (soi-disant défaillante) et “accueillir” des enfants qui ont quitté leur pays et leur famille pour nous demander de l’aide. C.q.f.d.

          1. J’ai réagi trop vivement parce que j’avais de la peine à croire que vous êtes de bonne foi en vous souciant du sort des enfants migrants, faisant une analogie avec la situation des enfants de Pestalozzi, un cas de figure tout autre que le commentateur ci-dessus explique. Mais peut-être me suis-je trompé sur votre bonne foi, la réalité des conditions dans lesquelles ces enfants vivent vous échappe. Écoutez leurs récits, ou les récits d’émigrés déjà installés chez nous, devenus adultes , et qui avaient fui leur pays très jeunes. Je me suis moi aussi fait de fausses opinions, dans d’autres domaines, et ne regrette pas de m’être remis en question, cela peut se révéler positif pour un sujet qui nous préoccuppe vraiment.

          2. Il y a 50 ans, la Suisse arrachait des enfants Rroms à leur famille.
            Aujourd’hui, c’est plus pernicieux, elle laisse des groupes mafieux les arracher à leur famille pour les conduire ici (et les faire travailler pour “rembourser” le voyage, prostitution, trafics, etc)… mais le résultat est le même.

            Et je le répète: je n’ai aucun problème à ce que la Suisse accueille les MNA qui en ont besoin!, à condition d’avertir les parents et l’autorité de protection de la jeunesse du pays d’origine et que cela soit dans leur intérêt. Cette décision doit être prise avec l’état d’origine, sans présupposés discriminatoires (p. ex. que la famille est par principe défaillante parce qu’elle est du Maghreb et sans même avoir pris des renseignements à son sujet).

            Or ce n’est PAS ce qui est fait actuellement, les crimes contre les Rroms se répétant avec de nouveaux enfants, “arrachés” à leur famille parce qu’ils sont différents et viennent de milieux défavorisés.

            Et j’insiste: les autorités suisses ne prennent PAS officiellement contact avec la famille/les autorités de protection de la jeunesse du pays d’origine (contrairement à ce que JC et vous supputez sans vous en êtes assurés préalablement). C’est cela que je dénonce principalement.

            A Dominic: vous savez que je dénonce cela depuis longtemps. Mais ne confondez pas les enfants qui demandent l’asile, car ils sont maltraités/en danger, et les enfants dont JC parlent ici. Les MNA ne prétendent nullement être en danger et c’est pourquoi ils ne sont pas acheminés vers la procédure d’asile (la dernière phrase de M. Brutsch est inexacte).

            Moi, sincèrement, je ne peux pas accepter l’idée qu’il y ait des parents qui croient leur enfant mort (ou espèrent désespérément son retour) et que nos autorités ne font rien pour les prévenir … parce que “vous” avez décrété qu’ils seraient mieux ici?

            Pourquoi répétons-nous les mêmes erreurs, sans apprendre du passé ??

            Je suis fatigué de me répéter et de me faire traiter de … juste parce que je souhaite que les MNA soient traités comme nos enfants, sans discriminations (donc sans présumer que leur famille serait défaillante parce qu’elle provient d’un pays moins riche que la Suisse et qu’il serait donc superflu de prendre contact avec elle).

            Je m’arrête là, franchement déçu de votre idéologie.

          3. Mon cher Tibauth, n’aviez-vous pas promis de vous taire si on vous expliquait pourquoi on ne peut comparer le sort des enfants roms et celui des MNA ? C’st vraiment dommage que vous n’ayez pas plus de respect pour votre propre parole.

  3. “L’Algérie, la Tunisie et le Maroc ne figurent pas sur la sur la liste des Etats d’origine ou de provenance exempts de persécutions et le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) entre en matière lorsque les demandes d’asile proviennent de ressortissants de ces pays” —–> c’est juste une sacrée blague.

    Il y a la guerre en ce moment au maghréb .? ah bon ? c’est nouveau ça ?

    Si le SEM entre en matière pour les demandes d’asile pour des pays ou il n’y a pas de guerre, pourquoi pas demain entrer en la matière pour n’importe quel pays dans le monde sous je ne sais quelle excuse.

    Encore une filière de migration appuyée par tous les gauchistes de la création.

    Et on s’étonne que les jeunes maghrébins soient les plus représentés dans la délinquance à Genève, Lausanne, et ailleurs….

    L’asile est devenu du n’importe quoi pour justifier la volonté des gens de gauche de se repentir d’être des occidentaux.

    1. Monsieur,
      Je serai intéressée de savoir ce qui vous permet d’affirmer que les jeunes maghrébins sont les plus représentés dans la délinquance à Genève, Lausanne, et ailleurs. Pourriez-vous me fournir des statistiques actuelles à ce sujet?

      1. Je ne connais pas les chiffres auxquels il fait référence.

        Lors de la précédente crise, ils ressortaient des statistiques de la police:
        https://www.rts.ch/info/regions/geneve/3812293-les-clandestins-maghrebins-gonflent-les-chiffres-de-la-delinquance-a-geneve.html

        Citation:
        “De quels pays ces ressortissants sont-ils originaires? On parle d’environ 300 à 350 personnes qui commettent environ 50% des petits délits à Genève. Ils viennent en majorité d’Algérie, avec laquelle la Suisse n’a pas d’accord de réadmission. Je ne souhaite pas stigmatiser une population en particulier, d’autant que certains se disent Algériens mais ne le sont pas. C’est aux policiers, qui vont être spécialement formés, de détecter ces cas. Je dis juste à mes détracteurs: est-ce normal qu’on remette ces gens sur le trottoir en sachant pertinemment qu’ils vont recommencer? Si on ne fait rien, c’est le cycle infernal.”

        Et taddaaaaaa, un accord de réadmission avec l’Algérie existe:
        https://www.sem.admin.ch/sem/fr/home/internationales/internat-zusarbeit/bilateral/rueckuebernahme.html

        Et on peut également passer par les vols depuis l’Allemagne (merci Schengen):
        https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/09/18/l-algerie-se-dit-prete-a-accueillir-tous-ses-ressortissants-presents-illegalement-en-allemagne_5356599_3212.html

    2. Petite précision: non il n’y a pas de guerre ouverte actuellement au Maghreb (à moins d’y mettre la Libye), mais le droit d’asile n’a pas été conçu spécifiquement pour le cas de personnes fuyant la guerre. C’est d’abord pour les personnes en risque d’emprisonnement arbitraire, de torture etc. Et il y a de trop nombreux prisonniers au maghreb. Donc c’est indispensable d’examiner la demande d’asile de quelqu’un qui se dit persécuté en venant de cette région, ce qui ne veut absolument pas dire que la demande d’asile sera acceptée. Ne pas analyser les motifs c’est courir le risque de renvoyer quelqu’un à la mort, dans les cas les plus grave.

      1. Sauf que les MNA ne demandent pas l’asile.
        MNA est d’ailleurs un néologisme pour fugueur (mineur non accompagné ne relevant pas de l’asile).

        Et, s’agissant de votre autre réponse, je ne pense pas que l’avenir d’un enfant soit meilleur pris en charge par les services de l’enfance en Suisse que par ceux de son pays d’origine (surtout pour le Maghreb).

        Et quelle image avez-vous du monde ?

        Vous pensez sérieusement que les Etats (en dehors de la Suisse) persécutent leurs enfants ou les condamnent à la peine de mort ??? Avez-vous un seul exemple sur les 20 ou 30 dernières années d’un enfant qui serait venu en Europe sans papiers d’identité et sans une armée de journalistes et qui craindrait la mort en cas de retour ? Et qui n’aurait pas demandé l’asile ??

        Soyons sérieux, vous souhaitez intégrer les MNA à la procédure d’asile en sachant que la procédure sera gelée (car nos autorités ne sont pas intéressées à retrouver leurs parents, conformément à la CDE), puis le rejet prononcé dès leur 18e anniversaire… Vous souhaitez juste gagner du temps, alors qu’il s’agit d’enfants dont nul ne pourra réparer le temps gâché ici, loin de leur avenir.

        A la place, traitons-les comme nous traiterions nos propres enfants: reconduisons-les sans chichi administratif auprès des services sociaux de leur état d’origine pour qu’ils soient pris en charge, retrouvent leurs copains/copines et qu’ils soient réunis avec leurs parents.

        Il y a 40 ans, vous défendiez aussi le retrait des enfants rroms de leur famille, parce qu’ils étaient différents et pauvres ????

        1. Je donnais juste une information factuelle en réponse à Kris qui parlait bien des demandes d’asile, qu’il ne trouvait justifiées qu’en cas de guerre, et pas des MNA en général. Belle façon de détourner la discussion que votre dernier commentaire. Pour ma part, je vas m’arrêter là puisque les choses tournent au dialogue de sourds…

          1. Dialogue de sourd?

            Vous n’avez pas apporté un seul argument sur le sujet, sauf applaudir JC et saisir un commentaire pour entretenir le flou entre MNA et requérant d’asile non accompagné..

            A part affirmer votre soutien à un accueil inconditionnel (qui ne profite qu’aux associations subventionnées…), expliquez-moi en quoi j’ai tort … ce serait ça un dialogue…

            Et pourriez-vous nous parler de l’Oeuvre des enfants de la grande route ? Le CSP a participé à l’encadrement de ces enfants à l’époque ?? et quels étaient les arguments ?

            Et ne voyez-vous pas les mêmes erreurs se reproduire ??

          2. Que pensez-vous de cet accueil d’un enfant de 14 ans… à 16’000 fr./mois … ?

            https://www.blick.ch/news/boxtraining-gegen-aggressionen-ein-neuer-fall-carlos-kritik-an-8000-franken-sondersetting-fuer-gewalttaetigen-syrer-14-id15718793.html

            J’imagine qu’il s’agit encore d’une somme insuffisante… vu que ses parents, eux, n’ont malheureusement pas encore appris une langue nationale après 5 ans.

            A combien fixez-vous la somme mensuelle nécessaire pour accueillir un MNA et selon quels standards ?

  4. bravo pour cet article; les migrants fuient leur pays où règne le chaos dont l’Occident est responsable; il y a à les aider à vivre; j’espère que la Suisse n’adhérera pas à l’UE tant cette dernière préconise une politique irréaliste !

    1. @ M. Serot Benoît

      Il vous manque le niveau de maturité que l’on attend d’une personne adulte. C’est l’enfant de moins de dix ans, à qui l’on demande de réparer les dégâts qu’il a commis, qui obéit pour ne pas être puni. S’il n’y est pour rien, il se sent libre… Puis en grandissant, il comprend qu’il voudrait lui aussi être aidé, et qu’il pourrait attendre longtemps s’il ne devait compter que sur les personnes responsables de sa situation. Vous êtes un homme qui n’a pas réussi à gagner son autonomie de pensée.

      Mon commentaire est un message pour vous inciter à grandir, pas une opinion émise en vue d’un dialogue. Si vous parvenez à sortir un peu de votre égocentrisme, il y a des chances pour que vous trouviez des personnes motivées pour vous aider à évoluer. C’est votre motivation qui générera la leur, autrement c’est peine perdue.

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